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Archives de Tag: Net Galley

[BOUQUINS] Dean Koontz – Dévotion

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Titre : Dévotion
Auteur : Dean Koontz
Éditeur : L’Archipel
Parution : 2021
Origine : États-Unis (2020)
500 pages

De quoi ça cause ?

Kipp est un golden retriever doué de facultés extraordinaires. Il communique avec ses semblables via un vaste réseau télépathique qu’ils nomment le « Circuit ».

Peu après la mort de sa maîtresse, Kipp capte un signal de détresse sur le « Circuit », un signal envoyé par un enfant humain. Sans la moindre hésitation, le chien se lance à la recherche de l’enfant…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que Dean Koontz a été, dans les années 90, un potentiel challenger à l’indétrônable Stephen King.

N’ayant pas encore eu l’occasion de découvrir sa série Jane Hawk (publiée par les éditions L’Archipel), j’ai décidé de le redécouvrir avec ce roman one shot.

Ma Chronique

Je remercie les éditions L’Archipel et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Comme annoncé dans mon post précédent, cela faisait pas loin d’une trentaine d’années que je n’avais pas lu un roman de Dean Koontz. Il me tardait de redécouvrir l’univers de l’auteur après tant d’années. J’attendais un roman indépendant pour me lancer, les éditions L’Archipel ont exaucé mon vœu.

Avec Dévotion Dean Koontz renoue avec son genre de prédilection, le thriller fantastico-horrifique… mais pas que ! Ce n’est pas la première fois que l’auteur pointe du doigt les dérives de la recherche scientifique (ici c’est le transhumanisme qui est dénoncé), mais il s’adapte aussi à l’époque contemporaine en s’interrogeant sur les aspects les plus sombres des nouvelles technologies (dont le fameux, mais encore très secret Dark Net). C’est aussi une nouvelle occasion pour l’auteur d’afficher son amour pour les chiens (le golden retriever en tête) qui, sous sa plume, confirment leur statut de « meilleur ami de l’homme ».

Dean Koontz divise clairement (trop à mon goût) ses personnages entre les gentils et les méchants ; c’est soit tout blanc, soit tout noir, les nuances de gris, connaît pas ! Dommage, je trouve que ce manichéisme n’est plus de mise aujourd’hui.

On va commencer par un inventaire non exhaustif des GENTILS. Un chien doté de facultés extraordinaires. Un enfant autiste surdoué, mais muré dans le silence depuis toujours. Une mère prête à tout pour protéger son enfant. Un ancien soldat d’élite qui va se retrouver, presque malgré lui, dans une affaire aussi compliquée que dangereuse.

Même exercice chez les MÉCHANTS. Un rescapé d’un « incident technique » sur un site scientifique secret, qui va se retrouver transformé en OGM assoiffé de sang et de haine. De puissants (et riches) hommes d’affaires déterminés à protéger leurs intérêts, quel qu’en soit le prix à payer. Des tueurs à gages impitoyables, pleins de ressources, mais pas forcément très futés. Des flics et un procureur corrompus et complètement dépassés par les événements.

Tout ce petit monde va se retrouver au cœur d’une intrigue plutôt bien ficelée, complexe, mais jamais embrouillée, et captivante de bout en bout. Malgré d’indéniables qualités qui placent le bouquin sur le haut de l’échelle, je l’ai trouvé un peu léger par certains aspects.

Si certaines scènes risquent de faire régurgiter leur goûter aux estomacs les plus fragiles, je n’ai pour ma part jamais eu le grand frisson (ni même le moindre frisson pour être tout à fait franc). Je peux comprendre que ce soit un choix de l’auteur afin de toucher un public plus large et de ne pas centrer son intrigue sur le seul plan horrifique, on va donc dire que c’est un demi-bémol.

Même si l’intrigue est rythmée, elle manque cruellement d’adrénaline. À aucun moment je n’ai tremblé pour Megan et Woody. Dans le même ordre d’idée, j’ai deviné certains éléments du dénouement avant qu’ils ne soient révélés.

Il n’en reste pas moins que j’ai apprécié ces retrouvailles avec un auteur injustement perdu de vue depuis de trop longues années. Certes je les aurai préférées un peu plus nerveuses, mais ça ne m’empêchera pas de répondre présent pour ses prochains romans (il serait temps que je me penche sur le cas Jane Hawk).

MON VERDICT

 
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Publié par le 27 septembre 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jeff Jackson – Live !

AU MENU DU JOUR


Titre : Live !
Auteur : Jeff Jackson
Éditeur : Sonatine
Parution : 2021
Origine : États-Unis (2018)
304 pages

De quoi ça cause ?

Les États-Unis doivent faire face à une déferlante d’attaques meurtrières prenant pour cible des formations musicales lors de leurs prestations en public. Aucun fil rouge ne permet de relier les cibles ou les assaillants.

La ville d’Arcadia ne sera pas épargnée par cette vague criminelle, Shaun, un jeune guitariste et chanteur, est abattu alors qu’il se produisait avec son groupe. Pour ses proches, et pour toute la ville d’Arcadia, plus rien ne sera jamais comme avant…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Une fois n’est pas coutume, c’est le visuel qui a, le premier, titillé ma curiosité. Cette couv’ façon d’un album vinyle m’a tapé dans l’oeil.

La quatrième de couv’ a enfoncé le clou en traitant cette vague de crime comme une « épidémie » ; voilà qui s’annonce prometteur.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Au même titre que la lecture, la musique fait partie intégrante de mon quotidien, comme vous le savez peut-être je suis très éclectique en la matière,et toujours avide de découvrir des artistes que je ne connaissais pas (qui ne sont pas nécessairement de nouveaux talents), voire même d’élargir mon horizon musical.

Dans mon univers musical, le rock occupe une place centrale, du coup j’attendais énormément d’un bouquin qui se veut une ode à la musique en général et au rock en particulier… trop peut-être.

Force est toutefois de reconnaître que le roman de Jeff Jackson est des plus originaux, à ce niveau on pourrait même parler d’expérimental (un peu comme les premiers albums des Pink Floyd).

Sur la forme, outre le visuel très réussi de la couv’, le bouquin se divise en deux faces, la première étant deux fois plus longue que la seconde. La Face A, Ma période sombre, s’ouvre sur la rencontre (et le coup de foudre) de Shaun et Xenie. Quand Shaun est abattu, on va suivre le parcours de trois de ses proches, à commencer par Xénie, puis Florian et Eddie, deux amis de Shaun.

La Face B, Kill City, s’ouvre sur diverses scènes de massacre de musiciens, avant de nous raconter une version radicalement différente des événements d’Arcadia. C’est un peu déconcertant, pour ne pas dire franchement troublant.

J’ai trouvé vraiment intéressante tout ce qui tournait autour de la vie d’un groupe de rock amateur qui essaie de percer. La recherche de l’inspiration pour produire LA chanson qui attirera l’attention des bonnes personnes sur le groupe, les répétitions et l’ambiance des concerts (vu du public, ou de la scène).

Par contre j’ai eu beaucoup plus de mal à adhérer aux errances des personnages et de leur être qui transpire dans chacun de leurs mots ou de leurs actes. Non seulement ça n’apporte strictement rien au récit, mais ça en deviendrait presque déprimant à la longue.

Mais le plus gros reproche que je pourrai faire au bouquin et à Jeff Jackson, c’est d’être complètement passé à côté du coeur de son intrigue. Hormis quelques chapitres décrivant des attaques contre les musiciens, il n’y a ni enquête ni développement autour du pourquoi du comment de cette vague de crimes.

C’est donc très mitigé que je referme ce bouquin. Je mentirai en disant que je me suis ennuyé en le lisant, mais je n’ai clairement pas eu l’étincelle que j’espérais.

MON VERDICT

 
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Publié par le 14 août 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Giles Blunt – Grand Calme

AU MENU DU JOUR


Titre : Grand Calme
Série : Cardinal – Livre 6
Auteur : Giles Blunt
Éditeur : Sonatine
Parution : 2021
Origine : Canada (2012)
336 pages

De quoi ça cause ?

Ontario, Canada. Alors que l’hiver s’annonce particulièrement rude à Algonquin Bay, le corps d’un homme est retrouvé dans un motel de la région. Sa maîtresse, dernière personne à l’avoir vu vivant, a disparu. Bientôt, c’est le corps d’une autre femme qui est retrouvé dans un hôtel désaffecté. Dépêchés sur les lieux, les inspecteurs John Cardinal et Lise Delorme sont loin d’imaginer l’ampleur des ramifications qui sous-tendent leur enquête.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine et l’occasion de découvrir un auteur que je ne connaissais pas.

J’avoue que le duo Arctique / Canada a aussi fait pencher la balance en faveur de ce titre.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Si je ne connaissais pas Giles Blunt j’ai été étonné de découvrir que le gars n’en était pas son coup d’essai niveau littérature. Grand Calme est en effet le sixième roman mettant en scène le personnage de John Cardinal (le cinquième n’est pas disponible en version française, mais les quatre premiers ont été publié par les éditions du Masque).

Il existe même une série télé, Cardinal, qui en est à sa quatrième saison (saison qui porte justement Grand Calme à l’écran). Jamais entendu parler, malgré une diffusion assurée par Canal+ en France.

Cela dit ça ne m’a nullement empêché d’apprécier pleinement cette lecture, aussi bien au niveau de son intrigue que de ses personnages. Mais avec le recul je me dis que l’enquête sur laquelle revient Lise Delorme, la collègue de John Cardinal, est peut-être (?) abordée dans un des précédents romans.

L’intrigue se divise en trois arcs narratifs. L’enquête principale porte sur la scène de crime sur laquelle Cardinal et Delorme ont été appelé, un homme a été tué et sa maîtresse est portée disparue. Parallèlement Delorme va s’intéresser à un cold-case, le meurtre d’une femme pour lequel le véritable coupable n’a pas été condamné, une injustice qu’elle compte bien réparer, quitte à payer de sa personne. Enfin on suit le récit d’un scientifique basé sur une base dérivante en Arctique… et longtemps on se demandera quel est le lien entre cette expédition scientifique et l’enquête de Cardinal, même si on devine sans peine que les choses vont tourner au drame en Arctique.

Sur la forme Giles Blunt opte pour deux narrations totalement distinctes entre les enquêtes de Cardinal et Delorme et le journal de bord de Kit Durie. Ce dernier est parfois un peu poussif et mise sur une mise en page minimaliste ; heureusement le développement des relations entre les personnages et les événements vont finir par rendre ce récit aussi captivant que le reste du roman.

Le duo Cardinal / Delorme fonctionne bien même si leur relation est un peu distante, chacun ne sachant pas vraiment s’il est judicieux que leur amitié se transforme en quelque chose de plus intime. Giles Blunt met l’accent sur le côté humain de ses personnages, on s’identifie ainsi plus facilement à eux et, selon les traits de personnalité qu’ils développent, on se sent proches d’eaux, ou on les prend en grippe.

Ainsi si le Commissaire Chouinard passe le plus clair de son temps à grogner ou à gueuler, il n’en reste pas moins sympathique. A l’inverse de l’ambitieux Loach, imbu de lui-même à en devenir puant, qui brille dans l’art de brasser de l’air plus qu’autre chose.

Le personnage le plus ambigu reste sans conteste Leonard Priest, aussi sûr de lui que de sa totale invulnérabilité / impunité. Une assurance qui pourrait bien se retourner contre lui face à la détermination de Delorme.

