[BOUQUINS] François-Xavier Dillard – Prendre Un Enfant Par La Main

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F.X. Dillard - Prendre un enfant par la main
Titre : Prendre Un Enfant Par La Main
Auteur : François-Xavier Dillard
Éditeur : Belfond
Parution : 2020
Origine : France
336 pages

De quoi ça cause ?

Quatre ans après la disparition de leur fille Clémentine dans le naufrage d’un voilier, Sarah et Marc sont rongés par la culpabilité et la tristesse.

Jusqu’à ce que de nouvelles voisines emménagent sur le même palier avec leur enfant, Gabrielle, dont la ressemblance avec Clémentine est troublante. Au contact de cette adolescente vive et enjouée, Sarah reprend peu à peu goût à la vie.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

J’ai découvert l’univers littéraire de François-Xavier Dillard avec son précédent roman, Réveille-Toi ; sa plume et son intrigue avaient fait mouche. À défaut de trouver le temps de me plonger dans ses romans précédents, je ne laisse pas passer ses nouveaux titres.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Belfond et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Je ne sais pas vous mais moi dès que j’ai vu le titre du bouquin j’ai immédiatement pensé à la chanson d’Yves Duteil… Et vu la thématique du roman je doute que ce soit un simple hasard.

Pour ceux et celles qui ne connaîtraient cette magnifique chanson, en voici les premières phrases :

Prendre un enfant par la main
Pour l’emmener vers demain,
Pour lui donner la confiance en son pas,
Prendre un enfant pour un roi.

Et la dernière qui s’applique plus encore au présent roman : Prendre un enfant pour le sien.

Si la chanson d’Yves Duteil parle de Prendre un enfant (après une courte hésitation, je ne ferai pas de jeux de mots foireux sur le sujet), le roman de François-Xavier Dillard aurait pu s’appeler Perdre un enfant. Car il est bien question de deuil (et sans doute le plus dur des deuils à affronter) et de culpabilité.

J’en vois déjà qui font une moue aussi sceptique que blasée, genre de dire : rien de neuf sous le soleil du noir. Si ces thèmes ont déjà été abordés à maintes reprises cela n’exclut pas pour autant une bonne surprise ; après tout comme le disaient fort justement nos vénérables grand-mères : « C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures ».

Déjà parce que les thématiques du deuil et de la culpabilité ne sont pas les seules abordées ici, il sera aussi question de responsabilité parentale, des dérives de la jeunesse dorée, des addictions… et bien d’autres thèmes abordés plus ou moins en profondeur et parfaitement intégré à l’intrigue.

Ensuite, et c’est quand même essentiel pour qu’un thriller fasse son effet, il y a une intrigue qui commence par divers arcs narratifs qui vont progressivement (et naturellement) se regrouper pour ne faire qu’un. Une intrigue parfaitement construite et rythmée qui saura tenir en haleine même les lecteurs les plus exigeants et surprendre (parfois) même les plus blasés.

Enfin il y a les personnages, et c’est là la grande force de ce roman et de son auteur. François-Xavier Dillard nous brosse un profil psychologique particulièrement soigné et totalement crédible pour chacun de ses personnages.

Il y a bien sûr le couple Cygnac essaie de surmonter tant bien que mal (plutôt mal dans un premier temps) la perte de leur fille et de se reconstruire. Pour se faire Sarah, la mère, pourra compter sur l’écoute et la bienveillance de Marie, une voisine qui vit seule depuis le décès de son mari.

Une reconstruction qui sera facilité par l’installation des nouvelles voisines, Hélène et Leila, et surtout de Gabrielle, leur fille (génétiquement parlant celle d’Hélène), une ado de quinze ans qui ressemble beaucoup à celle qu’aurait pu devenir Clémentine.

Enfin on croisera le chemin de Jeanne Muller, une commissaire de police au caractère bien trempé qui enquête sur la disparition de Chloé Montaigu, la fille d’un riche et puissant homme d’affaire, connue pour ses frasques et son addiction au jeu.

« Michel Montaigu était le P-DG et fondateur de Joy, une holding de produits de luxe et d’entreprises de médias. Un tycoon à la française, multimilliardaire, qui tutoyait les présidents et embrassait les stars. Il a tout réussi, sauf sa fille cadette, Chloé. Après être entrée à HEC, la jeune femme avait décidé d’envoyer tout balader et de parcourir le monde. Enfin, entre deux séjours en institution psychiatrique. Des hôpitaux et cliniques privés qu’elle avait écumés entre ses vingt et un et ses vingt-neuf ans. Après on retrouvait sa trace dans les magazines people, souvent dans la rubrique « Fêtes décadentes et casino ». Elle était devenue une joueuse de poker redoutable et une hôte attendue et remarquée à la plupart des tables de jeu du monde entier. »

Les chapitres sont courts, sans fioriture, afin d’aller à l’essentiel et de maintenir à la fois le rythme et la pression. Généralement rédigés à la troisième personne sauf quand il s’agit de donner la parole à Gabrielle. Passant à la première personne François-Xavier Dillard se place dans la tête d’une ado plutôt douée et débrouillarde mais pas forcément prête à affronter les aléas de la vie. Et le résultat est bluffant en termes de crédibilité.

Ce roman est une totale réussite, une fois happé par son intrigue – et ça arrive très vite – vous ne pourrez plus le lâcher.

MON VERDICT

 

4 réflexions au sujet de « [BOUQUINS] François-Xavier Dillard – Prendre Un Enfant Par La Main »

  1. Chez nous, c’est « c’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes »… mais bon, on fat ce qu’on veut 😆

    Ok, je le note, je le note et je me prépare déjà à chanter la belle chanson d’Yves Duteil.

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