[BOUQUINS] François-Xavier Dillard – L’Enfant Dormira Bientôt

AU MENU DU JOUR


Titre : L’Enfant Dormira Bientôt
Auteur : François-Xavier Dillard
Éditeur : Plon
Parution : 2021
Origine : France
336 pages

De quoi ça cause ?

Le même jour deux nouveau-nés sont enlevés dans deux maternité différentes. L’affaire est confiée à la commissaire divisionnaire Jeanne Muller et son équipe. La consigne du préfet est sans équivoque : il faut agir vite, retrouver le (ou les) coupable(s) et rendre les bébés à leurs parents… tout ça avant que la psychose ne s’installe.

Plus facile à dire qu’à faire quand la police ne dispose d’aucun indice et que rien ne semble relier les victimes. Rien ? À part le fait que les deux couples ont été candidats à l’adoption avant une grossesse inespérée ; ils sont passés par la fondation Ange, dirigée par Michel Béjart.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est François-Xavier Dillard, un auteur que j’ai découvert il y a peu mais dont les deux derniers titres m’avaient fait forte impression.

Parce que c’est aussi l’occasion de retrouver la commissaire Jeanne Muller, un flic atypique rencontré dans le précédent roman de l’auteur : Prendre Un Enfant.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Plon et Net Galley qui ont répondu favorablement à ma sollicitation.

Avec ce nouveau roman, François-Xavier Dillard, place de nouveau l’enfant au cœur de son récit, qu’il s’agisse d’adoption, de maternité, d’infanticide (plus précisément de néonaticide) ou encore de la relation de l’enfant au(x) parent(s). Comme vous pouvez vous en douter, sous la plume de l’auteur, ce sont les aspects les plus noirs de ce vaste thème qui seront mis en avant. Ajoutez à cela une touche de culpabilité, un soupçon de rédemption et une pointe de vengeance afin d’épicer encore davantage le récit.

La scène d’ouverture donne tout de suite le ton. Elle est d’un réalisme à couper le souffle, la souffrance de l’homme qui découvre l’indicible est restituée avec une incroyable justesse. Un premier chapitre qui vous glacera les sangs et vous plongera dans l’horreur la plus abjecte qui soit.

Dans un premier temps l’intrigue se divise en plusieurs arcs narratifs distincts. Le premier suivra bien entendu l’enquête de Jeanne Muller et de son équipe autour de ce double enlèvement de nouveau-nés. Puis l’on va s’intéresser à Michel Béjart – l’homme du premier chapitre – qui cohabite tant bien que mal avec son fils, Hadrien, lourdement handicapé à la suite de l’accident de voiture survenu alors que sa mère prenait la fuite avec lui. Enfin on se pencher sur le cas d’une femme visiblement perturbée et en permanence sur le qui-vive – pas besoin d’avoir fait Normale sup pour comprendre qu’il s’agit de l’ex-épouse de Béjart et de l’auteure des enlèvements. Enfin, il y a Samia, une jeune femme que Jeanne Muller a sorti du cercle vicieux de la prostitution avant de la confier à un couple qui doit lui permettre de mieux se réintégrer… mais pas facile d’échapper à son passé.

De prime abord le fil rouge semble évident mais vous pouvez compter sur l’auteur pour venir brouiller les cartes et surprendre le lecteur avec quelques révélations totalement inattendues… et ce jusqu’au clap de fin. Je n’aurai qu’un conseil à vous donner si vous vous lancez dans ce bouquin, ne vous fiez pas aux apparences !

Si vous avez lu Prendre Un Enfant, le précédent roman de François-Xavier Dillard, vous connaissez déjà la commissaire Jeanne Muller et sa personnalité très marquée. Pour les autres, attendez-vous à faire connaissance avec un flic totalement atypique qui piétine allégrement les plates-bandes du politiquement correct et du bio-éco-bobo. Sa voiture, une Maserati Gran Turismo, pétaradante et fumante, a de quoi faire tourner de l’œil les braves gens qui ne jurent que par l’électrique ou l’hybride. Et ne lui parlez surtout pas de cigarette électronique, elle serait plutôt du genre à allumer sa clope au mégot de la précédente.

Je ne vous répéterai pas une fois de plus ma ritournelle affirmant que pour qu’un thriller psychologique fonctionne, il faut des personnages crédibles et traités en profondeur (ah bin si, je viens de le faire). Le fait est que la mécanique imaginée par François-Xavier Dillard est implacable ; sa clé de voûte étant la relation amour / haine qui lie Michel et Hadrien.

On sort ébranlé (ne pas oublier le é… sinon ça ne fait pas le même effet) d’une telle lecture, d’autant que les ultimes révélations vos feront l’effet d’un coup de massue. L’une d’elle remettant même radicalement en cause la perception du lecteur vis-à-vis des acteurs du drame.

MON VERDICT

Coup de poing

[BOUQUINS] Paula Hawkins – Celle Qui Brûle

AU MENU DU JOUR


Titre : Celle Qui Brûle
Auteur : Paula Hawkins
Éditeur : Sonatine
Parution : 2021
Origine : Angleterre
464 pages

De quoi ça cause ?

