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[BOUQUINS] Matthew Mather – Extinction

28 Nov

M. Mather - ExtinctionUne lecture inspirée, une fois de plus, par Yvan même si, je dois bien l’avouer, j’aurai certainement craqué en croisant ce bouquin… mais ce n’est pas une raison ! Serai-je aussi enthousiaste que lui à la lecture d’Extinction de Matthew Mather ?
Alors que les relations sino-américaines sont de plus en plus tendues la ville de New-York est frappée par une forte tempête de neige. Au même moment un virus neutralise totalement internet, quelques jours plus tard l’électricité lâche. Les habitants d’un immeuble organisent tant bien que mal leur survie au milieu du chaos ambiant…
Extinction est à la littérature post-apocalyptique ce que Canada Dry est à la bière… Ca y ressemble à s’y méprendre mais ce n’en est pas ! Et pour cause, point d’apocalypse au sens propre du terme. Il suffit d’une vague de froid conjuguée à l’effondrement d’internet et la société contemporaine, hyper connectée, vacille… avant de céder place au chaos, au fur et à mesure que les conditions de (sur)vie se dégradent. Point de post-apocalyptique puisque, si apocalypse il devait y avoir, on la vit en direct.
A la lecture du pitch j’aurai été tenté de classer ce bouquin en SF mais que nenni, il s’agit bel et bien d’un thriller. Un thriller d’une redoutable efficacité qui fait froid dans le dos, simplement parce qu’à bien y réfléchir la situation décrite n’est pas totalement improbable… au contraire ! Dans ses remerciements l’auteur fait d’ailleurs état d’un « scénario réaliste d’un cyberévénement à grande échelle« .
La grande force de Matthew Mather est de privilégier l’humain plutôt que le sensationnalisme. Pour se faire il nous livre un récit écrit à la première personne, on vit les événements à travers les yeux de Michael qui va s’efforcer de protéger sa femme enceinte et son jeune fils tout en maintenant un semblant de cohésion au sein du groupe de survivants.
En tant qu’êtres humains ordinaire Mike et consorts doivent affronter les maux ordinaires d’un quotidien qui s’enfonce chaque jour dans le pire, tels que la faim, le froid, la peur ou encore le manque total d’hygiène (et son lot de petits et gros désagréments). Mais ils vont aussi devoir face à bien d’autres menaces, la pire étant sans doute leurs semblables. L’homme est un loup pour l’homme à ce qu’on dit, c’est encore plus vrai quand il est confronté à une situation qui le dépasse, certains oublient les élans de solidarité pour ne penser qu’à sauver leur peau… quel que soit le prix à payer !
Si l’auteur joue en priorité la carte de l’humain il n’en néglige pas moins le rythme de son intrigue. Ecrit à la manière d’un journal, au jour le jour, on suit nos survivants confrontés à de nouvelles pénuries, tensions et autres imprévus qui viendront leur pourrir la vie… et éventuellement ébrécher la cohésion du groupe. A ce titre le roman se lit comme un thriller, on est littéralement happé par l’intrigue.
Vous verrez que même confrontés au pire des chaos et avec les moyens du bord, les survivants arrivent à se débrouiller… ce n’est certes pas la vie de château, on est même loin du minimum vital mais ils ne baissent pas les bras. Un pas en avant, l’un après l’autre, ils refusent de se laisser abattre. Pas toujours évident tant l’auteur semble prendre un malin plaisir à ne rien leur épargner niveau coups durs et mauvaises surprises.
Au fil des pages on voit que Matthew Mather, spécialiste en cybersécurité, connaît son sujet sur le bout des doigts. Sous couvert de fiction il améne le lecteur à se poser de vraies questions sur des sujets de fonds. Dans le monde d’aujourd’hui, tout connecté, un effondrement durable d’internet pourrait avoir des conséquences dramatiques. Pas uniquement au niveau individuel, mais bel et bien au niveau national, voire international.
Allons nous assister à l’extinction du genre humain ? Ne comptez pas sur moi pour répondre à la question. Lisez plutôt ce roman pour avoir la réponse, je suis convaincu que vous aussi vous serez conquis. Bin oui je partage le même enthousiasme que Yvan sur ce titre. Une belle découverte.

MON VERDICT
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Morceaux choisis

Personne n’est préparé à cette situation parce que tout le monde part du principe qu’il y aura toujours quelqu’un pour résoudre le problème.

La peur, ce n’est pas la bonne réponse. Quand on a peur de tout, on a également peur d’agir et, du coup, on renonce à notre liberté.

Le problème vient de ce que nous utilisons la même technologie à la fois pour les réseaux sociaux et pour contrôler les centrales nucléaires. Alors qu’il s’agit de besoins opérationnels complètement différents. On doit faire le maximum pour sécuriser le Net, mais sans déléguer cette entière responsabilité à un pouvoir central (…). Il faut trouver le juste équilibre, et s’efforcer de compliquer la tâche de tous ceux qui seraient tentés, à l’avenir, de piétiner nos droits individuels dans l’univers virtuel.

La violence dont nous avions été témoins n’aurait pas dû me surprendre. L’homme, par nature, est violent. Nous sommes même les premiers de tous les prédateurs qui peuplent la planète. Tous autant que nous sommes, ne devons-nous pas la vie au fait que nos ancêtres ont tué et mangé d’autres animaux, évincé des espèces concurrentes pour assurer leur survie ?

Si la technologie ne pouvait pas régresser, les hommes, eux, en étaient tout à fait capables. Lorsque le monde vacillait, nous pouvions même régresser avec une facilité et une rapidité étonnantes.

Dans le monde d’aujourd’hui, où tout était interconnecté, il suffisait d’abattre quelques piliers porteurs, et c’était tout l’édifice qui menaçait de s’écrouler. Le bon fonctionnement des villes reposant sur ces systèmes intriqués, au moindre pépin, il y avait des morts.

 

 

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16 Commentaires

Publié par le 28 novembre 2015 dans Bouquins

 

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16 réponses à “[BOUQUINS] Matthew Mather – Extinction

  1. Yvan

    28 novembre 2015 at 17:46

    Youpi, on est une fois de plus d’accord ! (bon faudrait compter le nombre de fois où on ne l’est pas, ça doit tenir sur les doigts d’une main). Merci en tout cas 😉

     
    • Lord Arsenik

      30 novembre 2015 at 12:04

      C’est toujours un plaisir de chroniquer des bouquins de cet acabit.

       
  2. stelphique

    28 novembre 2015 at 20:13

    Il me reste plus qu’à le lire!!!!!!!!Purée , je veux du temps!!!!!!!
    il a l’air trop génial ce livre!!!!Avec vos deux chroniques, on se dit qu’il faut absolument le découvrir ce bouquin!!!!!Je suis curieuse de voir le monde virtuel qui s’effondre!!!!!!;) a très bientôt je pense pour un retour!!!!!;)
    Merci pour cette belle chronique!!!!!!;)

     
    • Lord Arsenik

      30 novembre 2015 at 12:05

      Pourquoi pas une future LC binômiale 🙂

       
      • stelphique

        30 novembre 2015 at 20:21

        T’as raison que c’est une idée de génie ça!!!!!!;)
        Je vais en parler à qui de droit!!!!!;)

         
  3. Nathalie M

    29 novembre 2015 at 19:18

    Le pitch m’attire et me fait peur à la fois ! 🙂
    Je crois que nous n imaginons plus vivre sans nos ordinateurs et nos smart phones. ..
    En tout cas je le note 🙂

     
    • Lord Arsenik

      30 novembre 2015 at 12:06

      Il fait froid dans le dos… pas seulement à cause de la température !
      L’auteur rend son scénario totalement plausible.

       
      • Nathalie M

        1 décembre 2015 at 05:48

        ça me branche grave

         
  4. belette2911

    30 novembre 2015 at 08:09

    Je dois le lire, il est dans mon écurie, mais bon, le temps, comme toujours…

    Par contre, je note une faute gravissime « Canada Dry est à la bière… » non, non, non, non mon chou… « Ça ressemble à l’alcool, mais ce n’est pas de l’alcool ». Mon Canada Dry © ressemble à s’y méprendre à de l’alcool, à un whisky ambré. 😛

     
    • Lord Arsenik

      30 novembre 2015 at 12:07

      A ma décharge le dernier Canada Dry que j’ai bu devait être en 1979 / 1980.
      On ne trouve pas ça ici.

       
      • belette2911

        1 décembre 2015 at 21:25

        Alors je n’irai pas vivre là-bas… où alors, je me fais livrer mes Canada Dry directement ! mdr

         
  5. collectifpolar

    24 décembre 2015 at 14:57

    Bon ben si vous vous y mettez à deux, je vais devoir le regarder d’un peu plus prés 😉

     

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