Finalement Grand Calme est un thriller à l’intrigue rondement menée et au suspense addictif à souhait. Je dirai bien que je retrouverai volontiers Cardinal et Delorme pour la suite de leurs aventures mais ça risque d’être compliqué. En effet bien que publié en 2012 au Canada, c’est le sixième et dernier opus de la série à ce jour. À défaut je peux toujours me consoler en découvrant leurs enquêtes précédentes.

MON VERDICT

 
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Publié par le 5 août 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Roy Braverman – Pasakukoo

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Titre : Pasakukoo
Auteur : Roy Braverman
Éditeur : Hugo
Parution : 2021
Origine : France
414 pages

De quoi ça cause ?

Rhode Island, lac Pasakukoo. Sur les berges opposées deux lodges appartenant à des écrivains qui se détestent cordialement, Ben Dempsey et Aaron Akerman. Deux personnalités opposées mais qui partagent bien plus que leur animosité de façade.

Quand le corps d’une jeune femme est retrouvé au milieu du lac, le sheriff Blansky, qui n’apprécie pas particulièrement les deux écrivains (surtout Dempsey) prend l’affaire en charge. S’il pensait tenir un moyen de régler ses comptes avec les deux écrivains, il va rapidement s’apercevoir que l’enquête est bien plus complexe qu’elle ne le laissait paraître…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Roy Braverman (aka Ian Manook aussi aka Patrick Manoukian) qui poursuit son périple à travers les Etats-Unis ; il y a fort à parier que la Grande Faucheuse ne va pas chômer !

Ma Chronique

Je remercie les éditions Hugo et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Roy Braverman is back et nous invite à poursuit son séjour sur les terres de l’Oncle Sam. direction le Rhode Island cette fois, avec de nouveaux personnages et de fait une intrigue 100% inédite… et l’inimitable Braverman touch.

Un lac paisible du Rhode Island en plein été indien (C’était l’automne, un automne où il faisait beau / Une saison qui n’existe que dans le Nord de l’Amérique / Là -bas on l’appelle l’été indien), sur les berges opposés deux lodges appartenant à deux auteurs qui s’apprécient autant qu’ils se détestent.

Sur une rive il y a Dempsey, l’introspectif, écrivain besogneux qui va réécrire chaque phrase jusqu’à ce qu’elle lui semble irréprochable. Sur l’autre Akerman, le fêtard flamboyant, auteur de blockbusters qui multiplie les soirées festives (et bruyantes) où tous les abus sont permis. Deux fortes personnalités ayant chacun leurs forces et leurs faiblesses ; le lecteur n’est pas obligé de trancher pour l’un ou pour l’autre.

Selon les circonstances les deux hommes peuvent se comporter comme les meilleurs amis du monde ou, au contraire, comme les pires ennemis. Plus d’une fois au fil des pages l’on assistera à cette alternance entre amitié et inimitié (voire haine farouche)… avant de se réconcilier autour d’un bon repas et d’une bonne bouteille.

Le roman s’ouvre sur une soirée ordinaire sur les berges du lac Pasakukoo. D’un côté Dempsey travaille avec son assistant à la relecture / correction de son futur roman, de l’autre Akerman prépare une énième soirée son et lumières.

Au petit matin l’ordinaire vole en éclat avec la découverte d’une jeune femme noyée au milieu du lac. L’intrigue aurait pu se borner à une enquête autour d’une noyade suspecte, nous aurions alors eu le fameux suspense « dickerien » promis par la quatrième de couverture. Oui mais non… Ce n’est pas Joël Dicker qui a signé ce roman mais bel et bien Roy Braverman et donc on attend la Braverman touch.

Et la griffe de l’auteur va rapidement s’imposer avec une intrigue qui va se complexifier (sans jamais embrouiller le lecteur) au fil des chapitres et de revirements de situation. Déjà le flic en charge de l’affaire (Blansky) ne porte pas dans son cœur les deux écrivains et a même un sérieux contentieux personnel avec Dempsey.

Dans le comté voisin un homme au lourd passif judiciaire est retrouvé mort, abattu de quatre balles dans le dos et dépouillé de ses chaussures. Et si les deux affaires étaient liées ? mais quel est le fil rouge ?

Et ben justement il faudra aussi compter sur l’arrivée d’une sœur / amante en quête de vengeance, déterminée à faire payer le prix fort à tous ceux et celles qui ont quelque à voir, de près ou de loin, avec la mort de son frère / amant.

Je vous passe les détails sur un duo d’avocats hauts en couleurs, des histoires de familles (riches de préférence) bien louches et tordues, des flics ripoux… Vous vouliez la Braverman touch… la voilà ! Je serai presque tenté de dire que Roy Braverman a inventé un genre littéraire, le noir feel good… C’est incontestablement noir, mais ça fait un bien fou par où ça passe.

Le tout servi par une écriture totalement décomplexée (et assumée), sans oublier les nombreuses touches d’humour (souvent noir, parfois cynique). Une fois de plus la recette fonctionne à merveille et prend le lecteur dans les mailles de son filet.

Sur la forme chaque chapitre commence par quelques mots d’un de personnages du roman (on ne sait pas de qui il s’agit) qui s’adresse directement au lecteur et s’interroge parfois sur le pouvoir d’un auteur (à commencer par le sien). Une seule certitude concernant ce mystérieux narrateur, il va mourir (ce n’est pas un spoiler, il nous l’annonce dans la première phrase du premier chapitre).

Une odyssée sur les terres de l’Oncle Sam décidément riche en surprises, qu’il s’agisse de la trilogie Hunter / Crow / Freeman, de Manhattan Sunset ou de Pasakukoo, aucun roman ne ressemble aux précédents ; à chaque fois Roy Braverman réussi à nous surprendre et à nous étonner. Pour ma part j’espère que l’auteur nous réserve encore quelques étapes avant d’arriver au terminus ; une chose est sûre, je serai au rendez-vous.

 MON VERDICT

Coup de poing

 
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Publié par le 23 juillet 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Michael Crichton – Dent De Dinosaure

AU MENU DU JOUR


Titre : Dent De Dinosaure
Auteur : Michael Crichton
Éditeur : L’Archipel
Parution : 2021
Origine : États-Unis (2017)
350 pages

De quoi ça cause ?

1876. Pour ne pas perdre la face par suite d’un pari stupide, William Johnson, étudiant à Yale, rejoint un groupe dirigé par le Professeur Marsh. Direction le grand ouest pour une expédition paléontologique qui n’intéresse pas du tout Johnson…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Essentiellement par curiosité, non seulement à l’idée de découvrir un inédit de Michael Crichton mais aussi et surtout parce qu’il s’agit d’un roman écrit en 1974 et qu’il y est déjà question de dinosaures.

Ma Chronique

Je remercie les éditions L’Archipel et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Il semblerait que Michael Crichton ait écrit ce roman en 1974 mais ne l’ait jamais fait publier, c’est donc à l’initiative de ses ayant-droits (Sherri Crichton, sa veuve, signe la postface) que le bouquin est enfin mis en lumière. On peut légitimement supposer qu’il y a eu quelques retouches – tout en respectant la lettre et l’esprit du texte original – à apporter çà et là pour que le texte soit publiable (même si le simple nom de Michael Crichton suffisait à attiser la curiosité des lecteurs).

J’avoue très honnêtement qu’en ouvrant ce roman je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre et surtout je me demandais si l’auteur ferait intervenir des éléments fantastiques dans le déroulé de son récit. Au final Michael Crichton nous livre un thriller historique sur fond de conquête de l’Ouest et de guerres indiennes (dont les tribus Sioux menées par Sitting Bull, galvanisées par leur récente et écrasante victoire à Little Bighorn).

Pour construire son intrigue Michael Crichton combine des personnages ayant réellement existés (outre les Professeurs Marsh et Cope, deux paléontologues dont la rivalité légendaire restera dans l’Histoire sous le nom de « guerre des os », on croisera aussi, de près ou de loin, des grands noms de l’Histoire de l’Ouest américain) et des personnages issus de l’imaginaire de l’auteur (à commencer par son héros, William Johnson). Pour que l’ensemble reste cohérent, Michael Crichton s’est autorisé quelques libertés avec les faits (comme il s’en justifie à la fin du roman) ; et cela fonctionne plutôt bien.

Il faut dire que Michael Crichton apporté beaucoup de soins à ses personnages, et ce quel que soit leur niveau d’implication dans le déroulé de l’intrigue. Le lecteur sera bien entendu plus attentif à l’évolution du caractère de William Johnson ; s’il apparaît au début du roman comme un banal gosse de riche pourri-gâté et égocentrique, sa personnalité va évoluer (en bien) au contact des autres et au fil de ses aventures.

On devine un gros travail de documentation de la part de l’auteur qui nous plonge au cœur d’un western hyper réaliste et très visuel. Outre son intrigue qu’il dirige en véritable virtuose, Michael Crichton attache énormément de soin au contexte, multipliant les références historiques, culturelles, politiques ou économiques… sans jamais sombrer dans l’excès didactique ; le récit n’en devient que plus prenant et captivant.

Si l’intrigue semble un peu longue à démarrer c’est uniquement parce qu’il faut planter le décor avant d’entrer dans le vif du sujet. Rapidement les choses vont s’accélérer et maintenir un rythme de croisière soutenu, s’autorisant même par moment quelques montées en puissance.

Au cas où vous vous poseriez la question, les seuls dinosaures que l’on croise dans le roman sont en pièces détachées fossilisées. Pour que Michael Crichton donne vie à « ses » bestioles il faudra attendre Jurassic Park (1990) et sa suite, Le Monde Perdu (1995). Avec ce bouquin vous aurez un juste un western palpitant de bout en bout entre les mains.

A la lecture du roman on oublie totalement qu’il a été écrit presque cinquante ans plus tôt. Certes le fait de situer l’intrigue au XIXe siècle fige l’intrigue dans le passé, le facteur temporel n’a alors que peu d’impact sur le lecteur. Il n’en reste pas moins que je me demande quelle a été la part de réécriture du présent roman par rapport à la version originale écrite par Michael Crichton.

Michael Crichton fait partie de ces auteurs dont j’ai lu quasiment l’intégralité des romans qu’il a publié. Sur les 19 titres signés de son nom (je fais l’impasse sur les pseudonymes), Dent De Dinosaure est le dix-septième roman de l’auteur que j’ai lu.

MON VERDICT

Aparté à l’intention du traducteur

Je suis loin d’être un fin connaisseur de l’Histoire des Etats-Unis mais que je lis dans une note de bas de page que la bataille d’Appomattox (avril 1876) fut celle qui mit fin à la guerre de Sécession, j’ai les yeux qui pleurent et du coup je me demande si le traducteur n’aurait pas abusé de substances illicites… Ladite bataille a bien eu lieu au mois d’avril, mais c’était en 1865 !

 
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Publié par le 25 juin 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Mathieu Menegaux – Femmes En Colère

AU MENU DU JOUR


Titre : Femmes En Colère
Auteur : Mathieu Menegaux
Éditeur : Grasset
Parution : 2021
Origine : France
198 pages

De quoi ça cause ?

Mathilde Collignon attend, sonnée, que le jury d’assises de Rennes délibère sur son sort.

Sonnée parce que l’avocat général a requis vingt ans de prison à son encontre, avec une période de sûreté de douze années.

Trois ans plus tôt, Mathilde, victime d’un viol, a appliqué sa propre justice. Aujourd’hui, aux yeux de la justice, elle est sur le banc des accusés et ses deux violeurs sont les plaignants…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Pour son pitch qui est malheureusement plus que jamais dans l’air du temps.

Pour sa couv’, aussi explicite qu’intrigante.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Grasset et Net Galley qui ont donné une suite favorable à ma sollicitation.

Même si, concrètement ce n’est pas le fichier proposé par Grasset que j’ai lu… encore un éditeur qui n’a pas compris que l’ère du PDF était révolue depuis bien longtemps. Heureusement j’ai pu me procurer le bouquin au format epub, et c’est donc cette version que j’ai lu et m’en vais chroniquer de ce pas. Encore un détournement de partenariat Net Galley (après Dehors Les Chiens), ça m’évite de rejeter un titre qui m’a été gracieusement proposé.

Mathieu Menegaux signe un roman qui fait écho à l’actualité de ces dernières années, qu’il s’agisse des mouvements #MeToo ou #BalanceTonPorc qui ont agité les réseaux sociaux et par extension les médias, ou des cas de féminicides qui se multiplient. Plus que jamais la femme n’a le droit de demander à être respectée, écoutée et entendue.

Il faut malheureusement que des victimes comme Jacqueline Sauvage ou Valérie Bacot abattent leur bourreau pour que l’opinion s’émeuve sur leur condition… avant de les oublier et de passer à autre chose !

Le personnage de Mathilde Collignon est une de ces femmes qui a choisi d’agir de son propre chef plutôt que d’espérer une réaction juste et approprié des autorités judiciaires. Elle s’est occupée des deux ordures qui l’ont violée… sans les tuer toutefois, mais en faisant en sorte qu’ils n’oublient jamais qu’une femme n’est pas un tas de barbaque dont on peut user et abuser. Une punition à la hauteur de ce qu’ils méritaient… mais que la justice aurait été incapable de leur infliger.

Au fil des chapitres on alterne entre le récit et les émotions de Mathilde dans l’attente du verdict, et les débats (souvent animés) en salle des délibérés.

J’avoue sans aucun complexe que je ne connaissais pas le système français des délibérés, je suis plus familier, à force d’ingurgiter des séries TV et des films, du jury à l’américaine. J’ai donc trouvé ces chapitres aussi instructifs que construits avec beaucoup d’intelligence et de réalisme.

Quant au récit de Mathilde, je n’ai aucune honte à reconnaître qu’il a su me tirer des larmes. Des larmes de peine pour ce qu’elle a subi et ce qu’elle subit encore face à l’incertitude du verdict. Mais aussi et surtout des larmes de haine à l’état brut pour les deux salopards qui l’ont violé.

Mathieu Menegaux réussit le pari de nous prendre aux tripes avec son roman. Un texte court (moins de 200 pages), mais intense et éprouvant. Un bouquin qui m’a laissé KO debout, complètement vide.

Vous aurez compris sans peine que je suis partisan assumé et revendiqué d’un verdict de non-culpabilité (malgré les aveux de Mathilde) et d’une relaxe pure et simple.

Bien entendu je ne vous dirai rien du verdict, mais je peux vous assurer qu’avant d’en arriver là votre palpitant aura été mis à rude épreuve. Ce serait presque frustrant de ne pas pouvoir s’épancher sur ledit verdict, on aimerait en parler et en débattre comme si on était dans la salle des délibérés, répondre aux questions posées aux jurés, défendre notre position…

Mathieu Menegaux nous offre un roman brillamment construit, à défaut de faire avancer le schmilblick (et éveiller les consciences), il amène ses lecteurs (et lectrices) à se poser des questions et à réfléchir sur le sujet. Rien que pour ça, je vous salue bien bas monsieur.

MON VERDICT

Coup de poing

Morceaux (nombreux… quand on aime on ne compte pas) choisis

L’opinion peut bien s’agiter, la presse multiplier les éditoriaux, les politiques occuper les plateaux de télévision, la justice applique les textes que le législateur a fait voter.

Quand je pense que, dans ce procès, je suis l’« accusée » et que les deux salopards sont les « parties civiles ». Je voudrais tout reprendre à zéro. Je voudrais qu’on remette les choses à leur place : je suis la victime et ils sont les bourreaux. J’ai refusé de tenir ce rôle. J’ai refusé de me plier aux règles. Je n’avais pas le « bon » viol, de toute façon. Pas de couteau, pas de rôdeur, pas de parking mal éclairé, pas d’heure tardive, pas de pervers détraqué. Personne ne m’aurait crue.

Pourtant c’est clair : avouer aimer le sexe, pour une femme, en 2020, malgré tous les Weinstein, les Polanski et les #MeToo du monde, c’est toujours s’exposer à être considérée comme une putain, une traînée, une salope, une allumeuse et toute la litanie de qualificatifs imagés écrits par des hommes.

Malgré les témoignages, malgré les tutos sur YouTube comparant le consentement sexuel à l’envie d’une tasse de thé, malgré les cours prodigués dans certaines universités, malgré tout ce qui a pu se dire, se lire, s’écrire, une femme qui dit NON continue, pour beaucoup d’hommes aujourd’hui, à n’attendre qu’une bonne pénétration pour se mettre à crier « Oh oui » et avoir subitement envie de s’enfiler jusqu’à s’en étouffer un sexe bien au fond de la gorge.

Ce n’était peut-être pas de la légitime défense. Mais j’estime que c’était une défense légitime.

Ce n’est peut-être pas de la légitime défense, comme vous nous la décrivez dans les textes de loi, mais c’est un acte de légitime défense dans ce monde où les femmes ne sont pas écoutées quand elles crient, quand elles sont battues, quand elles sont violées. Le jour où les hommes et les femmes seront à armes égales, ce jour-là et ce jour-là seulement, bien sûr, il faudra la condamner. Mais aujourd’hui on ne peut pas. Elle n’avait pas d’autre choix. Et elle a protégé les autres femmes qui auraient fini par devenir victimes de ces deux salauds. Je refuse de condamner cette femme. La condamner, c’est accepter la société dans laquelle nous vivons. L’acquitter, c’est faire changer la peur de camp.

La démocratie, c’est bien commode dès lors que le petit peuple vote tout bien comme les élites lui ont indiqué qu’il convenait, n’est-ce pas ? Mais si le résultat n’est pas dans la ligne, c’est que le peuple n’a pas compris, que le pouvoir n’a pas fait suffisamment de pédagogie et il convient pour les dominants de trouver d’urgence une entourloupe pour enfumer le peuple. Les femmes se rebellent, affirment qu’il ne s’agit ni de barbarie ni de vengeance, mais bien de justice et toc, les hommes s’empressent de retirer le droit de vote aux femmes, c’est bien cela ?

Je suis la criminelle et ils sont les victimes. Alors qu’ils m’ont fait mal, ces deux salauds, tellement mal. J’étais le petit chaperon rouge, je gambadais avec insouciance, et je ne m’attendais pas à tomber sur un grand méchant loup. Encore moins sur deux à la fois.

J’ai dit non. Je l’ai crié, je l’ai hurlé, je l’ai murmuré, je l’ai bégayé, je l’ai répété sur tous les tons, mais personne n’a entendu, personne n’est venu, je me suis débattue un temps, mais ils m’ont forcée à tour de rôle, brisée, et j’ai fini par abandonner le combat, en espérant que ça me ferait moins mal et que je sortirais vivante de ce traquenard. J’ai eu peur pour ma vie, une peur animale, viscérale, paralysante. Ils se sont servis de moi, je les entendais m’insulter, leurs mains me frappaient les fesses, ils m’ont tiré les cheveux, empoignée, brutalisée, forcée encore et encore. Ils m’ont salie partout. Un déchaînement de bruit, de violence, de douleur, de soumission, d’odeur de sueur et de porcherie.

 
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Publié par le 12 juin 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Armelle Carbonel – L’Empereur Blanc

AU MENU DU JOUR


Titre : L’Empereur Blanc
Auteur : Armelle Carbonel
Éditeur : Fayard / Mazarine
Parution : 2021
Origine : France
414 pages

De quoi ça cause ?

1965, Arkansas. Bill Ellison, un jeune auteur noir et ardent défenseur des droits civiques, est assassiné par le Ku Klux Klan alors qu’il s’était réfugié dans Crescent House, une maison abandonnée de sinistre réputation. En revanche personne ne connait les circonstances exactes de la mort de Myra Ellison, l’épouse de Bill.

De nos jours. Cinq auteurs organisent une retraite littéraire à Crescent House. Non seulement l’un manque inexplicablement à l’appel mais rapidement des événements de plus en plus inquiétants s’enchaînent.

Dans le même temps, dans la ville voisine de Shannon Hills, une famille entière est sauvagement assassinée.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Armelle Carbonel. Ses romans Criminal Loft et Majestic Murder m’avaient fait forte impression. Son précédent roman, Sinestra, ayant été publié chez Ring, un éditeur qui refuse le numérique, je n’ai pas jugé utile de le lire. Bien content de la retrouver dans un circuit éditorial qui respecte tous les lecteurs sans aucune discrimination.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Fayard et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Autant annoncer la couleur d’entrée de jeu, pour son nouveau roman, Armelle Carbonel nous mitonne un thriller psychologique qui va soumettre vos neurones et vos nerfs à rude épreuve. Plus d’une fois vous vous demanderez s’il n’y aurait pas un soupçon de fantastique dans l’affaire, afin d’expliquer une situation bien tordue.

Le roman est divisé en deux parties. La première relate le séjour des auteurs à Crescent House et se déroule quasiment à huis-clos, c’est aussi l’occasion de découvrir l’histoire de Bill Ellison. Ça envoie déjà du lourd mais ce n’est qu’une mise en bouche avant la seconde partie qui va rapidement se révéler encore plus complexe et sombre.

J’avoue sans aucun remord avoir un peu de mal à entrer dans l’histoire qui paraissait un peu trop convenue… mais c’était sans compter sur le talent (et le sadisme) d’Armelle Carbonel ! Quand les choses commencent à se décanter (et ça arrive assez vite, je vous rassure) on est littéralement happé par l’intrigue, impossible de lâcher le morceau une fois que l’on a commencé à rogner l’os qu’elle nous tend.

Pour qu’un thriller psychologique fonctionne de manière optimale il faut des personnages à la hauteur. Là encore l’auteure ne laisse rien au hasard. À commencer par son quinté d’auteurs aux personnalités vachement prononcées, du coup cinq caractères aussi trempés enfermés ensemble ça fait des étincelles… au risque de foutre le feu aux poudres. On retrouve les mêmes personnalités fortes et affirmées avec l’enquêteur John Dudley et le docteur Amber Duke (qui sont les piliers de la seconde partie du roman). Mais aucun personnage n’est laissé sur le bas-côté, tous bénéficient d’un traitement approfondi qui les positionne là où ils doivent être dans le déroulé de l’intrigue. Sans oublier le plus complexe d’entre tous, le fameux Empereur blanc, mais ça ce sera à vous de le découvrir !

Comme indiqué en ouverture de la présente chronique, l’intrigue va mettre vos nerfs à rude épreuve, si j’avais deviné certains points mineurs force est toutefois de reconnaître que Armelle Carbonel m’a baladé dans son roman ; je n’ai rien vu venir et j’étais loin d’imaginer un truc aussi chiadé.

Encore un bouquin que j’ai dévoré sans modération. Armelle Carbonel confirme brillamment qu’elle fait désormais partie des auteurs qui compte dans le monde du thriller français (et francophone… et plus si affinités). Je n’avais aucun doute sur la question mais c’est toujours un plaisir de découvrir des titres de cette qualité qui viennent confirmer mon ressenti.