Daniel Sutherland a été assassiné à bord de sa péniche.

Trois femmes et un homme sont directement impactés par cette mort brutale. Miriam, sa voisine, a découvert le corps. Carla, sa tante, séparée mais encore très porche de son ex-mari et qui a perdu sa sœur (la mère de Daniel, quelques semaines plus tôt). Laura, une jeune femme qui a passé la nuit avec Daniel avant de se séparer sur une violente dispute. Théo, auteur à succès et ex-mari de Carla.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Inévitablement parce que c’est Sonatine, mais aussi et surtout parce c’est enfin pour moi l’occasion de découvrir l’univers littéraire de Paula Hawkins.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Celle Qui Brûle est le troisième roman de Paula Hawkins publié par les éditions Sonatine, bien qu’ayant les deux précédents dans mo Stock à lire Numérique et malgré l’engouement suscité par La Fille Du Train, ce sera pour moi l’occasion de découvrir, ENFIN, l’univers littéraire de l’auteure.

L’auteure nous offre un thriller psychologique porté par des personnages forts, marqués par des drames personnels lourds. Miriam a été enlevée et séquestrée alors qu’elle était ado, elle a réussi à s’enfuir mais son amie a été violée et tuée par leur ravisseur.  Carla et Théo ont perdu leur jeune fils à la suite d’un accident dû à la négligence d’Angela. Laura a été renversée par une voiture quand elle était enfant, après une période de coma et une longue rééducation, elle garde quelques séquelles physiques et psychologiques.

L’enquête de police autour du meurtre de Daniel est presque reléguée au second plan tant l’accent est mis sur les personnages. Il faut bien reconnaître que pour la police Laura fait un peu figure de coupable idéale au vu de son passif et de sa totale imprévisibilité. Vous l’aurez compris ce serait trop facile… et pis je me refusais à y croire parce que je l’aimais bien la petite Laura.

Mais pour lever tous les soupçons qui pèsent sur la jeune femme, encore faut-il découvrir l’identité du véritable assassin… et alors là je vous souhaite bien du courage, Paula Hawkins sait y faire pour brouiller les pistes… et accessoirement vous embrouiller l’esprit ! Les soupçons passeront de l’un à l’autre des personnages au gré de l’évolution de l’intrigue… sans vraiment avoir de certitude absolue.

Heureusement Laura ne sera pas seule pour affronter les événements, elle pourra compter sur le soutien et la confiance inconditionnels d’Irene. Une vieille dame à qui elle rend parfois quelques menus services. Une mamie gâteaux qui est loin d’être gâteuse, si parfois sa mémoire lui joue des tours, son esprit reste parfaitement affuté. Un personnage très attachant qui vous réservera bien des surprises.

Et la victime dans tout ça ? Daniel était-il si innocent que l’on voudrait nous le faire croire ? Peu à peu on découvre un individu qui peut s’avérer hautement méprisable et parfois très instable.

Dans sa narration l’auteure joue volontiers avec le temps. L’intrigue actuelle est entrecoupée par les souvenirs de l’un ou l’autre des personnages. Parfois ça vous aidera à mieux cerner l’individu en question, d’autre fois ça vous enfoncera encore davantage dans la brume.

Vous l’aurez compris il n’est pas question de pyromane dans ce bouquin, le feu est intérieur et consume lentement mais sûrement ses proies. Colères, rancœurs, regrets, culpabilité… que l’on laisse enfler sans leur offrir un exutoire… l’effet peut être tout aussi dévastateur qu’un incendie.

Un roman qui sort de lot par la qualité et l’intelligence de sa narration et de sa construction (en plus des personnages mitonnés aux petits oignons). De fait la lecture est aussi addictive que fluide. J’en viendrai presque à regretter de ne pas m’être penché plus tôt sur le cas Paula Hawkins… je dis bien presque, les regrets ce n’est pas ma tasse de thé. Et puis il n’est pas trop tard pour pallier ce retard.

Le délai de publication de la présente chronique est de mon seul fait, j’ai pris mon temps avant de jeter mon dévolu sur ce roman et ensuite j’ai eu un retard de rédaction et publication. Un coup de mou, ça arrive de temps en temps.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Magali Collet – Les Yeux D’Iris

AU MENU DU JOUR


Titre : Les Yeux D’Iris
Auteur : Magali Collet
Éditeur : Taurnada
Parution : 2021
Origine : France
244 pages

De quoi ça cause ?

Morgane a quitté la France pour se construire une nouvelle vie en Irlande après le suicide de sa sœur, Iris, laissant en plan son frère aîné, Fred, et leurs parents ravagés par le drame qui les a frappés de plein fouet.

Quand elle reçoit un SMS lui annonçant qu’il est temps d’honorer une ancienne promesse, elle revient dans la maison de famille, désormais tenue par Fred, sans la moindre hésitation. Lui aussi est lié par ce pacte surgi du passé…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada et que leur catalogue est riche de belles découvertes.

Parce que j’étais passé à côté du précédent roman de Magali Collet, La Cave Aux Poupées, il convenait donc de réparer cette injustice en découvrant son nouveau bébé.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée et l’envoi de ce roman.

Une fois n’est pas coutume je vais mentionner la quatrième de couv’ dans ma chronique, et c’est autour d’elle que s’articulera ma chronique :

Un meurtre et un suicide.
Trois hommes. Trois femmes.
Des retrouvailles.
Un pacte.
Tout se paye, même l’amitié.

Un meurtre : pas de surprise c’est sur cette scène que s’ouvre le bouquin.
Un suicide : celui d’Iris, la sœur de Morgane et Fred.
Pour être exhaustif il manque un troisième fait déclencheur, celui par lequel tout va s’enchaîner… mais je ne vous en dirai pas plus.

Trois hommes : par ordre d’apparition Fred, Bastien et Mickaël.

Fred est policier à Draguignan, après le suicide d’Iris et le départ de Morgane il s’est retrouvé seul avec ses parents abattus par la perte brutale de leur fille. Il a géré le quotidien tant bien que mal tout en composant avec son propre chagrin et sa culpabilité.

Bastien et Mickaël sont amis et collègues (plus exactement le second est le patron du premier). D’entrée de jeu je n’ai pas pu les blairer ces deux gugusses, Bastien pour des raisons évidentes (c’est un connard de beauf parvenu qui ne voit pas plus loin que son nombril, doublé d’un macho misogyne) ; pour Mickaël ça a été plus subtil (le mari et le père modèle, né d’une bonne famille il a consolidé la fortune familiale… trop propre pour être honnête). En plus ils partagent une même passion pour la chasse (non alimentaire je précise), ça n’aide pas à faire monter mon niveau d’empathie.

Trois femmes : par ordre d’apparition Morgane, Julie et Audrey.

De loin les personnages les plus complexes de l’intrigue, difficile de les cerner avec précision. Afin de garder intact le plaisir de la découverte je ne m’attarderai pas sur elles et leurs liens.

Après le suicide d’Iris, Morgane est partie vivre en Irlande pour s’éloigner d’une famille au bord du gouffre et essayer de se reconstruire malgré ses propres blessures. Avec son frère, ce sont les personnages les plus attachants (et les plus vrais) du bouquin.

Julie est la compagne de Bastien. Audrey est l’épouse de Mickaël, ils ont un fils de onze mois, Tom. A tour de rôle, elles souffleront le chaud et le froid, inspirant tantôt une réelle empathie, tantôt une totale aversion.

Des retrouvailles. Un pacte.  Magali Collet sait y faire pour faire durer le suspense quant au pourquoi de ces retrouvailles et la nature du pacte. Il faudra attendre le chapitre 11 pour que les choses commencent à se mettre en place et encore quelques chapitres pour avoir, en même temps que Morgane, toutes les cartes (et encore quelques questions et doutes) en main. C’est aussi à partir de ce moment-là que le rythme de l’intrigue passe à la vitesse supérieure, tout va s’accélérer jusqu’au dénouement et l’ultime retournement de situation (pas vraiment une surprise).

Sans prendre le risque d’en dire trop je dois reconnaître que dès que la jeune femme s’est engagée dans le souterrain j’ai deviné le drame qui allait se dérouler sous nos yeux. J’ai du mal à imaginer que la référence au film de Gaspar Noé, Irréversible (2002), soit le seul fruit du hasard… Même si Magali Collet ne nous épargne pas dans la description du calvaire que va subir « sa » victime, c’est moins insoutenable (mais tout aussi gerbant) que les 9 minutes du film de Gaspar Noé.

La construction du roman contribue à garder le lecteur dans le flou (pour la bonne cause) en alternant entre l’intrigue présente et les flashbacks ; une bonne façon pour l’auteure de distribuer les indices à son rythme

Avec ce roman Magali Collet signe un thriller psychologique totalement maîtrisé, porté, comme il se doit, par des personnages tirés au cordeau. Une intrigue qui mettra parfois vos nerfs à rude épreuve, surtout si, comme moi, vous êtes sensible à la cause féminine (et allergique aux connards qui les bafoue allégrement).

Peut-être vous demandez vous d’où vient le titre du roman, pour le savoir il vous faudra le lire, tout ce que je peux vous dire c’est qu’il ne doit rien au hasard.

« Court mais intense », telle pourrait être la devise de l’équipe éditoriale des éditions Taurnada. Je parle bien entendu du choix des manuscrits qui intégreront leur catalogue (en privé « cela ne nous regarde pas », comme diraient les autres).

MON VERDICT

[BOUQUINS] Estelle Tharreau – Les Eaux Noires

AU MENU DU JOUR


Titre : Les Eaux Noires
Auteur : Estelle Tharreau
Éditeur : Taurnada
Parution : 2021
Origine : France
252 pages

De quoi ça cause ?

Joséfa est dévastée quand les eaux noires de la baie des naufragés rejettent le corps de sa fille, disparue depuis quelques jours. L’adolescente a été assassinée, mais l’enquête de police piétine.

