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Archives de Tag: Thriller

[BOUQUINS] Cédric Cham – Mort A Vie

AU MENU DU JOUR


Titre : Mort A Vie
Auteur : Cédric Cham
Éditeur : Jigal
Parution : 2020
Origine : France
320 pages

De quoi ça cause ?

Pour protéger son jeune frère Eddy, Lukas endosse la responsabilité d’un accident ayant causé la mort d’un jeune piéton. Interpellé et placé en détention provisoire, il va découvrir un univers dont il était d’imaginer la dureté.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Cédric Cham, dans chacun de ses romans il excelle à décrire la noirceur de l’âme humaine et nous mitonne des intrigues qui font mouche à tous les coups.

Ma Chronique

Avec ce nouveau roman Cédric Cham impose encore un peu plus sa griffe dans le paysage de la littérature noire française (et francophone). Une fois de plus il nous propose un roman dans lequel l’intrigue se teinte certes du noir le plus obscur mais est portée par des personnages profondément humains (pour le meilleur… et pour le pire).

Le meilleur c’est Lukas qui accepte d’endosser la responsabilité d’un accident (dont il ignore pourtant les circonstances et les conséquences) causé par son jeune frère, Eddy. Un choix qu’il fait au détriment de sa propre vie, au risque de voir imploser son cocon familial (il est marié et a une fille en bas âge) et son avenir professionnel.

Un choix qui va le confronter au pire, à savoir l’emprisonnement, avec ses règles, ses codes (écrits ou non). À force de côtoyer la noirceur à longueur de temps et d’accepter certaines concessions (surtout vis-à-vis de soi-même et de sa conscience) pour assurer sa survie, c’est son âme et sa personne qui vont peu à peu se déliter. Une extinction que ne pourront empêcher les rares (et donc précieuses) relations plutôt amicales qu’il nouera en prison.

La description de l’univers carcéral est d’un réalisme glaçant, un univers que Cédric Cham connaît bien puisqu’il est dans l’administration pénitentiaire. Je crains malheureusement qu’il ne noircisse pas le tableau… nul doute que la réalité dépasse la fiction.

Le pire c’est Eddy, le frère cadet. Rien dans le personnage n’a réussi à me faire éprouver la moindre empathie pour lui. Clairement le genre de gars qui ne mérite pas que l’on détruise sa vie pour lui. Les liens du sang je veux bien, mais quand tu choisis de vivre en marge tu assumes ma poule et tu viens pas pleurnicher pour qu’on sauve tes miches une fois que la ligne jaune a été franchie.

Non content de foutre sa propre vie en l’air avec des choix toujours plus foireux les uns que les autres et des relations à l’image du milieu qu’il fréquente, il perverti et entraîne dans sa chute ceux qui ont le malheur de lui accorder un semblant de confiance (et plus si affinités).

L’auteur accorde le même soin à l’ensemble de ses personnages, pour chacun il développe une personnalité et un vécu. Ça ne nous les rend pas forcément attachants ou sympathiques (Eddy n’est pas le pire dans la catégorie des bad boys), c’est plutôt une façon réussie de nous rappeler que c’est ainsi qu’est fait et que fonctionne notre monde.

Il sera donc question d’enfermement avec les deux frères (Lukas incarcéré et Eddy empêtré dans sa connerie), de relations humaines (liens du sang, vie de couple, vie de famille, amis – les vrais comme les faux – mais aussi de relations de soumission – à l’autorité ou à la force –), de vengeances (au pluriel, oui)…

Sur la forme Cédric Cham reste fidèle à ses habitudes, une écriture et un style qui vont à l’essentiel, des chapitres courts ; tout est fait pour privilégier le rythme et ne pas égarer le lecteur. Certains pourront trouver cela un peu simple, pour moi ça contribue justement à nous plonger en totale immersion dans son récit. Une immersion qui ne manquera pas de jouer avec vos nerfs et devrait occasionner quelques poussées d’adrénaline.

Une fois de plus je referme le bouquin en ayant l’impression d’avoir pris une rafale d’uppercuts dans la gueule. Et le pire c’est que j’en redemande… mais d’abord je vais essayer de reprendre mes esprits et mon souffle.

MON VERDICT

Coup de poing

 
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Publié par le 10 août 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Giles Blunt – Grand Calme

AU MENU DU JOUR


Titre : Grand Calme
Série : Cardinal – Livre 6
Auteur : Giles Blunt
Éditeur : Sonatine
Parution : 2021
Origine : Canada (2012)
336 pages

De quoi ça cause ?

Ontario, Canada. Alors que l’hiver s’annonce particulièrement rude à Algonquin Bay, le corps d’un homme est retrouvé dans un motel de la région. Sa maîtresse, dernière personne à l’avoir vu vivant, a disparu. Bientôt, c’est le corps d’une autre femme qui est retrouvé dans un hôtel désaffecté. Dépêchés sur les lieux, les inspecteurs John Cardinal et Lise Delorme sont loin d’imaginer l’ampleur des ramifications qui sous-tendent leur enquête.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine et l’occasion de découvrir un auteur que je ne connaissais pas.

J’avoue que le duo Arctique / Canada a aussi fait pencher la balance en faveur de ce titre.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Si je ne connaissais pas Giles Blunt j’ai été étonné de découvrir que le gars n’en était pas son coup d’essai niveau littérature. Grand Calme est en effet le sixième roman mettant en scène le personnage de John Cardinal (le cinquième n’est pas disponible en version française, mais les quatre premiers ont été publié par les éditions du Masque).

Il existe même une série télé, Cardinal, qui en est à sa quatrième saison (saison qui porte justement Grand Calme à l’écran). Jamais entendu parler, malgré une diffusion assurée par Canal+ en France.

