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Archives de Tag: Thriller

[BOUQUINS] Nils Barrellon – La Lettre Et Le Peigne

AU MENU DU JOUR


Titre : La Lettre Et Le Peigne
Auteur : Nils Barrellon
Editeur : Jigal
Parution : 2016
Origine : France
296 pages

De quoi ça cause ?

Jacob Schmidt, un modeste bassiste dans un groupe de jazz, est violemment agressé alors qu’il rentre chez lui. Deux hommes cagoulés se jettent sur lui et tentent de l’enlever, les kidnappeurs sont mis en fuite par l’approche d’une patrouille de police.

Face à l’incrédulité de sa petite amie et de la police, il décide de mener sa propre enquête afin de comprendre le pourquoi du comment de cette agression…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que ça fait un moment que j’ai envie de découvrir l’univers littéraire de Nils Barrellon.

Je cherchais un one-shot, j’avais deux titres à ma disposition, les deux m’attiraient autant l’un que l’autre. C’est le hasard qui a désigné l’heureux élu.

Ma chronique

Ah que voilà un bouquin difficile à présenter en quelques mots ! Il faut dire, à ma décharge, que l’intrigue nous fait voyager dans le temps (entre 1945 et 2012) en faisant fi de toute chronologie. L’intrigue se déroule en grande partie en Allemagne, mais aussi en France, avec quelques détours par la Suisse.

Ca pourrait sembler un tantinet chaotique vu comme ça, mais, même si les liens entre les différents pans de l’intrigue ne se mettent pas tout de suite en place, Nils Barrellon reste maître de son récit et parvient rapidement à ferrer le lecteur. Et une fois l’hameçon mordu il devient rapidement impossible de lâcher prise.

Un roman qui propose un habile mélange des genres même si le fond reste assurément thriller (surtout que le rythme va crescendo au fur et à mesure que les différentes pièces du puzzle s’assemblent). Vous aurez aussi le droit à un voyage à travers l’Histoire allemande (du point de vue de personnages allemands) essentiellement de 1945 (et la « libération » de Berlin par les forces russes) à nos jours ; en passant bien entendu par l’explosion du pays entre RDA et RFA et sa capitale séparée, d’abord seulement administrativement (et idéologiquement) puis par le Mur de Berlin, l’effondrement du bloc de l’Est suivi par celui du mur en question… pas franchement les heures les plus glorieuses du XXe siècle !

Une intrigue intergénérationnelle puisque l’on suivra tour à tour, Anna, Josef (fils d’Anna) et Jacob (fils de Josef). Des personnages forts et attachants ; tous trois sont non seulement liés par les liens du sang, mais aussi par une mystérieuse lettre, objet de bien des convoitises.

Et le peigne alors, me direz-vous ? Il est volé au Musée Historique allemand, les voleurs ont tué un gardien de nuit pour accéder à ce fameux peigne. Buter un mec pour un peigne, faut être un peu con, non ? Bon déjà à la base pour buter un mec (hors situation de défense) il faut être un peu beaucoup très con. Le fait est que, en l’occurrence, il ne s’agit pas de n’importe quel peigne, la chose aurait appartenu à un certain AH.

Aaaah, OK… mais quel rapport entre cette lettre et ce peigne ? Heu… tu veux pas non plus que je te raconte tout le bouquin, non ? Si tu veux le savoir tu prends le livre et tu le lis, tu verras tu ne le regretteras pas…

Force est de reconnaître que Nils Barrellon est un excellent conteur. Non seulement il maîtrise à la perfection une intrigue qui pourrait rapidement partir dans tous les sens, mais en plus il ne ménage pas ses lecteurs, proposant de nombreux revirements de situation (parfois assez prévisibles, mais toujours bien amenés).

Un premier bémol sur les personnages de Gottfried et Mickaël, les tueurs qui traquent Jacob. J’ai eu beaucoup de mal à les trouver crédibles tant ils accumulaient les clichés. Par moments j’avais l’impression de voir les deux vieux du Muppet’s Show.

Mon second bémol sera pour la fin (après la découverte de la lettre), que j’ai trouvée un peu abrupte. Peut-être est-ce aussi dû au regret de quitter des personnages que j’ai pris plaisir à découvrir et à suivre au fil des pages.