Folle de rage et de chagrin, Joséfa va remuer ciel et terre pour que l’assassin de sa fille soit démasqué. Tant pis si pour cela il faut que les secrets des uns et des autres éclatent en plein jour…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada et parce que c’est Estelle Tharreau ; ses deux précédents romans m’ayant agréablement surpris je replonge volontiers dans son univers littéraire.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée et l’envoi de ce roman.

Difficile d’imaginer la douleur d’un parent qui perd son enfant, une douleur sans doute encore plus vive quand l’enfant a été assassiné et que l’assassin reste non identifié. Un point de départ qui fait écho à une actualité avec l’affaire Daval (je comprends la douleur des parents d’Alexia, mais leur appétit médiatique me débecte).

Une douleur qui a de quoi faire perdre pied à ceux et celles qui y sont confrontés, et c’est exactement ce qui arrive à Joséfa dans le roman d’Estelle Tharreau. Elle va voir en tout habitant de la baie des naufragés le (ou la) potentiel(le) assassin de sa fille, n’hésitant pas à lancer des accusations sans le moindre fondement ou des rumeurs inventées de toutes pièces.

Dans le même temps, elle va se refermer sur elle-même. Il n’en faut pas plus pour que ses voisins et les autres résidents commencent à la regarder avec méfiance, voire plus. Un comportement qui va aussi lui attirer les foudres des médias… foudres dont sa fille subira les dommages collatéraux.

Une situation qui va encore s’envenimer quand un mystérieux Corbeau se joint à la partie, révélant les secrets les plus sombres des uns et des autres. Une tension qui va arriver à son apogée quand les hordes de la bien-pensance joueront les justiciers populaires sur fond de lynchage public.

Estelle Tharreau décrit à la perfection cette implacable mécanique qui va se mettre en branle en déployant inexorablement ses forces destructrices. L’auteure retranscrit avec justesse les états psychologiques de ses personnages.

Si l’intrigue ne s’attarde guère sur l’aspect purement policier de l’affaire, elle opte pour une approche plus originale en faisant du déroulé (et du délitement) des évènements le déclencheur de la résolution de l’assassinat de l’adolescente.

Une fois de plus Estelle Tharreau prouve qu’elle maîtrise toutes les ficelles du thriller psychologiques et qu’elle les manie parfaitement quand il s’agit de jouer avec les certitudes (et accessoirement les nerfs) de ses lecteurs.

En tant que lecteur, j’ai eu du mal à me sentir proche des personnages. J’ai trouvé le comportement de Joséfa complétement déplacé, la douleur n’excuse pas tout (ça serait trop facile de se réfugier derrière la perte d’un être cher pour justifier la calomnie et la diffamation. Pour les autres personnages (les résidents de la baie essentiellement), l’auteure prenant un malin plaisir à jouer avec nos certitudes, il est difficile de se faire une opinion tranchée sans que ne subsiste une part de soupçon.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Christian Guillerme – Transaction

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Titre : Transaction
Auteur : Christian Guillerme
Éditeur : Taurnada
Parution : 2021
Origine : France
250 pages

De quoi ça cause ?

Alphonse, Johan et Manal sont trois amis d’enfance. Quand Alphonse se fait arnaquer en achetant sur internet du matos défectueux, ils décident de refourguer à leur tour le matériel à un pigeon.

Pas de bol pour les trois amis, ils vont tomber sur la mauvaise personne et leur petite arnaque va avoir des conséquences qu’ils n’auraient jamais pu imaginer… même dans leurs pires cauchemars !

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada, une raison qui se suffirait à elle seule. Cerise sur le gâteau, j’avais beaucoup aimé le précédent roman de Christian Guillerme, Urbex Sed Lex.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée.

Contre toute attente Christian Guillerme commence son intrigue par la fin  (je n’en dirai pas plus, mais la couleur est annoncée dès le premier chapitre), avant de revenir au début de l’affaire et d’en suivre le déroulé.

Avec un postulat de départ relativement simple, pour ne pas dire banal, l’auteur imagine un déferlement de colère et de violence. Tout part d’une arnaque internet des plus classiques dans laquelle la victime se retrouve avec un matériel défectueux et/ou contrefait. Le pigeon a alors deux options à sa disposition, se faire une raison ou essayer de refourguer le matos à un autre pigeon.

Alphonse, aidé par ses deux amis d’enfance, va faire le second choix. Rien ne pouvait laisser présager que leur « client » allait littéralement péter un plomb en découvrant qu’il a été victime d’une arnaque. Pas question pour lui de se résigner ou de refiler le matos à un autre, son crédo serait plutôt la vengeance ; une vengeance aussi implacable que violente. Le pigeon va se transformer en un oiseau de proie qui ne lâchera pas l’affaire avant d’avoir obtenu réparation… d’une façon ou d’une autre.

Si pour tout individu un tant soit peu rationnel et raisonné ni l’arnaque en elle-même ni la somme en jeu (300 €) ne justifient une réaction aussi radicale et brutale, Christian Guillerme réussit toutefois à rendre son intrigue totalement crédible… instaurant même parfois un sentiment quasi palpable de malaise chez le lecteur.

L’une des grandes forces du roman est la différence dans l’approche des personnages. D’un côté on a trois jeunes gens liés par une amitié indéfectible, l’auteur met en avant tout ce qui les rend profondément humains (et normaux) : leurs relations, leurs émotions, leurs histoires… bref tout ce qui fait d’un individu ce qu’il est.

À l’opposé, celui qui va les traquer est totalement déshumanisé. Pour commencer, à aucun moment il n’est nommé. Ensuite l’auteur nous présente un individu plutôt froid et psychorigide. Un esprit dérangé qui va peu à peu se laisser dominer par une colère irraisonnée.

Au final Transaction nous raconte (brillamment) comment une arnaque ordinaire peut déboucher sur un fait divers sordide… heureusement, dans les faits ce genre de conjonction ne se produit pas tous les jours, le plus souvent la victime d’une arnaque se contente de passer par les stades de la frustration à la colère puis à la résignation.

Sans trop vouloir en dire (pour rappel, le roman commence par la fin), ce n’est pas le final, totalement amoral, qui dissipera le sentiment de malaise.

Par certains aspects le bouquin m’a fait penser au film Chute Libre (1993) réalisé par Joel Schumacher qui nous fait suivre le parcours d’un gars au bout du rouleau (interprété par Michael Douglas) qui, à force d’emmerdes à répétition, finit par péter un câble.

Christian Guillerme signe un thriller psychologique totalement maîtrisé et original. Fidèle à la ligne de conduite des éditions Taurnada, le roman est court, mais intense qui peut aisément se lire d’une traite.

 MON VERDICT

[BOUQUINS] Carole Johnstone – Mirrorland

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Titre : Mirrorland
Auteur : Carole Johnstone
Éditeur : Fleuve Éditions
Parution : 2021
Origine : Écosse
448 pages

De quoi ça cause ?

Cat est partie s’installer à Los Angeles, loin de sa ville natale d’Édimbourg, et de sa sœur jumelle, El, dont elle est sans nouvelles depuis de longues années. La première partie de sa vie semble effacée de sa mémoire. Mais le jour où elle apprend la disparition inquiétante de sa sœur, elle décide de rentrer en Écosse.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que le pitch me semblait prometteur.

Je me méfie des accroches commerciales, mais quand je vois que Stephen King juge le bouquin « diablement intelligent »,  ça ne fait que booster ma curiosité.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Fleuve et Net Galley pour leur confiance.

J’avoue que la prise de contact avec ce roman ne s’est pas forcément passée aussi bien que je l’espérais, j’ai en effet eu beaucoup de mal à me plonger dans l’intrigue et à accrocher aux personnages.  Heureusement le mix réussi entre le thriller psychologique et la chasse au trésor et l’ambiguïté grandissante de certains protagonistes ont fini par me faire oublier ces débuts difficiles.

Il faut dire que Carole Johnstone sait y faire quand il s’agit de nous faire douter de ses personnages (le lecteur aura bien du mal à démêler le vrai du faux autour de El, Ross et même Cat). Qu’est-il réellement arrivé à El ? Pourquoi les deux sœurs étaient-elles brouillées depuis plus de dix ans ? Et surtout que s’est-il passé cette nuit du 4 septembre 1998 où tout a basculé ?

À travers un jeu de piste macabre (sous forme d’une chasse au trésor parsemé d’indices) orchestré par sa sœur, Cat va redécouvrir le Mirrorland, un monde imaginaire que les deux sœurs avaient créé pour échapper à la réalité ; un voyage dans le passé qui va faire remonter les souvenirs refoulés des traumatismes de leur enfance.

Le récit à la première personne nous permet de suivre l’intrigue du point de vue de Cat, avec elle on redécouvre son passé pour dénouer les événements du présent (la disparition en mer de sa sœur… accident, suicide ou homicide ?).

Au départ la situation paraît très embrouillée, mais heureusement les choses se précisent peu à peu. Ce qui ne signifie pas pour autant que tout devient limpide comme de l’eau de roche, au contraire le lecteur n’a pas fini de douter et de s’interroger. Les multiples rebondissements rebattent totalement les cartes, trop peut-être… j’ai trouvé en effet que l’ultime retournement de situation était un peu (beaucoup) too much, idem pour les explications qui suivront ; du coup la crédibilité de l’intrigue prend du plomb dans l’aile.

Pour qu’un thriller psychologique fonctionne, il faut que les personnages soient particulièrement crédibles, c’est heureusement le cas ici. Le trio formé par Cat, El et Ross est très réussi et vous donnera  bien du fil à retordre. Les personnages secondaires ne sont pas pour autant laissés pour compte, je pense notamment au duo d’enquêteurs formé par Rafiq et Logan.

L’intrigue est plutôt bien ficelée (machiavélique parfois) malgré quelques bémols. L’idée de combiner le passé et le présent est une idée plutôt bien trouvée et bien exploitée, idem pour l’essentiel de l’intrigue qui se joue quasiment à huis clos.

Force est toutefois de reconnaître que pour son premier roman Carole Johnstone n’a pas fait le choix de la simplicité, ça force le respect.

MON VERDICT

[BOUQUINS] David Ruiz Martin – Seule La Haine

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Titre : Seule La Haine
Auteur : David Ruiz Martin
Éditeur : Taurnada
Parution : 2021
Origine : France
252 pages

De quoi ça cause ?

Le jour de son quinzième anniversaire, Elliot se présente au cabinet de psychanalyse de Larry Barnay armé d’un pistolet. L’adolescent veut comprendre pourquoi son frère s’est suicidé six mois plus tôt, et pourquoi Larry, qui le suivait comme patient, n’a pas été capable de l’empêcher de passer à l’acte…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada et parce que c’est l’occasion de découvrir un auteur que je ne connaissais pas.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée.

Ce roman est paru initialement en 2020 aux éditions Nouvelle Bibliothèque, la version proposée par Taurnada a été entièrement remaniée par David Ruiz Martin. Je ne sais pas ce que valait le premier jet du bouquin, mais je peux d’ores et déjà vous assurer qu’avec ce titre, Taurnada inscrit une nouvelle pépite à son catalogue.

Le bouquin s’ouvre sur une préface de Nicolas Feuz qui pose la question de l’identité du polar suisse (je ne me prononcerai pas sur le sujet, il me semble que c’est le premier polar helvète que je lis). En effet si David Ruiz Martin est né en Espagne c’est en Suisse qu’il a grandi et qu’il vit encore aujourd’hui.

C’est donc tout naturellement que l’auteur a situé l’intrigue de son roman en Suisse (à Neuchâtel pour être exact). Une intrigue qui va se jouer presque exclusivement en huis clos entre l’adolescent et le psychanalyste. Un huis clos au cours duquel la tension va aller crescendo, au fil des pages un sentiment grandissant d’oppression vous prendra aux tripes, le récit d’Elliot soumettra vos nerfs à rude épreuve avec, en bonus, quelques poussées d’adrénaline.

Pour des raisons évidentes je ne m’étalerai pas davantage sur l’intrigue mais si vous cherchez un truc vraiment machiavélique et noir de noir, alors ce roman est fait pour vous. David Ruiz Martin signe un thriller psychologique intense et totalement maîtrisé.

Condition sine qua non pour qu’un thriller psychologique, plus encore dans le cadre d’un huis clos confrontant deux individus, il est impératif que les personnages portent l’intrigue et la fassent vivre (cerise sur le gâteau s’ils parviennent en plus à nous faire vibrer).

Je commencerai par Larry Barnay parce qu’il est le narrateur du présent roman. On découvre un homme plutôt sûr de lui et de ses convictions même si confronté à une situation pour le moins inhabituelle. Au fil du récit d’Elliot nous verrons ses certitudes se fissurer, puis s’effondrer pour être remplacées par des doutes et des questionnements qui le boufferont de l’intérieur.

Malgré son jeune âge Elliot reste maître du jeu tout le temps de son récit, même ses coups de mou et coups de colère semblent minutieusement calculés pour s’inscrire dans son récit (d’un autre côté il est difficile, voire impossible, de rester de marbre face à son témoignage qui s’enfonce toujours plus loin dans l’abject). Je peux comprendre que certains lecteurs aient pu penser qu’une telle personnalité ne collait pas un gamin de 15 ans, personnellement cela ne m’a pas dérangé outre mesure, Larry nous prévient d’entrée de jeu :

« Non. Elliot n’est pas fou. Je l’ai vaguement côtoyé par le passé. Il a toujours été un ado brillant, intelligent et futé. Parfois même un peu trop. »

C’est sans la moindre hésitation que j’attribue 5 Jack et un coup double (coup de cœur / coup de poing) à ce roman.

MON VERDICT

Coup double

[BOUQUINS] Roz Nay – La Sentinelle

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R. Nay - La sentinelle
Titre : La Sentinelle
Auteur : Roz Nay
Éditeur : Hugo
Parution : 2020
Origine : Canada
313 pages

De quoi ça cause ?

Lorsque sa sœur Ruth s’invite chez elle, dans cette station du Colorado devenue son refuge et le point d’ancrage de sa nouvelle vie, Alex Van Ness comprend très vite que le monde qu’elle s’est construit à grand-peine est menacé.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que le pitch, bien que d’apparence classique, a su titiller ma curiosité.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Hugo et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Il est des bouquins qui, malgré une quatrième de couv’ proposant un pitch plutôt classique, me font quand même envie. La Sentinelle fait partie de ceux-là.

La Sentinelle est le second roman de Roz Nay, mais pour moi ce sera une découverte (même si son premier roman, Notre Petit Secret, a rejoint mon Stock à Lire Numérique depuis un temps plus que certain).

De prime abord donc on serait tenté de croire que l’on a entre les mains un énième thriller psychologique, mais dans les faits le bouquin est bien plus complexe que cela. C’est avant tout l’histoire d’une famille – et tout particulièrement de deux sœurs – brisée par un dramatique accident qui sera le prélude à une inexorable érosion du tissu familial.

Les chapitres alternent donc entre les points de vue des deux sœurs, Ruth, l’aînée qui refait surface dans la vie de sa sœur après avoir disparu durant de longues années, et Alex, la cadette qui s’est construit une nouvelle vie en tirant définitivement un trait sur son passé.

Force est de reconnaître qu’au départ les apparences ne jouent pas franchement en faveur de Ruth ; on a clairement l’impression qu’elle est le mouton noir de la famille Van Ness et la cause de tous leurs déboires. Malgré tout, certains indices (notamment des remarques de Ruth) viennent planter les graines du doute dans l’esprit du lecteur.

Au fil des chapitres on est confronté à deux versions radicalement différentes de l’histoire de la famille Van Ness ; difficile de trancher en faveur de l’une ou de l’autre tant elles nous sont présentées avec la même conviction.

Si le passé de sœurs Van Ness est un élément essentiel du récit (surtout afin de cerner leur personnalité respective), le cœur même de l’intrigue se déroule bel et bien aujourd’hui. Alors que se démêle l’écheveau d’un passé lourd de non-dits et de mensonges, il se tisse conjointement, au présent, un piège implacable.

Roz Nay apporte beaucoup de soins à ses personnages, à l’image de l’intrigue ils nous démontreront que les apparences peuvent être trompeuses et dévoileront des facettes inattendues de leur personnalité.

L’auteure prouve avec brio qu’il est encore possible de surprendre avec une idée de base relativement classique ; c’est sa construction de l’intrigue et l’intensité de ses personnages qui donnent à ce roman une réelle touche d’originalité.

Je ne regrette pas d’avoir voulu aller au-delà des apparences, ce bouquin a été une belle découverte riche en surprises… même si j’avais quand même découvert (ou soupçonné) quelques ficelles de l’intrigue.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Renée Knight – La Confidente

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R. Knight - La Confidente
Titre : La Confidente
Auteur : Renée Knight
Éditeur : Fleuve
Parution : 2020
Origine : Angleterre (2019)
400 pages

De quoi ça cause ?

Christine Butcher est embauchée comme secrétaire particulière par Mina Appleton, future dirigeante d’une grande chaîne de supermarchés.

Christine va se donner à fond pour son travail, faisant preuve d’une conscience professionnelle sans faille et même au-delà. Elle est prête à tous les sacrifices pour satisfaire les exigences de sa patronne.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

À défaut de briller par son originalité, l’idée de départ m’a inspiré.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Fleuve et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Après Révélée, que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire, La Confidente est le second roman de l’auteure britannique Renée Knight. Optant pour un récit à la première personne, elle donne voix à Christine Butcher afin que celle-ci nous raconte son parcours auprès de Mina Appleton.

On comprend vite que Christine se sent victime d’une injustice et que cela l’a profondément ébranlée. D’ailleurs l’auteure sait y faire pour entretenir le doute quant à l’endroit où se trouve Christine tandis qu’elle s’adresse au lecteur. Est-elle dans une maison de repos ou dans une structure encore plus strictement encadrée ? Ou simplement ailleurs ? Ne comptez pas sur moi pour lever le voile sur cette question.

L’histoire commence quand Mina Appleton, la fille de Lord Appleton et future directrice des supermarchés Appleton, propose à Christine un poste de secrétaire particulière. En apparence c’est là une opportunité professionnelle impossible à refuser… mais Christine est loin de se douter que la médaille a un revers… et quel revers !

Consciencieuse et professionnelle, Christine va se donner à fond pour donner pleine et entière satisfaction à son exigeante patronne. Quitte à parfois faire abstraction de ses principes par quelques « menues » (et plus si affinités) compromissions. La première étant de pousser Lord Appleton vers un départ anticipé dans des conditions qui sont loin de faire honneur à sa brillante carrière. Mais après tout c’était pour la bonne cause… c’est en tout cas ainsi que Christine se convaincra d’avoir toujours fait les bons choix.

L’investissement personnel et professionnel de Christine auprès de Mina va rapidement dépasser les limites du raisonnable, mais quel qu’en soit le prix à payer, Christine semble complètement aveugle et sourde aux conséquences. Elle est sous totale emprise de sa patronne et Mina Appleton ne se prive d’user et d’abuser de cette relation dominante / dominée. Mais elle le fait avec autant de cynisme que de doigté, poussant la flatterie jusqu’à la flagornerie… et même au-delà !

Si dans les premiers chapitres j’ai éprouvé une réelle empathie pour Christine, force est d’avouer qu’au bout d’un moment j’ai eu envie de lui gueuler de se sortir les doigts du cul et de regarder la vérité en face, puis carrément de la baffer. À se voiler la face comme elle le fait on flirte franchement avec le syndrome de Stockholm ! Et là pour moi on entre dans la catégorie des « cas désespérés », inutile de s’attarder sur leur situation puisqu’ils semblent aimer en prendre plein la tronche.

