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[BOUQUINS] Marc Levy – La Dernière Des Stanfield

M. Levy - La dernière des StanfieldChose promise, chose due, je ne pouvais pas passer à côté du cru 2017 façon Marc Levy, La Dernière Des Stanfield. Place donc à ma chronique et à mon verdict du classico littéraire 2017.
Eleanor-Rigby, résidente de la banlieue londonienne, reçoit une lettre anonyme lui révélant que sa mère, décédée l’an dernier, aurait pris part à un crime il y a plus de 30 ans. Si elle souhaite en savoir plus, elle doit se rendre à Baltimore. D’abord dubitative, la jeune femme finit par céder à la curiosité et s’envole pour les Etats-Unis…
Avec ce nouveau roman Marc Levy vous invite au voyage, non seulement dans l’espace (l’aventure débute à Londres, mais se poursuivra aux Etats-Unis, au Québec et même en France) mais aussi dans le temps de 1944 (au coeur de la résistance française en compagnie de Robert et Hanna) à nos jours (avec l’enquête de nos héros Eleanor-Rigby et Georges-Harrison) en passant par l’année 1980 qui scellera le destin de Sally-Ann (la mère d’Eleanor-Rigby) et de May (la mère de Georges-Harrison).
Difficile de résister à des compagnons de voyage tels que Eleanor-Rigby et Georges-Harrison (un double hommage aux Beatles au cas où cela aurait échappé à certains lecteurs). Nos deux héros vont devoir fouiner dans les secrets de familles et les non-dits afin de découvrir la vérité sur le passé de leurs mères.
Si elles réservent bien des surprises à leur progéniture, Sally-Ann et May offrent aux lecteurs deux fortes personnalités au parcours étonnant. J’avoue sans complexe que c’est en leur compagnie que j’ai passé les meilleurs moments de ce roman.
J’ai nettement moins adhéré aux personnages de Robert et Hanna, surtout après-guerre lorsque le nom des Stanfield est réhabilité sur la base d’un mensonge. C’est d’ailleurs ce mensonge qui sera la clé de voute de l’intrigue.
Les personnages secondaires ne sont pas non plus laissés pour compte, je pense notamment à la famille de Eleanor-Rigby, entre un père un peu loufoque, une soeur caractérielle et un frère jumeau légèrement autiste, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Que du bonheur !
L’intrigue est rondement menée par Marc Levy et fait mouche autant par sa construction que par sa narration, difficile de lâcher le bouquin une fois que vous aurez mordu à l’hameçon. Si vous espérez une enquête qui jouera avec vos nerfs et un suspense digne des maîtres du genre, alors passez votre chemin ; on devine les tenants et les aboutissants bien avant que les personnages ne les découvrent eux-mêmes. Pour ma part cela ne m’a pas empêché d’apprécier pleinement ce bouquin, en ouvrant un titre de Musso ou Levy je sais que je ne trouverai pas une ambiance à la Chattam ou Thilliez, et je m’en accommode fort bien.
Voici venu le temps, de l’île aux enfants… oups, je m’égare (et ça ne me rajeunit pas soit dit en passant). Voici venu le temps du verdict ; qui sera le grand vainqueur de ce classico 2017 ? Un choix difficile, car les deux auteurs ont placé la barre haut cette année ; pour la qualité » du travail sur les personnages, j’accorderai toutefois un léger avantage (et donc le titre) à Marc Levy.

MON VERDICT

 
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Publié par le 3 mai 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Marcus Malte – Le Garçon

M. Malte - Le GarçonAu vu des nombreuses critiques élogieuses lues çà et là je me suis dit que je passais peut être à côté de quelque chose en évitant Le Garçon de Marcus Malte, lauréat du prix Fémina 2016. Du coup, sortant de ma zone de confort, je me suis lancé, confiant.
1908, sud-est de la France. A la mort de sa mère, le garçon quitte leur cabane coupée du monde et se lance vers l’inconnu, vers ses semblables, les humains. Le garçon espère ainsi pouvoir être accepté comme l’un des leurs, au fil des rencontres il va de découvertes en découvertes, parfois heureuses, parfois malheureuses…
Est-ce que ma voix se joindra à celles, déjà nombreuses, qui sont déjà acquise à la cause de ce garçon ? Sans la moindre hésitation la réponse est un OUI franc et massif. Ce n’est pas une perle, pas davantage un bijou mais plutôt une véritable corne d’abondance émotionnelle, une magnificence littéraire !
Ce livre est tout bonnement exceptionnel, par son histoire autant que par son écriture. Une histoire magnifique, parfois heureuse, parfois tragique (attendez vous à en prendre plein les mirettes passant du rire aux larmes) servie par une écriture et un style parfaitement maîtrisés (j’ai été littéralement transporté par les mots de l’auteur, de la première à la dernière phrase, bercé par leur sourde mélodie). Une histoire qui se déguste plus qu’elle ne se dévore, prenez le temps d’apprécier toute la richesse de ce texte, de vivre pleinement chacune des émotions qui fera vibrer votre coeur et votre âme. Je détourne volontiers le propos du philosophe américain Henry D. Thoreau qui clamait : « Je voulais vivre intensément et sucer la moelle secrète de la vie. » pour affirmer : « Je voulais lire intensément et sucer la moelle secrète de ce livre. » (n’y voyez aucun sous entendu grivois).
Une histoire portée par un garçon pas comme les autres, unique et universel à la fois : « Il n’a pas de nom. Il ne parle pas. Le garçon est un être quasi sauvage, né dans une contrée aride du sud de la France. Du monde, il ne connaît que sa mère et les alentours de leur cabane. » Comme notre garçon n’est pas un grand bavard il fallait bien quelqu’un pour nous raconter son histoire, et ce quelqu’un est justement le narrateur (on pourrait même dire le conteur) qui se place en spectateur-voyeur afin de mettre les mots les plus justes sur ce que vit, voit et ressent le garçon.
Le récit est divisé en cinq parties comme autant d’étapes majeures (et de rencontres) qui jalonneront la vie du garçon. Dans un paisible hameau provençal, le garçon côtoiera sa poignée d’habitants et fera de son mieux pour s’intégrer et se faire accepter comme l’un des leurs.
Quand il reprendra la route son périple lui fera croiser celle de Brabek, l’Ogre des Carpates, un lutteur de foire, qui deviendra un véritable ami. Un ami disert qui lui livrera une leçon de vie ô combien utile (et malheureusement intemporelle) : « C’est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l’existence : nombre de ravages et quelques ravissements. » Belle rencontre avec un personnage hors du commun, gros coup de coeur pour cet ogre philosophe.
L’année suivante sera celle de la rencontre (percutante) avec Emma et son père Gustave. Emma qui le considérera longtemps comme le petit frère qu’elle n’a jamais eu, et Gustave qui en fera son fils adoptif. C’est Emma qui le baptisera Félix et lui fera découvrir la musique.
Le garçon ne se fera pas prier pour suivre Emma et Gustave à Paris, poursuivant ainsi son apprentissage du monde des Arts (musique et littérature avec Emma) et de la science (avec Gustave). De fil en aiguille la complicité qui lie Emma et le garçon va évoluer vers d’autres sphères… à la découverte d’autres plaisirs. C’est ensemble qu’ils découvriront l’amour charnel : « Par terre un tapis bicentenaire qui couvrit jadis le sol de la chambre à coucher d’une lointaine aïeule flamande. Lourd, épais, profond comme l’humus des forêts, aux motifs de roses et de feuilles d’acanthe, aux couleurs éteintes. C’est là-dessus, par crainte des grincements du sommier, que se joue l’hymne à l’hymen. Soupirs et point d’orgue. Non, ils ne rêvent plus. C’est vrai. Anges et démons sont incarnés et leurs ombres se meuvent, rampent, s’entremêlent au ras du sol dans toute leur splendide nudité. Au matin une fleur nouvelle, éclose, étale ses pétales écarlates au milieu des vieilles roses de l’aïeule. » Un amour aussi passionné que fusionnel : « Elle dit des choses comme Prends-moi. Écarte-moi. Fends-moi. Transperce-moi. Mange-moi. Inonde-moi. Et il prend et fend et mange, et il en rajoute à sa guise sans qu’elle le lui demande. » L’occasion pour les deux amants d’explorer une autre facette de la littérature.
Puis il y a la guerre, une guerre qui va séparer les deux amants, une guerre qui va mener le garçon aux confins de l’horreur et de l’ignominie. Une guerre que le narrateur nous balance en pleine gueule dans toute sa cruauté et toute sa crudité (rien à voir avec les carottes râpées), mais aussi et surtout dans son absolue absurdité. Soyons fou, osons le dire haut et faut : la guerre dans son incommensurable connerie !
Il y a la guerre puis il y a l’après, mais quel après ? Pour le garçon ? Pour les amants ? Si vous voulez le savoir il vous faudra lire Le Garçon, pour ma part j’estime en avoir assez dit.
D’ores et déjà je peux affirmer que Le Garçon sera LE livre de l’année 2016. Certes l’année n’est pas finie et j’espère bien avoir d’autres coups de coeur d’ici au 31 décembre mais je suis convaincu qu’aucun ne sera aussi intense que celui-ci. Immense coup de coeur et coup de foudre pour ce garçon (voilà bien une phrase que je ne pensais jamais dire… et encore moins écrire).

MON VERDICT
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Ce qu’en ont pensé mes blog potes (par ordre de publication) :
Gruz
Stelphique
Collectif Polar
Belette
Nathalie

PS : un petit jeu pour finir.
Ouvrez votre livre au premier chapitre de la partie 1914-1916, lisez attentivement ce chapitre et dessinez l’arbre généalogique qui relie tout ce beau monde.
Vous avez quatre heures !
PPS : m’étonnerait pas qu’il y ait quelques consanguins dans tout ce merdier.

 
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Publié par le 21 novembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Didier Van Cauwelaert – Jules

D. Van Cauwelaert - JulesCa faisait déjà un long moment que Jules, le roman de Didier Van Cauwelaert, me faisait de l’oeil des tréfonds de mon Stock à Lire Numérique, mais à chaque fois j’ai reporté à plus tard, priorisant d’autres lectures. Comme tout vient à point à qui sait attendre parait-il, ce « plus tard » est enfin devenu maintenant.
Quatrième de couv’ : À trente ans, Alice recouvre la vue. Pour Jules, son chien guide, c’est une catastrophe. Et en plus on les sépare. Alors, il se raccroche à moi. En moins de vingt-quatre heures, ce labrador en déroute me fait perdre mon emploi, mon logement, tous mes repères. Il ne me reste plus qu’une obsession – la sienne : retrouver la jeune femme qui nous a brisé le cœur.
Jules fait partie de ces romans qui font du bien par où ils passent, c’est un véritable concentré de bonne humeur qui réchauffe le coeur et l’âme. Qui plus est pour moi ça tombe pile poil quand j’avais justement besoin de ça. Je me suis régalé en compagnie de Jules, un chien qui ne manque pas de ressources, ni de roublardise.
Les chapitres alternent entre les points de vue de Zibal et d’Alice avec bien entendu l’omniprésence du labrador (même quand il n’est pas physiquement présent, il reste au coeur du récit). Deux personnages attachants même si de prime abord j’ai eu un peu de mal à trouver Alice sympathique, je l’ai trouvé quelque peu hautaine avant de réaliser que le rempart qu’elle dresse autour d’elle était sa façon de se protéger. Un récit plein de légèreté certes, mais aussi profondément humain, qui se lit quasiment d’une traite (288 pages dans sa version papier), un sourire béat aux lèvres.
Pour le suspense on repassera, on se doute bien vite de ce qu’il va advenir de Zibal et Alice, la romance tendance fleur bleue est de toutes façon accessoire dans ce bouquin ; sous cette apparente légèreté l’auteur rend un brillant hommage aux chiens guides d’aveugle. Du coup on pardonne tout à Jules, même la totale improbabilité de certaines de ses réactions. On s’en fout, on est là pour faire le plein de bonne humeur et à ce titre le contrat est rempli.
Au risque d’enfoncer des portes ouvertes je tiens à signaler que c’est bien Jules le véritable héros de cette histoire, sans lui le bouquin ne vaudrait pas tripette. Grâce à lui ce qui pourrait n’être qu’une comédie romantique un peu mièvre gagne en profondeur (et en bonne humeur). Au final j’ai trouvé en ce bouquin un agréable divertissement ; entre deux thrillers ça fait parfois du bien de faire un break plus léger.

MON VERDICT
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Publié par le 30 juin 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Philippe Pratx – Le Soir, Lilith

P. Pratx - Le soir, LilithAu menu du jour un roman lu à la demande de son auteur, Philippe Pratx. Une chronique tardive sachant que j’ai reçu ce roman, Le Soir, Lilith, depuis plus d’un an ! Si, comme le dit l’adage, « Patience est mère de toutes les vertus« , alors Monsieur Pratx doit être vachement vertueux… en tout cas il aura été vachement patient et je l’en remercie.
1964. Le narrateur est contacté par une journaliste qui souhaiterait écrire un article en hommage à Lilith Hevesi, star montante du cinéma muet des années 20, décédée quarante ans plus tôt. Le narrateur ayant été un proche de Lilith, son aide serait précieuse à la journaliste…
Vu comme ça et si vous me lisez depuis quelque temps déjà, vous vous demandez peut être pourquoi je me suis lancé dans ce bouquin. Rassurez-vous je me suis longtemps (très longtemps) posé la même question avant de me lancer. Et je me suis lancé sans conviction, uniquement afin de respecter mon engagement à le lire.
Incontestablement l’auteur est un amoureux de la langue française au vocabulaire riche et maître dans l’art de la sémantique et de la métaphore. Le hic c’est que personnellement je ne suis pas fan des tournures trop alambiquées qui nuisent (et là encore ça n’engage que moi) à la fluidité du récit. Trop de style finit par tuer le style, si à la fin d’une phrase j’ai besoin de revenir au début pour en saisir le sens alors il y a peu de chance pour que l’alchimie se fasse.
La construction même du récit est quelque peu déconcertante, outre les échanges entre le narrateur et la journaliste, on trouve extraits de la biographie de Lilith que le narrateur est en train d’écrire, des morceaux des carnets d’écriture de Lilith, des extraits de scénarios de films, des lettres… comme piochés au hasard, en dépit de toute chronologie, dans une malle contenant un tas de paperasses que le narrateur aurait devant lui. Plus d’une fois j’ai eu le sentiment de naviguer à l’aveugle au milieu d’un èpais brouillard.
Et tout ça pour aller où ? J’avoue sans complexe m’être posé la question plus d’une fois. Le bouquin est tout simplement inclassable ; ça aurait pu être un atout mais faute de réelle trame romanesque ce mélange des genres (ou ce non genre) finit par se retourner contre lui. Et pourtant j’ai persévéré, non par masochisme littéraire, mais parce que, presque malgré moi, j’avais envie de connaître le fin mot de l’histoire… en espérant qu’il y en ait un !
Et donc au final ? Il faut attendre le douzième (et dernier) chapitre pour que les pièces du puzzle s’assemblent enfin. Ca commence par une révélation qui ne surprendra qu’à moitié le lecteur ; la suite par contre sera nettement plus inattendue. Dommage que tout le roman n’ait pas été conçu comme ce dernier chapitre ! Au moins on referme le bouquin avec une impression plutôt positive…

MON VERDICT
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Philippe Pratx reconnait volontiers que son roman est destiné à un public élitiste : « Amateurs d’«easy reading» s’abstenir. Mon écriture est exigeante. »
Je ne peux que plussoyer ! Ce qui m’amène à me poser la question suivante : Pourquoi moi ? Non que je considère son offre comme une punition, au contraire je remercie Philippe pour sa confiance. Mais en parcourant les différentes lectures chroniquées dans mon blog il me paraît évident que je suis certes éclectique mais aussi que je ne place pas la barre de mes exigences à des sommets vertigineux. Dans tous les cas je préfère l’intensité du récit ou encore le rythme de l’intrigue que le style. Est-ce que cela fait de moi un « easy reader » ? Si oui, je l’assume pleinement.
Désolé Philippe de ne pouvoir proposer une chronique plus élogieuse mais je ne dérogerai pas à ma philosophie qui consiste à écrire avec le coeur et les tripes.

Petit bémol adressé aux Editions L’Harmattan. Pour votre offre numérique vous devriez privilégier le format epub plutôt que le pdf ; le pdf c’était avant. Lire en pdf aujourd’hui c’est un peu comme regarder Avatar sur un vieux téléviseur en noir et blanc… on pige l’essentiel mais ça manque cruellement d’éclat !
Merci à Philippe de m’avoir fait parvenir son roman au format epub. Même si j’ai dû m’imposer un gros travail de retouche via Sigil, l’effort mérite d’être remercié.

 
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Publié par le 12 novembre 2015 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Michael Mention – Jeudi Noir

M. Mention - Jeudi NoirUne lecture expresse au menu du jour, avec le très original roman / essai Jeudi Noir de Michael Mention.
Jeudi 8 juillet 1982, Séville. France – RFA, demi-finale de la Coupe du Monde de football. Un match de football qui restera à jamais gravé dans l’histoire de la Coupe du Monde. Un match de football qui réussira à raviver les braises d’une haine que l’on espérait oubliée…
Que les choses soient claires : je n’aime pas le foot ! Oui, je sais que j’ai déjà eu maintes occasions de le dire ; faut croire que je ne me lasse pas de le revendiquer. Alors pourquoi irai-je perdre mon temps à lire un bouquin qui parle presque exclusivement de foot ? Ce n’est pas le choix qui manque dans mon Stock à Lire Numérique.
Même sans être un adepte du ballon rond j’aime me tenir au courant des principaux résultats, notamment quand il s’agit de la Coupe du Monde. Sans pousser le vice jusqu’à suivre tous les matchs je fais en sorte de récupérer les scores (éventuellement les résumés si un score m’interpelle) sur Internet.
Seconde raison, et non des moindres, ce jeudi 8 juillet 1982 j’étais devant la TV pour suivre cette rencontre historique (c’était quand même la première fois que la France arrivait en demi-finale). Pour être tout à fait franc c’est le genre de rencontre où mon coeur balance entre chauvinisme pour mon pays et attrait pour l’équipe adverse. Et oui j’ai toujours, et aujourd’hui encore, apprécié le jeu et la technique de la Mannschaft.
L’auteur nous propose quasiment une reconstitution minute par minute de cette rencontre historique. Pour nous plonger au coeur de l’action il nous place dans la peau d’un joueur fictif de l’Equipe de France ; pas un joueur qui prend la place d’un de ceux qui étaient sur le terrain ce jour-là mais une sorte de douzième homme. Un joueur qui n’influencera en rien le déroulé du match mais qui analyse son déroulement et livre ses pensées.
On a tendance à ne retenir de cette rencontre que le KO de Patrick Battiston, percuté volontairement et de front par Harald Schumacher, le goal allemand ; et surtout l’absence totale de sanction contre la RFA. Mais dès les premières minutes la tension entre les deux équipes était palpable, les allemands ayant de suite opté pour un contact physique musclé.
Il n’en reste pas moins que c’est ce dérapage de Schumacher qui fera dégénérer les choses, ravivant les blessures du passé et les haines de la seconde guerre mondiale… L’auteur expose très habilement cette montée en puissance de la tension aussi bien sur le terrain que dans les gradins (les supporters espagnols soutenaient jusqu’alors la RFA, ils ont pris fait et cause pour la France après la sortie de Battiston).
Pour la petite histoire ce fut la première fois qu’un match de Coupe du Monde ira jusqu’aux tirs au but ; avec le résultat que l’on connait et la qualification de la RFA. Est-ce que les choses auraient été différentes sans l’agression de Schumacher ? Honnêtement je n’en suis pas convaincu, mais je laisse à chacun le soin de forger sa propre opinion.
J’ai dit que l’auteur parlait presque exclusivement de foot, mais par le biais de son joueur imaginaire, il porte aussi un regard critique à la fois sociétal, sociologique et politique sur la société française. On peut adhérer ou non, perso je ne suis pas un nostalgique de l’expérience Mitterandiste (qu’il ne cautionne pas systématiquement je précise).
J’ai lu par curiosité, je n’ai pas forcément été emballé mais pas déçu non plus. Je ne sais pas vraiment à quoi je m’attendais en ouvrant ce livre, le compromis entre fiction et essai m’est apparu comme un bon choix de la part de l’auteur. Une chose est sure, il est indéniable qu’il a dû sacrément se documenter sur le sujet pour nous offrir un récit aussi complet.
Pour ceux et celles qui n’auraient pas vu ce match historique, vous le trouverez facilement et dans son intégralité sur Youtube.

 
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Publié par le 24 novembre 2014 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Nathalie Hug – L’Enfant-Rien

N. Hug - L'Enfant-RienJe reste dans le roman court mais avec un total changement de registre. Avec L’Enfant-Rien, Nathalie Hug se lance dans l’écriture en solo dans un genre bien loin des thrillers qu’elle signe à quatre mains avec son mari, Jérôme Camut. Il n’en fallait pas plus pour titiller ma curiosité…
Adrien guette chaque semaine l’arrivée du père de sa demi-sœur, dans l’espoir de recueillir un regard, une parole ou un geste tendre mais sans jamais rien obtenir de cet homme qui l’ignore. Le jour où sa mère se fait renverser par une voiture et tombe dans le coma, la possibilité d’une vie nouvelle s’ouvre à lui. Mais Adrien peut-il vraiment trouver sa place dans une famille qui n’est pas la sienne ?
D’entrée de jeu vous pouvez constater, si vous me suivez depuis déjà quelque temps, que ce n’est pas franchement dans mes habitudes de lecture. Non que j’éprouve un quelconque rejet pour ce genre de récit, c’est juste qu’on ne peut pas tout lire et qu’il faut savoir faire des choix. Sans la signature de Nathalie Hug je serai passé à côté de ce bouquin. A tort ou à raison ? Je vous laisse décider à la lecture des lignes qui vont suivre.
Nathalie Hug a fait le choix d’une écriture à la première personne afin de nous faire partager les pensées et la vision des choses d’Adrien ; le résultat est bluffant, vraiment criant de vérité et forcément plein d’émotions.
EmotionS, et j’insiste sur le S final, est bien le maître mot de ce roman, court mais intense, on en prend la gueule avec Adrien. Un brave gamin de 10 ans à la santé fragile (une néphropathie visiblement) qui n’a jamais connu son père et vit avec une mère qui n’est que l’ombre d’elle même (avant l’accident déjà). Arrivé dans cette nouvelle famille (celle du père de sa demi-soeur, Isabelle, son aînée) il ne demande qu’à être accepté et aimé mais ne rencontre qu’une froide indifférence. Adrien, l’Enfant-Rien comme il se qualifie lui même, nous offre un cri où se mêlent amour et désespoir, un cri qui ne manquera de nous prendre aux tripes.
« Le mo­ment d’ac­cep­ter l’in­évi­table était ar­rivé. Notre mère n’exis­tait pas. Isa­belle avait la sienne, belle et gaie, éprise d’un homme, et moi, j’avais la mienne, bri­sée et vide, mon fan­tôme triste et so­li­taire. » C’est en ses termes que Adrien définit sa mère après avoir vu des photos de sa vie d’avant.
Adrien confronté à un homme qui ne veut rien savoir de lui (on devine rapidement le pourquoi du comment de la chose ; à défaut de l’excuser on peut le comprendre) mais surtout à une tante qui est une vraie vipère, une langue de pute dans toute sa médiocrité. A travers ces quelques pages vous partagerez avec Adrien des moments forts qui ne devraient pas vous laisser indifférent et nul doute que la fin vous laissera sur le cul.
« Je m’ap­pelle Adrien. Dans Adrien, il y a rien.« 
En lisant les remerciements j’ai été surpris d’y trouver les prénoms de Clara et Louis, les deux enfants de la tétralogie Les Voies De L’Ombre ; seraient-ce « eux » qui lui ont donné l’envie de se lancer en solo ?

 
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Publié par le 13 août 2014 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Marc Levy – Une Autre Idée Du Bonheur

M. Levy - Une Autre Idée Du BonheurPas encore eu l’occasion d’aller piocher dans ma PàL papier, mais d’un autre côté je ne me voyais pas faire l’impasse sur le dernier Marc Levy, Une Autre Idée Du Bonheur. Un écart qui ne devrait pas me retenir trop longtemps vu l’épaisseur de la chose.
Après trente années de détention et alors qu’il ne lui restait « que » cinq ans à tirer, Agatha prend la poudre d’escampette. Dans sa cavale elle entraîne, bon an mal an, Milly, une jeune femme à la vie apparemment bien rangée. Les deux femmes vont apprendre à se connaître et se comprendre tandis qu’elles traversent les USA…
Avant d’aller plus avant dans cette chronique je tiens à dire un grand NON ! Non Marc Levy ne nous livre pas un remake de Thelma et Louise, le film de Ridley Scott sorti en 1991. Oui on assiste à la cavale de deux nanas mais la ressemblance s’arrête là, ça fait un peu léger pour parler de remake, voire de plagiat.
Ceci étant dit il n’en reste pas moins que l’auteur nous invite à partager un road trip dans l’espace et dans le temps. Chaque étape du voyage entre Philadelphie (Pennsylvanie) et San Franciso (Californie) est l’occasion d’une nouvelle rencontre avec le passé d’Agatha. Les confidences (confessions ?) d’Agatha nous ramènent aux heures sombres de l’Amérique de la ségrégation et de la guerre du Vietnam. Mais la véritable question est surtout de savoir pourquoi Agatha s’est évadée et quelle vérité elle souhaite rétablir. D’un autre côté on se demande aussi ce qui motive vraiment le marshal Bradley lancé à la poursuite de la fugitive.
En France on ne connait cette partie de l’histoire des Etats-Unis de façon quasi anecdotique ou via le cinéma (en tout cas ça vaut pour moi), en lisant ce bouquin et en vérifiant les faits (dans la mesure du possible), la chose prend une toute autre ampleur, j’étais loin d’imaginer une répression policière aussi violente (et surtout de façon quasi généralisée et avec la bénédiction de l’exécutif).
Une fois de plus l’auteur prouve que, contrairement à ce que pensent ses détracteurs,  il sait se diversifier (même s’il aborde encore des thèmes qui lui sont chers, tels que l’amitié et l’amour) en restant efficace. Ce bouquin ne devrait pas séduire lesdits détracteurs, les inconditionnels devraient, quant à eux, y trouver leur bonheur même si ce n’est sans doute pas le meilleur de l’auteur.
Quid du duel Musso vs Levy cuvée 2014 ? J’ai apprécié ce bouquin mais je n’ai pas été bluffé comme m’avait laissé sur le cul la lecture de Central Park. Je donne donc, pour la seconde année consécutive, l’avantage à Guillaume Musso, sans la moindre hésitation cette fois.

 
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Publié par le 30 avril 2014 dans Bouquins

 

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