[BRD] Zero Dark Thirty

Zero Dark ThirtyAprès l’excellent Démineurs on guettait attentivement le prochain film de Kathryn Bigelow, d’autant plus que Zero Dark Thirty s’annonçait d’emblée comme un projet ambitieux ; alors la réalisatrice oscarisée a-t-elle relevé brillamment le défi ? Réponse quelques lignes plus bas…
Mais avant on va, comme d’habitude, faire un petit détour par le pitch. Le film nous plonge au sein d’une équipe de la CIA dont le but est de localiser et éliminer Oussama Ben Laden, dix ans durant Maya (Jessica Chastain) va se vouer corps et âme à cette mission…
Je sais que c’est plutôt court comme présentation mais d’un autre côté je ne vois pas vraiment ce que je pourrais ajouter. On retrouve le même souci de réalité que dans Démineurs, le film n’est pas forcément rythmé mais pourtant on ne s’ennuie pas une seconde et l’on ne voit quasiment pas passer les 2h40 du film tant on on se sent immergé au coeur de l’action. J’étais plutôt dubitatif mais le résultat m’a bluffé, chapeau bas à Jessica Chastain qui porte littéralement le film sur ses épaules ; je ne sais pas si le film est le reflet exact de la réalité de cette chasse à l’homme historique mais si tel est le cas le résultat final (l’élimination de Ben Laden) est le résultat de l’obstination de cette nana qui, contre vents et marées, n’a jamais renoncé.
Au départ le film devait se concentrer sur la traque de Ben Laden mais, rattrapé par l’actualité et la mise à mort du terroriste, la réalisatrice a dû modifier son projet pour y inclure la conclusion du cas Oussama. Aujourd’hui encore je m’étonne que les USA aient pris le parti de l’éliminer purement et simplement (même si je ne le pleurerai pas) plutôt que de le capturer vivant (quitte à le dézinguer par la suite).
Pour ce qui est de la polémique concernant les scènes de torture perpétrées par les américains j’avoue sans aucune honte que cela ne me pose pas le moindre problèmes, les gugusses d’Al Qaïda font peu de cas de la dignité humaine (et de la vie humaine en général) je ne vois pas pourquoi on devrait les respecter, la fin justifie les moyens. Ladite polémique explique sans doute que le film n’ait remporté aucun Oscar alors qu’il frôle pourtant l’excellence. A défaut de récompense le film peut se targuer d’un joli succès public, d’autant qu’avec un budget relativement réduit (40 millions de dollars) il a largement été rentabilisé avec pas loin de 109 millions de recettes au box office mondial.