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[BOUQUINS] Jacques Expert – Le Jour De Ma Mort

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J. Expert - Le Jour De Ma Mort
Titre : Le Jour De Ma Mort
Auteur : Jacques Expert
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : France
320 pages

De quoi ça cause ?

En ce 28 octobre, Charlotte est convaincue qu’elle va mourir aujourd’hui même, de mort violente qui plus est. C’est en tout cas ce que lui a prédit un voyant lors d’un séjour au Maroc, trois ans plus tôt.

Quand elle apprend qu’un tueur en série s’attaque à des femmes blondes ayant entre 25 et 30 ans et possédant un chat, elle réalise qu’elle correspond exactement au profil des victimes. Charlotte est bien décidée à tout mettre en oeuvre pour déjouer cette funeste prédiction…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine ET parce que c’est Jacques Expert ; un duo gagnant qui ne m’a jamais déçu.

Parce que l’éditeur et Net Galley ont accepté de donner une suite favorable à ma demande.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Déjà visuellement la couv’ m’a tapé dans l’œil, je la trouve à la fois sobre (une éphéméride à la date du 28 octobre) et intrigante (les tâches sur l’éphéméride). Tout à fait le genre de couv’ qui m’aurait poussé à m’intéresser de près à ce bouquin si je ne connaissais pas l’auteur.

J’ai eu plus d’une fois l’occasion de constater que Jacques Expert avait un incroyable talent quand il s’agissait de nous plonger dans la psyché de ses personnages ; avec ce nouveau roman, non seulement il confirme sa maîtrise en la matière, mais il pousse même l’analyse psychologique jusqu’à son paroxysme.

La quatrième de couverture parle du nouveau piège de Jacques Expert ; le mot est parfaitement adapté à la situation, du moins en ce qui concerne Charlotte. On découvre une jeune femme apparemment bien dans sa peau et dans sa tête (un peu nunuche peut-être) qui mène une vie pépère sans histoire avec son nouveau mec et son chat. Un cauchemar la tire de son sommeil, puis lui revient en mémoire la prédiction du voyant marocain ; à partir de là elle va se retrouver piégée par ses propres doutes et questionnements. Inquiétude, angoisse, paranoïa, jusqu’aux portes du délire de persécution (tout le monde devient suspect à ses yeux, elle se retrouve seule contre tous) ; elle s’enfonce crescendo dans un enfer qu’elle construit de toutes pièces, occultant ainsi toute possibilité de raisonnement rationnel.

L’auteur nous livre une intrigue à deux voix, puisqu’il est question d’un tueur en série autant le laisser s’exprimer. On découvre un homme froid, implacable, calculateur, mais aussi, il faut bien l’avouer, un tantinet imbu de lui-même. Notre tueur en goguette a décidé que le moment était venu d’éliminer sa quatrième victime (Charlotte ?), mais il devra composer avec de nombreux imprévus (un comble pour quelqu’un qui aime que tout soit réglé comme du papier à musique).

La plupart du temps les personnages sont seuls, confrontés à leurs seules pensées, et c’est bien là que l’on se rend compte que l’auteur sublime son don à décortiquer les méandres de l’esprit humain. Il nous livre un espèce de huis clos psychologique, piégeant son personnage face à lui même, face à ses questions, ses doutes et ses peurs.

Jacques Expert ne fait rien pour vous rendre ses personnages sympathiques, Charlotte aura même parfois le don de vous taper sur les nerfs tellement son comportement apparaît irrationnel et irraisonné. Quant au tueur, il fait simplement ce pour quoi il est fait, donc normal de n’éprouver aucune empathie pour lui…

Au fil des chapitres de nombreuses questions viendront vous tourmenter les neurones, des soupçons aussi… puis des doutes. 320 pages qui vous mettront les nerfs en pelote, le temps d’une journée où rien ne va se passer comme prévu.

J’ai lu ce roman d’une traite, impossible de le lâcher une fois que l’on a mis le doigt dans l’implacable mécanique imaginée par Jacques Expert. Bluffé et piégé j’ai été !

PS : j’ai plus flippé pour Grishka, le chat, que pour Charlotte ; c’est grave docteur ?

MON VERDICT

 
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Publié par le 25 avril 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Niklas Natt och Dag – 1793

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N. Natt och Dag - 1793
Titre : 1793
Auteur : Niklas Natt och Dag
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : Suède (2017)
448 pages

De quoi ça cause ?

Automne 1793. Mickel Cardell, vétéran de guerre revenu du front avec un bras en moins, extrait des eaux boueuses d’un lac de Stockholm un cadavre atrocement mutilé.

L’enquête est confiée à Cecil Winge, un homme de loi réputé pour sa droiture atteint d’une tuberculose au stade terminal. Pour espérer mener à bien son enquête, il va devoir convaincre Mickel Cardell de lui prêter main-forte…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Est-ce encore besoin de poser cette question quand l’éditeur est Sonatine ? Tout simplement parce qu’il le vaut bien comme dirait l’autre…

Parce que ce roman illustre parfaitement la richesse et la diversité du catalogue de l’éditeur. Certes c’est un polar, genre de prédilection de Sonatine, mais un polar qui vous invite à découvrir la Suède en cette fin de XVIIIe siècle…

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Si vous me dites « littérature nordique », je pense instinctivement littérature policière (incluant les romans noirs et les thrillers) ; je sais que c’est plutôt réducteur, d’autant que j’ai lu des auteurs scandinaves qui ne font dans le polar (je pense notamment à Jonas Jonasson et Fredrik Backman, qui sont plus habitués à jouer avec nos zygomatiques qu’avec nos nerfs)… mais c’est comme ça, on va dire que c’est l’effet Millénium (loin de moi l’idée de prétendre que Stieg Larson a été un précurseur du polar nordique).

Je ne sais pas vous, mais personnellement j’aurai été bien incapable de vous faire un topo, même sommaire, sur le contexte historique de la Suède en 1793. Un choix qui ne doit pourtant rien au hasard comme nous l’explique Niklas Natt och Dag dans sa postface (et comme nous le constaterons à la lecture du roman).

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je ne peux que m’incliner devant le monumental travail de documentation que doit demander la rédaction d’un roman historique, il faut à la fois rester fidèle à l’Histoire et accepter de prendre quelques libertés avec la réalité afin de coller aux besoins de la fiction. A ce titre l’auteur tire formidablement son épingle du jeu, en combinant des personnages et des faits ayant existé et d’autres, issus de son imagination ; dès les premières pages, on est en totale immersion dans le Stockholm au crépuscule du XVIIIe siècle.

Malgré la présence d’une carte (très belle, soit dit en passant) de Stockholm au début du roman, il faut un peu de temps pour prendre ses marques (il faut dire que les différents quartiers de la ville portent des noms à coucher dehors pour le lecteur non scandinave). Cela ne nuit en rien au plaisir de la lecture, il n’est d’ailleurs pas indispensable de chercher à se repérer pour apprécier pleinement ce bouquin.

Une intrigue portée par deux enquêteurs que tout oppose, mais qui s’avéreront complémentaires (une recette qui a maintes fois prouvé son efficacité) ; Mickel Cardell se laisse guider par la force et l’instinct alors que chez Cecil Winge est plutôt commandé par l’esprit et la réflexion. Deux fortes personnalités qui se dévoileront et s’affirmeront au fil des chapitres.

D’autres personnages sont appelés à jouer un rôle essentiel dans la résolution de l’énigme à laquelle sont confrontés Winge et Cardell ; toutefois je préfère ne pas approfondir ce sujet. Le plaisir de la découverte n’en sera que plus grand (même si parfois éprouvant).

L’intrigue est parfaitement maîtrisée par l’auteur, il mène le lecteur là où il veut le mener et au rythme qu’il a choisi de lui imposer. Le roman s’articule en quatre parties, la dernière étant la suite directe de la première ; les deux autres étant des flashbacks dont le rapport avec l’enquête ne saute pas tout de suite aux yeux… Laissez vous guider par Niklas Natt och Dag, la traversée sera parfois houleuse, mais rien n’est laissé au hasard.

Un voyage dans le temps et dans l’espace fortement teinté de noir (pour l’ambiance générale du récit) et de rouge (pour le sang versé). Forcément on n’en sort pas totalement indemne, ça secoue un peu, mais il faut bien se l’avouer, c’est ce que nous recherchons avec ce genre de roman.

Pour l’auteur le challenge (loin d’être gagné d’avance pour un lecteur un tantinet hermétique à l’Histoire comme moi) est remporté haut la main. Immersion totale dans l’intrigue, j’ai rarement autant regretté de ne pas avoir plus de temps libre à consacrer à une lecture.

Un coup double (coup de cœur et coup de poing) amplement mérité !