MON VERDICT

 
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Publié par le 3 juin 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Alain Damasio – Scarlett Et Novak

AU MENU DU JOUR


Titre : Scarlett Et Novak
Auteur : Alain Damasio
Éditeur : Rageot
Parution : 2021
Origine : France
64 pages

De quoi ça cause ?

Novak, un adolescent, court à travers les rues de Paris. Il est poursuivi par deux hommes sans qu’il sache ce qu’ils lui veulent. Novak compte beaucoup sur les indications de Scarlett, l’intelligence artificielle de son smartphone pour se tirer de ce mauvais pas…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Un texte publié en 2014 sur le site 01net.com sous le titre Novak Et Son Ai-Phone et destiné à un public adolescent afin de les sensibiliser aux dangers de l’addiction à leur smartphone.

Ma Chronique

Je remercie Net Galley et les éditions Rageot pour leur confiance.

Je ne sais pas pour vous, mais personnellement je ne fais pas partie du public visé par l’auteur. Pour moi le smartphone ne fait aucunement partie de mon anatomie. Mon smartphone est un gadget bien utile, le perdre me ferait certes chier, mais en aucun cas je n’aurai l’impression de me retrouver à poil et démuni pour affronter le quotidien.

Avec le personnage de Novak Alain Damasio pousse à l’extrême la relation de dépendance entre l’individu et son smartphone, mais au-delà ce cela l’auteur pointe aussi du doigt une société qui tend à faire l’apologie du 100% connecté, une société ou vivre unplugged ferait de toi un individu suspect.

Le texte est court et souffre des lacunes propres à certaines nouvelles, on manque cruellement d’éléments de fond (pourquoi ces deux gars poursuivent Novak). Du coup ça nous laisse un arrière-goût d’inachevé.

Un texte globalement bien foutu, mais un peu superficiel, il n’en reste pas moins que le message passe et que la conclusion se veut plutôt optimiste. Au vu du monde d’aujourd’hui je ne suis pas certain que la majorité des individus réagiraient comme Novak.

Un récit qui s’achève sur une « poésie » de l’auteur d’une réalité presque perturbante, un texte qui devrait amener les intéressés à se poser des questions, en admettant que leurs neurones ne soient pas encore totalement métastasés par le silicium…

J’avais envie de vous copier l’intégralité du texte ici, mais finalement je ne vous en livre qu’un extrait :

Tu dis que tu vibres :
mais c’est juste ton portable dans ta main.
Tu dis que tu vois :
mais c’est la caméra qui fait la mise au point pour toi.
Tu dis que tu sais :
mais tout ce que tu sais, c’est ton pote wiki qui le sait
pour toi.

Un court récit plutôt efficace mais je reste plus que sceptique sur le rapport qualité-prix du truc… surtout en sachant que ledit texte avait été initialement publié gratuitement sur le site 01net.com. Débourser 4 (pour la version numérique) ou 5 € (pour la version papier) pour une soixantaine de pages ça me ferait un peu mal au cul.

MON VERDICT

 
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Publié par le 23 mai 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Michaël Mention – Dehors Les Chiens

AU MENU DU JOUR


Titre : Dehors Les Chiens
Auteur : Michaël Mention
Éditeur : 10/18
Parution : France
Origine : 2021
312 pages

De quoi ça cause ?

1866, Californie. Crimson Dyke, agent des services secrets, traque les faux-monnayeurs afin de les livrer à la justice. Alors qu’il fait une pause à Providence, un cadavre est retrouvé les tripes à l’air. Face à l’hostilité su Sheriff du comté, Crimson Dyke décide de poursuivre sa mission. Jusqu’à ce que d’autres cadavres, éventrés de la même façon, ne croisent sa route…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce qu’un ne croise pas tous les jours un western écrit par un auteur français. Mais aussi et surtout parce que ledit auteur est Michaël Mention.

Ma Chronique

Je remercie les éditions 10/18 et Net Galley pour avoir répondu favorablement à ma demande concernant ce titre.

S’il est un genre cinématographique représentatif des Etats-Unis, c’est bien le western, qu’il s’agisse des classiques avec ses acteurs qui ont forgé la légende de l’Ouest (John Wayne, Gary Cooper, Robert Mitchum, Steve McQueen, Charles Bronson…), du western  spaghetti (qui doit sa renommée à Sergio Leone) ou crépusculaire (avec Clint Eastwood comme porte drapeau du genre) ou de films plus contemporains qui continuent de faire honneur au genre (Danse Avec Les Loups, Impitoyable, Hostiles ou encore Django Unchained pour ne citer qu’eux).

Tout le monde ne le sait pas forcément mais bon nombre des classiques du genre ont été des romans avant d’être des films (je vous invite à parcourir la collection L’Ouest, le vrai des éditions Actes Sud pour (re)découvrir certains de ces classiques). Bien entendu ces romans sont l’œuvre d’auteurs américains.

Qu’un auteur français se lance dans l’écriture d’un western et pousse même le vice jusqu’à s’en réapproprier les codes, pourrait passer pour un challenge un peu dingue, pour ne pas dire franchement casse-gueule. Que cet auteur soit Michaël Mention a de quoi rassurer le lecteur, non seulement ce gars est un véritable touche-à-tout mais en plus il a tendance à transformer en or tout ce qu’il touche.

Dès les premières pages l’auteur confirme qu’il maîtrise son sujet, non seulement on retrouve tous les codes chers aux amateurs de western mais en plus son écriture tend à les sublimer. Il applique à son texte une forme résolument moderne sans jamais en dénaturer le fond.

1866. Les cicatrices laissées par la guerre de Sécession sont loin d’être refermées, la tension est à son comble. Les villes se font et se défont au gré des gisements (or et pétrole) et de leur tarissement. Le rêve américain peut se transformer en cauchemar au hasard d’une mauvaise rencontre.

