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Archives de Tag: Robert Laffont

[BOUQUINS] Marc Lévy – Une Fille Comme Elle

AU MENU DU JOUR

Titre : Une Fille Comme Elle
Auteur : Marc Lévy
Editeur : Robert Laffont
Parution : 2018
Origine : France
384 pages

De quoi ça cause ?

Au n° 12 de la Cinquième Avenue se dresse un immeuble dont les habitants sont loin de se douter que leur quotidien va être bouleversé par un stupide accident. Le liftier de nuit chute dans les escaliers et se blesse ; il doit être hospitalisé et ne peut plus assurer son service.

Deepak, le liftier de jour, propose à son neveu, Sanji, récemment arrivé de Mumbai pour affaires, de dépanner la résidence en assurant le service de nuit…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Marc Lévy et que je suis un inconditionnel assumé.

Ma chronique

Avec ce nouveau roman Marc Lévy signe une comédie romantique gentillette et sans grande originalité. Même si le bouquin reste agréable à lire et se lit vite et bien, il reste un peu trop convenu pour déclencher un enthousiasme immodéré.

L’auteur nous offre une belle brochette de personnages. A commencer par Chloé, le personnage féminin principal, une jeune femme clouée sur un fauteuil roulant, mais pleine de bonne humeur et qui ne manque pas de répartie.

Puis il y a Deepak, le liftier, un vieil indien plein de principes qui se dévoue quasiment corps et âme au bien-être des habitants de la résidence qui en contrepartie le considère, pour beaucoup d’entre eux, comme un élément du décor.

Puis il y a Sanji, qui incarne le visage de l’Inde moderne. Un homme d’affaires qui a réussi à mener une affaire florissante dans un pays encore régenté par les castes et qui cherche à s’ouvrir au marché américain. Et va se retrouver à mener deux combats de front, richissime homme d’affaires le jour et liftier la nuit…

Sans oublier, Lali, l’épouse de Deepak, Sam l’associé américain de Sanji et bien sûr tous les résidents du n°12 Cinquième Avenue. Brefs les personnages sont la clé de voûte de ce roman.

Dommage qu’ils soient mis au service d’une intrigue un peu fade et très prévisible. Les bons sentiments, parfum guimauve, sont assumés et font toutefois mouche. Idem pour les touches d’humour apportées par certains quiproquos.

Je n’ai pas de regrets, j’ai passé un bon moment avec ce bouquin, mais j’aurai apprécié quelque chose de plus audacieux ; je referme le roman avec l’impression que Marc Lévy s’est contenté du minimum syndical sur ce coup.

Et c’est donc sans la moindre hésitation que j’attribue le classico 2018 à Guillaume Musso.

MON VERDICT

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Publié par le 18 juin 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Neal Shusterman – Thunderhead

AU MENU DU JOUR

N. Shusterman - Thunderhead

Titre : Thunderhead
Série : La Faucheuse – Tome 2
Auteur : Neal Shusterman
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2018
Origine : USA
576 pages

De quoi ça cause ?

Citra est désormais connue sous son nom de Faucheuse, Dame Anastasia. Mais ses méthodes de glanage, pleines de compassion et d’empathie, ne font pas vraiment l’unanimité dans la communauté. Heureusement, elle peut compter sur le soutien sans faille de son mentor Dame Curie.

Rowan de son côté s’est autoproclamé faucheur et justicier. Il officie vêtu de noir sous le nom de Maître Lucifer. Ses victimes : les Faucheurs corrompus qui détournent les règles de la communauté à leur profit. De fait Rowan est l’homme à abattre pour la communauté des Faucheurs.

Leur amitié survivra-t-elle à ce conflit d’intérêts ? Sera-t-elle une force ou une faiblesse face à une menace grandissante qui pourrait radicalement changer la donne ?

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’avais beaucoup aimé La Faucheuse malgré son étiquette young adult. J’étais curieux de savoir si cette suite confirmerait mon engouement ou serait, au contraire, une douche froide… Curieux, mais confiant.

Ma chronique

Bien que plutôt réticent à découvrir la littérature estampillée young adult, force m’est de reconnaître que j’ai beaucoup aimé La Faucheuse de Neal Shusterman. L’intrigue est suffisamment élaborée pour avoir fait mouche, les personnages sont soignés… bref, impossible pour moi de résister à l’attrait de cette suite.

Commençons par le commencement : qu’est-ce que ce fameux Thunderhead ? Pour faire simple, c’est le nom de l’hyper intelligence artificielle qui supervise ce nouveau monde et veille au grain. Un Big Brother bienveillant qui assure le bien-être de ses ouailles (les humains).

Tous les humains ? Presque… Si le Thunderhead a un droit de regard (limité) sur la communauté des Faucheurs, il ne peut en aucun cas intervenir dans leurs affaires.

Le mieux, pour comprendre l’essence du Thunderhead, est encore de vous plonger dans ce roman (après avoir lu La Faucheuse, cela va de soi). En effet, en guise de transition d’un chapitre à un autre, vous aurez le droit à une intervention du Thunderhead qui vous expliquera mieux que personne ce qu’il est et quel est son rôle.

Outre Citra et Rowan, vous croiserez d’autres personnages déjà rencontrés dans La Faucheuse, certaines de ces retrouvailles ne vous surprendront guère (je pense notamment à Dame Curie, à la Serpe Ultime Xénocrate ou encore à Maître Faraday), d’autres par contre seront nettement plus inattendues (niet, vous n’aurez aucun nom… inutile d’insister !).

Bien entendu cette suite vous réserve aussi de nouvelles rencontres, la plus notable étant certainement le personnage de Greyson Tolliver. Un jeune homme qui entretient une relation « étroite » avec le Thunderhead et va se retrouver embringué, presque malgré lui, dans un complot dont les enjeux le dépassent largement.

Le contexte ayant déjà été largement posé par le tome précédent, Neal Shusterman nous plonge directement au coeur de son intrigue. Une intrigue qui se jouera presque exclusivement autour de la communauté des Faucheurs, quand ils ne seront pas intervenants directs, ils seront au centre de toutes les préoccupations (avec parfois de bonnes intentions… et certaines nettement moins louables).

Il faut dire aussi que la communauté est plus que jamais divisée, entre les tenants du Nouvel Ordre instauré par feu Maître Goddard et ceux de la Vieille Garde… La tension est palpable, au fil des chapitres on sent que ça ne peut que mal finir, mais l’auteur sait s’y prendre pour laisser placer au doute et aux incertitudes. Avant de nous en mettre plein la vue avec un final ahurissant.

Un second opus plus sombre que le précédent tout en restant dans la continuité. L’ajout d’une dimension stratégique (voire politique, dans le bon sens du terme) est pour moi un plus indéniable.

En refermant ce bouquin, vous n’aurez qu’une hâte : lire le troisième et dernier tome de la série ! Il faut dire que le final est plus que prometteur pour la suite. Mais il nous faudra prendre notre mal en patience, aucune date n’est annoncée à ce jour pour une sortie en VO…

Je terminerai cette chronique par un coup de chapeau à Kevin Tong, l’illustrateur à l’origine des couvertures de ces deux romans. Un visuel qui donne envie d’en savoir plus…

MON VERDICT

 
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Publié par le 3 mai 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jacques-Olivier Bosco – Coupable

AU MENU DU JOUR

JOB - Coupable

Titre : Coupable
Série : Lise Lartéguy – Tome 2
Auteur : Jacques-Olivier Bosco
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2018
Origine : France
400 pages

De quoi ça cause ?

Quand Pierre Boifeuras, le chef de la PJ, mais aussi le parrain et protecteur de Lise Lartéguy, est sauvagement assassiné, la jeune femme Este dévastée. D’autant que certains indices lui laissent penser qu’elle pourrait être impliquée dans ce crime ; sauf qu’elle n’a que de très vagues souvenirs de la nuit précédente. Une nuit au cours de laquelle elle a laissé libre cours à la Bête qui sommeille en elle…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’avais beaucoup aimé Brutale, la première enquête de Lise Lartéguy. Il me tardait de retrouver cette fliquette borderline et d’en apprendre davantage sur elle.

Parce que c’est La Bête Noire et que je commence à avoir un sacré retard dans l’exploration de leur catalogue.

Ma chronique

J’ai découvert le personnage de Lise Lartéguy l’année dernière avec le précédent roman de Jacques-Olivier Bosco (aka JOB), Brutale ; une entrée sur la scène littéraire policière plutôt fracassante, mais j’ai été séduit par cette nana hors norme. J’avoue que j’ai un faible pour les flics borderline, et Lise Lartéguy ne se contente pas de flirter avec la ligne jaune, elle la piétine allègrement !

Afin de laisser libre cours à ses bouffées de violence en épargnant, autant que possible, les innocents, Lise Lartèguy s’efforce d’appliquer La Méthode que lui a inculquée son père ; sur le principe c’est on ne peut plus simple :

« Le bien, on n’y touche pas. Le mal, on peut. Le mal, on le combat.
Les gens comme nous sont des gens bien. Tu souffres, tu as besoin de faire le mal, de transmettre ta souffrance.
Le mal doit combattre le mal. »

Sauf que cette chère Lise aimerait bien faire taire la Bête qui est en elle, plus facile à dire qu’à faire, surtout quand son passé refait surface.

Le bouquin alterne justement entre l’intrigue actuelle et les flashbacks qui permettent de découvrir aussi bien le passé de Lise que celui de son père et de son parrain. On comprend mieux (sans pour autant tout pardonner) les excès de Lise, et du coup le personnage gagne en profondeur (profondeur qui faisait parfois défaut dans Brutale) et notre empathie pour elle ne peut que se renforcer au fil des pages.

JOB apporte beaucoup de soins à ses personnages… même s’il n’hésite pas à les malmener. Outre une (encore plus) forte sympathie pour Lise, j’avoue aussi avoir eu un faible pour le personnage de Linda malgré ses travers.
L’intrigue policière est elle aussi soignée et rondement menée ; à ce titre j’ai été scié en découvrant la vérité sur la mort de Boisfeuras. Encore un petit bémol (je n’irai pas jusqu’à employer le mot défaut) de Brutale corrigé dans ce second opus, à croire que les enquêtes de Lise Lartéguy sont comme le bon vin et se bonifient avec le temps.

Il faut dire qu’en plus de son enquête, Lise va devoir faire face à l’acharnement du substitut du procureur Martignon qui semble très près de découvrir son terrible secret et ainsi briser sa carrière. Celui-ci trouvera d’ailleurs un allié inattendu en la personne d’Eric Boisfeuras, le fils de Pierre.

Enfin la plume incisive et percutante de l’auteur, associée à des chapitres courts, assure une lecture d’une grande fluidité. Difficile de lâcher ce bouquin une fois qu’il vous aura pris dans ses mailles.

Faut-il avoir lu Brutale avant de se lancer dans Coupable ? Je serai tenté de répondre oui même si cela n’est pas franchement impératif, ne serait-ce que pour suivre l’évolution de Lise Lartéguy et garder intacte l’intrigue du précédent roman.

En refermant le roman, j’ai eu un petit pincement au coeur à l’idée de ne peut-être plus croiser la route de Lise Lartéguy ; j’espère me tromper sur ce point, seul JOB serait en mesure d’apporter une réponse claire à ce questionnement.

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Coup double

 
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Publié par le 25 avril 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Cédric Bannel – L’Homme De Kaboul

AU MENU DU JOUR

C. Bannel - L'homme de Kaboul

Titre : L’Homme De Kaboul
Auteur : Cédric Bannel
Editeur : Robert Laffont
Parution : 2011
Origine : France
400 pages

De quoi ça cause ?

Kaboul. Le commandant Oussama Kandar, chef de la brigade criminelle, est appelé sur une scène de crime. La thèse officielle, soutenue par sa hiérarchie, est celle du suicide. Mais pour Oussama Kandar il y a trop d’incohérences, malgré les pressions qu’il subit, il décide d’enquêter sur ce qui est sans aucun doute un meurtre déguisé en suicide.

Berne. L’Entité, une organisation secrète indépendante, est sur la piste d’un homme d’affaires qui a faussé compagnie à ses employeurs avec un rapport explosif. Nick Snee, un jeune analyste de l’Entité est étonné par l’ampleur des moyens mis en oeuvre pour retrouver le fugitif, ainsi que par le manque total de scrupules de ceux qui le traquent. Nick, contre l’avis de ses supérieurs, décide de mener sa propre enquête.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est la première apparition d’Oussama Kandar, et comme j’ai les trois bouquins en stock autant commencer par le début.
Parce que les deux suivants sont parus dans la collection La Bête Noire de Robert Laffont, une collection qui, à ce jour, ne m’a jamais déçu.

Ma chronique

Je ne sais pas si Cédric Bannel connaît l’Afghanistan ou s’il s’est « contenté » d’un énorme travail de documentation, mais le résultat est bluffant de réalisme ; on est en totale immersion dans les tourments de la vie à Kaboul.

Il faut dire que l’Afghanistan offre un contexte unique en son genre du fait de son histoire récente, entre l’occupation russe, les années sous le régime taliban et le gouvernement plus ou moins fantoche instauré depuis 2001 sous l’égide de la Coalition. Des années marquées par la guerre civile (d’abord contre les Russes, puis contre les talibans) puis par une vague d’attentats terroristes menée par les talibans (et encore d’actualité aujourd’hui).

La plupart des habitants de Kaboul vivent dans des conditions allant de franchement spartiates à précaires dans le respect de leurs traditions, malgré la coalition qui s’efforce de rebâtir la ville suivant un modèle d’urbanisme occidental.

Un terrain propice à la corruption, un fléau qui ne semble épargner personne, de plus petit au plus puissant, l’argent peut tout acheter à Kaboul ! Et c’est là que vit et travaille Oussama Kandar, ancien héros de guerre des forces moudjahidines, honnête, obstiné dans son combat pour la vérité et surtout totalement incorruptible. Un Elliott Ness à la sauce afghane.

Oussama Kandar est aussi un homme pieux et pratiquant, partisan d’un islam modéré, qui, au nom du respect de la tradition, refuse d’admettre que les conditions de vie de la femme afghane sont loin d’être idylliques. De fait il ne rejette pas totalement la burqa, même s’il n’oblige pas son épouse à en porter une.

De Kaboul aux contrées les plus sauvages du pays, Oussama Kandar nous offrira un voyage pour le moins exotique, mais pas vraiment le temps d’admirer le paysage. Les gens qui en ont après lui sont capables de mobiliser des moyens faramineux et ne reculeront devant rien pour mettre fin à son enquête.

Pour Nick Snee, de Berne à Zurich, la quête de la vérité est nettement moins mouvementée, plus il progresse dans son enquête, plus il découvre la face obscure de l’Entité… et moins il décide de partager ses découvertes avec ses supérieurs.

Quand et comment ces deux destins vont se télescoper ? Vous le découvrirez en lisant le roman de Cédric Bannel… Sachez tout de même qu’un troisième personnage est appelé à jouer un rôle décisif dans le déroulé de l’intrigue, il s’agit du mollah Bakir, un taliban modéré (oui je sais que l’association des mots taliban et modéré peut paraître antinomique) qui a des nombreuses sources d’information. Avantage considérable pour Oussama, le mollah semble très attaché au fait que le commandant Kandar doit rester en vie.

L’intrigue est rondement menée, le rythme imposé est soutenu, pas le temps de souffler et moins encore de s’ennuyer. Un très bon page-turner qui m’a donné envie d’en apprendre davantage sur Oussama Kandar, nul doute que je vais, dans un avenir proche, me plonger dans la lecture de Baad, le second roman qui lui est consacré.

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Publié par le 2 octobre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Sandrone Dazieri – Tu Tueras L’Ange

S. Dazieri - Tu tueras l'AngeAh que voilà un roman que j’attendais avec une réelle impatience ! Tu Tueras L’Ange de Sandrone Dazieri est en effet la suite directe de Tu Tueras Le Père, l’une des mes lectures les plus marquantes de l’année 2015 mais aussi et surtout le titre inaugural de la collection La Bête Noire de Robert Laffont.
Un train parti de Milan arrive en gare de Rome de nuit, aucun mouvement de passagers en provenance de la classe affaire. Et pour cause, ils sont tous morts, empoisonnés par un gaz neurotoxique. L’attentat est rapidement revendiqué par Daesh, mais pour la commissaire Colomba Caselli, intégrée à l’équipe en charge de l’enquête, il reste des zones d’ombres qui contredisent la thèse officielle. Pour confirmer ses doutes, elle fait appel à Dante Torre qui ne tarde pas à repérer des incohérences. Colomba et Dante vont devoir mener leur propre enquête, avec leurs propres moyens, aucun officiel ne souhaitant contredire la thèse de l’attentat…
Avant d’aller plus loin je tiens à préciser qu’il est impératif d’avoir lu Tu Tueras Le Père avant de se lancer dans ce second opus, qui plus est c’est un excellent bouquin, ce serait dommage de s’en priver ! Au niveau des personnages nous sommes donc en terrain connu, c’est un plaisir de retrouver Colomba et Dante (plus phobique que jamais), un duo d’enquêteurs pour le moins atypique.
Des retrouvailles un tant soit peu plombées par des non-dits et des tensions entre nos deux héros, je reconnais volontiers que Colomba fait parfois preuve d’une arrogance à la limite du supportable, mais il faut aussi reconnaître que partager le quotidien de Dante ne doit pas être du tout repos. De nouveau l’auteur donne une forte dimension psychologique à son roman, qu’il s’agisse de l’évolution du relationnel entre nos deux héros, du rapport de Colomba à sa hiérarchie (il faut dire qu’à ce niveau elle doit faire face à du lourd en matière d’immobilisme et d’obstination aveugle), et plus encore quand il s’agit de comprendre leur adversaire.
En face d’eux, Giltiné (du nom de l’ange de la mort lituanien), une jeune femme à la personnalité tourmentée (au vu de son passé, on peut le comprendre) mais aussi implacable que machiavélique dans l’exécution de son plan. J’aurai apprécié une plongée plus approfondie dans la personnalité de Giltiné. Certes on peut comprendre son désir de vengeance, on pourrait même être tenté d’y adhérer, mais il y a un peu trop de dommages collatéraux pour que l’empathie prenne vraiment.
Une intrigue certes un peu plus conventionnelle que celle du Père (qui était presque exclusivement centré sur le personnage de Dante) mais rondement menée et hautement addictive. Sandrone Dazieri intègre des éléments et des faits bien réels à son récit, vous serez sans doute surpris de découvrir que le plus impensable n’est peut être pas 100% issu de l’imaginaire de l’auteur (même si un peu romancé, fiction oblige).
A la fin de notre lecture beaucoup de questions restent encore sans réponse concernant le passé et l’identité de Dante ; le troisième et dernier opus n’en sera que plus attendu. D’autant que celui-ci s’achève sur un cliffhanger final de la mort qui tue… Viiite Monsieur Dazieri, la suite (vite mais pas bâclé, nous serons intraitables sur ce point).

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Coup de poing

 
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Publié par le 12 juin 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Neal Shusterman – La Faucheuse

N. Shusterman - la FaucheuseIl aura fallu un Book Club pour que je découvre le roman de Neal Shusterman, La Faucheuse. Premier opus d’une trilogie classée young adult (collection R de Robert Laffont).
Citra Terranova et Rowan Damisch sont deux adolescents qui ne se connaissent pas, mais qui ont pourtant rendez-vous le même jour, à la même heure, au même endroit… avec la même personne : Maître Faraday, un Faucheur. Ce dernier leur propose de les prendre comme apprenti, sachant toutefois que seul l’un d’entre eux pourra accéder au rang de Faucheur…
J’avoue sans complexe que j’ai tendance à fuir la littérature estampillée young adult, quels que soient l’éditeur et l’auteur. Mais bon face à l’engouement suscité par ce bouquin j’ai décidé de laisser mes réticences de côté et de céder à la curiosité. Et grand bien m’en a pris !
Contre toute attente j’ai tout de suite été happé par l’intrigue et les personnages, il faut dire que l’auteur sait s’y prendre pour ferrer ses lecteurs. Les rebondissements et autres revirements de situation ne manquent pas. Les chapitres sont courts, le style direct, on est immédiatement en immersion au coeur de l’intrigue. Franchement la lecture de ce bouquin fut une excellente surprise.
L’intrigue nous entraîne dans un futur indéterminé, la maladie et la mort ont été éradiquées, une intelligence artificielle assure une vie confortable à toute la population. Pour éviter tout risque de surpopulation, la Communauté des Faucheurs a été mise en place. Les Faucheurs doivent éliminer définitivement (ils préfèrent le mot glaner à tuer) un certain quota d’individus choisis selon leurs propres critères, mais en évitant, autant que possible, toute forme de discrimination. Une communauté régie par dix commandements, à la fois crainte et respectée de par les pouvoirs qui lui sont accordés.
Il ne faut que deux chapitres à Neal Shusterman pour poser les bases de son intrigue, dès le troisième Citra et Rowan seront confronté à un choix susceptible de changer à jamais leur vie. Ensuite l’auteur nous entraîne au sein de la Communauté des Faucheurs, on y découvre progressivement son fonctionnement. Mais aussi une communauté rongée par des tensions plus ou moins latentes entre Faucheurs et bien loin d’être aussi vertueuse qu’elle devrait l’être.
J’ai beaucoup aimé les personnages de Citra et Rowan, de prime abord tout les oppose, mais ils finiront rapidement par se serrer les coudes au fil de leur apprentissage. Je ne peux malheureusement guère m’étendre sur l’évolution des personnages, car cela m’obligerait à révéler un tournant décisif de l’intrigue.
Pour ceux qui seraient frileux à l’idée d’entamer une nouvelle série, sachez que ce tome se termine et peut se lire comme un one-shot. Même en l’absence de cliffhanger, je suis convaincu que, comme moi, il vous tardera de découvrir la suite… mais il vous faudra être patient, le tome 2 est annoncé en VO pour le dernier trimestre 2017.
Maintenant que je sais que le young adult peut réserver de belles surprises, il est peut-être tant que je sorte ma trilogie Kaleb des méandres de mon Stock à Lire Numérique. Le titre, signé Myra Eljundir a lui aussi publié dans la collection R, cerise sur le gâteau, l’auteure n’est autre que Ingrid Desjours.

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Publié par le 24 avril 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Daniel Cole – Ragdoll

D. Cole - RagdollVous me connaissez, je suis faible face à la tentation. Alors quand en plus de ça la tentatrice s’appelle La Bête Noire, impossible de résister à son appel. Voilà pourquoi Ragdoll, le roman de Daniel Cole a grillé la priorité à ses petits camarades livresques de mon Stock à Lire Numérique.
Un cadavre hors du commun, une macabre reconstitution humaine à partir de six corps différents dont l’une des mains pointe directement vers l’appartement de l’inspecteur Fawkes, surnommé Wolf. Une liste de six noms avec en regard la date de leur mise à mort, le dernier nom est celui de Wolf. Entre l’identification des victimes déjà mortes, la protection des futures victimes et la neutralisation du tueur, les équipes de la Met ont du pain sur la planche. Avec bien entendu Wolf en première ligne…
Quand on me parle de ragdoll (littéralement poupée de chiffon) la première image qui me vient à l’esprit est celle d’adorables chats et non un macchabée raccommodé à la mode du Dr Frankenstein ! Vous aurez sans doute compris que l’auteur ne va pas nous parler de chats.
Pour un premier roman, on peut dire que Daniel Cole frappe fort, certes il y a des faiblesses, mais globalement Ragdoll est un thriller psychologique de bonne facture.
La force d’un bon thriller psychologique repose sur la profondeur donnée aux personnages. Sur ce point l’auteur s’offre un sans-faute, il nous mitonne aux petits oignons une galerie impressionnante, autant par sa richesse que par sa diversité. Des personnalités fortes où rien n’a été laissé au hasard. Je n’entrerai pas dans le détail pour chacun des personnages, mais l’auteur parvient quasiment à leur donner une véritable présence physique.
De bons personnages au service d’une intrigue mal maîtrisée et c’est tout le soufflé qui s’effondre. Mais il n’en est rien ici, l’auteur joue habilement avec nos nerfs en nous proposant une enquête complexe face à un tueur particulièrement retors. On rencontre bien quelques baisses de rythme çà et là, mais c’est généralement pour mieux repartir sur les chapeaux de roues.
Le roman soulève aussi la question du rôle des médias dans le cadre d’une enquête criminelle. Andrea, l’ex-femme de Wolf, est une journaliste ambitieuse qui bien souvent mettra la police à mal et exposera dangereusement les victimes potentielles à force de chercher le scoop qui lui vaudra le poste de ses rêves. Son patron, Elijah, est encore pire, il ne reculera devant rien pour faire exploser l’audimat. Il est facile de leur jeter la pierre, mais si de tels vautours existent c’est bel et bien parce qu’il y a un public demandeur. Comme dirait l’autre : « Avant de leur jeter la pierre… ».
Le principal bémol, qui ne suffit toutefois pas à gâcher le plaisir, vient de la fin un peu trop abrupte. Tout se dénoue à une vitesse hallucinante dans les derniers chapitres ; à croire que l’auteur s’est laissé dépassé par son intrigue. Un final plus étoffé et la personnalité du tueur plus fouillée auraient propulsé le bouquin vers un coup double : coup de coeur et coup de poing.

MON VERDICT

 
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Publié par le 5 avril 2017 dans Bouquins

 

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