Une belle découverte (lue quasiment d’une traite) qui m’incite à me pencher davantage sur l’univers de Nils Barrellon. Ca tombe bien j’ai encore quelques titres en stock…

MON VERDICT

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Publié par le 28 décembre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Christophe Guillaumot – Abattez Les Grands Arbres

AU MENU DU JOUR

C. Guillaumot - Abattez les grands arbres
Titre : Abattez Les Grands Arbres
Série : Le Kanak – Tome 1
Auteur : Christophe Guillaumot
Editeur : Cairn Editions
Parution : 2015
Origine : France
360 pages

De quoi ça cause ?

Renato Donatelli, surnommé le Kanak, est gardien de la paix à la SRPJ de Toulouse, foncièrement honnête et gentil il souffre d’être affecté à une unité corrompue de la Brigade des Stups. Et du manque de son île d’origine : la Nouvelle-Calédonie.

Pendant que ses collègues opèrent une perquisition douteuse, Renato découvre, dans un appartement voisin, une scène de crime particulièrement morbide. Toute une famille, à l’exception d’une petite fille, a été massacrée à la machette.
Poussé par son instinct de policier, Renato va mener, à l’insu de ses coéquipiers et de sa hiérarchie, sa propre enquête sur ces meurtres. Une enquête qui risque fort de ne pas plaire à tout le monde…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Sans la chronique enthousiaste de Lau Lo (Evadez-moi), il est plus que probable que je serai passé à côté de ce bouquin. Et c’eut été franchement dommage !

Renato Donatelli, le Kanak, est originaire de Nouvelle-Calédonie (même si son nom n’a pas vraiment de consonance mélanésienne). Une bonne raison de plus de me laisser tenter.

Christophe Guillaumot est lui même flic au SRPJ de Toulouse. Un polar écrit par un flic, la concurrence est rude (je pense notamment à Olivier Norek et Didier Fossey), mais ça reste prometteur.

Ma chronique

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je souhaiterai revenir sur la genèse du personnage de Renato Donatelli. L’auteur s’est largement inspiré d’un collègue et ami, Renato Talatini, pas un Kanak, mais un Wallisien. Une force de la nature (qualifier un Wallisien de force de la nature tiendrait presque du pléonasme), qui appelait effectivement ses potes gros chameaux et promettait des gifles amicales à ceux qui lui cherchaient des noises. Le « vrai » Renato est décédé en 2009 suite à un AVC, le roman lui est dédié, mais le plus bel hommage que pouvait lui rendre Christophe Guillaumot reste son héros : Renato Donatelli.

Il faut dire que Renato Donatelli a de quoi marquer les esprits, physiquement déjà il mesure pas loin de deux mètres, tout en muscles. Mais surtout Renato Donatelli est foncièrement gentil et intègre, toujours prêt à aider son prochain. Son rêve : revenir en Nouvelle-Calédonie ; mais les places sont chères et certains n’hésitent pas à truquer les cartes pour lui griller la priorité.

Affecté comme gardien de la paix à la brigade des Stups, il bosse au sein d’une équipe corrompue jusqu’à la moelle. S’il ne participe pas à leurs magouilles, il ne les balance pas non plus à ses supérieurs ; c’est pas son genre. Un statu quo pas totalement satisfaisant pour Renato, mais il accepte de faire avec.

Si Renato a le coeur sur la main et se plait à jouer la carte du gentil sauvage un tantinet candide, il n’hésite toutefois pas à jouer des poings quand la situation l’impose. Avec son physique et sa force, il n’a pas besoin de s’encombrer de son arme de service.

Au fil de son enquête, il croisera un jeune lieutenant de la Crim’, Jérôme Cussac, surnommé numéro Six par ses collègues et souvent relégué à des tâches peu reluisantes. Mais aussi Avril amandier, une jeune et jolie médecin légiste.

L’enquête de Renato va le plonger dans les heures les plus sombres et les plus sanglantes de l’histoire du Rwanda. Avril 1994, l’avion du président rwandais est abattu par un tir de missile. Le Front Patriotique Rwandais (FPR) désigne les Tutsis comme responsables et appellent les Hutus à passer à l’acte. Entre avril et juillet 1994, ce conflit fera plus de 800 000 victimes (essentiellement des Tutsis). Le génocide rwandais sera reconnu comme tel par l’ONU en juin 1994.

Je n’ai aucune honte à avouer que j’ai suivi de très loin le déroulement des faits qui ont conduit au génocide rwandais ; j’en ai naturellement entendu parler, mais hormis le fait que les Tutsis se faisaient massacrer par les Hutus, je n’ai pas cherché à voir plus loin que la surface. A la lecture du roman on devine aisément que Christophe Guillaumot a dû se livrer à un impressionnant travail d’investigation sur le sujet, notamment sur l’implication (et la non-intervention, voire la complicité) de la communauté internationale et plus particulièrement de la France dans le dossier rwandais.

Bref en enquêtant sur ce double meurtre, non seulement Renato sort clairement de son périmètre d’action, mais il risque fort de remuer une merde que certains préféreraient continuer à laisser reposer au fond des chiottes de l’oubli. Tout ça pour vous dire qu’il devra faire face à bien des obstacles…

L’auteur nous livre un polar haut de gamme, avec une intrigue riche en rebondissements et autres retournements de situation, mais aussi et surtout avec des personnages diablement attachants.

A ma connaissance je n’ai jamais mis les pieds à Toulouse, mais en lisant ce bouquin j’avais l’impression de connaître la ville. On sent que l’auteur aime sa ville et prend plaisir à nous la faire découvrir (quitte à s’écarter des sentiers touristiques et plonger dans les bas-fonds de la ville rose).

Pour sa première apparition, on peut dire que le Kanak frappe haut et juste, et dire que d’après Lau Lo le second est encore meilleur, il me tarde de le découvrir. Une chose est sûre, j’aurai plaisir à suivre cet auteur et ses personnages.

MON VERDICT
Coup double

Aparté technique

Comme vous le savez peut être je suis curieux et maniaque en matière de codage des fichiers epub. En ouvrant celui-ci j’ai été surpris de découvrir que tout le corps du bouquin était constitué d’un fichier unique.

Le genre de truc dont tout le monde (ou presque) se fout, mais je n’ai pu m’empêcher de diviser ce fichier unique en plusieurs fichiers (un par chapitre). Je ne suis pas sûr que cela change grand chose à la lecture mais je trouve ce découpage plus logique.

C’est grave docteur ?

 
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Publié par le 27 décembre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Donato Carrisi – Tenebra Roma

AU MENU DU JOUR

Titre : Tenebra Roma
Série : Marcus & Sandra – Tome 3
Auteur : Donato Carrisi
Éditeur : Calmann-Lévy
Parution : 2017
Origine : Italie
304 pages

De quoi ça cause ?

Une violente tempête s’abat sur Rome, par sécurité les autorités décident de couper l’alimentation électrique de la ville pour une durée de 24 heures. Black-out total et couvre-feu imposé aux habitants. Les ténèbres offrent un terrain propice à ceux qui veulent laisser libre cours à leurs instincts les plus primaires…

C’est dans ce contexte que Marcus, le pénitencier du Tribunal des Âmes, et Sandra, la photographe de la police scientifique, vont de nouveau faire équipe pour identifier et neutraliser un tueur en série. Sauf que ledit tueur semble toujours avoir une longueur d’avance sur les enquêteurs…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Donato Carrisi et qu’il ne m’a jamais réellement déçu (même s’il y a des titres que j’ai moins aimé que d’autres).

L’occasion de retrouver Marcus et Sandra après un Tribunal Des Âmes moyennement apprécié et un très bon Malefico. Autant dire que je plaçais beaucoup d’espoir dans ce troisième opus…

Ma chronique

En guise d’introduction à cette chronique, je laisse la parole à Donato Carrisi :

« Un proverbe employé dans le monde entier mais dont on ignore l’origine dit que « Rome ne s’est pas faite en un jour ». Toutefois, j’ai découvert qu’il en faut moins que cela pour la détruire. »

Dans ce nouvel opus, l’auteur envisage donc la destruction de Rome, mais comment y parvenir tout en restant crédible ? C’est un de ses amis, le professeur Masimo Parisi, qui lui apportera la réponse :

« C’est simple, tu fais pleuvoir sans cesse pendant deux jours et tu fais couper une centrale électrique : en quelques heures, ce sera le chaos. »

Plongez l’humanité dans les ténèbres et privez-la de toute forme de technologie et vous obtiendrez l’Apocalypse 2.0. Voilà le décor est posé. Histoire de pimenter le tout, ajoutez-y une bande d’illuminés sous influence et un tueur en série aussi implacable qu’insaisissable.

Sans oublier bien entendu un duo d’enquêteurs pour le moins atypique. Lui, c’est Marcus, un pénitencier du Tribunal des Âmes, son job ? Traquer le Mal sous toutes ses formes. Elle, c’est Sandra, une photographe de la police scientifique qui a demandé sa mutation afin de ne plus côtoyer de macchabées et autres scènes de crimes sordides.

Quelle est la nature de leur relation ? Une solide amitié, un grand respect réciproque, et peut être bien un petit quelque chose d’autre auquel ni l’un ni l’autre, pour diverses raisons, ne veulent trop y réfléchir.

Comme souvent l’intrigue démarre avec deux affaires distinctes, chacun suit sa propre voie, puis le lien entre les enquêtes devient évident et le duo se reforme. Pour notre plus grand plaisir.

Le moins que l’on puisse dire c’est que Donato Carrisi ne ménage pas ses personnages, qu’il s’agisse de les plonger au coeur de l’action ou de les confronter à la trahison, leur nuit romaine, au coeur des ténèbres, tiendra davantage du parcours du combattant que du parcours de santé.

Rome plongée dans les ténèbres nous donne l’occasion de découvrir la ville sous un autre jour (même si l’essentiel du roman se déroule sur une nuit), d’autant que l’auteur n’hésite pas à nous entraîner dans les profondeurs de la « ville éternelle ».

L’auteur fait de la ville de Rome et des ténèbres qui l’enveloppe des entités à part entière.

C’est rythmé, riche en rebondissements (dont une révélation finale à couper le souffle), il n’y a pas à dire Donato Carrisi sait y faire pour rendre son intrigue hautement addictive ; vous aurez bien du mal à lâcher ce roman une fois commencé.

Malgré d’indéniables qualités, il manque un petit je ne sais quoi pour que ce soit un véritable coup de coeur. J’ai passé un très bon moment de lecture mais ça n’a pas été l’extase tant espérée…

MON VERDICT

 
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Publié par le 18 décembre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Maxime Chattam – L’Appel Du Néant

AU MENU DU JOUR

M. Chattam - L'appel du néant

Titre : L’Appel Du Néant
Série : Ludivine Vancker – Tome 3
Auteur : Maxime Chattam
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2017
Origine : France
516 pages

De quoi ça cause ?

Pour Ludivine Vancker, lieutenant à la SR de Paris, les choses pourraient difficilement être pire. Elle reprend connaissance dans une petite cellule souterraine, poignets et chevilles entravées par des liens serflex. Pour elle il ne fait aucun doute qu’elle est à son tour victime d’un tueur que son équipe, appuyée par la DGSI, traque depuis plusieurs semaines…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Maxime Chattam, une valeur sûre du thriller français, mais pas que…

C’est aussi l’occasion de retrouver Ludivine Vancker et l’équipe de la SR Paris ; après un premier tome mitigé (La Conjuration Primitive) et un second nettement plus abouti (La Patience Du Diable), j’étais curieux de découvrir cette troisième enquête.

Ma chronique

Maxime Chattam est un auteur qui n’hésite pas à sortir de sa zone de confort, avec ce roman il confirme une fois de plus cette audace littéraire. Ce qui démarre comme un thriller relativement classique (un mort, une enquête, un autre mort…), débouche au final sur un technothriller (la DGSI dispose de moyens de surveillance électronique autrement plus évolués que ceux de la gendarmerie) visant à déjouer un complot terroriste d’envergure.

