RSS

Archives de Tag: Qaanaaq Adriensen

[BOUQUINS] Mo Malo – Nuuk

AU MENU DU JOUR

M. Malo - Nuuk
Titre : Nuuk
Série : Qaanaaq Adriensen – Livre 3
Auteur : Mo Malo
Éditeur : La Martinière
Parution : 2020
Origine : France
416 pages

De quoi ça cause ?

Après une période de convalescence, Qaanaaq Adriensen est autorisé à reprendre ses fonctions de chef de la police sous deux conditions : un suivi psychologique régulier préalable à toute reprise et une tournée de l’ensemble des commissariats placés sous sa responsabilité.

Une tournée de routine qui va rapidement le replonger au cœur de l’action. Plusieurs adolescentes se sont données la mort peu après avoir croisé la route d’un mystérieux conteur inuit. D’autre part un inconnu lui expédie, à chaque étape de sa tournée, un macabre colis contenant des restes humains…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est la troisième enquête de Qaanaaq Adriensen. La fin de Diskø laissait bouquin de questions sans réponses, il me tardait de chausser mes kamiks et de retourner au Groenland.

Ma Chronique

Comme de nombreux lecteurs (je suppose en tout cas) certains personnages croisés au fil des lectures me touchent plus que d’autres, c’est encore plus vrai quand il s’agit d’un personnage appelé à devenir récurrent dans l’œuvre de son auteur.

Plusieurs noms me viennent à l’esprit pour illustrer mon propos : Jack Ryan (Tom Clancy), Le Bourbon Kid (Anonyme)ou encore Harry Hole (Jo Nesbo). Pour ne citer qu’eux, mais je sais d’ores et déjà que j’en oublie, et pas forcément des moindres.

Tout ça pour vous dire que Qaanaaq Adriensen fait partie de ces personnages, le coup de cœur fut instantané et, au terme de sa troisième enquête, il est plus fort que jamais. Comprenez que quand je dis Qaanaaq Adriensen j’englobe son entourage, qu’il soit familial ou professionnel (avec une attention toute particulière à Appu).

Pour cette « rencontre » (les guillemets c’est juste pour éviter qu’on me prenne pour un cinglé et qu’on appelle les gentils hommes en blancs avec leur chemise aux manches nouées), je tiens à remercier chaleureusement Mo Malo (aka Frédéric Mars).

Une fois de plus l’immersion au cœur du Groenland et de l’intrigue a été immédiate. Cette fois l’auteur construit son intrigue autour des traditions inuites, et plus particulièrement du chamanisme ; mais présentement le savoir et la sagesse ancestraux sont ici détournées pour servir de sombres desseins dont l’aboutissement est plus de nature criminelle que spirituelle.

Comme dans les précédents romans de la série, vous en apprendrez beaucoup sur le Groenland, ses habitants, leur culture… Mais bien plus qu’une invitation au voyage c’est aussi pour l’auteur l’occasion de souligner les maux qui rongent cette terre. Cette fois il sera beaucoup question des jeunes et de leurs problématiques (notamment la sensation d’isolement et le manque de perspectives d’avenir) qui peuvent conduire à certaines dérives (alcool et drogue) mais aussi et surtout au suicide.

À ce titre le Groenland affiche le taux de suicide (nombre de suicides pour 100 000 habitants) le plus élevé du monde avec un score affolant de 82,5 (alors qu’il est de 12,8 dans le reste du Danemark). Les deux autres leaders de ce macabre classement sont la Lituanie (31,9) et la Russie (31). La France quant à elle se classe en dix-huitième position avec un taux de suicide de 17,7.

Sans surprise c’est avec brio que Mo Malo teinte de noir (et de rouge sang) ces vastes étendues à la blancheur immaculée. Comme à son habitude il ne va pas y aller de main morte quand il s’agit de malmener ses personnages ; point de repos du guerrier pour Qaanaaq qui va se retrouver, encore une fois, personnellement pris pour cible par ce présumé / prétendu « chamane » qui sème la mort là où il passe.

Même si le fond reste incontestablement noir, l’auteur place l’humain au centre de son intrigue. Son héros se retrouve en effet face à un tournant décisif de sa vie personnelle mais aussi dans la tourmente au niveau professionnel. Il pourra heureusement compter sur le soutien sans faille de ses proches et de son équipe. Et il faudra bien ça pour faire face à l’esprit particulièrement retors et pervers de son adversaire, mais aussi pour composer avec une hiérarchie bien décidée à lui chier dans les bottes.

Difficile de faire pire que les meurtrières noces pourpres de George R.R. Martin (Le Trône de Fer) pour foirer une cérémonie de mariage ; il n’en reste pas moins que les noces de Qaanaaq réserveront une surprise particulièrement indigeste aux mariés et à leurs convives.

Si vous ne connaissez pas encore l’univers littéraire de Mo Malo mais souhaitez découvrir les enquêtes de Qaanaaq Adriensen, je vous recommande de les lire dans l’ordre de parution. Ce n’est certes pas indispensable mais c’est la meilleure façon d’apprécier pleinement les personnages que vous serez amenés à croiser.

A l’occasion de la chronique de Diskø j’avais râlé contre la couverture quelconque du roman alors que celle de Qaanaaq était superbe ; rien à redire ici, le renard polaire qui illustre la couverture de Nuuk est magnifique (et totalement raccord avec l’intrigue).

MON VERDICT

 
Poster un commentaire

Publié par le 14 août 2020 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , ,

[BOUQUINS] Mo Malo – Diskø

AU MENU DU JOUR

M. Malo - Disko
Titre : Diskø
Série : Qaanaaq Adriensen – Livre 2
Auteur : Mo Malo
Éditeur : La Martinière
Parution : 2019
Origine : France
416 pages

De quoi ça cause ?

Désormais chef de la police à Nuuk, Qaanaaq Adriensen gère, avec son équipe, un quotidien plutôt tranquille. Jusqu’à ce que le corps d’un homme soit retrouvé emprisonné dans un iceberg.

Rapidement les policiers vont comprendre qu’il ne s’agit pas d’un accident, la victime a été déposée dans une prison de glace taillée sur mesure pour lui assurer une mort lente et douloureuse.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’avais beaucoup aimé Qaanaaq, la première enquête de Qaanaaq Adriensen. Mais aussi parce que Nuuk, sa troisième enquête, doit sortir dans quelques jours.

Ma Chronique

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé la plume de Mo Malo pour un séjour plutôt mouvementé au Groenland en compagnie de Qaanaaq et de son équipe.

D’emblée je m’incline devant le don qu’à l’auteur pour nous plonger en totale immersion aussi bien dans son intrigue qu’au Groenland même. Je ne peux que saluer l’immense travail de documentation auquel il a dû se livrer pour nous restituer un cadre aussi réaliste.

Le décor étant planté avec le tome précédent, Qaanaaq, Mo Malo va droit au but et démarre son intrigue sur les chapeaux de roues avec une scène de crime particulièrement glaçante (OK, j’avoue, c’était facile sur ce coup, mais tellement tentant).

À peine le temps de décortiquer les premiers éléments entourant ce premier meurtre que le tueur refroidit (oui, je sais…) une seconde victime. Sauf que cette fois ladite victime est une proche de Qaanaaq, et plus encore de son assistant, Appu.

De fil en aiguille Qaanaaq va réaliser qu’il semble être la cible indirecte du ou des tueur(s), il devra dès lors non seulement tout mettre en œuvre pour identifier au plus vite le(s) coupable(s) – et donc comprendre leur(s) motivation(s) –, mais aussi protéger ses proches.

Mo Malo prend un malin plaisir à s’acharner sur son héros, le pauvre bougre va en prendre plein la gueule. D’une part l’enquête mettra ses nerfs à rude épreuve, mais elle le confrontera aussi à lui-même, et là encore bien des mauvaises surprises l’attendront au tournant.

Une intrigue menée tambour battant qui ne vous laissera que peu de temps pour souffler, l’auteur ne manquera pas de jouer avec vos nerfs et à pousser parfois l’adrénaline à son plus haut niveau. Addictif ? Vous avez dit addictif ? Oh que oui ! Une fois happé par le bouquin vous aurez bien du mal à le lâcher.

J’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver les personnages déjà croisés dans Qaanaaq, à voir des personnages plus « secondaires » dans le premier roman, se développer et s’affirmer dans le présent roman, et bien entendu aussi à découvrir de nouveaux intervenants (mention spéciale à la légiste, Lotte Brunn). Si je voulais pinailler un brin je pourrai dire que j’aurai aimé retrouver un Appu plus présent, mais force est de reconnaître qu’il a des circonstances atténuantes justifiant son absence.

Avec Qaanaaq, Mo Malo marquait un brillant essai, essai transformé avec le même brio pour ce second opus des enquêtes de Qaanaaq Adriensen.

Franchement je ne regrette pas d’avoir lu ce bouquin si tardivement après sa sortie, il reste tant de questions sans réponses en le refermant, que j’aurai trouvé l’attente intolérable et un tantinet frustrante. Alors que là, je sais d’ores et déjà que dans quelques jours je retrouverai Qaanaaq…

Petit bémol de pure forme, autant la couverture de Qaanaaq était somptueuse, autant celle de Diskø est à chier. Bin alors, l’appareil photo était en panne ? C’est d’autant plus dommage que dans ses remerciements l’auteur nous invite à visiter des sites riches en ressources qui sont un pur régal pour les yeux (sans parler des nombreuses photos qui illustrent sa propre page Facebook).

Pour la petite histoire, depuis la parution de Qaanaaq le mystère autour l’auteur qui se cache derrière le pseudonyme de Mo Malo a été levé. Je ne vous cacherai que j’ai été surpris de découvrir que, sous ce nom de plume aux accents nordiques, se dissimulait Frédéric Mars . Pour être plus juste je devrai dire qu’il s’agit en fait de Frédéric Ploton, Frédéric Mars étant son nom de plume usuel.

Ce qui me fait penser qu’il faudrait que je me trouve un créneau parmi mes futures lectures afin de découvrir son dernier roman, La Lame, publié sous le nom de Fred Mars.

MON VERDICT

 
7 Commentaires

Publié par le 26 mai 2020 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , ,