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[BOUQUINS] Neal Shusterman – La Faucheuse

N. Shusterman - la FaucheuseIl aura fallu un Book Club pour que je découvre le roman de Neal Shusterman, La Faucheuse. Premier opus d’une trilogie classée young adult (collection R de Robert Laffont).
Citra Terranova et Rowan Damisch sont deux adolescents qui ne se connaissent pas, mais qui ont pourtant rendez-vous le même jour, à la même heure, au même endroit… avec la même personne : Maître Faraday, un Faucheur. Ce dernier leur propose de les prendre comme apprenti, sachant toutefois que seul l’un d’entre eux pourra accéder au rang de Faucheur…
J’avoue sans complexe que j’ai tendance à fuir la littérature estampillée young adult, quels que soient l’éditeur et l’auteur. Mais bon face à l’engouement suscité par ce bouquin j’ai décidé de laisser mes réticences de côté et de céder à la curiosité. Et grand bien m’en a pris !
Contre toute attente j’ai tout de suite été happé par l’intrigue et les personnages, il faut dire que l’auteur sait s’y prendre pour ferrer ses lecteurs. Les rebondissements et autres revirements de situation ne manquent pas. Les chapitres sont courts, le style direct, on est immédiatement en immersion au coeur de l’intrigue. Franchement la lecture de ce bouquin fut une excellente surprise.
L’intrigue nous entraîne dans un futur indéterminé, la maladie et la mort ont été éradiquées, une intelligence artificielle assure une vie confortable à toute la population. Pour éviter tout risque de surpopulation, la Communauté des Faucheurs a été mise en place. Les Faucheurs doivent éliminer définitivement (ils préfèrent le mot glaner à tuer) un certain quota d’individus choisis selon leurs propres critères, mais en évitant, autant que possible, toute forme de discrimination. Une communauté régie par dix commandements, à la fois crainte et respectée de par les pouvoirs qui lui sont accordés.
Il ne faut que deux chapitres à Neal Shusterman pour poser les bases de son intrigue, dès le troisième Citra et Rowan seront confronté à un choix susceptible de changer à jamais leur vie. Ensuite l’auteur nous entraîne au sein de la Communauté des Faucheurs, on y découvre progressivement son fonctionnement. Mais aussi une communauté rongée par des tensions plus ou moins latentes entre Faucheurs et bien loin d’être aussi vertueuse qu’elle devrait l’être.
J’ai beaucoup aimé les personnages de Citra et Rowan, de prime abord tout les oppose, mais ils finiront rapidement par se serrer les coudes au fil de leur apprentissage. Je ne peux malheureusement guère m’étendre sur l’évolution des personnages, car cela m’obligerait à révéler un tournant décisif de l’intrigue.
Pour ceux qui seraient frileux à l’idée d’entamer une nouvelle série, sachez que ce tome se termine et peut se lire comme un one-shot. Même en l’absence de cliffhanger, je suis convaincu que, comme moi, il vous tardera de découvrir la suite… mais il vous faudra être patient, le tome 2 est annoncé en VO pour le dernier trimestre 2017.
Maintenant que je sais que le young adult peut réserver de belles surprises, il est peut-être tant que je sorte ma trilogie Kaleb des méandres de mon Stock à Lire Numérique. Le titre, signé Myra Eljundir a lui aussi publié dans la collection R, cerise sur le gâteau, l’auteure n’est autre que Ingrid Desjours.

MON VERDICT

 
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Publié par le 24 avril 2017 dans Bouquins

 

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Les carottes son cuites…

carottesBien que les résultats définitifs ne soient pas encore connus et validés, il y a 99.99% de chances que le second tour oppose de l’élection présidentielle oppose Emmanuel Macron à Marine Le Pen.
Je n’ai jamais caché mes accointances avec le Front National, je n’adhère pas à tout (loin s’en faut) mais globalement c’est à travers leur programme que je retrouve au mieux mes idéaux. Cela ne m’a pas toutefois pas empêché d’avoir choisi le camp de l’abstention lors de ce premier tour, choix que je renouvellerai à l’occasion du deuxième tour.
A ceux qui affirment que de fait je n’ai pas le droit de commenter les résultats je répondrai simplement : « Je vous emmerde ! ». La liberté d’expression s’applique à tous, que l’on choisisse de s’exprimer via les urnes ou de rester chez soi n’y change rien.

Les résultats de ce premier tour étaient courus d’avance, je n’ai jamais cru à un revirement de dernière minute ; la seule véritable question était de savoir qui de Macron ou de Le Pen recueillerait le plus de voix. Il semblerait que ce soit Macron qui ait remporté le pompon.
Concrètement même si Marine Le Pen avait remporté haut la main ce premier tour, du fait des reports des voix des autres candidats elle n’avait quasiment aucune chance d’arriver sur le Trône de France.

A deux semaines de son départ je voudrai adresser un grand merci à Flamby, grâce à lui et à ses gouvernements successifs la gauche a été évincée de ce second tour. Hamon, le poulain du PS, obtient un score qui frise le ridicule.
Plus rassurant encore, Mélenchon, malgré un score honorable, perd a priori toute opportunité de s’asseoir un jour sur le Trône de France (il a 65 ans, je ne le vois pas battre à nouveau la campagne à la fin du quinquennat Macron). Qu’il soit arrivé en troisième ou quatrième position n’y change rien, il n’y a que deux places… Merci à son égo surdimensionné qui l’a poussé à refuser toute alliance avec le candidat Hamon ; alliance qui aurait pu amener la gauche au second tour.

Aléa jacta est.
Rdv le 8 mai au matin (heure NC) pour voir si je me trompe…

 
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Publié par le 24 avril 2017 dans Trucs en vrac

 

[BRD] Rogue One

Rogue OneQue l’on soit fan ou non, difficile de nier que la saga Star Wars restera dans les annales du cinéma. Non contents de lancer une troisième trilogie, les studios Disney entendent développer plusieurs films dérivés de la saga. Rogue One, réalisé par Gareth Edwards est le premier de ces spin-off.
Jyn Erso (Felicity Jones) est délivrée des geôles impériales par une troupe rebelle conduite par le capitaine Cassian Andor (Diego Luna). L’Alliance Rebelle souhaite que Jyn contacte Saw Gerrara (Forest Whitaker), un séparatiste qui a rompu ses liens avec l’Alliance et qui détiendrait un pilote impérial déserteur en possession d’un message important concernant une arme développée par l’Empire…
Chronologiquement Rogue One se situe juste avant l’épisode IV (Un Nouvel Espoir), le premier film de la série (1977… déjà !). L’arme en question étant l’Etoile de la Mort, le film nous explique comment les rebelles sont entrés en possession des plans qui permettront à Luke Skywalker de la détruire. Le film se termine d’ailleurs quelques minutes avant la séquence d’ouverture de l’épisode IV.
La première surprise est à la fois visuelle et sonore : où qu’il est le générique Star Wars ??? On veut le texte jaune déroulant avec en fond sonore l’incontournable Main Title de John Williams, interprété par le London Philarmonic Orchestra. Et bin non ! Ca surprend, mais on ne va pas se laisser décourager pour un générique historique passé à la trappe…
J’ai eu un peu de mal à entrer à fond dans l’histoire et ce n’est que dans la dernière partie du film, la bataille de Scarif, que j’ai retrouvé pleinement l’esprit Star Wars. Ceci dit le film n’est pas mauvais, loin s’en faut !
J’ai bien aimé le personnage de Jyn, une solitaire habituée à se débrouiller toute seule, qui se retrouve bien malgré elle embringuée dans un combat qu’elle estime ne pas être le sien. Au fur et à mesure des événements elle finira par y croire, peut être même plus encore que certains rebelles de la première heure.
Par contre j’ai trouvé que le personnage de Cassian Andor manquait de charisme, sans doute du fait de sa personnalité plutôt renfermée et secrète.
Mon coup de coeur va sans hésitation au droïde K-2SO, un impérial reprogrammé pour l’Alliance Rebelle. La boite de conserve sur pattes ne manque ni de répartie ni de sarcasme. J’ai bien aimé le duo Chirrut Imwe (Donnie Yen) et Baze Malbus (Jiang Wen) ; respectivement un ancien moine persuadé d’être protégé par la Force et son acolyte mercenaire.
L’intrigue tient la route, rien à redire là dessus. Visuellement c’est une totale réussite. Mais malgré tout il manque un petit je ne sais quoi pour provoquer le WAOW ! L’impression d’être dans Star Wars sans vraiment y être…
La fin de l’année devrait voir la sortie de l’épisode VIII, Les Derniers Jedi, en 2018 nous devrions avoir un second spin-off, consacré cette fois à la jeunesse de Han Solo (titre encore inconnu à ce jour).

