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Archives de Tag: Thriller

[BOUQUINS] Guillaume Musso – Un Appartement A Paris

G. Musso - Un appartement à ParisEn cette année 2017, c’est Guillaume Musso qui ouvre le classico annuel l’opposant à Marc Lévy (opposition que les deux auteurs ont toujours clairement réfutée) ; inconditionnel de ce rdv incontournable je vous livre donc ma chronique de son dernier roman, Un Appartement A Paris.
Suite à un cafouillage informatique, Gaspard Coutances – dramaturge taciturne et aigri – et Madeline Greene – ex-flic en pleine phase de questionnements et de doutes –, se retrouvent contraints de partager le même appartement à Paris. Tout les oppose, la situation aurait rapidement pu devenir explosive. Jusqu’à ce qu’ils partagent la même passion pour l’ancien propriétaire des lieux, Sean Lorentz, un célèbre peintre décédé un an plus tôt. Au fil de leurs recherches, ils vont unir leurs forces pour se lancer dans une quête de prime abord insensée…
Avant de partager avec vous mon ressenti, je tiens à préciser que le délai de lecture (pas loin de 15 jours) n’est en rien dû à la qualité du bouquin, mais à un gros manque de disponibilités personnelles. Et je crains que les choses n’aillent pas en s’arrangeant dans les semaines (et plus si affinités) à venir !
Avec ce nouveau roman Guillaume Musso nous offre un habile mélange de rudesse et de tendresse, de noirceur et de lumière, de désespoir et d’espoir… Plus que jamais les contraires s’attirent et se complètent, un récit tout en contrastes parfaitement maîtrisé et assumé (ce n’est pas avec ce roman qui Guillaume Musso fera taire ses détracteurs les plus véhéments, mais il saura séduire un public déjà acquis à sa cause, et pourquoi pas, attirer quelques curieux qui hésitent encore à franchir le cap).
Un récit qui repose sur deux personnages (Gaspard et Madeline) à forte personnalité, chacun à leur façon. Mais aussi deux personnages qui luttent contre leurs propres démons intérieurs, la force extérieure affichée apparaît alors comme un écran de fumée permettant de dissimuler leurs faiblesses… aux autres, mais aussi à eux-mêmes.
Mais le véritable personnage central, celui autour de qui s’articule toute l’intrigue, est bel et bien Sean Lorentz. Malgré son décès, il est omniprésent de la première à la dernière page. C’est d’ailleurs lui qui sera le ciment entre Gaspard et Madeline… ce qui n’empêchera certains clashs et échanges animés ! Un personnage fascinant à plus d’un titre, mais je vous laisse découvrir cela par vous même.
Si l’intrigue est maîtrisée, autant par les thèmes abordés que par la modulation du rythme, ne comptez toutefois pas sur de brusques poussées d’adrénaline. Pour être totalement honnête avec vous, je suis convaincu que bon nombre de lecteurs devineront ou à tout le moins soupçonneront, certaines vérités avant même que l’idée n’effleure Gaspard et Madeline. Il n’en reste pas moins que j’ai passé un excellent moment en compagnie de ce bouquin, plus d’une fois j’ai regretté le manque de temps à lui consacrer…
Si vous cherchez un thriller qui jouera avec vos nerfs, passez votre chemin, Guillaume Musso nous propose davantage une enquête autour d’un personnage hors du commun.
J’espère bientôt pouvoir me lancer dans le nouveau cru de Marc Levy (La Dernière Des Stanfield), comme d’hab je ne manquerai pas de vous indiquer celui qui remportera (selon mes propres critères) ce classico 2017.

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Publié par le 19 avril 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jacques-Olivier Bosco – Brutale