MON VERDICT
Coup double

 
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Publié par le 11 avril 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Anthony Neil Smith – Lune Noire

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A. Neil Smith - Lune Noire
Titre : Lune Noire
Auteur : Anthony Neil Smith
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : USA (2008)
304 pages

De quoi ça cause ?

Billy Laffite est adjoint au shérif du comté de Yellow Medicine. Il a une vision très personnelle de la loi et n’hésite pas à franchir la ligne jaune pour arriver à ses fins.

Quand son amie, Drew, lui demande d’aider son petit copain, une petite frappe notoire qui s’est une fois de plus mis dans la merde, il n’hésite pas avant de prendre les choses en mains, bien décidé à gérer la question à sa manière.

Billy Laffite ne le sait pas encore, mais il vient de mettre les pieds dans une mécanique qui le dépasse largement. Quand les premiers cadavres font leur apparition, il est déjà trop tard pour faire machine arrière…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine, comme d’hab.

Avant même la parution du bouquin, j’avais flashé sur sa couv’.

Parce que j’adore les flics borderline (et plus si affinités).

Ma Chronique

Je remercie les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre… oups on rembobine, me suis trompé de bande !

Au commencement (comprendre au début du présent bouquin), on fait connaissance avec Billy Laffite alors qu’il est détenu par le FBI. On apprend assez rapidement que Laffite n’est pas franchement du genre incorruptible, loin s’en faut ! Du coup on a envie de comprendre comment il est arrivé là…

Vous vous demandez peut-être si je ne suis pas en train de vous faire un bis repetita de ma chronique de Corruption, le roman de Don Winslow, qui fut mon coup de cœur 2018. Que nenni ! Je reconnais volontiers que les deux romans débutent de façon assez similaire, mais Anthony Neil Smith s’engage rapidement sur une voie radicalement différente de celle empruntée par Don Winslow.

Si vous aimez les romans noirs bien noirs (humour compris) ? Vous en avez marre de ces héros qui pensent et lavent plus blanc que blanc ? Vous voulez un héros bad ass pur jus ? Alors incontestablement Lune Noire est le bouquin qu’il vous faut !

Histoire de vous plonger au cœur de l’action Anthony Neil Smith opte pour un récit à la première personne, vous voilà dans la peau de Billy Laffite. Un costume qui peut parfois piquer aux entournures, plus encore que l’horrible pull en laine miteux offert par mamie à Noël dernier !

Passe encore que Billy soit roublard, menteur, fonceur, magouilleur, queutard, un poil alcoolo, un brin suicidaire… j’en passe et des meilleurs ! Il est aussi et surtout doté d’un tempérament sanguin qui va systématiquement privilégier l’instinct à la réflexion ; pour le meilleur (parfois) ou pour le pire (souvent)…

Le genre de gars que l’on serait tenté de prendre en grippe d’entrée de jeu ; eh bien non ! Je n’irai pas jusqu’à dire qu’à force de voir les choses à sa manière ou fini par adopter sa façon de faire et de penser, mais il n’en reste pas moins que l’auteur sait y faire pour nous rendre son antihéros sympathique et attachant (même si parfois on a envie de lui foutre des baffes).

Tout comme je n’irai pas jusqu’à dire qu’il est foncièrement bon dans le fond (ou alors il faut creuser longtemps) mais il n’en reste pas moins qu’il a un grand cœur. La preuve ? C’est en voulant aider une amie (avec, il est vrai, une arrière-pensée lubrique) qu’il se retrouve impliqué dans une affaire de sûreté nationale et de terrorisme.

Face à lui, l’agent fédéral Franklin Rome, convaincu plus que de raison (à ce stade c’est même maniaco-obsessionnel) que Laffite est en lien direct avec ce réseau terroriste. Sûr de son bon droit Rome va tout mettre en oeuvre pour obtenir des aveux.

Le bouquin ne se limite pas une confrontation entre Laffite et Rome, il est bien plus dense que cela et fait intervenir de nombreux autres acteurs. C’est volontairement que je passe sous silence le cœur même de l’intrigue et le rôle de ces autres personnages. C’est un roman qui mérite d’être effeuillé progressivement afin d’en savourer chaque instant… laissons au seul lecteur la seule jouissance de le déflorer à son rythme.

Quand je suis arrivé à la fin du roman mon premier réflexe a été de me dire : « Ah bin merde alors, c’est déjà fini« . Il faut dire que ce final sonne un peu comme le top départ d’un second round. Et second round il y aura bel et bien puisque Sonatine va nous proposer de retrouver Billy Laffite en septembre avec le roman Bête Noire. Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, un troisième tome est déjà disponible en VO ; on peut légitimement espérer le voir figurer dans le prochain catalogue de l’éditeur.

Avec ce roman Sonatine ose, une fois de plus, proposer un titre qui sort des sentiers battus, et c’est justement pour ça que l’on aime cette maison d’édition.

MON VERDICT
Coup de poing

 
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Publié par le 28 mars 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] John Wainwright – Une Confession

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J. Wainwright - Une confession
Titre : Une Confession
Auteur : John Wainwright
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : USA (1984)
272 pages

De quoi ça cause ?

Source : 4ème de couverture

À cinquante ans, John Duxbury est secrètement déçu par son existence. Son travail est devenu une routine, son mariage sombre dans la grisaille, il ne sait plus comment être heureux.

Bientôt, c’est un drame qui s’abat sur lui. Alors qu’il est en vacances avec sa femme, Maude, celle-ci fait une chute mortelle. Quelques temps plus tard, un homme se présente au commissariat. Il a été témoin des faits et prétend que c’est John qui a poussé sa femme dans le vide. L’inspecteur Harker, chargé de l’enquête, s’engage à corps perdu dans la recherche de la vérité, jusqu’à l’ultime face-à-face.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine serait une réponse qui se suffirait à elle-même.

Parce que John Wainwright est l’auteur de A Table ! et que Claude Miller s’est inspiré de ce roman pour réaliser l’excellent Garde A Vue ; une inoubliable confrontation verbale et psychologique entre Lino Ventura (le flic) et Michel Serrault (le suspect) sur des dialogues de Michel Audiard. Culte !

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée. J’espérais proposer une chronique en avant-première, mais mon emploi du temps professionnel m’a privé de cette opportunité.

Le bouquin s’articule autour d’une alternance de chapitres passant d’une version des faits (un accident ?) à l’autre (un meurtre ?). John Duxbury affirme que la mort de sa femme est accidentelle et nous expose ses vues dans son journal intime. Pour Harry Harker, l’inspecteur chargé de démêler le vrai du faux dans cette affaire, les choses ne sont pas simples ; pour se faire sa propre idée, il va décortiquer les faits et poser des questions à qui de droit, sans forcément y mettre les formes.

Et toi ami lecteur qui vas tu croire ? Tout semble en effet indiquer que John Duxbury n’est pas un mauvais bougre alors que le côté pitbull de Harker n’encourage pas vraiment à l’empathie. Mais force est de reconnaître que c’est un aussi sacré bon enquêteur qui ne prend pas sa tâche à la légère, pas question de lâcher le morceau avant d’être sûr de son fait ! Du coup le lecteur hésite et doute au fil des chapitres, on sent que la confrontation finale ne sera pas une promenade de santé ; et sur ce coup John Wainwright tient toutes ses promesses et va même au-delà. Bien malin celui ou celle qui pourra dire en toute honnêteté « Je le savais » ou « J’en étais sûr » au moment où la vérité sera révélée.

Et dire que le public français aura dû attendre 35 ans pour découvrir cette pépite ! Mais après tout peut-être sommes-nous, avec le recul, plus à même d’apprécier pleinement l’ambiance délicieusement eighties qui se dégage du roman. Mais ne vous fiez pas aux apparences, John Wainwright saura mettre vos nerfs à rude épreuve au fil des pages.

Un roman porté par ses personnages plus que par son intrigue à proprement parler, peu d’action, mais une dimension psychologique juste énorme et superbement maîtrisée par l’auteur. Je serai tenté de définir ce roman comme un polar noir minimaliste, minimaliste étant alors à prendre comme un compliment. Il démontre en effet qu’une intrigue relativement simple, sans déployer une débauche de séquences-chocs, mais portée par des personnages forts peut faire mouche avec autant de force qu’un thriller sanguinolent.

John Wainwright a été un auteur des plus prolifiques avec plus de 83 romans à son actif, seule une petite douzaine d’entre eux ont bénéficié d’une traduction en français. Du coup je me demande combien de pépites du genre sont encore méconnues du public francophone.

Un roman est relativement court (moins de 300 pages), découpé en quatorze parties qui vont à l’essentiel ; une écriture riche qui n’use pas de figures de style inutilement pompeuses. Bref, tout est fait pour assurer une lecture fluide et agréable.

MON VERDICT

 
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Publié par le 18 mars 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Alexandria Marzano-Lesnevich – L’Empreinte

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A. Marzano-Lesnevich - L'Empreinte
Titre : L’Empreinte
Auteur : Alexandria Marzano-Lesnevich
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : USA (2017)
480 pages

De quoi ça cause ?

En 2003 Alexandria Marzano est une étudiante en droit farouchement opposée à la peine de mort. Lors d’un stage en Louisiane, elle découvre le dossier Langley, une affaire qui va profondément l’ébranler et la faire douter de ses propres convictions.

En 1992, Ricky Langley, 26 ans, tue Jeremy Guillory, un enfant de six ans venu jouer avec ses petits voisins. Déjà condamné pour des affaires de pédophilie, Langley sera condamné à mort. En 2003, son procès sera révisé.

Pour Alexandria cette affaire a une résonance bien particulière, elle fait remonter à la surface ses propres souvenirs d’enfance, ces années durant lesquelles son grand-père a abusé d’elle et de sa sœur cadette…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine. Et même si ce titre s’écarte de leur ligne éditoriale habituelle, il m’intriguait et titillait ma curiosité.

Sonatine et Net Galley ayant donné une suite favorable à ma demande, je profite de l’occasion pour découvrir ce titre en avant-première (parution le 24 janvier).

Ma Chronique

Avant toute chose je tiens à remercier chaleureusement les éditions Sonatine et la plate-forme Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Si ce titre m’intriguait tout particulièrement c’est parce qu’il est un cocktail étonnant entre la reconstitution façon True Crime (l’affaire Langley demeure le thème central du récit) et des éléments autobiographiques (principalement les abuse subis par l’auteure et leurs conséquences). Afin de combler les blancs laissés par les diverses (et nombreuses) sources consultées, Alexandria Marzano-Lesnevich a dû faire jouer son imagination afin de consolider son récit.

Ce bouquin est le fruit de dix années de labeur et plus de 30 000 pages (plus les innombrables photos et vidéos) relatives à l’affaire Langley consultées. Un bouquin qui a bien failli ne jamais voir le jour, au vu de la réaction de l’auteure quand elle a pris connaissance de l’affaire Langley :

Je suis venue ici pour aider à sauver l’homme à l’écran. Je suis venue pour contribuer à sauver des hommes tels que lui. Je suis venue parce que mes idéaux et mon identité existent indépendamment de ce qui s’est produit dans le passé. Il le faut. Sinon, que me réserve la vie ?
Mais je regarde l’homme à l’écran, je sens les mains de mon grand-père sur moi, et je sais. Malgré la formation que j’ai suivie, malgré le but que je poursuivais en venant travailler ici, malgré mes convictions.
Je veux que Ricky meure.

On sent à la lecture du bouquin, et tout particulièrement quand Alexandria Marzano-Lesnevich évoque son propre parcours, qu’elle a dû effectuer un énorme travail sur elle-même pour exprimer tout ce qu’elle avait sur le cœur et la conscience. À ce titre l’exercice apparaît comme une forme d’exutoire (voire d’exorcisme) face à ce passé qui l’empoisonne par ses non-dits accumulés.

En lisant tout ce qui a trait à l’affaire Langley, on ne peut que s’incliner devant le formidable travail de documentation et de synthèse réalisé par l’auteure. On en viendrait presque à oublier que l’on est cœur d’une affaire aussi sordide que réelle, tant on a l’impression d’être plongé dans un très bon polar.

Alexandria Marzano-Lesnevich s’efforce de retranscrire les faits bruts (et ce n’est pas évident au vu des nombreuses déclarations contradictoires de Ricky Langley), évitant toute interprétation personnelle et surtout ne prenant pas parti. De même elle évite toute impression de voyeurisme malsain, ne s’attardant pas inutilement sur les détails les plus glauques de l’affaire.

En refermant ce bouquin, j’en viendrai presque à ressentir un plaisir coupable à avoir trouvé cette lecture captivante (même si par moments ce fut oppressant) de bout en bout.

Reconnu coupable de meurtre au premier degré (avec préméditation), Ricky Langley sera condamné à mort. Un second procès commuera sa peine en prison à perpétuité, le meurtre au second degré (sans préméditation) étant retenu comme chef d’accusation. En 2018, un cinquième jugement remet en question l’intention même de donner la mort… Un verdict qui pourrait valoir à Ricky Langley de sortir de prison après 26 années de détention. Le verdict final devrait être connu dans les prochaines semaines.

Je sais que bon nombre de bien-pensants doivent se dire que justice a été rendue, que Langley a payé sa dette à la société et autres conneries du genre… Pour ma part j’espère bien qu’il crèvera en prison sans jamais avoir revu la lumière du jour. À 52 ans il peut encore nuire aux enfants qui auraient le malheur de croiser sa route. Cette opinion n’engage que moi, mais je l’assume totalement.

MON VERDICT

 
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Publié par le 21 janvier 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Michael Farris Smith – Le Pays Des Oubliés

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M. Farris Smith - Le Pays Des Oubliés
Titre : Le Pays Des Oubliés
Auteur : Michael Farris Smith
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : USA (2018)
256 pages

De quoi ça cause ?

Jack Boucher est marqué physiquement et moralement par des années de combats clandestins et ses multiples addictions. Sa mémoire aussi commence à se déliter, tout comme celle de sa mère adoptive, Maryann, qui vit ses derniers jours, ravagée par la maladie d’Alzheimer…

Jack aussi sait qu’il n’en a plus pour longtemps, il espère juste avoir le temps de sauver la propriété de Maryann, menacée de saisie par les banques ; mais non seulement Jack est fauché comme les blés, mais il doit aussi une forte somme d’argent à Big Momma Sweet, qui règne sans partage sur tout ce que le Delta du Mississippi a d’illégal et compte bien récupérer son argent, d’une façon ou d’une autre…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine, un éditeur que je classe sans hésitation parmi les valeurs sures rapport à mes goûts.

Parce que je n’ai pas encore eu l’occasion de découvrir Michael Farris Smith, mais que j’ai lu çà et là de nombreux retours positifs relatifs à son précédent roman, Nulle Part Sur La Terre.

Sonatine et Net Galley ayant donné une suite favorable à ma demande, je profite de l’occasion pour découvrir ce titre en avant-première (parution le 17 janvier).

Ma chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Le titre fait référence à ce trou perdu qu’est le delta du Mississippi, un bled où les oubliés en tout genre essayent tant bien que mal de survivre. J’avoue que je trouve le titre original, The Fighter, beaucoup plus parlant et parfaitement raccord avec le bouquin.

Vous l’aurez sans doute compris la couleur dominante de ce roman est le noir, un noir absolu qui ne laisse pas beaucoup de place à l’espoir. D’autant que bien souvent quand une lueur d’espoir apparaît elle est rapidement balayée par un accident de parcours (ou un mauvais choix).

L’essentiel du récit se construit autour du personnage de Jack. Un mauvais départ dans la vie (abandonné par ses parents, il enchaînera les séjours en foyer et en familles d’accueil) fera de lui un ado difficile. Sa rencontre avec Maryann aurait pu être l’occasion de repartir sur des bases meilleures, mais ses choix personnels l’écarteront du droit chemin.

Je serai tenté de dire que la suite de son parcours ne sera qu’une succession de mauvais choix. Sans forcément être tenté de le blâmer, j’ai tout de même eu du mal à éprouver un semblant d’empathie pour le personnage ; je me contenterai, à son égard, d’une forme d’indifférence bienveillante.

L’autre personnage clé du roman est Annette, une jeune femme couverte de tatouages qui suit son propre chemin de vie au gré de ses humeurs et inspirations du moment ; un irrépressible besoin de liberté qui lui interdit toute attache.

L’auteur nous offre une description sans concession du côté obscur du rêve américain, sur ce point il nous prend aux tripes et nous en fout plein la gueule. Mais (bin oui, il faut un, mais sinon ça ne serait pas marrant) j’ai été parfois perturbé par certaines lourdeurs de style dans la narration ; par exemple :

– Succession de « et » dans une même phrase : Il se tortilla et se retourna et parvint à ramener ses pieds sous lui et à couper le moteur.

– Phrases parlées intégrées directement à la narration : Skelly déclara Ça m’irait si on continuait de rouler un peu. Ça intéresse pas exactement ma bonne femme de me voir.

Mon plus gros reproche serait toutefois un final beaucoup trop prévisible, je ne m’attarderai pas sur ce point au risque de trop en dire. Disons simplement que quand la phase finale s’initie on sait d’ores et déjà comment elle va se terminer.

