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Archives de Tag: Policier

[BOUQUINS] Katerina Autet – La Chute De La Maison Whyte

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K. Autet - La Chute de la Maison Whyte
Titre : La Chute De La Maison Whyte
Auteur : Katerina Autet
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2020
Origine : France
312 pages

De quoi ça cause ?

Rien ne va plus pour la prestigieuse et respectée famille Whyte. Le patriarche est assassiné selon une macabre mise en scène et c’est son propre fils, Skip que la police soupçonne. Pour assurer sa défense, Skip Whyte fait appel à son ami d’enfance, Zach Damon, avocat à New York spécialisé dans l’art.

Dans le même temps, Edith, l’aînée des enfants Whyte, publie un livre dans lequel elle révèle d’encombrants secrets de famille.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est un titre appartenant à la collection la Bête Noire, une raison qui se suffirait à elle seule pour me donner envie de découvrir ce roman. Cerise sur le gâteau, le roman de Katerina Autet a remporté l’édition 2020 du Grand Prix des Enquêteurs.

Chronique

Je remercie les éditions Robert Laffont et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Pour son premier roman Katerina Autet, auteure d’origine russe, mais française d’adoption, opte pour une approche plutôt classique façon whodunit avec un meurtre, un suspect tout désigné et un vrai coupable à identifier. Mais classique ne rime pas pour autant avec banal ou sans intérêt, loin s’en faut !

C’est aux États-Unis que l’auteure décide de situer son intrigue. Si le meurtre de William Whyte a eu lieu dans son cottage de Cape Cod (région très prisée par la richissime élite de Boston et New York dont les résidences rivalisent de faste), c’est surtout à Boston et ses environs que Zach sera amené à rencontrer et interroger ses interlocuteurs. Une région que l’auteure connait bien pour y avoir vécu plusieurs années.

La narration donne la parole au héros du roman, Zach Damon, un jeune avocat de New York spécialisé dans l’art, que son ami d’enfance, Skip Whyte, va contacter afin qu’il assure sa défense face à une accusation de meurtre. Bien que n’ayant aucune expérience de pénaliste, il va accepter cette délicate mission.

Mission qui le poussera à fouiner dans le passé de la famille Whyte, famille qu’il considère un peu comme la sienne malgré leurs nombreuses différences. Et plus son enquête va progresser, plus les sombres secrets du patriarche vont refaire surface.

Un héros au demeurant fort sympathique, des secrets de familles qui viennent éclabousser la respectabilité apparente de ladite famille et une fratrie (Edith, Caroline et Skip) malgré tout attachante ; le cadre est alléchant et sera à la hauteur de nos attentes.

Bien entendu pour que la mélodie se déroule sans fausse note, il faut que l’auteure alimente son intrigue de nombreux rebondissements, et surtout qu’ils soient crédibles. Katerina Autet nous offre un véritable festival de surprises et revirements de situation, jusqu’au bout elle entretiendra le mystère et nous fera douter de tout et de tous.

Si les personnages principaux (Zach et les 3 enfants Whyte) sont traités avec beaucoup de soins par l’auteure, elle ne laisse pas pour autant en plan ses personnages secondaires. Mention spéciale au capitaine Stone Dennis, le flic chargé de l’enquête, bourru à souhait tendance soupe au lait, mais très professionnel.

Les chapitres consacrés à l’enquête de Zach sont courts histoire d’aller à l’essentiel et de maintenir le rythme. Çà et là quelques extraits du livre d’Edith Whyte viennent ternir un peu plus l’image de William Whyte ; l’image d’Épinal du vénérable patriarche qui veille sur sa tribu prend méchamment du plomb dans l’aile.

Si le roman ne révolutionne clairement pas le genre, il s’en sort honorablement en proposant un mix agréable de tous les ingrédients qui font un bon roman policier. Le contrat est rempli, le lecteur est satisfait même s’il sait que dans quelques semaines il aura tout oublié des frasques de la famille Whyte.

MON VERDICT

 
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Publié par le 4 novembre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Joël Dicker – L’Énigme De La Chambre 622

AU MENU DU JOUR

J. Dicker - L'énigme de la chambre 622

Titre : L’Énigme De La Chambre 622
Auteur : Joël Dicker
Éditeur : De Fallois
Parution : 2020
Origine : France
576 pages

De quoi ça cause ?

Alors qu’il profite de quelques jours de repos dans un palace du Verbier (Suisse), le narrateur/auteur, poussé par une voisine de chambrée dynamique et curieuse, va chercher à comprendre pourquoi il n’y a pas de chambre 622 dans leur hôtel.

Il ne faudra pas longtemps au pétillant duo pour découvrir qu’un meurtre a été commis dans cette fameuse chambre 622 trois ans plus tôt. Mais aussi et surtout que ce crime n’a jamais été élucidé…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Joël Dicker et que j’avais beaucoup aimé La Vérité Sur L’Affaire Harry Québert. Je n’ai pas encore eu l’occasion de lire ses deux romans suivants, plutôt que de les sortir des profondeurs de mon Stock à Lire Numérique, j’ai décidé de passer directement à son dernier titre.

Ma Chronique

Le temps d’un roman, Joël Dicker se met en scène – endossant le costume de narrateur / auteur – afin de résoudre la fameuse énigme de la chambre 622 ; à savoir un meurtre dont l’auteur n’a jamais été identifié.

Le roman s’articule autour de trois axes temporels, le présent qui nous fait vivre l’enquête du narrateur et de Scarlett (sa voisine de chambrée), un premier saut dans le passé de trois années afin de découvrir le déroulé des événements autour du meurtre et enfin un second saut en arrière de quinze années qui correspond à la période où tout a commencé et qui pose (plus ou moins) les jalons de l’intrigue à venir.

Si le bouquin n’est pas parfait, force est de reconnaître que l’auteur sait y faire pour entretenir le mystère autour de l’identité de la victime de la chambre 622. Au fil des chapitres le lecteur va sans doute se laisser aller à diverses hypothèses, et je reconnais bien volontiers avoir été pris de court en découvrant de qui il s’agissait.

Un début plutôt prometteur qui sera malheureusement sabordé par une suite un peu trop hasardeuse. Joël Dicker aurait sans doute dû méditer davantage sur la sentence de Montesquieu qui affirme que « le mieux est le mortel ennemi du bien ». À multiplier les revirements de situation et les rebondissements son intrigue perd toute crédibilité et vire même parfois à la farce burlesque.

Tout n’est pas non plus foireux dans l’aspect policier du roman, je pense notamment à l’identité du meurtrier qui devrait en surprendre plus d’un, même parmi les lecteurs les plus aguerris.

De quoi décevoir les amateurs de polars (dont je suis) mais je ne peux toutefois pas descendre en flèche le présent roman. Hormis le côté parfois grand guignolesque de l’énigme policière, j’ai pris beaucoup de plaisir à le lire. J’ai trouvé l’écriture de Joël Dicker entraînante car non surjouée (contrairement à son intrigue), pas d’abus d’effets stylistiques qui viennent alourdir inutilement le phrasé ; la lecture est fluide, les pages et les chapitres s’enchaînent sans que l’on voie le temps passer.

Au niveau des personnages le narrateur / auteur ne fait ni dans le narcissisme, ni dans l’auto-psychanalyse, il est pleinement acteur de l’intrigue et c’est déjà pas si mal. En revanche, j’ai beaucoup aimé la touche de dynamisme et de bonne humeur apportée par Scarlett.

Par contre, j’ai eu beaucoup plus de mal à éprouver une quelconque empathie pour les personnages de Macaire Ebezner et Lev Levonovitch ; pas simple de se faire une idée précise de leur personnalité vu qu’ils seront amenés, au fil des événements, à naviguer entre gris clair et gris foncé.

Pour Joël Dicker ce roman est surtout l’occasion de rendre un vibrant hommage à Bernard de Fallois, qui fut son éditeur, mentor et ami dès le début de sa carrière littéraire. Une amitié et une complicité jamais démentie jusqu’au décès de M. de Fallois survenu début 2018. Le roman est parsemé d’anecdotes illustrant leur relation.

Elle déposa un baiser sur ma joue. Puis elle ajouta :
— Grâce à vous, j’ai l’impression d’avoir un peu connu Bernard.
— Si c’est ce même sentiment qu’éprouveront les lecteurs de ce roman, alors ce livre valait la peine d’être écrit.

Soyez assuré Monsieur Dicker que vous remportez la mise haut la main, de fait vous pouvez considérer que ce livre valait en effet la peine d’être écrit.

MON VERDICT

 
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Publié par le 21 juillet 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUIN] Samuel Sutra – Un Truand Peut En Cacher Un Autre

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S. Sutra - Un truand peut en cacher un autre

Titre : Un Truand Peut En Cacher Un Autre
Auteur : Samuel Sutra
Éditeur : Flamant Noir
Parution : 2020
Origine : France
240 pages

De quoi ça cause ?

Chez les Duçon on est truands de père en fils et on ne plaisante pas avec la truande, il faut voir les choses en grand et les faire sans commettre d’impairs.

Cette fois Aimé, le fiston, surnommé Tonton, est sûr de son fait, il tient le gros coup et son plan est infaillible… ne lui reste qu’à trouver des complices sûrs pour arriver à ses fins.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Fidèle de la première heure aux éditions Flamant Noir, il est pourtant une série de romans que je n’avais pas encore pris le temps de découvrir : les fameux Tonton de Samuel Sutra.

Et pourtant ça fait un moment qu’ils me tentent ! Comme à l’occasion de son dernier opus, l’auteur nous invite à découvrir la première grosse combine montée par Tonton et ses sbires, je me suis dit que je ne pouvais pas passer à côté de l’occasion d’assouvir enfin ma curiosité.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Flamant Noir – et tout particulièrement Nathalie – ainsi que Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Incontestablement la plus grande force de ce roman réside dans son ton, un cocktail aussi subtil qu’agréable entre Frédéric Dard et Michel Audiard ; le genre de mélodie qui ne peut qu’enchanter les oreilles des amoureux de la langue française. et plus encore quand ceux-ci ne sont pas insensibles à la gouaille et au charme de l’argot parisien.

Mais Samuel Sutra ne se contente pas de jouer avec les mots (même s’il le fait admirablement), il joue aussi avec ses personnages, les confrontant à des situations qui flirtent souvent avec le burlesque et ponctuant leurs échanges de dialogues truculents. C’est que du bonheur pour le lecteur qui se laisse entraîner sans vraiment se poser de questions !

Il faut dire qu’au niveau de ses personnages l’auteur n’y va pas de main morte pour nous offrir une sympathique galerie de portraits que l’on n’est pas près d’oublier. À commencer bien entendu par notre fameux Tonton, qui, selon les exigences du contexte, saura si montrer aussi habile à manier les bons mots que de jouer des poings.

À ce titre sa visite chez Maxim’s (et surtout sa sortie) a été purement et simplement jubilatoire ; à éviter en public si vous ne voulez pas que les autres vous regardent bizarrement… sans parler du petit désagrément que représente le risque de se pisser dessus à force de se marrer.

Je ne vous parlerai pas de la fine équipe qui aidera (même si parfois ça reste à prouver) Tonton à monter son coup. Il faut le lire pour le croire !

N’allez pas croire que l’intrigue à proprement parler est surtout prétexte pour Samuel Sutra à s’amuser et à nous amuser, tout en restant plutôt légère elle est toutefois bien construite et menée d’une main de maître.

Concernant le choix du titre, force est de reconnaître qu’il est parfaitement adapté à la situation du présent roman. Plus d’une fois je me demandé qui pouvait bien être cet « autre » et pourquoi il voulait tant chier dans les bottes de Tonton.

S’agissant de ma première incursion dans l’univers de Tonton, je n’ai pas d’éléments de comparaison, mais ce bouquin m’a clairement donné envie de poursuivre mon exploration. J’irai même plus loin en affirmant qu’il me ferait presque regretter de ne pas m’être laissé tenter plus tôt.

Et parce qu’il le vaut bien j’inaugure même un tag « banana » que je décernerai désormais aux bouquins qui donnent la banane !

MON VERDICT

 

 
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Publié par le 7 juillet 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Hervé Commère – Regarde

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H. Commère - Regarde
Titre : Regarde
Auteur : Hervé Commère
Éditeur : Fleuve
Parution : 2020
Origine : France
320 pages

De quoi ça cause ?

Jadis, Mylène a aimé un homme. Ensemble, ils ont fait les 400 coups. Jusqu’au braquage raté d’une bijouterie en Espagne, au cours duquel les deux amoureux se sont fait prendre. Mylène n’a jamais revu Pascal : il a été poignardé dans sa cellule un soir.

Aujourd’hui, Mylène est libre. Elle travaille dans un dépôt-vente en banlieue parisienne, et vit dans une chambre de bonne. Parfois, le temps d’un week-end, elle loue un appartement quelque part, et s’invente une autre vie.

Ce week-end pourtant, Mylène ne rêve pas : dans la roulotte qu’elle a louée, tout la ramène à Pascal. Les meubles, les objets, il y a même une photo de lui au mur. Cela semble inconcevable, mais on dirait qu’elle est chez lui.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Hervé Commère, j’ai lu ses trois précédents romans et chaque fois j’ai été totalement embarqué par son talent narratif et bluffé par la qualité de ses intrigues.

Ma Chronique

Une fois n’est pas coutume, le dernier roman d’Hervé Commère met en scène des personnages déjà croisés dans son précédent opus, Sauf ; c’est avec plaisir que j’ai retrouvé la fine équipe du dépôt-vente de Montreuil, Mat, Anna, Gary et Mylène. Cette fois c’est le personnage de Mylène qui est au centre de l’intrigue, mais elle pourra compter sur l’aide de ses amis pour démêler l’écheveau  dans lequel elle est empêtrée, surtout sur celle de Gary.

Pour ceux et celles n’ayant pas lu Sauf, le présent roman peut se lire indépendamment du précédent sans que cela pose le moindre problème. Vous pourrez même lire Sauf par la suite avec un plaisir intact, aucune phase déterminante de son intrigue n’étant révélée ici.

Comme d’hab Hervé Commère plonge ses lecteurs au cœur de l’intrigue dès les premières pages du roman, alternant entre le présent et les souvenirs de Mylène. Souvenirs qui tournent essentiellement autour d’une histoire d’amour aussi improbable que passionnelle.

J’avoue que même si au départ j’ai été un peu déconcerté par la tournure qu’a prise l’intrigue (avec le retour impossible de Pascal), je suis resté confiant de bout en bout. Je me doutais bien que Hervé Commère ne nous sortirait pas de sa manche une histoire abracadabrante, mais saurait nous bluffer (et accessoirement nous piéger).

Et je ne peux que confirmer qu’une fois de plus la mécanique mise en place par l’auteur est implacable, le piège se referme très vite sur le lecteur qui, au fil des chapitres, n’en finira pas d’échafauder des hypothèses plus ou moins rationnelles… sans jamais (pour ma part en tout cas) approcher de la vérité.

Si le déroulé de l’intrigue vous réservera bien des surprises, c’est avant tout l’humain qui est mis en avant dans Regarde, l’humain dans ce qu’il peut avoir de meilleur, mais aussi dans ce qu’il peut avoir de pire qui sommeille en lui. À ce titre on ne peut que s’incliner devant le soin que l’auteur apporte à ses personnages.

Hervé Commère mène sa barque entre passé et présent, mais aussi entre émotions et action, avec un brio remarquable. Une fois de plus il adapte sa narration à son intrigue, une fois de plus il nous propose un roman qui ne ressemble à aucun de ses précédents opus et une fois de plus je ne peux que saluer le talent de cet auteur.

J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir le passé de Mylène, et tout autant à suivre sa quête de la vérité ; je suis certain que l’histoire de Gary pourrait faire, à son tour, l’objet d’un futur roman, histoire de boucler la boucle…

MON VERDICT

 
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Publié par le 21 avril 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Fromental & Berthet – De L’Autre Côté De La Frontière

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Fromental/Berthet - De L'autre côté de la frontière
Titre : De L’Autre Côté De La Frontière
Scénario : Jean-Luc Fromental
Dessin : Philippe Berthet
Éditeur : Dargaud
Parution : 2020
Origine : France
72 pages

De quoi ça cause ?

François Combes, un auteur français de romans policiers, va se retrouver bien malgré impliqué dans une affaire de meurtre d’une prostituée de Nogales, ville frontière entre les USA et le Mexique. Son ami, Jed Peterson, fait en effet figure de principal suspect pour la police.

Quand un second corps est découvert, l’étau se resserre encore davantage autour de Peterson. Combes va se faire aider par Estrellita, une jeune domestique qui travaille pour lui, afin d’avoir des infos sur ce qui se trame de l’autre côté de la frontière.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Dargaud et Net Galley pour leur confiance, l’occasion pour moi de découvrir cette bande dessinée en avant-première (parution le 6 mars).

J’avoue humblement que je ne connaissais aucun des auteurs, c’est la curiosité qui ‘a poussé à solliciter ce titre proposé parmi quelques autres BD. Simplement parce qu’il m’a paru être le plus « adulte » du lot. Une façon aussi de souhaiter la bienvenue aux éditions Dargaud sur la plateforme Net Galley.

Si en matière de romans je fais une allergie chronique au format PDF, je reconnais que pour les BD et romans graphiques ça passe plutôt bien même si le format n’est pas optimum (si j’avais le choix, je privilégierais un format CBR ou CBZ). Il n’en reste pas moins que PDF lu avec STDU Viewer constitue une bonne alternative.

Je reconnais volontiers que développer une intrigue policière qui tienne la route sur une soixantaine de planches peut être un exercice délicat. Contrairement au roman qui permet de prendre son temps pour tisser un écheveau plus ou moins complexe autour du cadre et des personnages, dans la BD il faut condenser les infos afin d’aller à l’essentiel.

En cela le duo Fromental / Berthet tire plutôt bien son épingle du jeu. Le déroulé de l’intrigue est plutôt bien pensé et le dénouement devrait surprendre plus d’un apprenti Sherlock (en grande partie pour la raison évoquée précédemment, les indices sont quasiment inexistants). J’avoue que pour ma part j’étais partie vers une autre hypothèse, beaucoup plus (trop ?) classique.

La narration est assurée par Estrellita, une jeune domestique mexicaine qui travaille pour François Combes et que ce dernier mettra à contribution afin de faire progresser ses recherches en vue de prouver l’innocence de son ami.

Le trait est fin et précis même si parfois les personnages m’ont semblé un tantinet inexpressifs par manque de détails dans les visages. Ce petit bémol ne m’a nullement empêché d’apprécier pleinement cette BD.

Après la BD Jean-Luc Fromental nous offre une brève présentation de la ville de Nogales et de son histoire, il y fait notamment état d’un certain Georges Simenon qui s’installera non loin de là entre mai 1948 et juin 1949. Et profitera alors sans modération de tous les plaisirs qu’offre Nogales.

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Fromental/Berthet

 
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Publié par le 13 février 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Didier Fossey – Congés Mortels

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D. Fossey - Congés mortels
Titre : Congés Mortels
Série : Boris Le Guenn – Tome 5
Auteur : Didier Fossey
Éditeur : Flamant Noir
Parution : 2019
Origine : France
296 pages

De quoi ça cause ?

Le fils d’un puissant magnat de la presse et sa fiancée du moment sont retrouvés morts , assassinés et décapités, dans les bois de Corbigny (Nièvre). Le père de la victime fait jouer ses relations afin que la BAC de Paris soit associée à l’enquête en renfort à la gendarmerie locale.

C’est Boris Le Guenn et son groupe qui héritent de l’affaire. Les pistes parisiennes vont rapidement s’avérer sans issues, Boris va devoir se rendre sur place afin de mener ses propres investigations.

À Corbigny il rencontre un vieux paysan, Fernand Larue, qui lui parle de plusieurs crimes commis 70 ans plus tôt par Paul Perrin, dit Le Bredin ; le vieux semble convaincu que le tueur est revenu. Envers et contre tous, Boris va creuser cette piste…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Flamant Noir et qu’ils m’ont accordé un accès privilège sur Net Galley (téléchargement des titres non soumis à accord préalable de l’éditeur).

Parce que c’est Didier Fossey et l’occasion de retrouver, pour la cinquième fois, Boris Le Guenn ; même si chronologiquement parlant il s’agit de sa seconde enquête.

Parce que la mention d’enquête oubliée de Boris Le Guenn ne fait qu’attiser davantage ma curiosité.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Flamant Noir (tout particulièrement Nathalie) et Net Galley pour leur confiance. C’est avec grand plaisir que je découvre en avant-première (parution le 12 novembre) ce roman.

S’il s’agit bel et bien de la cinquième enquête de Boris Le Guenn, chronologiquement parlant c’est la seconde puisqu’elle se déroule en 2006 et vient donc s’insérer entre les romans Tr@que Sur Le Web et Ad Unum. Didier Fossey nous explique brièvement la genèse de cette enquête oubliée en préambule au roman.

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé Boris Le Guenn et son équipe « d’origine » (aujourd’hui il ne reste qu’Antoine, le petit dernier est devenu le senior du groupe). Un plaisir doublé toutefois d’un petit pincement au cœur (tout particulièrement pour Guillaume… nostalgie quand tu nous tiens), même si l’équipe actuelle s’annonce des plus prometteuses (j’espère d’ailleurs bien la retrouver très vite sur le terrain).

L’intrigue s’articule autour de deux arcs narratifs. Le premier concernant l’enquête de juillet 2006 et la cohabitation / coopération pas toujours facile entre gendarmerie et police (il faut bien reconnaître que Boris est un breton pur souche : quand il a une idée en tête il ne l’a pas ailleurs ; impossible de lui faire lâcher le morceau).

Le second démarre en juillet 1936 et s’intéresse au parcours criminel de Paul Perrin, un paysan qui n’a pas peut-être pas la lumière à tous les étages, mais est loin d’être con pour autant. Il est vrai que la chance jouera en sa faveur, alors que la gendarmerie resserre progressivement son étau autour de leur suspect, celui-ci reçoit son ordre de mobilisation en septembre 1939.

Didier Fossey mène son intrigue de main de maître, qu’il s’agisse du parcours de Paul Perrin (qui ne s’achève pas avec son départ à la guerre… loin s’en faut) ou de l’enquête particulièrement retorse de Boris Le Guenn. Dans les deux cas, vous pouvez vous attendre à de sacrées surprises ! Quant au dénouement, j’avoue très humblement n’avoir rien vu venir…

Fidèle à son habitude, l’auteur accorde beaucoup de soins à ses personnages, le côté humain reste un élément prépondérant de ses romans.

Si vous ne connaissez pas encore Boris Le Guenn et que vous souhaitez découvrir cette série, je vous serai tenté de vous suggérer de les lire dans l’ordre chronologique (celui-ci après Tr@que Sur Le Web avant d’enchaîner sur les trois suivants). Si, comme moi, vous êtes déjà un inconditionnel de Boris Le Guenn, ce retour en arrière ne vous empêchera pas d’apprécier pleinement le récit.

J’ai découvert Didier Fossey et Boris Le Guenn avec le roman Burn-Out qui fut un véritable coup de foudre (et une monumentale claque dans la gueule), chacun des tomes lus par la suite a su faire vibrer les bonnes cordes chez moi, le coup de cœur a toujours été au rendez-vous. Et ce n’est pas ce roman, dévoré d’une traite, qui dérogera à la règle.

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Publié par le 7 novembre 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Graeme Macrae Burnet – L’Accident De L’A35

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G. Macrae Burnet - L'Accident de l'A35

Titre : L’Accident De L’A35
Auteur : Graeme Macrae Burnet
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : Ecosse (2017)
336 pages

De quoi ça cause ?

L’inspecteur Gorski est dépêché sur un accident de la route survenu sur l’A35. La victime, Bertrand Barthelme, est un notaire réputé de Saint Louis. Rien ne laisse à penser qu’il puisse s’agir d’autre chose qu’un simple accident. Pourtant quand la veuve (jeune et jolie) demande à Gorski de creuser la question, ce-dernier va accepter.

Que faisait Bertrand Barthelme sur l’A35 alors qu’il était sensé dîner en ville avec ses associés ?

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’avais bien aimé le précédent roman de l’auteur mettant e scène l’inspecteur Gorski, La Disparition D’Adèle Bedeau ; le plus français des écrivains écossais a l’art de nous surprendre avec des polars qui prennent le genre à contre-pied.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Comme pour La Disparition D’Adèle Bedeau, Graeme Macrae Burnet s’amuse à inventer de toutes pièces une genèse factice à son roman. Genèse restant dans la continuité de la précédente avec Raymond Brunet comme auteur et Gaspard-Moreau comme éditeur. Il s’offre même le luxe d’une postface rapprochant l’auteur, Raymond Brunet, du personnage de Raymond Barthelme, le fils de la victime. On finirait presque par y croire !

La pseudo enquête de Gorski est surtout prétexte pour l’auteur de brosser des portraits psychologiques des plus convaincants de ses personnages, et de nous décrire le quotidien d’une petite ville de province où tout le monde, ou presque, se connaît et se « surveille ». À défaut d’une intrigue boostée à l’adrénaline, le récit s’attache à l’humain, chacun ayant ses forces et ses faiblesses.

Au cours de ses investigations Gorski va être amené à côtoyer Lambert, un inspecteur de Strasbourg qui enquête sur le meurtre d’une jeune femme. Le contraste entre les deux personnages est saisissant, d’un côté Gorski tout en réserve et de l’autre Lambert qui serait plutôt tout en exubérance. Les méthodes et la conscience professionnelle aussi séparent nos deux flics.

Mais Gorski n’est pas le seul à mener l’enquête, Raymond Barthelme va lui aussi essayer de percer les secrets de son père. Pas tant pour lui rendre justice que pour échapper à un quotidien qui l’étouffe et donner un peu de piment à sa vie. Au final il perdra surtout le sens des réalités et se comportera souvent comme un sinistre con !

Une fois de plus l’auteur ne nous livre aucun indice permettant de situer son intrigue, on peut toutefois déduire de certains éléments du récit qu’elle pourrait se dérouler dans les années 80. De fait il s’en dégage une ambiance rétro et kitsch fort sympathique.

Même si ‘ai trouvé la fin un peu abrupte je dois reconnaître que je n’avais pas vu venir l’ultime (pour ne pas dire la seule) révélation. Malgré tout l’écriture de Graeme Macrae Burnet et son sens de la mise en scène font de cette lecture un agréable moment ; du coup même en l’absence d’action et de réel suspense on n’est jamais pris de bâillements d’ennui. L’intérêt est ailleurs et l’auteur sait tirer les meilleurs atouts de son jeu.

Un troisième opus devrait venir clore cette trilogie écossaise consacrée à Saint-Louis (Alsace) et à l’inspecteur Gorski. Mais pour l’heure Graeme Macrae Burnet planche sur un autre roman, donc les fans de Gorski vont devoir prendre leur mal en patience…

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Publié par le 4 octobre 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Stuart Turton – Les Sept Morts D’Evelyn Hardcastle

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S. Turton - Les 7 morts d'Evelyn Hardcastle

Titre : Les Sept Morts D’Evelyn Hardcastle
Auteur : Stuart Turton
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : Angleterre (2018)
544 pages

De quoi ça cause ?

Le narrateur reprend conscience au cœur d’une forêt, une femme est poursuivie par un homme, un coup de feu est tiré.

L’homme est plus confus que jamais, d’autant qu’il n’a aucun souvenir, ni de son identité ni de son passé, sinon un prénom qui lui revient en boucle : Anna.

Il ne le sait pas encore, mais il vient de pénétrer dans un cycle infernal sur lequel il n’a aucun contrôle…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine et que la quatrième de couv’ de ce roman a particulièrement titillé ma curiosité.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Vous connaissez sans doute l’adage qui affirme que « la vie est un éternel recommencement« , mais connaissez-vous la citation complète dont il est extrait ? Il semblerait en effet que ce soit l’auteure québécoise Fleurette Levesque qui ait écrit : « La vie étant un éternel recommencement, seule l’acceptation de la défaite signifie la fin de tout. Tant et aussi longtemps que l’on sait recommencer, rien n’est totalement perdu. »

Merci Google, pour cette minute culturelle. J’avoue humblement et sans complexe qu’avant d’écrire cette chronique je n’avais jamais entendu parler de Fleurette Levesque… et que, ici et maintenant, je n’en sais pas davantage sur cette brave dame. Mais rassurez-vous, cela ne m’empêchera pas de dormir !

N’allez pas croire que je digresse à tort et à travers, cette citation illustre parfaitement la situation dans laquelle se retrouve le héros (malgré lui) de ce roman. En effet Aiden Bishop (c’est son nom, même si lui-même ne le découvrira que plus tard) est condamné à revivre la même journée endossant à chaque fois le corps et la personnalité d’un des hôtes du domaine de Blackheath. Pour se libérer de cette malédiction, il dispose de huit jours (et donc huit incarnations) pour résoudre l’énigme entourant la mort d’Evelyn Hardcastle, la fille des maîtres des lieux ; s’il échoue, le cycle repartira à zéro.

Même si les règles du jeu échappent totalement à Aiden Bishop, pas question pour lui de se résigner. Dans un premier temps il sera tenté de vouloir échapper de lui-même à ce funeste sort… avant de comprendre que la fuite est tout bonnement impossible. Par la suite il mettra tout en oeuvre non seulement pour identifier le responsable de la mort d’Evelyn Hardcastle, mais aussi pour la sauver d’une mort qui semble pourtant inéluctable.

A chaque incarnation Aiden Bishop hérite des forces et faiblesses (qu’elles soient physiques ou psychologiques) de son hôte. Chaque fois il se souvient de tout ce qu’il a vécu avec ses hôtes précédents, ce n’est qu’en mettant bout à bout les pièces du puzzle qu’il pourra quitter Blackheath.

Ajoutez à cela un maître du jeu dissimulé sous un costume de médecin de peste, un maléfique valet de pied qui ne reculera devant rien pour faire échouer la mission d’Aiden Bishop, autant de suspects qu’il y a d’invités… et vous aurez un aperçu (de nombreuses autres surprises vous attendent au fil des chapitres) de ce que vous réserve ce roman pareil à nul autre.

Ah oui j’oubliais, même si Stuart Turton ne situe pas précisément son intrigue dans le temps, on devine aisément que nous sommes au cœur de l’Angleterre victorienne. Un détail certes, mais qui ajoute un charme certain à ce bouquin.

On se retrouve projeté dans un huis clos qui pourrait laisser penser à une partie de Cluedo grandeur nature, mais avec des règles du jeu complètement réécrites par un esprit né d’un croisement improbable entre Agatha Christie et H.G. Wells.

C’est volontairement que je ne fais aucun rapprochement avec d’autres œuvres (romans ou films) ayant un thème apparemment semblable ; avec Les Sept Morts D’Evelyn Hardcastle l’auteur nous offre un premier roman particulièrement audacieux qui, au risque de me répéter, impose un cachet unique. Un roman qui joue habilement aussi bien avec les règles des genres (policier et fantastique/science-fiction) qu’avec l’échelle temporelle (je vous laisse découvrir le pourquoi du comment de ce dernier point).

L’intrigue policière est menée de bout en bout de main de maître, il faut dire que l’auteur nous propose une sacrée galerie de personnages peu recommandables, tous plus roublards ou manipulateurs les uns que les autres. Chacun traîne ses casseroles et ses secrets, toujours prompt à trahir les autres pour se protéger. Difficile de savoir avec certitude à qui se fier au sein de ce grand bal des faux-culs.

Bien malin(e), celui ou celle qui saura démêler cet incroyable écheveau afin de découvrir la vérité, faire le tri entre les fausses pistes et les vrais indices, faire tomber le voile des apparences qui recouvre le domaine de Blackheath et ses invités.

De tout ce que j’ai vu le premier jour, qu’est-ce qui était réel ? Quelqu’un était-il vraiment ce qu’il prétendait être ? Je croyais que Daniel et Evelyn étaient amis, et que le médecin de peste était fou, et que j’étais un médecin nommé Sebastian Bell, dont le principal problème était d’avoir perdu la mémoire. Comment aurais-je pu savoir que tout cela n’était que les positions de départ d’une course dont personne ne m’avait dit que je la courais ?

Soyez assuré que jusqu’au bout ce bouquin vous réservera des rebondissements totalement inattendus et des revirements surprenants. Pour ma part j’ai été complètement bluffé du début à la fin, j’ai adoré ce cocktail fort justement dosé entre policier et fantastique. Si je ne devais retenir qu’un mot pour qualifier ce roman, j’opterai sans hésitation pour génial.

MON VERDICT

En aparté

Je me permets, en guise d’aparté, petit clin d’œil à propos des traductions.

Nul n’a jamais vraiment compris pourquoi le roman de Jim Thompson Pop. 1280 en VO s’est retrouvé traduit par 1275 Âmes en VF ; avant que justice ne lui soit rendue avec une nouvelle traduction intégrale sous le titre Pottsville, 1280 Habitants.

Dans le cas présent ce n’est pas la version française du titre qui interpelle, la VF étant la traduction littérale du titre original, The Seven Deaths Of Evelyn Hardcastle ; qui, dans son édition américaine, devient The 7½ Deaths Of Evelyn Hardcastle… Reste à définir le concept de demi-mort.

Je connais pour ma part la petite mort qui désigne parfois l’orgasme (bien qu’à l’origine l’expression était à usage médical pour faire état d’un évanouissement ou de frissons nerveux).

Inutile de me remercier pour cette seconde minute culturelle, c’est un cadeau de la maison.

 
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Publié par le 27 mai 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Robert Galbraith – Blanc Mortel

AU MENU DU JOUR

R. Galbraith - Blanc Mortel
Titre : Blanc Mortel
Série : Cormoran Strike – Tome 4
Auteur : Robert Galbraith (J.K. Rowling)
Éditeur : Grasset
Parution : 2019
Origine : Angleterre (2018)
704 pages

De quoi ça cause ?

Depuis que Robin s’est marié, Cormoran Strike a instauré une certaine distance vis-à-vis de sa jeune associée ; se contentant de relations strictement professionnelles.

Un matin, Billy, un jeune homme mentalement dérangé, fait irruption dans le bureau de Strike en affirmant avoir été témoin du meurtre d’une enfant, vingt ans plus tôt… avant de disparaître aussi vite qu’il est apparu.

Peu après, Strike est embauché par Jasper Chiswell, un homme politique qui serait victime d’un chantage dont il refuse de dévoiler la teneur.

Strike va rapidement découvrir que le maître chanteur n’est autre que le frère aîné du jeune Billy. Les deux associés vont devoir se serrer les coudes pour venir à bout de cette affaire…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est le quatrième roman de Robert Galbraith (nom de plume policier de J.K. Rowling, une façon sans doute de se démarquer de l’univers Harry Potter) mettant en scène le duo Cormoran Strike et Robin Ellacott.

Ma Chronique

Avec cette série de romans et son duo d’enquêteurs, J.K. Rowling a réussi à se défaire du lien qui la rattachait à Harry Potter (tant pis pour ceux qui pensaient que ce lien était indéfectible, et tant mieux pour l’auteure) et a s’imposer dans un genre radicalement différent.

Le pari était audacieux, surtout en jouant la carte de la littérature policière, qui foisonne déjà de grands noms, mais incontestablement Robert Galbraith a su se faire une place au soleil aux côtés de ses prestigieux aînés (et je ne parle pas que des auteurs britanniques).

Une réussite qui doit beaucoup au duo atypique formé par Cormoran Strike et Robin Ellacott ; deux personnalités que tout semble opposer, mais qui s’avèrent complémentaires à plus d’un titre. Cette quatrième enquête commune le prouve une fois de plus !

Au fil des romans on suit tout autant l’enquête à proprement parler que l’évolution de Cormoran et Robin (et donc de leurs relations). C’est encore plus vrai dans ce quatrième opus, à tel point que parfois on a le sentiment que l’aspect personnel tend à supplanter l’intrigue policière.

N’allez pas pour autant en déduire que l’aspect policier stricto sensu du roman est bâclé, loin s’en faut ! L’enquête est menée de bout en bout de main de maître et nous réserve bien des surprises dans son dénouement. Si j’ai eu quelques soupçons, ils étaient plus intuitifs qu’autre chose, et j’étais loin d’imaginer le niveau d’implication des différents protagonistes.

Une enquête qui va nous plonger dans les dessous crasseux du monde politique et de l’aristocratie britannique. Mais pas que…

Un milieu qui ne manque pas d’individus qui rivalisent d’execrabilité ou de superficialité (parfois même ils cumulent ces deux tares). Une sympathique galerie de personnages en perspective, n’est-il point ?

Pour en revenir à l’aspect personnel de l’intrigue, il est évident qu’un mariage est un cap important dans la vie d’un individu (même si personnellement je n’ai aucune foi, sinon économique, en l’institution du mariage). En l’occurrence le roman s’ouvre sur le mariage de Robin et Matthew, une étape majeure dans l’évolution de leur relation.

J’aime beaucoup le personnage de Robin et de fait je suis supposé espérer le meilleur pour elle ; mais jamais je n’ai autant souhaité qu’un mariage ne se fasse pas. Non pour qu’elle puisse vivre pleinement une relation idyllique avec Strike (on n’est pas dans un Harlequin… oubliez les nuages rose bonbon et les cœurs suintant de guimauve), mais simplement parce que ledit Matthew est un sinistre con sans aucun intérêt (plus que jamais dans ce quatrième opus).

Strike de son côté reste égal à lui même, bourru à souhait, mais d’une perspicacité à toute épreuve. Avec Robin il sera tour à tour protecteur (pour ne pas dire paternaliste), affectueux (voire même tendre), complice et distant au gré des situations et de son humeur. Quant à sa vie personnelle, c’est toujours un joyeux bordel dans lequel lui-même a du mal à discerner l’issue.

Au fil de cette enquête, Strike et Robin vont se faire aider par un nouvel enquêteur ayant récemment intégré l’agence, Sam Barclay. Au vu de l’importance qui lui est donnée dans le déroulé de l’enquête, nul doute qu’il soit appelé à tenir un rôle récurrent à l’avenir.

Le fait que le côté personnel soit prépondérant dans le bouquin n’a pas que des inconvénients (même si ça casse parfois le rythme de l’intrigue), d’autant que l’on se doute bien que c’est fait dans l’optique de l’évolution future des personnages (l’auteure a d’ores et déjà annoncé qu’elle avait des idées pour une dizaine de romans).

Si Blanc Mortel n’est pas le meilleur de la série Cormoran Strike (la palme reste à La Carrière Du Mal, le troisième opus), ça n’en reste pas moins un roman de très bonne facture. Il me tarde déjà de retrouver Strike et Robin…

MON VERDICT

 
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Publié par le 17 mai 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Sophie Hénaff – Art Et Décès

AU MENU DU JOUR

S. Hénaff - art et Décès
Titre : Art Et Décès
Série : La Brigade Capestan – Tome 3
Auteur : Sophie Hénaff
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2019
Origine : France
320 pages

De quoi ça cause ?

Anne Capestan s’est mise en disponibilité afin de goûter pleinement aux joies de la maternité. Toutefois quand son amie et collègue, Eva Rosière, en disponibilité le temps d’un tournage, se retrouve accusée de meurtre, elle n’hésite pas à interrompre, de façon plus ou moins officielle, son congé parental…

Sa gamine sous le bras, Anne Capestan réintègre sa brigade et prend les choses en mains. Pas facile toutefois de combiner efficacement son rôle de mère et celui d’enquêtrice. Les Poulets Grillés investissent le plateau de tournage qui est aussi la scène de crime…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est le troisième roman mettant en scène la Brigade Capestan et que j’avais vraiment apprécié les deux précédents, Poulets Grillés et Rester Groupés.

Ma Chronique

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé l’équipe la plus barrée de la Crim’ parisienne (et plus si affinités) ; j’espérais bien retrouver tous les ingrédients qui m’avaient séduit dans les deux précédents opus, à commencer par un ton franchement décalé parfaitement assumé.

Le bouquin s’ouvre sur l’accouchement d’Anne Capestan et d’entrée de jeu Sophie Hénaff me rassure : sérieux s’abstenir !

Capestan sentit monter une nouvelle vague, elle ferma les yeux, verrouilla les mâchoires. La contraction planta ses griffes et actionna les vérins, propulsant le feu dans tous les membres. Paul, le nez penché sur ses pieds, marmonna :
– Qu’est-ce qu’elles me font mal ces pompes.
Au prix d’un effort immense, Capestan desserra les dents :
– Paul, je t’aime tu sais, mais je te jure que si tu me parles encore UNE fois de tes chaussures…

Ceux et celles ayant déjà eu affaire à la fine équipe des Poulets Grillés ne seront pas dépaysés ; pour les autres je ne saurai que trop vous recommander de lire d’abord Poulets Grillés, puis Rester Groupés avant de vous lancer dans ce roman. Ceci dit ça ne s’impose pas, ce bouquin peut tout à fait être lu indépendamment des précédents… j’dis ça, j’dis rien.

Je disais donc que les habitués s’aventureront en terrain connu. C’est plutôt positif dans le sens où la bonne humeur reste de rigueur tout au long du bouquin, avec une équipe d’enquêteurs aux personnalités et aux méthodes pour le moins originales. Le revers de la médaille étant l’absence relative de surprise ; la seule nouveauté par rapport aux précédents romans étant de voir Anne Capestan s’investir dans son rôle de mère. Ce qui donne lieu à quelques scènes fort réjouissantes, mais cela ne nous empêche pas de rester quelque peu sur notre faim.

Nos Poulets Grillés vont donc se retrouver à mener l’enquête dans un monde qui a de quoi faire rêver (sur le papier en tout cas) puisqu’ils vont se retrouver en plein tournage d’un film. L’occasion de découvrir la face cachée (réelle ou supposée) du cinéma, derrière le strass et les paillettes, mais sauront-ils résister à l’appel des feux de la rampe ?

Il n’en reste pas moins que même si l’intrigue strictement policière est plutôt bien menée, elle reste relativement linéaire et manque de piquant. Là encore on a l’impression que tout est mis en oeuvre pour que la maternité de Capestan éclipse tout le reste.

Malgré ces quelques bémols j’ai passé un agréable moment avec ce bouquin, prétendre le contraire serait un mensonge éhonté. Sophie Hénaff a su, une fois de plus, me faire rire et sourire, mais globalement il m’a manqué un p’tit truc en plus pour que je sois totalement sous le charme.

MON VERDICT

 
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Publié par le 25 mars 2019 dans Bouquins

 

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