JOB - BrutaleJe poursuis ma remontée à contre-courant des titres de collection La Bête Noire (Robert Laffont), au menu du jour Brutale de Jacques-Olivier Bosco (JOB). Mon premier JOB, je l’aborde donc sans aucun élément de comparaison, vierge de tout préjugé.
Lise Lartéguy est flic à la BRB, efficace mais souvent borderline (et plus si affinités). Pour refréner ses accès de violence, le soir, elle rend visite à ceux que la justice n’a pas réussi à coincer et leur fait passer l’envie de déconner. Avec un tempérament pareil, inutile de préciser que si l’on touche à ses proches, Lise en fera rapidement une affaire personnelle…
Brutale, un titre qui sied à merveille aussi bien aux personnages de JOB qu’à son intrigue en général. Ca envoie du lourd ! Le lecteur est entraîné dans un tourbillon de violence, une violence brute de décoffrage mais une violence sublimée par le style de JOB.
Lire Brutale c’est un peu comme regarder (ou revoir) un film de John Woo dans sa période hongkongaise (avant qu’il ne succombe aux diktats hollywoodiens). Plusieurs titres me viennent en tête mais si je devais n’en citer qu’un alors c’est The Killer (avec, dans le rôle principal, son acteur fétiche, Chow Yun-Fat) qui aurait ma préférence. Vous voyez ce que je veux dire ? Une succession de scènes d’action (poursuites, fusillades, explosions…) parfaitement chorégraphiées et visuellement époustouflantes. On en prend plein les mirettes sans toutefois que les neurones ne passent en surchauffe. Du divertissement pur et dur (surtout dur il faut bien le reconnaître).
Une fois de temps en temps ça ne fait pas de mal de se vider la tête devant ce genre de film, mais j’avoue avoir davantage d’affinités avec le cinéma de Quentin Tarantino ; de l’action oui, mais au service d’une intrigue solide. Si on peut avoir en même temps la forme et le fond, autant en profiter !
Bon OK j’arrête mes digressions cinématographiques. Tout ça pour dire que l’intrigue de Brutale manque parfois de profondeur et de crédibilité, mais n’allez surtout pas jeter la pierre à JOB. On sent très clairement (et très rapidement) que c’est un choix parfaitement assumé.
Brutale repose presque entièrement sur les épaules de son personnage principal, Lise Lartéguy. Vous pensez avoir tout vu, tout lu, en matière de flic borderline ? Pas certain que Lise Lartéguy n’ébranle pas sérieusement vos convictions ; à côté d’elle l’Inspecteur Harry ferait presque figure d’enfant de choeur !
Il faut dire que Lise Lartéguy est à elle seule une arme de destruction massive, que ce soit à mains nues (elle pratique le krav maga) ou avec une arme entre les mains (et ça tombe bien puisqu’au fil des pages elle aura l’occasion de mettre la main sur une grande variété d’outils de dézinguage).
Mais Lise n’est pas qu’un animal enragé qui se contient jusqu’à l’explosion, elle a aussi une réelle sensibilité en elle… mais il est vrai qu’elle semble avoir plus de facilité à laisser parler son côté animal que son humanité. Et du coup elle n’est pas toujours facile à appréhender, et moins encore à comprendre.
C’est justement cette humanité retenue (et non refoulée) qui fait que le lecteur ne pourra s’empêcher de ressentir une certaine empathie pour cette nana hors du commun. Quelques instants plus tard ce même lecteur aura envie de lui mettre des claques dans la tronche, mais comme c’est un coup à se retrouver la main dans le plâtre on s’abstiendra.
Pour ma part je ne peux qu’avoir des affinités pour un personnage qui aime les Pink Floyd, System of a Down, AC/DC, Metallica, The Clash, Billy Idol… Une musique à l’image de son caractère, une musique qui s’écoute à fond !
J’ai apprécié le divertissement musclé proposé par JOB, j’aurai certainement eu un coup de coeur si l’intrigue avait été davantage peaufinée, je m’incline devant cette approche audacieuse qui trouvera son public (au risque d’en déconcerter certains). Je peux d’ores et déjà affirmer que je poursuivrai le chemin en compagnie de JOB, ne serait-ce que pour retrouver Le Cramé…

MON VERDICT
jd4Coup de poing

 
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Publié par le 1 mars 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Noël Boudou – Elijah

N. Boudou - ElijahUne lecture à la demande d’un éditeur que j’apprécie grandement (Flamant Noir en l’occurrence) est toujours un plaisir. C’est pourquoi je n’ai pas hésité à bousculer mon programme afin de permettre à Elijah, le premier roman de Noël Boudou, de griller la priorité à ses nombreux concurrents présents dans mon Stock à Lire Numérique.
A 18 ans, le narrateur tue son père afin de les libérer, lui et sa mère, de ses accès de violence incontrôlables et répétés. Peu de temps après il apprend que sa mère n’a pas survécu à la dernière raclée que lui a infligé son mari. Par contre ils ont pu sauver l’enfant qu’elle portait, mais il est lourdement handicapé. Désormais le narrateur va tout faire pour assurer le bonheur d’Elijah, son petit frère. Ne vous moquez jamais d’Elijah… surtout pas si son frère peut vous entendre.
Je n’ai jamais été déçu par les titres de Flamant Noir, aussi ai-je pris l’habitude de placer la barre de mes attentes quelques crans au-dessus de mon niveau moyen d’exigence. Le moins que l’on puisse c’est qu’avec ce bouquin on a le droit à du lourd, du très lourd ! Dans le bon sens du terme, cela va de soi.
Autant vous prévenir de suite ce livre est ultra-violent, Noël Boudou ne manque pas d’imagination et ne nous épargne pas les détails quand il s’agit de laisser parler le Mal qui habite ses personnages (âmes sensibles s’abstenir). Bin oui, « le frère d’Elijah » (on n’apprend son prénom que dans les derniers chapitres du roman) n’est pas un enfant de choeur… mais ses victimes non plus, loin s’en faut.
Un personnage tout en contraste, avec d’un côté cette violence inouïe qu’il déchaîne pour punir ses victimes, et de l’autre l’amour incommensurable qu’il éprouve pour son petit frère. Et qui sait, peut-être que dans son coeur il reste une place pour l’Amour, un Amour rédempteur. Là est la clé de ce héros et de roman, la violence n’est jamais gratuite, elle finit même par devenir l’unique solution pour sauver l’amour et l’innocence. Au milieu de ce tourbillon de haine et de sang, brille une lueur d’espoir, comme phare qui indiquerait la direction à suivre pour un nouveau départ.
Sans forcément approuver les actions du narrateur, je n’ai à aucun moment ressenti l’envie de le blâmer. Sans doute parce que j’exècre au plus haut point les ordures qui tabassent leurs femmes et leurs gosses. Ce ne sont pas de soins dont ces pourritures ont besoin, mais plutôt d’une balle dans la nuque, ça coûterait moins cher à la société et le risque de récidive est nul avec cette option. Mais ceci est une autre histoire (même si j’assume pleinement mes propos).
Outre le récit du narrateur (à la première personne, cela va de soi), certains chapitres vous permettront de suivre les pensées d’Elijah grâce à un journal qu’il tient dans sa tête faute de pouvoir faire autrement, de même nous aurons le droit à quelques extraits de journal d’Aline, une jeune femme que les deux frères rencontrent lors d’une de leur sortie au parc. Deux personnages au charisme lumineux, deux points de lumière au milieu des ténèbres (je sais j’insiste).
Je ne m’attarderai pas davantage sur l’intrigue et les personnages, je préfère laisser aux futurs lecteurs le plaisir et les frissons de la découverte. Tout ce que je peux vous dire c’est que le voyage ne sera pas de tout repos (mais ça je pense que vous l’aurez déjà compris).
Par contre il serait injuste de terminer cette chronique sans vous parler de l’écriture de l’auteur. Un style direct et percutant qui vous prend aux tripes dès les premières lignes du récit… et ne vous lâchera plus jusqu’au clap de fin. Les phrases et les chapitres sont courts, percutants, privilégiant ainsi le rythme, sans la moindre lourdeur qui permettrait au lecteur de reprendre son souffle (ce qui explique sans doute pourquoi j’ai lu le roman d’une traite).
Pour un premier roman Noël Boudou place la barre très haut, inutile de préciser (sans vouloir lui mettre la pression) que son prochain titre est d’ores et déjà attendu de pieds fermes… et que l’on espère avoir le droit à la même qualité, voire même encore mieux !
Encore un excellent choix éditorial pour Flamant Noir, définitivement un petit éditeur (sans rien de péjoratif dans ces termes, bien au contraire) qui mérite une place de premier choix dans le coeur des amateurs de thrillers exigeants.
Enfin je tiens à remercier Nathalie (c’est elle qui se cache sous le masque du Flamant Noir) pour sa confiance. Je vous ai promis une chronique sans concession et je peux vous assurer que c’est le cas ici, quand un roman me prend aux tripes et au coeur alors je me plais à le crier haut et fort !

MON VERDICT
jd5Coup double

PS : Noël, si votre chemin vous mène par Nouméa c’est avec plaisir que je partagerai avec vous quelques verres de Jack Daniel’s (sans glace).
Un auteur adepte du Jack sec ne peut être qu’un mec bien 🙂

 
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Publié par le 22 février 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Donato Carrisi – La Fille Dans Le Brouillard

D. Carrisi - La fille dans le brouillardUne fois n’est pas coutume j’ai été dans les profondeurs de mon Stock à Lire Numérique afin de dénicher ma lecture du moment, l’heureux élu fut Donato Carrisi et son dernier roman, La Fille Dans Le Brouillard, paru l’année dernière (bon OK dans le genre profondeurs on peut mieux faire… et ce n’est pas la matière qui manque !).
Avechot est un paisible village des Alpes du moins jusqu’à ce qu’une jeune fille disparaisse mystérieusement quelques jours avant Noël. C’est le commandant Vogel qui est chargé de l’affaire, un homme connu pour son amour média. Et justement il a bien des raisons de vouloir redorer son image médiatique et publique ; pas question d’échouer, il lui faut un coupable, et le plus tôt sera le mieux…
Je vois déjà certains lecteurs blasés soupirer : « pfff… encore une histoire de disparition » ; c’est vrai que niveau originalité on peut trouver mieux comme idée de base pour un thriller. Je puis pourtant vous assurer que ce roman mérite que l’on s’y attarde, vous pouvez compter sur le talent de Donato Carrisi pour revisiter un thème en apparence classique.
Si vous connaissez les autres romans de l’auteur vous serez surpris par le changement de registre, s’il reste bel et bien fidèle au thriller, il opte en effet pour une approche beaucoup moins abrupte, et surtout beaucoup plus humaine et sociale.
Humaine par l’approche psychologique de l’intrigue, on la vit au travers le regard et les émotions des personnages que Donato Carrisi met en scène. Outre les points de vue de Vogel et de Martini (le fameux coupable idéal), nous aurons aussi le droit à ceux de Borghi, l’adjoint de Vogel, et du Dr Flores, le psychiatre chargé d’auditionner Vogel. Chacun aborde les événements selon sa situation personnelle et son degré d’implication.
Sociale par le poids des médias dans une enquête de police, qu’il s’agisse des médias traditionnels (presse, radio et télévision) ou d’internet (sites web et réseaux sociaux). La question de leur impact est clairement soulevé par ce roman, sous leur pression les enquêteurs peuvent être tentés de leur jeter en pâture un coupable idéal plutôt que de chercher la vérité sur les faits. Il en va de même pour le public de ces médias, prêt à tout prendre pour argent comptant sans vraiment chercher à se forger une réelle opinion personnelle.
Si vous cherchez un thriller brutal, mené à un train d’enfer et bourré de rebondissements, alors passez votre chemin. Donato Carrisi donne à son roman une toute autre dimension, et c’est foutrement efficace ! Et, cerise sur le gâteau, c’est redoutablement crédible.
Peut être (prés)sentirez vous la fin se profiler comme ce fut mon cas, mais je doute fort que vous ayez tout découvert avant que l’auteur ne vous le révèle. Même si j’avais deviné certains éléments je n’avais pas les tenants et les aboutissants, c’était davantage une présomption qu’une certitude. Cela ne m’a nullement empêché d’apprécier pleinement ce roman.

MON VERDICT
jd4

 
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Publié par le 15 février 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Laurent Obertone – Guerilla

L. Obertone - GuerillaAu menu du jour un bouquin dont la médiasphère bien pensante préfère éviter de parler… même en dire du mal serait lui faire trop d’honneur à en croire ces laquais du politiquement correct. C’est donc avec un plaisir redoublé que je me suis lancé dans la lecture de Guerilla, le roman de Laurent Obertone.
Une intervention de police de routine dans une cité de la Courneuve dégénère. Tandis que leur adjudant est roué de coups et que sa collègue est à son tour mencaée, le troisième policier sort son arme et tire, tuant les six agresseurs. La police est pointée du doigt, les médias dénoncent le fascisme policier, les cités s’embrasent, certains en profitent pour jeter de l’huile sur le feu, d’autres pour passer à l’offensive. Inexorablement la France bascule dans le chaos…
Jusqu’alors Laurent Obertone s’était plutôt illustré en tant qu’essayiste rejetant la langue de bois et n’hésitant pas à appuyer là où ça fait mal, quitte à caresser à rebrousse-poil le politiquement correct. Je ne me permettrai de juger ni l’homme, ni son travail, à chacun de se forger sa propre opinion (de préférence après avoir lu les bouquins de l’auteur plutôt qu’en suivant le mouvement). Pour ma part j’aurai tendance à dire que Guerilla, s’inscrit dans la suite logique de ses essais sur la France, qualifiée successivement d’Orange Mécanique et de Big Brother : une vision empirique de l’avenir.
Un bon essayiste ne fait pas forcément un bon écrivain. Sans doute bien conscient de cette réalité, Laurent Obertone opte pour un style minimaliste, ce qui n’empêche pas certaines maladresses et lourdeurs. Il n’en reste pas moins que globalement le bouquin se lit plutôt bien. Les chapitres sont courts et dynamiques, le rythme est assuré.
Alors crédible ou pas ? Pour ma part j’ai envie de croire que non, je ne peux envisager un tel niveau de renoncement et de culpabilisation chez le peuple français (voir aparté n°2). Outre ce point (qui n’est point de détail), l’enchaînement des événements, tel que le décrit Laurent Obertone, impliquerait un sacré concours de circonstances (et une bonne dose de pas de bol). Je considère donc Guerilla comme une fiction d’anticipation plus que comme une éventuelle mise en garde contre un réel danger potentiel.
Quoiqu’il en soit ce n’est pas forcément un roman à mettre entre toutes les mains. De nombreuses scènes de violence sont décrites sans concession, avec un réalisme cru qui risque de choquer plus d’un lecteur. Je ne reprocherai pas ce parti pris à l’auteur, au contraire rien de tel qu’un bon électrochoc pour nous ouvrir les yeux et nous faire réfléchir.
Les personnages sont nombreux, ils viennent d’horizons divers et variés et se retrouveront impliqués plus ou moins intensément dans le déroulement des événements. dans un premier temps on serait tenté de crier au cliché, voire au manichéisme, mais au fil des chapitres les nuances se précisent chez certains… tandis que d’autres, d’un côté comme de l’autre, restent des irrécupérables.
Laurent Obertone vous invite à suivre les trois journées qui verront la France trembler, vaciller puis s’effondrer. Une fois le chaos bel et bien installé, baisser de rideau ! Comme un pied de nez histoire de dire aux français, vous l’avez bien cherché, maintenant démerdez-vous. Ou, pour reprendre les mots de l’auteur : « La morale de cette histoire, c’est qu’une telle histoire n’a pas de morale. Les moralistes ont tué les réalistes, le réel tuera la morale. Et voilà. Il n’y a d’issue pour personne« .
Roman engagé ou non ? Très honnêtement il faudrait avoir des putains d’oeillères pour refuser de croire que certaines cités sont devenues de véritables zones de non droit, que ces mêmes cités sont un couvoir pour les apprentis djihadistes et autres radicalisations. Est-ce utile de rappeler que la menace du terrorisme islamiste est toujours bien réelle ? Enfin l’absence de sortie de crise clôt ce débat stérile, Laurent Obertone ne suggère aucune solution miracle et n’érige rien ni personne contre la montée du chaos ; difficile dans ce contexte de parler de prosélytisme…

MON VERDICT
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Aparté n°1.
Je me suis promis de bannir de mes achats les éditeurs qui n’offrent pas d’alternative numérique, quitte à passer à côté de très bon titres. Ring fait malheureusement partie de ces éditeurs refusant de vivre avec leur temps. Et pourtant me voilà vous proposant une chronique d’un roman issu du catalogue de Ring. C’est à y perdre son latin ou son lapin, non ?
Et bin non. Et ce pour deux raisons : primo, je n’ai interdit à personne de m’offrir des bouquins en provenance de ces éditeurs ; secundo, si de généreux artisans de l’ebook prennent les choses en mains afin de pallier les lacunes de ces éditeurs, j’aurai bien tort de bouder mon plaisir (pour info je me fous éperdument de l’aspect illégal de la démarche donc inutile de prendre la zone de comm pour le mur des lamentations).
En l’occurrence Guerilla répond aux deux critères, le Père Noël l’a déposé au pied du sapin et j’ai par la suite récupéré une version numérique alternative.

Aparté n° 2.
J’espère franchement ne jamais connaître cette France du très-bien-vivre-ensemble décrite par Laurent Obertone. Un état, un pouvoir et un peuple n’ayant plus la moindre fierté nationale, tout juste des rampants ayant adopté la pensée unique afin de faire le moins de vague possible. Un peuple ayant fait de la lâcheté et de l’hypocrisie un art de vivre.
Je ne veux pas d’une société où la tolérance passe par le renoncement et la culpabilisation, je n’ai pas honte de ce que je suis, je l’assume et le revendique. Ca ne m’empêche pas d’ouvrir mes bras aux autres, mais s’ils viennent chez moi c’est à eux de s’adapter à mon monde et non l’inverse !
J’ai heureusement encore suffisamment foi en la France et aux Français pour croire que ça ne peut pas arriver ; pour penser que face à une telle dérive, la mobilisation serait massive, dans un grand élan national(iste), pour crier haut et fort : NON ! Notre identité nationale est essentielle et ne constitue en rien un obstacle à la tolérance et au vivre-ensemble.

 
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Publié par le 2 février 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Amy Gentry – Les Filles Des Autres

A. Gentry - Les Filles Des AutresBien déterminé à rattraper le retard accumulé avec les sorties de la collection La Bête Noire, je me lance à la découverte de leur dernier opus, Les Filles Des Autres, premier roman de l’américaine Amy Gentry.
Julie Whitaker, 13 ans, est kidnappée en pleine nuit dans la maison familiale, sous le regard impuissant et terrifié de sa jeune soeur, Jane. L’enquête de police s’enlise, la famille se résigne à accepter l’indicible. Huit ans plus tard, alors que les Whitaker préparent un repas en famille, une jeune fille se présente à leur porte. Pour eux il ne fait aucun doute qu’il s’agit de Julie. Sauf peut être pour Anna, la mère, qui relève quelques zones d’ombres dans le récit de Julie. Suffisamment pour que le doute s’installe…
Voilà clairement un bouquin, qui, s’il n’avait pas été estampillé Bête Noire, n’aurait sans pas retenu mon attention. Auteure inconnue (normal c’est son premier roman), un pitch intéressant mais somme toute assez classique mais surtout une couv’ très moyenne, pour ne pas dire franchement moche (mais qui prend tout son sens une fois que vous aurez refermé le bouquin).
J’en vois déjà (oui toi là-bas, au fond à droite) qui soupirent d’un air blasé en marmonnant : « pfft et vas-y pour une énième chronique de thriller psychologique ». Hé bin oui, encore un thriller psychologique, j’aime ça et j’assume, et pis merde c’est chez moi ici, j’fais c’que j’veux ! Plus sérieusement je vais tenter de vous convaincre qu’il est encore possible de surprendre les lecteurs dans un genre pourtant maintes fois exploité et remanié…
Comme je le disais l’intrigue ne brille pas vraiment par son originalité : « Julie disparaît, Julie réapparaît ; mais est-ce vraiment Julie ? » Et pourtant de part sa construction je peux vous assurer que vous allez être happé par ce bouquin, s’il parvient à vous ferrer vous ne lâcherez plus avant de connaître le fin mot de l’histoire. Et d’ici là vous n’en finirez pas de vous poser des questions, parfois vous aurez des certitudes, puis le doute reprendra ses droits. Et peu à peu les différentes pièces du puzzle se mettent en place.
Un récit construit à deux tons (qui vient d’imiter une sirène de police ? Dehors !). On suit l’intrigue présente, racontée à la première personne par Anna, la mère de famille en proie au doute quant à l’identité de sa « fille ». Un récit entrecoupé par des flashbacks présentés par ordre antéchronologique (du plus récent au plus ancien), des flashbacks dont Anna ignore tout et dont je ne dirai rien afin de laisser intact le plaisir de la découverte (un mot de trop et c’est tout l’effet de surprise qui s’effondre).
Amy Gentry excelle à fouiner dans les profondeurs de l’esprit d’Anna, en creusant le présent elle exhumera un passé qu’elle aurait peut être souhaité ne jamais connaître. Une femme pleine de détermination, quitte à se retrouver seule contre tous, à découvrir la vérité, même si celle-ci risque de détruire sa famille déjà fragilisée.
La couv’ annonce « un roman à suspense », rien à redire sur ce point, le suspense est bel et bien présent et entretenu quasiment jusqu’à la dernière page.
J’espère que ces quelques lignes vous donneront envie de découvrir ce bouquin, pour un premier roman l’auteure place la barre très haut. Certes pas totalement exempt de défaut (j’ai trouvé le manque d’implication de la police peu convaincant au vu de l’enchaînement des événements) mais il mérite amplement sa place au sein d’une collection telle que la Bête Noire.

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Publié par le 30 janvier 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Lee Martin – Cet Eté-Là

L. Martin - Cet été-làComme vous le savez sans doute mon Stock à Lire Numérique à tendance à connaître une croissance exponentielle, du coup quand vient l’heure de choisir sa prochaine lecture c’est toujours un déchirement, et forcément on oublie certains titres et certains éditeurs. Comme ça faisait un moment que je ne m’étais pas penché sur le catalogue de Sonatine j’ai décidé de rectifier le tir avec Cet Eté-Là de Lee Martin.
Trente ans plus tôt, dans une petite bourgade de l’Indiana. La jeune Katie Mackey, 9 ans, disparaît alors qu’elle était sortie faire une course à vélo. Même si la police a rapidement interpellé un suspect, la disparition de Katie reste un mystère. Aujourd’hui, en recoupant les faits et divers témoignages, la vérité va peut être enfin éclater…
Un faits divers, des témoignages, des faits (connus ou reconstitués) et de fil en aiguille la vérité qui refait surface. J’aime beaucoup ce concept de roman choral qui permet au lecteur de jouer les apprentis journalistes (ou apprentis détectives selon ses ambitions). Une forme (et un fond) qui n’est pas sans me rappeler le roman Qui ? de Jacques Expert, construit sur le même principe et déjà publié par Sonatine.
La principale difficulté, pour l’auteur qui veut se lancer dans ce genre de roman, consiste à affecter un style distinct à chacun des intervenants afin que l’on puisse les identifier sans forcément avoir besoin de se référer au nom du chapitre. C’est malheureusement là que le bât blesse avec Cet Eté-Là, et ce sera certainement mon seul reproche, le style (efficace et concis) est trop uniforme, on a du mal à s’identifier aux personnages, un peu comme si c’était une seule et même personne qui nous relatait les événements…
Bon ça c’est fait. Une fois n’est pas coutume j’ai commencé par souligner le point négatif, sans doute parce que je tiens à tempérer mon reproche. En effet l’attribution d’un style propre à chaque intervenant eut été un plus plutôt qu’un point réellement négatif. Cela ne m’a nullement empêché de prendre beaucoup de plaisir à lire ce bouquin et de me sentir en totale immersion dans l’intrigue.
Les principaux intervenants sont au nombre de trois : M. Dees, un enseignant solitaire qui donnait des cours d’été à Katie, Gilley, le frère aîné de Katie et Clare, une veuve qui a par la suite épousé le principal suspect du crime. Chacun se livre au lecteur, s’adressant directement à lui, comme s’il était dans votre salon, évoquant non seulement ses souvenirs mais aussi ses états d’âmes. A ce titre on peut souligner un gros travail de l’auteur sur la psychologie de ses personnages, ce qui vient en partie contrebalancer l’absence de style personnalisé.
L’intrigue est bien construite même si l’on ne peut pas vraiment dire que l’on ait le droit à d’énormes surprises au fil des révélations ; on supposait beaucoup sans toutefois avoir une idée précise du déroulement des événements. Ca n’en reste pas moins un récit addictif qui se lit quasiment d’une traite (malheureusement les obligations professionnelles et personnelles ne permettent pas toujours ce genre d’immersion intégrale). Nul doute qu’au fil des pages vous serez projeté à Tower Hills dans les années 70, nul doute que vous aussi aurez envie de comprendre ce qui est arrivé à Katie…

MON VERDICT
jd4

 
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Publié par le 25 janvier 2017 dans Bouquins

 

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