[BOUQUINS] Paul Clément – Elle Est La Nuit

AU MENU DU JOUR

P. Clément - Elle est la Nuit

Titre : Elle Est La Nuit
Auteur : Paul Clément
Éditeur : Auto-édition
Parution : 2020
Origine : France
438 pages

De quoi ça cause ?

Lewiston, Montana.

Pour les frères Reed, c’est un point de chute idéal pour se faire oublier après un braquage qui a mal tourné.

Pour Laurel Foster, c’est la promesse d’un nouveau départ, loin du tumulte de Los Angeles et surtout loin de ses parents qui l’étouffent.

Pour Elle, c’est le terrain d’un Jeu mortel qu’elle renouvelle nuit après nuit… Mais ça les frères Reed et Laurel ne pouvaient pas le deviner, avant d’être confrontés à la folie meurtrière de la nuit à Lewiston…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’ai beaucoup aimé les deux premiers romans de Paul Clément, un jeune auteur auto-édité qui a tous les atouts pour jouer dans la cour des grands.

Ma Chronique

J’ai découvert Paul Clément à l’occasion de la sortie de son premier roman, Les Décharnés, une histoire de zombies qui proposait un cadre et des personnages plutôt inédits dans un genre qui a pourtant été exploité (et parfois surexploité) à toutes les sauces. Un coup d’essai transformé avec un second roman, Creuse La Mort, qui jouait sur un autre registre de la littérature horrifique.

Après une escapade dans un tout autre genre (un mix entre aventures et fantastique, orienté vers un public young adult) avec son roman-feuilleton en 8 épisodes, Les Orphelins De Windrasor (dans mon Stock à Lire Numérique, mais je n’ai pas encore eu l’occasion de me pencher sur la question) l’auteur revient à l’horreur avec ce nouveau roman.

Un retour aux sources que j’attendais avec impatience !

Un mot sur le visuel avant d’entrer dans le vif du sujet, je trouve que la couv’ du bouquin est superbe et annonce la couleur quant à son contenu.

Rien à redire non plus quant à la façon dont Paul Clément mène sa barque et son intrigue. Le déroulé et le rythme de l’intrigue restent sous contrôle, même si parfois le lecteur se laissera entraîner par le courant plutôt que d’essayer de comprendre tous les tenants et les aboutissants du récit.

Dans un premier temps les chapitres alternent entre deux axes narratifs distincts, la cavale des frères Reed d’un côté, et l’installation de Laurel dans son nouveau milieu personnel et professionnel d’un autre côté. Sans surprise ces deux axes vont se croiser et fusionner pour ne faire qu’un.

Le bât blesse parfois dans la longueur des chapitres, à force de détails pas forcément nécessaires au déroulé de l’intrigue, on finit par perdre le fil. Rien de rédhibitoire, mais il est vrai que le récit aurait pu gagner en fluidité avec quelques coupes franches dans le texte.

Les amateurs de littérature horrifique, dont je suis, trouveront leur compte avec ce roman. Pas franchement LE grand frisson, mais suffisamment d’action et d’hémoglobine pour satisfaire même les plus exigeants.

Bien que le roman soit indéniablement une réussite, il n’a pas suscité l’enthousiasme que j’espérais. J’en attendais sans doute trop… ce qui n’enlève rien à ses nombreuses qualités, et ne m’empêchera pas de répondre présent pour le prochain roman de Paul Clément.

Le code du fichier epub aurait mérité un petit nettoyage afin de l’optimiser mais rien qui vienne impacter directement la lecture. Le genre de truc sur lequel je ferme les yeux quand j’ai entre les mains un roman auto-édité.

MON VERDICT

Tête à Tête (virtuel) avec Paul Clément

Mes chroniques des romans de Paul :
Les Décharnés
Creuse La Mort

Bonjour Paul.
Merci d’avoir accepté ce tête à tête virtuel.

Question rituelle pour commencer. Peux-tu te présenter en quelques mots et nous expliquer comment tu en es venu à l’écriture ?

En quelques mots, rien de plus simple. Je crois que pour le moment ma biographie, comme ma bibliographie d’ailleurs, tient facilement sur un post-it, tu sais celui que t’as dû en plus partager avec tes collègues. Bref, Paul, 24 ans, diplômé d’école de commerce, mais qui a décidé d’oublier un temps son beau diplôme pour s’essayer à l’aventure de l’auto-édition avec autant de professionnalisme que possible. Je devrais ajouter fan de zombies, mais ce serait un pléonasme pour ceux qui me connaissent déjà.
Pour ce qui est de l’écriture, j’ai toujours aimé écrire, et c’est même au collège que j’ai commencé mon premier projet de roman. Bien sûr, ça n’a pas été bien loin, mais l’envie était déjà là. Par la suite, au lycée, j’ai participé à des forums de RP fantastique et de fantasy, avant, un soir, alors que je venais d’intégrer mon école de commerce, de commencer à écrire par hasard le début de Les Décharnés.

En plus de l’écriture tu es aussi fondateur / administrateur / animateur du site Myzombieculture ; d’où te vient cette passion pour les zombies ?

Un attrait certain pour le morbide , le gore et l’humour horrifique, une fascination pour le post-apocalyptique, et une anecdote : l’achat d’un coffret DVD que je pensais mal étiqueté de la trilogie des morts de Romero. Depuis , j’ai dévoré du zombie à toutes les sauces et je continue à trouver mon compte dans cette culture bien plus riche qu’on pourrait le croire.

Sans surprise ton premier roman, Les Décharnés, est justement une histoire de zombies, mais tu as réussi à te démarquer dans un genre pourtant prolifique ; quelle est, selon toi, la recette miracle pour éviter de se retrouver noyé dans la masse ?

Je ne sais pas s’il y a une recette miracle, mais, dans mon cas, je ne pense pas avoir écrit l’histoire de zombies la plus originale qui soit, il faut être honnête. J’ai davantage cherché l’originalité dans le décor et le héros car le récit reste avant tout un survival post-apo plutôt classique (mais efficace a priori vus les retours que j’ai pu avoir !). Pour moi, l’originalité vient de la localisation de l’intrigue, d’abord en France et surtout en Provence, d’où je suis originaire, ainsi que du héros. Avec Patrick, pas de beau gosse sauveur de l’humanité à la Brad Pitt… plutôt un homme simple qui plus est agriculteur. Mais pour sortir du lot, beaucoup d’auteurs s’amusent en revanche avec la figure du zombie en lui conférant d’autres caractéristiques, en le réhumanisant par exemple (ce à quoi je n’adhère pas toujours…). Et c’est ce qui est bien avec le zombie ; c’est une figure très riche qui permet de faire beaucoup de choses et de nombreux artistes l’ont compris même s’il y a encore parfois un certain dédain pour ce monstre de notre imaginaire collectif.

Avec ton second roman, Creuse la Mort, tu quittes ta zone de confort, tout en restant dans le registre fantastique / horrifique ; pourquoi ce choix ?

Tout simplement parce que je n’avais pas envie de me cantonner à écrire du zombie. Les Décharnés était ma pierre à l’édifice zombie, je ne comptais pas bâtir tout une aile du bâtiment à moi tout seul. Je voulais faire autre chose, de plus surprenant, amené de manière différente. Après, pour ce qui est du choix de l’horreur, disons que j’avais envie de lorgner du côté de Stephen King, mais mes futurs projets sont encore bien différents et dans un autre genre.

Quand tu écris, comment se déroule une journée type pour toi ?

Quand j’ai écrit Les Décharnés, j’écrivais le soir et la nuit après les cours. Ça a un peu changé avec Creuse la Mort où j’ai commencé à écrire dans l’après-midi ce dont j’étais incapable avant. À présent, j’essaie de consacrer plusieurs heures par jour à l’écriture, mais il est parfois dur de se couper du reste et notamment des réseaux sociaux quand, en plus, en tant qu’auto-édité, on est également obligé de faire soi-même la promo de ses ouvrages. Mais globalement, j’essaie de me fixer un objectif de 1500 à 2000 mots par jour. Parfois j’y arrive, parfois non.

Où puises-tu ton inspiration ?

Contrairement à d’autres auteurs, je ne suis pas un bourreau de travail. Ce que je veux dire c’est qu’il est rare que je réécrive des passages entiers , ça vient comme ça vient et c’est souvent la version que je garde (sans parler des corrections évidemment). C’est ce que j’aime dans l’écriture, c’est un exercice spontané qui va puiser un peu partout. Après dans le cas de Les Décharnés, j’imagine que j’ai forcément été influencé par tout ce que j’ai pu lire dans le genre zombie.
Ensuite, c’est peut-être mon côté extrémiste-bio (comme s’amusent à m’appeler certains de mes amis parce que je suis végétarien) qui ressort, mais la Nature est quelque chose qui m’inspire pas mal aussi. Je trouve qu’elle a quelque chose de sublime, et le sublime est justement une thématique fortement traitée dans Les Décharnés.

As-tu déjà d’autres projets de romans ? Si oui, peux-tu nous en dire davantage ?

Bien sûr. Actuellement je travaille sur mon troisième roman que j’espère pouvoir sortir début 2017 sous forme d’épisodes, mais je ne m’engage à rien pour le moment. C’est le projet le plus important que j’ai porté, c’est donc beaucoup de boulot, notamment en terme de narration puisque j’ai abandonné la première personne pour la troisième, au profit d’une galerie de personnages plus riche. C’est une saga qui s’intitulera Les Orphelins de Windrasor. Je ne peux pas trop en dire sur l’histoire, mais elle se déroulera dans un monde fictif avec une ambiance dix-neuvième siècle et quelques éléments de fantastique, mais pas de prophétie à la mords-moi-le-noeud, vous êtes prévenus.

Quelles sont tes références (auteurs et romans) en temps que lecteur ?

Même si j’ai encore beaucoup de ses romans à lire, Stephen King est un auteur que j’aime beaucoup. Je pense que Simetierre m’a pas mal influencé pour l’ambiance de Creuse la Mort. Ma nouvelle Talis qui a récemment été publiée est aussi un peu inspirée par le film Stand by Me qui est justement l’adaptation d’une nouvelle du maître. Après, j’ai lu énormément de romans de zombies et j’ai vraiment beaucoup aimé la saga Ennemis de Charlie Higson. J’espère écrire quelque chose du même calibre avec mes petits orphelins.

Comme j’ai pris l’habitude de le faire lors de ces tête à tête, je te laisse le mot de la fin.

Le mot de la fin sera donc pour ceux qui pourraient avoir certains préjugés quand on parle de zombies. Alors oui, le genre compte un nombre incalculable de navets et de choses médiocres, mais croyez quelqu’un qui s’est passionné pour ce genre : prenez un peu de temps, parcourez MZC par exemple et vous trouverez des œuvres qui, j’en suis sûr, auront bien plus que du mordant pour vous !

[BOUQUINS] Paul Clément – Creuse La Mort

P. Clément - Creuse la mortEncore un jeune auteur auto-édité qui m’aura poussé à chambouler mon programme de lecture. Le coupable n’est autre que Paul Clément qui vient de publier son second roman Creuse La Mort.
Fred est père et un mari comblé. Certes il ne s’épanouit pas vraiment au boulot mais ça fait bouillir la marmite. Un matin il découvre un trou dans son jardin, un trou qui ressemble étrangement à une tombe. Il a beau la reboucher, tous les matins la tombe le nargue à nouveau. Intrigué, puis effrayé, Fred est convaincu qu’une menace sérieuse plane sur sa famille, il va tout mettre en oeuvre pour protéger les siens…
Avec son premier roman, Les Décharnés, Paul Clément avait réussi le pari fou de proposer une histoire de zombie qui parvient à tirer son épingle du jeu dans un genre des plus fécond du moment. Pour son second roman il aurait pu rester dans sa zone de confort (les zombies, au cas où vous auriez perdu le fil), je suis même persuadé qu’il aurait pu nous surprendre de nouveau ; mais au lieu de céder à la facilité l’auteur a préféré tâter un terrain nouveau. Certes on reste dans le domaine du fantastique, mais je définirai son roman comme un thriller psycho-horrifique.
Psycho pour psychologique, car indéniablement la psychologie des personnages tient une place essentielle dans cette intrigue. Est-ce que Fred est le seul à percevoir cette menace ou, au contraire, est-ce qu’il sombre inexorablement dans la paranoïa et la folie ? Voilà une question que le lecteur se posera plus d’une fois au fil des chapitres.
Mais la psychologie intervient aussi dans les relations entre Fred et son entourage. A commencer par son épouse Renée, et leur petite fille, Emma ; toutes deux passeront par bien des états émotionnels face à un comportement pas toujours des plus rationnels de leur mari et père. Mais aussi avec Eric, le frère de René, policier de son état qui doute de plus en plus de l’équilibre mental de son beau frère. Enfin avec Pierrick, son patron, un gros blaireau macho et misogyne qui fera les frais de trop plein de rancoeur étouffée.
Horrifique parce que la réalité dépassera tout ce que l’on pouvait imaginer. Si les personnages étaient déjà malmenés avant que la vérité ne se révèle, les choses iront dès lors de mal en pis. Et croyez moi, paul Clément ne manque pas d’imagination quand il s’agit d’en faire baver ses personnages.
De part son ambiance Creuse La Mort m’a souvent fait penser à La Peau Sur Les Os de Richard Bachman (Stephen King pour ceux qui auraient passer les dernières décennies sur une autre planète). Certes les deux intrigues sont radicalement différentes mais on y retrouve la même tension psychologique. J’espère que Paul ne m’en voudra pas de le comparer au King.
Vous l’aurez compris ce second roman est une réussite à tous points de vue. J’espère vous avoir donné envie de découvrir ce qui se cache derrière les mystérieux fossoyeurs de Paul Clément. Pour ma part il va sans dire que je serai fidèle au poste pour le prochain roman.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Paul Clément – Les Décharnés : Une Lueur Au Crépuscule

P. Clément - Les DécharnésComme ça faisait un bail que je ne m’étais pas offert une escapade à Zombieland j’ai décidé de renouer avec le doux fumet de la chair avariée, mais attention je fais dans le zombie 100% made in France avec Les Décharnés : Une Lueur Au Crépuscule, premier roman de son auteur, Paul Clément.
Patrick un agriculteur bourru et solitaire prend une bière sur sa terrasse le jour où l’humanité s’est effondrée sous ses yeux. Sortie d’un embouteillage sur la route non loin de sa propriété, une horde de zombies attaque tout ce qui bouge, grossissant ainsi les rangs des morts vivants. Patrick s’enferme alors chez lui, bien décidé à s’isoler le temps qu’il faudra, sourd aux appels à l’aide des survivants apeurés. Et pourtant il ne pourra rester insensible face à la détresse d’Emma, une gamine dont la mère vient d’être tuée…
Ce qui fait du bien en lisant ce bouquin c’est que l’on sent la passion, on sait rien qu’en le lisant qu’il a été écrit avec le coeur et les tripes. Oui, Paul Clément s’est donné à fond et l’on ne peut que s’en réjouir car son roman est une réussite.
Il faut dire que passionné l’auteur l’est indéniablement, limite obsédé même, par la culture zombie. Il est le fondateur et rédacteur en chef (sous le pseudo Squeletor) du site MyZombieCulture.com, une référence francophone en matière de culture Z.
La grande originalité de ce roman est de se dérouler en Provence, pour moi en tout cas c’est une première, une histoire de zombies 100% française. Hormis cette particularité géographique le roman suit les règles du genre, règles parfaitement connues et maîtrisées par son auteur comme vous pouvez le deviner.
La force de cette intrigue, afin qu’elle ne devienne pas une énième histoire de zombies noyée dans la masse, repose sur ses deux personnages principaux, un duo pour le moins improbable et atypique. Patrick, agriculteur vieillissant et bedonnant est un solitaire à tendance asocial, grincheux et bourru pourrait on ajouter histoire de compléter le tableau. Et pourtant au contact d’Emma, une gamine qui a tout perdu hormis sa candeur et son innocence, il va renouer avec une humanité qu’il avait enfoui au plus profond de son être. Au fil des pages nous assisterons à la transformation de Patrick tandis que sa relation avec Emma se forge. Une relation touchante qui apporte une touche d’humanité au milieu d’une réalité devenue hostile.
Mais n’allez pas croire que l’auteur donne dans la guimauve, le duo devra se plier aux rudes conditions de survie imposées par la situation. Les zombies sont fidèles à ce que l’on peut attendre d’eux, cons comme des manches mais affamés et dangereux… et bien entendus plus ou moins avariés. Sans forcer sur les descriptions l’auteur nous communique cette menace permanente qui plane sur ses deux héros.
Et les survivants alors ? J’aurai tendance à dire aux fans de The Walking Dead, souvenez-vous de Woodburry et du Sanctuaire… les vivants sont parfois bien plus dangereux que les zombies. Patrick et Emma en feront la triste expérience. Comme le dit fort justement Emma : « Il est pas comme les zombies, eux ils font pas exprès. »
Je terminerai en restant dans l’univers de The Walking Dead, si vous me suivez depuis déjà quelques temps vous savez que je suis un inconditionnel de la série TV, j’ai retrouvé dans Les Décharnés tout ce qui fait que je suis accro à TWD. Je l’ai lu avec autant de plaisir que quand je découvre une nouvelle saison de TWD, d’ailleurs il fera office de parfaite mise en bouche avant de me lancer dans la sixième saison.
Chapeau bas à Paul Clément qui, avec ce premier roman, s’impose d’ores et déjà comme un incontournable de la littérature zombie. Vivement le prochain (pour bientôt sauf erreur de ma part) !

MON VERDICT
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