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Archives de Tag: science-fiction

[BOUQUINS] Andy Weir – Artemis

AU MENU DU JOUR

A. Weir - Artemis

Titre : Artemis
Auteur : Andy Weir
Editeur : Bragelonne
Parution : 2018
Origine : USA (2017)
332 pages

De quoi ça cause ?

Jazz est coursière sur la cité lunaire d’Artemis, histoire d’arrondir les fins de mois elle joue volontiers les contrabandiers afin de procurer à ses clients des marchandises pas toujours très légales

Quand l’un de ses riches clients lui propose une opération de sabotage, Jazz hésite, mais, face à la forte prime promise, elle finit par accepter. Mais les choses ne vont du tout se passer comme prévu, Jazz va devoir se battre pour sa propre survie, mais aussi pour celle d’Artemis…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’ai adoré Seul Sur Mars du même auteur, il me tardait donc de découvrir son second roman.

Ma chronique

Je n’ai pas de réel programme de lecture en tête, disons que je sais grosso modo quels sont les 3 ou 4 prochains titres que je lirai sans pour autant pouvoir dire dans quel ordre je les accrocherai à mon tableau de chasse. Jusqu’à ce que débarque dans mon Stock à Lire Numérique un « incontournable », le bouquin pour lequel je bouleverserai ce programme déjà bien instable. Artemis fait partie de ces troubles-fêtes, Andy Weir m’avait bluffé avec son premier roman, Seul Sur Mars, il me fallait savoir, sans plus attendre, si l’essai serait transformé ou non.

Andy Weir reste dans la science-fiction, mais se rapproche de nous en situant son action sur la lune, une lune habitée par quelques humains regroupés dans la cité d’Artemis. Cette fois son personnage principal aura donc de la compagnie (pas forcément toujours bienveillante, mais ceci est une autre histoire).

L’auteur nous propose un récit à la première personne, c’est Jazz qui nous raconte son périple avec un subtil mélange de cynisme et de bonne humeur. Je ne sais pas si pour un auteur de sexe masculin il est difficile de se mettre dans la peau d’une femme, mais le fait est que Andy Weir y arrive à merveille. Mais bon, force est de reconnaître que Jazz n’a pas vraiment le profil type de la ménagère pantouflarde. Elle serait plutôt du genre débrouillarde et un brin roublarde.

Avant de nous plonger au coeur de l’intrigue, l’auteur nous invite à suivre Jazz dans son quotidien. Une entrée à la matière plutôt bienvenue pour se familiariser avec Artemis (et par la même une partie de ses habitants) et comprendre les motivations futures de la jeune femme.

On retrouve rapidement la griffe de l’auteur, avec une bonne base documentaire scientifique qu’il réussit à vulgariser et à intégrer à l’intrigue sans jamais que cela devienne indigeste. Je ne sais pas si tout est scientifiquement exact ou plausible, le fait est que ça colle parfaitement au récit, ce qui me suffit amplement (après tout la fiction autorise quelques libertés avec la rigueur scientifique).

Artemis est donc une cité lunaire, du coup on peut clairement situer l’intrigue dans un futur indéterminé mais oubliez les cités futuristes à la Star Wars et consorts. Si les technologies utilisées sont bel et bien futuristes , les conditions de vie des habitants restent assez proches de celle des terriens, en plus contraignantes compte tenu des limites imposées par l’environnement lunaire.

Andy Weir nous propose un récit de science-fiction aussi rythmé qu’un thriller, des intérêts (pas toujours très sains) économiques et politiques (forcément pourris) viendront en effet corser les choses, sans parler d’un puissant syndicat du crime qui n’appréciera pas vraiment que l’on vienne fouiner dans ses affaires.

Heureusement Jazz ne manque pas d’ingéniosité, comme dirait l’autre (grosso modo), « sur Artemis on n’a pas de pétrole mais on a des idées« , le pétrole étant à remplacer par des GPD, la devise en cours sur Artemis. Mais surtout elle ne sera pas totalement seule contre tous, quelques précieux alliés viendront lui prêter main forte.

