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Archives de Tag: science-fiction

[BOUQUINS] Sylvain Neuvel – L’Examen

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Titre : L’Examen
Auteur : Sylvain Neuvel
Éditeur : Le Livre de Poche
Parution : 2021
Origine : Canada (2019)
128 pages

De quoi ça cause ?

Grande Bretagne, dans un futur indéterminé. Pour devenir citoyen britannique les migrants et réfugiés doivent réussir un examen de citoyenneté composé de 25 questions.

Idir à fuit l’Iran avec sa femme et son fils, il exerce désormais comme dentiste à Londres et est parfaitement intégré au mode de vie occidental. C’est donc plutôt confiant qu’il se présente au centre d’examen. Mais rien ne l’avait préparé à ce qu’il va se produire…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’est le pitch qui, le premier, m’a attiré vers ce bouquin. J’étais aussi curieux de découvrir Sylvain Neuvel dans un autre registre (ce qui me rappelle au passage que je dois poursuivre la lecture de ses fameux Dossiers Thémis).

Ma Chronique

Avec L’Examen Sylvain Neuvel nous offre une dystopie plutôt glaçante, d’autant plus que l’on est en droit de penser que c’est un des futurs possibles pour nos sociétés occidentales qui veulent toujours tout contrôler au plus prés.

Un texte court, intense et sombre. Et pourtant tout commence comme un banal examen d’intégration sous la forme d’un QCM de 25 questions. Une session d’examen qui va rapidement virer au cauchemar pour Idir. Et qui jettera un froid sur le lecteur quand il découvrira ce qui se cache derrière les événements que subit Idir.

Franchement je ne suis pas contre le principe d’un examen de citoyenneté pour les demandeurs d’asile ; le Canada et de nombreux pays d’Europe du Nord le mettent déjà en pratique sans que personne ne s’en offusque. Bien entendu je parle là d’un véritable examen de citoyenneté, pas d’une mise à l’épreuve comme celle dont il est question dans le présent roman.

Les chapitres alternent entre le récit d’Idir (à la première personne) qui nous relate le cauchemar qu’il est en train de vivre – cauchemar qui semble s’enfoncer toujours plus loin dans l’horreur – et les « coulisses » du centre d’examen, là où des opérateurs tirent les ficelles du drame qu’ils sont en train de scénariser.

Compte tenu de la longueur du roman l’accent est surtout mis sur le personnage d’Idir – soit dit en passant il a le profil idéal pour devenir futur citoyen britannique –, force est de reconnaître que l’on n’a pas particulièrement envie de faire plus ample connaissance avec les autres acteurs de l’intrigue.

Le style de l’auteur est parfaitement adapté à la longueur du récit et au rythme de l’intrigue, pas de fioritures, pas de bla-bla, pas de chichis… on va à l’essentiel et c’est très bien comme ça ! Avec tout ça, inutile de vous préciser que le bouquin se dévore d’une traite.

Un roman qui poussera le lecteur à la réflexion sur des thèmes tel que le libre arbitre, la manipulation (voire la destruction) psychologique, jusqu’où le système peut-il aller au nom de l’intérêt de la communauté ? La fin du roman laisse un arrière-goût de bile en bouche, mission accomplie haut la main pour Sylvain Neuvel.

Comme quoi ce n’est pas la taille qui compte ! Il vaut mieux savoir-faire court et efficace que long et soporifique…

Pour l’anecdote Sylvain Neuvel est né et vit au Québec, mais c’est en anglais qu’il écrit ses romans. Un choix curieux pour un habitant d’une province qui défend bec et ongles la langue française (même si celle-ci est en recul constant ces dernières années). Mais cela ne nous regarde pas…

MON VERDICT

 
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Publié par le 22 juin 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Alain Damasio – Scarlett Et Novak

AU MENU DU JOUR


Titre : Scarlett Et Novak
Auteur : Alain Damasio
Éditeur : Rageot
Parution : 2021
Origine : France
64 pages

De quoi ça cause ?

Novak, un adolescent, court à travers les rues de Paris. Il est poursuivi par deux hommes sans qu’il sache ce qu’ils lui veulent. Novak compte beaucoup sur les indications de Scarlett, l’intelligence artificielle de son smartphone pour se tirer de ce mauvais pas…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Un texte publié en 2014 sur le site 01net.com sous le titre Novak Et Son Ai-Phone et destiné à un public adolescent afin de les sensibiliser aux dangers de l’addiction à leur smartphone.

Ma Chronique

Je remercie Net Galley et les éditions Rageot pour leur confiance.

Je ne sais pas pour vous, mais personnellement je ne fais pas partie du public visé par l’auteur. Pour moi le smartphone ne fait aucunement partie de mon anatomie. Mon smartphone est un gadget bien utile, le perdre me ferait certes chier, mais en aucun cas je n’aurai l’impression de me retrouver à poil et démuni pour affronter le quotidien.

Avec le personnage de Novak Alain Damasio pousse à l’extrême la relation de dépendance entre l’individu et son smartphone, mais au-delà ce cela l’auteur pointe aussi du doigt une société qui tend à faire l’apologie du 100% connecté, une société ou vivre unplugged ferait de toi un individu suspect.

Le texte est court et souffre des lacunes propres à certaines nouvelles, on manque cruellement d’éléments de fond (pourquoi ces deux gars poursuivent Novak). Du coup ça nous laisse un arrière-goût d’inachevé.

Un texte globalement bien foutu, mais un peu superficiel, il n’en reste pas moins que le message passe et que la conclusion se veut plutôt optimiste. Au vu du monde d’aujourd’hui je ne suis pas certain que la majorité des individus réagiraient comme Novak.

Un récit qui s’achève sur une « poésie » de l’auteur d’une réalité presque perturbante, un texte qui devrait amener les intéressés à se poser des questions, en admettant que leurs neurones ne soient pas encore totalement métastasés par le silicium…

J’avais envie de vous copier l’intégralité du texte ici, mais finalement je ne vous en livre qu’un extrait :

Tu dis que tu vibres :
mais c’est juste ton portable dans ta main.
Tu dis que tu vois :
mais c’est la caméra qui fait la mise au point pour toi.
Tu dis que tu sais :
mais tout ce que tu sais, c’est ton pote wiki qui le sait
pour toi.

Un court récit plutôt efficace mais je reste plus que sceptique sur le rapport qualité-prix du truc… surtout en sachant que ledit texte avait été initialement publié gratuitement sur le site 01net.com. Débourser 4 (pour la version numérique) ou 5 € (pour la version papier) pour une soixantaine de pages ça me ferait un peu mal au cul.

MON VERDICT

 
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Publié par le 23 mai 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Xavier Müller – L’Armée De Darwin

AU MENU DU JOUR


Titre : L’Armée De Darwin
Série : Erectus – Tome 2
Auteur : Xavier Müller
Éditeur : XO
Parution : 2021
Origine : France
487 pages

De quoi ça cause ?

Sept ans après la pandémie Kruger les erectus vivent dans des réserves à l’écart des sapiens. Le débat entre pro et anti est toujours vif mais le véritable danger est ailleurs. Un scientifique voit dans les erectus un possible renouveau de l’humanité, il va créer un nouveau virus, dérivé du Kruger, qui transformera les infectés en erectus « amélioré »…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’avais été emballé par Erectus, j’étais curieux de découvrir quelle suite Xavier Müller allait donner à son récit.

Ma Chronique

Avec Erectus Xavier Müller avait réussi à rendre crédible (sinon plausible) une histoire de virus totalement improbable… à une époque (pas si lointaine que ça) où le genre humain n’avait pas à se soucier d’un virus dont le nom semble tout droit sorti d’une brasserie mexicaine.

Après un premier tome totalement maîtrisé, Xavier Müller se devait de tenir le niveau tout en proposant une intrigue 100% originale… pas question de se contenter d’une resucée d’Erectus au vilain parfum de déjà-vu. Et l’auteur évite l’écueil de la facilité en nous plaçant sept ans après la pandémie Kruger, sapiens et erectus cohabitent en un fragile équilibre qui ne satisfait pleinement personne.

Chez les sapiens le débat entre pro et anti erectus fait rage alors que la communauté scientifique s’échine à gérer les conséquences de la pandémie. C’est de cette gestion de crise qu’il sera essentiellement question dans les premiers chapitres du roman. Alors certes ça ne démarre pas sur les chapeaux de roues mais ça permet de planter le décor et de nous ancrer dans le monde d’après Kruger.

Qui aurait pu prévoir que les cartes allaient être redistribuées par une nouvelle pandémie ? Provoquée cette fois en parfaite connaissance de cause par un scientifique en mal de reconnaissance qui rêve d’une humanité 2.0. Humanité dont il serait à la fois le berger et le gourou.

Quand notre professeur foldingue met son plan machiavélique et ravageur en branle, le rythme du récit change du tout au tout. L’auteur nous balade tambour battant au gré de son intrigue et de ses multiples évolutions ; c’est à peine s’il nous laisse le temps de reprendre notre souffle entre les chapitres. On veut savoir, on doit savoir !

La première vague viendra du ciel puisque c’est un moustique, l’aedes aegypti (que l’on connait bien en Nouvelle-Calédonie), qui servira de vecteur de contamination et de propagation. Un nouveau défi pour la communauté scientifique : comment éradiquer le moustique sans nuire à l’équilibre de l’écosystème tout entier ?

« Une usine à moustiques » australienne avait une piste pour combattre le Ganesh : issu de recherches collaboratives, leur procédé consistait à inoculer aux femelles une bactérie capable de stopper la transmission de certaines maladies, type dengue, à l’être humain.

Sur ce coup la réalité rattrape la fiction, une telle bactérie existe bel et bien, la bestiole s’appelle wolbachia et est actuellement au cœur d’un vaste programme de lutte contre la dengue et autres maladies transmises par le moustique mené par le World Mosquito Program et soutenu par l’OMS. La Nouvelle-Calédonie a bénéficié d’un lâcher de moustiques infectés et les résultats ont été des plus concluants.

Même si le Ganesh est encore plus dévastateur (et plus improbable) que le Kruger, Xavier Müller arrive à rendre son intrigue crédible en plus d’être hautement addictive.

Il faut dire aussi que l’auteur ne laisse rien au hasard, surtout pas ses personnages à qui il apporte un soin particulier. C’est avec plaisir que j’ai retrouvé ceux déjà croisés dans Erectus, un contentement renforcé par la place accordée aux erectus (particulièrement au clan de la pierre-levée) et leur rôle dans le déroulé de l’intrigue de ce second opus. Tout comme j’ai eu plaisir à rencontrer de nouveaux personnages, à commencer par Lauryn Gordon et Alice (la fille d’Anna).

Alors this is the end ou doit-on attendre (espérer ?) un retour des erectus, sapiens et ganesh dans un troisième tome ? Très franchement il y aurait matière à une suite, paradoxalement je serai tenté de dire qu’une suite ne s’impose pas. En tout état de cause le seul à détenir la réponse à cette question est l’auteur.

MON VERDICT

 
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Publié par le 23 avril 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Luna Joice – Community

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L. Joice - Community
Titre : Community
Auteur : Luna Joice
Éditeur : Hugo
Parution : 2020
Origine : France
298 pages

De quoi ça cause ?

3006. La Terre a été pacifiée grâce à Community, une technologie révolutionnaire qui permet à l’homme de communiquer par télépathie. L’égoïsme mis de côté au profit de la collectivité, conflits et inégalités appartiennent désormais au passé.

Passionnée par les étoiles, Lyah est une jeune femme dotée d’une profonde soif de connaissances, qui la pousse à se poser beaucoup de questions sur le monde qui l’entoure. Bien plus que tous ceux qu’elle connaît… Pourquoi les humains ont-ils désormais interdiction de se toucher ? Pourquoi ne peut-elle pas choisir elle-même sa future Assignation ? Et pourquoi certaines bases de données lui sont-elles inaccessibles ?

Tandis qu’elle exhume secret après secret sur la société aseptisée dans laquelle elle vit, une interrogation grandit dans son esprit. Pour Community, à quoi l’humanité a-t-elle renoncé ?

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’est d’abord la couv’ qui a retenu mon attention. Si le pitch est plutôt un classique du genre (la promesse d’un monde idéal qui va finalement révéler ses failles), j’ai toutefois eu envie de découvrir cette énième vision dystopique du monde de demain.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Hugo et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Écrit à la première personne, le roman nous propose de vire l’intrigue via le personnage de Lyah. Une jeune femme plutôt attachante au caractère bien trempée mais qui fait souvent penser, surtout dans la première partie du récit, à une ado de 16/17 ans davantage qu’à une jeune adulte.

Les premiers chapitres, jusqu’aux résultats de l’Assignation, permettent de définir le cadre de l’intrigue et notamment la vie au quotidien sous contrôle total de Community. Une vision idéalisée de l’avenir qui suscitera d’emblée une certaine méfiance chez tout lecteur un tantinet libre-penseur.

C’est après son Assignation que Lyah va découvrir ce qui se cache réellement derrière Community, notamment à quel point, au nom du bien commun, l’humain a été privé de tout ce qui fait de lui un individu à part entière. Des questions et des thèmes à fort potentiel sont soulevés au fur et à mesure que Lyah doute du bien-fondé de Community, malheureusement ils ne sont abordés que superficiellement par des réponses toutes faites apportées à la va-vite.

Dans les derniers chapitres du roman, Lyah va donc – sans surprise – vouloir se dresser contre le système. Là encore tout va trop vite, tout semble trop simple, elle ne rencontre quasiment aucune opposition et expédie le truc en deux temps et trois mouvements.

Vous l’aurez compris c’est mitigé que je referme ce bouquin. Une lecture qui n’en demeure pas moins sympathique mais qui laisse l’impression d’être complètement passée à côté d’un fort potentiel. Ce n’est pas avec Community que Luna Joice gravera son nom au panthéon des maîtres de la dystopie tels que H.G. Wells, George Orwell, Ray Bradbury, Ira Levin ou encore Margaret Atwood pour ne citer qu’eux (pardon à ceux et celles que j’ai injustement oublié).

MON VERDICT

 
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Publié par le 8 septembre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Sara Greem & Bernard Afflatet – Hémisphère

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S. Greem & B. Afflatet - Hémisphère
Titre : Hémisphère
Auteur : Sara Greem & Bernard Afflatet
Éditeur : Éditions du 38
Parution : 2020
Origine : France
304 pages

De quoi ça cause ?

3000 ans plus tôt, pour se protéger d’une épidémie qui décime l’humanité, la vieille Europe a été coupée du monde en se couvrant d’un dôme infranchissable.

En Hémisphère, les terres protégées par le dôme, les Désignés ont appris à se conformer à un nouveau mode de vie, un quotidien entièrement assisté et régi par des machines.

Au-delà du dôme, sur les Terres de l’Exil, le quotidien des Exilés est nettement plus rude ; la survie est une lutte de tous les jours tandis que les ressources s’épuisent inexorablement.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sara Greem, une auteure que je suis assidûment depuis ses débuts et une personne qui compte énormément pour moi.

Une fois de plus elle change de registre littéraire en se frottant à la science-fiction (version post-apocalyptique). Autre nouveauté, elle s’essaie à l’écriture à quatre mains puisque le présent roman est co-signé par Bernard Afflatet.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement Sara et les Éditions du 38 pour leur confiance renouvelée.

Autant je suis un inconditionnel de la première heure de Sara Greem, autant je ne connaissais pas du tout Bernard Afflatet avant de lire ce roman. J’espère qu’il ne m’en tiendra pas rigueur, d’autant que je compte bien réparer cette lacune prochainement.

De prime abord, le contexte post-apocalyptique permet de classer sans hésitation ce roman sur les étagères dédiées à la science-fiction. Dans les faits les choses ne sont pas aussi simples, les auteurs jouent en effet avec les genres, intégrant une forte part de fantasy dans le récit (les Terres de l’Exil font clairement penser à un autre monde que le nôtre), mais aussi des éléments issus de la mythologie et même un fort soupçon de préoccupations écologiques. Mélangez ces différents ingrédients, laissez reposer le temps que l’ensemble se fonde en un tout cohérent et vous obtiendrez Hémisphère.

Le roman s’articule autour de l’opposition entre deux mondes (Hémisphère et les Terres de l’Exil), deux peuples (les Désignés et les Exilés) et leurs modes de vie respectifs. De fait l’intrigue commence par se jouer sur deux axes narratifs distincts qui finiront par ne faire qu’un.

C’est Devor-83 qui nous servira de guide pour découvrir le quotidien des Désignés en Hémisphère ; un quotidien géré par la technologie et les machines afin que d’éviter aux humains d’avoir à se poser la moindre question. Un quotidien formaté et uniformisé, une routine placée sous le signe de la pensée unique (voire même par l’absence totale de pensée). Mais voilà, malgré cette routine bien huilée, Devor-83 est assailli par le doute et des questionnements quant à sa vie et son bonheur.

Suivez Osnour, un chasseur un brin taciturne, pour découvrir les Terres de l’Exil et le quotidien des Exilés. Un quotidien qui pourrait se résumer en un mot : survivre. Des survivants réunis en tribus et pour la plupart adepte d’une religion clanique dont la flamme est entretenue par une prophétesse, l’Annonciatrice. Un mode de vie auquel Osnour et les siens ont de plus en plus de mal à adhérer. Le chasseur est bien plus préoccupé par les sources d’eau qui se tarissent et le gibier qui se fait de plus en plus rare ; mais aussi par ces rêves troublants qui agitent son sommeil.

Les auteurs trouvent un juste équilibre entre la mise en place du cadre et le déroulé progressif de leur intrigue. J’avoue avoir craint pendant un moment un dénouement trop rapide ou trop facile au fur et à mesure que les pages défilaient ; que nenni, Sara et Bernard gardent le cap de bout en bout avec une intrigue qui se déroule sans le moindre accroc.

Si vous avez lu les précédents romans de Sara Greem, vous connaissez sans doute son attachement à la mythologie, ou plutôt devrai-je dire aux mythologies. Après nous avoir initié à la mythologie celte (Les Epopées Avaloniennes), puis à celle des peuples nordiques (La Malédiction De L’Anneau Des Niflungar), c’est l’Égypte ancienne et ses divinités qui sont mises à l’honneur dans le présent roman. Une fois de plus ces éléments mythologiques s’intègrent impeccablement à l’intrigue.

En lisant ce roman vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer, tout est fait pour maintenir l’intérêt du lecteur en éveil. Les personnages, le rythme, le suspense, l’action… tout est fort justement dosé et maîtrisé. Et la recette fonctionne du feu de dieu !

Un roman écrit à quatre mains qui devrait séduire un large public de par la variété des thèmes abordés mais aussi et surtout par sa narration d’une grande fluidité. Chapeau bas aux auteurs, la fusion de leurs efforts est une totale réussite.

Si comme moi vous vous posez des questions sur le rapport entre la couv’ et le pich du bouquin, vous n’aurez pas forcément de réponse directement dans le bouquin, disons que les auteurs dispensent suffisamment d’indices pour vous mettre sur la bonne voie… Google fera le reste.

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Publié par le 16 juin 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Alain Damasio – Les Furtifs

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A. Damasio - Les Furtifs
Titre : Les Furtifs
Auteur : Alain Damasio
Éditeur : La Volte
Parution : 2019
Origine : France
687 pages

De quoi ça cause ?

Si Lorca Varèse s’est démené pour intégrer l’armée sur le tard, c’est dans l’espoir de prouver que sa fille, Tishka, disparue il y a deux ans, est bien vivante et que sa disparition est liée aux furtifs. Des « créatures » méconnues du grand public malgré leurs capacités infinies, mais qui se figent et se minéralisent dès qu’elles sont vues par un humain.

Le Récif est une unité de l’armée spécialisée dans la chasse aux furtifs, pour mener à bien sa mission, Lorca va devoir convaincre ses équipiers et sa hiérarchie qu’il faut aborder les furtifs différemment, essayer de les comprendre plutôt que de les chasser…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

En 2004 Alain Damasio publiait La Horde Du Contrevent, un bouquin rapidement acclamé comme un must-read du genre (ou peut-être des genres si l’on intègre l’ensemble des littératures de l’imaginaire sous l’acronyme SFFF). Sorti en numérique en 2012, le bouquin a finalement rejoint mon Stock à Lire Numérique il y a quelques années… avant de sombrer dans les insondables méandres de l’oubli.

Ayant raté le coche de La Horde (ce n’est que partie remise… mais remise jusqu’à quand ? Je ne saurai dire), je tenais à ne pas passer à côté du second roman de l’auteur, Les Furtifs. Roman que les fans de La Horde attendaient depuis plus de 15 ans !

Ma Chronique

Si instinctivement je devais résumer cette lecture en un seul mot, c’est laborieux qui me viendrait à l’esprit. Un roman commencé dans sa version numérique en novembre dernier, achevé aujourd’hui dans sa version papier !

Paradoxalement mon ressenti global reste très positif malgré quelques points noirs. Le principal étant les fantaisies typographiques voulues par l’auteur qui rendent certains passages quasiment illisibles sur liseuse (à moins de se flinguer les yeux à décrypter le texte)… heureusement que ça passe un peu mieux via Calibre. Il n’en reste pas moins qu’après un peu plus de 200 pages lues, je me suis rabattu sur la version papier du roman.

Je me doute bien que numériser un tel bouquin doit être une sacrée prise de tête, mais ça n’excuse toutefois pas certaines lacunes dans le code. La plus dérangeante étant de loin les multiples styles pour identifier une ligne blanche entre deux paragraphes. Déjà que l’auteur en use et abuse, si en plus de ça les sauts varient en hauteur ça devient rapidement usant pour les yeux… d’autant qu’on ne retrouve pas cette variation dans le bouquin papier.

Enfin certains styles ne sont appliqués que partiellement au bloc de texte concerné. Genre trois lignes en italique et/ou sans serif et retour à un style normal avec serif au sein de même paragraphe. Là encore c’est une anomalie inhérente à la version numérique.

Pour archiver ma version numérique retouchée, j’ai corrigé les deux derniers points soulevés ; en revanche j’ai respecté les digressions typographiques inhérentes aux différents intervenants, même s’il faut bien reconnaître qu’elles n’apportent strictement aucune valeur ajoutée au récit… au contraire.

La société décrite par Alain Damasio (des métropoles revendues à des grandes marques commerciales, des citoyens hyper-connectés et donc traçables à tout moment) est plutôt bien présentée ; difficile de résister à l’envie de rejoindre ceux qui luttent contre ce système. Dommage que l’auteur finisse par se tirer une balle dans le pied à force de répétitions qui semblent davantage prétexte à poser ses idées personnelles (que je qualifierai soit de soixante-huitardes sur le retour, soit d’écolo-bobos-gauchos utopistes) plutôt que de réellement faire avancer l’intrigue.

Malgré un début un peu lourdingue, les choses se décantent quand commence enfin la véritable recherche de Tishka. Le bouquin devient réellement passionnant, d’autant que le rythme va crescendo tandis que de nouveaux éléments viennent se greffer à l’intrigue. Pour les raisons évoquées plus haut j’ai mis plus d’un mois à lire les 200 / 250 premières pages du roman alors que je me suis avalé les suivantes en l’espace de quelques jours.

Avec ce roman Alain Damasio met en avant des thèmes universels qui devraient trouver écho chez chaque lecteur : la famille, l’amitié, la loyauté, la tolérance. Et des thèmes plus sociétaux tels que l’écologie, la liberté d’expression et de mouvement, les convergences douteuses entre le pouvoir politique et le pouvoir économique, la place de l’individu dans la société.

Les Furtifs peut aussi se percevoir comme une ode au son, qu’il s’agisse de la voix (parlée ou chantée) ou de la musique (sous toutes ses formes, de la plus travaillée à la plus brute). À noter d’ailleurs qu’avec le roman vous aurez un lien et un code de téléchargement permettant de se procurer l’album du livre, Entrer Dans La Couleur. Il ne s’agit pas d’une version audio du roman, mais bel et bien d’un complément audio permettant de prolonger l’expérience furtive.

L’autre point fort du roman réside incontestablement dans ses personnages. Si les effets typographiques rattachés aux différents narrateurs font plus de mal que de bien au récit, l’auteur prête à chacun de ses personnages une personnalité et un phrasé qui n’appartiennent qu’à lui (ce qui ne fait que renforcer le superflu de la typographie individualisée).

Il y a bien évidemment en tête de cortège, le couple Lorca / Sahar ; d’abord séparé par leur réaction face à la disparition de Tishka (le père refuse de croire en la mort de leur fille alors que la mère finit par s’y résigner), puis plus soudé que jamais dans leur quête commune pour la retrouver.

J’ai beaucoup aimé le duo de chasseurs du Récif composé par Hernan Agüerro et Saskia Larsen. j’ai eu un peu plus de mal avec le dernier traqueur, Nér Arfet, car plus difficile à cerner avec précision.

Difficile de résister à la fougue contagieuse de Toni Tout-fou et plus encore de ne pas fondre de plaisir face au personnage de Tishka.

Si Alain Damasio sait y faire pour rendre ses personnages attachants, il est tout aussi habile quand il s’agit de vous en faire prendre d’autres en grippe. Sur ce point je n’en dirai pas plus afin de ne pas risquer de dévoiler certains tournants de l’intrigue.

Une belle et riche découverte malgré quelques bémols non négligeables ; ça reste une lecture qui demande un réel investissement personnel pour être pleinement appréciée (n’espérez pas dévorer le roman d’une traite… prenez plutôt le temps de le déguster à votre rythme).

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Publié par le 14 janvier 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Margaret Atwood – La Servante Écarlate

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M. Atwood - La Servante écarlate

Titre : La Servante Écarlate
Auteur : Margaret Atwood
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 1987 (réédition 2017)
Origine : Canada (1985)
544 pages

De quoi ça cause ?

Les États-Unis sont devenus la République de Gilead, une dictature théocratique où les femmes sont divisées en castes selon leur rang social et le rôle qui leur a été attribué. Mais Gilead se meurt de son infertilité, les Épouses ne peuvent plus procréer, c’est aux Servantes d’assurer une descendance à leur Commandant.

Defred est une de ces Servantes, reconnaissables à leur tunique rouge. Elle nous raconte son quotidien et partage ses souvenirs de la vie d’avant…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Quelle question ! Parce que c’est un roman devenu culte qui revient souvent (pour ne pas dire toujours) et en bonne position dans les listes des livres qu’il faut AB-SO-LU-MENT avoir lus avant de sucer les pissenlits par la racine.

Ça fait des années que je me dis qu’il faut que je m’y mette, finalement c’est la série télé The Handmaid’s Tale qui aura été l’élément déclencheur. Je voulais impérativement avoir lu le bouquin avant de me laisser tenter par la série.

Ma Chronique

Il m’aura fallu plus de 30 ans pour enfin me décider à lire ce roman, et pourtant je n’avais aucun a priori à son encontre, ni même une quelconque réticence ; au contraire, ça fait des années que je me dis qu’il faut absolument que je le lise.

Finalement c’est la série TV The Handmaid’s Tale et la sortie récente de la « suite » du présent bouquin, Les Testaments, qui m’auront poussé à franchir, ENFIN, le pas.

Avec ce roman Margaret Atwood nous propose une vision dystopique de notre avenir, un monde particulièrement glauque et désespérant, surtout pour la gent féminine. Une société complètement déshumanisée régie par un pouvoir théocratique qui a définitivement banni tout ce qui touche à culture. Un monde formaté où les sentiments n’ont plus droit de cité.

La narratrice, Defred (qui se comprend comme « de Fred », donc appartenant – pour un temps – à Fred, son Commandant), partage son morne quotidien avec le lecteur, mais aussi ses souvenirs du monde d’avant (le monde tel que nous le connaissons, la technologie du XXIe siècle en moins). Le fait qu’elle ait connu ce « monde d’avant » rend la description du quotidien à Gilead encore plus abrupt, encore plus insupportable.

Defred, comme les autres Servantes, joue un rôle essentiel (mais néanmoins ingrat et infamant) pour la survie de Gilead ;  donner un enfant à son Commandant. Une fois par mois elle passe à la casserole en respectant scrupuleusement un cérémoniel de copulation particulièrement dégradant. Le mot copulation est le seul qui me vienne à l’esprit pour désigner un acte mécanique dénué de tout sentiment (faire l’amour est donc inapproprié) et de tout plaisir (tout comme baiser). Les Servantes sont ainsi réduites à de vulgaires matrices potentielles.

Si le récit est glaçant, le ton de la narratrice, à la fois résigné et détaché, nous empêche de nous prendre totalement d’empathie pour le personnage. Je n’aurai pas la prétention de dire que dans la même situation j’aurai fait mieux (c’est typiquement le genre de réaction qui me hérisse le poil), mais j’aurais aimé éprouver un réel sentiment de révolte dans le récit. Point de révolte, juste, parfois, une profonde injustice parfois, avant de retomber dans la résignation.

Dans la même veine, nous n’avons qu’une vague idée de l’existence d’une résistance via le réseau Mayday, mais pas des masses d’infos quant à la nature de ses opérations sinon des exfiltrations en cas de danger immédiat. Voilà qui est un tantinet frustrant, surtout quand la quatrième de couverture annonce : « En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté ».

Malgré ce petit bémol, il n’en reste pas moins que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce bouquin, je ne regrette pas de m’être enfin décidé. Sa place d’œuvre majeure dans le genre dystopique, aux côtés de classiques immortels tels que 1984 (George Orwell, 1949), Le Meilleur Des Mondes (Aldous Huxley, 1932) ou encore Fahrenheit 451 (Ray Bradbury, 1953) n’est en rien usurpée.

C’est le premier roman de Margaret Atwood que je lis, au vu de la qualité de l’écriture (et de la traduction) je sais d’ores et déjà que ce ne sera pas le dernier. À commencer par Les Testaments, je vais faire en sorte de ne pas attendre 30 ans avant de me lancer dans l’aventure (déjà d’un point de vue purement biologique je ne suis pas du tout certain d’avoir 30 ans devant moi).

Si le bouquin est sorti en 1985, il reste terriblement d’actualité, peut-être même plus encore que lors de sa parution initiale. Un cri d’alarme qui nous invite à ne jamais accepter l’inacceptable, à rester vigilant face aux concessions qu’on nous demande de faire. À force de courber l’échine, on finit pour nous la mettre bien profond et à sec !

Je terminerai donc cette chronique en faisant mienne la devise de la résistance : Nolite te salopardes exterminorum. Ne laisse pas les salopards te tyranniser. Un cri du cœur que chacun de nous devrait garder présent à l’esprit… juste au cas où.

Y a-t-il des questions ?

MON VERDICT

 
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Publié par le 20 décembre 2019 dans Bouquins

 

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[BRD] Star Wars – Les Derniers Jedi

A L’AFFICHE DU JOUR

Star Wars VIII
Titre : Star Wars – Les Derniers Jedi
Réalisation : Rian Johnson
Production : Lucasfilm Ltd.
Distribution : Walt Disney Company
Origine : USA (2017)
Durée : 2h32

Le casting

Daisy Ridley : Rey
John Boyega : Finn
Oscar Isaac : Poe Dameron
Mark Hamill : Luke Skywalker
Adam Driver : Kylo Ren

Le pitch

Rien ne semble pouvoir arrêter la progression du Premier Ordre. Les forces de la Résistance sont acculées. Leur dernier espoir repose sur Luke Skywalker, le légendaire maître jedi, que Rey est venu sortir de sa retraite.

Alors que la résistance se fait inexorablement exterminer, Rey découvre un Luke désabusé qui refuse de s’impliquer dans le conflit…

Ma chronique

Autant je suis complètement sous le charme de l’univers Marvel remanié par Disney, autant la sauce a du mal à prendre avec l’univers Star Wars. Après un septième épisode en demi-teinte (un manque total d’originalité à mon goût), j’espérais beaucoup de ce huitième opus. Sans trop y croire toutefois… La preuve, j’ai attendu qu’il soit diffusé par Canal+ pour le découvrir.

Clairement ce huitième opus est plus osé que son prédécesseur, on peut même dire qu’il n’hésite pas à s’écarter des sentiers balisés de l’univers Star Wars. OK le pari était osé, mais le résultat n’est pas du tout convaincant.

A aucun moment je n’ai senti opérer la magie Star Wars, j’étais simplement devant un bon (voire moyen) film de science-fiction. Bien foutu, visuellement convaincant, mais avec un scénario un peu léger et sans grande surprise.

Le Réveil De La Force m’avait consterné par la platitude des personnages, ce huitième opus ne fait malheureusement que confirmer cette impression. Je serais tenté de dire que les plus intéressants à suivre ont été le droïde BB-8 et les Porgs de la planète sur laquelle Luke s’est exilé… malheureusement dans les deux cas l’intérêt n’est qu’humoristique.

Le grand retour de Luke Skywalker était certainement l’un des aspects les plus attendus de ce huitième film, là encore on déchante rapidement. Exit le puissant maître jedi, on a l’impression de se retrouver face à un clone au rabais de Thyrion Lannister (Game Of Thrones). Ses états d’âme sont aussi creux que ceux de son ex-disciple et actuel ennemi, Kylo Ren.

Est-il besoin de vous préciser que je n’attends pas grand-chose du neuvième film, dernier opus de cette troisième trilogie et fin annoncée du cycle Skywalker ? Même les quelques questions laissées en suspens avec ce huitième film ne parviennent à éveiller mon intérêt.

J’ajouterai, pour enfoncer le clou, que les spin-off Star Wars Story ne m’inspirent pas davantage…

Incontestablement pour moi la machine à broyer Disney a complètement salopé la licence Star Wars.

♥♥♥

 
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Publié par le 5 janvier 2019 dans DVD / BRD

 

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[BOUQUINS] Luke Rhinehart – Invasion

AU MENU DU JOUR

L. Rhinehart - Invasion

Titre : Invasion
Auteur : Luke Rhinehart
Éditeur : Aux Forges de Vulcain
Parution : 2018
Origine : USA (2016)
448 pages

De quoi ça cause ?

Alors qu’il est de sortie pour une campagne de pêche, Billy Morton remonte une étrange boule de poils. Si la chose semble bel et bien vivante et dotée d’une certaine forme de conscience, elle ne ressemble à rien de connu.

Il n’en reste pas moins que la boule de poils semble se prendre d’affection pour Billy, elle le suit en effet jusque chez lui. D’abord intriguée, la famille Morton, Billy, Carlita et leurs jeunes fils Jimmy et Lucas, adopte la chose et l’appelle Louie.

Louie s’avère être un extraterrestre et ne pas être le seul représentant de son espèce, les Protéens, à être de passage sur Terre. La philosophie des protéens est on ne peut plus simple : « faut rigoler ! »… et c’est encore mieux si la rigolade se fait aux dépens des autorités et du système.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

À la base afin de participer à une opération FB lancée par Lau Lo, SP voyageurs sans frontières, pour diverses raisons ça n’a pu se faire.

Tout venant à point à qui sait attendre, l’éditeur m’a finalement fait parvenir le roman au format PDF (merci David). Restait à savoir si j’allais ou non le lire…

Ma chronique

Merci à David des éditions Aux Forges de Vulcain pour son envoi du roman (enfin presque… des épreuves non corrigées) au format PDF.

Et me voilà face à un cruel dilemme, le lire ou ne pas le lire ? D’un côté j’avais vachement envie de découvrir ce bouquin, mais de l’autre le format PDF est pour moi absolument rédhibitoire. Le choix s’est imposé de lui-même, si l’EPUB ne vient pas à toi, va à l’EPUB ; en clair il me « suffisait » de créer un fichier EPUB à partir du PDF.

Simple non ? Pas si simple que ça en fait. Une conversion directe PDF en EPUB via Calibre donne un résultat purement et simplement catastrophique. Par contre convertir un PDF en fichier Word via NitroPDF est une opération nettement plus simple. Il restait ensuite à retravailler le fichier Word afin de virer les pieds de pages et les césures de mots.

La seconde étape consistait à convertir le fichier Word au format EPUB. Pour je ne sais quelle raison Calibre s’est de nouveau ligué contre moi, l’opération n’a jamais abouti ! Je suis parti d’une page vierge sur Sigil, j’ai créé une feuille de style et j’ai alimenté le fichier par des copier-coller successifs (un par chapitre, plus quelques autres pour respecter (plus ou moins) la mise en page d’origine. Et me voilà avec un fichier EPUB complet !

Alléluia ? Non pas encore… Un premier survol du fichier pour corriger les coquilles les plus évidentes et formater le texte. L’ami Groucho (merci à toi) s’étant volontiers prêté au jeu de la relecture, j’ai pu apporter quelques corrections complémentaires.

Et c’est cette version que j’ai lue, en gardant le PDF ouvert comme support afin d’apporter les ultimes (?) corrections et obtenir enfin un fichier EPUB propre. Ce fut laborieux, mais ça en valait la peine.

Après cette longue digression technique, revenons à nos moutons et mes impressions suite à la lecture de cette Invasion extraterrestre qui ne ressemble à nulle autre.

Si vous cherchez de la science-fiction pure et dure, je pense que vous pouvez passer votre chemin. Certes il est bien question d’extraterrestres, mais ils sont surtout prétextes à une satire virulente de l’Amérique de Donald Trump, mais aussi un réquisitoire à charge contre la connerie du genre humain (surtout de ceux qui détiennent le pouvoir, qu’il soit politique et/ou économique).

L’arme de Luke Rhinehart pour taper là où ça fait mal est la même que celle de ses Protéens, le rire. Un rire sans limites ni tabous, un rire parfois un peu lourdingue, mais un rire qui fait mouche à tous les coups (ou presque). Sourires, rires et fous rires assurés au fil des chapitres !

Il faut dire aussi que Louie est bien tombé en se faisant « adopter » par Billy Morton (même si on peut se demander lequel a réellement adopté l’autre). Vétéran du Vietnam et ex-hippie, il a gardé de ces années un petit côté anarchiste et une âme rebelle à toute forme d’autorité. Carlita, son épouse, bien qu’avocate partage la même méfiance envers l’autorité en général, et les uniformes en particulier.

Partageant plus ou moins les idées de Louie et des ses potes sur le genre humain, la famille Morton vont se retrouver entraînée dans une aventure aussi rocambolesque que déjantée… une aventure qui ne tardera pas de faire d’eux la bête noire de la NSA et consorts, au même titre que les protéens.

Une aventure totalement improbable, mais le côté burlesque, voire grand guignol, de l’intrigue est pleinement assumé, pour ne pas dire revendiqué.

Si l’essentiel de l’intrigue nous est narré par Billy Morton via des extraits du roman qu’il a écrit, Mon ami Louie, d’autres points de vue, plus ou moins officiels, apportent un autre éclairage sur l’évolution des événements.

Je serai tenté de vous parler de la fin du roman, mais ce serait un peu con venant de quelqu’un qui s’efforce, au fil de mes chroniques, de ne pas spoiler. Pour faire simple, on va dire qu’elle est très ouverte, pour ma part ça ne me dérange pas, même si je n’aurai pas été contre un ultime chapitre supplémentaire.

L’idée de départ était plutôt bonne et le bouquin recèle vraiment de quelques très bonnes trouvailles, mais il pêche par quelques longueurs, et une amère impression de redondance à force de tirer encore et toujours sur les mêmes ficelles. À se demander si Luke Rhinehart ne considère pas réellement que le lecteur américain est trop con pour comprendre du premier coup les piques qu’il lance.

Beaucoup de travers pointés du doigt (et certains peuvent s’appliquer bien au-delà des frontières US), mais aucune réelle alternative n’est proposée. Je pense pouvoir affirmer sans me tromper (seul l’auteur pourrait confirmer ou infirmer mon propos) que la volonté Luke Rhinehart était avant tout de nous faire sourire, pas forcément de nous amener à réfléchir sur la meilleure façon de changer le monde. Pour tout dire le contraire eut été un peu prétentieux !

Je referme ce bouquin (ou plutôt ma liseuse) plutôt satisfait de cette découverte, mais pas transcendé ; j’en espérais davantage, peut-être trop.

MON VERDICT

 

 
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Publié par le 9 novembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Kurt Vonnegut – Tremblement De Temps

AU MENU DU JOUR

K. Vonnegut - Tremblement de Temps

Titre : Tremblement De Temps
Auteur : Kurt Vonnegut
Éditeur : Super 8
Parution : 2018
Origine : USA (1997)
304 pages

De quoi ça cause ?

En février 2001 un tremblement de temps renvoie l’humanité dix années plus tôt, en 1991. Les hommes vont se voir contraints de revivre cette décennie sans rien pouvoir changer quant à leurs choix et décisions du moment. Dix années durant ils seront à la fois acteurs et spectateurs de leur vie, impuissants à réparer les erreurs et mauvais choix, condamnés à en subir à nouveau les conséquences…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que je n’ai jamais lu de roman de Kurt Vonnegut alors qu’il semble être considéré par beaucoup comme un porte-drapeau de la littérature underground US.

Parce que justement Super 8 nous propose un titre encore jamais publié en français.

Parce que Super 8 et Net Galley ont accepté de donner suite à ma demande.

Ma chronique

Je tiens à remercier les éditions Super 8 et la plateforme Net Galley pour la confiance qu’ils m’ont témoignée en acceptant ma sollicitation pour ce titre.

Une demande acceptée qui a toutefois bien failli rester sans suite, le roman m’ayant été proposé au format PDF j’ai informé l’éditeur que je ne le chroniquerai pas. Quelque temps plus tard, un peu par hasard, j’ai découvert que le titre était désormais disponible au format EPUB, je suis donc revenu sur ma décision.

Un roman (?) qui a bien failli ne jamais voir le jour comme nous l’explique Kurt Vonnegut dans son prologue :

Et voilà que moi, à l’hiver 1996, je me trouvais être le créateur d’un roman qui ne tenait pas debout, qui n’allait nulle part et qui, pour commencer, n’avait jamais demandé à être écrit. Merde ! J’avais, si vous voulez, passé pas loin d’une décennie sur ce poisson ingrat. Et il n’était même pas bon à appâter les requins.
(…)
Mon gros poisson, qui puait pas mal, était intitulé Tremblement de temps. Baptisons-le Tremblement de temps I. Et baptisons celui-ci, ragoût concocté à partir des meilleurs morceaux du précédent et mélangé à des réflexions et expériences des sept derniers mois environ, Tremblement de temps II.

Bien que le roman ait été publié en 1997 et que l’auteur jouisse d’une certaine notoriété, il faudra attendre 2018 pour qu’une version française soit publiée à l’initiative de Super 8. L’occasion pour les lecteurs français de découvrir un inédit édité à titre posthume (Kurt Vonnegut est mort en 2007, à l’âge de 84 ans).

Je ne sais pas si ce Tremblement De Temps est représentatif du travail de Kurt Vonnegut, mais c’est, de prime abord en tout cas, totalement déroutant comme lecture. Le pitch proposé n’est que très vaguement évoqué et sert surtout à l’auteur de prétexte pour nous parler de lui à travers diverses anecdotes le concernant lui ou ses proches et autres réflexions sur des sujets divers et variés.

Son alter ego fictionnel (avec qui il échange beaucoup), Kilgore Trout, écrivain de SF qui a la particularité de jeter aux ordures ses nouvelles sans même chercher à les faire publier, intervient souvent pour nous faire part, lui aussi de ses réflexions et son vécu (?).

J’avoue qu’au début de ma lecture je me suis demandé dans quel bourbier j’avais mis les pattes et quel pouvait bien être l’intérêt de la chose que j’étais en train de lire. La réponse s’est imposée d’elle-même après quelques chapitres ; tout l’intérêt de ce bouquin pour le moins atypique réside dans la plume de Kurt Vonnegut.

Force est de reconnaître que l’auteur est un conteur hors pair, on boit littéralement ses phrases, c’est un véritable régal pour les yeux, le cœur et les neurones (mon athéisme viscéral m’interdit d’y ajouter l’âme… mais grande est la tentation de le faire). J’en profite d’ailleurs pour saluer le travail de la traductrice Aude Pasquier.

Kurt Vonnegut a autant de gouaille que de talent, la langue de bois et le politiquement correct ne sont définitivement pas sa tasse de thé, il dit ce qu’il a à nous dire sans y aller par quatre chemins, pimentant même son propos d’un humour aussi ravageur que corrosif.

Morceau choisi à propos de l’Église :

« Quand ils ont découvert que j’étais divorcé, ai-je dit, ils m’ont prescrit toutes sortes de pénitences qu’il fallait que j’accomplisse avant de redevenir assez pur pour pouvoir me marier chez eux.
— Eh bien, voilà, a dit Trout. Imaginez les pinailleries qu’il aurait fallu que vous surmontiez si vous aviez été un ancien taulard. Et puis, si ce pauvre enculé qui vous a écrit a vraiment trouvé une Église qui l’a accepté, il pourrait très bien être de retour en prison à l’heure actuelle.
— Pourquoi ? ai-je demandé. Pour avoir piqué dans le tronc des pauvres ?
— Non, a répondu Trout. Pour avoir plu au Christ en abattant un médecin qui se rendait à son boulot dans une usine à avortement. »

Si l’auteur peut se targuer d’avoir eu une vie bien remplie ponctuée de nombreuses rencontres, mais aussi de deuils ; les interventions de Kilgore Trout quant à elles apportent un brin de folie à l’ensemble, à travers notamment des rencontres avec des personnages hauts en couleur et ses nouvelles aux histoires pour le moins ubuesques.

Ce bouquin n’est à nul autre pareil, un véritable fourre-tout sans queue, ni tête, mais qui se lit malgré tout avec beaucoup de plaisir (et j’en ai été le premier surpris). Une lecture quasi expérimentale qui vaut son pesant de cacahuètes. A réserver toutefois aux amoureux des mots qui ont un peu de temps à perdre…

Je ne peux pas dire, en refermant ce bouquin, que j’ai découvert l’univers littéraire de Kurt Vonnegut, par contre j’ai appris beaucoup de choses sur Kurt, non seulement l’auteur, mais aussi l’homme qu’il était. Une belle rencontre par écrits interposés qui m’a donné envie de découvrir ses « vrais » romans.

Je laisse le mot de la fin à Kurt Vonnegut :

Écoutez : nous sommes sur terre pour glandouiller. Ne laissez personne prétendre autre chose !

MON VERDICT

 
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Publié par le 3 octobre 2018 dans Bouquins

 

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