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[BOUQUINS] Ludovic Lancien – Les Oubliés De Dieu

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L. Lancien - Les oubliés de Dieu

Titre : Les Oubliés De Dieu
Auteur : Ludovic Lancien
Éditeur : Hugo
Parution : 2020
Origine : France
494 pages

De quoi ça cause ?

Un médecin généraliste est retrouvé mort à son cabinet ; le(s) meurtrier(s) se sont acharnés sur leur victime pour le massacrer et le mutiler.

Rapidement les policiers chargés de l’enquête découvrent que sous une respectabilité de façade, la victime cachait de sombres secrets. Des secrets qui pourraient bien les mener sur la piste du (ou des) coupable(s)… une piste jalonnée de cadavres.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Le pitch me semblait prometteur. Et ça faisait déjà un moment que l’envie de découvrir cet auteur me titillait.

J’ai laissé passer le coche avec son premier roman, Le Singe D’Harlow, qui a rapidement rejoint mon Stock à Lire Numérique… avant de s’y perdre, noyé dans la masse. Après m’être assuré auprès de Ludovic Lancien que ce roman pouvait être lu indépendamment du précédent, je me suis lancé.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Hugo et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

À l’origine c’est Ludovic Lancien qui m’a contacté via Facebook afin de me proposer de découvrir son roman. Offre que j’ai accepté, après m’être assuré qu’il pouvait être lu indépendamment de son précédent (et premier) roman. La maison d’édition devait me faire parvenir le fichier epub mais ça a cafouillé quelque part… C’est pourquoi j’ai proposé à l’auteur de faire une demande en bonne et due forme via Net Galley.

Comme souvent dans un thriller, le roman s’ouvre sur une scène de crime (passé un prologue pour le moins énigmatique… qui prendra tout son sens bien plus tard), une scène crime qui plonge directement le lecteur dans le grand bain ! La victime, un médecin généraliste sans histoire, a été littéralement déchiquetée par son ou ses assassins. Qu’est-ce qui bien justifier un tel acharnement ? Une telle haine ?

C’est une des nombreuses questions qui se poseront à l’équipe chargée de l’enquête, et tout particulièrement au capitaine Gabriel Darui. Et si je vous disais qu’une partie de la réponse réside dans la tératologie. Ça vous fait de belles jambes ? J’avoue que moi aussi j’ai découvert ce terme à la lecture du roman.

Étymologiquement parlant la tératologie est l’étude des monstres (du grec ancien tératos, signifiant monstres). La définition du Larousse apporte un éclairage plus scientifique au terme : « Science qui traite des anomalies et des malformations liées à une perturbation du développement embryonnaire ou fœtal. »

Entre de mauvaises mains, ce genre de centre d’intérêt peut aboutir aux pires dérives (je pense notamment aux idées nauséabondes du régime nazi). Notre brave Docteur Mievel, la victime, n’est certes pas un adepte du Dr Mengele, mais ses intentions ne sont pas pour autant louables. L’apparente respectabilité du toubib commence à se fissurer… et ce n’est que le début !

Le titre du roman est une référence directe à la tératologie, les « oubliés » en question désignant ces fameux « monstres ». Comme vous pourrez le constater à la lecture du bouquin, la tératologie n’est pas que prétexte aux plus sombres dérives de l’âme humaine ; elle peut aussi donner lieu à des initiatives pleines d’humanité et d’empathie.

Ludovic Lancien nous offre une intrigue aussi intelligente que captivante, le lecteur est tenu en haleine quasiment non-stop au vu des nombreux rebondissements et retournements de situation.

L’autre force du roman réside dans ses personnages. À commencer par Gabriel, en plus d’être confronté à une enquête particulièrement éprouvante, il doit faire face à une situation personnelle douloureuse. Pauline, son épouse, est en phase terminale d’un cancer qu’elle affronte la tête haute, malgré la douleur qui l’accable, Gabriel n’a pas le droit de flancher.

Le reste de l’équipe est composé d’Éric ‘Le Bélier’ Blasco, chef de groupe bourru, mais au grand cœur, Noémie Egawa, lieutenant au tempérament sanguin et Jérémy Perrin, jeune lieutenant qui vient d’intégrer le Bastion.

Les autres personnages du roman ne sont pas pour autant laissés pour compte, c’est volontairement que je fais l’impasse sur eux afin de laisser intact le plaisir de la découverte.

Avec ce thriller fortement teinté de noir (pour l’ambiance générale) et de rouge (pour l’hémoglobine), Ludovic Lancien signe quasiment un sans-faute. J’ai été bluffé de bout en bout.

Si le roman peut effectivement être lu et apprécié indépendamment du Singe D’Harlow, il m’a en tout cas donné envie de découvrir ce premier roman. Ne serait-ce que pour en apprendre plus sur ce mystérieux Lucas, le prédécesseur du Bélier.

MON VERDICT
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Publié par le 14 janvier 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Karine Giebel – Chambres Noires

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K. Giebel - Chambres noires
Titre : Chambres Noires
Auteur : Karine Giebel
Éditeur : Belfond
Parution : 2020
Origine : France
272 pages

De quoi ça cause ?

Quatre nouvelles inédites dont les héros, ou anti-héros, incarnent et dénoncent tour à tour les manquements de notre société. Quatre histoires pour lesquelles Karine Giebel emprunte les titres de grands films qui l’ont marquée.

Trois nouvelles déjà parues dans Treize à table ! (éditions 2017, 2018 et 2019) au profit des Restos du Cœur, plus une nouvelle écrite en plein confinement et publiée dans Des mots par la fenêtre au profit de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Karine Giebel, même si je ne suis pas forcément un grand fan du format nouvelle, je sais que l’auteure excelle dans le genre.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Belfond et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Visuellement la couv’ donne le ton en associant littérature et cinéma, un choix plus que judicieux compte tenu de la situation sanitaire et ses conséquences sur le monde de la culture (tout particulièrement le cinéma et les cinémas, lourdement impactés par les diverses mesures de distanciation sociale).

Les quatre premières nouvelles du présent recueil sont des inédits portant chacune le titre d’un film qui compte aux yeux de l’auteure ; soit dit en passant les titres choisis collent parfaitement au contenu de leur nouvelle.

C’est pour Karine Giebel l’occasion de confronter ses personnages aux dysfonctionnements de notre société, qu’il s’agisse du laxisme (avéré, présumé ou ressenti… telle est la question) de la justice,  des inégalités et injustices sociales qui frappent de plus en plus de monde ou encore la situation des personnes âgées en EHPAD avant et pendant la crise sanitaire liée au COVID-19.

Ces quatre nouvelles sont de loin les plus intéressantes et les plus intenses du présent recueil ; les plus longues aussi, à elles seules elles représentent pas loin de 75% du bouquin.

Voici mes notes (sur 5) pour ces quatre nouvelles :

Le Vieux Fusil (Robert Enrico – 1975) : 5
L’Armée Des Ombres (Jean-Pierre Melville – 1969) : 4
Un Monde Parfait (Clint Eastwood – 1993) : 4
Au Revoir Les Enfants (Louis Malle – 1987) : 5 (voire 6)

Les quatre nouvelles suivantes sont des rééditions parues précédemment dans des recueils caritatifs ; une dans le recueil Des Mots Par La Fenêtre au profit de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, les trois autres dans les éditions 2017, 2018 et 2019 du recueil 13 À Table ! au profit des Restos du Cœur.

Des nouvelles que je découvre n’ayant pas eu l’occasion de lire les recueils en question. Des textes courts, mais percutants.

Des nouvelles qui collent parfaitement à l’actualité du moment, la crise sanitaire ayant eu de lourdes conséquences économiques, les Restos du Cœur sont plus que jamais sollicités. Le rêve de Coluche, que son initiative solidaire ne dure qu’un ou deux ans avant un retour à une situation plus acceptable, apparaît malheureusement plus que jamais comme une utopie.

Mon verdict pour ces quatre nouvelles :

Sentence (Des Mots Par La Fenêtre – 2020) : 5
Dans Les Bras Des Etoiles (13 À Table ! – 2018) : 4
Les Hommes Du Soir (13 À Table ! – 2019) : 4
L’Escalier (13 À Table ! – 2017) : 4

Un recueil qui regroupe des nouvelles très différentes les unes des autres, mais l’on reconnaît sans mal la griffe de Karine Giebel, que l’approche soit événementielle ou sociétale, elle reste fortement teintée de noir. Une approche qui n’empêche pas l’auteure d’accorder une grande place à la dimension humaine de ses récits en mettant en avant les sentiments (bons ou mauvais) des uns et des autres ; sur ce dernier point, mention spéciale à la nouvelle Au Revoir Les Enfants qui ne devrait laisser personne indifférent tant elle sonne juste et vrai.

Avec ces huit nouvelles Karine Giebel confirme qu’elle maîtrise à la perfection les règles de cet exercice délicat, en quelques pages elle vise juste et fait passer son message droit au cœur et aux tripes. Indéniablement elle compte parmi les grands noms du genre, et pas seulement parmi les auteurs francophones, je n’hésite pas à la mettre quasiment au même niveau que Stephen King, un autre cador (sinon LE cador) en matière de nouvelle.

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Publié par le 30 décembre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Roz Nay – La Sentinelle

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R. Nay - La sentinelle
Titre : La Sentinelle
Auteur : Roz Nay
Éditeur : Hugo
Parution : 2020
Origine : Canada
313 pages

De quoi ça cause ?

Lorsque sa sœur Ruth s’invite chez elle, dans cette station du Colorado devenue son refuge et le point d’ancrage de sa nouvelle vie, Alex Van Ness comprend très vite que le monde qu’elle s’est construit à grand-peine est menacé.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que le pitch, bien que d’apparence classique, a su titiller ma curiosité.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Hugo et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Il est des bouquins qui, malgré une quatrième de couv’ proposant un pitch plutôt classique, me font quand même envie. La Sentinelle fait partie de ceux-là.

La Sentinelle est le second roman de Roz Nay, mais pour moi ce sera une découverte (même si son premier roman, Notre Petit Secret, a rejoint mon Stock à Lire Numérique depuis un temps plus que certain).

De prime abord donc on serait tenté de croire que l’on a entre les mains un énième thriller psychologique, mais dans les faits le bouquin est bien plus complexe que cela. C’est avant tout l’histoire d’une famille – et tout particulièrement de deux sœurs – brisée par un dramatique accident qui sera le prélude à une inexorable érosion du tissu familial.

Les chapitres alternent donc entre les points de vue des deux sœurs, Ruth, l’aînée qui refait surface dans la vie de sa sœur après avoir disparu durant de longues années, et Alex, la cadette qui s’est construit une nouvelle vie en tirant définitivement un trait sur son passé.

Force est de reconnaître qu’au départ les apparences ne jouent pas franchement en faveur de Ruth ; on a clairement l’impression qu’elle est le mouton noir de la famille Van Ness et la cause de tous leurs déboires. Malgré tout, certains indices (notamment des remarques de Ruth) viennent planter les graines du doute dans l’esprit du lecteur.

Au fil des chapitres on est confronté à deux versions radicalement différentes de l’histoire de la famille Van Ness ; difficile de trancher en faveur de l’une ou de l’autre tant elles nous sont présentées avec la même conviction.

Si le passé de sœurs Van Ness est un élément essentiel du récit (surtout afin de cerner leur personnalité respective), le cœur même de l’intrigue se déroule bel et bien aujourd’hui. Alors que se démêle l’écheveau d’un passé lourd de non-dits et de mensonges, il se tisse conjointement, au présent, un piège implacable.

Roz Nay apporte beaucoup de soins à ses personnages, à l’image de l’intrigue ils nous démontreront que les apparences peuvent être trompeuses et dévoileront des facettes inattendues de leur personnalité.

L’auteure prouve avec brio qu’il est encore possible de surprendre avec une idée de base relativement classique ; c’est sa construction de l’intrigue et l’intensité de ses personnages qui donnent à ce roman une réelle touche d’originalité.

Je ne regrette pas d’avoir voulu aller au-delà des apparences, ce bouquin a été une belle découverte riche en surprises… même si j’avais quand même découvert (ou soupçonné) quelques ficelles de l’intrigue.

MON VERDICT

 
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Publié par le 24 décembre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Rydahl & Kazinski – La Mort D’Une Sirène

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Rydahl & Kazinski - La Mort d'une Sirène
Titre : La Mort D’Une Sirène
Auteur : Thomas Rydahl & A.J. Kazinski
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2020
Origine : Danemark (2019)
560 pages

De quoi ça cause ?

Septembre 1834. Copenhague.

Anna, une jeune prostituée, est retrouvée morte, atrocement mutilée. La sœur de la victime, Molly, accuse Hans Christian Andersen, un jeune auteur et client régulier de Anna. Ni une ni deux, la police arrête ce coupable tout désigné et l’emprisonne dans l’attente de son exécution.

Faisant jouer ses relations Hans Christian Andersen obtient un sursis de trois jours. Trois jours pendant lesquels il sera libre (avec interdiction de quitter la ville). Trois jours pour identifier le(s) vrai(s) coupable(s) et le(s) livrer à la police.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est La Bête Noire et que le pitch avait tout pour titiller ma curiosité. Plutôt audacieux de faire de Hans Christian Andersen, essentiellement connu pour ses contes, le héros d’un thriller historique qui s’annonce glauque à souhait.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Robert Laffont et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Un peu d’Histoire pour commencer. Avant d’écrire des contes pour enfants, H.C. Andersen s’est essayé à la dramaturgie, sans toutefois obtenir la reconnaissance du public et de ses pairs ; au mieux ses pièces étaient descendues en flèche, au pire elles étaient moquées. Ses autres écrits, notamment ses récits de voyage, connaissent un succès relatif. C’est à son retour d’Italie, en 1834, que Andersen va se résoudre (résigner ?) à écrire des contes pour enfants. Contes qui aujourd’hui encore sont racontés aux enfants d’ici et d’ailleurs, tout le monde connaît La Petite Sirène, La Petite Fille Aux Allumettes ou encore Le Vilain Petit Canard (il nous ferait pas une fixette sur tout ce qui est petit le gars ? On ne lui a jamais expliqué que la taille ne compte pas.).

De 1825 à 1875 H.C. Andersen a tenu régulièrement un journal intime, hormis sur une période 18 mois qui démarre à son retour d’Italie. Et c’est précisément parce qu’on ne sait rien de la vie privée d’Andersen au cours de cette période que les auteurs Thomas Rydahl et A.J. Kazinski vont en faire le personnage central de leur roman et l’impliquer dans une affaire glauque à souhait qui démarre par le meurtre sauvage d’une prostituée.

Un roman écrit à quatre mains ? Contrairement aux apparences ce n’est pas le cas, il s’agirait plutôt d’un roman écrit à six mains, A.J. Kazinski étant déjà un nom de plume utilisé par les auteurs Anders R. Klarlund et Jacob Weinreich pour publier leurs romans (un diptyque autour des personnages de Niels Bentzon et Hannah Lund). Pour info, le duo publie aussi sous le nom de plume d’Anna Ekberg.

Bon bin après toutes ces digressions, il serait peut-être temps d’entrer dans le vif du sujet et vous parler de La Mort D’Une Sirène.

Comme le disait fort justement ce brave Willy : « Il y a quelque chose de pourri au Royaume du Danemark » (Hamlet – W. Shakespeare). C’est en tout une triste réalité en 1834, alors que la population doit se battre contre la misère, la faim et la maladie, la noblesse se vautre dans le luxe et multiplie les frasques en tout genre. La colère gronde, mais sous le manteau uniquement, critiquer la famille royale vous mènera tout droit en prison… ou à la mort.

La première chose qui frappe dans ce roman est la qualité des descriptions de la Copenhague du XIXe siècle, c’est vrai pour la ville elle-même mais aussi et surtout pour les conditions de vie. On est en totale immersion dans une ville où règne la crasse et la puanteur, non seulement on visualise parfaitement les scènes décrites mais on a aussi l’impression de les sentir. S’en est saisissant au point d’avoir envie de se laver à chaque fois que l’on referme le bouquin ; il faut dire aussi que les auteurs ne ménagent pas ce brave Andersen, question odeurs ils vont le plonger dans le grand bain !

Vous vous doutez bien que les auteurs n’ont pas transformé le célèbre conteur en un super-enquêteur sans peurs et sans reproches. Le gars serait plutôt du genre à douter de tout (à commencer de lui-même) et un tantinet maladroit (aussi bien en paroles qu’en actions).

Heureusement il pourra compter sur l’aide de Molly, la sœur de la victime, elle aussi prostituée. Du fait du milieu dans lequel elle évolue elle a appris à faire face à toutes les situations (ou presque), c’est pour elle une question de survie.

Les auteurs brossent des portraits réalistes et crédibles de leurs personnages, rien n’est laissé au hasard pour leur donner une réelle personnalité. Et ça fonctionne à la perfection.

L’intrigue est elle aussi totalement maîtrisée, les multiples rebondissements sauront tenir le lecteur en haleine. Rydahl et Kazinski savent incontestablement y faire quand il s’agit de jouer avec les nerfs et l’adrénaline du lecteur. Sa principale force réside toutefois dans son originalité et sa crédibilité.

Les auteurs vont même jusqu’à imaginer que c’est précisément de cet épisode de la vie d’Andersen qu’est né le conte La petite Sirène. Ça peut paraître un peu fou mais si vous le relisez (oubliez la version Disney qui, comme souvent, propose une relecture aseptisée et optimiste du conte original) vous constaterez que finalement ça se tient.

Un roman noir et glauque qui ne dépareille pas dans la collection La Bête Noire, une collection riche en pépites qui n’en finit pas de surprendre (et donc de combler) ses lecteurs.

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Publié par le 18 décembre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] François-Xavier Dillard – Prendre Un Enfant Par La Main

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F.X. Dillard - Prendre un enfant par la main
Titre : Prendre Un Enfant Par La Main
Auteur : François-Xavier Dillard
Éditeur : Belfond
Parution : 2020
Origine : France
336 pages

De quoi ça cause ?

Quatre ans après la disparition de leur fille Clémentine dans le naufrage d’un voilier, Sarah et Marc sont rongés par la culpabilité et la tristesse.

Jusqu’à ce que de nouvelles voisines emménagent sur le même palier avec leur enfant, Gabrielle, dont la ressemblance avec Clémentine est troublante. Au contact de cette adolescente vive et enjouée, Sarah reprend peu à peu goût à la vie.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

J’ai découvert l’univers littéraire de François-Xavier Dillard avec son précédent roman, Réveille-Toi ; sa plume et son intrigue avaient fait mouche. À défaut de trouver le temps de me plonger dans ses romans précédents, je ne laisse pas passer ses nouveaux titres.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Belfond et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Je ne sais pas vous mais moi dès que j’ai vu le titre du bouquin j’ai immédiatement pensé à la chanson d’Yves Duteil… Et vu la thématique du roman je doute que ce soit un simple hasard.

Pour ceux et celles qui ne connaîtraient cette magnifique chanson, en voici les premières phrases :

Prendre un enfant par la main
Pour l’emmener vers demain,
Pour lui donner la confiance en son pas,
Prendre un enfant pour un roi.

Et la dernière qui s’applique plus encore au présent roman : Prendre un enfant pour le sien.

Si la chanson d’Yves Duteil parle de Prendre un enfant (après une courte hésitation, je ne ferai pas de jeux de mots foireux sur le sujet), le roman de François-Xavier Dillard aurait pu s’appeler Perdre un enfant. Car il est bien question de deuil (et sans doute le plus dur des deuils à affronter) et de culpabilité.

J’en vois déjà qui font une moue aussi sceptique que blasée, genre de dire : rien de neuf sous le soleil du noir. Si ces thèmes ont déjà été abordés à maintes reprises cela n’exclut pas pour autant une bonne surprise ; après tout comme le disaient fort justement nos vénérables grand-mères : « C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures ».

Déjà parce que les thématiques du deuil et de la culpabilité ne sont pas les seules abordées ici, il sera aussi question de responsabilité parentale, des dérives de la jeunesse dorée, des addictions… et bien d’autres thèmes abordés plus ou moins en profondeur et parfaitement intégré à l’intrigue.

Ensuite, et c’est quand même essentiel pour qu’un thriller fasse son effet, il y a une intrigue qui commence par divers arcs narratifs qui vont progressivement (et naturellement) se regrouper pour ne faire qu’un. Une intrigue parfaitement construite et rythmée qui saura tenir en haleine même les lecteurs les plus exigeants et surprendre (parfois) même les plus blasés.

Enfin il y a les personnages, et c’est là la grande force de ce roman et de son auteur. François-Xavier Dillard nous brosse un profil psychologique particulièrement soigné et totalement crédible pour chacun de ses personnages.

Il y a bien sûr le couple Cygnac essaie de surmonter tant bien que mal (plutôt mal dans un premier temps) la perte de leur fille et de se reconstruire. Pour se faire Sarah, la mère, pourra compter sur l’écoute et la bienveillance de Marie, une voisine qui vit seule depuis le décès de son mari.

Une reconstruction qui sera facilité par l’installation des nouvelles voisines, Hélène et Leila, et surtout de Gabrielle, leur fille (génétiquement parlant celle d’Hélène), une ado de quinze ans qui ressemble beaucoup à celle qu’aurait pu devenir Clémentine.

Enfin on croisera le chemin de Jeanne Muller, une commissaire de police au caractère bien trempé qui enquête sur la disparition de Chloé Montaigu, la fille d’un riche et puissant homme d’affaire, connue pour ses frasques et son addiction au jeu.

« Michel Montaigu était le P-DG et fondateur de Joy, une holding de produits de luxe et d’entreprises de médias. Un tycoon à la française, multimilliardaire, qui tutoyait les présidents et embrassait les stars. Il a tout réussi, sauf sa fille cadette, Chloé. Après être entrée à HEC, la jeune femme avait décidé d’envoyer tout balader et de parcourir le monde. Enfin, entre deux séjours en institution psychiatrique. Des hôpitaux et cliniques privés qu’elle avait écumés entre ses vingt et un et ses vingt-neuf ans. Après on retrouvait sa trace dans les magazines people, souvent dans la rubrique « Fêtes décadentes et casino ». Elle était devenue une joueuse de poker redoutable et une hôte attendue et remarquée à la plupart des tables de jeu du monde entier. »

Les chapitres sont courts, sans fioriture, afin d’aller à l’essentiel et de maintenir à la fois le rythme et la pression. Généralement rédigés à la troisième personne sauf quand il s’agit de donner la parole à Gabrielle. Passant à la première personne François-Xavier Dillard se place dans la tête d’une ado plutôt douée et débrouillarde mais pas forcément prête à affronter les aléas de la vie. Et le résultat est bluffant en termes de crédibilité.

Ce roman est une totale réussite, une fois happé par son intrigue – et ça arrive très vite – vous ne pourrez plus le lâcher.

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Publié par le 11 décembre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jax Miller – Les Lumières De L’Aube

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J. Miller - Les lumières de l'aube

Titre : Les Lumières De L’Aube
Auteur : Jax Miller
Éditeur : Plon
Parution : 2020
Origine : États-Unis
384 pages

De quoi ça cause ?

29 décembre 1999. Welsh, Oklahoma. Lauria Bible et Ashley Freeman passent la soirée dans le mobile home des Freeman avec les parents d’Ashley.

Au petit matin du 30 décembre, le mobile home est la proie des flammes. Dans les décombres encore fumants, les parents d’Ashley sont retrouvés morts, tués par balle. Aucune trace d’Ashley et Lauria…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que ça faisait déjà quelques temps que j’avais envie de découvrir l’univers littéraire de Jax Miller… Ce n’est qu’après coup que j’ai découvert que le présent roman n’était pas totalement une œuvre de fiction, mais une enquête d’un type assez peu courant chez les auteurs français : le true crime. Une enquête plus ou moins romancée construite autour d’un crime bien réel.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Plon et Net Galley qui ont répondu favorablement à ma sollicitation pour ce titre.

En jetant mon dévolu sur le troisième titre de Jax Miller, j’ignorais que j’allais me frotter à un récit de type true crime concernant un fait divers passé totalement inaperçu en France. Un double meurtre très vaguement (et négligemment) dissimulé par l’incendie du mobile home du couple Freeman, mais aussi et surtout la disparition de deux adolescentes (Ashley Freeman, la fille de Kathy et Danny, les victimes retrouvées dans les décombres, et sa meilleure amie, Lauria Bible). Ainsi démarre ce qui deviendra l’affaire Freeman-Bible…

N’ayant jamais entendu parler de cette affaire, je me suis demandé si je parviendrai malgré tout à m’y intéresser. La réponse s’est imposée dès les premiers chapitres lus, c’est un oui franc et massif. Deux raisons à cela : la complexité de l’affaire et l’impressionnant travail fourni par Jax Miller pour nous livrer cette enquête.

C’est en 2015 que Jax Miller a commencé à s’intéresser à l’affaire Freeman-Bible, une affaire sur laquelle elle va travailler envers et contre tout (et parfois tous) pendant quatre ans. Quatre années à interroger les proches des victimes (elle travaillera beaucoup aux côtés de Lorene Bible, la mère de Lauria), les policiers chargés de l’enquête, les suspects et toute personne ayant pu être mêlée de près ou de loin à cette sombre affaire.

Le résultat est tout simplement bluffant, on est en totale immersion dans une enquête où la réalité dépasse parfois la fiction… rarement pour le meilleur, souvent pour le pire !

Le pire c’est une enquête de police plus que défaillante, avec des preuves égarées, des témoins ignorés, des pistes et indices jamais explorés. De là à penser que l’enquête a été volontairement salopée il n’y a qu’un pas.

Il faut dire qu’entre la famille Freeman et la police ce n’est pas franchement l’amour fou. Danny Freeman était déjà connu pour son tempérament sanguin (pour rester poli). Shane, le fils aîné, était un délinquant notoire… jusqu’à ce qu’il soit abattu par la police dans des circonstances pas clairement établies. Dès lors Danny et Kathy Freeman remuaient ciel et terre pour que l’erreur policière soit reconnue.

À l’occasion de son enquête Jax Miller pointera du doigt de nombreuses autres défaillances de la police (et par extension du système judiciaire) de l’Oklahoma. Certaines affaires de corruption conduiront même leurs auteurs devant la justice et se solderont par de lourdes condamnations.

Mais le pire c’est aussi un territoire où la meth fait des ravages. Les labos plus ou moins clandestins se multiplient, certains patelins sont même des zones de non droit où les trafiquants règnent en maîtres absolus. Un terrain de jeu propice à l’expansion de multiples activités criminelles, de la plus anodine, à la plus grave.

Si un auteur présentait un tel cocktail comme toile de fond de son intrigue, le lecteur refuserait d’y croire tant ça semblerait trop énorme pour être vrai. Et pourtant ici tout est vrai… et c’est sans doute ce qui contribue à rendre ce témoignage aussi glaçant. Pas besoin d’artifices ou de surenchère, la (dure) réalité des faits se suffit à elle-même.

Il y a peu (voire pas du tout) de ressources francophones relatives à l’affaire Freeman-Bible sur le net, vous apprendrez tout ce qu’il y a à savoir sur le sujet en lisant le présent bouquin. Si toutefois vous voulez avoir un aperçu de la chose avant de vous lancer je vous invite à consulter la page Wikipedia (en anglais) sur le sujet. Vous pouvez aussi vous reporter à la page Facebook Find Laurie Bible-BBI ou au site internet Findlauriebible.com.

MON VERDICT

 
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Publié par le 27 novembre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Tom Chatfield – Bienvenue À Gomorrhe

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T. Chatfield - Bienvenue à Gomorrhe
Titre : Bienvenue À Gomorrhe
Auteur : Tom Chatfield
Éditeur : Hugo
Parution : 2020
Origine : Grande-Bretagne (2019)
473 pages

De quoi ça cause ?

AZ est un hacker qui jouit d’une bonne réputation dans le milieu. Alors qu’il peaufine une opération d’infiltration d’un groupe néonazi allemand, il reçoit un appel à l’aide d’une hacktiviste traquée par l’État Islamique.

À peine l’échange terminé, une inconnue frappe à la porte de son repaire. Anna est membre d’une organisation secrète pour qui l’activité d’AZ semble n’avoir aucun secret. Elle va lui faire une offre qu’il ne peut refuser et qui va radicalement changer sa vie…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

En parcourant le catalogue de Net Galley c’est d’abord la couv’ qui m’a attiré vers ce bouquin, le pitch n’a fait qu’attiser ma curiosité et mon envie de m’y plonger.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Hugo et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Pour son premier roman, Tom Chatfield opte pour un technothriller qui vous plongera dans le monde des hackers et du Darknet (le côté obscur du Net). Il faut dire que les nouvelles technologies n’ont aucun secret pour l’auteur, tech philosopher (que l’on pourrait traduire par philosophe de la technologie),  qui a déjà signé plusieurs essais et les enseigne.

Si au fil du roman ses connaissances sur le sujet sautent aux yeux, nul besoin d’être un geek accompli pour apprécier pleinement son roman. Les nombreux termes techniques sont expliqués dans un langage et une formulation accessibles à tous.

Une intrigue qui vous fera voyager de Londres à la Californie, en passant par Berlin et Athènes. Mais pas vraiment le temps d’admirer les paysages ! Dès que AZ est « enrôlé » (à l’insu de son plein gré) par l’Organisation, sa vie va se dérouler en quatrième vitesse… et sous haute tension !

Tom Chatfield sait y faire pour rendre le personnage d’AZ (Azi pour l’état civil) particulièrement attachant. Le contraste entre sa personnalité virtuelle (et l’aisance avec laquelle il évolue dans ce milieu) et sa personnalité « réelle » (et la difficulté qu’il a à lier et développer des contacts avec ses pairs) y est pour beaucoup. Il est l’archétype de l’antihéros, donnant parfois d’être un ado perdu dans le corps d’un trentenaire.

À sa décharge depuis qu’il s’est retrouvé dans cette sombre affaire dont il ignore une bonne partie des tenants et des aboutissants, difficile de savoir à qui il peut faire confiance ou de qui il doit se méfier, qui veut l’aider ou qui veut le tuer… pas franchement le contexte idéal pour développer sa sociabilité.

C’est volontairement que je ne m’attarderai pas sur les autres personnages appelés à intervenir dans le déroulé de l’intrigue. Soyez toutefois assuré que celle-ci vous réservera un bon nombre de revirements de situation, faux-semblants et trahisons en tout genre.

Tom Chatfield nous invite à naviguer eu eaux troubles, entre le Darknet dans ce qu’il a de plus sombre, les milieux néonazis qui ont de plus en plus pignon sur rue et les coulisses de l’État Islamique. Difficile de lier tout ce « beau » monde, et pourtant l’auteur nous propose une intrigue à la fois crédible, cohérente et menée tambour battant.

Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en ouvrant ce bouquin (comme souvent quand on découvre le premier roman d’un auteur), mais la surprise fut des plus agréables ; c’est totalement conquis que je le referme. J’espère que Tom Chatfield ne s’arrêtera pas en si bon chemin…

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Publié par le 14 novembre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Katerina Autet – La Chute De La Maison Whyte

AU MENU DU JOUR

K. Autet - La Chute de la Maison Whyte
Titre : La Chute De La Maison Whyte
Auteur : Katerina Autet
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2020
Origine : France
312 pages

De quoi ça cause ?

Rien ne va plus pour la prestigieuse et respectée famille Whyte. Le patriarche est assassiné selon une macabre mise en scène et c’est son propre fils, Skip que la police soupçonne. Pour assurer sa défense, Skip Whyte fait appel à son ami d’enfance, Zach Damon, avocat à New York spécialisé dans l’art.

Dans le même temps, Edith, l’aînée des enfants Whyte, publie un livre dans lequel elle révèle d’encombrants secrets de famille.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est un titre appartenant à la collection la Bête Noire, une raison qui se suffirait à elle seule pour me donner envie de découvrir ce roman. Cerise sur le gâteau, le roman de Katerina Autet a remporté l’édition 2020 du Grand Prix des Enquêteurs.

Chronique

Je remercie les éditions Robert Laffont et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Pour son premier roman Katerina Autet, auteure d’origine russe, mais française d’adoption, opte pour une approche plutôt classique façon whodunit avec un meurtre, un suspect tout désigné et un vrai coupable à identifier. Mais classique ne rime pas pour autant avec banal ou sans intérêt, loin s’en faut !

C’est aux États-Unis que l’auteure décide de situer son intrigue. Si le meurtre de William Whyte a eu lieu dans son cottage de Cape Cod (région très prisée par la richissime élite de Boston et New York dont les résidences rivalisent de faste), c’est surtout à Boston et ses environs que Zach sera amené à rencontrer et interroger ses interlocuteurs. Une région que l’auteure connait bien pour y avoir vécu plusieurs années.

La narration donne la parole au héros du roman, Zach Damon, un jeune avocat de New York spécialisé dans l’art, que son ami d’enfance, Skip Whyte, va contacter afin qu’il assure sa défense face à une accusation de meurtre. Bien que n’ayant aucune expérience de pénaliste, il va accepter cette délicate mission.

Mission qui le poussera à fouiner dans le passé de la famille Whyte, famille qu’il considère un peu comme la sienne malgré leurs nombreuses différences. Et plus son enquête va progresser, plus les sombres secrets du patriarche vont refaire surface.

Un héros au demeurant fort sympathique, des secrets de familles qui viennent éclabousser la respectabilité apparente de ladite famille et une fratrie (Edith, Caroline et Skip) malgré tout attachante ; le cadre est alléchant et sera à la hauteur de nos attentes.

Bien entendu pour que la mélodie se déroule sans fausse note, il faut que l’auteure alimente son intrigue de nombreux rebondissements, et surtout qu’ils soient crédibles. Katerina Autet nous offre un véritable festival de surprises et revirements de situation, jusqu’au bout elle entretiendra le mystère et nous fera douter de tout et de tous.

Si les personnages principaux (Zach et les 3 enfants Whyte) sont traités avec beaucoup de soins par l’auteure, elle ne laisse pas pour autant en plan ses personnages secondaires. Mention spéciale au capitaine Stone Dennis, le flic chargé de l’enquête, bourru à souhait tendance soupe au lait, mais très professionnel.

Les chapitres consacrés à l’enquête de Zach sont courts histoire d’aller à l’essentiel et de maintenir le rythme. Çà et là quelques extraits du livre d’Edith Whyte viennent ternir un peu plus l’image de William Whyte ; l’image d’Épinal du vénérable patriarche qui veille sur sa tribu prend méchamment du plomb dans l’aile.

Si le roman ne révolutionne clairement pas le genre, il s’en sort honorablement en proposant un mix agréable de tous les ingrédients qui font un bon roman policier. Le contrat est rempli, le lecteur est satisfait même s’il sait que dans quelques semaines il aura tout oublié des frasques de la famille Whyte.

MON VERDICT

 
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Publié par le 4 novembre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] JP Delaney – La Femme Parfaite

AU MENU DU JOUR

JP Delaney - La femme parfaite

Titre : La Femme Parfaite
Auteur : JP Delaney
Éditeur : Fayard
Parution : 2020
Origine : États-Unis
464 pages

De quoi ça cause ?

Lorsque Abbie se réveille dans une chambre hôpital, Tim Scott, un des acteurs majeurs de l’Intelligence Artificielle, lui apprend qu’elle n’est pas la « vraie » Abbie mais un robot créé à l’image de la jeune femme disparue cinq ans plus tôt. Une IA ultra perfectionnée, dotée de capacités d’apprentissage et d’empathie.

À en croire Tim, son époux, ils formaient un couple idéal et elle était une épouse et une mère parfaite. Et pourtant, plus Abbie se renseigne sur sa relation avec Tim et sur « sa » disparition, plus elle s’interroge et doute…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’avais beaucoup aimé les deux précédents romans de JP Delaney, La Fille D’Avant et Mensonge.

Contrairement à son précédent roman, Mensonge, qui divisait clairement les lecteurs, les réactions allant de « j’ai adoré » à « j’ai détesté » ; celui-ci suscite des réactions globalement positives sur Babelio.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Fayard / Mazarine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Tout laisse à penser que JP Delaney est particulièrement friand de nouvelles technologies, après la maison hyper connectée de La Fille D’Avant c’est cette fois une IA empathique qui est au cœur du présent roman. Une IA qui, à ce jour, reste du domaine de la fiction mais pour combien de temps encore ? Quand on voit la vitesse à laquelle évoluent les recherches autour de la question on peut légitimement supposer que la réalité va bientôt rattraper la fiction.

Si l’essentiel du bouquin est consacré à l’intrigue présente, construite autour du « personnage » d’Abbie version IA, quelques chapitres (bénéficiant d’une numérotation distincte) retracent le parcours d’Abbie (version humaine) depuis son arrivée dans les locaux de Scott Robotics (la société fondée par Tim) jusqu’à sa disparition.

Mais c’est surtout dans sa narration que le roman se distingue. Jusqu’à ce que l’auteur ne lève le voile sur le sujet, on ne sait pas avec certitude qui est le narrateur ou la narratrice. L’emploi de la seconde personne du singulier sème en effet le doute. S’agit-il d’Abbie qui, par sa nature non-humaine, porte un regard distant sur elle-même ou il y aurait-il une autre explication à ce choix ?

Si la forme est maîtrisée, le fond l’est tout autant. Les personnages sont particulièrement bien travaillés. On ressent rapidement une réelle empathie pour cette IA qui cherche à comprendre ce qui est arrivé à son homologue humaine ; paradoxalement c’est sans doute le personnage qui dégage le plus d’humanité dans ce roman.

Il faut dire que le personnage de Tim Scott apparaît d’entrée de jeu comme imbuvable, certes c’est un génie dans son domaine (l’Intelligence Artificielle) mais humainement parlant c’est une merde finie ! Un égo démesuré combiné à un manque total d’empathie… Au fil des pages mon aversion pour le bonhomme ne s’est jamais démentie.

Le troisième personnage central de ce roman est Danny, le fils de Tim et Abbie. Souffrant du syndrome de Heller, une forme aussi sévère que rare d’autisme apparaissant entre 2 et 3 ans chez l’enfant et se caractérisant par une brusque détérioration du langage et du comportement. La situation de Danny va rapidement s’imposer comme l’un des éléments phares dans le déroulé de l’intrigue.

Un thème qui tient particulièrement à cœur à JP Delaney, étant lui-même parent d’un enfant autiste. De fait le roman est très bien renseigné sur cette forme méconnue d’autisme et les façons de gérer la situation. Le message passe sans jamais prendre le dessus sur l’intrigue elle-même.

La nature même d’Abbie 2.0 pose inévitablement des questions d’éthique, là encore l’auteur aborde le sujet avec beaucoup de savoir-faire. Ce sont en effet des questions que les développeurs (et même, le cas échéant, le législateur) devront se poser si un jour des formes aussi avancées d’IA devaient voir le jour.

D’autres thèmes sont abordés au fil des pages, mais je vous laisse le plaisir de les découvrir par vous-même…

Avec La Femme Parfaite, JP Delaney signe son roman le plus abouti. Une lecture à la fois addictive, divertissante et intelligente ; le piège se referme dès les premières pages sur le lecteur, pour ne se rouvrir qu’une fois le bouquin terminé !

Quant à moi, il me tarde de découvrir le quatrième roman signé JP Delaney dont le pitch est des plus alléchant ! Qui sait, peut-être que pour patienter un peu je me lancerai dans la découverte de thrillers signés sous un autre nom de plume (Jonathan Holt ou Tony Strong). Les titres publiés sous sa véritable identité (Anthony Capella) ne m’inspirent pas outre mesure… en plus de ne pas être disponibles dans la langue de Molière.

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Publié par le 20 octobre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Igor Bergler – La Bible Perdue

AU MENU DU JOUR

I. Bergler - La Bible Perdue

Titre : La Bible Perdue
Auteur : Igor Bergler
Éditeur : Fleuve
Parution : 2020
Origine : Roumanie (2015)
592 pages

De quoi ça cause ?

Interrompu par la police roumaine en pleine conférence, le professeur Charles Baker croit d’abord à une méprise. Que peut-il avoir à faire avec les vicissitudes de cette petite ville au fin fond de la Transylvanie ? Pourtant, lorsqu’il parvient sur la scène de crime devant trois cadavres auxquels il manque les yeux, les oreilles et la langue, la mise en garde est claire : ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire.

Accompagné de Christa, enquêtrice d’Interpol, Charles poursuit ses recherches sur les traces du mystérieux sabre de Vlad l’Empaleur, et de la première Bible de Gutenberg, supposée renfermer un message secret auquel le destin de l’humanité serait lié…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un thriller ésotérique.

Par curiosité aussi, je crois pouvoir affirmer sans me tromper que c’est la première fois que je lis un auteur roumain.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Fleuve et Net Galley qui ont répondu favorablement à ma sollicitation concernant ce roman.

Pour qu’un thriller ésotérique fasse mouche, il faut que l’auteur maîtrise le juste dosage entre les éléments réels (ou à tout le moins crédibles) et la fiction. En l’occurrence je serai assez tenté de dire que c’est là que le bât blesse avec le présent roman.

Imaginez une intrigue qui intègre, pêle-mêle, Dracula, Jack l’Éventreur, la Bible de Gutenberg, une ribambelle de références historiques et une conspiration de niveau international qui implique quasiment tous les puissants de ce monde… Comme la fosse, ça vous laisse sceptique ? Et vous avez bien raison de douter que la solidité de l’édifice !

Déjà le côté fourre-tout de l’intrigue ne joue pas en sa faveur, Igor Bergler, qui semble être un écrivain très populaire en Roumanie, devrait pourtant savoir que parfois le mieux est l’ennemi du bien.

Ensuite il faut bien admettre que cette histoire de conspiration, diligentée par un institut secret dirigé par un Conseil encore plus secret, n’est jamais parvenue à me convaincre de son existence potentielle… même en faisant de gros efforts d’abnégation, c’était juste too much.

L’auteur pêche aussi par une nette tendance à  la digression quand il émaille son récit de références historiques. Trop de détails tue le détail ! Au bout d’un moment on perd le fil et on a envie de lire en diagonale la suite de l’exposé.

J’ai commencé par exposer quelques points négatifs, mais tout n’est pas à jeter dans ce bouquin. Même si on ne croit pas un instant à ce vaste complot, le bouquin reste globalement agréable à lire (en diagonalisant les looongs exposés historiques). On se prend malgré tout au jeu et l’on a vraiment envie de connaître le fin mot de l’histoire.

Force est aussi de reconnaître que le duo composé par Richard et Christa fonctionne plutôt bien, de même certains personnages secondaires sont vraiment bien exploités (je pense notamment au commissaire Ledvina). Malheureusement le grand méchant de service, Werner, cumule les clichés qui font de lui l’archétype du bad boy.

Les derniers chapitres finissent de dynamiter un édifice déjà bancal, l’intervention du fantastique porte lourdement préjudice à l’intrigue, d’autant que là encore c’est surjoué ; Igor Bergler multiplie les effets de manche qui tombent à plat. Jusqu’à l’épilogue qui, contrairement au reste du récit, manque cruellement d’explications.

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Publié par le 10 octobre 2020 dans Bouquins

 

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