RSS

Archives de Tag: Premier roman

[BOUQUINS] Morgan of Glencoe – Si Loin Du Soleil

M. of Glencoe - Si loin du soleilC’est Elen Brig Koridwen qui m’a incité à lire ce roman écrit et auto-édité par un(e) de ses protégé(e)s sous le pseudonyme de Morgan of Glencoe. Premier opus d’une série intitulée La Dernière Geste, Si Loin Du Soleil est un roman qui mêle adroitement les genres.
Le monde moderne est dirigé d’une main de fer par une Triade composée du Royaume de France, l’Empire du Japon et le Sultanat Ottoman. Quand Yuri découvre que son père, ambassadeur du Japon en France, veut faire d’elle la promise du Dauphin ; elle décide de fuir cet avenir tout tracé qui ne lui correspond pas et trouve refuge auprès des Gens des Egouts, une communauté de parias où cohabitent, sur le même pied d’égalité, tous ses membres…
Difficile de proposer un pitch succinct de ce roman tant il est riche, et se densifie encore et encore au fil des chapitres (sans jamais embrouiller le lecteur). On serait de prime abord tenté de le classer comme une uchronie, l’intrigue se déroule dans notre monde mais avec une Histoire bien différente (voire même à la limite de la dystopie tant ce nouveau monde est pourri). Mais voilà dès les premières pages on croise des fées, bientôt rejointes par d’autres créatures magiques… Fantasy ? Fantastique ? Un roman susceptible de rentrer dans bien des tiroirs mais n’obéissant à aucun univers prédéfini.
Chaque composante de la Triade adopte un régime de type monarchie absolue, les nobles ont tous les droits, les classes inférieures celui de se taire et de travailler. Quant aux créatures magiques elles sont purement et simplement considérées comme des abominations, la pire de toute étant incontestablement la fée (voilà qui devrait plaire à Stelphique).
Mais même au sein de la noblesse tout le monde ne naît pas sur le même pied d’égalité, ainsi les femmes se doivent d’être soumises, d’abord au père, puis au mari. Nombre d’activité leur sont ainsi interdites.
C’est cet aspect des choses que l’on découvre via le personnage de Yuri, fille d’ambassadeur, intelligente mais l’esprit encombré des multiples mensonges et autres contre-vérités que lui ont inculqué son éducation. A ce titre plus d’une fois vous aurez envie de la prendre et de lui éclater la tronche à coup de parpaing tellement elle se montrera hautaine (rassurez-vous ça ne durera qu’un temps).
Heureusement face à cette noblesse autoritaire et hautaine et toute leur clique de serviles serviteurs en tout genre, il y a ceux qui n’obéissent pas au système. La première rencontre de Yuri avec ces esprits libres se fera à bord de l’Orient Express, lors du voyage qui la conduira à Paris ; le Rail est en effet une société totalement indépendante de la Triade, et son personnel (Les Fourmis) n’obéissent qu’à leur capitaine. Et il s’avérera très vite que la capitaine de la rame n°5 n’est pas du genre à se laisser emmerder.
Mais le top du top reste les Gens de l’Egout, la communauté qui prendra Yuri sous sa protection après sa fuite. Elle découvrira alors que les humains et les créatures magiques peuvent cohabiter en parfaite harmonie. Et ce n’est que le début de ses surprises et désillusions, elle aura heureusement le réflexe de se débarrasser de ses préjugés même si ça ne fera pas en un claquement de doigts (à sa décharge elle énormément de trucs à découvrir en un temps réduit). L’auteur nous délivre ainsi une ode à la tolérance, au respect et à l’égalité, sans mièvrerie et sans pragmatisme, c’est juste parfaitement intégré à son intrigue.
Au fil des chapitres on croisera de nombreux personnages hauts en couleurs et tous plus attachants les uns que les autres. A commencer bien entendu par Bran, une Selkie (la pire espèce de fées d’après les enseignements du Yuri) qui s’est portée volontaire pour être son guide, entre l’humaine et la fée se nouera une improbable mais solide relation d’amitié. Mais il y a aussi Pyro, un jeune Feu Follet débordant d’énergie et vouant une admiration sans faille à Bran. Sir Edward Longway, le fondateur de la communauté, et bien d’autres que je vous laisse découvrir…
Bref l’auteur déploie une imagination incroyable pour nous plonger en immersion au sein de son univers, et ça fonctionne à merveille, j’ai tout de suite accroché, pour ne plus lâcher le bouquin avant de le refermer (520 pages lues en deux jours… et encore parce qu’il fallait bosser, sinon je me le serai fait en lecture continue). Il faut dire aussi que Morgan of Glencoe ne nous laisse pas vraiment le temps de souffler, nous imposant un rythme survitaminé (surtout dans les derniers chapitres).
Une intrigue totalement maîtrisée, des personnages mitonnés aux petits oignons, une écriture d’une grande fluidité. Ce premier opus est une totale réussite, j’ai hâte de découvrir la suite (tome annoncé pour le printemps 2017).
Un coup de coeur amplement mérité pour un roman qui tient toutes ses promesses et va même au-delà. Merci à Elen pour cette suggestion plus qu’appréciée, et merci à Morgan pour ce moment d’évasion haut de gamme.

