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Archives de Tag: Net Galley

[BOUQUINS] John Wainwright – Une Confession

AU MENU DU JOUR

J. Wainwright - Une confession
Titre : Une Confession
Auteur : John Wainwright
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : USA (1984)
272 pages

De quoi ça cause ?

Source : 4ème de couverture

À cinquante ans, John Duxbury est secrètement déçu par son existence. Son travail est devenu une routine, son mariage sombre dans la grisaille, il ne sait plus comment être heureux.

Bientôt, c’est un drame qui s’abat sur lui. Alors qu’il est en vacances avec sa femme, Maude, celle-ci fait une chute mortelle. Quelques temps plus tard, un homme se présente au commissariat. Il a été témoin des faits et prétend que c’est John qui a poussé sa femme dans le vide. L’inspecteur Harker, chargé de l’enquête, s’engage à corps perdu dans la recherche de la vérité, jusqu’à l’ultime face-à-face.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine serait une réponse qui se suffirait à elle-même.

Parce que John Wainwright est l’auteur de A Table ! et que Claude Miller s’est inspiré de ce roman pour réaliser l’excellent Garde A Vue ; une inoubliable confrontation verbale et psychologique entre Lino Ventura (le flic) et Michel Serrault (le suspect) sur des dialogues de Michel Audiard. Culte !

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée. J’espérais proposer une chronique en avant-première, mais mon emploi du temps professionnel m’a privé de cette opportunité.

Le bouquin s’articule autour d’une alternance de chapitres passant d’une version des faits (un accident ?) à l’autre (un meurtre ?). John Duxbury affirme que la mort de sa femme est accidentelle et nous expose ses vues dans son journal intime. Pour Harry Harker, l’inspecteur chargé de démêler le vrai du faux dans cette affaire, les choses ne sont pas simples ; pour se faire sa propre idée, il va décortiquer les faits et poser des questions à qui de droit, sans forcément y mettre les formes.

Et toi ami lecteur qui vas tu croire ? Tout semble en effet indiquer que John Duxbury n’est pas un mauvais bougre alors que le côté pitbull de Harker n’encourage pas vraiment à l’empathie. Mais force est de reconnaître que c’est un aussi sacré bon enquêteur qui ne prend pas sa tâche à la légère, pas question de lâcher le morceau avant d’être sûr de son fait ! Du coup le lecteur hésite et doute au fil des chapitres, on sent que la confrontation finale ne sera pas une promenade de santé ; et sur ce coup John Wainwright tient toutes ses promesses et va même au-delà. Bien malin celui ou celle qui pourra dire en toute honnêteté « Je le savais » ou « J’en étais sûr » au moment où la vérité sera révélée.

Et dire que le public français aura dû attendre 35 ans pour découvrir cette pépite ! Mais après tout peut-être sommes-nous, avec le recul, plus à même d’apprécier pleinement l’ambiance délicieusement eighties qui se dégage du roman. Mais ne vous fiez pas aux apparences, John Wainwright saura mettre vos nerfs à rude épreuve au fil des pages.

Un roman porté par ses personnages plus que par son intrigue à proprement parler, peu d’action, mais une dimension psychologique juste énorme et superbement maîtrisée par l’auteur. Je serai tenté de définir ce roman comme un polar noir minimaliste, minimaliste étant alors à prendre comme un compliment. Il démontre en effet qu’une intrigue relativement simple, sans déployer une débauche de séquences-chocs, mais portée par des personnages forts peut faire mouche avec autant de force qu’un thriller sanguinolent.

Bien que l’auteur soit américain, c’est sur le sol anglais que se déroule son roman.

Un roman est relativement court (moins de 300 pages), découpé en quatorze parties qui vont à l’essentiel ; une écriture riche qui n’use pas de figures de style inutilement pompeuses. Bref, tout est fait pour assurer une lecture fluide et agréable.

MON VERDICT

 
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Publié par le 18 mars 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Amélie Antoine – Raisons Obscures

AU MENU DU JOUR

A. Antoine - Raisons Obscures
Titre : Raisons Obscures
Auteur : Amélie Antoine
Éditeur : XO Éditions
Parution : 2019
Origine : France
384 pages

De quoi ça cause ?

Juin 2017. Un coup de téléphone de la police va voir le quotidien des familles Kessler et Mariani s’effondrer.

Quelques mois plus tôt, à l’occasion de la rentrée des classes. C’est pour la famille Kessler l’occasion de prendre un nouveau départ après leur récent déménagement. Jusqu’à ce que Laetitia, la mère, croise par hasard son premier amour de jeunesse.

Dans la famille Mariani c’est Frédéric, le père qui doit composer avec une mise au placard professionnelle et Claire, la mère, avec les aboiements incessants du chien du voisin.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Pour me sortir de ma zone de confort (polars et thrillers) et parce que ça faisait déjà quelque temps que j’avais envie de découvrir l’univers, très éclectique, d’Amélie Antoine.

Parce que les éditions Xo et Net Galley ont répondu favorablement à ma demande.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions XO et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Une histoire de familles en apparence ordinaires qui n’avait, de prime abord, pas grand-chose pour me séduire. D’un côté madame cède au démon de midi en retombant dans les bras de celui qui fut son premier amour. De l’autre monsieur essaye de donner le change face à une mise au placard professionnelle qui le mine bien plus qu’il ne voudrait se l’avouer.

C’est ce à quoi laisse penser toute la première partie de ce bouquin. Des histoires sommes toutes assez banales, mais heureusement fort bien écrites. Sous la plume d’Amélie Antoine, ses personnages prennent véritablement vie, on partage leurs moments de questionnements et de doutes comme s’ils étaient nos voisins (sauf que je suis un tantinet ours asocial et que je limite à la stricte courtoise mes contacts avec mes voisins).

Mais cette apparente normalité tranquille n’est que la partie visible de l’iceberg. Les parents Kessler et Mariani ne voient pas (et nous non plus du coup) qu’un véritable drame est en train de couver sous les non-dits et les mensonges pour continuer de donner le change.

Dans la seconde partie de son roman, l’auteure donne la parole aux enfants, Sarah Mariani et Orlane Kessler. Et le voile se lève sur la partie immergée de l’iceberg, le lecteur assiste impuissant (et un tantinet énervé il faut bien se l’avouer) à un drame dont on devine (en partie seulement) les conséquences tragiques.

Un drame malheureusement tout aussi ordinaire de nos jours puisqu’il est question de harcèlement scolaire. Brimade après brimade, humiliation après humiliation, on sent l’issue fatale pointer le bout de son nez sans rien pouvoir faire pour renverser la vapeur et changer le cours des choses. Rarement j’ai autant espéré me tromper sur la fin d’un roman… sans ce foutu coup de fil qui ouvre le bouquin, et qui clôt la première partie, on aurait presque pu y croire.

Là encore la plume d’Amélie Antoine est implacable. Elle nous plonge dans les pensées d’une persécutrice qui ne se rend pas vraiment compte du mal qu’elle fait, et d’une persécutée qui s’enfonce inexorablement sur un chemin sans retour. Une expérience nerveusement éprouvante, mais un formidable talent de conteur devant lequel je ne peux que m’incliner.

Il serait tentant de jeter la pierre aux parents en les accusant d’être tellement focalisés sur leurs « petits » tracas qu’ils n’ont pas vu ce qui se jouait quasiment sous leurs yeux ; mais bien malin(e) celui ou celle qui peut affirmer, en toute honnêteté, que ça n’aurait jamais pu arriver à ses propres enfants. Surtout quand, comme c’est le cas ici, l’enfant victime prend sur lui.

Amélie Antoine le dit fort justement dans son interview sur le site de l’éditeur :

La question à laquelle j’avais envie – besoin – de réfléchir, c’était celle de savoir (sans aucun jugement) comment il est possible de passer complètement à côté de la souffrance de son enfant, comment on peut penser le connaître et se rendre compte – trop tard – qu’il n’en est rien…

Et un peu plus tard dans le même entretien :

Certes, les parents Kessler et Mariani sont pris par d’autres choses, comme n’importe quels êtres humains, mais ils n’en sont pas moins aimants ou attentifs… De l’autre côté, il y a des enfants qui se taisent, qui se murent dans le silence, qui ne veulent pas déranger, pas trahir, pas se montrer faibles…

Un roman qui, contre toute attente, m’a pris aux tripes. Mais comme je suis aussi un tantinet maso sur les bords, il m’a aussi donné l’envie d’aller plus avant dans la découverte des romans d’Amélie Antoine.

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Coup de poing

 
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Publié par le 6 mars 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Dathan Auerbach – Bad Man

AU MENU DU JOUR

D. Auerbach - Bad Man
Titre : Bad Man
Auteur : Dathan Auerbach
Éditeur : Belfond
Parution : 2019
Origine : USA (2018)
448 pages

De quoi ça cause ?

Ben, 15 ans, se rend au supermarché accompagné de son petit frère, Eric, 3 ans, il suffit d’une seconde d’inattention pour que ce dernier disparaisse sans laisser la moindre trace.

Cinq ans plus tard, Ben est embauché comme magasinier dans ce même supermarché. Le jeune homme n’a jamais renoncé à l’idée de retrouver son frère disparu ; cet emploi pourrait être l’occasion d’explorer de nouvelles pistes dans sa quête de la vérité…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’est en parcourant le calendrier des sorties que je suis tombé sur ce bouquin. Comme souvent c’est d’abord la couv’ qui a retenu mon attention, le pitch n’a fait qu’attiser un peu plus ma curiosité et mon intérêt.

Les éditions Belfond et Net Galley ayant répondu favorablement à ma demande, j’avais alors toutes les cartes en main pour voir si ce roman tiendrait toutes ses promesses.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Belfond et Net Galley qui ont accepté ma sollicitation.

Ne passez pas votre chemin avec un dédaigneux : « encore une histoire de disparition » ; vous passeriez à côté de l’essence même de ce roman. Certes le bouquin s’ouvre sur un enfant qui disparaît, très probablement victime d’un enlèvement ; mais si le point de départ est relativement classique, la suite des événements l’est nettement moins…

Exit l’enquête de police au lendemain de ladite disparition. Au lieu de ça Dathan Auerbach démarre véritablement son intrigue cinq ans après la disparition d’Eric. On retrouve Ben, un grand frère rongé par la culpabilité (avérée ou non, la question ne manquera pas de revenir sur le tapis au fil des chapitres) mais qui garde au fond de lui l’espoir de retrouver son frangin.

Il faut dire qu’il n’est pas aisé pour Ben de se reconstruire au sein de sa famille, chacun gérant à sa façon la douleur et la peine. Pour Clint, son père, essayer de ne pas évoquer ce qui s’est passé pourrait être la voie vers la guérison. Alors que Deirdra, sa belle-mère, semble entretenir sa douleur en vouant un véritable culte à Eric ; et en considérant Ben comme l’unique responsable de sa disparition.

L’auteur livre le portrait d’une famille explosée par le drame qui les a frappés, un portrait poignant à la fois par sa justesse que par sa dureté. Une famille étouffée par les non-dits qui peine, à renouer de véritables liens (le veulent-ils vraiment ?). Une famille au bord de l’implosion, à travers le portrait que nous dresse l’auteur on devine que le moindre pet de travers peut faire voler en éclat cet équilibre de façade.

Le fait que Ben trouve un job précisément dans le supermarché où Eric a disparu ne va certainement pas contribuer à la bonne ambiance familiale. Mais ce sera aussi pour Ben l’occasion de s’extirper de ce cocon familial anxiogène… quoique, les événements pourraient bien s’avérer encore plus éprouvants pour un jeune homme déjà bien malmené par la vie.

Bien qu’écrit à la troisième personne le roman vous invite à partager l’expérience vécue par Ben, et le moins que l’on puisse dire c’est que la traversée en sa compagnie ne sera pas de tout repos. Si le plus souvent vous aurez envie de le soutenir dans ce qu’il traverse, force m’est d’avouer que j’ai eu parfois envie de lui cogner la tête contre les murs pour lui faire comprendre qu’il ne pouvait que faire fausse route.

Il est des romans avec lesquels vous vous laissez (mal)mener par l’auteur sans réellement chercher à démêler le sac de nœuds dans lequel il vous embarque; d’autres au contraire où vous ne pourrez vous empêcher, au fil de la lecture, d’échafauder des hypothèses encore et encore… quitte à ce qu’elles soient complètement contradictoires les unes par rapport aux autres et parfois même contraires à votre intime conviction. C’est exactement l’effet que m’a fait le roman de Dathan Auerbach, impossible d’être simple spectateur de son intrigue… Et je ne vous cacherai pas que si je me suis approché de la vérité, j’étais loin d’imaginer que la clé de l’énigme serait aussi tordue (dans le bon sens du terme).

La majeure partie du roman va se dérouler au sein de ce fameux supermarché, en dehors des heures d’ouverture ; Ben y rencontrera des collègues de travail et devra bien entendu côtoyer son patron. Si certains personnages vous apparaîtront plus sympathiques que d’autres, vous ne pourrez vous empêcher, tout comme Ben, de vous poser, tôt ou tard, des questions sur chacun d’entre eux.

L’accroche du roman fait référence au Shining de Stephen King, si la comparaison peut sembler audacieuse il n’en reste pas moins vrai que ce supermarché finira par devenir aussi flippant que l’Overlook Hotel ; bien que situé dans un milieu nettement moins hostile. On en arriverait presque à le considérer comme étant un personnage (malsain) à part entière de l’intrigue.

Bad Man est le second roman de Dathan Aurbach, mais le premier traduit en français. S’il n’est pas exempt de défauts (certains points auraient mérités d’être approfondis), ça reste pour moi une fort sympathique découverte. Un thriller à l’intrigue rondement menée qui n’en finira pas de vous faire tourner en bourrique.

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Publié par le 25 février 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Chi Wei-Jan – Rue Du Dragon Couché

AU MENU DU JOUR

Chi Wei-Jan - Rue Du Dragon Couché
Titre : Rue Du Dragon Couché
Auteur : Chi Wei-Jan
Éditeur : Calmann-Lévy
Parution : 2019
Origine : Chine (2011)
464 pages

De quoi ça cause ?

À l’aube de ses 50 ans, Wu Ch’eng renonce à sa carrière dans l’enseignement et à son confort pour s’installer comme détective privé dans un quartier pauvre de Taipei.

Sa première cliente est une mère de famille qui s’inquiète du fait que sa fille, depuis peu, refuse de parler à son père. Wu va alors prendre l’homme en filature afin de comprendre le pourquoi du comment du différend familial.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

En plus de solliciter des titres que j’ai dans le collimateur, je compte mettre à profit l’offre Net Galley pour découvrir de nouveaux horizons, des titres à côté desquels je serai peut-être passé sans m’arrêter.

La couv’ du présent bouquin m’a fait de l’œil, la curiosité a fait le reste… Les éditions Calmann-Lévy et Net Galley ayant accepté ma demande, j’ai pu embarquer pour Taiwan.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Calmann-Lévy et Net Galley qui ont donné une suite favorable à ma demande.

Si vous voulez profiter pleinement de ce bouquin, je vous invite à ne pas lire la quatrième de couverture. En effet celle-ci est beaucoup trop bavarde et pas forcément représentative de l’intrigue.

Si, comme moi, vous ne connaissez pas Taiwan alors le dépaysement va être assuré avec ce roman. L’auteur nous plonge au coeur de la culture et des us et coutumes du moins chinois des territoires Chinois. Une île tiraillée entre tradition et modernisme, entre Orient et Occident.

À force de lire des polars et thrillers, j’ai croisé toutes sortes de privés, mais force est de reconnaître que jamais encore je n’en avais croisé un qui ressemble à Wu Ch’eng, le héros imaginé par Chi Wei-jan. Non seulement le gars décide, quasiment sur un coup de tête, de s’autoproclamer détective privé, mais en plus il n’en a strictement aucune compétence (tout ce qu’il sait du métier lui vient de sa passion pour les romans policiers).

Notre sympathique détective débutant va donc se lancer corps et âme dans sa première affaire. Une enquête pas franchement palpitante qui permet de planter le décor et de poser les personnages. L’intrigue ne démarrant réellement que quand le chemin de Wu Ch’eng va croiser la route d’un tueur en série.

Une enquête ponctuée de nombreuses digressions de notre héros sur des sujets divers et variés, du plus sérieux au plus futile ; digressions non dénuées d’humour et d’une touche de cynisme. Un improbable fourre-tout qui pourrait devenir lassant pour le lecteur, mais il n’en est rien. L’auteur revient au cœur de son intrigue avant que le lecteur n’atteigne le point de rupture.

Une enquête qui, presque contre toute attente, tient plutôt bien la route d’un point de vue strictement policier sans non plus être menée à un train d’enfer. L’ensemble est plutôt bien dosé et correctement amené, juste ce qu’il faut pour nous donner l’envie de découvrir le fin mot de l’histoire.

La principale force du roman tient dans ses personnages, à commencer bien entendu par Wu Ch’eng, mais l’auteur apporte aussi beaucoup de soin à ses personnages secondaires. Difficile de ne pas céder aux charmes de tout ce petit monde.

Je ne serai pas surpris d’apprendre que Wu Ch’eng et ses amis sont appelés à revenir dans d’autres aventures littéraires ; en tout cas c’est l’impression que me laisse la fin du présent roman. Si tel devait être le cas, c’est avec plaisir que je serai fidèle au rendez-vous.

Avec ce premier roman, Chi Wei-jan a su séduire un large public, mais aussi la critique ; ce bouquin a en effet raflé plusieurs prix littéraires à Taiwan. Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, une adaptation pour le cinéma serait d’ores et déjà en chantier.

MON VERDICT

 
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Publié par le 18 février 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Anders Roslund & Börge Hellström – 3 Secondes

AU MENU DU JOUR

Roslund & Hellström - 3 Secondes
Titre : 3 Secondes
Auteurs : Ander Roslund & Börge Hellström
Éditeur : Mazarine / Fayard
Parution : 2019
Origine : Suède (2009)
592 pages

De quoi ça cause ?

Piet Hoffmann mène une double vie. Le bon mari et bon père de famille est aussi un infiltré au sein d’une puissante organisation criminelle polonaise qui souhaite étendre son activité en Suède en prenant le contrôle du trafic de drogue en milieu pénitentiaire.

Lorsqu’une opération de routine se solde par une exécution dans un appartement au cœur de Stocklom, le détective Ewert Grens est bien déterminé à résoudre cette affaire. Au risque de faire voler en éclat la couverture de Piet Hoffmann alors qu’il prépare une ultime opération potentiellement décisive dans la lutte contre le crime organisé…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que le duo Roslung et Hellström est souvent présenté comme la relève de Stieg Larsson, l’auteur de la trilogie Millénium. Qui plus est il semblerait que cette trilogie, 3 Secondes, 3 Minutes , 3 Heures ait connu un énorme succès en Scandinavie et au-delà.

Les éditions Fayard et Net Galley ayant donné une suite favorable à ma demande, je vais pouvoir me faire ma propre idée sur la chose…

Ma Chronique

Je remercie les éditions Fayard et la plate-forme Net Galley qui ont répondu favorablement à ma sollicitation.

Et on va commencer par crever l’abcès en pointant tout de suite le plus gros défaut de ce roman, à savoir sa quatrième de couverture qui est beaucoup trop bavarde. En quelques lignes on nous dévoile plus de la moitié du bouquin ! Un tel amateurisme (sans parler du manque de respect pour les lecteurs) est indigne d’un éditeur comme Fayard.

C’est d’autant plus regrettable que, à l’instar de Stieg Larsson avec son premier tome de la trilogie Millénium, les auteurs prennent leur temps pour mettre en place le contexte et ses enjeux. Et vlan, tout l’effet recherché est balayé en l’espace de quelques lignes mal pensées (pour rester poli).

Anders Roslund et Börge Hellström apportent effectivement beaucoup de soin à la mise en place de leur intrigue, une lenteur assumée qui aurait pu nuire au plaisir du lecteur, mais il n’en est rien ; au fil des chapitres on a pleinement conscience de l’importance des enjeux et donc de la nécessité de déplacer ses pions avec prudence, sans précipitation.

La montée en puissance se fait progressivement jusqu’au changement radical de rythme à partir du moment où Piet Hoffmann est incarcéré (incarcération qui donne le coup d’envoi de l’opération qu’il a monté avec son agent de liaison) ; il faut dire que la mécanique, d’apparence parfaitement huilée, va rapidement s’enrayer et échapper à tout contrôle. Et Piet Hoffmann se retrouver seul contre tous…

Le lecteur, qui jusqu’alors parcourait tranquillement ce roman, page après page, se retrouve totalement happé par ce changement de rythme, partagé entre l’envie de tourner frénétiquement les pages afin de savoir comment tout ça va se terminer, et celle de profiter pleinement de chaque passage, faisant fi, tant bien que mal, des brusques montées d’adrénaline qui ne manqueront pas de l’assaillir !

Il leur était déjà arrivé de griller des informateurs. Nous ne savons pas qui il est. De laisser tomber des infiltrés, lorsque les questions commençaient à pleuvoir. On ne travaille pas avec des criminels. De regarder ailleurs quand la chasse était lancée et que l’organisation criminelle infiltrée réglait les choses à sa manière.
Mais jamais dans une prison, jamais dans un lieu clos et sans issue.

Ce premier opus a été publié en 2009 en Suède, et, fort de son succès, traduit en plusieurs langues. Il aura quand même fallu attendre 10 ans pour que le public francophone puisse enfin bénéficier d’une traduction. C’est long, mais franchement ça valait le coup d’attendre !

D’un autre côté cette attente ne présente pas que des inconvénients, les deux prochains opus, 3 Minutes et 3 Heures sont en effet respectivement annoncés pour mars et mai 2019. Le public suédois aura dû attendre 2016 (Tre Minuter), puis 2018 (Tre Timmar écrit sans Börge Hellström, décédé en 2017), pour avoir le fin mot de l’histoire…

J’ai découvert le duo Roslund & Hellström avec ce roman, mais ils sont loin d’être des novices du genre ; ils ont notamment à leur actif quatre romans faisant intervenir Ewert Grens et son équipe. Si leur enquêteur fétiche n’est pas le personnage central de 3 Secondes, il n’en reste pas moins un intervenant majeur (parfois presque à l’insu de son plein gré) dans le déroulé de l’intrigue.

Quel étrange spécimen ce Ewert Grens… Certes il doit composer avec les fantômes de son passé, mais c’est un peu facile de se planquer derrière eux pour justifier ses brusques poussées de colère et un comportement qui flirte parfois avec l’irrationnel. Le gars n’a pas que des défauts, c’est notamment un enquêteur tenace qui ne lâche pas le morceau avant d’être certain de n’avoir négligé aucune piste (et dans la présente enquête, il a largement de quoi se triturer les neurones). Il n’en reste pas moins que je n’ai pas du tout accroché au personnage (sauf peut-être en ce qui concerne son côté asocial, allez savoir pourquoi).

Ce n’est toutefois le plus méprisable des individus que vous croiserez dans ce roman. Que les criminels soient des ordures n’étonnera personne, après tout ils sont payés pour ça, difficile de leur reprocher de faire leur job dans ces conditions. Les pires spécimens en l’occurrence sont plutôt les ronds de cuir qui retournent leur veste selon le sens du vent, n’hésitant pas à sacrifier les autres du moment que cela serve ou protège leurs intérêts.

Heureusement en face de tout ce beau monde Piet Hoffmann ne manque pas de ressources quand il s’agit d’assurer ses arrières ou d’évoluer en terrain hostile. Et Dieu sait que les auteurs ne manqueront pas de lui en faire voir de toutes les couleurs.

Malgré un démarrage un peu poussif, j’ai été plus que convaincu par ce bouquin. Un thriller aussi haletant que captivant, mené de mains de maître. Une mise en bouche plus que prometteuse, il me tarde découvrir la suite…

Fort du succès du roman, une adaptation pour le cinéma devrait voir le jour en août 2019 ; la chose s’appellera The Informer et sera réalisée par Andrea Di Stefano. C’est Joel Kinnaman qui interprétera le rôle de Piet Hoffmann… rebaptisé pour l’occasion Pete Koslow, américanisation du scénario oblige. Pas sûr que ce soit du meilleur augure quand on voit ce que Hollywood a fait de Millénium.

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Publié par le 13 février 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Lou Berney – November Road

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L. Berney - November Road
Titre : November Road
Auteur : Lou Berney
Éditeur : Harper Collins
Parution : 2019
Origine : USA (2018)
384 pages

De quoi ça cause ?

22 novembre 1963, John F. Kennedy, le président des États-Unis, est abattu à Dallas.

