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Tête à tête (virtuel) avec Céline Barré

J’ouvre le bal de mes tête à tête (virtuels) en compagnie de Céline Barré qui vient de publier son troisième roman, qui est aussi le troisième opus d’une série qui mérite bien son nom, Les Farfelus. Des personnages hauts en couleurs et des situations des plus rocambolesques vous attendent… pour le plus grand plaisir de vos zygomatiques !
Pour l’anecdote il faut savoir que Céline fait partie des premiers auteurs auto-édités que j’aie lu, comme beaucoup d’autres j’ai longuement hésité avant de franchir le cap de l’auto-édition qui traîne tel un boulet une mauvaise réputation. C’est Sébastien Tessier et son roman X qui m’a amené à revoir mon jugement, depuis j’ai fait énormément de belles découvertes (que je me fais un plaisir de partager ici), Céline et ses farfelus font incontestablement partie de ces belles surprises.
Honte à moi d’avoir attendu un troisième roman avant de lui donner la parole !

Céline Barré – Les Farfelus
Quel Pétrin !
Péril Au Fournil !
Le Vieux Qui Voulait Tuer Le Président

Bonjour Céline.
Merci d’avoir accepté ce tête à tête virtuel.

Bonjour Fred, merci à toi pour ce tête à tête.

Pour une fois je ne te demanderai pas de te présenter, ni de nous expliquer comment t’es venue l’envie d’écrire. Tu en parles très bien sur ton wixsite, j’invite de fait les lecteurs à aller y jeter un oeil.

Tu abordes aussi la question de l’auto-édition sur ton site, aujourd’hui pour toi, être auto-éditée c’est un choix délibéré ou plutôt une fatalité faute de mieux ?

Aux prémisses, c’était une fatalité, je souhaitais vivement être « repérée » par un éditeur. Et puis, avec le succès de mon premier roman, j’ai été en contact avec trois éditeurs. J’ai compris le poids du comité de lecture dans le choix final, ce qui est lié à l’uniformisation de la littérature aujourd’hui. Les éditeurs ont un business model, il faut que ton roman entre dans le moule, dans le cas de Quel Pétrin, on lui a reproché d’être trop ironique et là, j’ai compris que si d’aventure un éditeur me publiait, je perdrais ma liberté d’expression. J’ajoute que les effets de mode ont vocation à disparaître et qu’il est stupide de la part d’éditeurs de vouloir les suivre tels des moutons.

Aujourd’hui, presque deux ans après la sortie de mon premier roman, j’ai la conviction que l’auto édition est meilleure pour moi car je décide de tout, j’endosse les succès comme les échecs et même si parfois je me dis que mes romans seraient du meilleur effet en librairie, je n’ai pas de regrets. Mon but premier était de faire rire les gens et de ce côté-là, je sais que je l’ai atteint ; j’ai une belle collection de mails de lecteurs qui me le prouvent.

L’auto-édition implique une certaine polyvalence, tu assures tout de A à Z seule ou tu es bien entourée pour t’aider au fil des différentes étapes de la vie d’un livre ?

Je déteste déléguer alors plus je serai à même de porter des casquettes différentes, plus je serai satisfaite. J’écris seule, bien sûr, je ne suis pas le Paul Loup Sulitzer de l’auto-édition. Ensuite, j’ai maintenant des amis auteurs sur lesquels je peux compter pour faire la bêta lecture de mes romans, j’ai même un lecteur qui s’est proposé et qui a relu Le vieux qui voulait tuer le président. Il m’a fait des remarques judicieuses, que j’ai suivies. Pour ce qui est de la couverture, étant très peu douée en informatique, c’est mon compagnon qui s’en occupe mais je lui explique ce que je souhaite, on travaille ensemble, et on dit banco quand on est d’accord tous les deux. Pour ce qui est de ce point en particulier, je suis lasse d’être si mauvaise face à une image qu’il faut retoucher et j’ai commencé à bidouiller des visuels publicitaires avec Gimp, je mets trois heures pour faire un truc qu’il fait en deux minutes mais c’est un aspect du travail d’auto-éditeur qui m’intéresse.

Pour finir, il est important pour nous de tenter de fidéliser notre lectorat, ce qui commence par animer notre page auteur sur Facebook et faire croître notre liste de diffusion. Les lecteurs ne se rendent pas tous compte de l’importance qu’ils ont pour nous : s’ils sont au rendez-vous pour la sortie d’un livre, ils peuvent vraiment lui donner un coup de pouce salvateur, s’ils sont aux abonnés absents, c’est plus dur.

Amazon ne prévient pas nos lecteurs de nos sorties, c’est là la différence la plus importante avec un auteur édité qui sait très bien que sa ME va orchestrer une campagne de communication pour la sortie de son nouveau roman.

Une dernière question concernant l’auto-édition, comment ça se passe entre auteurs indépendants ? Solidarité ou compétition ?

J’ai rencontré les deux cas de figure, notamment parce que j’avais inscrit mon premier roman au concours kindle 2015 et la compétition était vraiment pesante, l’état d’esprit de certains autres auteurs inscrits parfaitement abject. Par la suite, les choses se sont tassées, j’ai appris à compter mes soutiens, j’estime être chanceuse, il y a des auteurs qui me soutiennent, qui apprécient mon travail et la réciproque est vraie. Certains indés sont très solidaires, d’autres la jouent plus perso, on voit vite à qui on a affaire finalement et puis j’ai appris à fermer ma grande bouche, c’est mieux pour tout le monde.

Comment définirais-tu ta série, Les Farfelus ?

Question ardue. Au départ j’avais la vision d’une série, d’ailleurs le projet de départ était voué à devenir une série TV, ça ne s’est pas fait et je me suis dit que j’avais tellement travaillé que je ne pouvais pas laisser tout cela en plan, j’ai donc pris mon synopsis et écrit Quel Pétrin !

Après le deuxième (Péril au Fournil !), j’ai compris que je ne parvenais pas à me défaire de mes persos, pour te donner un exemple, j’ai pleuré quand j’ai eu terminé ce deuxième roman. Je ne voulais pas continuer à évoluer dans le même univers mais j’avais l’impression que mes personnages avaient encore des aventures à vivre, donc j’ai commencé Le vieux qui voulait tuer le président. Comme je ne fais aucun plan, ils me surprennent moi-même donc je ne me lasse pas d’eux.

Où puises tu ton inspiration pour nous offrir des personnages et des intrigues aussi farfelus ?

Le plus souvent j’écris et je ne suis pas satisfaite d’un rebondissement par ex et je fais autre chose : je vais nager, je me promène avec ma chienne enfin bref, je lâche l’ordi et là, je suis comme frappée par la foudre, une idée s’impose. Ou bien le matin au réveil.

Quand tu écris comment se déroule une journée type ? Tu es dans ta bulle ou tu parviens à faire plusieurs choses à la fois ?

Je n’ai aucune discipline, je déteste les contraintes donc j’écris si j’en ai envie. Pour écrire, c’est simple, je suis une vraie mémère : assise sur le canapé, le portable sur les genoux et ma chienne qui dort à côté de moi. Quand il fait froid : un plaid pour bien peaufiner le look mémère et le tour est joué ! Je n’écris jamais le matin car je ne suis pas du matin, j’écris l’après-midi quand je suis chez moi.

Est-ce que tu as d’autres projets littéraires en cours ?

Oui, j’ai environ 25 débuts de romans, 48 idées par jour mais rien de super arrêté. Je sais que mes lecteurs aimeraient bien un 4ème volet aux Farfelus, je ne dis pas non, d’autant que j’ai eu une super idée de titre la semaine dernière (tu vois, l’inconscient n’en fait qu’à sa tête !). En gros, si je tente un 4ème épisode, je vais le placer dans la continuité du vieux, la boulangère commençait à me casser les pieds mais j’ai l’impression que je pourrai ne jamais en avoir fini avec cette série. Or je sais très bien que souvent dans les séries, il y la saison de trop, je ne voudrais pas tomber là-dedans.

Quelles sont les références (auteurs et romans) de Céline la lectrice ?

Beaucoup de classiques pour commencer, les Russes et Stendhal, De Beauvoir et dans les contemporains, David Lodge, Bill Bryson, tous les bouquins de Jean-Paul Dubois. J’en oublie plein, j’ai découvert Franck Bouysse il y a peu et j’ai été très emballée. Mes goûts sont très éclectiques ; enfin sauf pour la romance de type Harlequin, plutôt crever que de lire ça !

Comme j’ai coutume de le faire, je te laisse le mot de la fin.

Je ne sais pas trop conclure, si nous n’étions pas dans le virtuel mais dans la vraie vie, je te dirais sûrement « ressers-moi un verre, à ta santé, Fred. »

Puisque nous ne pouvons pas trinquer, je vais très banalement te remercier de faire tout ce que tu fais pour les auteurs indés et pour moi, c’est-à-dire lire mes romans dès que je te les envoie. Et sache que j’apprécie tes chroniques car elles sont toujours très argumentées et bien fichues. Tu es un des meilleurs blogueurs que je connaisse.

 
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Publié par le 8 mars 2017 dans Bouquins, Coups de coeur

 

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Tête à tête (virtuel) avec Morgan of Glencoe

Ma chronique de Si Loin Du Soleil

Bonjour Morgan,
Bonjour Mylord !

Merci d’avoir accepté ce tête à tête virtuel.
Merci de me l’avoir proposé !

