RSS

Archives de Tag: Roman graphique

Fabien Nury & Brüno – L’Homme Qui Tua Chris Kyle

AU MENU DU JOUR

Nury & Brüno - L'homme qui tua Chris Kyle

Titre : L’Homme Qui Tua Chris Kyle
Scénario : Fabien Nury
Dessin : Brüno
Éditeur : Dargaud
Parution : 2020
Origine : France
164 pages

De quoi ça cause ?

Le 2 février 2013, Chris Kyle, ancien Navy SEAL et sniper hors pair qui s’est brillamment illustré en Irak est lâchement abattu par Eddie Ray Routh, un ancien marine souffrant d’un syndrome de stress post-traumatique.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Dargaud et la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée.

N’étant ni américain, ni américanophile (sans pour autant être américanophobe) je n’avais jamais entendu parler de Chris Kyle avant de voir le film American Sniper, réalisé par Clint Eastwood ; film basé sur l’autobiographie homonyme du fameux Chris Kyle.

Je ne vous cacherai que j’ai beaucoup aimé ce film, et que c’est lui qui m’a donné envie de creuser davantage autour du personnage de Chris Kyle, notamment concernant son exceptionnel parcours militaire et sa fin aussi tragique qu’injuste.

Bien qu’étant un inconditionnel de Clint Eastwood, en tant qu’acteur aussi bien qu’en tant que réalisateur, je me méfie de ses prises de position parfois très très conservatrices sur certains sujets. Je souhaitais donc corroborer ma propre vision avec une autre approche du personnage de Chris Kyle, une approche plus détachée, sans obscurantisme militant mais sans toutefois que cela devienne un réquisitoire à charge.

Autant je suis totalement inapte à une vie militaire (j’ai quand même été réformé P4), autant je ne suis absolument pas antimilitariste ; j’ai même un profond respect pour les militaires, quel que soit leur corps d’armée, et plus encore quand ils ont été sur le terrain.

Mais assez parlé de moi, revenons à nos moutons et à ce roman graphique.

Les auteurs commencent tout naturellement par nous brosser un rapide portrait de Chris Kyle en allant au-delà de ses « exploits » en tant que soldat. Sa difficulté à retrouver une vie normale après ses campagnes en Irak, son engagement auprès des vétérans souffrant d’un syndrome de stress post-traumatique, son investissement dans une société de protection… Mais aussi sa part d’ombre, dont un tempérament plutôt bagarreur et un certain côté affabulateur (certains faits mentionnés dans son autobiographie sont invérifiables, d’autres sont carrément contestés par ceux qui y ont prétendument pris part).

On sent dans la démarche des auteurs qu’il n’y a aucune volonté de ternir l’image du héros 100% made in USA ; au contraire, ses défauts tendraient à le rendre plus abordable et plus humain. Après tout même un héros est fait de chair et de sang, même un héros a le droit d’avoir ses faiblesses… et dans la vraie vie aucun héros n’est invulnérable.

C’est ensuite au tour de Eddie Ray Routh de passer sur le grill. S’il est lui aussi un vétéran, son parcours n’a rien de commun avec celui de Chris Kyle. Quasiment aucune expérience de terrain, sinon une mission humanitaire à Haïti. À son retour, il vit aux crochets de ses parents, passe son temps à picoler et/ou à fumer de l’herbe tout en entretenant une relation houleuse avec sa petite amie.

Du coup forcément quand tu mets d’un côté de la balance un héros de guerre et de l’autre un loser puissance 10, et que le second tue le premier, il n’est pas difficile de deviner de quel côté penchera l’opinion publique et que, même au niveau judiciaire, le sort d’Eddie Ray Routh était scellé avant même l’ouverture du procès.

Au-delà du drame et du procès, les auteurs s’attardent aussi sur les « à-côtés » de l’affaire. Notamment sur l’implication de Taya Kyle, la veuve de Chris, et j’avoue que c’est le personnage qui m’est apparu le plus ambigu dans cette histoire. J’aimerai penser qu’elle n’agit que pour sauvegarder et honorer la mémoire de son époux mais je ne peux m’empêcher d’y voir une course au profit quelque peu dérangeante.

Chapeau bas à Fabien Nury pour l’énorme travail de documentation qu’il a dû fournir afin de nous restituer un regard aussi objectif que possible sur les différents aspects de ce drame et en le replaçant dans son contexte sociétal et politique.

Le trait du Brüno est en totale adéquation avec le thème développé. Brut et anguleux, il laisse planer sur l’ensemble une ambiance façon western spaghetti qui fonctionne impeccablement.

Si vous avez vu American Sniper, je ne peux que vous recommander de lire ce roman graphique qui vous propose d’aborder l’histoire via une approche différente et surtout de découvrir les suites du crime (le film s’arrête avant le procès d’Eddie Ray Routh).

Évidemment, je le recommande aussi aux lecteurs n’ayant pas vu le film de Clint Eastwood, je suppose que ceux-ci aborderont l’affaire avec un esprit plus neutre.

MON VERDICT

 
2 Commentaires

Publié par le 16 septembre 2020 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , , ,

[BOUQUINS] Bram Stoker / Georges Bess – Dracula

AU MENU DU JOUR

G. Bess - Dracula

Titre : Dracula
Auteur : Bram Stoker
Dessin : Georges Bess
Éditeur : Glénat
Parution : 2019
Origine : France
208 pages

De quoi ça cause ?

Jonathan Harker, jeune notaire anglais, est envoyé en Transylvanie afin d’y rencontrer le Comte Dracula pour affaire. Il est loin de se douter de la véritable nature de son hôte et de ses sombres desseins…

Ma Chronique

Avant d’entrer dans le vif du sujet je tiens à préciser que j’ai lu (et même relu) le roman de Bram Stoker. Dracula est en effet l’un des piliers de la littérature – et même, n’ayons pas peur des mots, du mythe et de la culture – vampirique, avant qu’elle ne soit pervertie par la sauce guimauve de la bit-lit.

Si dans la culture populaire l’image de Dracula est souvent associée à l’acteur Christopher Lee qui a incarné à de nombreuses reprises le plus célèbre des vampires, j’estime pour ma part que c’est (contre toute attente) Francis Ford Coppola qui a réalisé la version cinématographique la plus fidèle au roman, avec une interprétation magistrale de Gary Oldman dans le rôle-titre.

C’est curieux et un tantinet inquiet que je me suis lancé dans la redécouverte de l’histoire de Dracula sous forme de roman graphique. Force est de constater que mes doutes ont été balayés dès les premières planches, les dessins de Georges Bess sont tout bonnement somptueux (certaines planches sont de véritables chefs d’œuvres graphiques) et restituent parfaitement l’ambiance gothique du roman de Bram Stoker.

Au niveau de l’intrigue, Georges Bess suit fidèlement la trame de Bram Stoker en prenant soin d’aller à l’essentiel. La transposition d’un roman se présentant sous forme épistolaire en version graphique a dû donner bien du fil à retordre à l’auteur, mais le challenge est remporté haut la main. C’est une totale réussite.

Si vous souhaitez vous procurer ce roman graphique en version papier (ce que je ferai incessamment sous peu dans pas longtemps), il faut savoir qu’il existe deux éditions, une « classique » au format 21,5 x 29,3 (au prix de 25,5 €) et une « prestige » au format 27,5 x 36,8 (au prix de 39 €). Le format de l’édition prestige permet de profiter au mieux de la qualité exceptionnelle du dessin.

J’ai un peu plus de mal à comprendre l’intérêt de proposer deux éditions en version numérique (17,99 € pour la version « classique », 27,99 € pour la version « prestige »), pour une lecture à l’écran c’est bonnet blanc et blanc bonnet… Assertion que j’ai pu vérifier en téléchargeant via le site Chapitre.com un extrait de chacune de ces éditions, il n’y aucune différence à l’affichage (plein écran). De là à penser que c’est un choix purement marketing il n’y a qu’un pas… que je franchis sans vergogne !

MON VERDICT

Et la couv’ de l’édition prestige… que je trouve moins aboutie que celle de l’édition classique.

G. Bess - Dracula

 
7 Commentaires

Publié par le 20 mars 2020 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , ,

[BOUQUINS] Harper Lee & Fred Fordham – Ne Tirez Pas Sur L’Oiseau Moqueur

AU MENU DU JOUR

H. Lee - Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Titre : Ne Tirez Pas Sur L’Oiseau Moqueur
Auteur : Harper Lee
Dessin : Fred Fordham
Éditeur : Grasset
Parution : 2018
Origine : USA
288 pages

De quoi ça cause ?

1933, Maycomb (Alabama). Atticus Finch, avocat, élève seul ses deux enfants Jeremy (Jem) et Jean Louise (Scout). Quand il accepte de défendre Tom Robinson, un Noir accusé d’avoir violé une Blanche, la vie de la famille Finch bascule.

Scout, la narratrice, découvre alors que l’âme humaine peut être salement pervertie, loin des valeurs qu’Atticus s’efforce d’inculquer à ses enfants.

Ma Chronique

Ne Tirez Pas Sur L’Oiseau Moqueur fait partie de ces classiques incontournables que je me promettais de lire chaque fois que je le croisais en explorant les méandres de mon Stock à Lire Numérique… avant de passer à autre chose !

Grâce à la générosité du Père Noël, je peux enfin découvrir ce texte sous la forme d’un roman graphique. Le texte français est celui de l’édition de 2005, il s’agit de la traduction d’Isabelle Stoïanov révisée par Isabelle Hausser.

Paru en 1960, alors que le mouvement pour les droits civiques est au coeur de l’actualité américaine, ce premier roman de Harper Lee fait office de pavé dans la mare, ce qui ne l’empêchera pas de connaître un succès jamais démenti depuis (il a été récompensé par le prix Pulitzer en 1961).

Pour l’anecdote, il faudra attendre 2015 pour découvrir un second roman de l’auteure, Va Et Poste Une Sentinelle, qui peut être considéré comme une suite de celui-ci, l’intrigue suivant la famille Finch en 1955. C’est pourtant ce dernier roman que Harper Lee a proposé à son éditeur en 1960, il lui conseillera plutôt d’écrire un récit à la première personne sur la jeunesse de son héroïne, Scout Finch.

Et donc voilà la jeune Scout qui nous raconte son histoire. Retour en 1933 alors que les USA sont dans le marasme de la Grande Dépression (la crise économique majeure qui a suivi le krach boursier de 1929). Dans les États du Sud le racisme est fortement ancré dans les mentalités de certains, on flirte même avec la tare congénitale.

Heureusement tous ne sont pas comme ça, Atticus Finch inculque à ses enfants des valeurs telles que le respect et la tolérance. Quelle cruelle désillusion pour la jeune Scout et son frère quand ils réalisent que ces bons sentiments ne sont pas partagés par tous. Quand ils voient le voisin qui hier saluait cordialement Atticus, lui cracher à la gueule et le menacer…

Si les thèmes abordés sont graves (inégalités sociales et raciales, respect et tolérance, rôle de la femme, apprentissage de la vie, fin de l’innocence…) Ils sont traités sans sombrer dans le pathos, on dénote même une certaine légèreté liée au regard que porte une enfant sur les événements et les gens.

Pour souligner son propos, l’auteure nous fait partager le quotidien insouciant de Jem, Scout et Dill (leur voisin le temps des vacances d’été et ami) dans la première partie du récit. Peu à peu elle les confronte à la noirceur de l’âme de certains de leurs voisins et supposés amis.

Le trait de Fred Fordham est fin et précis, on est instantanément en totale immersion dans le récit. Un récit intemporel qui, malheureusement, pourrait encore de nos jours trouver des échos bien réels dans l’actualité (et pas que de l’autre côté de l’Atlantique).

Ce n’est pas parce qu’on est battu d’avance qu’il ne faut pas essayer de gagner.

Au risque de faire convulser les puristes, j’ai trouvé que le format roman graphique offrait une excellente approche du récit de Harper Lee. Sincèrement je ne pense pas que lire le roman m’apportera beaucoup plus que ce que j’ai déjà retiré de cette lecture.

MON VERDICT

 
9 Commentaires

Publié par le 30 décembre 2019 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , , , ,