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Archives de Tag: Tête à tête

Tête-à-tête virtuel avec Hélène Machelon

Hélène Machelon

Bonjour Hélène,

Merci d’avoir accepté ce tête-à-tête virtuel.

Merci à vous Fred, ce petit tête-à-tête m’amuse beaucoup !

Question rituelle en guise de mise en bouche. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous expliquer comment vous en êtes venu à l’écriture ?

Je suis une femme de 41 ans qui voyage et vit en famille autour du monde. Afrique, Amérique Latine et aujourd’hui Asie. Je reviens à l’écriture après une longue pause de 20 ans. J’ai été cassée plus jeune par des concours d’écriture et convaincue que je n’avais pas de talent, je me suis investie dans d’autres projets. Poussée par mon mari il y a quelques mois, j’ai commencé un matin et tout s’est déroulé.

Je me suis dit : « c’est maintenant ou jamais, j’ai peut-être un truc à raconter ».

 Votre premier roman, Trois petits tours, est distribué par la plateforme Librinova ; l’auto-édition est un choix délibéré ou plutôt une voie de secours en attendant / espérant mieux ?

L’auto-édition est subie. Je garde espoir d’être repérée pour pouvoir continuer l’aventure, j’ai d’autres sujets en tête qui me démangent. J’espère vraiment être guidée par des professionnels de l’édition pour la suite car j’ai le sentiment d’avancer dans des eaux troubles que je ne maîtrise pas. Je cherche des stratégies pour faire vivre le livre sans savoir si je le sers ou non.

 Dans Trois petits tours vous abordez un sujet plutôt délicat puisque tout le récit s’articule autour de la perte d’un enfant. Pourquoi ce choix ?

J’étais bien placée puisqu’au premier plan. Nous avons perdu un enfant mais je ne désirais pas témoigner. J’avais le sentiment que beaucoup d’écrits existaient déjà en la matière et même de très bons. Je pensais également qu’un livre 100% sur la douleur des parents aurait été insupportable à lire à écrire. Ce sont les « autres » qui étaient intéressants, ceux qui gravitent et qui subissent également. On pourrait les appeler les dommages collatéraux. J’ai voulu exprimer la détresse de ces autres qui n’ont rien pu faire mais qui voulaient. L’entourage souffre de cette impuissance, reste en apnée puis il respire lorsque les parents s’autorisent de nouveau à être heureux.

Comment se déroule une journée type lorsque vous écrivez ? Quelle est l’ambiance la plus propice pour laisser libre cours à votre inspiration ?

Pour écrire, j’ai besoin d’une vue, de la lumière, du thé et des biscuits au pavot. Je ne peux pas écrire dans un cagibi sombre puisque je me concentre en fixant les objets ou la fenêtre. Bien évidemment, les enfants doivent être à l’école. Le petit carnet toujours sur moi est mon meilleur ami puisque la vie est mon inspiration. J’écris sur de courtes durées à l’image de mon écriture plutôt vive.

Après ce premier roman, avez-vous d’autres projets littéraires ?

Deux autres projets sont en cours mais c’est un secret.

 Quelles sont vos références (auteurs et romans) en tant que lectrice ?

Je suis touchée par trois auteurs qui jamais ne me déçoivent : Alice Ferney, Laurent Gaudé et Carole Martinez. Un faible pour l’écriture belle et féminine d’Alice Ferney dans « Grâce et Dénuement ».

Comme il m’est d’usage de le faire, je vous laisse le mot de la fin.

Vive la vie !

 
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Publié par le 17 juillet 2019 dans Bouquins

 

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Tête à tête virtuel avec Alexandra Coin et Erik Kwapinski

Alexandra & Erik

Liens vers mes chroniques :

Entraves
La Voie Du Talion
Kiaï

Bonjour à vous deux et merci d’avoir accepté ce tête-à-tête virtuel.

Commençons par le commencement, pourriez-vous vous présenter en quelques mots et nous expliquer comment vous en êtes venus à l’écriture ?

Bonjour Lord Arsenik et merci de nous avoir laissé un espace d’expression supplémentaire sur ton blog. Pour répondre à cette première question, on n’en est pas vraiment « venus » à l’écriture, dans le sens où l’écriture a toujours fait partie de notre vie, comme la lecture. On ne s’est pas dit non plus un jour : « Tiens, si on écrivait un roman ? » En fait, on a couché certains mots pas écrit parce qu’ils avaient besoin de sortir. Ces petits papiers se sont étoffés jusqu’à devenir un premier roman : Entraves et La Voie du Talion, écrits presque parallèlement.

Alexandra, tu es la première à t’être lancée dans l’aventure littéraire avec Entraves, un roman psychologique particulièrement intense et abordant des thématiques graves ; pas vraiment le chemin d’accès le plus aisé. Pourquoi ce choix ?

L’écriture d’Entraves a été proprement thérapeutique. J’ai écrit ce roman a un tournant de ma vie, une période où j’avais besoin de me libérer d’un poids très lourd, de crier ma colère face au monde et à l’homme, face à de nombreux dysfonctionnements de la société et du cerveau humain aussi. C’est un roman de la libération et de la révolte. J’ai suivi le seul chemin qui s’offrait à moi à ce moment-là. Il est vrai que ce n’était pas le plus aisé. Difficile après Entraves de passer à un autre roman…

Erik a ensuite rejoint l’aventure pour l’écriture de La Voie Du Talion puis de Kiaï ; comment vous organisez-vous pour écrire un roman à quatre mains ?

On ne s’organise pas, les choses se font naturellement. Il n’y a ni règles ni contraintes. Nous écrivons souvent des chapitres séparément et passons beaucoup de temps ensuite à les relire ensemble, à débattre autour d’un mot, d’une idée, perçus différemment par chacun. Quelquefois, nous écrivons à deux un paragraphe. On peut passer une heure à réfléchir sur la manière dont nous interprétons chacun ce paragraphe ou un mot dans le texte. Nous échangeons beaucoup sur notre ressenti de lecteur. Car justement, écrire à deux, c’est être auteur, mais aussi lecteur. Nous avons un autre rapport au texte. Un certain recul. C’est très enrichissant. Surtout du point de vue de la fusion de la pensée en images de l’un vers la pensée littérale de l’autre…

Le choix du thriller, un genre que j’affectionne tout particulièrement, vous est venu naturellement ou a-t-il fait l’objet de longs conciliabules ?

Nous, cela s’est fait naturellement. Le thriller est un genre qui offre encore un large espace de liberté et qui permet surtout de proposer un regard critique sur le monde et l’homme, sans pour autant que cela devienne un essai. Donc accessible au plus grand nombre.

En achevant La Voie Du Talion saviez-vous d’ores et déjà que Fabrice, Taisho et Zoé allaient se retrouver pour une nouvelle aventure ?

Nous avions du mal à quitter ces personnages et à les laisser à leur sort à la fin de La Voie du Talion… Des lecteurs nous ont également demandé une suite. Nous avions commencé à rédiger Kiaï à partir de l’histoire de Marie et de Gabrielle à l’orphelinat. Puis de Wolff. Fabrice et sa bande se sont alors pointés à l’improviste, sans attendre d’invitation !

Vos romans abordent des thématiques d’actualité et pointent du doigt certaines dérives de notre société contemporaine ; d’une façon générale, où puisez-vous votre inspiration ?

Dans le quotidien, en observant le monde et les hommes, en lisant (beaucoup) et sur tous les sujets. Le cinéma est une grande source d’inspiration aussi. Certains nous ont dit que notre écriture est assez cinématographique. Ce n’est certainement pas faux… En réalité, il s’agit moins « d’inspiration » que d’expiration consécutive à l’étouffement de tous ces carcans de normes polymorphiques que cherche à imposer la société du politiquement correct…

Divertir le lecteur tout en l’amenant à se poser des questions (voire à se remettre en question) ; c’est la finalité de votre travail ou un bonus appréciable ?

L’écriture est en effet une forme d’engagement pour nous. C’est est une arme de défense. On ne se verrait pas écrire un « feel-good book » juste pour divertir ou bien choisir des thèmes dans l’air du temps pour « vendre » !

Comment se passe une journée type quand vous décidez d’écrire ? Vous êtes plutôt adeptes d’une ambiance monacale ou au contraire il vous faut du bruit et du mouvement pour vous motiver ?

Nous détestons l’un comme l’autre les règles, la rigidité d’un cadre, les contraintes matérielles. Donc pas de journée type. En revanche, calme absolu pour Erik. Pour Alex, c’est plus variable…

Avez-vous d’autres projets littéraires en commun (ou même individuellement) ? Si oui, pouvez-vous nous en dire quelques mots ou est-ce encore trop tôt pour en parler ?

Nous souhaitons aborder le thème de la disparition volontaire. Que des hommes ou des femmes décident un jour de disparaître volontairement pour se reconstruire une vie, abandonnant leurs proches et leur identité, cela nous fascine. Et ça pose de sacrés questions sur les contraintes qui pèsent sur nous au quotidien. La société présente ne nous offre-t-elle pas d’autres possibilités de repartir à zéro que de changer d’identité et tout plaquer ? Un dépôt de bilan imputable à une ponction vitale quotidienne…

En tant que lecteurs, quelles sont vos références (auteurs et romans) ?

Elles sont vraiment trop diversifiées pour en faire un catalogue. Nous lisons beaucoup de thrillers, mais pas exclusivement… Des essais aussi, des articles scientifiques… Plutôt que de citer nos auteurs incontournables, c’est peut-être l’occasion de faire partager notre découverte de la semaine pour des auteurs qui nous étaient inconnus et qui méritent qu’on s’y intéresse : Le chien rouge de Philippe Ségur. Également, de Kenneth Cook, Le vin de la colère divine et Cinq matins de trop.

Comme à l’accoutumée, je vous laisse le mot de la fin.

En ce moment, on aurait envie d’adresser un petit mot aux personnes qui liront ce texte en leur disant de prendre des risques en osant découvrir des auteurs différents, pas forcément sous les projos des médias ou des réseaux sociaux. D’oser aborder aussi des thématiques peut être un peu moins conventionnelles. Le monde du thriller tourne quelquefois en rond, avec des sujets et personnages récurrents. Pour notre part, on a bien envie, et de plus en plus, de proposer autre chose. Nous espérons que les lecteurs suivront et sauront se montrer curieux.

 
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Publié par le 17 septembre 2018 dans Bouquins

 

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Tête à tête (virtuel) avec Céline Barré

J’ouvre le bal de mes tête à tête (virtuels) en compagnie de Céline Barré qui vient de publier son troisième roman, qui est aussi le troisième opus d’une série qui mérite bien son nom, Les Farfelus. Des personnages hauts en couleurs et des situations des plus rocambolesques vous attendent… pour le plus grand plaisir de vos zygomatiques !
Pour l’anecdote il faut savoir que Céline fait partie des premiers auteurs auto-édités que j’aie lu, comme beaucoup d’autres j’ai longuement hésité avant de franchir le cap de l’auto-édition qui traîne tel un boulet une mauvaise réputation. C’est Sébastien Tessier et son roman X qui m’a amené à revoir mon jugement, depuis j’ai fait énormément de belles découvertes (que je me fais un plaisir de partager ici), Céline et ses farfelus font incontestablement partie de ces belles surprises.
Honte à moi d’avoir attendu un troisième roman avant de lui donner la parole !

Céline Barré – Les Farfelus
Quel Pétrin !
Péril Au Fournil !
Le Vieux Qui Voulait Tuer Le Président

Bonjour Céline.
Merci d’avoir accepté ce tête à tête virtuel.

Bonjour Fred, merci à toi pour ce tête à tête.

Pour une fois je ne te demanderai pas de te présenter, ni de nous expliquer comment t’es venue l’envie d’écrire. Tu en parles très bien sur ton wixsite, j’invite de fait les lecteurs à aller y jeter un oeil.

Tu abordes aussi la question de l’auto-édition sur ton site, aujourd’hui pour toi, être auto-éditée c’est un choix délibéré ou plutôt une fatalité faute de mieux ?

Aux prémisses, c’était une fatalité, je souhaitais vivement être « repérée » par un éditeur. Et puis, avec le succès de mon premier roman, j’ai été en contact avec trois éditeurs. J’ai compris le poids du comité de lecture dans le choix final, ce qui est lié à l’uniformisation de la littérature aujourd’hui. Les éditeurs ont un business model, il faut que ton roman entre dans le moule, dans le cas de Quel Pétrin, on lui a reproché d’être trop ironique et là, j’ai compris que si d’aventure un éditeur me publiait, je perdrais ma liberté d’expression. J’ajoute que les effets de mode ont vocation à disparaître et qu’il est stupide de la part d’éditeurs de vouloir les suivre tels des moutons.

Aujourd’hui, presque deux ans après la sortie de mon premier roman, j’ai la conviction que l’auto édition est meilleure pour moi car je décide de tout, j’endosse les succès comme les échecs et même si parfois je me dis que mes romans seraient du meilleur effet en librairie, je n’ai pas de regrets. Mon but premier était de faire rire les gens et de ce côté-là, je sais que je l’ai atteint ; j’ai une belle collection de mails de lecteurs qui me le prouvent.

L’auto-édition implique une certaine polyvalence, tu assures tout de A à Z seule ou tu es bien entourée pour t’aider au fil des différentes étapes de la vie d’un livre ?