Pour répondre à mon interrogation première, OUI, l’essai est transformé et brillamment transformé. Andy Weir s’impose comme un acteur majeur de la scène littéraire SF, non seulement il propose des intrigues parfaitement maîtrisées mais il parvient à rendre accessible à tous une des branches les plus élitistes de la SF, la hard science.

MON VERDICT

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Publié par le 31 janvier 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Sylvain Neuvel – Le Sommeil Des Géants

AU MENU DU JOUR

S. Neuvel - Le sommeil des géants

Titre : Le Sommeil Des Géants
Série : Les Dossiers Thémis – Tome 1
Auteur : Sylvain Neuvel
Editeur : Le Livre de Poche
Parution : 2017
Origine : Canada (2016)
384 pages

De quoi ça cause ?

Attirée par une étrange lueur bleue, Rose Franklin, onze ans, chute dans un trou. En reprenant ses esprits, elle réalise qu’elle se trouve dans une immense main métallique parcourue de faisceaux lumineux.

Dix-sept ans plus tard, Rose Franklin est devenue une scientifique reconnue. On lui propose de diriger une équipe chargée de percer tous les secrets de cette mystérieuse main. Une mission qui leur réserve bien des surprises…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’est Stelphique (à lire ici) qui, la première, m’a fait connaître ce bouquin avec un billet des plus élogieux. Ne le trouvant pas en numérique je suis passé à autre chose en attendant. Et un jour, au fil de mes errances, v’là t’y pas que je le croise chez mon fournisseur préféré… Il ne restait plus qu’à lui trouver une place de premier choix dans mon Stock à Lire Numérique.

Ma chronique

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je vais commencer pas disséquer le bandeau (cette bande rouge avec une écriture blanche, sur laquelle les commerciaux écrivent tout et n’importe quoi pour attirer les curieux). En l’occurrence il est écrit « Captivant. Entre World War Z et Seul Sur Mars« .

World War Z ? Une histoire d’apocalypse zombie qui se décline sous la forme d’un rapport rédigé par un consultant de l’ONU. Rapport constitué d’extraits d’entretiens, de témoignages… Sur le fond rien à voir avec le présent bouquin, sur la forme par contre on retrouve un roman constitué essentiellement d’entretiens menés par un personnage dont on ne sait rien (et dont on ne saura jamais rien), çà et là d’autres supports viennent combler les blancs.

Seul Sur Mars ? L’histoire d’un mec « oublié » sur la planète Mars et qui doit se démerder pour assurer sa survie. Heu… Bin à l’heure d’aujourd’hui je cherche toujours un quelconque point commun entre le bouquin d’Andy Weir et celui de Sylvain Neuvel.

OK, vous me direz qu’un bandeau soit un tissu de conneries on a l’habitude. Mais ne fuyez pas ce roman à cause d’une stratégie marketing foireuse ; s’il y a bien un mot qui définit à la perfection mon ressenti après avoir refermé ce bouquin c’est tout simplement CAPTIVANT.

Honnêtement je pense que même si je n’avais jamais entendu parler de ce bouquin auparavant, et que l’auteur soit, pour moi, un parfait inconnu, il aurait retenu mon attention au fil de mes errances en librairie ou sur les différentes plateformes d’achat que je fréquente. Impossible en effet de résister à cette superbe couverture, et donc de se pencher sur la quatrième de couv’… et voilà, le tour aurait été joué, j’aurai été ferré !

M’est d’avis que les principales difficultés avec une narration indirecte (par entretiens interposés) se déclinent à la fois au niveau des personnages et de l’intrigue. Concernant les personnages, leur personnalité se définit ici non seulement au travers de leurs propres interventions, mais aussi par le biais du vécu et du ressenti des autres. Quant à l’intrigue, il faut réussir à capter en permanence l’attention du lecteur et donc assurer sa continuité et son rythme.

Sylvain Neuvel relève haut la main ces deux challenges.

Ses personnages ont une réelle profondeur et chacun une personnalité bien affirmée, l’auteur adapte ainsi sa narration à chacun. J’ai eu un faible pour Kara, sans doute pour son côté réfractaire à toute forme d’autorité (bien qu’elle soit militaire), mais aussi pour Vincent, un tantinet asocial et cynique. Même celui qui mène les entretiens nous devient sympathique, malgré une apparente froideur on sent qu’il fera tout son possible pour protéger son équipe.

Difficile de parler des personnages sans mentionner Thémis, comme dirait l’autre « Qui est-il ? D’où vient-il ? Formidable robot. Des temps nouveaux« . Sauf qu’en l’occurrence c’est « elle » (après le sexe des anges, découvrons le sexe des robots… tout un programme) et que la seule certitude que l’on ait à son sujet est qu’elle vient plutôt des « temps anciens » (Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine… ça vous rappelle quelque chose ?).

Si l’intrigue peut paraître, de prime abord, relativement classique (la découverte d’un artefact extra-terrestre n’est pas vraiment une innovation dans le monde de la SF), elle n’en demeure pas moins soignée et maîtrisée. L’auteur vous propose un univers dans lequel la science-fiction, le thriller et même la géopolitique se côtoient et se mélangent. Non seulement le tout est cohérent, mais il devient très vite totalement addictif et ne manque ni de rythme, ni de surprises.

Comme son nom ne l’indique pas forcément, Le Sommeil Des Géants est le premier tome d’une trilogie (Les Dossiers Thémis). La mise en bouche est une totale réussite, j’ai adoré me plonger dans ce bouquin (impossible de le lâcher un fois que l’on a mis le nez dedans) et il me tarde de découvrir la suite. D’autant que le cliffhanger final vous laissera très certainement sur le cul !

MON VERDICT

 
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Publié par le 26 janvier 2018 dans Bouquins

 

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[BRD] Valérian Et La Cité Des Milles Planètes

A L’AFFICHE DU JOUR

Valérian

Titre : Valérian Et La Cité Des Mille Planètes
Réalisation : Luc Besson
Production : EuropaCorp / TF1 Film Production
Distribution : EuropaCorp
Origine : France / USA (2017)
Durée : 2h17

Le casting

Dane DeHaan – Valérian
Cara Delevingne – Lauréline
Clive Owen – Commandeur Filitt

Le pitch

Quand les agents Valérian et Lauréline arrivent sur Alpha, ils sont attachés à la protection du Commandeur Filitt, qui leur explique que la survie de la station est menacée par une zone radioactive qui ne cesse de s’étendre sans que personne n’en comprenne le pourquoi du comment.

Une réunion du Conseil est interrompue par une attaque, tous les membres présents sont neutralisés, y compris Valérian et Lauréline, et le Commandeur est enlevé par les attaquants…

Ma chronique

Avant d’aller plus avant dans cette chronique je tiens à préciser que je ne connaissais les BD Valérian que de nom, jamais eu l’occasion (ni même l’envie) de me pencher sur la question. Je découvre donc le film, son univers et les personnages l’esprit libre de toute référence.

Le moins que l’on puisse c’est qu’avec ce film Luc Besson en a fait couler de l’encre ; et pas souvent en des termes élogieux ! J’étais donc curieux de me faire ma propre opinion sur la chose.

Visuellement parlant le film s’avère être une très bonne surprise, Luc Besson et ses équipes s’en sont donnés à coeur joie pour régaler nos pupilles. Les décors sont somptueux, les effets spéciaux très réussis et certaines scènes même ne manquent pas de poésie (je pense notamment au show transformiste de Bubble, interprétée par Rihana, qui est franchement bluffant).

L’intrigue tient la route sans vraiment donner dans l’originalité et sans grande surprise. On se prend au jeu même si à la fin du film on aurait tendance à penser qu’ils ont assuré le minimum syndical. C’est toujours mieux qu’un naufrage pur et dur ! Au moins le divertissement a été au rendez-vous.

En fait la grosse faiblesse du film tient dans ses personnages, en premier lieu le couple Valérian et Lauréline. Ils sont trop lisses, creux et sans le moindre charisme. Même les dialogues sonnent faux, on aurait presque l’impression que les acteurs lisent leur texte sur un prompteur.

Malgré cet accueil mitigé, Luc Besson n’exclut pas l’idée de travailler sur une suite. Certes le potentiel ne manque pas, reste à trouver l’art et la manière d’en extraire « toute la substantifique moelle« , comme dirait ce brave William (le chat qui expire).

Un film qui se laisse regarder, mais qui ne laissera pas sa trace dans les annales du cinéma. Un sympathique divertissement familial qui ne sollicite pas trop les neurones. Il est vrai qu’au vu du budget (plus de 197 millions €), on on pouvait s’attendre à quelque chose de vraiment grandiose et finalement on sort de là avec le sentiment que c’est « la montagne qui accouche d’une souris » (cette fois merci à Jean, le fabuliste qui aime les fontaines).

♥♥♥

 
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Publié par le 19 janvier 2018 dans DVD / BRD

 

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[BOUQUINS] Julien Capron – Mise A Jour

AU MENU DU JOUR

J. Capron - Mise à Jour

Titre : Mise A Jour
Auteur : Julien Capron
Editeur : Seuil
Parution : 2017
Origine : France
224 pages

De quoi ça cause ?

Léandre Batz est journaliste d’investigation en mal d’inspiration. Quand l’actrice Olivia Muller lui confie que sa demande d’adoption a été rejetée parce que sa nOte est mauvaise il sent qu’il tient quelque chose. Pourquoi une actrice comme Olivia ne bénéficie pas d’une meilleure évaluation ? Qu’est-ce qui se cache derrière ces nOtes et le tout-puissant réseau social eVal ?

Une enquête qui va pousser Léandre à se confronter à son frère, Robin, le créateur et PDG d’eVal.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’est clairement la couv’ qui a attiré mon attention, cet oeil qui semble vous fixer avait quelque chose d’intrigant. Le pitch m’a semblé prometteur, comme 1+1 font 2, il était évident que je craquerais.

Ma chronique

D’entrée de jeu vous pouvez ignorer la mention Thriller sur la couv’, ce n’est ni un thriller, ni même un roman policier. Certes il y a enquête, mais uniquement journalistique et sans scène de crime sordide.

Bon alors kezaco Mise A Jour ? Une arnaque ? Un mensonge ? Si le terme thriller est effectivement usurpé, tout n’est pas non plus à jeter ; pour tout vous dire je me suis rapidement pris au jeu et j’ai avalé le bouquin quasiment d’une traite.

J’ai adhéré à la construction plutôt originale du roman. Un chapitrage très sommaire, au fil des pages les divers intervenants semblent s’adresser directement aux lecteurs, comme si c’était nous qui menions cette investigation autour d’eVal et de la nOte.

Un choix narratif qui fait mouche, mais qui a aussi son revers. Les personnages paraissent superficiels, leur personnalité n’étant que peu travaillée. Concrètement c’est peu comme dans la vraie vie, tu ne sais d’eux que ce qu’ils veulent bien te dire, ou ce que les autres te disent… à toi de te démerder avec ça pour te faire une idée.

Le principe de la nOte est on ne peut plus sommaire, tu notes un individu, un spectacle, un établissement, un article… par un code couleur basique (Vert : Bon – Orange : Moyen – Rouge : Mauvais), l’appli eVal calcule ensuite une moyenne en nuançant la couleur (de très clair à très foncé). Aucun commentaire justifiant ton évaluation, un simple clic est le tour est joué.

Je rappelle la hiérarchie sur eVal ? La plupart des gens sont orangeclairs ou vertclairs. Au-dessus de vertclair, on est une star ; au-dessous d’orangeclair, on entre dans les premiers cercles de l’enfer. Je dirai : orange pour un type qui empêche son voisinage de dormir depuis deux mois ; orangefoncé pour un P-DG qui vient de déménager son usine pendant la nuit en laissant quatre cents ouvriers sur le carreau ; rouge pour un politique qui vient de tomber pour corruption ; rougeclair pour un serial killer ; rougefoncé pour un serial killer djihadiste qui fait collection d’artefacts nazis.

Une investigation qui permet à l’auteur d’aborder les dérives du numérique et le rapport de l’individu au monde virtuel (en pointant du doigt les réseaux sociaux, cela va de soi). Les analyses et points de vue s’intègrent parfaitement au récit.

Par contre j’ai été moins absorbé par les digressions sur le théâtre et le métier de comédien. Pour tout vous dire, j’y ai même trouvé quelques longueurs (ce milieu ne m’attirant pas du tout, je partage là un ressenti 100% personnel).

Mise A Jour est annoncé comme le premier tome « d’une série aux marges de l’anticipation », je serai au rendez-vous pour la suite. Le roman n’est pas parfait mais suffisamment réussi pour me donner l’envie de retrouver Léandre, Sixt et les autres.

MON VERDICT

 
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Publié par le 5 décembre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Julie Armen – Opération Borodine

AU MENU DU JOUR

J. Armen - Opération Borodine
Titre : Opération Borodine – La 23e République
Auteur : Julie Armen
Editeur : Le Clot Perret (auto-édition)
Parution : 2017
Origine : France
356 pages

De quoi ça cause ?

Face à une vague d’attentats sans précédent, les autorités françaises accordent de plus en plus de place à l’Islam dans les instituions et le quotidien des Français. Suite à un énorme mensonge d’État, le président nomme un islamiste soi-disant modéré comme Premier ministre et ministre de l’Intérieur, celui par qui la paix entre les communautés doit arriver.

Avec la bénédiction du pouvoir en place et la soumission des Français (au nom du « vivre ensemble »), l’Islam s’impose peu à peu. D’abord modéré puis de plus en plus radical. Plus rien ne semble pouvoir empêcher la France de devenir un Califat régi par la charia.

La résistance s’organise, mais la répression est brutale. Un groupe de résistants pacifistes prépare pourtant une opération d’envergure avec l’aide d’un allié inattendu : la Russie…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce qu’il a été numérisé par ChrisEbouquin et qu’elle m’a fort aimablement demandé si j’étais intéressé par la découverte. Le pitch ayant immédiatement fait mouche j’ai accepté sans hésitation.

Parce que c’est un roman autoédité et que force est de constater que cette année je n’ai accordé que peu de place à l’auto-édition dans mon blog. Les journées ne faisant que 24 heures, et parce qu’il faut bien dormir (et malheureusement bosser), il faut faire avec… et faire des choix.

Ma chronique

Après L’Appel Du Néant je reste donc en immersion dans l’islamisme, sauf que, quand Maxime Chattam ancre son roman dans la réalité et l’actualité, Julie Armen, avec son Opération Borodine, nous propose une dystopie des plus cauchemardesque. Une vison d’avenir improbable, mais qui n’en reste pas moins glaçante.

Une lecture qui m’a rappelé Guerilla de Laurent Obertone, certes les scénarios sont radicalement différents, mais il est intéressant de voir que dans les deux romans l’État est complice (plus encore chez Julie Armen, le pouvoir collaborant directement à cette islamisation de la nation), mais aussi que les auteurs insistent lourdement sur la soumission du peuple de France (au nom du fameux « vivre ensemble »).

Julie Armen nous plonge, dès les premières pages de son roman, dans une France qui va mal et qui a déjà fait de nombreuses concessions à l’islam. Une France en proie au terrorisme islamiste avec des attentats quasiment quotidiens. Bref, il y a vraiment quelque chose de pourri au royaume de France ! On serait tenté de se dire que ça pourrait difficilement aller plus mal, en réalité ce ne sont là que les prémices de la descente aux enfers que nous a concoctée l’auteure.

Au milieu du chaos, on va suivre trois femmes (Claire, Pauline, et Viane) et leur entourage, voisines et amies, qui organiseront plus ou moins activement un réseau de résistance pacifique sur fond de rapprochement avec la Russie qui fait figure de terre d’asile pour les « vrais » Français.

Et une quatrième, Fatima, qui va mener ses propres actions. Une façon pour l’auteure d’éviter les amalgames en soulignant bien la différence entre Islam et islamisme. Tous les musulmans ne sont (heureusement) pas des islamistes.

Si un tel scénario devait se produire en France je reste très sceptique sur une intervention russe en notre faveur, en tout cas pas avec quelqu’un comme Vladimir Poutine à la tête du pays… J’espère surtout qu’en de pareilles circonstances les Français seront nettement plus réactifs que dans le roman de Julie Armen. C’est quand même aux Français de défendre leur identité et leur pays.

Je craignais que l’aspect très russophile du roman ne me dérange, mais finalement ça s’intègre parfaitement à l’intrigue et du coup ça passe comme une lettre à la poste (même si je demeure sceptique sur un tel élan de générosité de la part de la Russie).

Une agréable découverte qui se lit quasiment d’une traite, la plume de Julie Armen assure une grande fluidité dans la lecture.

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Publié par le 4 décembre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Daniel Keyes – Des Fleurs Pour Algernon (audio)

D. Keyes - Des Fleurs Pour AlgernonCa fait déjà quelques temps que l’idée de tenter l’audiobook me titille mais à chaque fois que l’occasion s’est présentée j’ai trouvé un prétexte bidon pour me dérober. Il fallait LE titre qui fasse TILT pour me décider à franchir enfin le cap. Et bin voilà ce titre est enfin arrivé, et c’est de nouveau à un certain Book Club mal famé que je le dois, il s’agit de la nouvelle Des Fleurs Pour Algernon de Daniel Keyes.
Comme ça fait la troisième chronique que je consacre à ce titre (quand on aime, on ne compte pas), je vais donc me dispenser de vous en présenter le pitch.
Pourquoi la nouvelle plutôt que le roman ? Deux raisons à cela. La première, d’ordre strictement commercial, étant que seule cette version existe à la vente ; elle est proposée par Audiolib avec le texte lu par Grégory Gadebois (qui a déjà interprété le rôle de Charlie Gordon au théâtre et au cinéma). Seconde raison, la durée de la lecture, à peine 90 minutes, je peux donc me la faire d’une traite (si la sauce prend… mais là-dessus je suis confiant compte tenu de la qualité du texte).
On se cale confortablement dans le canapé, le casque audio vissé sur la tête et let’s play ! D’entrée je me suis laissé porter par la voix de Grégory Gadebois. La justesse du ton et des intonations fait que l’on vraiment l’impression d’avoir Charlie Gordon en fasse de soi, en train de nous raconter son histoire. Et comme je suis un gars bien élevé, je l’ai écouté sans l’interrompre, jusqu’à ce qu’il nous quitte.
Je craignais que les émotions ne passent moins bien à l’écoute, mais je me trompais, une fois acteur la qualité de la lecture fait que ça nous va droit au coeur. J’ai beau connaître la fin, je n’ai peu m’empêcher d’avoir un pincement au coeur au fur et à mesure que Charlie prend conscience de son déclin.
Pour une première expérience audio, je dois avouer que j’ai été bluffé. Sans toutefois être totalement converti à l’audiobook, rien ne remplace le plaisir de la lecture. Mais j’y reviendrai sans doute pour des textes courts, ou des bouquins que j’ai envie de découvrir sans forcément avoir envie de les lire.
A noter qu’il existe une version audio du roman lue par un bénévole, d’une durée de presque dix heures. J’ai commencé à l’écouter, le lecteur (donneur de voix) s’en sort bien, le ton est juste et évolue en fonction de la situation de Charlie Gordon. Chapeau bas à ces lecteurs bénévoles qui enregistrent des livres audio, non seulement il faut lire de façon intelligible mais aussi trouver le bon ton au bon moment (en l’occurrence dans ce roman c’est essentiel).