Avant d’aller plus avant dans cette chronique, je souhaiterai pousser une gueulante contre ceux et celles qui reprochent à Maxime Chattam d’avoir choisi la facilité en ciblant le terrorisme islamiste. Enlevez vos œillères et débouchez vous les esgourdes, aujourd’hui encore le terrorisme islamiste est une menace bien réelle, sans doute même la plus réelle qui soit (sinon la seule) et pas que pour la France. Donc non, choisir la piste de terrorisme islamiste n’est pas une facilité, c’est simplement accepter la réalité plutôt que de vivre dans le déni.

S’aventurant sur un terrain nouveau, l’auteur, fidèle à ses habitudes s’est documenté à fond sur le sujet. Et ça sent dans son roman, les habitués du genre ne seront sans doute pas rebutés par les nombreux aspects techniques abordés dans le bouquin, mais je peux comprendre que pour les autres ça représente un paquet d’information à intégrer. D’un autre côté ça contribue aussi à placer le lecteur dans la peau de Ludivine, qui est, elle aussi, novice en matière de lutte antiterroriste.

Maxime Chattam ne nous laisse guère le temps de souffler entre deux revirements de situation, un rythme qui va crescendo, surtout dans les derniers chapitres (le palpitant et l’adrénaline sont à leur niveau maximum). Même si au final cet Appel Du Néant est moins glauque et plus manichéen que ce à quoi l’auteur nous avait habitué. Après avoir lu les remerciements (ne surtout pas les lire avant d’avoir fini le bouquin) on comprend mieux le pourquoi du comment de ce choix, et finalement on ne peut qu’y adhérer.

J’ai apprécié de retrouver les équipes de la SR Paris, surtout après trois ans d’absence. On découvre une Ludivine plus apaisée, toujours aussi professionnelle, mais moins renfermée, plus ouverte à la vie et aux autres.

Le personnage de Marc Tallec, l’agent de la DGSI qui va participer à l’enquête de la SR, est un apport intéressant. Non seulement il donne à l’enquête une autre dimension (en faisant bénéficier la SR des moyens de la DGSI), mais aussi de par sa relation avec Ludivine (on voit venir le résultat comme le nez au milieu de la figure).

Et puis il y a le mystérieux « Djinn » (pas comme le célèbre futal, mais plutôt comme la créature du folklore moyen oriental), un surnom qui sied à merveille au personnage. Dès sa première apparition, on devine qu’il va jouer un rôle phare dans l’intrigue, mais de l’autre côté de la barrière.

Comme à chaque fois que l’auteur s’aventure hors de sa zone de confort (le thriller pur et dur), il y a ceux qui le suivent en totale confiance, et ceux qui se sentent trahis. Une fois de plus je fais partie du premier groupe, et une fois de plus je n’ai pas regretté mon choix.

Je reconnais volontiers que le roman n’est pas exempt de défauts, notamment par de nombreux aspects trop prévisibles (à se demander même comment les enquêteurs ont pu se laisser berner), mais je le referme avec une impression plutôt bonne. Ce n’est pas le meilleur de Maxime Chattam, il aurait sans doute pu être plus abouti, mais globalement le contrat est rempli.

Si vous vous demandez d’où vient ce titre, vous aurez l’explication à la fin du roman, avec une analogie plutôt bien trouvée.

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Publié par le 29 novembre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Dan Brown – Origine

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Titre : Origine
Série : Robert Langdon – T05
Auteur : Dan Brown
Editeur : JC Lattès
Parution : 2017
Origine : USA
576 pages

De quoi ça cause ?

Robert Langdon est invité au Guggenheim Museum de Bilbao afin d’assister à une conférence donnée par son ami Edmond Kirsch, un scientifique de génie. Kirsch, réputé aussi pour son athéisme militant, promet des révélations qui devraient changer notre perception du monde et réduire au silence les religions.

Kirsch est assassiné dès le début de sa conférence. Robert Langdon, aidé par Ambra VIlda, la conservatrice du musée, est plus que jamais déterminé à faire éclater la vérité et rendre publiques les révélations promises par son ami. Sauf qu’il n’a pas la moindre idée de ce que comptait révéler Kirsch…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est une nouvelle aventure de Robert Langdon, j’ai été emballé par les quatre romans précédents, pas de raison que la sauce ne prenne pas avec celui-ci.

Ma chronique

Dan Brown fait partie de ces auteurs dont certains se plaisent à dire qu’il use et abuse des mêmes ficelles, encore et encore. A ces critiques faciles, je répondrai simplement : et alors ! Pourquoi changer une recette qui marche ? Ses lecteurs réclament des thrillers plus ou moins ésotériques servis par de nombreuses références symboliques ; ça tombe bien, c’est exactement ce qu’il leur fournit.

Quant à ceux et celles qui parlent d’abattage, permettez-moi dans ce cas de vous rire franchement au nez. Dan Brown n’a signé aucun engagement à pondre un livre par an, au contraire, il prend son temps pour peaufiner ses intrigues. Entre son précédent roman, Inferno, et Origine, il s’est écoulé quatre ans.

Le hasard du calendrier a voulu que je lise ce roman, dont une grande partie de l’action se déroule à Barcelone et ses environs, alors que la Catalogne traverse une crise politique sans précédent. Je ne m’attarderai pas sur la question, ça regarde avant tout les Catalans et les Espagnols, il leur appartient de trouver un terrain d’entente.

Le choix de l’Espagne comme terrain de jeu pour cette nouvelle intrigue n’est pas un hasard, outre l’incroyable richesse architecturale de Barcelone (siège notamment de la fabuleuse et étonnante basilique de la Segrada Familia), c’est aussi un pays dans lequel la tradition chrétienne est fortement implantée à tous les niveaux décisionnels (jusqu’au coeur même du Palais Royal).

Et justement en se proposant de aux deux grandes questions existentielles qui sont d’une part « D’où venons-nous ? » et d’autre part « Où allons-nous ?« , l’auteur, par la voix d’Edmond Kirsch, oppose les visions religieuses (le créationnisme, encore défendu par les plus obscurantistes croyants, affirme que l’univers et l’humanité sont l’oeuvre de Dieu) et scientifiques (difficile aujourd’hui de remettre en question les théories de l’évolution démontrées par Darwin sans passer pour un sombre crétin). Vous l’aurez compris, entre ces deux visions mon coeur ne balance pas le moins du monde, je vote Darwin et ma sentence est irrévocable.

Comme d’habitude la lecture d’un roman de Dan Brown est une expérience interactive, je me réfère régulièrement à Internet afin de voir de visu telle ou telle oeuvre (peinture, sculpture ou encore architecture). Mais aussi pour satisfaire ma curiosité quant à certains points abordés dans le roman.

Les fidèles de Robert Langdon ne seront pas dépaysés, une intrigue richement documentée, pleine de symboles divers et variés que notre professeur préféré se fera un plaisir de nous expliquer ; avec son lot de rebondissements (à ce titre la révélation finale m’a laissé sur le cul… j’étais loin de m’imaginer un tel retournement de situation).

Une fois de plus la sauce a pris, je me suis laissé embarquer sans chercher à polémiquer sur la véracité ou non de tous les éléments abordés dans le roman… Je ne considère pas les écrits de Dan Brown comme parole d’évangile, c’est bel et bien une oeuvre de fiction que j’ai entre les mains, disons que ladite fiction est suffisamment réaliste pour être crédible.

A ce titre les réponses apportées par Edmond Kirsch à ces deux grandes questions existentielles me paraissent aussi crédibles que probables. Je n’en dirai toutefois pas davantage afin de laisser intact le plaisir de la découverte aux futurs lecteurs.

J’espère bien retrouver Robert Langdon dans de futurs romans de l’auteur, si tel devait être le cas alors je serai fidèle au poste. Et si Dan Brown venait à délaisser notre expert en décryptage symbolique, je le suivrais avec le même engouement (et un petit pincement au coeur, il faut bien l’avouer).

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Publié par le 4 novembre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Cédric Bannel – L’Homme De Kaboul

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C. Bannel - L'homme de Kaboul

Titre : L’Homme De Kaboul
Auteur : Cédric Bannel
Editeur : Robert Laffont
Parution : 2011
Origine : France
400 pages

De quoi ça cause ?

Kaboul. Le commandant Oussama Kandar, chef de la brigade criminelle, est appelé sur une scène de crime. La thèse officielle, soutenue par sa hiérarchie, est celle du suicide. Mais pour Oussama Kandar il y a trop d’incohérences, malgré les pressions qu’il subit, il décide d’enquêter sur ce qui est sans aucun doute un meurtre déguisé en suicide.

Berne. L’Entité, une organisation secrète indépendante, est sur la piste d’un homme d’affaires qui a faussé compagnie à ses employeurs avec un rapport explosif. Nick Snee, un jeune analyste de l’Entité est étonné par l’ampleur des moyens mis en oeuvre pour retrouver le fugitif, ainsi que par le manque total de scrupules de ceux qui le traquent. Nick, contre l’avis de ses supérieurs, décide de mener sa propre enquête.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est la première apparition d’Oussama Kandar, et comme j’ai les trois bouquins en stock autant commencer par le début.
Parce que les deux suivants sont parus dans la collection La Bête Noire de Robert Laffont, une collection qui, à ce jour, ne m’a jamais déçu.

Ma chronique

Je ne sais pas si Cédric Bannel connaît l’Afghanistan ou s’il s’est « contenté » d’un énorme travail de documentation, mais le résultat est bluffant de réalisme ; on est en totale immersion dans les tourments de la vie à Kaboul.

Il faut dire que l’Afghanistan offre un contexte unique en son genre du fait de son histoire récente, entre l’occupation russe, les années sous le régime taliban et le gouvernement plus ou moins fantoche instauré depuis 2001 sous l’égide de la Coalition. Des années marquées par la guerre civile (d’abord contre les Russes, puis contre les talibans) puis par une vague d’attentats terroristes menée par les talibans (et encore d’actualité aujourd’hui).

La plupart des habitants de Kaboul vivent dans des conditions allant de franchement spartiates à précaires dans le respect de leurs traditions, malgré la coalition qui s’efforce de rebâtir la ville suivant un modèle d’urbanisme occidental.

Un terrain propice à la corruption, un fléau qui ne semble épargner personne, de plus petit au plus puissant, l’argent peut tout acheter à Kaboul ! Et c’est là que vit et travaille Oussama Kandar, ancien héros de guerre des forces moudjahidines, honnête, obstiné dans son combat pour la vérité et surtout totalement incorruptible. Un Elliott Ness à la sauce afghane.

Oussama Kandar est aussi un homme pieux et pratiquant, partisan d’un islam modéré, qui, au nom du respect de la tradition, refuse d’admettre que les conditions de vie de la femme afghane sont loin d’être idylliques. De fait il ne rejette pas totalement la burqa, même s’il n’oblige pas son épouse à en porter une.

De Kaboul aux contrées les plus sauvages du pays, Oussama Kandar nous offrira un voyage pour le moins exotique, mais pas vraiment le temps d’admirer le paysage. Les gens qui en ont après lui sont capables de mobiliser des moyens faramineux et ne reculeront devant rien pour mettre fin à son enquête.

Pour Nick Snee, de Berne à Zurich, la quête de la vérité est nettement moins mouvementée, plus il progresse dans son enquête, plus il découvre la face obscure de l’Entité… et moins il décide de partager ses découvertes avec ses supérieurs.

Quand et comment ces deux destins vont se télescoper ? Vous le découvrirez en lisant le roman de Cédric Bannel… Sachez tout de même qu’un troisième personnage est appelé à jouer un rôle décisif dans le déroulé de l’intrigue, il s’agit du mollah Bakir, un taliban modéré (oui je sais que l’association des mots taliban et modéré peut paraître antinomique) qui a des nombreuses sources d’information. Avantage considérable pour Oussama, le mollah semble très attaché au fait que le commandant Kandar doit rester en vie.

L’intrigue est rondement menée, le rythme imposé est soutenu, pas le temps de souffler et moins encore de s’ennuyer. Un très bon page-turner qui m’a donné envie d’en apprendre davantage sur Oussama Kandar, nul doute que je vais, dans un avenir proche, me plonger dans la lecture de Baad, le second roman qui lui est consacré.

MON VERDICT

 
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Publié par le 2 octobre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] David Lagercrantz – La Fille Qui Rendait Coup Pour Coup

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D. Lagercrantz - Millénium 5

Titre : Millénium 5 – La Fille Qui Rendait Coup Pour Coup
Auteur : David Lagercrantz
Editeur : Actes Sud
Parution : 2017
Origine : Suéde
448 pages

De quoi ça cause ?

En prison Lisbeth Salander est une détenue modèle qui s’occupe en résolvant des équations de mécanique quantique. Une visite de son ancien tuteur et ami, Holger Palgrem, va relancer sa curiosité à propos de son enfance. Dans le même temps, elle décide de protéger Faria Kazi, une détenue devenue le souffre-douleur d’une chef de gang aussi sadique que perverse…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Millénium tout simplement, et que quoi qu’on en dise, même si David Lagercrantz n’est pas Stieg Larsson, il a brillamment repris le flambeau en s’appropriant des personnages pourtant complexes.

Ma chronique

Je vais commencer cette chronique en poussant une gueulante contre la politique marketing des éditions Actes Sud (maison dont j’apprécie la richesse et la variété de son catalogue) : qu’est-ce que c’est cette couv’ de merde ? Ce n’est plus du racolage à ce point, on frôle l’outrage ! En plus d’être ignominieusement racoleuse, elle n’a strictement rien à voir avec l’intrigue du roman. Carton rouge pour cette bassesse qui schlingue le choix marketing douteux !

Voilà ça c’est fait… Passons aux choses sérieuses et entrons dans le vif du sujet.

De nouveau c’est Lisbeth Salander qui est au centre de l’intrigue, il faut dire que c’est le personnage le plus complexe de la saga et qu’il reste encore bien des zones d’ombres autour de son passé. Ceci dit elle pourra toujours compter sur le soutien et l’aide de Mikael Blomkvist.

D’autres personnages déjà croisés auront un rôle plus ou moins important à jouer dans l’évolution de l’intrigue. Et bien entendu le roman vous réserve son lot de nouveaux venus, des individus plus ou moins sympathiques, voire franchement antipathiques (j’ai pour ma part pris beaucoup de plaisir à détester Rakel Greitz).

David Lagercrantz n’essaye pas de faire du Steig Larsson, son style reste direct et sans fioriture. Un style parfaitement adapté à la lecture d’un thriller, mais qui ôte à Millénium la griffe stylistique imposée par son créateur.

Le même grief pourrait s’appliquer au traitement de l’intrigue, globalement ça reste relativement classique, pas tant dans l’histoire en elle même, mais plutôt dans son déroulé. Faute de brouiller les pistes, on arrive souvent à deviner l’issue de telle ou telle composante de l’intrigue avant Lisbeth et Mikael.

Malgré ces bémols, qui touchent davantage la forme que le fond, j’ai passé un très agréable moment en lisant ce cinquième opus de la saga Millénium. Il va sans dire que je serai fidèle au poste pour la sortie du sixième et dernier (?) tome de la série.

A travers l’histoire de Faria Kazi l’auteur aborde la question de la radicalisation de certains musulmans et notamment de ses conséquences, non seulement sur nos sociétés occidentales, mais aussi et surtout au sein des familles qui subissent cette situation. Plus largement se pose aussi la question de la place de la femme de ces milieux intégristes.

L’enquête de Lisbeth et Mikael, de même que l’histoire de Léo et Dan, soulèvent quant à elles la problématique de l’éthique en matière de recherches scientifiques. Jusqu’où peut-on aller au nom du progrès scientifique ?

Si Stieg Larsson jouait sur ses ambiances, David Lagercrantz mise davantage sur le rythme. Outre une écriture plus directe, il sait aussi imposer une intrigue nerveuse et tendue. Si parfois l’ensemble paraît décélérer, ce n’est que pour mieux redémarrer et aller encore plus loin. A cette fin, il se fait moins didactique que dans le précédent opus, et ce n’est pas moi qui irai m’en plaindre !

MON VERDICT

 
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Publié par le 25 septembre 2017 dans Bouquins

 

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