Ce détachement vis-à-vis de Christine ne m’a toutefois pas empêché de poursuivre ma lecture avec le même intérêt. En effet je voulais savoir jusqu’où les choses pourraient aller et si éventuellement il y aurait une prise de conscience à un moment ou à un autre. Alors sursaut ou soumission absolue jusqu’au bout du bout ? Là encore ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus.

Pour que la sauce prenne dans ce genre de récit axé avant tout sur les relations entre les différents personnages, l’auteur(e) se doit de maîtriser la dimension psychologique de son intrigue. Rien à redire sur ce point, Renée Knight mène sa barque sans faillir et sans perdre son cap de vue (même si pour nous, il n’est pas toujours évident à discerner).

Si le présent roman a pour toile de fond l’industrie agro-alimentaire et la grande distribution, il doit pouvoir se transposer dans n’importe quel autre milieu. Ce genre de relation dominant-dominé dans le cadre professionnel existe malheureusement dans tous les secteurs, mais aussi quelle que soit la taille de l’entreprise… On peut toutefois supposer (et espérer) qu’ici Renée Knight pousse la situation à son paroxysme afin de servir son intrigue.

Même si la situation décrite n’est pas l’apanage de l’industrie agro-alimentaire et de la grande distribution, le bouquin pointe du doigt certaines politiques / pratiques commerciales qui prennent à la gorge les petits agriculteurs alors qu’ils peinent déjà à garder la tête hors de l’eau.

Finalement ce fut un agréable moment de lecture en compagnie d’un thriller psychologique plutôt bien ficelé.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Sally Hepworth – La Belle-Mère

AU MENU DU JOUR

S. Hepworth - La Belle-Mère

Titre : La Belle-Mère
Auteur : Sally Hepworth
Éditeur : L’Archipel
Parution : 2020
Origine : Australie (2019)
360 pages

De quoi ça cause ?

Appréciée pour son dévouement, Diana se bat pour améliorer le sort des réfugiés, mais elle se montre froide et distante, sinon blessante, envers les siens. Ce dont souffre Lucy, sa belle-fille, qui rêvait de trouver en elle une mère de substitution.

Dix années ont passé, et Diana, qui avait annoncé à sa famille qu’elle souffrait d’un cancer du sein, vient de mourir. Elle se serait suicidée. Mais, à l’autopsie, nulle trace d’un cancer… Rapidement la thèse du suicide est remise en question par les policiers…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce qu’il m’a fait de l’œil alors que je parcourais, sans but précis, le catalogue Net Galley.

Ma Chronique

Je remercie les éditions de L’Archipel et Net Galley pour leur confiance renouvelée et l’opportunité de découvrir ce roman en avant-première (parution le 20 août).

C’est un peu par hasard que j’ai croisé le chemin de ce bouquin, c’est d’abord la couv’ qui a attiré mon regard et éveillé ma curiosité, un rapide coup d’œil au pitch a fait le reste.

J’avoue humblement que je ne connaissais pas du tout Sally Hepworth qui signe là son cinquième roman, et le second disponible en français. La Belle-Mère est le second thriller de l’auteure, pour l’anecdote le précédent et son prochain roman sont aussi placés sous le signe du thriller se déroulant dans un cadre familial.

Embarquement immédiat pour l’Australie, et plus précisément pour Melbourne et sa banlieue afin de suivre une intrigue portée par deux voix féminines. Les chapitres alterneront en effet entre les points de vue de Lucy (la belle-fille) et de Diana (la belle-mère) ; une alternance qui permet de mieux apprécier les personnalités de chacune des narratrices, mais aussi de relativiser certains avis (si Diana n’est pas forcément une pro de la diplomatie, elle n’est pas non plus une marâtre acariâtre).

Une intrigue qui se joue aussi sur deux axes temporels intitulés sobrement passé (depuis la rencontre entre Lucy et Diana et autres épisodes ayant tissé leurs relations compliquées ou simplement d’événements marquant de leurs vies) et présent (avec les questionnements et l’enquête autour de la mort de Diana).

À travers le récit des deux femmes on découvre aussi le reste de la famille. À commencer par Ollie, le mari de Lucy et fils aîné de Diana, et les trois enfants du couple (Archie, Harriet et Edie). Sans oublier la sœur d’Ollie, Nettie et son mari Patrick. Et Tom, le mari de Diana.

Si l’auteure donne essentiellement la parole à Lucy et Diana, il n’en reste pas moins que les autres personnages sont traités avec beaucoup de soins, chacun développant une personnalité qui lui est propre et parfois des problématiques individuelles.

Au-delà du strict cadre familial d’autres personnages vont s’inviter dans le déroulé de l’intrigue, notamment un duo de policiers qui se pose de nombreuses questions sur les circonstances de la mort de Diana.

Finalement ce bouquin fut un agréable thriller psychologique et familial, j’ai pris beaucoup de plaisir à le dévorer et à me poser bien des questions sur les motivations des uns et des autres.

MON VERDICT