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[BOUQUINS] Odile Baltar – Arrête Ton Cirque

AU MENU DU JOUR


Titre : Arrête Ton Cirque !
Auteur : Odile Baltar
Éditeur : Fleuve Éditions
Parution : 2021
Origine : France
176 pages

De quoi ça cause ?

Laure est aussi égocentrique que son mari, François est tolérant, tellement tolérant qu’il accepte sans broncher les infidélités de son épouse.

Un matin, François annonce à Laure que Pascal, son amant, s’est suicidé. Une nouvelle qui va ébranler Laure au-delà de ce qu’elle soupçonnait.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’est la couv’ qui, la première, a titillé ma curiosité. Notamment cette mention de prix San Antonio. Vu l’amour de Frédéric Dard pour les mots, ça ne pouvait qu’être de bon augure.

La quatrième de couverture a fini de me convaincre.

Ma Chronique

Odile Baltar est la première lauréate du prix San Antonio, un prix créé par les éditions Fleuve qui récompense un polar inédit de 300 000 signes maximum qui se distingue par la qualité de la langue. La plus grande récompense pour l’auteur(e) étant une diffusion de son texte par l’éditeur.

Le jury ne s’est pas trompé en récompensant Odile Baltar, dès les premières lignes on est sous le charme de son écriture et de sa verve ; c’est que du bonheur de lire une telle prose.

J’avais terminé le vin. J’étais presque joyeuse. Mon amant s’était tranché la gorge et j’étais une salope : on n’allait pas en faire un fromage. Je ne lui avais jamais rien promis, à François ! Le vin me rendait hargneuse, je détestais les suicidés. C’étaient eux, les égocentriques, pas moi.

Il faut dire aussi que sa narratrice (Laure) est une femme à la personnalité très affirmée. Égoïste, égocentrique, égotique, un tantinet déjantée et très infidèle…  Pas franchement l’épouse modèle, et pourtant son mari l’aime à la folie et lui pardonne tous ses écarts.

Pour faire simple on va dire que Laure a une façon très personnelle d’aborder la vie et que les pensées défilent à un rythme débridé dans sa caboche. C’est donc d’une façon toute aussi personnelle qu’elle va faire le deuil de son amant… et se retrouver dans des situations où même elle risque d’être dépassée par les événements.

Le ton est aussi décalé que son héroïne, les mots sont parfois crus mais jamais vulgaires, c’est délicieusement amoral avec une pointe de noir. On se laisse volontiers embarquer par le périple rocambolesque de Laure, on s’en fout si ce n’est pas franchement crédible par moments, l’auteure veut s’amuser et amuser les lecteurs ; et ça fonctionne ! On se vide la tête, les zygomatiques s’affolent. C’est juste jouissif comme lecture.

Je vais volontairement faire l’impasse sur les personnages et les divers éléments de l’intrigue ; je dirai simplement que Odile Baltar nous offre un subtil cocktail de vaudeville / feel-good / noir.

Compte tenu de l’épaisseur du bouquin (moins de 200 pages) et de la qualité de l’écriture, le bouquin s’avale quasiment d’une traite. Cerise sur le gâteau, l’intrigue s’offre même le luxe de surprendre le lecteur avec une ultime révélation.

Pour l’anecdote le manuscrit a concouru pour le prix San Antonio sous le titre Ego-trip-bad-side-fucking-life-for-nothing-bla-bla-bla et était signé Nane. Vingt titres étaient en lice, trois ont été retenus en phase finale. Vous connaissez la suite…

On ne sait pas grand-chose d’Odile Baltar, sinon qu’il s’agit d’un nom de plume, qu’elle est Belge et ne compte pas sortir de l’ombre pour le moment. J’espère sincèrement qu’elle poursuivra l’expérience littéraire, une plume pareille a sûrement encore beaucoup d’histoires à nous raconter.

MON VERDICT

 
3 Commentaires

Publié par le 20 août 2021 dans Bouquins

 

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