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Archives de Tag: Roy Braverman

[BOUQUINS] Roy Braverman – Freeman

AU MENU DU JOUR

R. Braverman - Freeman

Titre : Freeman
Auteur : Roy Braverman
Éditeur : Hugo
Parution : 2020
Origine : France
520 pages

De quoi ça cause ?

Alors qu’un ouragan balaie Patterson, un patelin de Louisiane, un homme cagoulé s’introduit au domicile de Sobchak, le redoutable parrain du crime organisé local, et lui dérobe deux millions de dollars en cash.

Dans le même temps Freeman reçoit un joli pactole de la part de Mardiros, un collecteur de dettes missionné par Hunter pour lui remettre l’argent.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Roy Braverman qui perpétue l’aventure US entamée avec Hunter et poursuivie avec Crow. Deux titres avec lesquels j’avais pris un pied d’enfer, j’espérais qu’il en serait de même avec ce nouvel opus.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Hugo et Net Galley pour leur confiance. Même si la présente chronique a bien failli ne pas voir le jour.

En effet sur Net Galley le bouquin était initialement proposé au format PDF ; comme c’était le cinquième titre consécutif que je recevais sous cette forme antédiluvienne, j’avais purement et simplement décidé de faire l’impasse sur sa lecture plutôt que de galérer à la réalisation d’un epub maison.

Quelques semaines plus tard le bouquin était disponible au format epub, il a ainsi pu rejoindre la (longue) file d’attente des titres en stand-by. Mon emploi du temps personnel et ma volonté d’alterner entre SP et autres romans ont fait que je n’ai pas eu le temps de me pencher sur le cas Freeman plus tôt (et encore, j’ai pris sur moi pour que Stephen King ne lui grille pas la priorité).

Le personnage de Freeman n’est pas inconnu des lecteurs de Roy Braverman, on le croise en effet dans Hunter, il est le père d’une des victimes présumées de Hunter et traque le fugitif pour lui faire avouer ce qu’il a fait de Louise, sa fille.

Les lecteurs retrouveront avec plaisir l’inénarrable Mardiros, déjà croisé dans Crow, collecteur de dettes (ne dites pas chasseur de primes, ça le vexe) arménien à la langue bien pendue, et toujours prompt à surprendre ses interlocuteurs (et accessoirement le lecteur).

Pour le reste changement de climat, après les tempêtes de neige du grand nord américain, l’intrigue pose ses valises en Louisiane, avec ses airs de jazz et ses cyclones dévastateurs. Une fois de plus la nature fait quasiment office de personnage à part entière dans le roman, avec sa faune pas toujours sympathique (le bayou est en effet un terrain propice aux alligators… n’est-ce pas Tyson ?).

Cette fois, outre la nature sauvage, Roy Braverman donne littéralement vie à La Nouvelle-Orléans, mais pas celle des guides touristiques, c’est plutôt les nombreux côtés obscurs de la ville qui l’inspirent.

Contrairement aux deux précédents romans, l’intrigue de celui-ci ne tourne pas autour d’un personnage unique. On pourrait même dire que Freeman n’est qu’un acteur parmi d’autres qui gravitent autour du vol du fric de Sobchak. Même ce braquage audacieux n’est en quelque sorte que la partie visible de l’iceberg.

Outre Freeman, Louise et Mardiros que nous connaissons déjà, deux enquêteurs, partenaires sans être amis, vont jouer un rôle déterminant dans le déroulé de l’intrigue. Deux flics que tout oppose à part le fait que chacun se bat pour une cause qui lui est chère. Beauregard s’est juré de se consacrer en priorité sur les dernières semaines de sa femme qui se meurt d’un cancer en phase terminale. Howard passe ses nuits à chercher des pistes qui pourraient expliquer la disparition de son jeune frère, un an plus tôt.

Autant j’ai trouvé Beauregard sympathique, autant Howard m’est souvent apparu comme un sinistre connard qui ferait mieux de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de l’ouvrir.

Il serait injuste de ne pas mentionner Sobchak, celui qui règne sur le crime organisé en Louisiane et ailleurs, un peu (beaucoup) vénèr de s’être fait piquer deux patates alors que se jouait une importante transaction avec un cartel colombien. Si vous êtes amateur de cocktails (ce qui n’est pas mon cas), vous aurez en bonus le droit à de nombreuses recettes fort bien documentée par Sobchak himself, expert autoproclamé en mixologie (terme qui désigne l’art de préparer des cocktails).

Bien d’autres personnages gravitent autour de ce petit monde, il serait trop long et un tantinet divulgâchant (berk, je déteste ce mot) de vous dresser une bio (avec la nécro en bonus pour certains) exhaustive de chacun.

L’intrigue est riche en rebondissements en tout genre, mais là encore le traitement est très différent de celui de Hunter et Crow. Les deux premiers opus jouaient la carte d’une hyper violence parfaitement  décomplexée et assumée, celui opte pour une approche plus mature et surtout plus humaine de l’intrigue. Ce qui n’exclut pas certaines morts violentes et sanguinolentes…

Ces approches différentes ont été un peu déconcertantes dans un premier temps, me laissant l’impression de lire un roman totalement détaché des deux précédents, mais c’était sans compter sur le talent (et le style narratif très visuel) de Roy Braverman qui balayera bien vite cette impression et saura rapidement vous convaincre que sa façon de traiter le récit est la bonne… voire même la meilleure !

Si ce troisième tome vient clore sa trilogie américaine, j’espère que Patrick Manoukian (aka Ian Manook) ne remisera pas totalement son pseudonyme version US et ses personnages ; certains semblent avoir encore beaucoup de choses à raconter…

MON VERDICT

 
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Publié par le 7 février 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Roy Braverman – Crow

AU MENU DU JOUR

R. Braverman - Crow
Titre : Crow
Auteur : Roy Braverman
Éditeur : Hugo
Parution : 2019
Origine : France
364 pages

De quoi ça cause ?

Étant bien incapable de proposer l’esquisse d’un pitch, je vais me contenter de faire un copier-coller de la quatrième de couverture :

Des déserts arides du Mojave jusqu’aux Brooks Mountains dans le nord de l’Alaska, du pays des crotales au territoire des ours et des loups, une chasse à l’homme haletante et sans pitié. Traqueur ou traqué, homme ou femme, prédateur ou victime, peu importe : le système ne pardonne jamais. Surtout pas aux innocents !

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est la suite de Hunter, j’avais adoré l’ambiance générale du roman (très noire, un peu barrée, mais totalement assumée) et les personnages.

Ma Chronique

C’est avec grand plaisir que je me replonge dans les profondeurs sauvages de l’Alaska afin de retrouver Hunter et Crow… et quelques autres personnages déjà croisés dans le précédent opus.

Avant d’entrer dans le vif du sujet je répondrai à la question que les lecteurs potentiels peuvent se poser en découvrant ce titre : faut-il avoir lu Hunter avant de lire Crow ? Sans hésitation ma réponse est OUI, cet opus étant quasiment la suite directe du précédent. Qui plus est Hunter vous garanti un grand moment de lecture si vous aimez les histoires qui dépotent et envoient du lourd.

Roy Braverman (aka Ian Manook, ou encore Patrick Manoukian pour l’état civil) nous plonge d’entrée de jeu au cœur de son intrigue et au cœur de l’action. Au fil des chapitres on fait connaissance avec de nouveaux personnages, notamment ceux qui gravitent autour de la ville de Fairbanks (dont la sherif Sarah Malkovich et la ranger Sally Longhorn) et on retrouve certains personnages déjà croisés dans Hunter (dont Delesteros et Collins, virés du FBI après le fiasco de Pilgrim’s Rest). J’avoue avoir eu un faible pour le personnage de Mardiros, un chasseur de prime collecteur de dettes arménien qui ne manque ni de ressources, ni d’obstination.

Les chapitres défilent ainsi sans que l’on croise Hunter ou Crow, le premier se manifeste de façon certaine à la fin du chapitre 17 et le second au cours du chapitre 26 (sur un total de 60 chapitres). Rassurez-vous, leur absence n’empêche nullement l’intrigue de se mettre en place et de se développer.

Je ne m’attarderai pas davantage sur les personnages, il faut juste savoir que Fairbanks est un véritable nid à rednecks, de bons vieux péquenots de base amoureux de leurs flingues plus que de leur femme. Roy Braverman force volontairement le trait pour pointer du doigt cette Amérique profonde qui a fait de Donald Trump son président…

Ceux qui ont aimé Hunter retrouveront avec plaisir les mêmes ingrédients, un max d’action, une galerie de personnages qui vaut vraiment le détour, beaucoup de second degré et les inévitables touches d’humour noir. N’allez surtout pas croire que ce second opus n’est pas qu’une resucée du précédent, ça défouraille toujours autant, mais le récit s’articule autour d’axes radicalement différents, donnant par la même plus d’importance et plus de profondeur aux personnages.

Dans ce roman la nature est partie prenante à part entière, que ce soit par les décors, une beauté qui peut cacher bien des pièges mortels, les aléas climatiques (et plus si affinités) ou par sa faune omniprésente.

Un pur moment de divertissement servi par une écriture toujours aussi visuelle, au fil de la lecture on a le sentiment de visualiser le déroulé des événements ; et une fois de plus on en prend plein les mirettes… et on redemande ! Avec Crow, l’auteur confirme son formidable talent de conteur.

Roy Braverman nous avait promis une trilogie, l’ultime opus étant annoncé pour 2020, je suis franchement curieux (et tout aussi impatient) de découvrir quelles surprises il nous réserve…

MON VERDICT
Coup double

Morceaux choisis :

Extraits du chapitre 10

Malkovich prend son téléphone et appelle le légiste.
— Moore ? Malkovich ! Des résultats pour l’autopsie ?
— Vous ne passez pas me voir ?
— Attention Moore, cette insistance pourrait passer pour du harcèlement. Tu as l’intention de me harceler, Moore ?
— Non, non, bien sûr que non, shérif…
— Dommage pour toi, Moore, tu ne sais pas ce que tu perds.
— Shérif, je voulais juste vous montrer mon…
— Ton quoi, Moore ? Tu voulais me montrer ton quoi ? Attention à ce que tu vas dire, mon garçon.
— Mon rapport, bredouille le jeune légiste, juste un rapport !
— Un rapport, Moore, tu me proposes un rapport, maintenant ? Décidément !
— …
— Moore ?

 

— Ce pauvre gamin a peur de se faire bouffer par une cougar, c’est sûr, même si officiellement l’espèce vient d’être déclarée éteinte.
— Tu plaisantes !
— Le mercredi 23 novembre 2016, par un communiqué de l’US Fish and Wildlife Service. Aucune apparition depuis 1930. Out, le cougar !
— Mais comment va-t-on appeler les femmes comme moi alors ? plaisante Malkovich.
— Des vieilles ? propose Amber.

 
4 Commentaires

Publié par le 18 avril 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Roy Braverman – Hunter

AU MENU DU JOUR

R. Braverman - Hunter

Titre : Hunter
Auteur : Roy Braverman
Éditeur : Hugo
Parution : 2018
Origine : France
320 pages

De quoi ça cause ?

Hunter, condamné à mort pour les meurtres de cinq hommes et l’enlèvement de cinq femmes qui n’ont jamais été retrouvées, s’évade et retourne à Pilgrim’s Rest, là où ces crimes ont été commis douze ans plus tôt. Plus que jamais déterminé à prouver son innocence et à démasquer le(s) vrai(s) coupable(s).

Il n’est pas seul sur le chemin de Pilgrim’s Rest, Freeman, le père d’une victime disparue, le suit de près. Une fois qu’il lui aura mis la main dessus, il compte bien lui faire avouer où est sa fille et venger les victimes.

Sauf qu’à Pilgrim’s Rest rien ne se déroulera comme prévu…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que Roy Braverman est le nouveau pseudo de Ian Manook (Patrick Manoukian de son vrai nom), le sieur Manook m’ayant emballé avec sa trilogie mongole autour de Yeruldelgger, il me tardait de rejoindre le sieur Braverman et le mystérieux Hunter dans les Appalaches pour découvrir cette nouvelle série.

Ma chronique

Exit Ian Manook, exit Yeruldegger, exit les steppes mongoles et exit Albin Michel. Welcome Roy Braverman, welcome Hunter, welcome USA et welcome Hugo. Dans le genre nouveau départ, on peut difficilement faire plus radical.

Honnêtement si je n’avais pas su que Manook et Braverman étaient une seule et même personne jamais je n’aurai pu le deviner en lisant ce roman (sans sa préface dans laquelle l’auteur explique son choix). Le genre, le style, la construction, tout est tellement éloigné de ce que j’ai découvert avec la trilogie Yeruldelgger. On frôle la parfaite schizophrénie littéraire ! Et c’est un compliment, il faut un sacré talent pour réussir un pareil grand écart sans se vautrer.

Hunter est un concentré d’action et de testostérone, mais aussi et surtout un divertissement assumé (voire même revendiqué) par l’auteur. Ça castagne, ça flingue, ça étripe, ça baise aussi, et le tout dans la bonne humeur serais-je tenté de dire vu l’humour (parfois noir) omniprésent quasiment du début à la fin… Même dans les situations les plus désespérées ! Tout simplement jubilatoire !!!

J’ai ressenti le même plaisir quasiment jouissif qu’en suivant les folles aventures du Bourbon Kid, l’aspect fantastique en moins. Tous les excès sont permis et quand ça pourrait casser par manque de crédibilité, finalement ça passe au nom du second degré. J’ai pris un pied monstre à lire ce bouquin, la totale éclate !

Si je devais définir ce roman en un mot (autre que « jubilatoire » ou « jouissif »), je dirais « visuel ». Non seulement parce qu’on en prend plein les mirettes, mais surtout parce qu’au fil de la lecture on visualise littéralement l’intrigue en surimpression. C’est simple en refermant ce bouquin j’ai eu l’impression de sortir d’une séance de ciné… et d’y avoir vu un sacré bon film.

Des chapitres courts, une écriture au cordeau et un rythme imposé boosté à l’adrénaline, tout est fait pour que le lecteur n’ait pas une minute de répit. Ajoutez à cela une galerie de personnages mitonnée aux petits oignons (mais dont je ne vous parlerai pas) et vous avez entre les mains tous les ingrédients qui font un foutrement bon roman.

J’ai eu un mal de chien à lâcher le bouquin tant j’avais envie d’en savoir davantage, chapitre après chapitre.

Pilgrim’s Rest (le repos du pèlerin en français) ferait un joli nom pour une sympathique auberge, ou une paisible bourgade, mais que nenni ; l’origine du nom est nettement moins charmante :

« Vous savez d’où vient le nom Pilgrim’s Rest ? Rien à voir avec le repos d’une bande de pèlerins de passage. Une troupe de culs bénis chassés de France par des culs encore plus bénis qu’eux ont voulu évangéliser au passage les natifs du coin. Ils les ont tellement convaincus de leur supériorité chrétienne que leurs bons élèves les ont tués et ont bouffé leur cœur et leur foie pour s’approprier leur force d’âme. C’est vous dire où vous mettez les pieds ! »

Concrètement c’est un bled paumé au fin fond des Appalaches qui ne tient debout que par la bonne grâce de sa vingtaine d’habitants, des gars du cru, du redneck en puissance… Vous en voulez encore ? OK, placez le tout au coeur d’hiver avec la neige qui tombe dru et vous aurez une bonne idée du cadre.

Le moins que l’on puisse dire c’est que Roy Braverman ouvre le bal en beauté avec ce premier opus de sa nouvelle série. Inutile de préciser que je suis partant pour la suite, plutôt deux fois qu’une !

PS : j’ai pris un sacré coup de jeune en redécouvrant la musique des CCR (Creedence Clearwater Revival).

MON VERDICT
Coup double

 
9 Commentaires

Publié par le 15 juin 2018 dans Bouquins

 

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