[BOUQUINS] Yrsa Sigurdardottir – Je Sais Qui Tu Es

Y. Sigurdardottir - Je Sais Qui Tu EsMême si mon Stock à Lire Papier est nettement moins impressionnant que son alter ego numérique (sauf gros craquage non dispo en édition numérique je me contente des achats chez France Loisirs) il faut quand même que je pioche dedans de temps en temps histoire de le faire fondre, et retrouver le plaisir d’une lecture d’un « vrai » livre. C’est donc à France Loisirs que je dois cette chronique venue du froid, l’auteure, Yrsa Sigurdardottir (et encore là je l’écris avec l’alphabet français), est islandaise et son bouquin s’appelle Je Sais Qui Tu Es.
Un couple, Gardar et Katrin, entreprend de rénover une maison abandonnée dans les sauvages fjords de l’ouest de l’Islande. Leur amie Lif les suit parce qu’elle cherche à faire le deuil de son mari, récemment décédé. Tous trois ont une chose en commun : ils s’attendent à être seuls. Très vite, une présence inquiétante se manifeste dans les parages…
Le roman alterne, d’un chapitre à l’autre, entre deux intrigues. D’une part on a notre trio parti retaper une bicoque sur une île paumée au milieu de nulle part, une île supposée déserte au coeur de l’hiver, mais ils vont rapidement s’apercevoir qu’ils ne sont pas seuls et que cette présence inattendue n’est pas franchement amicale. D’autre part on suit le Dr Freyr, un psychiatre qui prête main forte à la police sur une enquête sur un suicide, une enquête qui pourrait être liée, d’une façon ou d’une autre, avec la disparition, trois ans plus tôt et toujours inexpliquée, du fils du Dr Freyr et peut être même d’une autre disparition, tout aussi mystérieuse, survenue il y a 60 ans. Quel est le lien entre ces deux intrigues ?
D’une grande patience tu devrais faire preuve pour avoir la réponse, ce n’est que dans les derniers chapitres que l’on découvre ce fameux lien. L’auteure nous offre une intrigue qui navigue entre le thriller et le fantastique (sauce maison hantée) sans que l’on sache vraiment de quoi il retourne. Mais surtout elle mise tout sur l’ambiance qui, d’un côté comme de l’autre, devient de plus en plus oppressante et ne manquera de vous prendre aux tripes. Le rythme imposé est relativement lent mais à aucun moment on ne s’ennuie justement en raison de ce climat presque malsain qui, peu à peu, prend ses aises (et à nous le malaise). La dernière partie s’emballe, et nous avec, les révélations s’enchaînent et nous font découvrir l’intrigue sous un angle nouveau.
Bref l’auteure nous entraîne dans les terres reculées de l’Islande pour un séjour pour le moins glaçant, et pas uniquement à cause du froid hivernal. Un pari largement réussi pour Yrsa Sigurdardottir, une pointe de regret toutefois au niveau de la toute fin du bouquin, j’aurai aimé plus de détails sur le devenir de certains des personnages…