[BOUQUINS] P. Djéli Clark – Ring Shout – Cantique Rituel

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Titre : Ring Shout – Cantique Rituel
Auteur : P. Djéli Clark
Éditeur : L’Atalante
Parution : 2021
Origine : États-Unis (2020)
176 pages

De quoi ça cause ?

Macon, 1922. En 1915 le film Naissance d’une nation a permis au Ku Klux Klan de renaître de ses cendres. À travers le pays, le Klan sème la terreur et se déchaîne sur les anciens esclaves. Les klanistes sont aidés par les Ku Kluxes, des créatures démoniaques surgies des enfers.

Sur leur chemin se dressent Maryse et ses compagnes de résistance : une tireuse d’élite à la langue bien pendue et une vétérane du régiment des Harlem Hellfighters. Un trio déterminé à chasser ceux qui les traquent et à éradiquer les démons du Klan.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

D’une part parce que cette fantasy urbaine mixant réalité historique, démons et magie avait de quoi titiller ma curiosité.

D’autre part parce que cette novella est  bien partie pour faire un carton plein des prix littéraires les plus prestigieux des littératures de l’imaginaire. Elle a d’ores et déjà raflé les prix Nebula 2020 et Locus 2021 et est en lice parmi les finalistes du prix Hugo 2021.

Ma Chronique

J’avoue sans la moindre honte qu’en dépit de son palmarès impressionnant (les résultats pour le prix Hugo 2021 seront annoncés en fin de semaine), j’avais encore un soupçon de doute concernant le bouquin. Son contexte est en effet très américano-américain avec l’opposition Nord / Sud et le Ku Klux Klan.

Je ne vais pas non plus me la jouer politique de l’autruche, l’esclavage a aussi existé en Europe et donc en France. Le négationnisme ce n’est pas mon truc, notre Histoire a des faces sombres, il faut les accepter et éviter de reproduire les mêmes conneries à l’avenir. Mais la France n’a jamais eu à composer avec un phénomène de la même ampleur que les encapuchonnés du KKK.

Mes doutes ont rapidement été balayés, si le roman se veut engagé (et il l’est incontestablement), son message est plus universel et prône davantage pour la cohabitation paisible entre les communautés. De plus P. Djéli Clark joue d’emblée la carte de la fantasy urbaine avec l’apparition rapide des Ku Kluxes et de l’épée magique de Maryse.

Je suppose que le choix d’un clivage total Blancs / Noirs est un choix de l’auteure, j’ai trouvé ça un peu dommage, moins de manichéisme racial eut été un plus pour le récit (une fois encore, mes propos n’engagent que moi).

J’ai bien aimé le trio de chasseuses de démons. À commencer par Maryse (qui fait aussi office de narratrice) dont le don de vision permet d’identifier les Ku Kluxes qui se dissimulent sous une apparence humaine et dont l’épée magique, qu’elle peut invoquer au besoin, ne leur laisse aucune chance. Elle pourra compter sur l’aide de Sadie, tireuse hors pair inséparable de sa winchester, mais aussi dotée d’une gouaille qui peut parfois être épuisante pour ses amies. Enfin il y a Cordelia (aka Cordy ou Chef), vétéran de la Première Guerre mondiale où elle a servi dans le régiment de Harlem Hellfighters, experte en explosifs, elle aussi est dotée du don de vision.

Un trio qui se complète à la perfection aussi bien au cœur que de l’action que dans leur amitié au quotidien. Elles forment le bras armé de l’équipe de Nana Jean qui fait office de chef de la résistance à Macon.

Et elles auront fort affaire au vu de la menace qui pèse sur Macon, la prochaine projection du film Naissance d’une nation pourrait bien être l’occasion d’une invocation sans précédent.

N’étant pas familier de la culture Gullah, et notamment des ring shouts, je suis sans doute passé à côté de certaines références, mais ça ne m’a nullement empêché d’apprécier pleinement ce roman. Chapeau à la traductrice, Mathilde Montier, qui a su restituer un style narratif assez particulier de façon très convaincante.

J’ai craint que, au vu de l’épaisseur du bouquin, l’intrigue paraisse bâclée ou ne laisse un sentiment d’inachevé. Il n’en est rien, tous les éléments s’imbriquent en temps et en heure pour former un tout cohérent et parfaitement finalisé. Le mélange entre Histoire et fiction est bien dosé.

J’ai bien aimé le clin d’œil en fin de roman mentionnant un homme de Providence (Rhodes Island) capable d’invoquer des créatures infernales d’une pire engeance que les démons du Klan. Serait-on en train de parler d’un certain H.P. Lovecraft et de ses créatures issues du mythe de Cthulhu ?

Je ne m’attarderai pas sur le film Naissance d’une nation pour la simple et bonne raison que je ne le connais que de nom et de (sinistre) réputation. Aussi nauséabond soit-il, ce film a marqué un tournant dans l’histoire du western et est le premier blockbuster de l’histoire du cinéma.

MON VERDICT

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