Je déteste déléguer alors plus je serai à même de porter des casquettes différentes, plus je serai satisfaite. J’écris seule, bien sûr, je ne suis pas le Paul Loup Sulitzer de l’auto-édition. Ensuite, j’ai maintenant des amis auteurs sur lesquels je peux compter pour faire la bêta lecture de mes romans, j’ai même un lecteur qui s’est proposé et qui a relu Le vieux qui voulait tuer le président. Il m’a fait des remarques judicieuses, que j’ai suivies. Pour ce qui est de la couverture, étant très peu douée en informatique, c’est mon compagnon qui s’en occupe mais je lui explique ce que je souhaite, on travaille ensemble, et on dit banco quand on est d’accord tous les deux. Pour ce qui est de ce point en particulier, je suis lasse d’être si mauvaise face à une image qu’il faut retoucher et j’ai commencé à bidouiller des visuels publicitaires avec Gimp, je mets trois heures pour faire un truc qu’il fait en deux minutes mais c’est un aspect du travail d’auto-éditeur qui m’intéresse.

Pour finir, il est important pour nous de tenter de fidéliser notre lectorat, ce qui commence par animer notre page auteur sur Facebook et faire croître notre liste de diffusion. Les lecteurs ne se rendent pas tous compte de l’importance qu’ils ont pour nous : s’ils sont au rendez-vous pour la sortie d’un livre, ils peuvent vraiment lui donner un coup de pouce salvateur, s’ils sont aux abonnés absents, c’est plus dur.

Amazon ne prévient pas nos lecteurs de nos sorties, c’est là la différence la plus importante avec un auteur édité qui sait très bien que sa ME va orchestrer une campagne de communication pour la sortie de son nouveau roman.

Une dernière question concernant l’auto-édition, comment ça se passe entre auteurs indépendants ? Solidarité ou compétition ?

J’ai rencontré les deux cas de figure, notamment parce que j’avais inscrit mon premier roman au concours kindle 2015 et la compétition était vraiment pesante, l’état d’esprit de certains autres auteurs inscrits parfaitement abject. Par la suite, les choses se sont tassées, j’ai appris à compter mes soutiens, j’estime être chanceuse, il y a des auteurs qui me soutiennent, qui apprécient mon travail et la réciproque est vraie. Certains indés sont très solidaires, d’autres la jouent plus perso, on voit vite à qui on a affaire finalement et puis j’ai appris à fermer ma grande bouche, c’est mieux pour tout le monde.

Comment définirais-tu ta série, Les Farfelus ?

Question ardue. Au départ j’avais la vision d’une série, d’ailleurs le projet de départ était voué à devenir une série TV, ça ne s’est pas fait et je me suis dit que j’avais tellement travaillé que je ne pouvais pas laisser tout cela en plan, j’ai donc pris mon synopsis et écrit Quel Pétrin !

Après le deuxième (Péril au Fournil !), j’ai compris que je ne parvenais pas à me défaire de mes persos, pour te donner un exemple, j’ai pleuré quand j’ai eu terminé ce deuxième roman. Je ne voulais pas continuer à évoluer dans le même univers mais j’avais l’impression que mes personnages avaient encore des aventures à vivre, donc j’ai commencé Le vieux qui voulait tuer le président. Comme je ne fais aucun plan, ils me surprennent moi-même donc je ne me lasse pas d’eux.

Où puises tu ton inspiration pour nous offrir des personnages et des intrigues aussi farfelus ?

Le plus souvent j’écris et je ne suis pas satisfaite d’un rebondissement par ex et je fais autre chose : je vais nager, je me promène avec ma chienne enfin bref, je lâche l’ordi et là, je suis comme frappée par la foudre, une idée s’impose. Ou bien le matin au réveil.

Quand tu écris comment se déroule une journée type ? Tu es dans ta bulle ou tu parviens à faire plusieurs choses à la fois ?

Je n’ai aucune discipline, je déteste les contraintes donc j’écris si j’en ai envie. Pour écrire, c’est simple, je suis une vraie mémère : assise sur le canapé, le portable sur les genoux et ma chienne qui dort à côté de moi. Quand il fait froid : un plaid pour bien peaufiner le look mémère et le tour est joué ! Je n’écris jamais le matin car je ne suis pas du matin, j’écris l’après-midi quand je suis chez moi.

Est-ce que tu as d’autres projets littéraires en cours ?

Oui, j’ai environ 25 débuts de romans, 48 idées par jour mais rien de super arrêté. Je sais que mes lecteurs aimeraient bien un 4ème volet aux Farfelus, je ne dis pas non, d’autant que j’ai eu une super idée de titre la semaine dernière (tu vois, l’inconscient n’en fait qu’à sa tête !). En gros, si je tente un 4ème épisode, je vais le placer dans la continuité du vieux, la boulangère commençait à me casser les pieds mais j’ai l’impression que je pourrai ne jamais en avoir fini avec cette série. Or je sais très bien que souvent dans les séries, il y la saison de trop, je ne voudrais pas tomber là-dedans.

Quelles sont les références (auteurs et romans) de Céline la lectrice ?

Beaucoup de classiques pour commencer, les Russes et Stendhal, De Beauvoir et dans les contemporains, David Lodge, Bill Bryson, tous les bouquins de Jean-Paul Dubois. J’en oublie plein, j’ai découvert Franck Bouysse il y a peu et j’ai été très emballée. Mes goûts sont très éclectiques ; enfin sauf pour la romance de type Harlequin, plutôt crever que de lire ça !

Comme j’ai coutume de le faire, je te laisse le mot de la fin.

Je ne sais pas trop conclure, si nous n’étions pas dans le virtuel mais dans la vraie vie, je te dirais sûrement « ressers-moi un verre, à ta santé, Fred. »

Puisque nous ne pouvons pas trinquer, je vais très banalement te remercier de faire tout ce que tu fais pour les auteurs indés et pour moi, c’est-à-dire lire mes romans dès que je te les envoie. Et sache que j’apprécie tes chroniques car elles sont toujours très argumentées et bien fichues. Tu es un des meilleurs blogueurs que je connaisse.

 
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Publié par le 8 mars 2017 dans Bouquins, Coups de coeur

 

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Tête à tête (virtuel) avec Morgan of Glencoe

Ma chronique de Si Loin Du Soleil

Bonjour Morgan,
Bonjour Mylord !

Merci d’avoir accepté ce tête à tête virtuel.
Merci de me l’avoir proposé !

Pour commencer peux tu nous dire qui se cache derrière ce pseudonyme ? Et comment es tu venu à l’écriture ?

Je veux bien, mais je vais avoir du mal… Parce que ce n’est pas un pseudonyme. C’est mon vrai nom. Tronqué.

Bon d’accord j’arrête de taquiner. Je m’appelle donc Morgan (prononcer -ane à la fin, merci !) et j’ai 28 ans. Je viens du pays de Porhoët, en Bretagne, et, heu, je suis un animal nocturne à poils longs.