 
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Publié par le 4 juillet 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Katie Khan – S’Accrocher Aux Etoiles

K. Khan - S'accrocher aux étoilesSuper 8 est un éditeur qui a le don de nous proposer des cocktails littéraires parmi les plus inattendus, et le pire c’est que ça fonctionne toujours aussi bien que la toute première fois. Avec S’Accrocher Aux Etoiles Katie Khan, l’auteure de cet OLNI, vous propose de découvrir un récit de science-fiction saupoudré de comédie romantique et plein d’humanité.
Carys et Max sont perdus dans l’espace, reliés entre eux par un cordon et avec une réserve d’air de 90 minutes. Comment et pourquoi en sont-ils arrivés là ? Réussiront-ils à regagner leur vaisseau avant de suffoquer ? Si vous voulez des réponses : embarquement immédiat !
Carys et Max ont 25 ans, ils s’aiment d’un amour fou, tout va bien dans le meilleur des mondes me direz-vous ? Dans ce futur incertain, au coeur d’Europia (une contraction entre une Europe étendue et une utopie), leur amour est interdit ; pour se conformer aux lois sur le couple, ils doivent attendre d’avoir 35 ans avant d’envisager de vivre ensemble ! Pas glop vous en conviendrez, mais ça n’explique pas comment ils se retrouvent là-haut, dans une situation franchement pas glop du tout !
Au fil des chapitres vous partagerez les souvenirs de Carys et Max, de leur rencontre à ces foutues 90 dernières minutes. Au fil des chapitres, les minutes s’écouleront dans un inexorable compte à rebours…
Max et Carys n’avaient rien pour tomber amoureux l’un de l’autre, le contraire eut été étonnant, les meilleures comédies romantiques commencent avec un couple improbable… mais elles ne se terminent (heureusement) pas toutes dans un remake de Gravity !
Le monde de demain, tel que présenté par l’auteure est loin d’être un monde idyllique ; si Europia vous donne des frissons avec son modèle perverti d’idéal pour tous, sachez que c’est encore la partie du monde qui s’en tire le mieux, les Etats-Unis et le Moyen-Orient se sont en effet mutuellement anéantis à grand renfort de bombardements en tout genre.
Bienvenue dans la première comédie romantique d’anticipation ! Ca peut surprendre, mais ça fonctionne, pour ma part la magie a opéré de façon quasi instantanée. Déjà parce que l’auteure évite l’écueil de l’étalage massif de guimauve et de bons sentiments à donner la nausée à un bisounours ! Au lieu de ça elle nous offre une fable humaniste construite avec intelligence, sans une once de mièvrerie ou de sentimalentisme outrancier.
Vous l’aurez compris, Carys et Max sont dans un foutu merdier, mais l’auteure ne surjoue pas non plus la carte du dramatique et du pathos ; c’est la foi en leur amour qui fait vibrer notre jeune couple, leur came, c’est l’autre ! L’auteure n’hésite pas à recourir à de nombreuses touches d’humour histoire de faire retomber la tension sans toutefois nuire à l’émotion.
Si le récit est porté par Max et Carys, les personnages secondaires ne sont pas pour autant laissés en plan, qu’il s’agisse des parents (qui viendront encore accentuer le fossé qui sépare nos Roméo et Juliette de l’espace) ou de leurs amis (Liu et Liljana principalement), mais pour ma part j’ai eu un faible pour Kent, le petit frère de Max.
J’ai un pour ce roman la même tendresse que celle ressentie en lisant Il Y A Un Robot Dans Le Jardin de Deborah Install, proposé justement par le même éditeur. Peut-être que je m’adoucis en vieillissant, à moins qu’il s’agisse de savoir apprécier chacun des petits instants de bonheur que nous offre le temps qui passe. Quoi qu’il en soit, Katie Khan a su faire vibrer la bonne corde au bon moment chez moi, merci à Super 8 pour cette belle découverte.

MON VERDICT

 
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Publié par le 6 juin 2017 dans Bouquins

 

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