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Archives de Tag: Taurnada

[BOUQUINS] Xavier Massé – Némésis

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X. Massé - Némésis

Titre : Némésis
Auteur : Xavier Massé
Éditeur : Taurnada
Parution : 2020
Origine : France
308 pages

De quoi ça cause ?

Quand le paisible village d’Assieu est secoué par le meurtre atroce d’un nourrisson, Vincent appelle à la rescousse son ami d’enfance, David, lui aussi originaire du village. Les deux fils d’Assieu, devenus flics, vont être confrontés à une enquête qui dépasse tout ce à quoi ils pouvaient s’attendre…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada, une maison d’édition dont le catalogue réserve souvent de belles surprises.

Parce que c’est Xavier Massé et que son précédent roman, L’Inconnue De L’Équation, m’avait séduit à plus d’un titre.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée et l’envoi de ce roman.

Comme souvent avec les titres proposés par Taurnada, vous allez vous engager dans une lecture courte, mais intense ; il ne vous faudra que quelques heures pour dévorer ce roman (pour ma part, avalé d’une traite), mais il vous trottera encore longtemps dans les méninges après l’avoir refermé.

Xavier Massé connaît bien le village d’Assieu (Isère) puisqu’il y a passé son enfance. Dans ses remerciements en fin d’ouvrage, l’auteur s’excuse d’avoir fait d’un endroit aussi paisible le théâtre d’une intrigue aussi sombre.

Il faut dire que d’entrée de jeu l’auteur marque les esprits avec une scène de crime doublement sordide ; d’abord parce que la victime est une petite fille de 4 mois, ensuite parce que le corps a été atrocement mutilé.

Voilà, ça c’est fait ! Désormais vous savez où vous mettez les pieds… Sauf que Xavier Massé ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, comme le chante (qui a dit le bêêêle ?) fort justement ce brave Francis (qui a dit Lalanne ?): Et ça continue encore et encore / C’est que le début d’accord, d’accord…

Avec un point de départ pareil, on aurait pu craindre que Xavier Massé ne s’échoue sur les écueils de la surenchère gratuite, il n’en est rien. Le gars mène sa barque avec brion tout dans son intrigue est parfaitement pensé et trouve la place qui lui correspond le mieux pour guider, au terme d’un jeu de piste morbide, vers un final qui ne laissera aucune question sans réponse.

Face à un assassin qui ne sème aucun indice et semble toujours avoir un coup d’avance sur la police, deux jeunes flics originaires d’Assieu. Vincent Juron n’a jamais quitté son village natal et en connaît donc tous les habitants. De son côté David Massiènas est parti pour Lyon avec sa mère alors qu’il était adolescent. Deux amis d’enfance qui se retrouvent (à la demande de Vincent) à la tête d’une enquête où tout semble défier la raison et le bon sens.

Si la complicité entre les deux amis est indéniable, on sent toutefois qu’il y a des non-dits de la part de Vincent ; ainsi quand David pose certaines questions troublantes sur la situation à Assieu, son ami a une nette tendance à éluder ou à répondre par une banalité du genre : « c’est la même chose dans tous les villages ».

Des non-dits qui vont pousser David à creuser seul certaines pistes… et ainsi l’amener à déterrer les plus sombres secrets d’Assieu. Mais aussi à découvrir une vérité qu’il n’aurait pu soupçonne tant elle est impensable (et assez peu crédible à mon avis, mais on s’en fout, on est dans une fiction).

Je n’en dirai pas davantage, car déflorer une telle intrigue relèverait du crime littéraire (et ne comptez pas sur moi pour évoquer d’autres formes de déflorations criminelles, je suis quelqu’un de respectable). Comment réagir face au dilemme final auquel David va se retrouver confronté ? Pour en savoir plus, lisez ce roman !

Une fois de plus Taurnada propose un titre qui surprend et décoiffe. Il ne passe pas loin du coup double, mais devra se contenter d’un honorable coup de poing ; c’est la communauté qui lui vole son coup de cœur (une fois encore il faut avoir lu le roman pour comprendre ma réserve).

En bonus je vous offre les premières lignes de l’article de Wikipedia consacré à la Némésis de la mythologie grecque (sachant qu’elle ne contient aucun spoiler relatif au présent roman) :

Némésis est une déesse de la mythologie grecque, mais aussi un concept : celle de la juste colère (des dieux) et du châtiment céleste. Son courroux s’abat en particulier sur les humains coupables d’hybris : démesure, mégalomanie. Elle est ainsi parfois assimilée, à la fois, à la vengeance et à l’équilibre.

MON VERDICT
Coup de poing

 
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Publié par le 10 novembre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Estelle Tharreau – La Peine Du Bourreau

AU MENU DU JOUR

E. Tharreau - La peine du bourreau

Titre : La Peine Du Bourreau
Auteur : Estelle Tharreau
Éditeur : Taurnada
Parution : 2020
Origine : France
256 pages

De quoi ça cause ?

McCoy est « bourreau » au Texas. Après 42 ans passés dans le couloir de la mort, il reçoit la visite officieuse du Gouverneur Thompson qui doit se prononcer sur la grâce du condamné numéro 0451.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada, une raison qui se suffirait à elle-même.