Frank Guidry, fidèle lieutenant d’un caïd de la pègre de la Nouvelle-Orléans, sait que la version officielle est un leurre. Peut-être même en sait-il un peu trop, au risque de devenir gênant pour son patron. Dans le doute, Frank préfère prendre les devants et fuir.

Charlotte Roy est elle aussi en cavale. Accompagnée de ses deux filles elle a décidé de tout plaquer pour échapper à une vie toute tracée dans laquelle elle ne se reconnaît pas et à laquelle elle ne souhaite pas condamner ses filles.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Par curiosité, le ptich m’a plu alors pourquoi ne pas m’offrir une petite escapade dans les sixties ?

Harper Collins et Net Galley ayant répondu favorablement à ma demande, j’ai pu découvrir ce roman en avant-première (sortie le 6 février).

Ma Chronique

Je remercie les éditions Harper Collins et Net Galley d’avoir accepté de donner suite à ma sollicitation.

Avant d’attaquer ce roman, je n’avais jamais entendu parler de Lou Berney, il faut dire que November Road, son cinquième roman (le dernier en date), est le premier titre traduit en français. Outre Atlantique, l’auteur est considéré comme l’une des étoiles montantes de la littérature policière.

L’assassinat de JFK est très certainement considéré par beaucoup d’Américains comme l’une des pires tragédies de l’histoire contemporaine des USA (avec les attentats du 11 septembre 2001). Pour donner corps à son roman, l’auteur s’écarte de la thèse officielle et impute clairement l’assassinat au crime organisé. Toutefois November Road n’est pas un énième roman consacré à l’assassinat de JFK, disons que c’est juste l’élément déclencheur de l’intrigue…

Le bouquin s’articule autour de trois personnages principaux.

D’abord il y a Frank Guidry, qui en l’espace de quelques jours va passer de chouchou du parrain local à homme à abattre. Quand on fait connaissance du bonhomme, il n’inspire pas vraiment confiance ; un égoïste ambitieux prêt à vendre père et mère pour rester dans les petits papiers de son boss et préserver sa position. Rapidement on finira malgré tout (et presque malgré soi) par s’attacher au personnage.

Puis il y a Charlotte Roy, une jeune femme qui décide, du jour ou lendemain, de tout plaquer dans l’espoir d’un avenir plus radieux pour elle même et pour ses filles. Une nana qui s’avérera bien plus forte qu’elle n’en donne l’impression.

Notre troisième larron est Paul Barone, le bras armé de Carlos (le big boss de la pègre de la Nouvelle-Orléans) ; un tueur implacable lancé sur la piste de Frank Guidry.

L’ami Frank entend bien se servir de Charlotte et ses filles afin de brouiller les pistes dans l’espoir de se débarrasser de Barone. Sauf que rien ne se passera comme prévu, pour le meilleur et pour le pire… Au fil des chapitres on alterne entre les points de vue de nos trois gugusses.

Lou Berney apporte un soin tout particulier à ses trois héros, sans pour autant négliger les autres personnages de son récit ; c’est incontestablement une des grandes forces de ce roman.

Avec eux on embarque pour un road trip entre la Nouvelle-Orléans et Las Vegas. Un voyage qui sera ponctué de nombreuses étapes et de quelques détours malgré l’urgence de la situation…

A l’heure où la plupart des polars et thrillers sont construits autour d’un rythme effréné, Lou Berney prend le temps de flâner le long des chemins de traverse plutôt que de foncer comme un dératé. Et le pire (façon de parler) c’est que sa recette fonctionne à merveille, son bouquin est à tout point captivant, non seulement on ne s’ennuie pas une minute alors que les chapitres défilent, mais en plus on ne lâche le roman qu’à regret.

C’est à la Nouvelle-Orléans que le jazz est né, et donc forcément ce genre musical tient une place à part dans le cœur des personnages. Ainsi Frank est un grand fan d’Art Pepper, quant à Barone, il est littéralement obsédé par le morceau ‘Round Midnight et ses multiples interprétations.

Quant à Charlotte, elle serait plutôt attirée par un petit jeune à la voix nasillarde qui essaye de s’imposer avec le titre Don’t Think Twice, It’s Alright (vous aurez, j’en suis sûr, reconnu Bob Dylan).

C’est la curiosité qui m’a poussé à ouvrir ce bouquin, je le referme totalement convaincu. J’espère que Harper Collins n’entend pas s’arrêter en si bon chemin avec cet auteur et qu’ils nous donneront l’occasion de découvrir ses précédents romans.

MON VERDICT

 
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Publié par le 1 février 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jonathan Theroude – Terminus

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J. Theroude - Terminus
Titre : Terminus
Auteur : Jonathan Theroude
Éditeur : Éditions Nouvelle Bibliothèque
Parution : 2018
Origine : France
221 pages

De quoi ça cause ?

Vincent Kaplan avait tout pour être heureux… puis il a tout foutu en l’air, bêtement.

Une erreur et ses conséquences qu’il a voulu noyer dans l’alcool, encore et encore… Mais aujourd’hui, après quinze années d’errance, il est déterminé à se reprendre en main…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Au risque de vous paraître bizarre, je dirai que je n’en sais rien… J’ai choisi ce bouquin à l’instinct, sans vraiment savoir de quoi il parlait.

La couv’ m’a tapé dans l’œil (aïe, ça fait mal) avec son gars qui pénètre dans un tunnel dont on ne voit pas l’issue. Faut il y voir une métaphore avec la mort et sa fameuse lumière blanche si l’on en croit les témoignages post EMI (Expériences de Mort Imminente) ?

Ma Chronique

Je remercie les éditions Nouvelle Bibliothèque et Net Galley qui ont donné une suite favorable à ma demande.

Le bouquin reçu étant au format PDF j’ai d’abord été tenté de ne pas le lire. Finalement j’ai remonté mes manches, pris mon courage à deux mains et… créé une version epub maison. Du coup plus rien ne s’opposait à ce que je lise ce bouquin sollicité sur un coup de tête.

Un bouquin classé dans la catégorie thriller, mais je serai plutôt tenté de dire que c’est un roman noir qui décrit le parcours tristement ordinaire d’un homme tout aussi ordinaire. Un gars qui avait tout pour être heureux (vu de l’extérieur en tout cas), qui fout tout en l’air sur une connerie (une erreur certes banale, mais ça n’en reste pas moins une grosse connerie) et pense trouver refuge dans l’alcool ; la spirale infernale de l’alcoolisme fera le reste (sur ce point il n’a pas encore complètement touché le fond, il a encore un job et un appart).

Sans forcément éprouver une quelconque empathie pour le personnage de Vincent Kaplan (qui reste un concentré d’égocentrisme pendant la quasi-totalité du roman), je n’ai pas pour autant eu envie de le clouer au pilori. Comme dirait l’autre (le punaisé sur sa croix) : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ! ».

Les chapitres alternent entre le présent (Vincent Kaplan trouve une planche de salut au sein d’une cellule des Alcooliques Anonymes) et les flashbacks qui nous font revivre son ascension et sa dégringolade. Il est alors facile de se dire « bien fait pour sa gueule » (nul besoin de sortir de Normale Sup’ pour deviner la nature de son erreur), pour ma part j’ai préféré m’attacher à ses efforts pour s’en sortir.

Mon terme « parcours ordinaire » ne s’adresse heureusement pas à tout le monde, je cible plutôt ceux et celles (mesdames vous n’êtes pas à l’abri d’une connerie) qui ratent le coche à un instant T et espèrent que l’alcool leur fera oublier leur erreur et ses conséquences. Il n’en reste pas moins que les derniers chapitres vont brutalement extraire Vincent Kaplan de cette « normalité ». Je ne saurai dire exactement pourquoi et comment, mais j’ai senti venir ce choc final (sans doute au nom de la fameuse Loi de l’Emmerdement Maximum qui affirme que tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera mal).

Soit dit en passant j’ai trouvé le personnage de Marie, la fille de Vincent, pas forcément très bien lotie dans son traitement. La nana est tout de même un tantinet parano au niveau de sa relation à autrui, et pas franchement futée (quelle idée de s’endormir lors d’un trajet si tu ne descends pas au terminus). J’dis ça, j’dis rien…

Un coup de tête qui se solde par une agréable surprise, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce bouquin ; la preuve, je l’ai dévoré quasiment d’une traite.

MON VERDICT

 
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Publié par le 25 janvier 2019 dans Bouquins

 

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