Pour commencer peux tu nous dire qui se cache derrière ce pseudonyme ? Et comment es tu venu à l’écriture ?

Je veux bien, mais je vais avoir du mal… Parce que ce n’est pas un pseudonyme. C’est mon vrai nom. Tronqué.

Bon d’accord j’arrête de taquiner. Je m’appelle donc Morgan (prononcer -ane à la fin, merci !) et j’ai 28 ans. Je viens du pays de Porhoët, en Bretagne, et, heu, je suis un animal nocturne à poils longs.

Pour l’écriture… c’est l’une des nombreuses formes que j’utilise pour raconter des histoires. J’adore raconter des histoires, donc je le fais tout le temps : en chantant, en contant, en écrivant, même en enseignant. Mon premier public – fort généreux – a été mon petit frère, à l’âge précoce mais décidé de deux ans. J’en avais quatre. J’ai commencé comme ça, et j’ai jamais arrêté.

Pourquoi avoir fait le choix de l’auto-édition ?

J’ai pas vraiment choisi l’auto-édition. Et il n’est pas exclu qu’un jour LDG trouve sa place ailleurs que chez les auto-édités. Mais cette histoire méritait d’être racontée, elle devait être racontée, et le monde de l’édition est… lent. Et un peu frileux quand il s’agit d’histoires atypiques comme Si loin du Soleil. Donc, voilà.

Auto-édition ne signifie pas forcément travail en solo, qu’en est-il pour toi ?

Pour moi, on est dans le pas du tout solo, en fait. Bon, soyons clairs. Sans moi, pas de LDG du tout. J’ai créé l’univers, les personnages, le scénario, et écrit le livre. Mais je n’ai pas fait ça dans mon coin. J’ai une équipe de bêta-lecture de choc, chacun(e) avec un rôle précis, dont les critiques et les commentaires apportent toujours beaucoup d’eau à mon moulin. J’ai travaillé avec Elen Brig Koridwen, qui a relu et corrigé le livre et fait dessus tout un travail d’accompagnement éditorial bénévole, et une grosse partie de la communication, ce qui est formidable. Et, last but not least, mon ami Laurent Miny, illustrateur professionnel et accessoirement bêta-lecteur aussi, a réalisé la (magnifique) couverture.

Comment définirais tu ton roman, Si Loin Du Soleil ?

Ça, c’est une question piège  ! J’en sais rien, à dire vrai. C’est Si loin du Soleil. Ça parle de tolérance et d’amitié, de musique et de magie, de rencontres et de désillusions. Ça parle de l’existence, et de la vie, de l’indépendance et de la responsabilité. Ça parle aussi un peu d’amour, et de mort. C’est une histoire pour rire et pour pleurer, et pour passer un moment avec des personnages qui, peut-être, ont quelque chose à vous dire. Et si vous croyez que les choses sont pires dans le monde de la Dernière Geste que dans le nôtre… Vous êtes privilégié.

D’où t’es venue l’idée d’un univers qui mêle uchronie et fantasy ? Et plus généralement où puises tu ton inspiration ?

Dans l’eau de la Source Perdue, celle qui coule à l’envers à l’ombre de 7 noisetiers… ah, non, pardon, ça c’est la Geste Arthurienne. Plus sérieusement, la réponse est : partout. La Dernière Geste est née en regardant ma meilleure amie assise sur une chaise de bar. J’ai tendance à observer. Les gens, les choses, le monde. J’aime rencontrer les êtres vivants, les laisser me parler de leur vie, et dans ces vies, souvent, je trouve quelque chose à laquelle rendre hommage. Beaucoup de personnages de LDG sont inspirée d’une ou plusieurs personnes que je connais, bien, mal, que j’apprécie ou non. Des choses qu’on m’a racontées, des vérités qui font mal (qui a dit “Blackfish” ?) et puis voilà. Ça se transforme, dans ma tête, et ça devient une histoire.

Commencer par une saga est un choix ambitieux, peux tu nous dire combien de tomes comptera La Dernière Geste ?

Tout dépend si j’arrive à faire tout ce que je veux, ou non. Le cycle principal durera 5 tomes, plus un sixième un peu spécial, mais indépendant. Mais j’adore mes personnages, j’ai du mal à laisser ceux qui ne jouent dans le cycle principal qu’un rôle secondaire, ou bref, sans une véritable histoire à eux. C’est pourquoi, en plus du cycle principal, La Dernière Geste comptera au moins un, et j’espère, plusieurs, préquels. Ceux-ci seront publiés sous forme de feuilletons sur Internet, au rythme d’un épisode par mois.

Le premier préquel, consacré à l’adolescence du futur Sir Edward Longway, est déjà en cours de publication, sur le site de la Dernière Geste .

As-tu déjà une trame toute tracée pour la suite, ou au contraire tu improvises au fil de l’écriture ?

Ça serait plus romantique que je vous dise que je me laisse porter par le flot de l’écriture, mais rien n’est moins vrai. J’écris de façon structurelle  : tout le scénario est dans ma tête, du moins, les grandes lignes de chaque tome, et le détail du tome en cours. Ça me permet de laisser mûrir chaque scène à son rythme dans ma tête et de la coucher sur le papier, directement à sa place, quand elle est prête.

Donc oui, je sais comment ça va continuer, se développer, et finir. Je sais où vont les personnages, par quoi ils vont passer, et à quel point ils vont changer. Ça arrive que je change des choses, mais c’est rare…

Peux tu nous donner quelques indices sur le second chant, Azurs & Aciers ?

Alors d’abord : le train. Une grosse partie d’Azurs & Aciers se passe dans la Rame 5, au milieu des Fourmis. Une autre, au Louvre. Deux autres lieux sont importants, mais ce serait du spoil.

Que puis-je vous dire encore ? Par rapport à Si loin du Soleil, qui est un tome très monolithique, très linéaire, et très statique, Azurs & Aciers est en opposition totale. Ça bouge dans tous les sens, on suit plusieurs intrigues en même temps, et c’est plus un grand huit survolté dont on se demande quand ça va exploser que l’espèce de ligne droite à l’issue fatale qu’est Si loin du Soleil.

C’est aussi un tome très, très émotionnel. On y traite des sujets douloureux, le deuil, le poids du choix, du pouvoir, de l’erreur.

Enfin, parce que je sais qu’ils ont des fans, c’est un tome où les personnages de Trente-Chênes, Levana, Aliénor et surtout Ren vont prendre beaucoup d’importance.

Comment se déroule une journée type quand tu écris ?

Terriblement jamais pareil. Je n’ai pas d’habitudes en ce qui concerne les horaires, les lieux, etc. Là par exemple, je suis dans un train, du coup j’écris. Je peux difficilement répéter mes morceaux de musique ici, alors ! Et j’ai un emploi du temps qui ressemble au Chaos d’Huelgoat, Je suis donc du genre adaptable. À peu de choses près, tant que j’ai mon ordi, je peux écrire.

En dehors de La Dernière Geste as-tu d’autres projets en tête ?

Yep ! Un roman épistolaire de capes & d’épées, sur le rôle d’espions que jouaient beaucoup de musiciens de cour à l’époque de Louis XIII, et une novella beaucoup plus modeste, très “tranche de vie”. Mais j’avoue que c’est un peu remis à “quand j’aurai le temps”.

Sauf erreur de ma part tu es aussi musicien, as-tu déjà songé à créer la « bande originale » de La Dernière Geste ? A défaut que conseillerais comme musique histoire de prolonger le plaisir ?

J’ai pas seulement songé. Elle existe. D’abord, trois chansons citées, Toutouig (la berceuse de la maman de Yuri), Wild Mountain Thyme (will ye go, lassie, go ?) et l’Air de Bach (Je ne veux pas me souvenir de cette scène.) sont tout à fait trouvables n’importe où sur le web ou en CD. Le groupe Clannad qu’écoute Ren au début du livre est aussi tout à fait réel, et super cool. Vous pouvez déjà écouter tout ça.

Quant aux chansons comme l’hymne des Rats, la comptine du chat perché ou encore la chanson que Bran chante à Yuri au vieil abri, et un certain nombre de chansons qu’on entendra dans le tome 2, c’est moi qui les ai composées, mais elles existent vraiment aussi, j’ai des partitions, des enregistrements… le tout de piètre qualité, hélas, mais il n’est pas exclu qu’un jour, un album officiel de la Dernière Geste voie le jour.

Quelles sont tes références (auteurs et romans) en tant que lecteur ?

Nombreuses et bordéliques. J’adore lire, je lis beaucoup, je lis tout le temps, du coup, ce serait dur de tout citer. Ceux et celles qui veulent s’amuser à chercher les très nombreuses références et clins d’oeils sont les bienvenus ! J’adorerai proposer, pour la sortie du tome 2, un concours autour de ça. Ce serait très drôle.

Par contre. Non, le nom de Bran n’est pas une référence à Games of Thrones. Je ne connaissais pas GoT quand j’ai commencé LDG. J’avais un héros irlandais en tête.

Comme à mon habitude, je te laisse le mot de la fin.

Si vous n’avez pas encore lu Si loin du Soleil, j’espère que vous aimerez. Lisez bien jusqu’à la dernière page, sans quoi vous pourriez manquer quelque chose d’important.

Si vous l’avez déjà lu, je donne tout ce que j’ai pour que le tome 2 soit à la hauteur de vos espérances. Je n’ai pas de réseau de diffusion, alors parlez-en, offrez-le si vous pouvez, et pour calmer votre impatience, rendez-vous sur ladernieregeste.com ou sur la page facebook. J’y mets régulièrement des informations bonus, je publie les fanarts qu’on m’envoie, et vous avez le préquel de Sir Edward à lire en attendant la suite des aventures de Yuri & co, donc… foncez  !

Et merci encore pour ce tête à tête !

 
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Publié par le 29 novembre 2016 dans Bouquins

 

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Tête à tête (virtuel) avec Frédéric Clémentz

Mes chroniques des romans de Fred :
Le Serment Du Passeur
Le 13e Cantique

Bonjour Fred.

Merci d’avoir accepté de te prêter à ce tête-à-tête virtuel.

Question rituelle pour commencer. Peux-tu te présenter en quelques mots et nous expliquer comment tu en es venu à l’écriture ?

J’ai 35 ans. Je suis blogueur, auteur et entrepreneur.

L’écriture de romans est arrivée comme une évidence. Je veux dire par là que beaucoup d’articles sur mon premier blog « Écrire et s’enrichir » étaient déjà conçus comme de petits scénarios. J’ai aimé partager ces informations concrètes. Et puis, derrière ces choses rationnelles que je proposais, mon imaginaire, lui, « travaillait » pour me diriger vers autre chose. De fait, un jour de novembre 2015, j’ai publié un article : « Faut-il tuer les petits garçons qui ont les oreilles cassées ? » Il a rencontré une belle audience. Ce jour-là, comme un déclic, j’ai eu envie d’écrire l’histoire d’un jeune homme malentendant. Je n’avais aucun scénario mais je savais que j’allais écrire mon premier roman. Six mois plus tard, « Le Serment du Passeur » sortait sur Amazon avec un beau succès.

Tu es un auteur indépendant, auto-édité, est-ce un choix délibéré ou plutôt une fatalité ?

C’est un choix totalement assumé pour une raison essentielle : aujourd’hui, l’auto-édition est un formidable moyen de faire entendre sa voix. C’est très motivant de savoir que l’on peut toucher des gens grâce à ce principe du livre numérique. Il faut savoir que le nombre de manuscrits reçus chaque année par les maisons d’édition traditionnelles est vertigineux. Votre chance d’être publié est donc infime. Aussi, devant cette saturation de manuscrits qui s’empilent chez les éditeurs (lesquels publient très rarement un auteur inconnu ou même peu connu), quelqu’un de consciencieux, bosseur et déterminé peut, grâce à l’auto-édition, se faire connaître.

Donc oui, être un auteur indépendant et auto-édité est, du moins pour moi, un choix totalement délibéré.

L’auto-édition peut parfois ressembler à un parcours du combattant, tu assures tout le travail en solo (de l’écriture à la mise en vente, en passant par la promo, le marketing…) ou tu bosses avec une équipe ?

Je suis de ceux qui pensent qu’on ne peut pas être efficace et compétent dans toutes les étapes qui jalonnent la vie d’un livre. Et puis, quelle sérénité d’être bien entouré. Pour cette raison je travaille avec des relecteurs, correcteurs, graphistes, une attachée de presse ou encore d’autres auteurs.

Dès ton premier roman, Le Serment du Passeur, j’ai été impressionné par ton style, on sent que tu écris avec le cœur, les tripes et l’âme ; est-ce ton style d’expression naturel ou le résultat d’un gros travail d’écriture ?

Le rapport émotionnel avec le lecteur est pour moi, la priorité absolue. Aussi, écrire avec le cœur et le ventre est capital mais à condition de canaliser ce qui va jaillir de soi.

C’est là que le gigantesque travail de l’écriture intervient. Finalement, écrire c’est vouloir gravir une montagne qui, souvent, nous paraît impossible à dompter. Donc, pour y parvenir, il faut marcher avec patience, précision, humilité. C’est un chemin initiatique l’écriture. On doit tomber, se relever, tomber à nouveau et repartir. C’est à ce prix-là que le texte va naître avec une colonne vertébrale. Sans cette colonne, le lecteur va se perdre et vous abandonner sur le bord de la route.

Déjà avec Le Serment, tu sortais des sentiers battus, avec Le 13e Cantique, tu vas encore plus loin ; pourquoi ce choix ?

Sortir des sentiers battus n’est pas, pour moi, un but en soi. Mon but, c’est d’essayer par le simple pouvoir de l’imagination de descendre, tel un spéléologue, au plus profond de l’âme humaine. Ou du moins, de l’idée que je m’en fais. C’est ce voyage-là qui m’intéresse. Un voyage d’explorateur, non de voyeur. Cette exploration des émotions me permet, bien sûr, d’inventer des histoires « connotées thriller psychologique ». Mais au-delà de la noirceur des personnages, cette exploration me fait aussi entrevoir la part de lumière cachée dans ces âmes dites irrécupérables. C’est cela que j’ai voulu raconter dans Le 13e Cantique. Alors oui, c’est un livre volontairement violent car il a en ligne de mire la rédemption, la tentative de rachat. Avant cette rédemption, suivre le chemin des ténèbres extrêmes est donc inévitable.

Question plus ou moins liée à la précédente, où puises-tu ton inspiration ?

C’est tout simple : en regardant notre monde (ou nos sociétés) et en l’écoutant. Un raconteur d’histoires est avant tout une éponge. Il s’imprègne de ce qu’il voit et entend.

Et c’est souvent impressionnant, déroutant, choquant. C’est aussi parfois sublime, et parfois terrifiant. J’utilise ici un cliché mais c’est vrai que chaque vie est, en soi, un roman. Je me contente donc de « cueillir » les émotions qui, chaque jour et partout, circulent autour de moi. Et puis, bien sûr, toute cette hémorragie d’informations à la télévision, dans la presse ou sur le Net est une source permanente d’inspiration. Lorsque j’ai « engrangé » une montagne de « bouts de vie », de visages, de comportements, alors commence le long et passionnant travail d’écriture.

Quand tu écris, comment se déroule une journée type pour toi ?

Avant d’écrire, j’ai souvent besoin de marcher sur un rythme assez soutenu pendant une heure environ. Ce « rituel », c’est comme si je massais mon cerveau avant l’effort. Après cette phase d’oxygénation des neurones, je m’enferme dans mon bureau. Là, j’écris pendant cinq heures, généralement l’après-midi. Pendant cette phase, j’écris beaucoup mais sans m’attacher au style. Je laisse seulement mon imagination galoper. À l’issue de ce travail, je sais que sur les 6 ou 7 pages écrites, seules 1 ou 2 seront conservées après relecture. Celle-ci intervient en soirée. Durant cette nouvelle phase de deux heures, je travaille aussi le style et « la vue d’ensemble » du texte. J’applique cette discipline de travail six jours par semaine.

As-tu déjà d’autres idées, plus ou moins abouties, pour tes prochains romans ?

Oui, absolument. J’écris actuellement un roman qui s’appellera « Le sang des Agriate », à paraître vers le mois de mars 2017. Cette histoire évolue dans l’univers de la satire, de la parodie et de l’humour noir. Nous sommes loin ici du Serment du Passeur et du 13e Cantique. On serait plutôt du côté des « Tontons flingueurs » et de ces ambiances délirantes à la Michel Audiard. Je trouve important de changer de couleur et de tonalité quand on écrit. Cela permet de découvrir et de faire découvrir d’autres routes, d’autres sensations.

Quelles sont tes références (auteurs et romans) en tant que lecteur ?

4 livres sont pour moi des références absolues tant ils sont fabuleusement écrits, et d’une puissance émotionnelle sidérante. Il s’agit de « Septentrion » de Louis Calaferte, « Bandini » de John Fante « La nuit, le jour et toutes les autres nuits » de Michel Audiard et « Le petit galopin de nos corps » d’Yves Navarre.

J’aime avant tout l’éclectisme dans mes lectures. Voici quelques auteurs que j’ai lus (et que je relis) avec gourmandise : Jean Giono, Frédéric Dard, Marguerite Duras, Fred Vargas, Jean Echenoz, Jules Renard, Henry Miller, les dialogues de films écrits par Michel Audiard…

Comme j’ai pris l’habitude de le faire lors de ces tête-à-tête, je te laisse le mot de la fin.

Mon mot de la fin, c’est déjà te remercier chaleureusement de m’avoir accordé cette tribune.

Ensuite, j’ai tout simplement choisi de faire parler cet écrivain génial qu’était Henry Miller. Ce qu’il écrit là est juste magnifique et tellement vrai : « Certains livres non seulement donnent une sensation de vie, entretiennent la vie, mais encore, à l’exemple de quelques rares êtres humains, augmentent la vie. »

Tout est dit, n’est-ce pas ?

 

Je profite de ce tête à tête pour remercier (encore une fois) Fred pour l’envoi de ses deux romans dédicacés.

 
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Publié par le 18 novembre 2016 dans Bouquins

 

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Tête à Tête (virtuel) avec Paul Clément

Mes chroniques des romans de Paul :
Les Décharnés
Creuse La Mort

Bonjour Paul.
Merci d’avoir accepté ce tête à tête virtuel.

Question rituelle pour commencer. Peux-tu te présenter en quelques mots et nous expliquer comment tu en es venu à l’écriture ?

En quelques mots, rien de plus simple. Je crois que pour le moment ma biographie, comme ma bibliographie d’ailleurs, tient facilement sur un post-it, tu sais celui que t’as dû en plus partager avec tes collègues. Bref, Paul, 24 ans, diplômé d’école de commerce, mais qui a décidé d’oublier un temps son beau diplôme pour s’essayer à l’aventure de l’auto-édition avec autant de professionnalisme que possible. Je devrais ajouter fan de zombies, mais ce serait un pléonasme pour ceux qui me connaissent déjà.
Pour ce qui est de l’écriture, j’ai toujours aimé écrire, et c’est même au collège que j’ai commencé mon premier projet de roman. Bien sûr, ça n’a pas été bien loin, mais l’envie était déjà là. Par la suite, au lycée, j’ai participé à des forums de RP fantastique et de fantasy, avant, un soir, alors que je venais d’intégrer mon école de commerce, de commencer à écrire par hasard le début de Les Décharnés.

En plus de l’écriture tu es aussi fondateur / administrateur / animateur du site Myzombieculture ; d’où te vient cette passion pour les zombies ?

Un attrait certain pour le morbide , le gore et l’humour horrifique, une fascination pour le post-apocalyptique, et une anecdote : l’achat d’un coffret DVD que je pensais mal étiqueté de la trilogie des morts de Romero. Depuis , j’ai dévoré du zombie à toutes les sauces et je continue à trouver mon compte dans cette culture bien plus riche qu’on pourrait le croire.

Sans surprise ton premier roman, Les Décharnés, est justement une histoire de zombies, mais tu as réussi à te démarquer dans un genre pourtant prolifique ; quelle est, selon toi, la recette miracle pour éviter de se retrouver noyé dans la masse ?

Je ne sais pas s’il y a une recette miracle, mais, dans mon cas, je ne pense pas avoir écrit l’histoire de zombies la plus originale qui soit, il faut être honnête. J’ai davantage cherché l’originalité dans le décor et le héros car le récit reste avant tout un survival post-apo plutôt classique (mais efficace a priori vus les retours que j’ai pu avoir !). Pour moi, l’originalité vient de la localisation de l’intrigue, d’abord en France et surtout en Provence, d’où je suis originaire, ainsi que du héros. Avec Patrick, pas de beau gosse sauveur de l’humanité à la Brad Pitt… plutôt un homme simple qui plus est agriculteur. Mais pour sortir du lot, beaucoup d’auteurs s’amusent en revanche avec la figure du zombie en lui conférant d’autres caractéristiques, en le réhumanisant par exemple (ce à quoi je n’adhère pas toujours…). Et c’est ce qui est bien avec le zombie ; c’est une figure très riche qui permet de faire beaucoup de choses et de nombreux artistes l’ont compris même s’il y a encore parfois un certain dédain pour ce monstre de notre imaginaire collectif.

Avec ton second roman, Creuse la Mort, tu quittes ta zone de confort, tout en restant dans le registre fantastique / horrifique ; pourquoi ce choix ?

Tout simplement parce que je n’avais pas envie de me cantonner à écrire du zombie. Les Décharnés était ma pierre à l’édifice zombie, je ne comptais pas bâtir tout une aile du bâtiment à moi tout seul. Je voulais faire autre chose, de plus surprenant, amené de manière différente. Après, pour ce qui est du choix de l’horreur, disons que j’avais envie de lorgner du côté de Stephen King, mais mes futurs projets sont encore bien différents et dans un autre genre.

Quand tu écris, comment se déroule une journée type pour toi ?

Quand j’ai écrit Les Décharnés, j’écrivais le soir et la nuit après les cours. Ça a un peu changé avec Creuse la Mort où j’ai commencé à écrire dans l’après-midi ce dont j’étais incapable avant. À présent, j’essaie de consacrer plusieurs heures par jour à l’écriture, mais il est parfois dur de se couper du reste et notamment des réseaux sociaux quand, en plus, en tant qu’auto-édité, on est également obligé de faire soi-même la promo de ses ouvrages. Mais globalement, j’essaie de me fixer un objectif de 1500 à 2000 mots par jour. Parfois j’y arrive, parfois non.

Où puises-tu ton inspiration ?

Contrairement à d’autres auteurs, je ne suis pas un bourreau de travail. Ce que je veux dire c’est qu’il est rare que je réécrive des passages entiers , ça vient comme ça vient et c’est souvent la version que je garde (sans parler des corrections évidemment). C’est ce que j’aime dans l’écriture, c’est un exercice spontané qui va puiser un peu partout. Après dans le cas de Les Décharnés, j’imagine que j’ai forcément été influencé par tout ce que j’ai pu lire dans le genre zombie.
Ensuite, c’est peut-être mon côté extrémiste-bio (comme s’amusent à m’appeler certains de mes amis parce que je suis végétarien) qui ressort, mais la Nature est quelque chose qui m’inspire pas mal aussi. Je trouve qu’elle a quelque chose de sublime, et le sublime est justement une thématique fortement traitée dans Les Décharnés.

As-tu déjà d’autres projets de romans ? Si oui, peux-tu nous en dire davantage ?

Bien sûr. Actuellement je travaille sur mon troisième roman que j’espère pouvoir sortir début 2017 sous forme d’épisodes, mais je ne m’engage à rien pour le moment. C’est le projet le plus important que j’ai porté, c’est donc beaucoup de boulot, notamment en terme de narration puisque j’ai abandonné la première personne pour la troisième, au profit d’une galerie de personnages plus riche. C’est une saga qui s’intitulera Les Orphelins de Windrasor. Je ne peux pas trop en dire sur l’histoire, mais elle se déroulera dans un monde fictif avec une ambiance dix-neuvième siècle et quelques éléments de fantastique, mais pas de prophétie à la mords-moi-le-noeud, vous êtes prévenus.

Quelles sont tes références (auteurs et romans) en temps que lecteur ?

Même si j’ai encore beaucoup de ses romans à lire, Stephen King est un auteur que j’aime beaucoup. Je pense que Simetierre m’a pas mal influencé pour l’ambiance de Creuse la Mort. Ma nouvelle Talis qui a récemment été publiée est aussi un peu inspirée par le film Stand by Me qui est justement l’adaptation d’une nouvelle du maître. Après, j’ai lu énormément de romans de zombies et j’ai vraiment beaucoup aimé la saga Ennemis de Charlie Higson. J’espère écrire quelque chose du même calibre avec mes petits orphelins.

Comme j’ai pris l’habitude de le faire lors de ces tête à tête, je te laisse le mot de la fin.

Le mot de la fin sera donc pour ceux qui pourraient avoir certains préjugés quand on parle de zombies. Alors oui, le genre compte un nombre incalculable de navets et de choses médiocres, mais croyez quelqu’un qui s’est passionné pour ce genre : prenez un peu de temps, parcourez MZC par exemple et vous trouverez des œuvres qui, j’en suis sûr, auront bien plus que du mordant pour vous !

 
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Publié par le 9 novembre 2016 dans Bouquins

 

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Tête à tête (virtuel) avec Sara Greem

Publicité Pour Adultes
Tome 1
Tome 2
Tome 3

Bonjour Sara.
Merci d’avoir accepté ce tête à tête virtuel.

Merci à toi cher Lord de me donner l’opportunité de me confier.

Question rituelle pour commencer. Peux tu te présenter rapidement et nous expliquer comment t’es venue l’envie d’écrire ?

J’ai commencé par être une très grande lectrice et une traductrice assidue avant d’entamer le travail d’écriture. J’ai appris à lire à 5 ans les panneaux publicitaires avant de m’intéresser aux lettres classiques. J’ai traduit des textes en latin et grec ancien avant de m’atteler à la lecture d’un style particulier : la Fantasy. Puis à l’adolescence, « je suis tombée amoureuse » de Morten Harket, le chanteur du groupe A-HA (please ne riez pas…), et chaque lundi j’écrivais des histoires fantasques à son propos que je distribuais tous les vendredis aux copines. Voilà comment l’aventure commença…

Pourquoi avoir choisi de commencer par un genre méconnu ou mésestimé : l’érotisme ?

UN PARI !! J’ai écrit la trilogie « Publicité pour adultes » (qui au début se nommait la trilogie X//MARKS) car des amis m’ont lancé le fol pari d’écrire une romance érotique. Etant de nature très, mais très têtue, j’ai relevé le challenge ! Mais à certaines conditions…

Je le répète souvent au fil de mes chroniques : Publicité Pour Adultes est un roman érotique mais pas que et bien plus que ça ; comment le définirais-tu si tu devais nous le vendre ici et maintenant ?

Je te remercie Lord…
Je définis la saga d’«  hybride » car elle traite divers sujets. Les amateurs de romance et d’érotisme peuvent le lire, mais il n’y a pas que ça. On me dit souvent que mon roman se présente comme un « cours de management romancé », car je décris ce qui pourrait se dérouler dans le monde de l’entreprise. Les jeunes cadres dynamiques l’apprécient grandement car j’explique les coups bas et les jeux de pouvoir entre les différents interlocuteurs. La trilogie est donc accessible à tout lecteur, à condition d’être très ouvert d’esprit, car les stupéfiants en choquent plus d’un. On me traite souvent de menteuse car la drogue n’existe pas en milieu d’entreprise. Je réponds toujours…Mais qu’en savez-vous ? Et moi-même en sais-je quelque chose ? Sans l’avoir vécu, il se pourrait bien…
J’ai tout de même la forte impression que la trilogie plaît davantage aux hommes…

Convaincre un éditeur de te suivre : promenade de santé ou parcours du combattant ?

Plutôt parcours du combattant car le milieu de l’édition est impitoyable. De plus, mes écrits interdits en ont arrêté plus d’un, malgré la forme qui a été très soignée durant de longues années.

Le milieu de la pub, tel que nous le décrit dans ton roman, réserve bien des surprises ; dirais-tu que c’est exagéré ou, au contraire, édulcoré par rapport à la réalité ?

C’est une excellente question… qu’en pensent les publards ? Je crois qu’ils me donneraient raison en spécifiant que certaines situations arrivent moins fréquemment. Mais elles existent bel et bien. Et même dans d’autres secteurs que celui de la publicité.

Publicité Pour Adultes peut se vanter d’avoir une vraie intrigue avec son lot de rebondissements, où trouves-tu ton inspiration et tes idées ?

Pour dire la vérité, je n’ai préparé aucun plan avant d’écrire la trilogie. Au départ, le pari n’impliquait qu’un seul livre. Puis j’ai remarqué que tout s’imbriquait et j’ai saisi l’occasion d’en écrire davantage. J’ai créé le concept des oursons en peluche car certaines sociétés offrent un cadre de travail « bisounours ». Or, le mot est protégé. J’ai regardé les peluches chez moi et j’ai éclaté de rire car j’allais leur donner le premier rôle. Je savais qu’il me fallait écrire sur un type pas forcément intéressant (Ian), une jeune femme coincée qui allait se révéler par la suite (Terry), une femme fatale, vénale et ambitieuse (Shirley), un déjanté de service (Jérôme), un salopard de première (dans ce cas il y en a deux, Conrad Russell et Rober Conival) et les copains sur qui on peut toujours compter (Paul et Patrick). L’inspiration a surgi selon mes humeurs du moment…
Je désirais créer un premier tome « léger et superficiel » afin de poser le cadre, et les deux derniers davantage axés sur la psychologie des personnages. Et hop ! L’inspiration est arrivée de manière très spontanée.

Comment se déroule une journée type quand tu écris ?

Tout se passe généralement le week-end ou lorsque je suis en vacances. Et là je vais passer pour une folle furieuse…mais tant pis puisque je ne veux pas faire semblant. Je me lève très, très tôt le matin. Soit je me rends au dojo pour m’y entraîner avec quelques autres fous du matin, ou je vais courir. Vers 7heures30, je rentre et je commence à nettoyer mon appartement après une bonne douche (suivie d’une douche écossaise). Je m’habille généralement en noir pour pouvoir écrire et je me fais une coupe guerrière (car il n’y a pas pire que les mèches qui viennent chatouiller le visage). Je précise que je ne peux absolument pas travailler dans un milieu sale et encombré. De plus, il faut que la pièce soit sombre (impossible d’écrire sur les terrasses en plein soleil). Le travail d’écriture commence donc avec un bol de chicorée (je ne bois jamais de café) et une peluche sur les genoux (c’est généralement la même : Doonalyen Targaryen). J’écris jusqu’à environ 14 heures puis je prends mon lunch et je pars à la sieste (comme les enfants). Après avoir dormi durant 2 ou 3 heures, je me lève et je me remets à écrire (toujours avec la même peluche sur les genoux).
Le soir venu, mon compagnon rentre du travail ou de ses activités et voyant mes yeux explosés et mon expression ahurie (car en levant la tête du PC, je ne sais plus ce qui est réel de ce qui est fictif), il me prépare à manger. Durant le week-end, étant une couche tard, je recommence à écrire aux alentours de minuit jusqu’à tard le matin. Je sais que mon rythme est vraiment « bizarre » mais j’y ai trouvé mon compte.

Quels sont tes projets (littéraires ou autres) pour l’avenir ?

Je souhaiterais créer les spin off de la trilogie. Des nouvelles de 100-150 pages sur chaque personnage secondaire mais important de la saga (Jérôme, Shirley, Paul, Patrick et…le père de Ian Riley). Mais afin de me changer les idées, je suis en train d’écrire une romance-historico- sensuelle, où il est question de prêtresses d’Avalon et d’un cavalier noir…

Quelles sont les références (auteurs ou romans) pour Sara, la lectrice ?

Mes premiers amours furent « Jocelyn » de Lamartine, « Salammbô » de Flaubert, « le Rouge et le Noir » de Stendhal pour ne citer que les principaux. Je suis une très grande fan des contes mythologiques gréco-romains, celtiques et vikings. D’où ma passion pour la Fantasy. J’ai dû lire une dizaine de fois « le seigneur des anneaux » de Tolkien, « les Neuf Princes d’Ambre » de R. Zelazny, les sagas d’ « Elric de Melnibonée, Hawkmoon, Corum, Erekosë et Van Bek » de M. Moorcock, « l’appel de Ctulhu » de HP Lovecraft ainsi que toutes ses oeuvres. La saga « Abarat » et « le voleur d’éternité » de C. Barker. Mais je m’inspire aussi des auteurs SF (principalement Philip K. Dick. D’ailleurs le personnage de Jérôme Dicker vous dit quelque chose ?) et pour finir R.R. Martin avec ses 5 tomes de « Game of Thrones » que j’ai lus et relus déjà deux fois. Puis il y a le grand Bret (Bret Easton Ellis) et ses écrits déjantés (mon maître absolu).
Parmi mes amis auteurs, voici mes références : Yéléna Cillis, Marina Ferrey, Nana Jam, Kay Saint-Georges, Emilie Perin, Jess Swann, Claire Delille, Erika Sauw, Julien Delhorne, Ena Fitzbel, Azel Bury, Gina Dimitri, Selma Bodwinger, Claire Casti di Rocco, Virginie Vanos, Michel Tessier, A.J. Orchidéa, Tony Vellone, Jeff Bergey et tant d’autres à venir que je découvre chaque semaine.

Comme j’ai coutume de le faire, je te laisse le mot de la fin.

Je souhaite tout d’abord te remercier, Lord Arsenik, de m’avoir chroniquée et d’avoir compris le message que je souhaitais faire passer. Je décris tout de même le monde du travail et toutes ses déviances en premier lieu, malgré le fait que les situations soient fictives. Puis, je remercie tous les lecteurs qui me donnent « ma chance » et les auteurs et poètes qui partagent mon quotidien. Enfin, je remercie particulièrement mon éditeur qui m’a donné la chance énorme d’être publiée, malgré le côté « interdit » de mes ouvrages. Et merci à la VIE et à tous ses magnifiques cadeaux ! Pourvu que cette aventure dure très longtemps !

 
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Publié par le 10 octobre 2016 dans Bouquins

 

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Tête à tête (virtuel) avec Edith Couture Saint-André

Mes chroniques de ses romans :
Mon Eté Avec Lucifer
Le Dernier Noël De Lucifer

Bonjour Edith.
Merci à vous d’avoir bien voulu vous prêter au jeu de ce tête à tête virtuel.

Commençons par le commencement. Pouvez-vous vous présenter rapidement et nous expliquer comment vous en êtes venue à l’écriture ?

J’ai envie de dire que c’est l’écriture qui est venue à moi. J’écris des « histoires » depuis toute petite et mes parents étaient ravis de les lire, des parents en or vous en conviendrez. Ils me donnaient leur avis et ne rataient pas une occasion pour m’encourager à continuer.

Comment vous est venue l’idée de votre dyptique luciférien ?

« Mon été avec Lucifer » m’a été inspiré par une phrase prononcée par une copine américaine qui se regardait dans une glace. Elle s’est exclamée « I would kill to be twenty again » et, d’un coup d’un seul, toute l’histoire s’est écrit dans ma tête.
Je suis rentrée à Paris et, six mois plus tard, mis à part les réécritures, c’était bouclé. Je n’avais pas vraiment l’intention d’écrire une suite mais, comme les auteurs vous le diront souvent : mes personnages sont venus me solliciter. Et mes chers lecteurs aussi j’avoue.

Votre humour ne manque pas de cynisme, pensez-vous, comme Pierre Desproges, que « l’on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui » ou vous imposez-vous des limites ?

J’aime beaucoup l’humour de Pierre Desproges, je l’ai découvert à mon arrivée en France il y a 25 ans. Il nous a quittés beaucoup trop tôt. Pour ma part, j’aime bien dire ‘on peut rire de tout, mais on n’est pas obligé’.
Il est rare que je prenne les choses et les gens au sérieux, à commencer par moi-même. Nous, les ‘Humains’, comme le dit souvent mon chat, avons créé un nombre terrifiant de symboles et de tabous en guise de repères. J’aime bien les bousculer ces tabous, sinon on s’encrasse dans la superstition et on n’avance pas.

Question indiscrète mais en rapport avec vos romans : le temps qui passe vous effraie-t-il ?

Le temps ne passe pas à la même vitesse pour tout le monde…

Je crois savoir que votre parcours éditorial ne fut pas de tout repos ; où en êtes-vous aujourd’hui ?

Grâce à l’excellent travail de Chris EBouquin, mes livres sont disponibles sur toutes les plateformes numériques et vont vers nos chers blogueurs littéraires pour encore plus de visibilité.
Ce que je trouve amusant : dans une rubrique que j’intitule « juste retour des choses », du temps de Flaubert par exemple, le seul rôle de l’éditeur était d’imprimer les manuscrits et les auteurs allaient, eux-mêmes, distribuer leurs livres chez les libraires. L’autoédition c’est, ni plus ni moins que le retour à cette pratique.
De nos jours, l’éditeur doit s’adapter à un monde littéraire en pleine transformation paradigmale et démontrer sa plus-value. Ainsi, les auteurs signeront un contrat en connaissance de cause, après avoir évalué l’intérêt pour eux-mêmes aussi bien que pour la maison d’édition. Un accord gagnant-gagnant.
Il n’y a pas de raison pour que l’autoédition s’oppose à l’édition traditionnelle. Ils sont complémentaires. Demandez aux lecteurs qui sont souvent en déplacement ou dans les transports en commun. Ils vous répondront : le bouquin papier pour lire lorsqu’on est tranquillement installé à la maison, le livre numérique lorsqu’on voyage beaucoup et qu’on veut éviter de surcharger sa valise. Le plaisir de lire est assouvi dans le format qui nous convient le mieux. Un vrai bonheur.

Comment se passe une journée type quand vous écrivez ? Vous vous isolez dans un silence monastique ou au contraire vous avez besoin d’animation autour de vous ?

J’aime écrire le matin car, souvent, je me réveille avec l’idée qui me manquait la veille pour avancer sur tel ou tel aspect du récit. Mais je peux écrire à n’importe quelle heure de la journée dans l’espace réservé à cet effet chez moi, je peux m’interrompre et reprendre à tout moment sans difficulté. Mais pendant que j’écris, inévitablement, je ne vois pas le temps passer.
Si j’ai un rendez-vous de prévu, je mets une alarme sur mon Smartphone sinon je le rate.

Pouvez-vous nous en dire plus sur vos projets (littéraires ou autres) ?

Je disais justement à mes amis que je suis, actuellement, dans une période où mes personnages me manquent. Terriblement. Après avoir vécu avec eux pendant des mois et des mois, je vis une sorte de deuil. J’ai très envie de les retrouver et eux aussi sans doute, mais il faudra que cela soit dans des circonstances différentes…

Comme à l’accoutumée, je vous laisse le mot de la fin.

Pour aimer écrire, il faut aimer lire. J’éprouve une infinie reconnaissance à l’égard des auteurs qui ont émerveillé ma jeunesse. Grâce à eux, j’ai vécu plusieurs enfances et j’aime penser que mes lecteurs vivent plusieurs vies en compagnie de leurs livres.

 
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Publié par le 6 octobre 2016 dans Bouquins

 

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Tête à tête (virtuel) avec Elen Brig Koridwen

Bonjour Elen, merci d’avoir accepté de te prêter au jeu de ces questions-réponses par mails interposés.

Commençons par le commencement, peux-tu présenter rapidement ?

Cinquante-cinq ans, divorcée, des enfants. J’ai eu une vie très agitée où j’ai couru le monde et exercé de nombreux métiers. Aujourd’hui, je suis en longue maladie et je vis seule avec 6 chats recueillis à la SPA ou dans la rue.

Désolée, je n’ai pas grand-chose d’autre à dire : la discrétion m’est une seconde nature et je ne fonctionne que sous pseudonymes.

Comment t’est venue l’envie d’écrire ?

Je suis née avec ! 🙂 Mes parents avaient été libraires avant de se reconvertir dans l’enseignement. Mon père avait également connu un certain succès en tant qu’auteur. Mon parrain est membre de l’Académie française. Dans la famille, tout le monde était amoureux des livres. Chez mes parents, il y avait une fabuleuse bibliothèque de près de deux mille livres, reliés pour la plupart : chacun représentait pour nous un objet d’art, aussi bien par sa forme que par son contenu…

Ma mère m’a appris à lire à l’âge de trois ans, et ensuite je n’ai plus cessé ; pour m’encourager, on m’autorisait même à lire à table. À 10 ans, quand j’ai attaqué les « Flicka », la série des Trois mousquetaires, Jack London, Jules Vernes, Dickens…, je lisais au moins un livre par jour, et ça m’est resté jusqu’à l’âge adulte, où j’ai dû freiner un peu par moments. J’avais écrit mes premiers poèmes à l’âge de 5 ans, été publiée à 9 ans dans une revue, et j’ai commencé mon premier roman à 13 ans, même si la poésie m’était plus naturelle. Dans un milieu comme le mien, tout cela semblait couler de source,…

Plus tard, au lycée, les profs me laissaient libre d’écrire pendant les cours. Ils disaient à mes camarades que je serais écrivain ; cela avait l’air d’être une évidence pour tout le monde. Un prof est allé jusqu’à faire étudier l’un de mes poèmes en classe. C’était une situation très embarrassante. J’en ai retenu que l’interprétation de nos écrits est parfois d’une grande extravagance, et que l’on prête sans doute aux écrivains défunts des intentions très éloignées des leurs !

Tu as fait le choix de l’auto-édition, pourquoi ?

Je connais bien – trop bien – le milieu de l’édition. J’ai reçu des encouragement flatteurs, notamment de Laudenbach, le fondateur des Éditions de la Table Ronde, et bien plus tard, deux offres des éditions Robert Laffont (aventures complètement folles que j’ai racontées sur le site monBestSeller : http://www.monbestseller.com/actualite-litteraire-du-cote-des-auteurs/du-cinema-dans-ledition-elen-brig-koridwen-robert-laffont). Il y a eu aussi une occasion ratée d’un cheveu chez Gallimard. Par ailleurs, aux détours d’une vie tumultueuse, j’ai pas mal travaillé comme « nègre » (écriveur/réécriveur pour d’autres auteurs : ce que les anglo-saxons appellent ghostwriter).

Tout cela m’a permis d’entrevoir des aspects qui froissaient mes principes. J’adorais le dieu Littérature, et j’assistais, consternée, à toutes les petites faiblesses et compromissions de ses Grands Prêtres… Dans l’édition comme dans beaucoup de milieux, le relationnel est crucial, ce qui entraîne des décisions parfois très arbitraires. Cela ne donne ni envie ni confiance.

Et puis, malgré ma tentation de m’en remettre à beaucoup plus compétent que moi, je ne rêvais pas d’être un poulain dans une écurie ; j’aspirais à galoper dans de plus vastes étendues… En clair, être édité c’est accepter que son roman soit calibré, formaté pour entrer dans telle ou telle collection, plaire à tel ou tel public. Or je suis « atypique et paradoxale », je touche à tous les genres, souvent en les panachant dans un même texte, ce qui est un vrai péché aux yeux d’un éditeur. Et je change de style au gré des ambiances : c’est un atout pour un ghostwriter, mais on me l’a reproché chez Gallimard en tant qu’auteur. Seulement, c’est comme ça que j’aime écrire !

 Un choix courageux mais aussi un parcours du combattant parfois, non ? Entre écriture, corrections, mise en page, numérisation… comment t’organises tu ?

Très mal. 🙂 Je suis écartelée entre mes activités d’auteur et ma « vie sociale » sur facebook. Je gère des groupes d’aide ou de promotion pour les auteurs, mais aussi les blogueurs et autres intervenants du monde du livre. Je m’emploie à épauler d’autres auteurs : je fais de la correction bénévole voire de la réécriture, je conseille, j’oriente, je soutiens. Enfin, autant que possible je lis, chronique ou du moins commente mes pairs, parce que nous avons tous besoin d’avis pour progresser et pour gagner en visibilité. À côté de cela, j’ai toujours une petite activité « pro » de ghostwriter pour aider à faire bouillir la marmite.

Tu as raison de souligner que l’autoédition est un travail d’homme/femme-orchestre. Il faudrait avoir de nombreuses compétences, que je suis bien loin de toutes maîtriser. Depuis quelque temps, j’essaie de promouvoir l’idée qu’il serait utile de s’organiser en mini-coopératives d’auteurs maîtrisant divers savoir-faire, afin de produire des ouvrages aboutis dans tous les domaines, comme pourrait le faire une maison d’édition. La correction finale doit toujours bénéficier d’un œil extérieur ; à force, l’auteur ne voit plus ses propres fautes. (Et ne parlons pas de la réécriture, qui permettrait à bien des auteurs ayant conçu une bonne histoire d’en faire un roman à succès : exactement le travail accompli par les grandes maisons d’édition sur la plupart des manuscrits.) La mise en page et la mise en ligne nécessitent des compétences technologiques que possèdent peu d’auteurs. La couverture est un autre domaine nécessitant un vrai savoir-faire, et il en est de même pour le marketing (choisir un format, rédiger un résumé, une biographie de l’auteur, réaliser une vidéo de présentation, définir des modes de promotion…) Enfin, la promotion elle-même est plus efficace quand elle est effectuée par un tiers. Qu’est-ce que tu trouves plus convaincant : « Lisez le livre de Machin, j’ai adoré ! » ou « Lisez mon livre, il est super ! » ? 🙂 Donc, j’encourage les auteurs à se regrouper à 2, 3 ou 4 personnes qui s’apprécient et s’entendent bien, afin de mutualiser leurs compétences pour parfaire leurs ouvrages et multiplier leurs chances de succès, quitte à se partager les droits : mieux vaut être à quatre sur un best-seller que tout seul sur un flop… 😉 Enfin, c’est mon point de vue.

Il existe bien sûr un système moins formalisé d’échanges de services ou de coups de main bénévoles. Un auteur dont j’ai corrigé la saga m’a offert de mettre mes ouvrages en format ePub et prochainement sur Create Space ; un autre a entrepris sans contrepartie de réaliser mes couvertures. C’est l’une des merveilleuses vertus du milieu indé, un esprit de camaraderie qui, je l’espère, perdurera très longtemps…

Récemment, dans le cadre de mes coups de main bénévoles, j’ai accompagné « mon padawan », le jeune auteur Morgan of Glencoe, pour son premier roman Si loin du soleil. Du travail éditorial à la promotion, si bien que Morgan me présente comme son éditeur ! 😀 Cette expérience a été un vrai régal. Et elle prouve que grâce à un travail d’équipe, un roman refusé par l’édition traditionnelle dans sa version d’origine peut faire un très joli succès en autoédition.

Avec tout cela, il me reste peu de temps pour l’écriture, et c’est ce qui m’a amenée à inventer le concept d’Apéribook : des ebooks assez courts pour goûter à une ambiance ou une autre ; en fait, un assortiment de nouvelles de tailles et de genres variés, un peu comme des tapas. Cela me permet de continuer à conter des histoires sans y consacrer plusieurs mois, et les lecteurs peuvent les lire entre deux romans plus consistants, par exemple dans les transports ou dans une salle d’attente. S’ils aiment mes styles, ils peuvent ensuite passer à plus « lourd », comme tu l’as fait en goûtant à Une proie sans défense avant de te lancer dans Élie et l’Apocalypse, qui est un copieux plat de résistance ! 🙂

Enfin, je travaille aussi sur EELA, et j’essaie d’autoéditer peu à peu toutes les œuvres restées dans mes tiroirs. Tout cela représente un travail de longue haleine, mais si EELA trouve son public, je m’y consacrerai davantage : le plan de toute la saga est  rédigé, je pourrais aller assez vite.

Quels conseils donnerais-tu as un auteur qui hésite à franchir le pas de l’auto-édition ?

Avant tout, faire en sorte de ne publier qu’un livre parfaitement au point. La littérature indépendante souffre d’une réputation de médiocrité qui, hélas, est trop souvent justifiée. Récemment, une blogueuse exaspérée a dit, en gros, qu’il faut filtrer des tonnes de boue pour trouver quelques paillettes… Et il faut reconnaître que pour une perle, écrite avec talent et impeccablement présentée, il y a des milliers d’écrits qui auraient dû faire l’objet d’une relecture attentive et d’une mise en page soignée.

C’est fabuleux que grâce au numérique, il soit si facile de mettre ses écrits en ligne. Mais c’est aussi un piège, car cela incite les aspirants auteurs à le faire trop à la légère. S’autoéditer n’est pas simplement s’autopublier ; cela nécessite un travail éditorial, c’est-à-dire que le texte doit être évalué, amélioré autant que possible, corrigé, mis en forme. On ne peut pas faire n’importe quoi, sous peine non seulement de se dévaloriser, de s’attirer des commentaires souvent acerbes sur les sites de publication, mais aussi de nuire à tous ses petits camarades en contribuant à entretenir l’idée que les autoédités sont des ratés, les nuls rejetés par l’édition…

Ensuite, il faut s’entourer de conseils. Le milieu des indés est dynamique et solidaire, l’entraide y est assez courante. Je suis loin d’être la seule à corriger bénévolement les manuscrits d’autrui. Il y a des sites de bêta-lecture comme CoCyclics, et aussi des groupes facebook, comme Auteurs indépendants sur Kindle ou mon groupe Auteurs cherchent avis, chronique ou bêta-lecture, où l’on peut poser des questions et recevoir de l’aide.

Quelques mots ou conseils pour les auteurs auto-édités qui se plaignent de ne pas trouver d’éditeur ?

Je les renvoie à cet article sur mon blog : « Vouloir être édité ? Mais pourquoi, nom d’un chien ? » 😉

http://www.blog-elenbrigkoridwen-elieapocalypse.fr/2016/07/vouloir-etre-edite-mais-pourquoi-nom_98.html

Que dirais tu aux lecteurs qui considèrent encore l’auto-édition comme de la littérature bas de gamme ?

Je leur dirais qu’ils se trompent : dans l’autoédition cohabitent des nanars illisibles et de petits chefs-d’œuvre, mais évidemment, dans l’état actuel des choses il faut fouiner dans un océan de publications pour trouver des trésors. C’est pourquoi j’essaie de promouvoir l’idée d’une liste d’ouvrages de qualité qui serviraient de vitrine pour amener le grand public à la littérature indépendante.

Parlons maintenant de ta saga, Elie et l’Apocalypse (EELA pour les intimes). Comment t’est venue l’idée de te lancer dans un projet aussi ambitieux ?

J’ai rêvé cette histoire d’une traite il y a… tiens, presque 9 ans ! Dès mon réveil, j’ai décidé de m’y atteler. J’étais alitée, gravement malade, alors au départ je voulais  faire d’EELA une sorte de testament à l’intention de mes enfants : un « Ce que je crois » leur dressant un tableau du monde et résumant mes convictions. J’y parle de la tolérance, de l’empathie, du respect de la Nature et des animaux, du sens de la vie, de l’attitude face à la mort. En filigrane, s’exprime mon horreur des dogmes et plus généralement de toutes les doctrines, science incluse, qui rejettent et condamnent par principe les autres opinions, les autres angles d’approche. « La dictature des courtes vues » convaincues d’avoir raison, est un travers très répandu !… Alors que le salut du genre humain réside dans les nuances, l’ouverture d’esprit, l’acceptation que chacun peut avoir son propre regard sur le monde et s’en porter très bien, du moment que cela ne nuit à personne.

Comme je l’ai signalé dans ma chronique, c’est un roman multi-genres et multi-thèmes ; si tu devais le « vendre » à un lecteur hésitant, comment tu t’y prendrais ?

Aaah ! C’est là que l’on se dit que rien ne vaut un regard extérieur. Un auteur est souvent piètre promoteur de son propre ouvrage, il manque de recul et peine à dégager une vue d’ensemble… Surtout pour un livre aussi dense et multiforme.

Comme tu l’as remarqué dans ta chronique, la « colonne vertébrale » de la saga est une intrigue transversale de type Da Vinci Code, que l’on peut résumer ainsi :

« Le plus célèbre livre de toute l’Histoire, la Bible, renferme une « erreur » jamais divulguée.
Elle est le seul indice d’un incroyable complot, la clé d’un secret scellé depuis la nuit des Temps.
Alors que l’humanité court à sa perte, ce mystère sera-t-il enfin élucidé ?
Il peut changer la vie. Changer la mort. Sauver le monde. »

Mais EELA est un roman à plusieurs niveaux de lecture et qui aborde de nombreux sujets. Donc, sur ma page auteur, j’ai plutôt écrit :

« En créant « EELA », j’ai eu envie de dire tout ce qu’un auteur rêve d’exprimer, partager, faire découvrir. En même temps, je souhaitais que mes lecteurs rient, pleurent, tremblent sans reprendre leur souffle, à travers un grand conte fantastique plein de surprises et de rebondissements – celui-là même que j’avais rêvé de bout en bout la nuit du 4 novembre 2007. J’ai choisi d’écrire un livre abordable sous plusieurs angles, afin que chaque âge y trouve son compte, de 15 à 95 ans. Alors, bienvenue aussi dans mon univers ! Comme l’a dit une chroniqueuse littéraire, Élie et l’Apocalypse a été écrit pour VOUS. »

Mais en vérité, je préfère passer la main aux blogueurs, ces nouveaux et très précieux acteurs du monde du livre. Votre énorme travail désintéressé est vital pour les auteurs indépendants, qui bien souvent n’ont pas d’autre moyen de se faire connaître. Sur Amazon, je cite un petit florilège d’avis de blog’litt qui se sont penchés sur le tome 1 :

« Un roman très prometteur, digne des romans fantasy à succès. » (Book n’Geek)

« Elen Brig Koridwen pose des valeurs, des questions, des problématiques très humaines et on ne peut qu’en être touché. Fort, spécial et talentueux ! » (La voix du livre)

« On sort grandis de notre lecture » (Palace of Books)

« Un super roman qui est parti pour conquérir le monde ! » (Le cinéma des livres)

« Une œuvre qui ne ressemble à aucune autre » (Passion littéraire)

« Tout le monde y trouve son compte » (Lecture en blog)

« Un roman solidement construit, de lecture très agréable, où l’on ne s’ennuie jamais. Et l’omniprésence d’un humour qui n’épargne personne… » (Chapitre zéro)

« Un livre qui peut se lire à tous les âges avec un point de vue différent à chaque fois » (Manque de sommeil chroniques)

« Passé le premier chapitre on entre vite dans l’addiction… on veut savoir… on lit et on lit… Lecture, fascinante, émouvante, initiatique, envoûtante, stressante parfois, mais une lecture où l’on veut savoir la suite. » (La mélodie des crayons)

« Une vraie pépite, riche, bien écrite, palpitante, drôle, émouvante,… Un grand bravo ! » (Ma bouquinerie)

« Une saga en cours d’écriture qui gagne à être connue, car elle fera à mon avis le bonheur de beaucoup de lecteurs. » (Arieste overblog)…

On trouve dans ton roman beaucoup de références scientifiques, mystiques, symboliques… ; ça représente un gros travail de recherche et de documentation, comment procèdes-tu ?

En effet, ma culture générale n’y suffirait pas, même si la saga touche aussi à certains de mes domaines de compétence. Entre 2007 et 2009, j’ai lu de nombreux livres afin d’approfondir certains sujets, tels que l’ésotérisme.

En dehors de cela, Google est mon ami. 🙂 Je recherche des sources fiables et je recoupe toujours le plus de documents possible pour vérifier les informations ; du coup, j’ai dû ingurgiter des centaines de pages de textes parfois ardus, d’où la lenteur de rédaction du premier tome : plus de 10 000 heures de travail, rien que pour la première édition de 2012 ! Désormais, cela va plus vite.

Par précaution, je fais valider tous les éléments scientifiques par des personnes compétentes.

Tout cela au fil de l’écriture, et non pas en amont ; ce qui m’a permis en de nombreuses occasions d’étoffer mes intrigues ou d’ajouter des développements imprévus, à partir d’un élément intéressant découvert au passage.

Comment travailles-tu sur la suite d’EELA ? Tu as déjà la trame complète en tête, juste les grandes lignes ou tu es en roue libre ?

Dès le départ, j’avais une idée précise de l’histoire dans son ensemble ; j’ai peaufiné les détails au fil de mes recherches documentaires.

Le plan général a été rédigé dès le départ ; c’est indispensable dans le cas d’une saga aussi longue, avec des intrigues aussi fouillées. Comme le regretté Robert Jordan, je tiens des notes qui, s’il m’arrivait malheur, permettraient éventuellement à un autre auteur d’achever EELA.

Mais je me réserve toujours une part d’improvisation, d’une part pour que les intrigues demeurent vivantes et fécondes, d’autre part pour m’adapter au contexte géopolitique et aux avancées technologiques, deux aspects qui tiennent une grande place dans la saga.

Comme tout lecteur passionné je suis du genre impatient ; sais-tu approximativement combien de temps il te faudra pour achever ton « grand oeuvre » ?

Je fais te faire une réponse de Normand : ça dépend.

Tu emploies le mot Grand-Œuvre : EELA est effectivement mon œuvre la plus ambitieuse, celle que je tiens à achever avant de mourir. J’y travaille chaque fois que je peux, et je m’y consacrerais entièrement si, du fait de mon état de santé, je n’avais pas de si maigres revenus que chaque vente d’un autre titre compte beaucoup pour m’aider à boucler mes fins de mois. Car pour le moment, le succès d’EELA demeure confidentiel, malgré un certain buzz à sa sortie en 2012 (mais alors, j’étais éditée ; puis l’éditeur a pris sa retraite, et j’ai dû repartir de zéro en 2015).

Cette nouvelle situation a une autre conséquence. Même si je peux écrire très vite, je fonctionne beaucoup à l’enthousiasme. EELA bénéficie de quelques fidèles soutiens, mais j’aurais grand besoin d’un nouveau fan-club pour souffler sur les braises  et me maintenir dans l’action. C’est pourquoi je te suis très reconnaissante de t’intéresser à son cas ! 🙂

Pour faire patienter / baver tes lecteurs, peux-tu nous donner des indices sur la suite du parcours d’Elie ?

Oui, bien volontiers. À partir du tome 2, dont le premier volume (sur 3) L’Arbre des Mondes est déjà paru, Élie va accomplir un tour du monde à la découverte d’autres cultures, d’autres formateurs… et d’autres péripéties : Dans le tome 1 Les trois Sages elle séjournait en Bretagne ; dans le tome 2 Rendez-vous au Paradis elle sera au Sahel et en Afrique sub-saharienne ; dans le tome 3 L’Alliance, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ; dans le tome 4 Les sauveurs aux mains nues, en Asie du Sud-Est et en Océanie ; dans le tome 5 Les sept Sphères, en Extrême-Orient ; dans le tome 6 Cybervie, en Amérique centrale et aux deux Pôles ; dans le tome 7 L’Arbre d’or, en Amérique du nord ; dans le tome 8 Le marais des âmes, en Amérique du sud ; et dans le tome 9 Jugement dernier, en Europe, où l’histoire s’achève d’une façon qui, je l’espère, scotchera les lecteurs. 🙂

À chaque fois, Élie vieillit d’un nombre d’années correspondant au numéro du tome : elle a 10 ans à la fin du tome 1, 12 à la fin du tome 2, 15 à la fin du tome 3… et 54 à la fin du dernier tome. Toujours la symbolique du chiffre 9.

Après / pendant l’écriture d’EELA, as-tu déjà d’autres projets en tête ?

J’ai toujours au moins trois ou quatre projets en parallèle, ce qui me permet de varier les travaux d’écriture en fonction de mon humeur ou de ma disponibilité. Un Apéribook, c’est entre 1 et 5 jours d’écriture, donc une semaine de travail en contrepoint de mes autres activités. Je termine ou peaufine aussi d’anciens manuscrits restés dans mes tiroirs ou sur mes disques durs. Comme il faut bien subsister, j’ai depuis peu un projet plus « alimentaire », comme on dit : une idée rigolote de polar, peut-être une future série, mais  dont l’écriture ne nuirait pas trop à celle d’EELA.

Tu touches un peu à tous les genres à travers tes romans et nouvelles, as-tu un genre de prédilection ? Et a contrario un genre auquel tu ne te frotteras pas ?

Je peux difficilement parler d’un genre de prédilection, dans la mesure où la plupart de mes ouvrages sont multigenres. J’aime toucher à tout, j’ai même écrit de l’érotique et de l’horreur. 🙂 En revanche, je ne me verrais pas faire de la littérature industrielle, soigneusement dépourvue de style et bourrée de clichés – je dis bien « soigneusement », parce qu’il est prouvé que c’est la recette standard pour que cela se vende comme des petits pains.

Il en faut pour tous les goûts et je me veux tolérante, mais je suis tout de même hostile à la littérature industrielle, qui, en plus de ne pas mériter le nom de littérature, a le grave inconvénient d’abaisser peu à peu le niveau d’exigence du grand public ; lequel, du coup, boude les ouvrages plus élaborés (« normaux », quoi !) qu’il trouve trop compliqués. Il n’y a qu’à lire certaines chroniques pour comprendre le malaise…

Les fast-foods ont habitué le palais des Français à la malbouffe, bien que nous soyons un pays de haute gastronomie. De même, les fast-books rodent le lectorat à des livres minimalistes, avalés juste pour l’histoire, voire « pour se vider la tête », sans souci de qualité. Même en France, qui fut aussi un pays d’immense rayonnement culturel, cette dérive fait les choux gras de l’édition, dont le but est de vendre des produits de grande consommation : aussitôt lus, aussitôt oubliés, et au suivant !

Tout cela pour dire que je serais incapable de me forcer à écrire vite fait mal fait un livre genre 50 nuances de Grey ou Twilight, ou encore une romance style Harlequin, même si la recette est très facile à mettre en œuvre et si c’est quasiment le seul moyen de vivre de sa plume… Je ne veux certes pas dénigrer les auteurs de ces genres-là, qui ont raison, après tout, et maîtrisent souvent un savoir-faire très respectable. Seulement, ce n’est pas mon truc ! Je sais que certains lecteurs me jugeront élististe, voire arrogante, mais je persiste et signe : la facilité n’a jamais tiré personne vers le haut, et je souhaite à tout le monde de voler plutôt que de ramper. Or, si les pouvoirs absolus ont toujours aimé brûler des livres, et si aujourd’hui, l’on enterre la soif de culture avec autant de complaisance, c’est parce que le meilleur moyen de mener les gens par le bout du nez, c’est de les abrutir de divertissements creux. Alors, la romance industrielle, c’est mieux que la télé, mais guère… Je ne suis pas du tout d’accord avec les personnes qui proclament « peu importe, pourvu qu’ils lisent ! ». Je préférerais que l’on ait à cœur de nourrir ces lecteurs avec des mets de choix, qu’on les rende exigeants, compétents, pointilleux ; ils/elles ne s’en laisseraient plus conter par le premier escroc, charmeur ou politicien qui passe.

Est-ce que Elen la lectrice a les mêmes goûts que Elen l’auteure ?

Oui : les deux sont très éclectiques. Je lis et écris absolument dans tous les genres, sans aucun a priori ! Sauf quant à la qualité. Je l’avoue, je suis de plus en plus difficile, et je ferme neuf livres sur dix dès la première page : fautes, clichés, platitudes, maladresses me rebutent, il y a tant de belles œuvres que je ne pourrais pas lire en cent vies ! Quand le thème ou le ton me séduisent malgré tout, je propose parfois une réécriture bénévole. Sinon, je passe mon chemin. À force de lire (un jour, des amis se sont amusés à calculer avec moi : j’avais quelque 7 000 livres au compteur ^^), on devient tatillon.  Ou facile à contenter, au contraire, si l’on ne lit que du fast-book ! Tout lecteur est l’otage de sa bibliothèque…

Merci de m’avoir consacré un peu de ton temps. En bon gentleman, je te laisse le mot de la fin.

Merci à toi, my Lord, pour cette belle rencontre. C’est la devise d’EELA : « le hasard n’existe pas »… 😉

 
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Publié par le 17 septembre 2016 dans Bouquins

 

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