Pour l’écriture… c’est l’une des nombreuses formes que j’utilise pour raconter des histoires. J’adore raconter des histoires, donc je le fais tout le temps : en chantant, en contant, en écrivant, même en enseignant. Mon premier public – fort généreux – a été mon petit frère, à l’âge précoce mais décidé de deux ans. J’en avais quatre. J’ai commencé comme ça, et j’ai jamais arrêté.

Pourquoi avoir fait le choix de l’auto-édition ?

J’ai pas vraiment choisi l’auto-édition. Et il n’est pas exclu qu’un jour LDG trouve sa place ailleurs que chez les auto-édités. Mais cette histoire méritait d’être racontée, elle devait être racontée, et le monde de l’édition est… lent. Et un peu frileux quand il s’agit d’histoires atypiques comme Si loin du Soleil. Donc, voilà.

Auto-édition ne signifie pas forcément travail en solo, qu’en est-il pour toi ?

Pour moi, on est dans le pas du tout solo, en fait. Bon, soyons clairs. Sans moi, pas de LDG du tout. J’ai créé l’univers, les personnages, le scénario, et écrit le livre. Mais je n’ai pas fait ça dans mon coin. J’ai une équipe de bêta-lecture de choc, chacun(e) avec un rôle précis, dont les critiques et les commentaires apportent toujours beaucoup d’eau à mon moulin. J’ai travaillé avec Elen Brig Koridwen, qui a relu et corrigé le livre et fait dessus tout un travail d’accompagnement éditorial bénévole, et une grosse partie de la communication, ce qui est formidable. Et, last but not least, mon ami Laurent Miny, illustrateur professionnel et accessoirement bêta-lecteur aussi, a réalisé la (magnifique) couverture.

Comment définirais tu ton roman, Si Loin Du Soleil ?

Ça, c’est une question piège  ! J’en sais rien, à dire vrai. C’est Si loin du Soleil. Ça parle de tolérance et d’amitié, de musique et de magie, de rencontres et de désillusions. Ça parle de l’existence, et de la vie, de l’indépendance et de la responsabilité. Ça parle aussi un peu d’amour, et de mort. C’est une histoire pour rire et pour pleurer, et pour passer un moment avec des personnages qui, peut-être, ont quelque chose à vous dire. Et si vous croyez que les choses sont pires dans le monde de la Dernière Geste que dans le nôtre… Vous êtes privilégié.

D’où t’es venue l’idée d’un univers qui mêle uchronie et fantasy ? Et plus généralement où puises tu ton inspiration ?

Dans l’eau de la Source Perdue, celle qui coule à l’envers à l’ombre de 7 noisetiers… ah, non, pardon, ça c’est la Geste Arthurienne. Plus sérieusement, la réponse est : partout. La Dernière Geste est née en regardant ma meilleure amie assise sur une chaise de bar. J’ai tendance à observer. Les gens, les choses, le monde. J’aime rencontrer les êtres vivants, les laisser me parler de leur vie, et dans ces vies, souvent, je trouve quelque chose à laquelle rendre hommage. Beaucoup de personnages de LDG sont inspirée d’une ou plusieurs personnes que je connais, bien, mal, que j’apprécie ou non. Des choses qu’on m’a racontées, des vérités qui font mal (qui a dit “Blackfish” ?) et puis voilà. Ça se transforme, dans ma tête, et ça devient une histoire.

Commencer par une saga est un choix ambitieux, peux tu nous dire combien de tomes comptera La Dernière Geste ?

Tout dépend si j’arrive à faire tout ce que je veux, ou non. Le cycle principal durera 5 tomes, plus un sixième un peu spécial, mais indépendant. Mais j’adore mes personnages, j’ai du mal à laisser ceux qui ne jouent dans le cycle principal qu’un rôle secondaire, ou bref, sans une véritable histoire à eux. C’est pourquoi, en plus du cycle principal, La Dernière Geste comptera au moins un, et j’espère, plusieurs, préquels. Ceux-ci seront publiés sous forme de feuilletons sur Internet, au rythme d’un épisode par mois.

Le premier préquel, consacré à l’adolescence du futur Sir Edward Longway, est déjà en cours de publication, sur le site de la Dernière Geste .

As-tu déjà une trame toute tracée pour la suite, ou au contraire tu improvises au fil de l’écriture ?

Ça serait plus romantique que je vous dise que je me laisse porter par le flot de l’écriture, mais rien n’est moins vrai. J’écris de façon structurelle  : tout le scénario est dans ma tête, du moins, les grandes lignes de chaque tome, et le détail du tome en cours. Ça me permet de laisser mûrir chaque scène à son rythme dans ma tête et de la coucher sur le papier, directement à sa place, quand elle est prête.

Donc oui, je sais comment ça va continuer, se développer, et finir. Je sais où vont les personnages, par quoi ils vont passer, et à quel point ils vont changer. Ça arrive que je change des choses, mais c’est rare…

Peux tu nous donner quelques indices sur le second chant, Azurs & Aciers ?

Alors d’abord : le train. Une grosse partie d’Azurs & Aciers se passe dans la Rame 5, au milieu des Fourmis. Une autre, au Louvre. Deux autres lieux sont importants, mais ce serait du spoil.

Que puis-je vous dire encore ? Par rapport à Si loin du Soleil, qui est un tome très monolithique, très linéaire, et très statique, Azurs & Aciers est en opposition totale. Ça bouge dans tous les sens, on suit plusieurs intrigues en même temps, et c’est plus un grand huit survolté dont on se demande quand ça va exploser que l’espèce de ligne droite à l’issue fatale qu’est Si loin du Soleil.

C’est aussi un tome très, très émotionnel. On y traite des sujets douloureux, le deuil, le poids du choix, du pouvoir, de l’erreur.

Enfin, parce que je sais qu’ils ont des fans, c’est un tome où les personnages de Trente-Chênes, Levana, Aliénor et surtout Ren vont prendre beaucoup d’importance.

Comment se déroule une journée type quand tu écris ?

Terriblement jamais pareil. Je n’ai pas d’habitudes en ce qui concerne les horaires, les lieux, etc. Là par exemple, je suis dans un train, du coup j’écris. Je peux difficilement répéter mes morceaux de musique ici, alors ! Et j’ai un emploi du temps qui ressemble au Chaos d’Huelgoat, Je suis donc du genre adaptable. À peu de choses près, tant que j’ai mon ordi, je peux écrire.

En dehors de La Dernière Geste as-tu d’autres projets en tête ?

Yep ! Un roman épistolaire de capes & d’épées, sur le rôle d’espions que jouaient beaucoup de musiciens de cour à l’époque de Louis XIII, et une novella beaucoup plus modeste, très “tranche de vie”. Mais j’avoue que c’est un peu remis à “quand j’aurai le temps”.

Sauf erreur de ma part tu es aussi musicien, as-tu déjà songé à créer la « bande originale » de La Dernière Geste ? A défaut que conseillerais comme musique histoire de prolonger le plaisir ?

J’ai pas seulement songé. Elle existe. D’abord, trois chansons citées, Toutouig (la berceuse de la maman de Yuri), Wild Mountain Thyme (will ye go, lassie, go ?) et l’Air de Bach (Je ne veux pas me souvenir de cette scène.) sont tout à fait trouvables n’importe où sur le web ou en CD. Le groupe Clannad qu’écoute Ren au début du livre est aussi tout à fait réel, et super cool. Vous pouvez déjà écouter tout ça.

Quant aux chansons comme l’hymne des Rats, la comptine du chat perché ou encore la chanson que Bran chante à Yuri au vieil abri, et un certain nombre de chansons qu’on entendra dans le tome 2, c’est moi qui les ai composées, mais elles existent vraiment aussi, j’ai des partitions, des enregistrements… le tout de piètre qualité, hélas, mais il n’est pas exclu qu’un jour, un album officiel de la Dernière Geste voie le jour.

Quelles sont tes références (auteurs et romans) en tant que lecteur ?

Nombreuses et bordéliques. J’adore lire, je lis beaucoup, je lis tout le temps, du coup, ce serait dur de tout citer. Ceux et celles qui veulent s’amuser à chercher les très nombreuses références et clins d’oeils sont les bienvenus ! J’adorerai proposer, pour la sortie du tome 2, un concours autour de ça. Ce serait très drôle.

Par contre. Non, le nom de Bran n’est pas une référence à Games of Thrones. Je ne connaissais pas GoT quand j’ai commencé LDG. J’avais un héros irlandais en tête.

Comme à mon habitude, je te laisse le mot de la fin.

Si vous n’avez pas encore lu Si loin du Soleil, j’espère que vous aimerez. Lisez bien jusqu’à la dernière page, sans quoi vous pourriez manquer quelque chose d’important.

Si vous l’avez déjà lu, je donne tout ce que j’ai pour que le tome 2 soit à la hauteur de vos espérances. Je n’ai pas de réseau de diffusion, alors parlez-en, offrez-le si vous pouvez, et pour calmer votre impatience, rendez-vous sur ladernieregeste.com ou sur la page facebook. J’y mets régulièrement des informations bonus, je publie les fanarts qu’on m’envoie, et vous avez le préquel de Sir Edward à lire en attendant la suite des aventures de Yuri & co, donc… foncez  !

Et merci encore pour ce tête à tête !

 
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Publié par le 29 novembre 2016 dans Bouquins

 

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Tête à tête (virtuel) avec Frédéric Clémentz

Mes chroniques des romans de Fred :
Le Serment Du Passeur
Le 13e Cantique

Bonjour Fred.

Merci d’avoir accepté de te prêter à ce tête-à-tête virtuel.

Question rituelle pour commencer. Peux-tu te présenter en quelques mots et nous expliquer comment tu en es venu à l’écriture ?

J’ai 35 ans. Je suis blogueur, auteur et entrepreneur.

L’écriture de romans est arrivée comme une évidence. Je veux dire par là que beaucoup d’articles sur mon premier blog « Écrire et s’enrichir » étaient déjà conçus comme de petits scénarios. J’ai aimé partager ces informations concrètes. Et puis, derrière ces choses rationnelles que je proposais, mon imaginaire, lui, « travaillait » pour me diriger vers autre chose. De fait, un jour de novembre 2015, j’ai publié un article : « Faut-il tuer les petits garçons qui ont les oreilles cassées ? » Il a rencontré une belle audience. Ce jour-là, comme un déclic, j’ai eu envie d’écrire l’histoire d’un jeune homme malentendant. Je n’avais aucun scénario mais je savais que j’allais écrire mon premier roman. Six mois plus tard, « Le Serment du Passeur » sortait sur Amazon avec un beau succès.

Tu es un auteur indépendant, auto-édité, est-ce un choix délibéré ou plutôt une fatalité ?

C’est un choix totalement assumé pour une raison essentielle : aujourd’hui, l’auto-édition est un formidable moyen de faire entendre sa voix. C’est très motivant de savoir que l’on peut toucher des gens grâce à ce principe du livre numérique. Il faut savoir que le nombre de manuscrits reçus chaque année par les maisons d’édition traditionnelles est vertigineux. Votre chance d’être publié est donc infime. Aussi, devant cette saturation de manuscrits qui s’empilent chez les éditeurs (lesquels publient très rarement un auteur inconnu ou même peu connu), quelqu’un de consciencieux, bosseur et déterminé peut, grâce à l’auto-édition, se faire connaître.

Donc oui, être un auteur indépendant et auto-édité est, du moins pour moi, un choix totalement délibéré.

L’auto-édition peut parfois ressembler à un parcours du combattant, tu assures tout le travail en solo (de l’écriture à la mise en vente, en passant par la promo, le marketing…) ou tu bosses avec une équipe ?

Je suis de ceux qui pensent qu’on ne peut pas être efficace et compétent dans toutes les étapes qui jalonnent la vie d’un livre. Et puis, quelle sérénité d’être bien entouré. Pour cette raison je travaille avec des relecteurs, correcteurs, graphistes, une attachée de presse ou encore d’autres auteurs.

Dès ton premier roman, Le Serment du Passeur, j’ai été impressionné par ton style, on sent que tu écris avec le cœur, les tripes et l’âme ; est-ce ton style d’expression naturel ou le résultat d’un gros travail d’écriture ?

Le rapport émotionnel avec le lecteur est pour moi, la priorité absolue. Aussi, écrire avec le cœur et le ventre est capital mais à condition de canaliser ce qui va jaillir de soi.

C’est là que le gigantesque travail de l’écriture intervient. Finalement, écrire c’est vouloir gravir une montagne qui, souvent, nous paraît impossible à dompter. Donc, pour y parvenir, il faut marcher avec patience, précision, humilité. C’est un chemin initiatique l’écriture. On doit tomber, se relever, tomber à nouveau et repartir. C’est à ce prix-là que le texte va naître avec une colonne vertébrale. Sans cette colonne, le lecteur va se perdre et vous abandonner sur le bord de la route.

Déjà avec Le Serment, tu sortais des sentiers battus, avec Le 13e Cantique, tu vas encore plus loin ; pourquoi ce choix ?

Sortir des sentiers battus n’est pas, pour moi, un but en soi. Mon but, c’est d’essayer par le simple pouvoir de l’imagination de descendre, tel un spéléologue, au plus profond de l’âme humaine. Ou du moins, de l’idée que je m’en fais. C’est ce voyage-là qui m’intéresse. Un voyage d’explorateur, non de voyeur. Cette exploration des émotions me permet, bien sûr, d’inventer des histoires « connotées thriller psychologique ». Mais au-delà de la noirceur des personnages, cette exploration me fait aussi entrevoir la part de lumière cachée dans ces âmes dites irrécupérables. C’est cela que j’ai voulu raconter dans Le 13e Cantique. Alors oui, c’est un livre volontairement violent car il a en ligne de mire la rédemption, la tentative de rachat. Avant cette rédemption, suivre le chemin des ténèbres extrêmes est donc inévitable.