Parce que c’est Estelle Tharreau et que j’avais adoré son précédent roman, Mon Ombre Assassine.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée et l’opportunité de découvrir ce roman en avant-première (parution le 1er octobre).

Comme de nombreux lecteurs, j’ai l’habitude de lire des romans d’auteurs français dont l’action se situe aux États-Unis (c’est sans doute encore plus vrai pour les lecteurs de thrillers) et cela ne me dérange pas outre mesure. Je pense toutefois pouvoir affirmer que jamais je n’ai autant eu l’impression de lire un roman 100% américain qu’en lisant le dernier bébé d’Estelle Tharreau.

L’auteure se penche sur le fonctionnement du système judiciaire américain, et plus particulièrement celui du Texas, un des états qui met le plus de zèle à appliquer la peine de mort. Dans son avertissement, en préambule à l’intrigue proprement dite, Estelle Tharreau précise que si les criminels mentionnés dans son roman sont fictifs, elle s’est attachée à rester fidèle au fonctionnement de la machine judiciaire. Et ça sent de la première à la dernière page de son bouquin, le réalisme est glaçant.

En donnant voix à des personnages 100% made in Texas, c’est le Vieux Sud qui s’exprime… avec ses opinions souvent tranchées et sans appel qui ne manqueront de hérisser le poil des lecteurs. Un choix totalement assumé qui vient renforcer l’immersion dans son intrigue et son impressionnant réalisme (non, je ne radote pas… j’insiste uniquement parce qu’il le vaut bien).

Un roman qui s’inscrit dans l’actualité du moment alors que le mouvement Black Lives Matter tient encore le haut de l’affiche (un mouvement parfaitement légitime mais trop souvent galvaudé par certaines prises de position en France) et que de plus en plus de français se disent favorables à un rétablissement de la peine de mort. Difficile de faire plus actuel, n’est-il point ?

Au fil des chapitres le lecteur alternera entre deux arcs narratifs, le récit du bourreau et les souvenirs du condamné à mort.

Le bourreau (ou exécuteur de peine dans sa dénomination officielle plus édulcorée) c’est McCoy, 42 ans de service dans le couloirs de la mort et de nombreuses exécutions à son actif. À la demande du gouverneur il va raconter son parcours à travers les rencontres (et souvent les exécutions) les plus marquantes qui ont jalonné sa carrière. Mais pas que… au fil des ans il finira par ne plus du tout avoir foi dans le système judiciaire qu’il est sensé servir.

Le condamné à mort a renoncé à son patronyme pour se faire appeler Ed 0452 (son numéro d’écrou), en silence il se souvient de son parcours hors du commun ; ou comment un jeune homme encore plein d’illusions devient employé du bureau du shérif avant de se transformer en tueur en série et finalement se retrouver dans le couloir de la mort.

Ce bouquin m’a quasiment pris aux tripes d’emblée pour ne plus me lâcher jusqu’au clap de fin, difficile, pour ne pas dire impossible, de rester de marbre face à un récit d’une telle intensité. Après chacun voit midi à sa porte quant à ses prises de positions sur la question de la peine de mort ; ce roman a au moins le mérite de remettre les choses en perspective et de faire réfléchir le lecteur (à défaut de le faire changer d’avis).

Je mentirai si je disais que la fin m’a pris de court, je la voyais se profiler comme une évidence. Il n’en reste pas moins qu’elle est particulièrement bien trouvée et vient renforcer un récit déjà intense et émotionnellement chargé.

Une totale réussite à laquelle je ne peux décemment pas accorder autre chose que la note maximale et un coup double (coup de cœur / coup de poing) amplement mérité.

MON VERDICT
Coup double

Morceaux choisis :

La mort, on s’habitue à la voir, mais pour la souffrance, c’est plus long. Je ne sais même pas si c’est possible.

Tuer pour sauver la vie d’innocents pouvait être une façon d’aimer et de protéger.

Ce qui est juste et la justice sont deux choses très différentes.

« Vous avez déjà vu le certificat de décès d’un condamné à mort, Gouverneur ? »
Imperceptiblement, Thompson fit non de la tête.
« Dans la case “cause de la mort”, l’administration inscrit “HOMICIDE”. »

Et pour finir sur un ton un peu plus décalé mais totalement raccord avec le thème du bouquin, je cède la place au regretté Franquin avec une planche extraite de ses Idées Noires :

Idées Noires 1/2
Idées Noires 2/2

 
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Publié par le 26 septembre 2020 dans Bouquins

 

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(BOUQUINS] Mehdy Brunet – Goliat

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M. Brunet - Goliat
Titre : Goliat
Auteur : Mehdy Brunet
Éditeur : Taurnada
Parution : 2020
Origine : France
256 pages

De quoi ça cause ?

Septembre 2016. David Corvin, ancien agent du FBI reconverti dans la sécurité, et son épouse Abigael, scientifique, embarquent pour une mission commune sur la plateforme Goliat au cœur de la mer de Barents. Ils ignorent encore qu’un tueur en série est déterminé à poursuivre son œuvre destructrice sur Goliat…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada, et pis c’est tout !

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, qui me donnent l’opportunité de découvrir ce roman en avant-première (parution le 3 septembre).

Goliat est le troisième roman de Mehdy Brunet, bien que les deux précédents figurent depuis leur sortie dans mon Stock à Lire Numérique, je n’ai jamais pris le temps de les découvrir. Celui-ci étant indépendant des précédents je me suis dit que c’était l’occasion rêvée de découvrir, enfin, l’univers littéraire de l’auteur.

Pour l’essentiel Mehdy Brunet construit son intrigue autour de deux axes temporels. En 2014 on suit deux agents du FBI qui traquent un tueur en série qui en est à sa cinquième victime sans laisser le moindre indice à la police. En 2016 David et Abigael arrivent sur la plateforme Goliat alors qu’une violente tempête menace.

Au-delà de ces deux axes principaux, l’auteur nous renvoie d’abord 2013 alors qu’un appareil de la compagnie Asiana Airlines reliant Séoul à San Francisco s’écrase au cours de sa phase d’atterrissage. Dès lors, pas besoin d’être un enquêteur hors pair pour que les différentes pièces du puzzle s’emboîtent avant même que Mehdy Brunet ne lève le voile sur l’identité de son tueur en série et ses motivations.

Enfin quelques chapitres nous invitent à suivre David Corvin (et sa gueule de bois) en 2019. Là encore ça vient casser le suspense ; d’entrée de jeu on sait que les choses vont mal tourner ce qui n’est pas top pour ménager le suspense.

N’allez surtout pas croire que ce roman ne vous réservera aucune surprise, si les grandes lignes s’imposent comme une évidence, certains revirements ne manqueront toutefois pas de vous étonner.

Certes j’aurai apprécié une construction de l’intrigue qui ménage davantage le suspense, mais ce petit bémol n’a pas vraiment interféré dans mon plaisir de lecture. J’ai dévoré le bouquin le temps d’un week-end, n’interrompant ma lecture qu’à regrets.

Mehdy Brunet accorde beaucoup d’attention à ses personnages, sans aller jusqu’à brosser un profil psychologique complet, chacun a sa propre personnalité, son caractère et des réactions adaptées à ce qu’il (elle) est.

Ainsi quand on croise pour la première fois David et Abigael, leur couple est dans le creux de la vague avant de remonter la pente ; cette mission commune sur Goliat est l’occasion de sceller leur volonté de prendre un nouveau départ.

Le choix d’une plateforme au cœur de l’océan Arctique, alors que les éléments se déchaînent à l’extérieur, contribue à instaurer une ambiance oppressante qui ira crescendo au fil de l’avancée de l’intrigue.

Concernant les motivations du tueur en série, et tout en restant volontairement dans le vague, je dirai simplement que ses victimes ont fait un choix qui n’appartient qu’à elles seules, un choix que personne ne peut faire à leur place et que personne n’a le droit de juger (et encore moins de condamner).

Il y a encore quelques années j’aurai pu être une victime potentielle d’un tel tueur en série, aujourd’hui j’ai changé d’avis sur la question (sans avoir été directement confronté à la problématique) et j’ai en permanence dans mon portefeuille un document faisant état de ce choix. Ce revirement personnel ne m’empêche nullement de respecter la volonté de ceux et celles qui ont fait le choix contraire.

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Publié par le 17 août 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Christian Guillerme – Urbex Sed Lex

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C. Guillerme - Urbex sed lex
Titre : Urbex Sed Lex
Auteur : Christian Guillerme
Éditeur : Taurnada
Parution : 2020
Origine : France
248 pages

De quoi ça cause ?

Contre une belle somme d’argent, quatre jeunes passionnés d’urbex sont mis au défi de passer une nuit dans un sanatorium désaffecté. Ils vont relever le challenge, mais, une fois sur place, ils vont se rendre compte qu’ils ne sont pas seuls dans cet immense endroit abandonné… Et très vite comprendre qu’ils n’auraient jamais dû accepter cette proposition.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada, leur sélection thrillers réserve souvent de belles surprises.

Ma Chronique

L’urbex (pour urban exploration en anglais, et donc exploration urbaine en français) est une discipline qui a le vent en poupe depuis quelques années. Les urbexeurs explorent des lieux souvent laissés à l’abandon par l’homme (et de préférence interdits d’accès), soit dans le but d’y laisser leur marque, soit pour ramener de leurs excursions des photos, soit simplement pour le plaisir de braver l’interdit (et accessoirement le danger).

Vous l’aurez compris le titre du roman est une adaptation très libre de la locution latine « Dura lex, sed lex » (La loi est dure, mais c’est la loi), que l’on pourrait traduire par L’urbex c’est la loi ; mais c’est surtout la devise des quatre amis explorateurs urbains qui vont se retrouver au cœur d’un piège mortel. À leur décharge le défi était plus que tentant… et lucratif !

Dès le prologue Christian Guillerme nous plonge au cœur de l’action et annonce la couleur, sous sa plume l’urbex va rapidement se teinter de rouge sang.

Le roman est court (comme souvent avec les titres proposés par Taurnada), mais ne manque pas d’intensité dans son intrigue. Une intrigue que l’auteur fait progressivement monter en puissance ; et une fois que la chasse est lancée, le lecteur aura bien du mal à lâcher le bouquin !

Il faut dire que le cadre, un sanatorium désaffecté, est idéalement choisi pour contribuer à alourdir une atmosphère déjà pesante et à instiller une bonne dose d’angoisse dès la découverte de l’endroit.

Malgré quelques choix stylistiques douteux et des dialogues parfois peu crédibles, la lecture reste globalement fluide ; le côté addictif de l’intrigue fait même rapidement oublier ces petits défauts de pure forme.

L’écriture et le style sont très visuels, on a vraiment l’impression de vivre l’aventure avec nos quatre héros… et plus d’une fois on se surprendra à retenir notre souffle. Mais rien n’y fait, Christian Guillerme n’y va pas avec le dos de la cuillère quand il s’agit de malmener ses personnages.

Et pourtant ils sont sympas ces quatre potes (deux jeunes couples) liés par une amitié solide et une passion commune. Face à eux, des chasseurs / tueurs implacables, dénués de toute forme d’empathie, pour qui la mise à mort est devenue une course à l’adrénaline et un jeu.

Une fois de plus Taurnada frappe juste et fort avec un thriller court, mais efficace qui vous tiendra en haleine jusqu’à son dénouement.

À l’heure de clore cette chronique, je tiens à signaler que, même si la tentation fut grande, je n’ai fait aucune allusion douteuse et/ou grivoise à la marque Durex… et pourtant il y aurait matière (et je ne parle pas forcément de latex) à jouer avec les rimes.

MON VERDICT

 
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Publié par le 27 juillet 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Tito Desforges – La Machine À Brouillard

AU MENU DU JOUR

T. Desforges - La machine à brouillard

Titre : La Machine À Brouillard
Auteur : Tito Desforges
Éditeur : Taurnada
Parution : 2020
Origine : France
217 pages

De quoi ça cause ?

Alors que Mac Murphy et fille, Louise, s’offrent une virée dans le bush australien, ils font un stop à Grosvernor-Mine, un patelin paumé au milieu de nulle part.

Le père et la fille s’installent à u ne table de l’unique restaurant du bled. Mac Murphy passe la commande avant de s’éclipser le temps d’un rapide brin de toilette. À son retour, Louise a disparu. Persuadé qu’elle a été kidnappée, Mac Murphy va tout mettre en œuvre pour la retrouver, quitte à se battre seul contre tous…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada et que Joël m’a aimablement proposé de découvrir ce titre.

Le fait que l’histoire se déroule en Australie est pour moi un plus indéniable.

Ma Chronique

Merci aux éditions Taurnada et tout particulièrement à Joël pour l’envoi de ce roman.

Malgré une quatrième de couv’ alléchante et une intrigue qui se déroule en Australie, mon premier réflexe a été plus que mitigé, genre : « Oh putain non, pas ça ! Pas encore un barjot vétéran du Vietnam… j’ai eu ma dose. ». Ceux qui me suivent auront compris que je fais allusion au roman Je Suis Le Fleuve de T.E. Grau.

Ici la narration est beaucoup plus brute de décoffrage puisque c’est Mac Murphy (et son esprit un tantinet instable) nous livre sa version des faits. Un témoignage parfois décousu, pour ne pas dire embrouillé.

Tito Desforges adapte son écriture à son héros, peu (voire pas) d’effets de style. Au fur et à mesure que l’esprit de Mac Murphy pédale dans la semoule, les mots s’emmêlent, les répétitions s’enchaînent, la ponctuation disparaît. On est en totale immersion dans la peau du personnage, on s’enlise avec lui avant de refaire surface.

Ce n’est pas la narration débridée de Mac Murphy qui a fait que je n’ai pas réussi à adhérer au personnage, cela tient davantage aux incohérences qui m’ont sauté aux yeux dès les premiers chapitres. Le gars s’est engagé pour le Vietnam en 1974, il avait alors 16 ans ; un rapide calcul mental permet donc d’en déduire qu’il est né en 1958. L’action contemporaine se déroule en 2019, il a donc 61 ans. Sa fille, Louise, a 13 ans ce qui voudrait dire qu’il a été père a 48 ans… pas impossible en soi, sauf que ça ne colle pas avec d’autres éléments du récit.

Le roman alterne entre les entretiens de Mac Murphy avec le Dr Zimmers, le médecin en charge du bonhomme au Centre de [Confidentiel Défense], et le témoignage que le patient met (tant bien que mal) par écrit. On sent bien que le toubib essaye, avec beaucoup de précaution et de doigté, de mettre Mac Murphy face à ses contradictions et incohérences.

Le bouquin est court et se lit quasiment d’une traite, parce que même sans adhérer complètement on a envie de connaître le fin de l’histoire.

J’étais en effet curieux de savoir jusqu’où pouvait aller la confusion et les amalgames entre le témoignage de Mac Murphy et sa situation réelle. À ce titre je tire mon chapeau à Tito Desforges pour son explication finale, non seulement je l’ai trouvée plus que convaincante, mais en plus j’ai été complètement bluffé.

Malgré tout, une fois n’est pas coutume (c’est même une première venant d’un titre des éditions Taurnada), la sauce n’a jamais réellement pris. Malgré d’indéniables qualités, il m’a manqué, du début à la fin, un petit quelque chose qui aurait servi de liant à l’ensemble de l’intrigue.

Petite précision de la part d’un amateur de bourbon et occasionnellement d’un buveur de whisky. En aucun cas un bourbon ne peut être qualifié de « pur malt », pour la simple et bonne raison qu’un bourbon, pour mériter cette appellation, doit être à base de céréales composées d’au moins 51% de maïs.
L’appellation « pur malt » (single malt en anglais) est réservée aux whiskies dont la base est uniquement de l’orge maltée. Les whiskies à base d’orge maltée mélangée à d’autres céréales sont quant à eux des blended whiskies (blend pour les amateurs). Et ceux à base de céréales non maltées (maïs, seigle ou blé) sont des grain whiskies.
Tout ça pour dire que le Four Roses et bel et bien un bourbon, donc quand Mac Murphy en prend une lampée, il ne peut en aucun cas s’envoyer un pur malt. CQFD.

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Publié par le 15 février 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Isabelle Villain – Blessures Invisibles

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I. Villain - Blessures invisibles

Titre : Blessures Invisibles
Série : Groupe de Lost – Tome 4
Auteur : Isabelle Villain
Éditeur : Taurnada
Parution : 2020
Origine : France
253 pages

De quoi ça cause ?

Le major Maraval est retrouvé mort à son domicile, une balle dans la tête, son arme à la main.

La thèse du suicide est pourtant très vite abandonnée par le groupe du commandant Rebecca de Lost, et les pistes militaires et familiales se multiplient.

Dans le même temps, le « tueur au marteau », demeuré silencieux depuis l’enterrement du capitaine Atlan, décide de reprendre du service.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est l’occasion de retrouver le groupe de Lost, un groupe découvert fin 2018 avec le précédent roman (troisième du nom dans la série), Mauvais Genre.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée. J’aurai pu (et peut être même dû) lire et chroniquer ce roman en avant-première, mais comme souvent en période de congés, j’ai pris beaucoup de retard dans mes lectures entre fin décembre et mi-janvier.

Le hasard a voulu que ce roman traite lui aussi du syndrome de stress post traumatique (SSPT) mais Isabelle Villain aborde la question sous un autre angle ; une approche beaucoup plus humaine qui ne peut que susciter l’empathie pour les victimes.

Un syndrome qui fait encore trop souvent l’objet d’un déni évident de la part de certains militaires, comme l’auteure le fait dire à un de ses personnages, un ancien militaire interrogé dans le cadre de la mort du major Maraval :

Je vais vous dire un truc. Le SSPT, ça n’existe pas. C’est une connerie inventée par des faibles en retour de mission. Des gars qui ne sont tout simplement pas faits pour la vie militaire. Des gars qui feraient mieux d’aller bosser dans un bureau, 35 heures par semaine.

Ou comme le soulignera la femme de la victime quelques chapitres plus tard :

Le problème avec le SSPT, c’est que la plupart des gens ne le reconnaissent pas. Le burn-out n’est plus tabou dans la vie civile, alors pourquoi est-ce si compliqué chez les militaires ?

Une enquête qui poussera donc le groupe de Lost à se frotter à l’armée, sauront-ils faire en sorte que les langues se délient au cœur de la « Grande Muette ». Histoire de me coucher moins con ce soir, j’ai appris grâce à ce roman d’où venait ce surnom de grande muette ; comme je suis sympa je partage avec vous cette courte pause culturelle :

En 1848, le gouvernement a accordé le droit de vote à tous les hommes. À tous, sauf aux militaires. Pour qu’ils ne se barrent pas aux quatre coins du pays au moment des élections, qu’il disait… Et surtout pour ne pas prendre parti dans les luttes politiques. La France avait décidé qu’on devait fermer notre gueule. Le gouvernement a même permis aux femmes de voter un an avant nous. C’est tout dire… Alors on a conservé cette tradition du silence. Un soldat doit fermer sa gueule. Un point, c’est tout !

Mais l’enquête autour de la mort d’Alexandre Maraval ne se limitera pas à l’armée, les enquêteurs vont aussi devoir interroger ses proches et son entourage familial. Un programme plutôt chargé au menu. Sans compter sur le retour (annoncé à la fin du précédent opus) du « Tueur au marteau », plus déterminé que jamais à se frotter à Rebecca de Lost.

Une double enquête qui donnera maintes opportunités à Isabelle Villain de brouiller les pistes et même d’orienter ses enquêteurs (et ses lecteurs) vers de fausses pistes. L’auteure maîtrise son intrigue de bout en bout, telle une chef d’orchestre virtuose, elle bat la mesure et impose le rythme sans la moindre fausse note.

Incontestablement l’autre point fort du roman réside dans ses personnages. L’auteure apporte énormément de soin à dresser leurs personnalités et à faire évoluer leurs relations. Je pense notamment à la relation entre Rebecca et Tom, forcément rendue compliquée par la conclusion du précédent opus. Mais aussi à la relation quasi fusionnelle qui existe au sein de groupe de Lost, plus soudé que jamais, tant par le défi des enquêtes à résoudre, que par le décès brutal d’Antoine Atlan.

J’ai dévoré le bouquin en deux bouchées ; j’aurai pu n’en faire qu’une, mais il fallait bien que je justifie mon salaire en allant bosser. J’ai vibré intensément avec le groupe de Lost, en totale immersion au sein de l’équipe.

Les deux premiers tomes ayant fait l’objet d’une réédition par Taurnada, je me les suis offert sans la moindre hésitation. Reste à trouver le temps de leur trouver une petite place au sein du programme de mes futures lectures.

MON VERDICT

 
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Publié par le 21 janvier 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Noël Boudou – Benzos

AU MENU DU JOUR

N. Boudou - Benzos

Titre : Benzos
Auteur : Noël Boudou
Éditeur : Taurnada
Parution : 2019
Origine : France
222 pages

De quoi ça cause ?

Nick souffre d’insomnies chroniques, pour y remédier il se gave de somnifères. Il va pourtant falloir qu’il assure pour accueillir un couple d’amis venus passer quelques jours de vacances chez lui. D’autant que Chloé, sa femme, ne pourra lui prêter main forte, elle est en effet en déplacement professionnel.

Les vacances vont rapidement tourner au cauchemar pour Nick, moins il comprend ce qui lui arrive, plus il gobe ses précieux cachetons…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Noël Boudou. Son premier roman, Elijah, m’avait emballé par sa noirceur et sa violence… mais pas que !

Parce que Joël, des éditions Taurnada, m’a gentiment proposé de découvrir ce roman en avant-première (sortie le 14 novembre). Une offre pareille, ça ne se refuse pas.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement Joël et les éditions Taurnada pour leur confiance renouvelée. Et leur impressionnant catalogue, qui n’en finit pas de me surprendre par ses nombreuses pépites.

Noël Boudou fait partie de ces auteurs qui frappent fort d’entrée de jeu, en 2017 son premier roman, Elijah, m’avait littéralement laissé sur le cul. Une véritable perle de noir et de violence mais aussi de lumière et d’espoir.

Un premier roman qui place la barre très haut c’est un sacré challenge pour le second (et les suivants). Forcément le lecteur attend le même niveau, voire même un cran au-dessus ; d’autant plus qu’il ne sera pas aussi indulgent que pour un premier roman. Il n’empêche que c’est plutôt confiant que je me suis lancé dans Benzos (oui, oui, je parlais de moi à la troisième personne dans la phrase précédente… syndrome de Jules César ?).

Vous aurez peut-être deviné que le titre fait référence aux benzodiazépines (BZD pour les intimes) qui sont les principes actifs de bon nombre de somnifères et autres anxiolytiques. En l’occurrence ce sont les cachetons que Nick consomme comme des friandises :

Je pourrais chercher des solutions concrètes, affronter mes problèmes comme un homme, seulement voilà, je suis totalement accro à cette merde. Le premier réflexe de mon corps à la moindre petite contrariété : avaler un comprimé ou deux ou trois. Je suis tellement habitué à cette réaction que mes besoins sont automatiquement calculés par mon organisme. Il me réclame la dose nécessaire à m’apaiser en fonction du dilemme auquel je suis confronté.

Avec Benzos l’auteur change son fusil d’épaule, si l’intrigue reste bien noire on est davantage dans le thriller psychologique que dans l’hyper-violence. Pour nous faire vivre son intrigue, Noël nous invite dans la tête de Nick (autant vous prévenir de suite, un voyage dans la tête d’un accro aux BZD n’est pas de tout repos) avec un récit à la première personne.

J’ai été happé par l’histoire (machiavélique à souhait) dès les premières pages, pris par une soudaine frénésie de lecture qui flirtait allègrement avec la boulimie ! D’ailleurs je n’exagérerai pas en disant que j’ai littéralement dévoré le roman de Noël Boudou, dégusté et digéré d’une traite ! Apprécié surtout, adoré même.

Bon d’accord il n’y a qu’un peu plus de 200 pages à lire mais je vous assure que l’intensité est présente de la première à la dernière page. La tension va crescendo et ce rythme endiablé ne connaît aucun répit. Comme dans Elijah l’auteur opte pour un style direct, sans fioritures ni chichis ; il nous assène les faits comme autant de coups de fouet, ou de coups de poing dans la tronche (à vous de choisir votre sévices favori).

Si Nick se pose beaucoup de questions (et ce ne sont pas les raisons de s’en poser qui manquent, surtout avec son esprit en permanence embrumé par les médocs, l’alcool et la beuh), je me suis pour ma part rapidement fait une idée assez précise de ce qui se tramait (et même du pourquoi de la chose). Idée qui s’avérera juste, ce qui ne m’a nullement empêché d’apprécier la dérive de Nick et surtout d’être totalement abasourdi par le dénouement.

De mon côté j’ai bien quelques questions en suspens concernant La Mort et Jean-Yves, mais ça ne m’empêchera pas de dormir et surtout ça n’influera en rien sur ma note finale.

Pour les cachetons et les pétards, je passe mon tour ; par contre pour le Jack Daniel’s je suis toujours partant (scout toujours prêt), plus encore avec en fond sonore un bon gros son Métal qui tabasse.

Noël si jamais tu passes par Nouméa mon invitation à partager un (et plus si affinités) Jack est toujours de rigueur. En la matière je suis comme Nick :

Moi, j’ai l’alcool généreux, la cuite abondante, quand je picole, seul ou accompagné, j’ai la main lourde.

MON VERDICT
Coup double

 
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Publié par le 30 octobre 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Christophe Royer – Lésions Intimes

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C. Royer - Lésions Intimes
Titre : Lésions Intimes
Auteur : Christophe Royer
Éditeur : Taurnada
Parution : 2019
Origine : France
393 pages

De quoi ça cause ?

Nathalie Lesage est capitaine à la Brigade de Répression du Proxénétisme (BRP) au fameux 36 Quai des Orfèvres. Elle et son équipe vont tout mettre en oeuvre pour démanteler l’organisation criminelle Gorgona qui a monté un important réseau de prostitution et autres déviances et perversions sexuelles…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Joël des éditions Taurnada m’a gentiment proposé de découvrir en avant-première (parution le 12 septembre) leur nouveau bébé ; c’est tout naturellement que j’ai accepté.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement Joël pour sa confiance renouvelée.

Une fois de plus les éditions Taurnada frappent fort et juste avec un thriller original, totalement maîtrisé et addictif au possible. La richesse et la qualité de leur catalogue n’en finissent pas de me surprendre.

Une fois de plus un thriller porté par une héroïne doté d’une forte personnalité. Nathalie Lesage a effectivement un caractère bien trempé, parfois même un tantinet impulsif. Outre son enquête visant à démanteler Gorgona, elle va aussi devoir comprendre le pourquoi du comment d’une voix qui lui parle dans sa tête. Oui, vous avez bien lu, notre héroïne entend une voix (qui s’appelle Stephy… pas Jésus, c’était déjà pris) et pourtant elle est loin d’être folle à lier…

Pour ma part j’avais deviné quasiment d’entrée de jeu la raison d’être de cette voix ; restait à savoir ce qui se cachait exactement derrière. On pouvait légitimement s’attendre à quelque chose de bien glauque et on va être servi en la matière.

Il faut dire que Christophe Royer s’attaque à du lourd en se penchant sur le large éventail de perversions sexuelles qu’une organisation criminelle pourrait mettre à profit pour s’enrichir. Et il ne ménage pas ses lecteurs ! Âmes sensibles s’abstenir, âmes prudes prendre vos jambes à votre cou !

J’ai eu de sérieux soupçons sur l’identité du cadre de Gorgona que Nathalie et son équipe traque avant que l’auteur ne lève le voile sur ce mystère. Et du coup le lien entre Gorgona et Stephy s’est précisé au fur et à mesure que mon soupçon se confirmait.

Même si les différentes pièces du puzzle s’agençaient dans ma caboche avant que Nathalie ne fasse l’amalgame des indices en sa possession, j’ai pris énormément de plaisir à suivre cette enquête, et il me restait tout de même certaines zones d’ombre à éclaircir.

Au niveau de l’équipe de flics, j’ai beaucoup aimé le personnage du brigadier-chef Félix Lopin, qui ne manquera pas une occasion de couvrir sa capitaine préférée. Et comme le reste de la brigade, j’ai trouvé que le lieutenant Stocovitch était un subtil mélange entre un trou du cul et une tête à claques.

Pour une première incursion dans le thriller, Christophe Royer sort honorablement son épingle du jeu. J’ai d’ailleurs été agréablement surpris, à la lecture des remerciements, de découvrir que l’auteur nous donne rendez-vous « très bientôt » pour une nouvelle aventure en compagnie de Nathalie. Nul doute que je serai au rendez-vous.

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Publié par le 3 septembre 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Xavier Massé – L’Inconnue De L’Equation

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X. Massé - l'inconnue de l'équation

Titre : L’Inconnue De L’Équation
Auteur : Xavier Massé
Éditeur : Taurnada
Parution : 2019
Origine : France
260 pages

De quoi ça cause ?

Une dispute familiale qui tourne mal, des tirs sont échangés, la maison est incendiée, le couple est mort, leur fils est en soins intensifs, entre la vie et la mort.

Deux témoins des faits, Mireille, la grand-mère de l’enfant (la mère du mari) et l’inspecteur Binger, une enquêtrice présente sur place, blessée lors de la fusillade.

Les inspecteurs Migue et Dida vont interroger les témoins pour tenter de faire la lumière sur ce drame.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que Joël des éditions Taurnada m’a proposé de découvrir ce titre en avant-première (parution le 16 mai).

Ma Chronique

Je remercie Joël et les éditions Taurnada pour leur confiance renouvelée et l’envoi de ce roman en SP..

Comme souvent chez Taurnada je trouve la couverture particulièrement soignée, même si, je dois bien avouer que je ne vois pas trop son rapport avec l’intrigue du roman. Il n’est en effet à aucun moment question de suicide dans ce bouquin.

La quasi-totalité de l’intrigue s’articule autour de l’interrogatoire des deux témoins des faits, chacun ignorant l’existence de l’autre. Interrogatoire qui va nous plonger dans une suite de flashbacks permettant de découvrir la vie de la famille Conut (les victimes) et l’enchaînement des faits ayant mené à cette issue tragique.

À ce niveau l’on notera que les enquêteurs n’auront que des témoignages indirects, essentiellement fondés sur les propos du père (c’est lui qui fera le récit des faits à sa mère puis à l’inspecteur Binger), pour se faire une idée de ce qu’était la vie de la famille Conut.

Xavier Massé concentre son récit sur les témoignages et les faits, les personnages étant simplement acteurs de son intrigue. L’absence de réelle personnalité des intervenants aurait pu être une faiblesse, mais elle n’empêche en rien l’instauration d’une réelle tension psychologique.

Comme les inspecteurs Migue et Dida, vous n’avez pas fini de vous poser des questions, voire même de vous triturer les méninges, à essayer de comprendre comment les Conut en sont arrivés là. Et bien malin celui ou celle qui découvrira le fin mot de l’histoire avant qu’il ne vous soit révélé.

L’intrigue est parfaitement maîtrisée, on se fait littéralement balader par les témoignages. Comme les enquêteurs, on sent bien qu’il y a une couille dans le manou mais à aucun moment on ne parvient à la pointer du doigt avec certitude.

Qui ment ? Pourquoi ? Qui manipule qui ? L’auteur répondra à toutes vos questions en temps et en heure, et je suis convaincu que vous serez bluffé par le machiavélisme de son scénario. En tout cas moi je l’ai été, et pas qu’un peu !

L’Inconnue De L’Équation est le second roman de Xavier Massé, cette lecture (dévorée d’une traite) m’a donné envie de découvrir son aîné, Répercussions ; ça tombe bien puisqu’il est justement dans mon Stock à Lire Numérique.

Dans ses remerciements Xavier Massé cite Lau Lo, une blogueuse pour qui j’ai beaucoup d’estime même si je ne suis pas toujours d’accord avec elle (heureusement, la vie serait triste à mourir si la blogosphère était une plateforme à pensée unique). Cette chronique, publiée avant la parution du roman, est un exemple de ces divergences de vues.

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Coup de poing

 
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Publié par le 3 mai 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Gaëlle Perrin-Guillet – Haut le Choeur

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G. Perrin-Guillet - Haut Le Choeur
Titre : Haut Le Chœur
Auteur : Gaëlle Perrin-Guillet
Éditeur : Rouge Sang (2013)
Édition révisée : Taurnada (2019)
Origine : France
244 pages

De quoi ça cause ?

Source : 4ème de couverture.

« Quand je sortirai, tu seras la première prévenue… Je saurai te retrouver. »

Depuis qu’Éloane Frezet, la tueuse en série la plus abjecte de ces dernières années, a prononcé ces mots, Alix Flament vit dans l’angoisse que la criminelle sanguinaire s’évade de prison…

Alors, quand la journaliste reçoit un coup de téléphone d’Éloane en pleine nuit, elle comprend que la meurtrière va honorer sa promesse…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que les éditions Taurnada font partie de ces éditeurs que je suis avec assiduité, tout particulièrement leurs thrillers de la collection Au tourbillon des mots ; des titres qui m’ont déjà valu quelques belles découvertes et, cerise sur le gâteau, ne m’ont jamais déçu.

Joël, l’éditeur, m’ayant gentiment proposé de me faire parvenir un SP en échange d’une chronique, je me suis empressé d’accepter son offre.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée.

Publié initialement aux éditions Rouge Sang en 2013 et récompensé du prix Dora Suarez en 2014, Haut Le Chœur est aujourd’hui quasiment introuvable. Gaëlle Perrin-Guillet et Taurnada lui offrent une seconde jeunesse avec cette réédition entièrement revue et corrigée.

Une fois de plus Taurnada nous propose de découvrir un thriller original et mené tambour battant sans le moindre temps mort. Un roman court, mais intense… et brutal ! Il faut dire que certaines mises à mort sont particulièrement perverses (sans parler des précédentes victimes des tueurs, dont la seule mention suffit à faire froid dans le dos).

Au fil des chapitres (courts et percutants), Gaëlle Perrin-Guillet passe d’un personnage à l’autre pour nous faire vivre l’intrigue de son point de vue plutôt que de se focaliser sur un personnage central. Si cette approche apporte une réelle dynamique au récit et à son déroulé, elle empêche toutefois de vraiment s’attacher aux personnages. Construire un thriller en misant avant tout sur le rythme est un choix plutôt cohérent ; et sur ce point l’auteure réussit un véritable coup de maître.

Outre Alix Flament et Éloane Frezet le lecteur devra aussi compter sur l’équipe d’enquêteurs dirigée par Gautier Ruiz et Stéphane Noisel, mais aussi sur Camille Vivier, une jeune profileuse chargée d’assister la police et Flavien Bernet, le mari d’Alix, légiste de son état en charge des autopsies des victimes de Frezet.

Dans le monde des crimes en série la parité n’est pas de mise ; la gent masculine est en effet beaucoup plus représentée que leurs homologues féminins. Force est de constater que chez Taurnada la tueuse en série a le vent en poupe, en effet le précédent roman lu, Mon Ombre Assassine, mettait déjà en scène une tueuse en série… Quoi qu’il en soit, s’agissant de Nadège Solignac ou d’Éloane Frezet, elles n’ont pas à rougir de leur parcours meurtrier ni de leur degré de perversité malsaine.

Pour faire avancer leur enquête, les flics doivent comprendre la nature de l’oeuvre de la tueuse, et de son mentor avant elle. Pour ma part je dois avouer que le titre du roman, associé à la couverture, m’a tout de suite mis sur la voie. Je tiens à préciser que cela ne m’a nullement empêché de profiter pleinement de cette lecture.

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Publié par le 11 mars 2019 dans Bouquins

 

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