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Archives de Tag: Ombres Noires

[BOUQUINS] Lincoln Child – La Bête D’Alaska

L. Child - La Bête d'AlaskaPetit changement de dernière minute dans mon périple en compagnie de l’éditeur Ombres Noires, plutôt que de revenir à Michaël Mention pout cette ultime (mais temporaire) étape, j’ai privilégié la découverte en optant pour La Bête D’Alaska de Lincoln Child.
Au cours d’une expédition en Alaska, une équipe scientifique découvre une créature difficilement identifiable prise dans une gangue de glace. Les sponsors de l’expédition, une chaîne de télévision, décident d’exploiter le filon que représente une telle expédition en tournant un documentaire. L’arrivée des équipes de tournage dans l’ancienne base militaire va quelque peu bouleverser le quotidien des scientifiques…
C’est le premier roman de Lincoln Child que je lis, je ne savais donc pas vraiment à quoi m’attendre. L’intrigue faisant intervenir un personnage récurrent de l’auteur (Jeremy Logan, énigmologue de son état) j’ai supposé un thriller plus ou moins ésotérique façon Da Vinci Code. Et bien que nenni, point vraiment d’énigme ou de symbole à déchiffrer, en lieu et place l’auteur nous propose un thriller fantastique qui n’est pas sans rappeler le film The Thing de John Carpenter (1982).
Pour rester au chapitre des énigmes la série Jeremy Logan compte actuellement quatre titres, tous dispo en français. Bien que La Bête D’Alaska soit le dernier en terme du publication en français, il est le second de la série en version originale. Les tomes 1 et 3 ont été publié par Michel Lafon (respectivement en 2007 et 2013), c’est Ombres Noires qui prendra le relais en 2015 pour le quatrième opus, avant de nous proposer ce « chaînon manquant » en 2016.
Petite piqûre de rappel pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas The Thing, le film confronte une équipe scientifique isolée dans une station de recherche en Antarctique à un monstre surgelé qui a décidé de sortir de son long sommeil cryogénique.
Remplacez l’Antarctique par l’Alaska et vous obtenez le même cadre aussi isolé que inhospitalier. Saupoudrez le tout de quelques humains qui font autant de cibles potentielles. Lâchez une méchante bestiole au milieu de tout ce petit monde. The show must go on !
Force est de reconnaître que dans ce second volet de ses aventures notre énigmologue se fait voler la vedette par les chercheurs (Evan Marshall fait davantage office de personnage central de l’intrigue) mais aussi par les militaires et l’équipe de tournage. Sans doute le climat qui ne lui convient pas…
A défaut d’être totalement novatrice l’intrigue reste maîtrisée et suffisamment addictive pour que l’on ait envie d’en savoir plus et de connaître le fin mot de l’histoire. La galerie de personnages offre des personnalités diverses et variées, certains vous seront sympathiques, d’autres un peu moins et d’autres carrément exécrables. Là encore on a ce qu’il faut pour nous donner envie d’aller toujours plus en avant dans le récit.
Enfin l’auteur profite de son intrigue, et de son cadre, pour nous sensibiliser au réchauffement climatique. Confortablement vautrés dans nos canapés le concept peut nous sembler très théoriques, d’autres subissent rudement cette triste réalité. D’autres thèmes scientifiques et humains sont abordés avec plus ou moins de profondeur.
Un bon moment de lecture sans pour autant être indispensable. Suffisant toutefois pour me donner envie d’aller plus avant dans l’univers littéraire de Lincoln Child (en solo ou en duo avec Douglas Preston) et de m’intéresser de plus près au cas Jeremy Logan.