Malgré ces quelques bémols je referme ce bouquin globalement satisfait de ma découverte.

MON VERDICT

 
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Publié par le 11 janvier 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Aidan Truhen – Allez Tous Vous Faire Foutre

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A. Truhen - Allez tous vous faire foutre

Titre : Allez Tous Vous Faire Foutre
Auteur : Aidan Truhen
Éditeur : Sonatine
Parution : 2018
Origine : Royaume-Uni
288 pages

De quoi ça cause ?

Jack Price est à la tête d’un fructueux et très organisé trafic de cocaïne, un job qui a de quoi rendre un tantinet parano. Aussi quand sa voisine du dessous se fait liquider, Jack pose des questions et cherche à comprendre.

Que des gros bras le tabassent copieusement passe encore, mais qu’on lui mette au cul une bande de tueurs de (sinistre) renommée internationale, faut pas pousser mémé dans les orties.

L’heure de la riposte a sonné pour Jack…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Il suffit de regarder la couv’ pour avoir la réponse à cette question : le titre et le visuel qui va avec ; impossible d’y résister. La quatrième de couv’ n’a fait que jeter de l’huile sur le feu de ma curiosité;

Sonatine et NetGalley ayant répondu favorablement à ma demande, je saute sur l’opportunité de découvrir ce bouquin en avant-première (parution le 8 novembre).

Ma chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et NetGalley pour leur confiance renouvelée.

Si comme moi le nom d’Aidan Truhen ne vous dit rien, c’est parfaitement normal. C’est le nom de plume choisi par un écrivain britannique pour s’essayer au thriller. Mais alors qui est Aidan Truhen me demanderez-vous des étoiles dans les yeux et la bave aux lèvres. Au risque de vos décevoir je n’en sais foutre rien, mais je dois avouer que je n’ai pas beaucoup cherché non plus…

La première approche est plutôt déstabilisante par le style imposé par l’auteur, ou plutôt par une apparente absence totale de style. Rédigé à la première personne et au présent, on plonge directement dans la tête de Jack Prise et il nous assène ses pensées comme elles lui viennent. Brut de décoffrage, ponctuation et mise en page minimaliste en option.

Surprenant au départ, mais au fil des pages on réalise que ça fonctionne plutôt bien, à vrai dire cela s’impose même comme étant le seul choix possible pour que l’auteur ressente un minimum d’empathie pour Jack Price.

Appelons un chat un chat, Jack Price est l’archétype du parfait salaud. Amoral, asocial, égoïste, cynique… et fier de l’être ! Quand il vous expose ses théories, souvent malsaines, voire nocives, ça vous apparaît comme une évidence. Sans aller jusqu’à adhérer au propos, vous comprenez la façon dont Jack fonctionne.

Mais Jack Price est aussi redoutablement intelligent, il ne manque pas de ressources (au propre comme au figuré) quand il s’agit de sauver sa peau et de nuire à ses adversaires… Il compense l’absence de muscles par une activité neuronale en surchauffe.

Comme tout amateur de thriller, j’ai croisé, au fil de mes lectures, bien des façons de mourir, je n’irai pas jusqu’à parler de raffinement quant aux méthodes employées par Jack Price, mais force est de reconnaître qu’il fait montre de beaucoup d’originalité quand il s’agit de ses débarrasser des nuisibles.

Allez Tous Vous Faire Foutre est résolument un thriller qui ne se prend pas au sérieux et qui ne veut pas être pris au sérieux ; en ce sens le côté hautement improbable de certaines situations est assumé et l’aspect quasiment indestructible de Jack Price fait parfois penser à un univers très cartoon. C’est complètement barré, hautement déjanté et profondément amoral, mais qu’est-ce que c’est bon !

Une lecture hautement jouissive qui n’est pas sans me rappeler la saga du Bourbon Kid, l’aspect fantastique en moins. L’intrigue est tellement second degré que le déchaînement de violence passe comme une lettre à la poste.

Un scénario que ne renierait pas Quentin Tarantino et je dois dire que j’imagine sans mal une adaptation au cinéma de ce bouquin ; le résultat serait pour le moins décoiffant… âmes sensibles s’abstenir toutefois.

MON NOM EST JACK. FAITES CE QUE JE DIS, OU JE SERAI LE PRIX À PAYER !

MON VERDICT
Coup de poing

 
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Publié par le 3 novembre 2018 dans Bouquins

 

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