♥♥♥½

 
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Publié par le 21 avril 2017 dans DVD / BRD

 

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[BRD] Dr Strange

Dr StrangeGrand fan de Marvel depuis que je suis gosse, je suis avec attention l’évolution de l’univers cinématographique (MCU pour les intimes) de l’usine à super héros ; surtout quand il s’agit de nous proposer de découvrir un personnage jusque là inédit. C’est toutefois avec une certaine appréhension que j’ai visionné Dr Strange réalisé par Scott Derrickson.
Le Dr Stephen Strange (Benedict Cumberbatch) est un brillant neurochirurgien, mais aussi un homme égocentrique, arrogant et imbu de lui même. Suite à un grave accident de voiture, il perd l’usage de ses mains, pour les médecins son cas est sans issue. En ultime recours et sans conviction, il se rend au monastère de Kamar-Taj à Katmandou afin d’y rencontrer l’Ancien (Tilda Swinton). Sur place, l’Ancien refuse d’enseigner son savoir à quelqu’un d’aussi incrédule et obtus. Toutefois, l’un de ses fidèles disciples, Karl Mordo (Chiwetel Ejiofor), finira par convaincre son maître de laisser une chance au Dr Strange…
Je m’explique quant à mon appréhension initiale : quand j’ai lu les comics j’avoue avoir été complètement largué par la notion de multivers et de réalité alternative (des concepts qui me sont plus familiers aujourd’hui), du coup je ne comprenais pas grand chose à l’histoire et de fait j’ai rapidement renoncé à suivre les aventures de Dr Strange.
Je ne sais pas si c’est la maturité ou la qualité des effets visuels (sans doute un peu des deux) mais durant le film, du début à la fin, tout semblait couler de source, clair comme de l’eau de roche ; à aucun moment je ne me suis trituré les méninges afin de savoir dans quelle réalité se déroulait l’action.
J’ai tout de suite accroché, sans forcément adhérer immédiatement au personnage de Stephen Strange, loin s’en faut ! Durant la première partie du film le gars est une véritable tête à claques, puant de suffisance, heureusement au fil de son initiation il s’améliore.
Tout le film ne repose, heureusement, pas que sur la formation du Dr Strange, il va rapidement être confronté à Kaecillius (Mads Mikkelsen), un ancien disciple de Kamar-Taj qui a décidé d’utiliser ses pouvoirs pour soumettre notre monde à la Dimension Noire de Dormammu.
Marvel oblige les effets spéciaux et visuels sont irréprochables, plus encore dans ce film, du fait des pouvoirs particuliers que les Anciens peuvent utiliser afin de déformer la réalité. Le résultat est franchement bluffant !
Comme souvent chez Marvel, l’humour est omniprésent, même dans le feu de l’action. A ce titre je me suis franchement marré lors de la confrontation entre Strange et Dormammu.
Comme d’hab ne zappez pas les séquences post générique, deux courtes scènes qui devraient vous en apprendre en peu plus sur les futures apparitions du Dr Strange.
D’ici la fin de l’année nous devrions encore avoir le droit à trois films s’inscrivant dans la troisième phase du MCU : Les Gardiens De La Galaxie 2 (avril), Spider-man : Homecoming (juillet) et Thor : Ragnarok (octobre/novembre). Je serai bien entendu fidèle au poste, mais j’attendrai les versions Blu-ray pour les visionner.

♥♥♥♥

 
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Publié par le 20 avril 2017 dans DVD / BRD

 

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[BOUQUINS] Guillaume Musso – Un Appartement A Paris

G. Musso - Un appartement à ParisEn cette année 2017, c’est Guillaume Musso qui ouvre le classico annuel l’opposant à Marc Lévy (opposition que les deux auteurs ont toujours clairement réfutée) ; inconditionnel de ce rdv incontournable je vous livre donc ma chronique de son dernier roman, Un Appartement A Paris.
Suite à un cafouillage informatique, Gaspard Coutances – dramaturge taciturne et aigri – et Madeline Greene – ex-flic en pleine phase de questionnements et de doutes –, se retrouvent contraints de partager le même appartement à Paris. Tout les oppose, la situation aurait rapidement pu devenir explosive. Jusqu’à ce qu’ils partagent la même passion pour l’ancien propriétaire des lieux, Sean Lorentz, un célèbre peintre décédé un an plus tôt. Au fil de leurs recherches, ils vont unir leurs forces pour se lancer dans une quête de prime abord insensée…
Avant de partager avec vous mon ressenti, je tiens à préciser que le délai de lecture (pas loin de 15 jours) n’est en rien dû à la qualité du bouquin, mais à un gros manque de disponibilités personnelles. Et je crains que les choses n’aillent pas en s’arrangeant dans les semaines (et plus si affinités) à venir !
Avec ce nouveau roman Guillaume Musso nous offre un habile mélange de rudesse et de tendresse, de noirceur et de lumière, de désespoir et d’espoir… Plus que jamais les contraires s’attirent et se complètent, un récit tout en contrastes parfaitement maîtrisé et assumé (ce n’est pas avec ce roman qui Guillaume Musso fera taire ses détracteurs les plus véhéments, mais il saura séduire un public déjà acquis à sa cause, et pourquoi pas, attirer quelques curieux qui hésitent encore à franchir le cap).
Un récit qui repose sur deux personnages (Gaspard et Madeline) à forte personnalité, chacun à leur façon. Mais aussi deux personnages qui luttent contre leurs propres démons intérieurs, la force extérieure affichée apparaît alors comme un écran de fumée permettant de dissimuler leurs faiblesses… aux autres, mais aussi à eux-mêmes.
Mais le véritable personnage central, celui autour de qui s’articule toute l’intrigue, est bel et bien Sean Lorentz. Malgré son décès, il est omniprésent de la première à la dernière page. C’est d’ailleurs lui qui sera le ciment entre Gaspard et Madeline… ce qui n’empêchera certains clashs et échanges animés ! Un personnage fascinant à plus d’un titre, mais je vous laisse découvrir cela par vous même.
Si l’intrigue est maîtrisée, autant par les thèmes abordés que par la modulation du rythme, ne comptez toutefois pas sur de brusques poussées d’adrénaline. Pour être totalement honnête avec vous, je suis convaincu que bon nombre de lecteurs devineront ou à tout le moins soupçonneront, certaines vérités avant même que l’idée n’effleure Gaspard et Madeline. Il n’en reste pas moins que j’ai passé un excellent moment en compagnie de ce bouquin, plus d’une fois j’ai regretté le manque de temps à lui consacrer…
Si vous cherchez un thriller qui jouera avec vos nerfs, passez votre chemin, Guillaume Musso nous propose davantage une enquête autour d’un personnage hors du commun.
J’espère bientôt pouvoir me lancer dans le nouveau cru de Marc Levy (La Dernière Des Stanfield), comme d’hab je ne manquerai pas de vous indiquer celui qui remportera (selon mes propres critères) ce classico 2017.

MON VERDICT

 
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Publié par le 19 avril 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Daniel Cole – Ragdoll

D. Cole - RagdollVous me connaissez, je suis faible face à la tentation. Alors quand en plus de ça la tentatrice s’appelle La Bête Noire, impossible de résister à son appel. Voilà pourquoi Ragdoll, le roman de Daniel Cole a grillé la priorité à ses petits camarades livresques de mon Stock à Lire Numérique.
Un cadavre hors du commun, une macabre reconstitution humaine à partir de six corps différents dont l’une des mains pointe directement vers l’appartement de l’inspecteur Fawkes, surnommé Wolf. Une liste de six noms avec en regard la date de leur mise à mort, le dernier nom est celui de Wolf. Entre l’identification des victimes déjà mortes, la protection des futures victimes et la neutralisation du tueur, les équipes de la Met ont du pain sur la planche. Avec bien entendu Wolf en première ligne…
Quand on me parle de ragdoll (littéralement poupée de chiffon) la première image qui me vient à l’esprit est celle d’adorables chats et non un macchabée raccommodé à la mode du Dr Frankenstein ! Vous aurez sans doute compris que l’auteur ne va pas nous parler de chats.
Pour un premier roman, on peut dire que Daniel Cole frappe fort, certes il y a des faiblesses, mais globalement Ragdoll est un thriller psychologique de bonne facture.
La force d’un bon thriller psychologique repose sur la profondeur donnée aux personnages. Sur ce point l’auteur s’offre un sans-faute, il nous mitonne aux petits oignons une galerie impressionnante, autant par sa richesse que par sa diversité. Des personnalités fortes où rien n’a été laissé au hasard. Je n’entrerai pas dans le détail pour chacun des personnages, mais l’auteur parvient quasiment à leur donner une véritable présence physique.
De bons personnages au service d’une intrigue mal maîtrisée et c’est tout le soufflé qui s’effondre. Mais il n’en est rien ici, l’auteur joue habilement avec nos nerfs en nous proposant une enquête complexe face à un tueur particulièrement retors. On rencontre bien quelques baisses de rythme çà et là, mais c’est généralement pour mieux repartir sur les chapeaux de roues.
Le roman soulève aussi la question du rôle des médias dans le cadre d’une enquête criminelle. Andrea, l’ex-femme de Wolf, est une journaliste ambitieuse qui bien souvent mettra la police à mal et exposera dangereusement les victimes potentielles à force de chercher le scoop qui lui vaudra le poste de ses rêves. Son patron, Elijah, est encore pire, il ne reculera devant rien pour faire exploser l’audimat. Il est facile de leur jeter la pierre, mais si de tels vautours existent c’est bel et bien parce qu’il y a un public demandeur. Comme dirait l’autre : « Avant de leur jeter la pierre… ».
Le principal bémol, qui ne suffit toutefois pas à gâcher le plaisir, vient de la fin un peu trop abrupte. Tout se dénoue à une vitesse hallucinante dans les derniers chapitres ; à croire que l’auteur s’est laissé dépassé par son intrigue. Un final plus étoffé et la personnalité du tueur plus fouillée auraient propulsé le bouquin vers un coup double : coup de coeur et coup de poing.

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Publié par le 5 avril 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] JP Delaney – La Fille D’Avant

JP Delaney - La fille d'avantC’est à Stelphique que je dois cette chronique, elle est la première à m’avoir recommandé la lecture de La Fille D’Avant de JP Delaney. Recommandation suivie dès que l’opportunité s’est présentée, d’autant que la blogosphère, globalement, ne tarit pas d’éloges sur ce roman, mais les moins enthousiastes restent sur une note positive.
Malgré un bail des plus contraignant, Jane Cavendish s’installe au One Folgate Street. Une maison aux lignes et à la décoration austère, mais hyper connectée. Rapidement Jane va découvrir que la précédente locataire, Emma Matthews, est décédée dans des conditions pas clairement établies. Est-ce qu’Edward Monkford, l’architecte et propriétaire des lieux, pourrait être lié à ce drame ?
C’est une fille d’avril, pauvre de moi, une fille difficile… Oups, désolé de pousser la chansonnette, pas prudent en saison cyclonique ! Et surtout sans aucun rapport avec le bouquin dont je dois vous causer.
Ai-je été subjugué par ce roman ou n’ai-je eu entre les mains qu’un énième trille psychologique ? La réponse la plus juste serait ni l’un, ni l’autre. Il y a du bon et du moins bon, mais rien à jeter.
J’ai aimé la construction qui joue sur l’alternance Avant (le point de vue d’Emma) et Maintenant (le point de vue de Jane), avec, dans les deux cas, un récit à la première personne. Les chapitres sont courts et le style est sans fioritures ; le lecteur est ainsi placé au coeur de l’action sans jamais devoir se demander s’il suit Emma ou Jane. Une construction maîtrisée sur le bout des doigts.
J’ai aimé l’ambiance, d’entrée de jeu on ressent une forme d’oppression, un sentiment de malaise diffuse. Et c’est une impression qui ne nous lâchera plus, même si parfois elle semblera plus lointaine, comme une vague menace ou un mauvais pressentiment qui nous colle à la peau.
Je reconnais volontiers avoir pris un réel plaisir à suivre les parcours de Emma et de Jane, notamment l’enquête de cette dernière afin de découvrir la vérité sur la mort d’Emma. Mais… Et oui, il y a un mais. J’ai été déçu par le manque de profondeur et de « saveur » des personnages, comme si l’auteur se contentait d’esquisses plutôt que de travailler véritablement sur des portraits. Malheureusement quand l’auteur se penche sur la personnalité de ses personnages, il force le trait plus que nécessaire et on sombre rapidement dans une succession de stéréotypes. Du coup ça a imposé une espèce de frontière invisible entre l’intrigue et moi, à mon tour je me suis contenté d’être spectateur plutôt que de chercher à devenir acteur.
Ce petit bémol a quelque peu douché mon enthousiasme, mais il n’en reste pas moins que je referme ce bouquin avec un sentiment globalement positif. Une intrigue bien maîtrisée qui aurait gagné en tension psychologique avec des personnages plus aboutis, mais qui n’en demeure pas moins hautement addictive. Pour une première incursion dans le thriller psychologique, JP Delaney (pseudonyme de Tony Strong) n’a pas à rougir de sa performance.
Pour finir, je dirai quand même quelques mots sur cette piaule hors norme. L’austérité, dans les lignes et la décoration ne me dérange pas outre mesure… disons plus exactement que ça ne serait pas rédhibitoire. Je suis par contre beaucoup plus réservé sur le côté domotique poussé à l’extrême, j’aurai un peu trop l’impression d’être fliqué H24. Mais le simple fait de devoir me coltiner un contrat de bail avec 200 clauses restrictives et de devoir répondre à un questionnaire d’admission, suffiront à me faire renoncer à toute velléité de m’installer au One Folgate Street… D’autant que parmi ces clauses figure l’interdiction d’avoir des animaux domestiques.

MON VERDICT

 
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Publié par le 28 mars 2017 dans Bouquins

 

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