Question plus ou moins liée à la précédente, où puises-tu ton inspiration ?

C’est tout simple : en regardant notre monde (ou nos sociétés) et en l’écoutant. Un raconteur d’histoires est avant tout une éponge. Il s’imprègne de ce qu’il voit et entend.

Et c’est souvent impressionnant, déroutant, choquant. C’est aussi parfois sublime, et parfois terrifiant. J’utilise ici un cliché mais c’est vrai que chaque vie est, en soi, un roman. Je me contente donc de « cueillir » les émotions qui, chaque jour et partout, circulent autour de moi. Et puis, bien sûr, toute cette hémorragie d’informations à la télévision, dans la presse ou sur le Net est une source permanente d’inspiration. Lorsque j’ai « engrangé » une montagne de « bouts de vie », de visages, de comportements, alors commence le long et passionnant travail d’écriture.

Quand tu écris, comment se déroule une journée type pour toi ?

Avant d’écrire, j’ai souvent besoin de marcher sur un rythme assez soutenu pendant une heure environ. Ce « rituel », c’est comme si je massais mon cerveau avant l’effort. Après cette phase d’oxygénation des neurones, je m’enferme dans mon bureau. Là, j’écris pendant cinq heures, généralement l’après-midi. Pendant cette phase, j’écris beaucoup mais sans m’attacher au style. Je laisse seulement mon imagination galoper. À l’issue de ce travail, je sais que sur les 6 ou 7 pages écrites, seules 1 ou 2 seront conservées après relecture. Celle-ci intervient en soirée. Durant cette nouvelle phase de deux heures, je travaille aussi le style et « la vue d’ensemble » du texte. J’applique cette discipline de travail six jours par semaine.

As-tu déjà d’autres idées, plus ou moins abouties, pour tes prochains romans ?

Oui, absolument. J’écris actuellement un roman qui s’appellera « Le sang des Agriate », à paraître vers le mois de mars 2017. Cette histoire évolue dans l’univers de la satire, de la parodie et de l’humour noir. Nous sommes loin ici du Serment du Passeur et du 13e Cantique. On serait plutôt du côté des « Tontons flingueurs » et de ces ambiances délirantes à la Michel Audiard. Je trouve important de changer de couleur et de tonalité quand on écrit. Cela permet de découvrir et de faire découvrir d’autres routes, d’autres sensations.

Quelles sont tes références (auteurs et romans) en tant que lecteur ?

4 livres sont pour moi des références absolues tant ils sont fabuleusement écrits, et d’une puissance émotionnelle sidérante. Il s’agit de « Septentrion » de Louis Calaferte, « Bandini » de John Fante « La nuit, le jour et toutes les autres nuits » de Michel Audiard et « Le petit galopin de nos corps » d’Yves Navarre.

J’aime avant tout l’éclectisme dans mes lectures. Voici quelques auteurs que j’ai lus (et que je relis) avec gourmandise : Jean Giono, Frédéric Dard, Marguerite Duras, Fred Vargas, Jean Echenoz, Jules Renard, Henry Miller, les dialogues de films écrits par Michel Audiard…

Comme j’ai pris l’habitude de le faire lors de ces tête-à-tête, je te laisse le mot de la fin.

Mon mot de la fin, c’est déjà te remercier chaleureusement de m’avoir accordé cette tribune.

Ensuite, j’ai tout simplement choisi de faire parler cet écrivain génial qu’était Henry Miller. Ce qu’il écrit là est juste magnifique et tellement vrai : « Certains livres non seulement donnent une sensation de vie, entretiennent la vie, mais encore, à l’exemple de quelques rares êtres humains, augmentent la vie. »

Tout est dit, n’est-ce pas ?

 

Je profite de ce tête à tête pour remercier (encore une fois) Fred pour l’envoi de ses deux romans dédicacés.

 
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Publié par le 18 novembre 2016 dans Bouquins

 

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Tête à Tête (virtuel) avec Paul Clément

Mes chroniques des romans de Paul :
Les Décharnés
Creuse La Mort

Bonjour Paul.
Merci d’avoir accepté ce tête à tête virtuel.

Question rituelle pour commencer. Peux-tu te présenter en quelques mots et nous expliquer comment tu en es venu à l’écriture ?

En quelques mots, rien de plus simple. Je crois que pour le moment ma biographie, comme ma bibliographie d’ailleurs, tient facilement sur un post-it, tu sais celui que t’as dû en plus partager avec tes collègues. Bref, Paul, 24 ans, diplômé d’école de commerce, mais qui a décidé d’oublier un temps son beau diplôme pour s’essayer à l’aventure de l’auto-édition avec autant de professionnalisme que possible. Je devrais ajouter fan de zombies, mais ce serait un pléonasme pour ceux qui me connaissent déjà.
Pour ce qui est de l’écriture, j’ai toujours aimé écrire, et c’est même au collège que j’ai commencé mon premier projet de roman. Bien sûr, ça n’a pas été bien loin, mais l’envie était déjà là. Par la suite, au lycée, j’ai participé à des forums de RP fantastique et de fantasy, avant, un soir, alors que je venais d’intégrer mon école de commerce, de commencer à écrire par hasard le début de Les Décharnés.

En plus de l’écriture tu es aussi fondateur / administrateur / animateur du site Myzombieculture ; d’où te vient cette passion pour les zombies ?

Un attrait certain pour le morbide , le gore et l’humour horrifique, une fascination pour le post-apocalyptique, et une anecdote : l’achat d’un coffret DVD que je pensais mal étiqueté de la trilogie des morts de Romero. Depuis , j’ai dévoré du zombie à toutes les sauces et je continue à trouver mon compte dans cette culture bien plus riche qu’on pourrait le croire.

Sans surprise ton premier roman, Les Décharnés, est justement une histoire de zombies, mais tu as réussi à te démarquer dans un genre pourtant prolifique ; quelle est, selon toi, la recette miracle pour éviter de se retrouver noyé dans la masse ?

Je ne sais pas s’il y a une recette miracle, mais, dans mon cas, je ne pense pas avoir écrit l’histoire de zombies la plus originale qui soit, il faut être honnête. J’ai davantage cherché l’originalité dans le décor et le héros car le récit reste avant tout un survival post-apo plutôt classique (mais efficace a priori vus les retours que j’ai pu avoir !). Pour moi, l’originalité vient de la localisation de l’intrigue, d’abord en France et surtout en Provence, d’où je suis originaire, ainsi que du héros. Avec Patrick, pas de beau gosse sauveur de l’humanité à la Brad Pitt… plutôt un homme simple qui plus est agriculteur. Mais pour sortir du lot, beaucoup d’auteurs s’amusent en revanche avec la figure du zombie en lui conférant d’autres caractéristiques, en le réhumanisant par exemple (ce à quoi je n’adhère pas toujours…). Et c’est ce qui est bien avec le zombie ; c’est une figure très riche qui permet de faire beaucoup de choses et de nombreux artistes l’ont compris même s’il y a encore parfois un certain dédain pour ce monstre de notre imaginaire collectif.

Avec ton second roman, Creuse la Mort, tu quittes ta zone de confort, tout en restant dans le registre fantastique / horrifique ; pourquoi ce choix ?

Tout simplement parce que je n’avais pas envie de me cantonner à écrire du zombie. Les Décharnés était ma pierre à l’édifice zombie, je ne comptais pas bâtir tout une aile du bâtiment à moi tout seul. Je voulais faire autre chose, de plus surprenant, amené de manière différente. Après, pour ce qui est du choix de l’horreur, disons que j’avais envie de lorgner du côté de Stephen King, mais mes futurs projets sont encore bien différents et dans un autre genre.

Quand tu écris, comment se déroule une journée type pour toi ?

Quand j’ai écrit Les Décharnés, j’écrivais le soir et la nuit après les cours. Ça a un peu changé avec Creuse la Mort où j’ai commencé à écrire dans l’après-midi ce dont j’étais incapable avant. À présent, j’essaie de consacrer plusieurs heures par jour à l’écriture, mais il est parfois dur de se couper du reste et notamment des réseaux sociaux quand, en plus, en tant qu’auto-édité, on est également obligé de faire soi-même la promo de ses ouvrages. Mais globalement, j’essaie de me fixer un objectif de 1500 à 2000 mots par jour. Parfois j’y arrive, parfois non.

Où puises-tu ton inspiration ?

Contrairement à d’autres auteurs, je ne suis pas un bourreau de travail. Ce que je veux dire c’est qu’il est rare que je réécrive des passages entiers , ça vient comme ça vient et c’est souvent la version que je garde (sans parler des corrections évidemment). C’est ce que j’aime dans l’écriture, c’est un exercice spontané qui va puiser un peu partout. Après dans le cas de Les Décharnés, j’imagine que j’ai forcément été influencé par tout ce que j’ai pu lire dans le genre zombie.
Ensuite, c’est peut-être mon côté extrémiste-bio (comme s’amusent à m’appeler certains de mes amis parce que je suis végétarien) qui ressort, mais la Nature est quelque chose qui m’inspire pas mal aussi. Je trouve qu’elle a quelque chose de sublime, et le sublime est justement une thématique fortement traitée dans Les Décharnés.

As-tu déjà d’autres projets de romans ? Si oui, peux-tu nous en dire davantage ?

Bien sûr. Actuellement je travaille sur mon troisième roman que j’espère pouvoir sortir début 2017 sous forme d’épisodes, mais je ne m’engage à rien pour le moment. C’est le projet le plus important que j’ai porté, c’est donc beaucoup de boulot, notamment en terme de narration puisque j’ai abandonné la première personne pour la troisième, au profit d’une galerie de personnages plus riche. C’est une saga qui s’intitulera Les Orphelins de Windrasor. Je ne peux pas trop en dire sur l’histoire, mais elle se déroulera dans un monde fictif avec une ambiance dix-neuvième siècle et quelques éléments de fantastique, mais pas de prophétie à la mords-moi-le-noeud, vous êtes prévenus.

Quelles sont tes références (auteurs et romans) en temps que lecteur ?

Même si j’ai encore beaucoup de ses romans à lire, Stephen King est un auteur que j’aime beaucoup. Je pense que Simetierre m’a pas mal influencé pour l’ambiance de Creuse la Mort. Ma nouvelle Talis qui a récemment été publiée est aussi un peu inspirée par le film Stand by Me qui est justement l’adaptation d’une nouvelle du maître. Après, j’ai lu énormément de romans de zombies et j’ai vraiment beaucoup aimé la saga Ennemis de Charlie Higson. J’espère écrire quelque chose du même calibre avec mes petits orphelins.

Comme j’ai pris l’habitude de le faire lors de ces tête à tête, je te laisse le mot de la fin.

Le mot de la fin sera donc pour ceux qui pourraient avoir certains préjugés quand on parle de zombies. Alors oui, le genre compte un nombre incalculable de navets et de choses médiocres, mais croyez quelqu’un qui s’est passionné pour ce genre : prenez un peu de temps, parcourez MZC par exemple et vous trouverez des œuvres qui, j’en suis sûr, auront bien plus que du mordant pour vous !

 
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Publié par le 9 novembre 2016 dans Bouquins

 

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Tête à tête (virtuel) avec Sara Greem

Publicité Pour Adultes
Tome 1
Tome 2
Tome 3

Bonjour Sara.
Merci d’avoir accepté ce tête à tête virtuel.

Merci à toi cher Lord de me donner l’opportunité de me confier.

Question rituelle pour commencer. Peux tu te présenter rapidement et nous expliquer comment t’es venue l’envie d’écrire ?

J’ai commencé par être une très grande lectrice et une traductrice assidue avant d’entamer le travail d’écriture. J’ai appris à lire à 5 ans les panneaux publicitaires avant de m’intéresser aux lettres classiques. J’ai traduit des textes en latin et grec ancien avant de m’atteler à la lecture d’un style particulier : la Fantasy. Puis à l’adolescence, « je suis tombée amoureuse » de Morten Harket, le chanteur du groupe A-HA (please ne riez pas…), et chaque lundi j’écrivais des histoires fantasques à son propos que je distribuais tous les vendredis aux copines. Voilà comment l’aventure commença…

Pourquoi avoir choisi de commencer par un genre méconnu ou mésestimé : l’érotisme ?

UN PARI !! J’ai écrit la trilogie « Publicité pour adultes » (qui au début se nommait la trilogie X//MARKS) car des amis m’ont lancé le fol pari d’écrire une romance érotique. Etant de nature très, mais très têtue, j’ai relevé le challenge ! Mais à certaines conditions…

Je le répète souvent au fil de mes chroniques : Publicité Pour Adultes est un roman érotique mais pas que et bien plus que ça ; comment le définirais-tu si tu devais nous le vendre ici et maintenant ?

Je te remercie Lord…
Je définis la saga d’«  hybride » car elle traite divers sujets. Les amateurs de romance et d’érotisme peuvent le lire, mais il n’y a pas que ça. On me dit souvent que mon roman se présente comme un « cours de management romancé », car je décris ce qui pourrait se dérouler dans le monde de l’entreprise. Les jeunes cadres dynamiques l’apprécient grandement car j’explique les coups bas et les jeux de pouvoir entre les différents interlocuteurs. La trilogie est donc accessible à tout lecteur, à condition d’être très ouvert d’esprit, car les stupéfiants en choquent plus d’un. On me traite souvent de menteuse car la drogue n’existe pas en milieu d’entreprise. Je réponds toujours…Mais qu’en savez-vous ? Et moi-même en sais-je quelque chose ? Sans l’avoir vécu, il se pourrait bien…
J’ai tout de même la forte impression que la trilogie plaît davantage aux hommes…

Convaincre un éditeur de te suivre : promenade de santé ou parcours du combattant ?

Plutôt parcours du combattant car le milieu de l’édition est impitoyable. De plus, mes écrits interdits en ont arrêté plus d’un, malgré la forme qui a été très soignée durant de longues années.

Le milieu de la pub, tel que nous le décrit dans ton roman, réserve bien des surprises ; dirais-tu que c’est exagéré ou, au contraire, édulcoré par rapport à la réalité ?

C’est une excellente question… qu’en pensent les publards ? Je crois qu’ils me donneraient raison en spécifiant que certaines situations arrivent moins fréquemment. Mais elles existent bel et bien. Et même dans d’autres secteurs que celui de la publicité.

Publicité Pour Adultes peut se vanter d’avoir une vraie intrigue avec son lot de rebondissements, où trouves-tu ton inspiration et tes idées ?

Pour dire la vérité, je n’ai préparé aucun plan avant d’écrire la trilogie. Au départ, le pari n’impliquait qu’un seul livre. Puis j’ai remarqué que tout s’imbriquait et j’ai saisi l’occasion d’en écrire davantage. J’ai créé le concept des oursons en peluche car certaines sociétés offrent un cadre de travail « bisounours ». Or, le mot est protégé. J’ai regardé les peluches chez moi et j’ai éclaté de rire car j’allais leur donner le premier rôle. Je savais qu’il me fallait écrire sur un type pas forcément intéressant (Ian), une jeune femme coincée qui allait se révéler par la suite (Terry), une femme fatale, vénale et ambitieuse (Shirley), un déjanté de service (Jérôme), un salopard de première (dans ce cas il y en a deux, Conrad Russell et Rober Conival) et les copains sur qui on peut toujours compter (Paul et Patrick). L’inspiration a surgi selon mes humeurs du moment…
Je désirais créer un premier tome « léger et superficiel » afin de poser le cadre, et les deux derniers davantage axés sur la psychologie des personnages. Et hop ! L’inspiration est arrivée de manière très spontanée.

Comment se déroule une journée type quand tu écris ?

Tout se passe généralement le week-end ou lorsque je suis en vacances. Et là je vais passer pour une folle furieuse…mais tant pis puisque je ne veux pas faire semblant. Je me lève très, très tôt le matin. Soit je me rends au dojo pour m’y entraîner avec quelques autres fous du matin, ou je vais courir. Vers 7heures30, je rentre et je commence à nettoyer mon appartement après une bonne douche (suivie d’une douche écossaise). Je m’habille généralement en noir pour pouvoir écrire et je me fais une coupe guerrière (car il n’y a pas pire que les mèches qui viennent chatouiller le visage). Je précise que je ne peux absolument pas travailler dans un milieu sale et encombré. De plus, il faut que la pièce soit sombre (impossible d’écrire sur les terrasses en plein soleil). Le travail d’écriture commence donc avec un bol de chicorée (je ne bois jamais de café) et une peluche sur les genoux (c’est généralement la même : Doonalyen Targaryen). J’écris jusqu’à environ 14 heures puis je prends mon lunch et je pars à la sieste (comme les enfants). Après avoir dormi durant 2 ou 3 heures, je me lève et je me remets à écrire (toujours avec la même peluche sur les genoux).
Le soir venu, mon compagnon rentre du travail ou de ses activités et voyant mes yeux explosés et mon expression ahurie (car en levant la tête du PC, je ne sais plus ce qui est réel de ce qui est fictif), il me prépare à manger. Durant le week-end, étant une couche tard, je recommence à écrire aux alentours de minuit jusqu’à tard le matin. Je sais que mon rythme est vraiment « bizarre » mais j’y ai trouvé mon compte.

Quels sont tes projets (littéraires ou autres) pour l’avenir ?

Je souhaiterais créer les spin off de la trilogie. Des nouvelles de 100-150 pages sur chaque personnage secondaire mais important de la saga (Jérôme, Shirley, Paul, Patrick et…le père de Ian Riley). Mais afin de me changer les idées, je suis en train d’écrire une romance-historico- sensuelle, où il est question de prêtresses d’Avalon et d’un cavalier noir…

Quelles sont les références (auteurs ou romans) pour Sara, la lectrice ?

Mes premiers amours furent « Jocelyn » de Lamartine, « Salammbô » de Flaubert, « le Rouge et le Noir » de Stendhal pour ne citer que les principaux. Je suis une très grande fan des contes mythologiques gréco-romains, celtiques et vikings. D’où ma passion pour la Fantasy. J’ai dû lire une dizaine de fois « le seigneur des anneaux » de Tolkien, « les Neuf Princes d’Ambre » de R. Zelazny, les sagas d’ « Elric de Melnibonée, Hawkmoon, Corum, Erekosë et Van Bek » de M. Moorcock, « l’appel de Ctulhu » de HP Lovecraft ainsi que toutes ses oeuvres. La saga « Abarat » et « le voleur d’éternité » de C. Barker. Mais je m’inspire aussi des auteurs SF (principalement Philip K. Dick. D’ailleurs le personnage de Jérôme Dicker vous dit quelque chose ?) et pour finir R.R. Martin avec ses 5 tomes de « Game of Thrones » que j’ai lus et relus déjà deux fois. Puis il y a le grand Bret (Bret Easton Ellis) et ses écrits déjantés (mon maître absolu).
Parmi mes amis auteurs, voici mes références : Yéléna Cillis, Marina Ferrey, Nana Jam, Kay Saint-Georges, Emilie Perin, Jess Swann, Claire Delille, Erika Sauw, Julien Delhorne, Ena Fitzbel, Azel Bury, Gina Dimitri, Selma Bodwinger, Claire Casti di Rocco, Virginie Vanos, Michel Tessier, A.J. Orchidéa, Tony Vellone, Jeff Bergey et tant d’autres à venir que je découvre chaque semaine.

Comme j’ai coutume de le faire, je te laisse le mot de la fin.

Je souhaite tout d’abord te remercier, Lord Arsenik, de m’avoir chroniquée et d’avoir compris le message que je souhaitais faire passer. Je décris tout de même le monde du travail et toutes ses déviances en premier lieu, malgré le fait que les situations soient fictives. Puis, je remercie tous les lecteurs qui me donnent « ma chance » et les auteurs et poètes qui partagent mon quotidien. Enfin, je remercie particulièrement mon éditeur qui m’a donné la chance énorme d’être publiée, malgré le côté « interdit » de mes ouvrages. Et merci à la VIE et à tous ses magnifiques cadeaux ! Pourvu que cette aventure dure très longtemps !

 
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Publié par le 10 octobre 2016 dans Bouquins

 

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