MON VERDICT
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Publié par le 21 décembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Marin Ledun – En Douce

M. Ledun - En douceAvant dernière étape de mon escapade entre les pages du catalogue des éditions Ombres Noires, mon choix s’est porté sur Marin Ledun et son dernier roman, En Douce.
14 juillet 2015. Simon est convaincu qu’il va passer une soirée d’enfer, il a en effet emballé une nana canon qui est très très entreprenante. Elle le persuade (sans mal) de la suivre dans son mobil-home, elle se déshabille et… lui tire une balle dans la jambe avant de le séquestrer. Pour Emilie l’heure de la vengeance a sonné, et elle compte bien en savourer chaque instant…
C’est le premier roman de Marin Ledun que je lis, et je peux d’ores et déjà affirmer que ça ne sera pas le dernier.
Un récit relativement court (250 pages) mais d’une intensité qui ne se relâche jamais. Emilie avait tout pour être heureuse jusqu’à une journée d’avril 2011 où un violent accident de la route lui vaudra d’être amputée de la jambe gauche. Pour la jeune femme il ne fait nul doute que l’unique responsable de son état et de toutes les merdes qui ont suivies est le conducteur du pick-up qui a percuté sa voiture : Simon. Marin Ledun nous plonge dans les méandres de l’esprit (tourmenté) d’Emilie en adoptant un récit à la troisième personne. Un regard extérieur sur une vue de l’intérieur, vous me suivez ? Ca tombe bien, moi non plus.
Un quasi huis-clos entre Mélanie et Simon, ponctué par les souvenirs de la jeune femme mais surtout une lutte intérieure entre ses certitudes qui deviennent des doutes avant de redevenir avec encore plus de force des certitudes. Surtout se persuader que si Emilie a tout raté c’est de la faute de Simon, pas seulement lui mais aussi la faute de tous les autres, et de la société aussi tant qu’on y est. Et elle ? N’aurait-elle pas aussi sa part de responsabilité ? Non ! Si ? Peut être.
Le flot des pensées d’Emilie n’est pas un long fleuve tranquille mais plutôt un torrent déchaîné tout en courants et contre-courants, en proie à bien des tourbillons. Et maintenant que Simon est à sa portée, que faire de lui ? Là encore elle est torturée par les contradictions, d’abord elle lui tire une balle dans la guibolle, ensuite elle se démène pour que la blessure se soigne au mieux (avec les moyens du bord). Et nous, pauvres lecteurs, sommes bringuebalés au gré de ses humeurs. Jusqu’au bout on se demandera comment tout ça va finir, de plus en plus convaincu qu’il la fin risque d’être des plus brutales. Et ? Et puis quoi encore ?
Que penser d’Emilie ? Au fil de ses humeurs on a parfois envie de la prendre dans ses bras pour la réconforter, et d’autre fois c’est l’envie de lui mettre des claques qui l’emportera. Personnellement j’ai surtout eu envie de lui dire d’avoir plus de considération pour elle, de se sortir les doigts du cul et de prendre sa vie et son destin en mains (après se les être lavées). Si tu ne veux pas de la pitié des autres, commence par cesser de t’auto-apitoyer ; jouer les Caliméro ne dure qu’un temps.
Un roman noir intensément psychologique ponctué par une critique sociale bien sentie (même si Emilie rejette la responsabilité de sa situation sur les autres et sur la société, tout ce qu’elle en pense n’est pas forcément dénué de bon sens).

MON VERDICT
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Publié par le 16 décembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Maxime Gillio – Rouge Armé

M. Gillio - Rouge ArméJe continue mon périple littéraire dans les méandres des éditions Ombres Noires en compagnie de Maxime Gillio et son dernier titre en date, Rouge Armé.
Patricia Sammer est journaliste, elle a pour projet d’écrire un livre sur les personnes qui ont fui Berlin Est pour passer clandestinement à l’Ouest. C’est ainsi qu’elle demande à Inge Oelze de lui raconter son histoire…
De Maxime Gillio je n’ai lu que Manhattan Carnage (signé Orcus Morrigan et prétendument traduit par Maxime Gillio), une histoire de zombie aussi atypique que déjanté. Avec Rouge Armé on change diamétralement de registre pour plonger dans une intrigue où la fiction et l’Histoire se mêlent allègrement. Un roman noir qui fait souvent référence aux heures sombres (et pour ma part méconnues) de l’Histoire.
Les chapitres alternent entre le présent (2006 en l’occurrence) et les flashbacks. Flashbacks qui retraceront le parcours mouvementé d’Inge, de l’édification du Mur de Berlin à son passage à l’Ouest, son activisme politique et son retour à l’Est. Flashbacks qui suivront aussi Anna, la mère d’Inge, et sa condition de Sudète en Tchécoslovaquie (où elle est l’incarnation de l’oppresseur nazi) et en Allemagne (où elle n’est pas considérée comme une vraie allemande) entre 1943 et 1946.
C’est cette seconde partie de l’Histoire qui m’était totalement inconnue, je n’avais jamais entendu parler des Sudètes et jamais je n’aurai imaginé qu’après-guerre ils aient eu à subir un pareil calvaire. Pas de quoi nous donner foi en l’humanité.
Si le Mur de Berlin, cette aberration historique qui a défiguré et divisé un pays, n’est pas au centre du récit il est bien la cause de tout. La couverture rappellera sûrement aux « anciens » les heures sombres du terrorisme européen (les sanglantes années de plomb), l’ennemi d’alors ne se cachait pas derrière la religion mais se revendiquait politique. La Fraction Armée Rouge (RAF en allemand pour Rote Armee Fraktion) est en effet responsable de nombreux attentats en Allemagne entre 1968 et 1993 (leurs pendants italiens et français étant respectivement les Brigades Rouge et Action Directe).
Mais Rouge Armé c’est avant tout le portrait de trois femmes au caractère bien trempé : Anna, Inge et Patricia. Trois époques et trois contextes que tout oppose. On ne peut qu’avoir énormément d’empathie pour Anna, rien ne justifie ce qu’elle a dû endurer. J’ai personnellement beaucoup aimé le personnage d’Inge, je me garderai bien d’un quelconque jugement la concernant. Par contre j’ai eu plus de mal avec Patricia qui combat par l’auto-destruction ses propres démons (dont on suppose, puis devine assez rapidement la nature… tout comme ses intentions).
A défaut d’énormes surprises (hormis le dernier acte de Patricia) j’ai passé un très bon moment avec ce roman, je peux dire que ce soir je m’endormirai moins con qu’au réveil (bon OK, on va se contenter de dire que j’ai appris des trucs que j’ignorais avant). La plume de Maxime Gillio, sans concession, ni jugement, est d’une remarquable efficacité.
Une belle découverte et une nouvelle occasion de souligner l’éclectisme de cet éditeur qui n’en finit pas de me surprendre.

MON VERDICT
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Publié par le 15 décembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Michaël Mention – Bienvenue A Cotton’s Warwick

M. Mention - Bienvenue à Cotton's WarwickComme annoncé précédemment je poursuis mon petit bonhomme de chemin dans le catalogue des éditions Ombres Noires, Au menu du jour Bienvenue A Cotton’s Warwick de Michaël Mention. Et autant vous prévenir de suite : c’est du lourd, du très, très lourd !
Cotton’s Warwick, un bled paumé au fin fond de l’Outback australien. Par 50° à l’ombre il ne faut pas grand chose pour que les esprits s’échauffent, surtout que là-bas les esprits et les âmes ne brillent guère par leur grandeur, loin s’en faut ! Le Ranger Quinn règne en maître (presque) incontesté sur cette petite communauté de dégénérés…
Aaah l’Outback… Hmouais, oubliez les sentiers balisés et les cartes postales pour touristes, Cotton’s Warwick c’est plutôt une antichambre de l’Enfer. Incontestablement l’endroit de la planète qui regroupe la plus forte concentration de timbrés en tout genre au mètre carré. Mais rassurez-vous ils ne sont pas nombreux. Et comme il n’y a plus qu’une femme (intouchable) parmi eux, leur extinction prochaine est à espérer. Surtout si un ou plusieurs éléments extérieurs viennent accélérer le processus d’extermination.
Difficile de vous parlez de ce bouquin sans prendre le risque d’en dire trop. Une chose est certaine, je ne m’attendais pas du tout à ce que l’intrigue prenne une telle tournure. A moi maintenant de vous convaincre en restant dans une approche très générale.
Vous l’aurez compris difficile d’éprouver la moindre empathie pour les habitants de Cotton’s Warwick ! Mais ne généralisons pas, deux exceptions viennent confirmer la règle. Karen, la seule femme encore présente dans ce bouge infâme, gérante du pub, qui bénéficie de la protection de l’autre salopard de Quinn. Et puis il y a l’autre (c’est comme ça que les locaux l’appellent), un personnage marginalisé par les autres qui ne fait rien pour se faire accepter… c’est d’ailleurs ça qui le rend plus ou moins sympathique.
Âmes sensibles s’abstenir. J’aurai peut être dû commencer par là. Avec sa galerie de dégénérés alcoolisés et déshumanisés Michaël Mention extirpe ce qu’il y a de plus noir chez l’homme ; la violence est omniprésente et monte crescendo jusqu’à atteindre des sommets dans l’ignoble. On en viendrait presque à se sentir coupable de prendre plaisir à lire de telles ignominies. Un conseil, mangez léger avant de vous lancer !
Histoire de rendre la lecture encore plus éprouvante l’auteur opte pour un écriture taillée à la kalach’, on ne peaufine pas, on ne contourne pas, on va à l’essentiel. Brut de décoffrage. Même la mise en page est en raccord pour prendre le lecteur aux tripes et les tordre jusqu’au point de rupture. Mais (et là encore une vague culpabilité vient jouer les troubles fête) il n’en reste pas moins que c’est superbement écrit. Et les hommes là-dedans ? Ont-ils toujours été des brutes épaisses décérébrées ?
Restent toutefois quelques questions sans réponse ce qui peut être un tantinet frustrant. J’aurai ainsi aimé en apprendre davantage sur ce mystérieux « suicide des femmes ». Idem sur le triste sort de Dora.
Un roman tout en noirceur où l’espoir est un luxe que l’on ne peut s’offrir. Un roman très visuel qui m’a souvent renvoyé à des références (personnelles) cinématographiques, je citerai en vrac : La Colline A Des Yeux, Délivrance et bien entendu Razorback. Difficile aussi de ne pas penser à la série TV (je n’ai pas lu le roman) Zoo dont je dois d’ailleurs regarder la seconde saison…
Un roman qui ne devrait laisser personne indifférent… un des rares romans pour lesquels j’ai pris un peu de recul avant de me ruer sur mon clavier (pas trop, il faut que ça reste une réaction à chaud) pour vous offrir ces quelques mots.

MON VERDICT
jd3dCoup de poing

 
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Publié par le 13 décembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Elizabeth George – L’Etrange Talent De Janet Shore

E. George - L'étrange talent de Janet ShoreD’Elizabeth George je ne connais que les enquêtes de Lynley (et encore, je n’en ai lu que 3), avant de m’attaquer au dernier opus j’ai décidé de sortir des sentiers battus et de m’offrir L’Etrange Talent De Janet Shore en guise de mise en bouche.
Enfant chétive et régulièrement malade, Janet Shore trouve le réconfort dans les livres. C’est ainsi qu’elle se découvre le don de se projeter dans les romans qu’elle lit et même de pouvoir interagir avec les personnages de l’histoire. Elle commettra toutefois une erreur : en parler à Monie, sa meilleure amie…
Ce qui surprend de prime abord est le nombre de pages (le poids d’une fichier numérique n’est pas forcément proportionnel au nombre de pages), tout juste 53. On est donc clairement dans le format nouvelle ; le prix (moins de 7 €) aurait dû me mettre sur la voie.
Deuxième surprise de taille, la forme. Le récit se présente en effet comme un conte (exit les enquêtes policières) mais aussi et surtout une ode à la littérature et aux livres. A vrai dire je me demande même comment il s’est retrouvé au catalogue d’Ombres Noires (comme le laisse supposer leur nom ils sont plutôt spécialisés dans le roman noir)…
Quel lecteur passionné n’envierait pas le don de Janet ? Imaginez le topo : « Janet était en vérité capable de se transporter dans la scène à proprement parler. Et pas en qualité d’observatrice passive, notez bien, mais en participant pleinement à l’histoire. » Une totale interaction avec vos héros préférés et la possibilité de changer le cours du récit !
Bien entendu il y a de nombreuses références littéraires au fil des pages, j’ai reconnu certains titres pour les avoir lus ou en avoir entendu parler, d’autres me sont passés largement au-dessus de la tête sans toutefois nuire à ma lecture du bouquin.
De temps à autres Janet se permet des commentaires pas toujours sympathiques (voire franchement grinçants) sur certains personnages de romans et sur certains titres qu’elle juge indignes de son don (50 Nuances De Grey par exemple mais aussi le Da Vinci Code).
Une courte escapade littéraire dans le monde des livres, fort sympathique et divertissante. Certes je m’attendais à quelque chose de plus sombre (éditeur oblige) mais, passé l’effet de surprise, j’ai apprécié ce moment de détente.

MON VERDICT
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Avec ce titre j’ouvre une série de lectures dédiées aux éditions Ombres Noires, suivront dans l’ordre :
Bienvenue A Cotton’s Warwick de Michaël Mention
Rouge Armé de Maxime Gillio
En Douce de Marin Ledun
Le Carnaval Des Hyènes de Michaël Mention (oui, encore lui)
J’aviserai ensuite selon les aléas de mon Stock à Lire Numérique… de nouveaux titres pourraient venir jouer les invités surprise.

 
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Publié par le 10 décembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] John Connolly – Prière D’Achever

J. Connolly - Prière D'AcheverA croire que je vais finir par prendre goût au format court… En l’occurrence c’est pour moi une bonne occasion de découvrir un écrivain sur lequel je lorgnais depuis déjà quelques temps : John Connolly. Une brève mise en bouche avec sa nouvelle Prière D’Achever.
La vie de M. Berger bascule lorsqu’il voit une jeune femme se jeter sous un train, mais quand la police débarque elle ne trouve rien permettant de confirmer les faits avancés par M. Berger. Plus tard il réalise que la scène dont il a été le témoin semble tout droit sortie du roman Anna Karenine. Quelques temps plus tard la même scène se reproduit, mais cette fois M. Berger intervient aéfin d’interrompre le « suicide ». Dès lors il va chercher à trouver les clés de ce mystère…
Je connais John Connolly de nom pour sa série de polars Charlie Parker, je me suis souvent dit qu’il faudrait que je m’y intéresse de plus près à l’occasion. A l’occasion… Sauf que mon Stock à Lire Numérique a une tendance exponentielle à la croissance.Du coup je repousse et je finis par oublier (j’ai aussi la série Jack Reacher de Lee Child dans la même situation).
Avec cette nouvelle l’auteur s’écarte de son genre de prédilection pour nous offrir un conte fort sympathique qui rend un bel hommage aux livres et à leurs personnages qui nous ont tant fait rêver. A noter que ce titre s’est vu couronné cette année du Edgar Allan Poe Award (Edgar pour les intimes) de la meilleure nouvelle. Ne serait-ce que pour l’inventivité dont l’auteur fait preuve, la récompense est largement méritée.
Le texte est court mais remarquablement bien écrit et plein de trouvailles, j’ai pris un réel plaisir à parcourir avec M. Berger les couloirs de cette bibliothèque hors du commun. Impossible pour le lecteur passionné de ne pas laisser son imagination divaguer sur les possibilités offertes par un tel établissement.
Cerise sur le gâteau, après la nouvelle nous avons le droit à un entretien avec John Connolly, l’auteur apporte quelques éclairages personnels sur son récit.
Pour en finir avec cette courte chronique je dirai simplement que le choix du titre en VF est particulièrement pourri, au mieux ça ne veut rien dire, au pire ça risque d’induire le futur lecteur en erreur…

 
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Publié par le 1 décembre 2014 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Michael Mention – Jeudi Noir

M. Mention - Jeudi NoirUne lecture expresse au menu du jour, avec le très original roman / essai Jeudi Noir de Michael Mention.
Jeudi 8 juillet 1982, Séville. France – RFA, demi-finale de la Coupe du Monde de football. Un match de football qui restera à jamais gravé dans l’histoire de la Coupe du Monde. Un match de football qui réussira à raviver les braises d’une haine que l’on espérait oubliée…
Que les choses soient claires : je n’aime pas le foot ! Oui, je sais que j’ai déjà eu maintes occasions de le dire ; faut croire que je ne me lasse pas de le revendiquer. Alors pourquoi irai-je perdre mon temps à lire un bouquin qui parle presque exclusivement de foot ? Ce n’est pas le choix qui manque dans mon Stock à Lire Numérique.
Même sans être un adepte du ballon rond j’aime me tenir au courant des principaux résultats, notamment quand il s’agit de la Coupe du Monde. Sans pousser le vice jusqu’à suivre tous les matchs je fais en sorte de récupérer les scores (éventuellement les résumés si un score m’interpelle) sur Internet.
Seconde raison, et non des moindres, ce jeudi 8 juillet 1982 j’étais devant la TV pour suivre cette rencontre historique (c’était quand même la première fois que la France arrivait en demi-finale). Pour être tout à fait franc c’est le genre de rencontre où mon coeur balance entre chauvinisme pour mon pays et attrait pour l’équipe adverse. Et oui j’ai toujours, et aujourd’hui encore, apprécié le jeu et la technique de la Mannschaft.
L’auteur nous propose quasiment une reconstitution minute par minute de cette rencontre historique. Pour nous plonger au coeur de l’action il nous place dans la peau d’un joueur fictif de l’Equipe de France ; pas un joueur qui prend la place d’un de ceux qui étaient sur le terrain ce jour-là mais une sorte de douzième homme. Un joueur qui n’influencera en rien le déroulé du match mais qui analyse son déroulement et livre ses pensées.
On a tendance à ne retenir de cette rencontre que le KO de Patrick Battiston, percuté volontairement et de front par Harald Schumacher, le goal allemand ; et surtout l’absence totale de sanction contre la RFA. Mais dès les premières minutes la tension entre les deux équipes était palpable, les allemands ayant de suite opté pour un contact physique musclé.
Il n’en reste pas moins que c’est ce dérapage de Schumacher qui fera dégénérer les choses, ravivant les blessures du passé et les haines de la seconde guerre mondiale… L’auteur expose très habilement cette montée en puissance de la tension aussi bien sur le terrain que dans les gradins (les supporters espagnols soutenaient jusqu’alors la RFA, ils ont pris fait et cause pour la France après la sortie de Battiston).
Pour la petite histoire ce fut la première fois qu’un match de Coupe du Monde ira jusqu’aux tirs au but ; avec le résultat que l’on connait et la qualification de la RFA. Est-ce que les choses auraient été différentes sans l’agression de Schumacher ? Honnêtement je n’en suis pas convaincu, mais je laisse à chacun le soin de forger sa propre opinion.
J’ai dit que l’auteur parlait presque exclusivement de foot, mais par le biais de son joueur imaginaire, il porte aussi un regard critique à la fois sociétal, sociologique et politique sur la société française. On peut adhérer ou non, perso je ne suis pas un nostalgique de l’expérience Mitterandiste (qu’il ne cautionne pas systématiquement je précise).
J’ai lu par curiosité, je n’ai pas forcément été emballé mais pas déçu non plus. Je ne sais pas vraiment à quoi je m’attendais en ouvrant ce livre, le compromis entre fiction et essai m’est apparu comme un bon choix de la part de l’auteur. Une chose est sure, il est indéniable qu’il a dû sacrément se documenter sur le sujet pour nous offrir un récit aussi complet.
Pour ceux et celles qui n’auraient pas vu ce match historique, vous le trouverez facilement et dans son intégralité sur Youtube.

 
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Publié par le 24 novembre 2014 dans Bouquins

 

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