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

Publicités
 
8 Commentaires

Publié par le 23 novembre 2016 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , , , ,

[BOUQUINS] Brian Panowich – Bull Mountain

B. Panowich - Bull MountainUne lecture qui m’a été chaudement recommandé et, au vu des critiques lues sur le net, le bouquin semble s’annoncer comme un incontournable de l’année 2016. Place donc à ma chronique de Bull Mountain, un premier roman signé Brian Panowich.
Depuis toujours Bull Mountain est le territoire du clan Burroughs, de là partent toutes sortes de trafics (armes, alcool, drogue…) sous la direction de Halford Burroughs. Clayton Burroughs, son frère cadet, a réussi à s’extirper de cette spirale infernale, il est même devenu shérif du comté et tente, avec les moyens du bord et sans mettre la région à feu et à sang, d’endiguer le flot de merde qui s’écoule de Bull Mountain. Mais cet équilibre précaire risque d’être mis à mal par l’arrivée de l’agent fédéral Simon Holly, bien décidé à nettoyer Bull Mountain, quel qu’en soit le prix à payer…
Ai-je bien fait de bouleverser mon planning de lecture pour privilégier ce bouquin ? Incontestablement la réponse est OUI. Mais comme ça fait un peu court comme réponse je vais maintenant argumenter.
Comme souvent avec les éditions Actes Sud, la couv’ est sobre mais efficace. Et oui, même quand on lit en numérique on reste sensible aux couvertures, ça reste le premier contact que l’on a avec le livre. Certes elle ne jouera pas un rôle décisif dans le choix final mais une couverture bien fichue peut m’amener à m’intéresser à un bouquin qui aurait pu me laisser indifférent en d’autres circonstances.
Direction le sud des Etats-Unis, plus précisément la Géorgie, pour un thriller 100% redneck mais aussi et surtout 100% noir. Une histoire de famille plus proche de Caïn et Abel que de Arnold et Willy, chez les Burroughs l’Histoire s’écrit dans la violence, en lettres de sang. Une histoire de famille qui commence en 1949 par un meurtre brutal et s’achève en 2015 dans un bain de sang.
Une histoire qui repose sur trois personnages principaux. Clayton, le cadet du clan Burroughs, devenu shérif pour échapper à Bull Mountain. Halford, son aîné, maître auto-proclamé de Bull Mountain (même si personne ne lui conteste ce titre). Simon Holly, un fédéral qui semble avoir un compte personnel à régler avec le clan Burroughs.
Il faudra aussi compter avec les Burroughs du passé. Cooper, le grand-père, et Gareth, le père qui étendront l’activité de Bull Mountain à la drogue (cannabis puis méth) et aux armes lourdes (finies les pétoires de grand p’pa, place aux fusils d’assaut).
Mais les personnages secondaires ne sont pas pour autant laissés en plan. Qu’il s’agisse de Kate, l’épouse de Clayton, ou d’Angel, une prostituée prise au piège d’une spirale infernale ; les personnages féminins ne sont pas de faibles femmes sans défense, loin s’en faut. Sans oublier Wilcombe qui règne sur la trafic d’armes lourdes en Floride avec son associé Bracken.
Une intrigue qui vous prend aux tripes dès les premières pages et ne vous lâche plus jusqu’au clap de fin. Une intrigue noire à souhait, violente et sanglante, mais il serait réducteur de n’en retenir que ces aspects, le scénario est en béton armé et au milieu des ténèbres subsiste une lueur d’espoir… faible mais elle a le mérite d’exister.
Un premier roman parfaitement maîtrisé, mais j’avoue que j’ai trouvé le pied de nez final un peu (beaucoup) tiré par les cheveux. Du coup il passe à un cheveu du coup de coeur, ce qui ne m’empêchera pas de me ruer sur les prochains romans de Brian Panowich.

MON VERDICT
jd4dCoup de poing

 
2 Commentaires

Publié par le 3 août 2016 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , , , ,

[BOUQUINS] Martin Rouz – Qu’Importe La Hauteur Du Saut…

M. Rouz - Qu'importe la hauteur du saut...Au menu du jour un titre auto-édité, lu et chroniqué à la demande de son auteur. De fait avant de commencer je tiens à remercier Martin Rouz pour la confiance qu’il a placé en moi en me confiant son bébé, Qu’Importe La Hauteur Du Saut (Pourvu Que Le Parachute S’Ouvre).
Yohann est informaticien au sein d’un grand groupe de BTP, son quotidien se voit bouleversé lorsqu’il croise Christine, l’épouse du PDG, homme d’affaire sans scrupules et proche de l’Elysée. Au même moment, Marion, son ex avec qui il vient de renouer, journaliste de renom, enquête sur une prétendue attaque terroriste contre l’ambassade de France à Tripoli…
Chers concitoyens et concitoyennes, vous le savez peut être déjà mais la France n’est pas le pays des Bisounours. Nos politiciens, de tout bord, ne sont pas d’innocents chérubins bienveillants se souciant avant de protéger l’intérêt des français. Trop souvent le pouvoir politique et le pouvoir économique sont, soit entre les mêmes mains, soit très étroitement liés… Bref, il y a quelque chose de pourri au Royaume de France, je ne vous apprends rien !
Bienvenue dans les coulisses du pouvoir et du CAC40 ! Un monde merveilleux où cohabitent politiciens corrompus et hommes d’affaires véreux. Chantages, magouilles, comptes off-shore, escroqueries, menaces et mensonges sont les outils de travail de ces braves gens. Au pire, quand la vérité menace d’éclater au grand jour, on fait appel à d’ex-barbouzes reconverties dans la sécurité privée histoire de faire le ménage. Si après quelques paires de baffes bien senties l’indésirable ne se décide pas à rentrer dans les rangs alors on lui offre une sortie façon regrettable accident… Et sincères condoléances à la famille !
Meuh non j’déconne, on est en plein délire complotiste… Certes ce roman est une fiction et ne se revendique pas autrement soit dit en passant. Mais si vous pensez réellement que la République a les mains propres alors c’est que vous des peaux de saucisson plein les yeux… ou que vous êtes un incorrigible Bisounours (celui avec les coeurs sur le poitrail).
Pour son premier roman Martin Rouz (voir son site officiel) nous offre une intrigue qui mixe habilement les ingrédients des romans policier, d’espionnage économique (et plus si affinités), de complot politique. Et même un soupçon de romance. Un cocktail explosif qui se lit tout seul, l’auteur ne nous impose pas de gymnastique stylistique afin de pas nuire au rythme de son récit. Les descriptions sont sommaires mais suffisantes pour se mettre dans le bain, la priorité est donnée aux dialogues pour rendre l’ensemble plus « vivant ».
Les personnages de Yohann et Marion sont bien travaillés, des personnalités diamétralement opposées, tout autant que leurs méthodes d’investigations, mais deux individus complémentaires. Les (nombreux) personages secondaires ne sont pas laissés pour compte, tous ont bénéficié d’un traitement similaire visant à leur créer leur propre personnalité.
Même si l’on peut relever çà et là quelques invraisemblances l’intrigue reste fluide, il manque peut être un soupçon de tension nerveuse (à moins que je ne sois blasé par mes habitudes de lecture). Il n’en reste pas moins que l’auteur a réussi son pari, son roman mérite amplement de trouver une place dans les rayonnages de vos libraires.

MON VERDICT
jd3d

Dédicace spéciale Bisounours
binours

 
6 Commentaires

Publié par le 1 mars 2016 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , ,

[BOUQUINS] Shannon Kirk – Méthode 15-33

S. Kirk - Méthode 15-33Il est des bouquins pour lesquels j’ai un coup de foudre immédiat, une envie de les lire qui s’impose comme une évidence. Méthode 15-33 de Shannon Kirk appartient à cette catégorie, à peine le pitch parcouru que je me suis dit : « celui là il est pour moi ». Restait à savoir si la ramage serait à la hauteur du plumage…
Une jeune fille de 17 ans, enceinte de sept mois, est enlevée puis séquestrée par des hommes qui veulent lui prendre son bébé. Les ravisseurs ignorent que leur victime n’a aucunement l’intention de se laisser faire ; elle va traiter son enlèvement comme un problème scientifique et tout mettre en oeuvre pour les sauver, elle et son bébé…
Une énième histoire de kidnapping, c’est du lu et relu me direz vous, même du point de vue de la victime. Et bien non ! Shannon Kirk nous prouve avec brio que l’on peut encore faire du neuf avec du vieux, que les règles du genre peuvent être étirées, triturées et restructurées pour nous offrir une intrigue 100% originale.
Certes l’intrigue est narrée à la première personne, du point de vue de la victime. Sauf que ladite victime n’est pas une gamine terrorisée et soumise, mais une véritable surdouée dotée d’un brillant esprit scientifique et analytique. Et surtout capable de fermer les portes à toutes ses émotions afin de traiter sa situation avec juste ce qu’il faut de détachement pour préparer un plan implacable.
J’ai adoré ce manque total d’empathie du personnage principal ; la froideur de ses analyses et de ses réactions sont un véritable un régal à lire. Je brûlais d’impatience de découvrir le traitement (la fameuse méthode 15-33) qu’elle réservait à ses ravisseurs.
Cerise sur le gâteau, l’auteure nous offre un second axe narratif. Toujours écrit à la première personne mais cette fois à travers le personnage de Roger Liu, un agent du FBI qui enquête sur la disparition d’une adolescente avec sa partenaire, Lola. Un duo d’enquêteurs hors norme qui mérite aussi le détour.
Pour son premier roman, l’auteure propose une intrigue hautement addictive qui ne manquera pas de jouer avec vos nerfs (forcément les choses ne se passeront pas exactement comme prévu… sinon ça ne serait pas marrant). Un récit totalement maîtrisé, de la première à la dernière ligne. Je m’attendais à du lourd, j’ai eu du très lourd. Sans la moindre hésitation je lui attribue un coup de coeur.

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

 
20 Commentaires

Publié par le 29 février 2016 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , , , ,

[BOUQUINS] Annette Wieners – Coeur De Lapin

A. Wieners - Coeur De LapinFermement décidé à ne passer à côté d’aucun titre de la collection La Bête Noire de Robert Laffont, je me suis tout naturellement rué sur ce Coeur De Lapin signé Annette Wieners.
Un matin comme les autres, Gesine réalise qu’elle est en train de préparer les couronnes mortuaires pour les obsèques de Mareike, sa soeur, celle qu’elle considère aujourd’hui encore comme responsable de la mort de son fils, dix ans plus tôt. Ses parents la juge responsable de la mort de Mareike, la police la suspecte ; Gesine va devoir prendre sur elle pour découvrir la vérité sur la mort de sa soeur…
Pour son premier roman l’auteure opte davantage pour le drame psychologique que pour le thriller pur et dur. Le rythme est lent, très lent même, l’intrigue policière sert plus de toile de fond qu’autre chose ; Annette Wieners explore les tréfonds de l’esprit de ses personnages, notamment celui de Gesine.
Gesine est une femme brisée par le décès brutal de son jeune fils dans des circonstances qui n’ont jamais été clairement définies. Etouffée par les secrets de famille, les mensonges et les non dits, elle a radicalement coupé les ponts avec sa vie d’avant. Depuis elle vit repliée sur elle même, elle refuse toute émotion sinon la colère et la rancoeur. Un personnage d’une extrême froideur dont il est difficile de se sentir proche compte tenu de son manque total d’empathie. Il faut attendre les derniers chapitres du roman pour qu’elle fasse preuve d’un semblant d’humanité.
J’avoue quitter ce bouquin avec un sentiment mitigé. D’un côté j’ai vraiment été pris par l’intrigue, pas tant par la résolution de l’enquête en elle même (on devine assez rapidement qui est le coupable) mais sur le pourquoi du comment et ce qu’il s’est passé dix ans plus tôt (l’idée étant surtout de savoir si Gesine est complètement parano ou pas). D’un autre côté j’ai eu du mal à entrer pleinement dans le récit, il a fallu attendre le dernier tiers du roman pour que je sois enfin en immersion.
Avec le recul le ressenti positif l’emporte, j’espère que la suite de la série me confortera et même renforcera ce sentiment. Quoi qu’il en soit je resterai fidèle aux titres de La Bête Noire, j’en ai d’ailleurs un nouveau qui vient de grossir les rangs de mon Stock à Lire Numérique.

MON VERDICT
jd3

 
28 Commentaires

Publié par le 15 février 2016 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , , , ,

Jérémy Fel – Les Loups A Leur Porte

J. Fel - Les loups à leur porteUn titre découvert un peu au hasard de mes pérégrinations webesques, devant l’enthousiasme des lecteurs (et notamment d’une certaine Belette Cannibale endémique à la Belgique) je me suis donc laissé tenter par Les Loups A Leur Porte de Jérémy Fel.
Difficile, voire impossible de vous proposer un pitch quelconque tant la construction du roman est déconcertante. Rassurez j’ai été déconcerté (et occasionnellement surpris) dans le bon sens du terme, le moins que l’on puisse c’est que pour un premier roman Jérémy Fel n’a pas fait le choix de la simplicité en optant pour ce que j’appellerai un roman de nouvelles.
Roman de nouvelles ? Ca y est il a fumé la moquette le Lord !!! Et bin non, je suis toujours non fumeur, alcoolémie au niveau zéro et à peu près sain d’esprit (faut le dire vite). En lisant les deux premiers chapitres je me dis que j’ai entre les mains un recueil de nouvelles tant il n’y a aucun lien entre les deux récits. Avec le troisième chapitre un semblant de lien (ténu, vachement ténu même) pointe son museau. Au fil des chapitres, du temps (de la fin des années 70 à nos jours) et de l’espace (des Etats-Unis à la France), on découvre des personnages, des liens et tout se met progressivement en place. Chapeau bas Monsieur Fel, vous avez réussi un coup de maître !
Etrange que les éditions Rivages ait inscrit ce titre dans leur collection littérature générale, il a en effet tous les atouts pour figurer chez Rivages Noir. Peut être une option marketing visant à séduire un public plus large. Globalement l’intrigue distille un sentiment de malaise, certains chapitres sont d’une dureté et d’une noirceur incontestable. Âmes sensibles s’abstenir mais vous passeriez alors à côté d’une perle rare.
Une fois que l’esprit s’est adapté à ce choix narratif hors norme, l’intrigue prend une tout autre dimension, on essaye (vainement) de trouver les liens avant que l’auteur ne nous les dévoile. Un bouquin qui de déconcertant devient rapidement hautement addictif. Cerise sur le gâteau, l’auteur adopte un style qui tend à fluidifier la lecture.
Je peux aisément concevoir que la sauce ne prenne pas auprès de certains lecteurs ; pour ma part je me suis lancé sans réelle conviction et j’en ressors aux anges. C’est une lecture qui exige un réel investissement personnel, aussi bien en terme de temps (laissez le bouquin 3 mois sur la table de chevet avant de le reprendre et vous serez largué) que de réflexion. Pour un premier roman Jérémy Fel place la barre haute, très haute…

MON VERDICT
jd4Coup de poing

 
6 Commentaires

Publié par le 9 février 2016 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , , ,

[BOUQUINS] Sophie Hénaff – Poulets Grillés

S. Hénaff - Poulets GrillésAu menu du jour une chronique coup de foudre (ce qui n’implique pas obligatoirement un coup de coeur), la couv’ du bouquin m’a de suite tapé dans l’oeil, le titre m’a fait sourire et le pitch a achevé le travail. Il est temps pour moi de vous livrer mes impressions sur Poulets Grillés, premier roman de Sophie Hénaff.
Six mois après sa mise à pied, la commissaire Anne Capestan est réintégrée au 36, mieux on lui confie une brigade à gérer. Forcément ça sent le coup foireux, en effet ladite brigade est composée de tous les « rebuts » de la Crim’, des indésirables que l’on veut isoler dans un placard. Mais Capestan est bien décidée à relever le défi et à prouver à sa hiérarchie que sa brigade ne va pas se la couler douce. Reste à motiver ses troupes…
L’auteure nous offre un polar plein de bonne humeur servi par une écriture fraîche et pétillante, un style auquel j’ai tout de suite adhéré. Si Sophie Hénaff mise beaucoup sur l’humour et ses personnages elle n’en néglige pas pour autant l’aspect polar ; son intrigue tient parfaitement la route et ne manque pas de surprises. Sans révolutionner le roman policier, l’auteure fait preuve d’une belle maîtrise des règles du genre.
Comme je l’ai dit plus haut le bouquin repose aussi et surtout sur sa galerie de flics atypiques à commencer par Anne Capestan, flic efficace un tantinet sanguine et retorse à toute forme d’autorité. C’est d’ailleurs son tempérament impulsif qui lui a valu une mise à pied et sa promotion/placard.
Quant au reste de l’équipe je vous laisse le plaisir de la découvrir par vous même, en guise de mise en bouche voilà comment Buron, le divisionnaire, la présente à Capestan :
« — Très bien, Capestan, je vous résume la chose : on nettoie la police pour faire briller les statistiques. Les alcoolos, les brutes, les dépressifs, les flemmards et j’en passe, tout ce qui encombre nos services mais qu’on ne peut pas virer, on le rassemble dans une brigade et on l’oublie dans un coin. Sous votre commandement. En septembre. »
Et plus loin, toujours lors de l’échange entre Buron et Capestan :
« — Agent Santi, en congé maladie depuis quatre ans, capitaine Merlot, alcoolique…
— Alcoolique ? Il va y avoir du monde dans cette brigade…
Buron referma le dossier et le lui tendit.
— Je vous le laisse, vous l’étudierez tranquillement.
Elle le soupesa, il valait bien son Bottin de Paris.
— On est combien ? C’est la moitié de la police, votre « nettoyage » ? »
Les missions de la brigade : enquêter sur les affaires non résolues qui polluent les statistiques des autres brigades. Sauf que non seulement Capestan va devoir faire avec les présumés « tocards » de la Crim’ mais en plus il faudra composer avec un manque totale de moyens et de pouvoirs… On est bien loin de Cold Case ou du Département V :
« Ça, on est moins dans Cold Case que dans Case Cons, renchérit Merlot. »
Bref au final le coup de foudre s’est bien transformé en coup de coeur, coup de coeur accordé avec l’indulgence due à un premier roman. J’espère vivement que nous retrouverons Capestan et sa brigade pour de nouvelles aventures.

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

 
21 Commentaires

Publié par le 15 juillet 2015 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , , ,