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Archives de Tag: Roman policier

[BOUQUINS] Samuel Sutra – La Femme A La Mort

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S. Sutra - La Femme A La Mort

Titre : La Femme A La Mort
Auteur : Samuel Sutra
Éditeur : Sirius, réédition Flamant Noir
Parution : 2012, réédité en 2018
Origine : France
198 pages

De quoi ça cause ?

2012. La Rochelle. Par une nuit pluvieuse, un coup de feu retentit dans une chambre d’hôtel. À son arrivée la police trouve le corps d’une jeune femme russe dans une chambre fermée, aucun doute possible, ils sont face à un suicide.
Sauf que la thèse officielle dérange le commissaire Verdier sans toutefois être en mesure de la dénoncer. À quelques mois de sa retraite, il voudrait être sûr de n’avoir rien négligé avant son départ. C’est pour cela qu’il fait appel à Stan, un ex-flic devenu « consultant », mais aussi et surtout un ami de longue date en qui il a toute confiance.

Il faut dire que, sous la pression de l’ambassade de Russie, l’expertise médico-légale a été des plus expéditive et le corps immédiatement rapatrié à Moscou.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que ce sont Flamant Noir et Samuel Sutra, un éditeur et un auteur que j’apprécie grandement.

Le fait qu’il s’agisse d’une réédition ne me dérange pas, au contraire c’est toujours sympa de découvrir les débuts littéraires d’un auteur. En l’occurrence La Femme A La Mort est son second roman, mais sa première incursion dans le polar « sérieux » (il avait déjà signé, un an plus tôt, le premier volet de sa série Tonton, des polars beaucoup plus légers, voire franchement décalés).

Ma chronique

Je remercie les éditions Flamant Noir (et tout particulièrement Nathalie) et NetGalley d’avoir accepté de me faire parvenir ce roman en vue d’une chronique sur ce modeste blog.

Il est parfois délicat de découvrir les premiers romans d’un auteur alors que l’on connaît déjà ses titres les plus récents ; comparer l’ancien et le nouveau serait faire abstraction des bénéfices tirés de l’expérience. À ce titre Samuel Sutra m’a bluffé, si on ne m’avait pas dit que ce roman était une réédition je ne m’en serai pas aperçu ; on retrouve la même aisance et la même fluidité aussi bien dans le style que dans le déroulé de l’intrigue. Une maîtrise qui ne s’est jamais démentie par la suite, et je lui souhaite que cela dure jusqu’à ce qu’il décide de ranger définitivement sa plume (on n’est pas pressé, prends ton temps).

C’est le troisième roman que je lis de cet auteur, non seulement il peut se targuer joli sans faute, mais en plus il se renouvelle à chaque fois. Tout en restant dans le polar, plus ou moins noir, ses thématiques ne sont jamais les mêmes, ses personnages sont loin des archétypes du genre et ses intrigues totalement maîtrisées.

Présentement Samuel Sutra nous place face à un grand classique de la littérature policière : le mystère de la chambre close. Une énigme, dont les origines restent incertaines, mais qui doit beaucoup à G.K. Chesterton et qui a inspiré de nombreux grands noms de la littérature policière (en vrac et de façon non exhaustive je peux citer : Arthur Conan Doyle, Agatha Christie, Ellery Queen, Gaston Leroux, John Dickson Carr…). La concurrence est rude !

Force est de reconnaître que Samuel Sutra a rondement mené son affaire de chambre close. Bien malin le lecteur (ou la lectrice, ne soyons pas sexiste) qui découvrira la clé de l’énigme avant qu’elle ne nous soit révélée. Pour ma part je n’ai rien vu venir, comme Stan j’ai découvert les détails troublants mettant à mal la thèse du suicide au fil de l’enquête. Même si après coup on a a envie de s’écrier « Bon sang, mais c’est bien sûr !« .

J’ai beaucoup aimé le personnage de Stan, un enquêteur qui n’hésite pas à franchir la ligne blanche pour faire valoir la vérité ; il faut dire qu’il peut compter sur l’aide de ses nombreuses relations (dont certaines pas franchement du genre fréquentable) et sur sa pugnacité face à l’adversité.

Un roman court qui va à l’essentiel sans pour autant être superficiel. Difficile de le lâcher une fois que vous l’aurez commencé. Les éléments s’enchaînent et s’imbriquent sans accroc ni fausse note, nous proposant un lever de voile progressif et impeccable.

Même quand Flamant Noir nous dégote des vieilleries oubliées de tous (à prendre sans la moindre méchanceté), il réussit à nous surprendre et nous épater.

Pour compléter ma plongée dans l’univers de Samuel Sutra, il ne me reste plus qu’à découvrir la série des Tonton ; je compte bien m’y mettre un jour… encore faudrait-il que mon Stock à Lire Numérique me laisse le temps de souffler !

MON VERDICT

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Publié par le 18 juillet 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Julia Chapman – Rendez-Vous Avec Le Crime

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J. Chapman - Rendez-vous avec le crime

Titre : Rendez-Vous Avec Le Crime
Série : Les Détectives Du Yorkshire – Tome 1
Auteur : Julia Chapman
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2018
Origine : Grande-Bretagne (2017)
408 pages

De quoi ça cause ?

Le retour de Samson O’Brien à Bruncliffe, paisible hameau du Yorkshire, ne passe pas inaperçu et est loin de faire l’unanimité auprès des résidents. Il faut dire qu’il est parti quatorze ans plus tôt avec pertes et fracas, pour ne plus jamais donner de nouvelles. Et en plus il s’installe comme détective privé.

Pour Delilah Metcalfe, qui loue à Samson le bureau qu’il occupe, la situation n’est guère plus reluisante. Elle ne pouvait pas s’offrir le luxe de refuser un loyer salutaire compte tenu des difficultés qu’elle traverse, son agence matrimoniale ayant du mal à prendre son envol. Alors tant pis, quitte à passer pour une pestiférée auprès de ses concitoyens, et accessoirement de sa propre famille, elle s’accommodera de ce locataire indésirable.

Samson et Delilah vont devoir unir leurs efforts afin de mettre fin à une série de meurtres qui s’abat sur Bruncliffe. Me point commun entre les différentes victimes, ce sont tous des clients de Delilah…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est La Bête Noire, une collection de Robert Laffont qui s’est spécialisée dans le thriller musclé et noir, et que j’ai pris un sacré retard dans la découverte de leur catalogue.

Ce titre titillait tout particulièrement ma curiosité. Comment un polar d’apparence typiquement so british a bien pu intégrer cette collection dédiée aux ambiances sombres ?

Ma chronique

Je ne ferai pas durer éternellement le suspense, Rendez-Vous Avec Le Crime est bel et bien un polar typiquement anglais. Même si les morts brutales se succèdent, l’ambiance reste plutôt légère (à l’image de sa couv’ très colorée) avec de nombreuses touches d’humour çà et là. Surprenant de trouver un polar aussi soft au catalogue de La Bête Noire, mais un peu de légèreté n’a jamais fait de mal à personne.

Force est de reconnaître que j’ai bien aimé l’ambiance générale du roman, il en ressort une certaine bonne humeur qui ne nuit en rien à l’enquête policière menée par Samson et Delilah. J’ai passé un bon moment à côtoyer les habitants de Bruncliffe, même si certains sont particulièrement antipathiques (j’ai tout de suite pris en grippe le personnage de Rick Procter, l’agent immobilier) ; heureusement la plupart sont fort sympathiques, même si d’apparence un peu rustre. Un petit bled où tout le monde connaît tout le monde et où propager rumeurs et potins semble être un sport national pratiqué assidûment par tous.

J’ai bien aimé les personnages de Samson et Delilah, au cœur de l’enquête ils se complètent plutôt bien. Samson n’étant pas vraiment un expert en relation humaine alors que Delilah parvient sans effort à mettre les gens en confiance. Heureusement Samson peut compter sur ses sens affûtés par des années de service dans la police londonienne, pour tirer profit du moindre indice ou début de piste.

Coup de coeur aussi pour les résidents de Fellside Court, sympathique maison de retraite qui héberge notamment Joseph O’Brien, le père de Samson, et toute une bande de joyeux drilles.

Impossible de ne pas vous parler de Calimero, le chien de Delilah, un braque de Weimar (à ne pas confondre avec le branque de Neymar, spécimen endémique du Brésil ayant de grosses difficultés à rester en position debout suffisamment longtemps pour s’adonner à son passe-temps préféré : courir après les baballes), qui souffre de crise d’angoisse depuis que sa maîtresse s’est séparée de son mec. Au grand dam de Delilah, le chien va voir en Samson la figure masculine (paternelle ?) qui lui fait tant défaut…

Certes l’enquête n’est pas du genre à faire grimper l’adrénaline en flèche, prévisible même par certains aspects que l’on devine avant nos héros, il n’en reste pas moins que c’est une lecture agréable et plaisante qui ne vous demandera pas de trop faire chauffer les méninges.

Un premier tome qui donne le ton de la série à venir en plus de poser le décor et les personnages. J’aurai plaisir à retourner très prochainement à Bruncliffe afin de voir comment évolue tout ce petit monde. Ça tombe bien, le second tome, Rendez-Vous Avec Le Mal, est d’ores et déjà disponible dans la même collection. Un troisième opus existe en anglais, non encore traduit à ce jour.

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Publié par le 5 juillet 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Ben H. Winters – Dernier Meurtre Avant La Fin Du Monde

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B. H. Winters - Dernier meurtre avant la fin du monde

Titre : Dernier Meurtre Avant La Fin Du Monde
Auteur : Ben H. Winters
Editeur : Super 8
Parution : 2015
Origine : USA
352 pages

De quoi ça cause ?

Cette fois ça y est, la fin du monde est annoncée de façon certaine. Dans six mois, un astéroïde géocroiseur entrera en collision avec la Terre et devrait signer la fin de l’humanité. Mais il en faut plus pour décourager le jeune inspecteur, Hank Palace, de mener son enquête. Même si tout semble plaider pour le suicide, il est convaincu que Peter Zell a été victime d’un meurtre, et il entend bien le prouver…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que ça fait un bail qu’il traîne dans mon Stock à Lire Numérique… Bon OK je reconnais volontiers qu’il n’est pas le seul dans ce cas de figure.
Parce que c’est Super 8 et que cet éditeur ne m’a jamais déçu. OK, OK, j’ai plein d’autres titres de Super 8 à lire… Et encore davantage de titres d’autres éditeurs et/ou auteur avec lesquels je suis certain de passer un très bon moment de lecture.
Parce qu’il est l’heureux élu d’un certain Book Club mal famé que je fréquente et dont on ne doit pas parler. Certes il a été désigné au titre du mois de juillet, et alors ?

Ma chronique

Un polar pour le moins atypique du fait de son contexte pré-apocalyptique… mais pas le genre apocalypse annoncé par un pseudo styliste / parfumeur bidon ou par une présumée prophétie que chacun peut interpréter à sa guise. Non ici c’est l’Apocalypse avec un grand A, le truc scientifiquement possible (même si peu probable) si le genre humain n’a pas foutu en l’air la planète avant à force de conneries.

Dans ce contexte les réactions varient, il y a ceux qui continuent à vivre leur vie en attendant la fin, ceux qui envoient tout balader pour vivre à fond leurs délires plus ou moins légaux et ceux qui préfèrent mettre fin à leurs jours. C’est ainsi que la paisible bourgade de Concord, New Hampshire, a hérité du label peu enviable, mais hautement mérité de « Ville des pendus ».

Sauf que notre héros, Henry « Hank » Palace, jeune inspecteur nouvellement promu afin de pallier la fuite des effectifs, serait plutôt à classer dans la première catégorie, fin du monde ou pas, il a une enquête à mener et compte bien le faire aussi consciencieusement que possible. Et tant pis s’il doit être seul contre tous à remettre en cause la thèse du suicide.

Si Hank Palace n’est ni un super flic infaillible, ni un fin limier, il n’en pas moins obstiné, professionnel et tenace… à tel point que par moment on se demande si notre brave gars est réellement sur une piste criminelle ou s’il se laisse bouffer par son obsession pour cette affaire. N’empêche qu’il ne laisse aucune piste au hasard, tout comme il n’hésite pas à remettre en question ses déductions précédentes quand un nouvel élément apparaît.

Le récit est écrit à la première personne histoire de nous mettre en totale immersion dans le fil (parfois décousu) des pensées de notre cher inspecteur Palace. C’est aussi une façon de nous rendre le personnage plus sympathique, même quand il pédale dans la choucroute !

Si vous cherchez un polar mené tambour battant qui vous foutra les nerfs en pelote, passez votre chemin ! Certes on est bien en présence d’une enquête policière, mais Hank Palace n’est du genre à foncer tête baissée. Il prend au contraire son temps, d’autant qu’il doit convaincre ses collègues, le procureur et la légiste qu’il tient quelque chose de solide.

Plus que l’intrigue à proprement parler, c’est l’ambiance qui donne au roman un certain cachet, une réelle touche d’originalité qui permet au bouquin de s’extraire de la masse des romans policiers plus classiques. Chez moi la sauce a pris rapidement et mon intérêt n’est jamais retombé, je suis même d’ores et déjà assuré de lire les deux romans qui bouclent cette trilogie.

Si chacun des trois tomes se concentre sur une enquête indépendante, la question de les lire dans l’ordre ou pas me paraît totalement superflue tant la réponse est dans le contexte. Chaque tome nous rapproche de l’instant T, la rencontre explosive entre l’astéroïde et notre chère Terre ; forcément plus ce funeste rendez-vous sera imminent, plus le chaos sera de rigueur.

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Publié par le 16 août 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Didier Fossey – Ad Unum

D. Fossey - Ad unumAvant d’entrer dans le vif du sujet je voudrais remercier les éditions Flamant Noir, et tout particulièrement Nathalie, qui m’a proposé de chroniquer un titre que j’attendais de pied ferme après de vaines recherches çà et là. Il s’agit en effet de Ad Unum de Didier Fossey, la seconde enquête du groupe Le Guenn. Et accessoirement le chaînon manquant entre Traque Sur Le Web et Burn-Out
Paris, février 2011. Un homme est retrouvé mort dans un box fracturé, pendu, les mains liées dans le dos par un serflex et l’inscription « Ad unum » gravée sur le front. Comme c’est la troisième victime exécutée selon le mode opératoire, l’affaire est confiée à Boris Le Guenn et son équipe. Ils vont devoir reprendre les trois affaires à zéro s’ils veulent mettre la main sur le tueur avant qu’il ne sévisse à nouveau…
Comme plus ou moins signalé en introduction Ad Unum est la deuxième enquête du Groupe Le Guenn, initialement publié en 2011 par Les 2 Encres, le roman était quasiment introuvable. Un grand merci à Didier Fossey et aux éditions Flamant Noir pour cette réédition (en attendant celle de Traque Sur Le Web).
C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé Boris Le Guenn et son équipe de choc, une équipe plus soudée que jamais pour mettre fin aux agissements d’un ou plusieurs tueur(s) en série qui exécutent ceux que la justice a relaxés ou condamnés à des peines jugées trop légères.
D’entrée de jeu Didier Fossey donne le ton avec une scène d’ouverture qui nous place d’emblée au coeur de l’intrigue. On assiste au « procès » de la troisième victime (chapitre 1), puis à la découverte du corps (chapitre 2). Et nous voilà dans le grand bain avec l’entrée en scène de Boris Le Guenn (chapitre 3).
Une intrigue rondement menée, des chapitres courts et le style sans chichis de l’auteur permettent une immersion totale dans le récit et une lecture d’une grande fluidité. Outre le suivi de l’enquête et des personnages, certains flashbacks nous familiariserons avec le parcours de Mathias, avant qu’il ne devienne Le Latiniste, notre tueur en série.
Plus que jamais la dimension psychologique est au centre du récit, il faut dire que le Mathias n’est pas franchement stable à ce niveau. Autant il peut faire preuve d’une redoutable intelligence pour mener à bien son plan, autant il peut parfois littéralement péter une durite. C’est d’ailleurs ce trait de caractère qui m’a permis de le démasquer avant Le Guenn.
Une enquête policière pour le moins trépidante et haletante qui se déroulera sans sensationnalisme, ni surenchère en matière d’hémoglobine. Une fois de plus l’auteur place avant l’humain au centre de son récit, qu’il s’agisse des liens qui soudent le groupe Le Guenn ou de la vie de couple de Boris et Fred (leurs conjoints encaissent parfois difficilement les contraintes de la vie de flic). Ce qui ne l’empêchera pas de jouer parfois avec vos nerfs.
J’espérais avec ce second opus trouver un indice permettant d’identifier l’appel que reçoit Boris à la fin de Burn-Out mais il n’en est rien… le suspense reste à son comble, et la hâte de découvrir le prochain n’en est que plus grande.
Encore merci à Nathalie pour sa confiance, et tant que j’y suis un grand merci à l’auteur qui est, pour moi, un incontournable du polar français (avec Olivier Norek, ils occupent le top du top de mon classement personnel). Sans doute parce qu’ils savent parfaitement de quoi ils parlent pour l’avoir vécu.
Je constate pour ma part que je n’ai plus besoin de me référer aux notes de bas de pages pour identifier les différents acronymes utilisés dans le milieu policier (SARIJ, FAED, IML…) ; c’est grave docteur ?

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jd5Coup de Coeur

 
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Publié par le 2 novembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jean-Baptiste Veber – Ragots De Lapins

JB Veber - Rabots de LapinsNouvelle lecture/chronique à la demande de l’auteur, Jean-Baptiste Veber qui m’a envoyé son roman Ragots De Lapins.
Albert Lapins a été mortellement poignardé devant chez lui. Son épouse est arrêtée pour le meurtre. Ses enfants sont expédiés à l’Assistance Publique. Qui était Albert Lapins ? Victime innocente ou indécrottable flambeur pris à son propre jeu ? Pourquoi a-t-il été tué ? Et par qui ?
Pour répondre à ces questions nous allons nous pencher sur les témoignages des personnes qui gravitaient, de près ou de loin, autour d’Albert Lapins, témoignages qui dressent des portraits de l’individu des plus contradictoires… On passe du tout noir au tout blanc sans transition ! Heureusement pour nous aider à y voir plus clair dans cet écheveau nous avons aussi la confession de la victime… mais est-elle totalement fiable dans ses propos ? Le résultat est plutôt original, un polar qui n’en est pas vraiment un, un polar social en quelque sorte. Un exercice de style pas évident, il s’agit en effet de donner à chaque témoin une personnalité distincte, à ce titre l’auteur tire plutôt bien son épingle du jeu.
Pour ma part je me suis laissé mener à la baguette par l’auteur plutôt que de chercher à démêler le vrai du faux, il faudra d’ailleurs attendre les derniers chapitres pour avoir le fin mot de l’histoire. Toutes les réponses arriveront dans les dernières pages. Pour être tout à fait franc j’avais deviné (ou plutôt supposé) la fin quelques pages avant qu’elle ne nous soit révélée.
Au niveau de l’intrigue à proprement parler j’ai trouvé l’ensemble plutôt convaincant, toutefois il y a un point précis sur lequel j’ai tiqué. Mais je n’en dirai pas plus ici afin de laisser entier le plaisir des révélations des dessous du cas Albert Lapins..
Une lecture qui me sort des sentiers battus, intéressante malgré quelques lourdeurs de style ; ça n’engage que moi mais je ne suis pas franchement adepte des phrases trop alambiquées, je préfère quand ça reste « naturel ». Merci à Jean-Baptiste Veber pour cette belle découverte.

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jd3d

 
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Publié par le 21 juillet 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jacques Expert – Hortense

J. Expert - HortenseJacques Expert a le don de transformer un faits divers sordide en un roman captivant. C’est ce qu’il fait à nouveau dans son dernier roman, Hortense.
La vie de Sophie Delalande bascule en 1993, quand sa fillette de 2 ans, Hortense, est enlevée par son père qui avait quitté le domicile familial quand il a appris que Sophie était enceinte. Vingt deux ans plus tard, Sophie croise Emmanuelle, une jeune femme qui travaille comme serveuse. Elle a alors l’absolue certitude qu’il s’agit de Hortense, elle va alors apprendre à la connaître avant de lui révéler la vérité…
Les chapitres, entrecoupés par les dépositions des différents intervenants, nous placent dans la peau de Sophie, puis de « Hortense » (à partir du chapitre 21). Pourquoi les guillemets à Hortense ? Parce que justement c’est là toute la question, Emmanuelle est-elle vraiment Hortense ? Ou est-ce que Sophie est victime de son obsession ?
Difficile d’imaginer la douleur d’une mère confrontée au même drame que Sophie. Il n’en reste pas moins que plus d’une fois j’ai trouvé le personnage quelque peu troublant, voire même dérangeant. Il faut dire que tout le roman repose sur ces deux femmes, Sophie et Emmanuelle/Hortense, avec en toile de fond le père d’Emmanuelle. L’auteur nous offre une plongée vertigineuse dans la psychologie de ses personnages. Résultat une ambiance souvent oppressante avec beaucoup de questions et de doutes.
Avec peu d’action Jacques Expert crée une véritable tension qui va rapidement ferrer le lecteur pour ne plus le lâcher jusqu’au final. Et quel final ! Totalement inattendu dans le genre renversement de situation. J’ai été sur le cul, tout simplement. Et pourtant, au fil des dépositions on devine assez rapidement un dénouement dramatique, mais la surprise fait quand même l’effet d’une bombe.
C’est le quatrième roman de l’auteur que je lis, et comme à chaque fois je suis bluffé par sa maîtrise et son sens du récit. Les chapitres sont courts, percutants parfois, le bouquin devient rapidement hautement addictif (j’ai lu la seconde partie d’une traite tant j’avais besoin d’avoir des réponses). Jacques Expert confirme qu’il fait partie des incontournables pour moi, pas question de rater ses prochains titres (et éventuellement trouver le temps de lire les précédents).

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jd4

 
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Publié par le 1 juillet 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] George, Elizabeth – Juste Une Mauvaise Action

E. George - Juste une mauvaise actionJe poursuis mon Challenge retrouvailles au rythme de croisière que je me suis imposé, grosso modo je m’impose une alternance entre un bouquin du challenge et d’autres bouquins… avec toutefois une certaine souplesse. Direction l’Angleterre cette fois, pour y retrouver l’inspecteur Lynley et sa dix huitième enquête, Juste Une Mauvaise Action, toujours sous la plume d’Elizabeth George.
Azhar, le voisin et ami de Barbara Havers est dévasté, sa compagne s’est fait la malle avec leur fille. Le pire étant que la police ne peut intervenir, Azhar n’a en effet aucun droit sur la gamine. Cinq mois plus tard la compagne de Azhar est de retour à Londres, leur fille a disparu alors qu’ils s’étaient installés en Toscane. L’affaire parvient « malencontreusement » aux oreilles de la presse, Scotland Yard n’a d’autre choix que de dépêcher l’inspecteur Lynley sur place pour une enquête conjointe avec son homologue italien…
C’est ma troisième rencontre avec l’inspecteur Lynley et je dois reconnaître que les précédentes m’avaient fait forte impression. Oubliez les thrillers dopés à l’adrénaline, ici on est dans le polar dans la plus pure tradition british (même si l’auteure est américaine), il faudra se montrer patient avant que les différentes pièces du puzzle ne s’assemblent.
Pour être tout à fait franc j’ai été quelque peu déconcerté par le début, pas d’enquête policière, juste les états d’âmes de Barbara Havers et de Azhar. OK, ça s’engage plutôt mal… 700 pages à ce rythme ça va être foutrement long à lire ! Mais c’était sans compter sur le génie d’Elizabeth George, d’un coup sa mécanique machiavélique se met en branle. Enfin une vraie enquête démarre ! Quand son dénouement semble approcher on s’aperçoit que l’on en est à peine à la moitié du bouquin… L’auteure nous réserve encore bien des surprises et prend un malin plaisir à nous égarer sur de fausses pistes. Et Dieu sait que les questions et remises en question ne manqueront pas au fil des pages !
Dans cette nouvelle affaire le sergent Barbara Havers est largement mise à contribution car elle se sent personnellement impliquée. Le hic c’est qu’elle a la finesse et la délicatesse d’un troupeau d’éléphants enragés lâché dans une plantation de baobabs ! En l’occurrence elle multiplie les erreurs, les mauvais choix, et les négligences au point que même Lynley ne sait plus s’il pourra couvrir ses conneries : « Je viens d’avoir avec elle une conversation qui m’a perturbé. Pourtant depuis que je la connais, j’en ai eu, des occasions d’être perturbé par elle, vous ne pouvez pas savoir. Mais là, c’est trop pour moi. » Ou encore : « Elle était intelligente, certes, mais la moitié du temps ne se servait pas de son cerveau. Et quand elle s’en servait, c’était souvent pour faire n’importe quoi. Comme maintenant. » On en arrive presque à attendre avec impatience le retour de manivelle tant elle semble se montrer stupide et bornée (bin oui, mon empathie est plus limitée que celle de Lynley). Mais même notre flegmatique inspecteur (et de fait nous aussi) doit bien avouer Barbara Havers a d’indéniables qualités : « Et pourtant… Quand elle était sur une enquête, elle s’y plongeait tout entière et donnait le meilleur d’elle-même. Elle n’avait jamais peur de tenir tête à quelqu’un dont elle ne partageait pas l’opinion. Elle ne faisait jamais passer ses chances de promotion avant la résolution d’une affaire. Et quand elle tenait ce qu’elle pensait être une piste, on ne pouvait pas plus la lui faire lâcher qu’à un pitbull un morceau de steak. Son esprit frondeur et sa faculté à ne se laisser démonter par personne, si haut placé que soit ce personne… En un mot, Barbara était hors normes, et c’était exactement le genre d’officier dont on avait besoin dans une équipe. » Retour de boomerang en pleine gueule ou pas ? Sur ce coup je resterai muet comme une carpe catatonique.
D’un autre côté il faut bien reconnaître que tout joue contre le principal suspect, d’autant que lui aussi n’a pas brillé par son intelligence dans certains de ses choix. Si j’étais dans un jury je le condamnerai sans la moindre hésitation, il a le profil idéal pour avoir commis ce dont on l’accuse. Mais dans un roman d’Elizabeth George je me dis qu’il y a forcément anguille sous roche, sous sa plume les évidences sont généralement trompeuses. Mais bon si ce n’est lui alors qui ? Pourquoi ? Et surtout comment ? Ne comptez pas sur votre vieille carpe catatonique pour lever le voile sur ces questions.
Vous l’aurez compris, une fois de plus l’auteure nous a mitonné un polar so british totalement maîtrisé, il va sans dire que j’aurai plaisir à retrouver l’inspecteur Lynley pour sa prochaine enquête.
L’auteure porte un regard plutôt critique sur le système judiciaire italien, je ne sais pas si tout est rigoureusement exact (je suppose que oui), mais si je devais séjourner en Italie (ce qui me semble fort peu probable) j’éviterai consciencieusement d’attirer l’attention des flics sur moi.
Petit bémol sur la forme plus que sur le fond. Je sais bien qu’une partie de l’action se déroule en Toscane, mais étail-il vraiment nécessaire de multiplier les phrases en italien ? La simple mention que le dialogue se déroulait en italien eut été suffisant. Si demain Lynley est envoyé au Japon ou à Moscou nous aurons le droit à des phrases entières écrites en barreaux de chaises (kanji, hiraganas et katakanas) ou en cyrillique ??? Certes ça donne une touche d’exotisme mais personnellement je considère cela comme étant plus pénible qu’autre chose.

MON VERDICT
jd4

 
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Publié par le 23 septembre 2015 dans Bouquins

 

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