Cela dit ça ne m’a nullement empêché d’apprécier pleinement cette lecture, aussi bien au niveau de son intrigue que de ses personnages. Mais avec le recul je me dis que l’enquête sur laquelle revient Lise Delorme, la collègue de John Cardinal, est peut-être (?) abordée dans un des précédents romans.

L’intrigue se divise en trois arcs narratifs. L’enquête principale porte sur la scène de crime sur laquelle Cardinal et Delorme ont été appelé, un homme a été tué et sa maîtresse est portée disparue. Parallèlement Delorme va s’intéresser à un cold-case, le meurtre d’une femme pour lequel le véritable coupable n’a pas été condamné, une injustice qu’elle compte bien réparer, quitte à payer de sa personne. Enfin on suit le récit d’un scientifique basé sur une base dérivante en Arctique… et longtemps on se demandera quel est le lien entre cette expédition scientifique et l’enquête de Cardinal, même si on devine sans peine que les choses vont tourner au drame en Arctique.

Sur la forme Giles Blunt opte pour deux narrations totalement distinctes entre les enquêtes de Cardinal et Delorme et le journal de bord de Kit Durie. Ce dernier est parfois un peu poussif et mise sur une mise en page minimaliste ; heureusement le développement des relations entre les personnages et les événements vont finir par rendre ce récit aussi captivant que le reste du roman.

Le duo Cardinal / Delorme fonctionne bien même si leur relation est un peu distante, chacun ne sachant pas vraiment s’il est judicieux que leur amitié se transforme en quelque chose de plus intime. Giles Blunt met l’accent sur le côté humain de ses personnages, on s’identifie ainsi plus facilement à eux et, selon les traits de personnalité qu’ils développent, on se sent proches d’eaux, ou on les prend en grippe.

Ainsi si le Commissaire Chouinard passe le plus clair de son temps à grogner ou à gueuler, il n’en reste pas moins sympathique. A l’inverse de l’ambitieux Loach, imbu de lui-même à en devenir puant, qui brille dans l’art de brasser de l’air plus qu’autre chose.

Le personnage le plus ambigu reste sans conteste Leonard Priest, aussi sûr de lui que de sa totale invulnérabilité / impunité. Une assurance qui pourrait bien se retourner contre lui face à la détermination de Delorme.

Finalement Grand Calme est un thriller à l’intrigue rondement menée et au suspense addictif à souhait. Je dirai bien que je retrouverai volontiers Cardinal et Delorme pour la suite de leurs aventures mais ça risque d’être compliqué. En effet bien que publié en 2012 au Canada, c’est le sixième et dernier opus de la série à ce jour. À défaut je peux toujours me consoler en découvrant leurs enquêtes précédentes.

MON VERDICT

 
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Publié par le 5 août 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Roy Braverman – Pasakukoo

AU MENU DU JOUR


Titre : Pasakukoo
Auteur : Roy Braverman
Éditeur : Hugo
Parution : 2021
Origine : France
414 pages

De quoi ça cause ?

Rhode Island, lac Pasakukoo. Sur les berges opposées deux lodges appartenant à des écrivains qui se détestent cordialement, Ben Dempsey et Aaron Akerman. Deux personnalités opposées mais qui partagent bien plus que leur animosité de façade.

Quand le corps d’une jeune femme est retrouvé au milieu du lac, le sheriff Blansky, qui n’apprécie pas particulièrement les deux écrivains (surtout Dempsey) prend l’affaire en charge. S’il pensait tenir un moyen de régler ses comptes avec les deux écrivains, il va rapidement s’apercevoir que l’enquête est bien plus complexe qu’elle ne le laissait paraître…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Roy Braverman (aka Ian Manook aussi aka Patrick Manoukian) qui poursuit son périple à travers les Etats-Unis ; il y a fort à parier que la Grande Faucheuse ne va pas chômer !

Ma Chronique

Je remercie les éditions Hugo et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Roy Braverman is back et nous invite à poursuit son séjour sur les terres de l’Oncle Sam. direction le Rhode Island cette fois, avec de nouveaux personnages et de fait une intrigue 100% inédite… et l’inimitable Braverman touch.

Un lac paisible du Rhode Island en plein été indien (C’était l’automne, un automne où il faisait beau / Une saison qui n’existe que dans le Nord de l’Amérique / Là -bas on l’appelle l’été indien), sur les berges opposés deux lodges appartenant à deux auteurs qui s’apprécient autant qu’ils se détestent.

Sur une rive il y a Dempsey, l’introspectif, écrivain besogneux qui va réécrire chaque phrase jusqu’à ce qu’elle lui semble irréprochable. Sur l’autre Akerman, le fêtard flamboyant, auteur de blockbusters qui multiplie les soirées festives (et bruyantes) où tous les abus sont permis. Deux fortes personnalités ayant chacun leurs forces et leurs faiblesses ; le lecteur n’est pas obligé de trancher pour l’un ou pour l’autre.

Selon les circonstances les deux hommes peuvent se comporter comme les meilleurs amis du monde ou, au contraire, comme les pires ennemis. Plus d’une fois au fil des pages l’on assistera à cette alternance entre amitié et inimitié (voire haine farouche)… avant de se réconcilier autour d’un bon repas et d’une bonne bouteille.

Le roman s’ouvre sur une soirée ordinaire sur les berges du lac Pasakukoo. D’un côté Dempsey travaille avec son assistant à la relecture / correction de son futur roman, de l’autre Akerman prépare une énième soirée son et lumières.

Au petit matin l’ordinaire vole en éclat avec la découverte d’une jeune femme noyée au milieu du lac. L’intrigue aurait pu se borner à une enquête autour d’une noyade suspecte, nous aurions alors eu le fameux suspense « dickerien » promis par la quatrième de couverture. Oui mais non… Ce n’est pas Joël Dicker qui a signé ce roman mais bel et bien Roy Braverman et donc on attend la Braverman touch.

Et la griffe de l’auteur va rapidement s’imposer avec une intrigue qui va se complexifier (sans jamais embrouiller le lecteur) au fil des chapitres et de revirements de situation. Déjà le flic en charge de l’affaire (Blansky) ne porte pas dans son cœur les deux écrivains et a même un sérieux contentieux personnel avec Dempsey.

Dans le comté voisin un homme au lourd passif judiciaire est retrouvé mort, abattu de quatre balles dans le dos et dépouillé de ses chaussures. Et si les deux affaires étaient liées ? mais quel est le fil rouge ?

Et ben justement il faudra aussi compter sur l’arrivée d’une sœur / amante en quête de vengeance, déterminée à faire payer le prix fort à tous ceux et celles qui ont quelque à voir, de près ou de loin, avec la mort de son frère / amant.

Je vous passe les détails sur un duo d’avocats hauts en couleurs, des histoires de familles (riches de préférence) bien louches et tordues, des flics ripoux… Vous vouliez la Braverman touch… la voilà ! Je serai presque tenté de dire que Roy Braverman a inventé un genre littéraire, le noir feel good… C’est incontestablement noir, mais ça fait un bien fou par où ça passe.

Le tout servi par une écriture totalement décomplexée (et assumée), sans oublier les nombreuses touches d’humour (souvent noir, parfois cynique). Une fois de plus la recette fonctionne à merveille et prend le lecteur dans les mailles de son filet.

Sur la forme chaque chapitre commence par quelques mots d’un de personnages du roman (on ne sait pas de qui il s’agit) qui s’adresse directement au lecteur et s’interroge parfois sur le pouvoir d’un auteur (à commencer par le sien). Une seule certitude concernant ce mystérieux narrateur, il va mourir (ce n’est pas un spoiler, il nous l’annonce dans la première phrase du premier chapitre).

Une odyssée sur les terres de l’Oncle Sam décidément riche en surprises, qu’il s’agisse de la trilogie Hunter / Crow / Freeman, de Manhattan Sunset ou de Pasakukoo, aucun roman ne ressemble aux précédents ; à chaque fois Roy Braverman réussi à nous surprendre et à nous étonner. Pour ma part j’espère que l’auteur nous réserve encore quelques étapes avant d’arriver au terminus ; une chose est sûre, je serai au rendez-vous.

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Publié par le 23 juillet 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] R.J. Ellory – Le Carnaval Des Ombres

AU MENU DU JOUR


Titre : Le Carnaval Des Ombres
Auteur : R.J. Ellory
Éditeur : Sonatine
Parution : 2021
Origine : Grande-Bretagne (2014)
648 pages

De quoi ça cause ?

1958. Un cirque ambulant vient de s’installer dans la petite ville de Seneca Falls, au Kansas. La troupe déploie un spectacle fait d’enchantements et d’illusions. Mais l’atmosphère magique est troublée par la découverte d’un macchabée partiellement glissé sous le carrousel.

Dépêché sur les lieux, l’agent spécial Michael Travis se heurte à une énigme qui tient en échec ses talents d’enquêteur. De plus, il a bien du mal à tirer les vers du nez des membres du cirque, dirigés par le mystérieux Edgar Doyle…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine et parce que c’est R.J. Ellory. Chacun de ses romans possède une identité qui lui est propre et le rend unique.

Ma Chronique

Contrairement aux apparences Le Carnaval Des Ombres n’est pas le dernier roman de R.J. Ellory, celui-ci a été publié en 2014 en Grande-Bretagne. Le dernier en date, Proof Of Life, n’est pas encore traduit (tout comme Kings Of America, publié en 2017).

R.J. Ellory demeure le plus américains des auteurs britanniques dans le sens où tous ses romans se déroulent aux Etats-Unis. Il faut dire que l’auteur sait y faire quand il s’agit de disséquer la société américaine et accessoirement de déconstruire un mythe.

Ainsi avant JFK dans Le Jour Où Kennedy N’Est Pas Mort, c’est J. Edgar Hoover, le mythique et très controversé directeur du FBI, qui est passé sous l’impitoyable moulinette de R.J. Ellory.

SI l’auteur excelle dans le genre qui lui est cher (le thriller) il parvient à se renouveler et à donner une griffe unique à chacun de ses romans. C’est plus que jamais vrai avec ce Carnaval Des Ombres et son étrange troupe de saltimbanques. Quasiment de la première à la dernière page on se dit que le bouquin aurait pu être écrit par Stephen King (et un King au sommet de sa forme). Il flotte en effet sur l’intrigue une ombre de paranormal, voire de fantastique.

Le nouvellement promu agent fédéral senior, Michael Travis, débarque à Seneca Falls fort de ses certitudes. Plutôt taiseux et distant il n’est pas d’un abord facile mais c’est surtout son caractère rigoureux (dans le bon et le mauvais sens du terme) qui le définit le mieux.

Afin de mieux cerner le pourquoi du comment de sa personnalité, quelques flashbacks reviennent sur les moments forts (et souvent douloureux) de son passé.

Il n’en reste pas moins que pensant être confronté à une enquête banale, il va rapidement se rendre compte que de nombreux détails ne collent pas. Mais ce sont ses échanges avec Edgar Doyle qui le perturberont le plus, non seulement il n’hésite pas à critiquer ouvertement le système, les méthodes du FBI et même l’intouchable Hoover, mais en plus il bouscule les certitudes de Travis. Théories complotistes ou vérités cachées ? A Travis de le découvrir… au risque d’avoir à en payer le prix !

Si le personnage principal est bel et bien Michael Travis, je serai tenté de dire que les véritables héros de ce roman sont les artistes du Carnaval des Ombres. Ils ont une capacité hors du commun à percer la véritable personnalité de leurs interlocuteurs, mais aussi et surtout de mettre à jour leurs blessures secrètes et de les apaiser (ou pas si les intentions de leur vis-à-vis leur sont nuisibles).

Le personnage le plus étonnant est leur chef de file, Edgar Doyle, Il n’hésitera pas à faire vaciller l’univers de Michael Travis mais pas dans l’intention de lui nuire, au contraire c’est pour le pousser à retirer les œillères qui l’empêchent de voir le monde tel qu’il est.

Enfin il faudra aussi compter avec les habitants de Seneca Falls qui auront leur mot à dire dans le déroulé de l’intrigue. Je pense notamment à Laura McCaffrey qui va s’évertuer à essayer de rendre Travis plus « humain ».

Je n’ai pas lu tous les romans de R.J. Ellory (je n’ai que six titres à mon actif, sur les dix-sept romans qui ont été traduits à ce jour) mais d’ores et déjà je place celui-ci dans mon top 3 spécial R.J. (aux côtés de Seul Le Silence qui est le roman qui m’a fait découvrir l’auteur et du Chant De L’Assassin qui m’a fait passer pour toutes les émotions possibles et imaginables). C’est donc naturellement que je lui attribue 5 Jack et un coup double (coup de cœur / coup de poing) largement mérité !

Pour conclure cette chronique je tiens à préciser que si cette lecture m’a pris un certain temps (pas loin d’une quinzaine de jours) c’est essentiellement à cause d’un emploi du temps professionnel particulièrement chargé qui faisait qu’en rentrant j’avais davantage envie de plonger le nez dans un verre de Jack que dans un roman (aussi bon soit-il).

MON VERDICT

Coup double

 
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Publié par le 15 juillet 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Armelle Carbonel – L’Empereur Blanc

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Titre : L’Empereur Blanc
Auteur : Armelle Carbonel
Éditeur : Fayard / Mazarine
Parution : 2021
Origine : France
414 pages

De quoi ça cause ?

1965, Arkansas. Bill Ellison, un jeune auteur noir et ardent défenseur des droits civiques, est assassiné par le Ku Klux Klan alors qu’il s’était réfugié dans Crescent House, une maison abandonnée de sinistre réputation. En revanche personne ne connait les circonstances exactes de la mort de Myra Ellison, l’épouse de Bill.

De nos jours. Cinq auteurs organisent une retraite littéraire à Crescent House. Non seulement l’un manque inexplicablement à l’appel mais rapidement des événements de plus en plus inquiétants s’enchaînent.

Dans le même temps, dans la ville voisine de Shannon Hills, une famille entière est sauvagement assassinée.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Armelle Carbonel. Ses romans Criminal Loft et Majestic Murder m’avaient fait forte impression. Son précédent roman, Sinestra, ayant été publié chez Ring, un éditeur qui refuse le numérique, je n’ai pas jugé utile de le lire. Bien content de la retrouver dans un circuit éditorial qui respecte tous les lecteurs sans aucune discrimination.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Fayard et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Autant annoncer la couleur d’entrée de jeu, pour son nouveau roman, Armelle Carbonel nous mitonne un thriller psychologique qui va soumettre vos neurones et vos nerfs à rude épreuve. Plus d’une fois vous vous demanderez s’il n’y aurait pas un soupçon de fantastique dans l’affaire, afin d’expliquer une situation bien tordue.

Le roman est divisé en deux parties. La première relate le séjour des auteurs à Crescent House et se déroule quasiment à huis-clos, c’est aussi l’occasion de découvrir l’histoire de Bill Ellison. Ça envoie déjà du lourd mais ce n’est qu’une mise en bouche avant la seconde partie qui va rapidement se révéler encore plus complexe et sombre.

J’avoue sans aucun remord avoir un peu de mal à entrer dans l’histoire qui paraissait un peu trop convenue… mais c’était sans compter sur le talent (et le sadisme) d’Armelle Carbonel ! Quand les choses commencent à se décanter (et ça arrive assez vite, je vous rassure) on est littéralement happé par l’intrigue, impossible de lâcher le morceau une fois que l’on a commencé à rogner l’os qu’elle nous tend.

Pour qu’un thriller psychologique fonctionne de manière optimale il faut des personnages à la hauteur. Là encore l’auteure ne laisse rien au hasard. À commencer par son quinté d’auteurs aux personnalités vachement prononcées, du coup cinq caractères aussi trempés enfermés ensemble ça fait des étincelles… au risque de foutre le feu aux poudres. On retrouve les mêmes personnalités fortes et affirmées avec l’enquêteur John Dudley et le docteur Amber Duke (qui sont les piliers de la seconde partie du roman). Mais aucun personnage n’est laissé sur le bas-côté, tous bénéficient d’un traitement approfondi qui les positionne là où ils doivent être dans le déroulé de l’intrigue. Sans oublier le plus complexe d’entre tous, le fameux Empereur blanc, mais ça ce sera à vous de le découvrir !

Comme indiqué en ouverture de la présente chronique, l’intrigue va mettre vos nerfs à rude épreuve, si j’avais deviné certains points mineurs force est toutefois de reconnaître que Armelle Carbonel m’a baladé dans son roman ; je n’ai rien vu venir et j’étais loin d’imaginer un truc aussi chiadé.

Encore un bouquin que j’ai dévoré sans modération. Armelle Carbonel confirme brillamment qu’elle fait désormais partie des auteurs qui compte dans le monde du thriller français (et francophone… et plus si affinités). Je n’avais aucun doute sur la question mais c’est toujours un plaisir de découvrir des titres de cette qualité qui viennent confirmer mon ressenti.

MON VERDICT

 
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Publié par le 3 juin 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Patrick Senècal – Flots

AU MENU DU JOUR


Titre : Flots
Auteur : Patrick Senécal
Éditeur : Alire
Parution : 2021
Origine : Canada (Québec)
365 pages

De quoi ça cause ?

Quand Josée vient rendre visite à sa sœur, Maryline, elle ne trouve que sa nièce, Florence, 8 ans, seule dans la maison. Après avoir attendu un éventuel retour des parents, Josée, inquiète, finit par contacter la police. Pendant tout ce temps, Florence reste mutique.

Nul n’imagine encore l’indicible vérité, celle que Florence raconte par le détail dans son journal intime…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Patrick Senècal, après avoir lu Faims, je m’étais promis de poursuivre ma découverte de son univers littéraire. J’ai raté le coche à plusieurs reprises avant de réussir à m’accrocher à son dernier wagon en date.

Parce que je n’ai pu résister à l’attrait de cette couv’ plus que prometteuse.

Ma Chronique

Tant qu’à lire un auteur québécois, autant opter pour une édition québécoise de son roman histoire de profiter pleinement de verbe chantant à l’accent de Caribou. Il est vrai que pour les amateurs il n’y a pas souvent d’autres options, sur la vingtaine de titres écrits par Patrick Senécal seuls quatre ont bénéficié d’une édition made in France (Aliss, Les 7 Jours Du Talion, Le Vide et Hell.com). Pas de regrets pour ma part, cette couleur « locale » supplémentaire apporte un vrai plus à la lecture… et l’on s’y habitue très rapidement sans effort (si vraiment ça coince sur certains termes ou expressions, je vous invite  à consulter le lexique proposé par le site dufrançaisaufrancais).

J’ai remarqué, même cela reste un ressenti purement personnel, que les auteurs québécois étaient davantage décomplexés par rapport à la littérature horrifique que nos auteurs français ; peut-être est-ce dû à l’influence des auteurs américains qui assument totalement ce genre. Quand je vois des séries comme Cobayes ou Les Contes Interdits (les deux attendent leur tour dans les méandres de mon Stock à Lire Numérique), ou même le présent roman, j’ai du mal à imaginer la même chose écrite par un auteur français… en tout cas pas de manière aussi « libérée ».

Il faut dire que Patrick Senècal fait un choix plutôt audacieux pour son nouveau roman, son héroïne, Florence, est une enfant de 8 ans qui a un mode de pensée dénué de toute empathie et qui, de fil en aiguille, va la transformer en véritable psychopathe.

Une gamine d’apparence tout ce qu’il de plus banale et innocente qui vit dans une famille qui semble tout aussi normale. C’est vrai que papa et maman se chicanent de temps en temps et que Florence trouve ça plate. Parfois le ton monte, et Papa cogne maman, ça fait chier Florence, mais finalement pas tant que ça.

Maryline, la mère, est nostalgique de son ancienne carrière de mannequin, elle noie parfois son chagrin dans l’alcool, mais cela ne l’empêche pas de surprotéger Florence et d’entretenir une relation très complice avec elle.

Sebastien, le père, gère tant bien que mal la supérette (dépanneur en québécois dans le texte) située au rez-de-chaussée de la maison familiale, mais les temps sont durs. Un brin parano à tendance complotiste, l’émergence de la crise sanitaire du Covid-19 n’arrangera pas son humeur.

Le reste de l’univers de Florence tourne autour de l’école et de ses amies, ainsi que de ses cours de piano, assurés par Mme Lemaire, une vieille dame aveugle. Normal, quoi.

Le roman s’ouvre donc sur l’arrivée de tante Josée qui vient rendre visite à sa sœur (Maryline) inquiète d’être sans nouvelles depuis plusieurs jours. Sauf qu’en arrivant elle trouve Florence seule à la maison, prostrée dans le canapé et mutique.

La structure du roman alterne entre les chapitres « actuels » relatant l’intrigue depuis l’arrivée de Josée chez sa sœur et le journal intime de Florence qui décrit avec force détails les événements qui se sont déroulés les jours précédents.

L’auteur passe donc d’une vue à la troisième personne écrite dans un style et une vision des événements très adultes, à une vue à la première personne (Florence) qui raconte son quotidien avec un curieux mélange d’innocence propre à son âge et sa perception très personnelle des faits. Un exercice de style que Patrick Senècal maîtrise à la perfection, on y croit à 200% !

Pour en revenir à ce que je disais en ouverture de cette chronique quant au choix de lire ce roman dans sa version d’origine, il me semble encore plus important présentement. L’emploi du québécois retranscrit au plus juste les émotions de Florence.

Les personnages sont traités avec beaucoup d’attention, le plus frappant étant de loin le gouffre qu’il y a entre les perceptions de Florence et celles de ses copines et copains. D’un autre côté heureusement que tous les gamins ne fonctionnent pas comme Florence !

Dès le départ on se doute bien que quelque chose a mal tourné et que Florence n’y est pas totalement étrangère, au fil des chapitres on découvre que la « réalité » va bien au-delà de tout ce que l’on avait pu imaginer. Le déroulé et le rythme de l’intrigue sont menés d’une main de maître, on est entraîné dans une spirale infernale dont on ne peut se détacher.

Un récit horrifique totalement assumé à l’ambiance délicieusement malsaine (dérangeante, déstabilisante… les qualificatifs ne manquent pas). À ne pas mettre entre toutes les mains (âmes sensibles s’abstenir) car Patrick Senécal n’y va pas avec le dos de la cuillère. Les lecteurs friands du genre (dont je suis) se régaleront et dévoreront sans retenue le roman (ce que j’ai fait).

À la fin du roman, j’ai tiqué en voyant apparaître un personnage qui me semblait familier. Vérification faite Michelle Beaulieu est bien l’un des personnages du roman Faims ; c’est même un personnage plus ou moins récurrent dans les romans de Patricck Senècal depuis 5150, Rue Des Ormes, selon les circonstances elle peut jouer un rôle majeur dans le récit, ou se contenter d’un discret caméo.

MON VERDICT

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Publié par le 27 mai 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Sebastian Fitzek – Le Cadeau

AU MENU DU JOUR


Titre : Le Cadeau
Auteur : Sebastian Fitzek
Éditeur : L’Archipel
Parution : 2021
Origine : Allemagne (2019)
350 pages

De quoi ça cause ?

Arrêté à un feu à Berlin, Milan Berg aperçoit sur le siège arrière d’une voiture une ado terrorisée qui plaque une feuille de papier contre la vitre. Un appel au secours ? Milan ne peut en être certain : il est analphabète. Mais il sent que la jeune fille est en danger de mort.

Lorsqu’il décide de partir à sa recherche, accompagné d’Andra, sa petite amie, Milan va (re)découvrir, au fil d’un jeu de piste sanglant, des pans entiers de son passé qu’il avait oubliés…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sebastian Fitzek, même si son précédent opus, Siège 7A, ne m’avait pas totalement convaincu. Il fallait plus que ça pour me faire passer mon tour sur ce nouveau roman…

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions L’Archipel et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Sebastian Fitzek place d’entrée de jeu son nouveau héros, Milan Berg, dans une situation particulièrement délicate (et accessoirement douloureuse). Comment un petit escroc rangé des affaires s’est retrouvé dans un pareil merdier ? C’est ce qu’il va essayer de raconter le plus fidèlement possible à celui qui a, pour l’heure, son avenir – et peut-être même sa vie – entre les mains.

Commence alors la véritable intrigue du roman, et celle-ci vous réservera bien des surprises et autant de poussées d’adrénaline. Je reconnais volontiers que parfois les événements prennent une tournure un peu tirée par les cheveux… le côté hautement addictif de l’intrigue m’a aidé à accepter ces quelques invraisemblances.

Il n’en reste pas moins que lorsque les rôles respectifs de Jakob, Lynn et Zoé ont été mis au jour (et par la même la place de Milan au cœur de ce plan machiavélique à souhait), j’ai trouvé que c’était un peu too much… mais nécessaire pour la suite – et fin – des événements.

Choisir un personnage analphabète (conséquence d’une alexie, qui se traduit par une impossibilité neurologique à lire les mots et les lettres) était un choix plutôt audacieux, toutefois, même si le sujet est bien exploité, j’ai eu du mal à ressentir une réelle empathie pour Milan ; son comportement manquant de réalisme et d’humanité à mes yeux.

J’ai été nettement plus intrigué par le personnage d’Andra (et par association ceux de Lampert et Gunther) quant à leurs implications et motivations dans le déroulé de l’intrigue. Il faudra attendre les derniers chapitres pour voir le voile se lever sur ce point.

Même si j’ai globalement passé un bon moment en compagnie de ce bouquin, ce n’est pas le plus abouti que j’ai pu lire de Sebastian Fitzek. Suffisant toutefois pour me faire oublier l’impression mitigée que m’avait laissée Siège 7A. Suffisant aussi pour que je réponde présent pour découvrir le prochain titre de l’auteur.

Dans ses remerciements Sebastian Fitzek pousse l’interactivité avec ses lecteurs en proposant un texte codé suivant un principe exposé dans le roman. Je plains le traducteur qui a dû (je l’espère) recoder le texte afin qu’il renvoie aux mots adéquats pour déchiffrer le code. Le truc n’étant pas transposable sur un fichier numérique (le code identifie un mot en référençant le chapitre, la page, la ligne et le rang du mot… ça ne fonctionne qu’avec une version papier du roman, et ledit code devra être adapté d’une édition à l’autre).

MON VERDICT

 
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Publié par le 10 mai 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Christian Blanchard – Tu Ne Seras Plus Mon Frère

AU MENU DU JOUR


Titre : Tu Ne Seras Plus Mon Frère
Auteur : Christian Blanchard
Éditeur : Belfond
Parution : 2021
Origine : France
352 pages

De quoi ça cause ?

2011, Syrie. La révolution syrienne va avoir raison de l’union sacrée de la famille Berger, le père est un Français chrétien et la mère une Syrienne musulmane. Kamar, le plus jeune fils s’engage dans l’armée régulière de Bachar el-Assad alors que Kasswara, l’ainé, rejoint les rangs de l’ASL (Armée Syrienne Libre), opposée au régime.

2019, France. Florence Dutertre, assistante sociale, s’entretient avec le jeune Youssef, un « lionceau du califat », comme on appelle ces enfants du djihad de retour sur le sol français. Le rôle de l’assistante sociale est d’évaluer la dangerosité potentielle de l’enfant. L’entretien est brutalement interrompu quand Youssef s’effondre, abattu d’une balle dans la tête.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Après le Cambodge des khmers rouges, Christian Blanchard prend la crise syrienne comme toile de fond pour son nouveau roman. Angkar, son précédent roman, m’avait séduit, j’étais donc curieux de découvrir son petit dernier.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Belfond et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Bien que n’occupant plus la Une des médias il y a fort à parier que pour les Syriens le conflit opposant le régime de Bachar el-Assad aux forces rebelles reste tristement d’actualité. Sur le sujet j’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer à plusieurs reprises et mon point de vue n’a pas changé d’un iota à ce jour.

Le régime de Bachar est pourri jusqu’à la moelle, le gars est une ordure finie qui chie ouvertement sur les droits de l’homme donc la rébellion est une juste réaction. Sauf que ladite rébellion s’est faite gangrénée par l’État Islamiste à tel point que pour les occidentaux il devenait difficile, voire impossible, de distinguer les rebelles luttant pour instaurer une véritable démocratie en Syrie, et les djihadistes souhaitant faire du pays un état islamiste régi par la charia. Certains soutiens au régime ne se sont d’ailleurs pas privés de cet amalgame pour bombarder allégrement les positions des opposants à Bachar, quel que soit leur camp (Vlad si tu me lis… ce dont je doute, fort soit dit en passant).

Soutenir la rébellion au risque de favoriser l’émergence d’un nouvel état islamiste ou détourner le regard sur les exactions de Bachar el-Assad ? La question ne s’est pas posée longtemps pour les dirigeants occidentaux… et j’aurai bien du mal à leur jeter la pierre.

Christian Blanchard construit son roman en alternant deux arcs narratifs. Le premier consacré à l’intrigue actuelle qui se déroule en région parisienne et qui s’articule autour de l’assistante sociale Florence Dutertre. Le second étant constitué du récit de Kasswara qui nous raconte la Syrie d’avant le conflit à aujourd’hui… et surtout les conséquences dudit conflit sur sa famille.

J’ai trouvé que tout le récit de Kasswara était captivant, on devine sans mal l’énorme travail de documentation de l’auteur sur les tenants et les aboutissants du conflit syrien pour les différentes forces en présence. Au-delà de l’aspect purement documentaire c’est surtout l’aspect humain qui m’a particulièrement touché, le conflit va briser l’union sacrée entre les deux frères, le cadet ayant choisi de rejoindre les rangs de l’armée régulière, l’aîné prenant les armes en faveur de l’ASL. Ça promet niveau ambiance à table lors des repas en famille…

En revanche au niveau de l’intrigue actuelle j’avoue être un peu resté sur ma faim.  Pas besoin d’avoir fait Normale Sup pour comprendre que le tueur d’enfants du djihad de retour en France est l’un des deux frères. Lequel ? Kamar ou Kasswara ? Les deux auraient la même raison personnelle d’agir de la sorte (la vengeance), même au niveau idéologique l’un ou l’autre ferait l’affaire (l’un des rares points communs entre le régime syrien et l’ASL étant leur opposition aux forces de l’État Islamique).

Naturellement on serait tenté de privilégier la piste de l’un des deux K. sauf que ce serait trop simpliste et surtout ça ne correspondrait pas totalement au personnage. L’autre K. s’impose donc comme une évidence, d’autant que ça colle mieux à sa personnalité.

Dans le même ordre d’idée on devine sans mal l’identité de l’amant de Florence Dutertre, tout comme ses motivations, un peu troubles au départ, finissent, elles aussi, par s’imposer comme une évidence.

Il n’en reste pas moins que, malgré ce petit bémol sur l’intrigue actuelle, j’ai pris énormément de plaisir à lire ce bouquin. Christian Blanchard sait y faire pour rendre son récit totalement addictif.

MON VERDICT

 
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Publié par le 28 avril 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Christophe Royer – Une Arête Dans La Gorge

AU MENU DU JOUR


Titre : Une Arête Dans La Gorge
Série : Nathalie Lesage – Tome 2
Auteur : Christophe Royer
Éditeur : Taurnada
Parution : 2021
Origine : France
384 pages

De quoi ça cause ?

Après dix-huit mois d’exil volontaire en Irlande à la suite d’une enquête particulièrement éprouvante, le commandant Nathalie Lesage réintègre les forces de police. Exit Paris et la BRP (Brigade de Répression du Proxénétisme), c’est au sein de la Brigade Criminelle de Lyon qu’elle officiera désormais.

Une arrivée impromptue qui n’enchante pas vraiment sa supérieure, la commissaire Clément qui lui affecte un rôle de conseiller / superviseur et un jeune lieutenant, Cyrille Savage, pour l’assister.

Pas le temps de ruminer sa colère, Lesage et son binôme sont appelés sur la scène d’un crime d’une extrême brutalité…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada et que je ne refuse jamais de découvrir un nouveau titre de leur catalogue déjà riche en pépites de qualité.

Parce que j’avais été emballé par la précédente enquête de Nathalie Lesage, Lésions Intimes. J’avais promis d’être au rendez-vous pour la suite, parole tenue !

Ma Chronique

Je remercie mes éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée.

J’ai découvert Christophe Royer à l’occasion de son précédent roman, Lésions Intimes, qui est aussi la première enquête (littéraire en tout cas) de Nathalie Lesage. Pour une première incursion dans le monde du thriller, j’ai trouvé qu’il tirait fort bien son épingle du jeu. Cerise sur le gâteau, il nous donnait rendez-vous pour une prochaine enquête de Nathalie Lesage.

Promesse tenue avec Une Arête Dans La Gorge, il était inévitable que je respecte moi aussi mon engagement d’être au rendez-vous pour cette nouvelle enquête. Une nouvelle enquête qui redistribue les cartes puisque Nathalie Lesage change non seulement de service (du Proxénétisme, elle passe à la Crim’) mais aussi de ville en quittant Paris pour Lyon.

Qui dit nouvel environnement, dit nouvelles rencontres ; à commencer par son entourage professionnel. Sa nouvelle boss, la commissaire Clément, apprécie très moyennement l’arrivée surprise du commandant Lesage… et elle ne manquera pas de le lui faire savoir.  Heureusement les relations avec son jeune adjoint seront nettement plus apaisées.

Le fort tempérament et l’impétuosité de Nathalie Lesage n’ont pas été altérés son exil volontaire. Elle est bien décidée à ne pas se laisser enfermer dans un rôle de simple conseillère mais aussi à gagner le respect des équipes avec qui elle va devoir travailler.

Christophe Royer soigne ses personnages et les liens / relations qui vont se nouer entre eux et évoluer au fil des chapitres (pour le meilleur… et pour le pire). De la même manière il tisse une intrigue qui va rapidement s’avérer addictive (surtout dans la première partie du récit).

Un roman globalement bien ficelé auquel je reprocherai toutefois un manque d’adrénaline. Mon plus gros reproche reste la prévisibilité d’un élément clé du récit, jusqu’à la fin j’ai espéré me tromper tellement ça sautait aux yeux (à tel point que ça en devenait presque insultant pour l’intelligence du lecteur).

Je ne m’attarderai pas sur ce dernier point, non parce qu’il n’y a rien à en dire (au contraire) mais pour éviter tout spoiler susceptible de gâcher le plaisir des futurs lecteurs.

Si cette prévisibilité gâche une partie de l’enquête policière, je dois toutefois avouer que je n’avais rien vu venir concernant l’ultime révélation du roman.

Je ne connais pas la ville de Lyon (et je doute fort de la connaître un jour) mais j’ai été fasciné par l’histoire de son imposant réseau souterrain (surnommé les « arêtes de poisson » en raison de sa forme unique). Une histoire qui n’a d’ailleurs pas encore révélé tous ses secrets… de quoi faire le plaisir des cataphiles (explorateurs des galeries souterraines) de la région… et plus si affinités (et pas de crise sanitaire accessoirement).

Cet aspect du récit, associé à la thématique autour de la franc-maçonnerie, me ferait presque oublier cette maudite prévisibilité d’une partie de l’intrigue. Presque… je ne peux décemment pas en faire abstraction au moment de noter ce roman (même si cela n’engage que moi). Ma sentence est irrévocable !

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Publié par le 14 avril 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Marc Levy – Le Crépuscule Des Fauves

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M. Levy - Le crépuscule des fauves

Titre : Le Crépuscule Des Fauves
Série : Groupe 9 – Tome 2
Auteur : Marc Levy
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2021
Origine : France
388 pages

De quoi ça cause ?

Maintenant que le Groupe 9 a identifié ses cibles, il est temps pour eux de passer à l’attaque. Mais pour frapper au plus juste les hackers doivent découvrir la nature des liens qui unissent les « Fauves » et quels sont leurs sombres projets…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Déjà parce que c’est Marc Levy et que sa première incursion dans le techno-thriller s’est avérée des plus concluantes. Il me tardait de retrouver le Groupe 9 face à leurs puissants adversaires.

Ma Chronique

Sans surprise le roman commence là où s’arrêtait le tome précédent, C’Est Arrivé La Nuit, pour la première fois le Groupe 9 est réuni à Kiev, au manoir des frères Vital et Malik afin de préparer leur riposte au scandale de l’insuline.

Les 9 enfin réunis ? Pas tout à fait… Maya, toujours en mission en Turquie et injoignable, manque à l’appel. De même que le neuvième membre du groupe, dont l’identité demeure inconnue aux lecteurs comme aux autres membres des 9.

Pour construire son intrigue, Marc Levy s’inspire de faits réels (avérés ou fortement présumés), mais cette fois il va plus loin en imaginant ce que pourrait donner une forme de coalition de toutes ces menaces vers un objectif commun. Le plus glaçant dans ce scénario empirique est incontestablement le fait qu’il pourrait devenir une réalité ; heureusement nos « Fauves » IRL sont trop égocentrés sur leur profit et/ou pouvoir personnel pour envisager de partager le gâteau.

Ladite intrigue se divise en deux arcs narratifs. D’un côté les 7 parmi les neuf peaufinent, seuls, en binôme ou tous ensembles, leur stratégie contre les « Fauves ». De l’autre Maya est toujours en Turquie, déterminée à retrouver une jeune réfugiée syrienne… mais elle n’est pas la seule à vouloir mettre la main sur la gamine.

Il va sans dire que ces deux arcs narratifs finiront par se rejoindre… pour le plus grand bonheur des 9 ! Cette intrigue turque est l’occasion pour Marc Levy de pointer du doigt la situation difficile des réfugiés syriens.

Un conflit syrien qui n’en finit pas de s’éterniser dans l’indifférence générale… pas forcément parce que l’Occident préfère se fermer les yeux ou détourner le regard ; la réalité des faits est plus complexe. Incontestablement Bachar Al-Assad est une ordure de la pire espèce, de fait le combat des opposants syriens partait d’une cause noble et d’intentions louables… jusqu’à ce que leur combat soit détourné par les djihadistes. Renverser le régime Al-Assad pour instaurer une république (?) islamiste à sa place… on peut comprendre que les soutiens à la cause rebelle ne se bousculent pas au portillon.

Pour en revenir au bouquin à proprement parler, l’auteur nous propose une intrigue totalement addictive qu’il mène tambour battant sans toutefois négliger de semer, çà et là, quelques touches d’humour bienvenues.

Le roman se dévore d’une traite et c’est à regret que l’on quitte le Groupe 9 au moment de le refermer. Il faudra toutefois s’armer de patience avant la parution du troisième (et dernier ?) tome de la série.

MON VERDICT

 
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Publié par le 20 mars 2021 dans Bouquins

 

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