L’Ouest que nous dépeint Michaël Mention ressemble davantage à celui de Quentin Tarantino (Django Unchained / Les 8 Salopards) qu’à celui de Morris (Lucky Luke) ou Cauvin (Les Tuniques Bleues). C’est brut et brutal ! Les différents se règlent à coups de flingue plutôt qu’avec des bons mots. Les héros sont fatigués et désabusés mais pas désespérés… c’est pas le moment de les faire chier !

Crimson Dyke est justement de ces héros, face à ce corps atrocement mutilé il se pose des questions et ne tarde pas à découvrir que la victime n’est pas la première. Il mettra toutefois sa curiosité en veilleuse face à un Sheriff franchement hostile à ses questionnements. C’est presque malgré lui qu’il enquêtera tout en menant à bien ses propres affaires.

Face à lui un système corrompu par le fric et les ambitions personnelles… et quatre tueurs impitoyables. Comme dirait un certain John Rambo (que Dyke ne peut connaître, il est le fruit d’une autre guerre) : ils n’auraient pas dû verser le premier sang !

Un western résolument moderne qui pourrait aussi bien se transposer dans les années Capone que de nos jours mais qui reste fidèle au genre. Une revisite brillante et d’une redoutable efficacité, servie par une plume qui claque comme un calibre .38 (le calibre le plus performant du moment).

Le titre du roman fait référence à une citation biblique : « Dehors les chiens, les enchanteurs, les impudiques, les meurtriers, les idolâtres, et quiconque aime et pratique le mensonge ! » – Apocalypse 22:15 (traduction Louis Segond). Je vous garantis qu’avec Crimson Dyke dans le rôle de l’ange rédempteur, ça dépote bien plus efficacement que dans l’original !

Le roman étant sous-titré, Les Errances De Crimson Dyke, il y a fort à parier que nous retrouverons prochainement cet agent secret qui me manque déjà (mais je lui accorde volontiers un répit bien mérité… mais faut pas non plus qu’il prenne racine).

En aparté

Cette chronique aurait pu ne jamais voir le jour, en tout cas pas dans le cadre d’un partenariat avec Net Galley. En effet l’éditeur ne proposait qu’une version PDF (faudrait leur expliquer un jour que ce format est l’ancêtre du livre numérique… aujourd’hui complètement dépassé par le format EPUB). Mon premier réflexe a été de laisser passer un peu de temps avant de refuser le bouquin à défaut d’un format EPUB d’ici à la sortie commerciale.

Le truc c’est que j’avais vachement envie de lire ce bouquin, du coup j’ai pris sur moi de me créer une version numérique fait maison du roman. Ce qui oblige à survoler le fichier afin de corriger les coquilles et autres anomalies pouvant survenir en convertissant un fichier PDF en document Word… avant de l’exporter via SIGIL pour une version finalisée en EPUB.

Un boulot qui demande un temps certain, que j’ai achevé quelques jours avant la sortie du roman (et donc la version EPUB commerciale). Le hasard a voulu qu’une amie m’offre le bouquin (au format EPUB cela va de soi) quelques jours après sa sortie. C’est donc la version EPUB que je chronique et note ici… un détournement de partenariat Net Galley en quelque sorte.

Je me fous du temps passé sur la réalisation de ma version numérique, non seulement c’est un truc que j’aime faire mais en plus j’étais plus que satisfait du résultat obtenu. En revanche le fait d’avoir survolé le texte avant m’a méchamment spoiler l’intrigue…

Un plaisir de lecture partiellement gâché par cette saloperie de format PDF mais que je ne sanctionne pas dans ma notation. L’auteur n’a pas à pâtir des faiblesses de sa maison d’édition (ce n’est pas parce que c’est un roman proposé en Service Presse qu’il faut nous refourguer tout et n’importe quoi).

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Publié par le 17 mai 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Sebastian Fitzek – Le Cadeau

AU MENU DU JOUR


Titre : Le Cadeau
Auteur : Sebastian Fitzek
Éditeur : L’Archipel
Parution : 2021
Origine : Allemagne (2019)
350 pages

De quoi ça cause ?

Arrêté à un feu à Berlin, Milan Berg aperçoit sur le siège arrière d’une voiture une ado terrorisée qui plaque une feuille de papier contre la vitre. Un appel au secours ? Milan ne peut en être certain : il est analphabète. Mais il sent que la jeune fille est en danger de mort.

Lorsqu’il décide de partir à sa recherche, accompagné d’Andra, sa petite amie, Milan va (re)découvrir, au fil d’un jeu de piste sanglant, des pans entiers de son passé qu’il avait oubliés…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sebastian Fitzek, même si son précédent opus, Siège 7A, ne m’avait pas totalement convaincu. Il fallait plus que ça pour me faire passer mon tour sur ce nouveau roman…

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions L’Archipel et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Sebastian Fitzek place d’entrée de jeu son nouveau héros, Milan Berg, dans une situation particulièrement délicate (et accessoirement douloureuse). Comment un petit escroc rangé des affaires s’est retrouvé dans un pareil merdier ? C’est ce qu’il va essayer de raconter le plus fidèlement possible à celui qui a, pour l’heure, son avenir – et peut-être même sa vie – entre les mains.

Commence alors la véritable intrigue du roman, et celle-ci vous réservera bien des surprises et autant de poussées d’adrénaline. Je reconnais volontiers que parfois les événements prennent une tournure un peu tirée par les cheveux… le côté hautement addictif de l’intrigue m’a aidé à accepter ces quelques invraisemblances.

Il n’en reste pas moins que lorsque les rôles respectifs de Jakob, Lynn et Zoé ont été mis au jour (et par la même la place de Milan au cœur de ce plan machiavélique à souhait), j’ai trouvé que c’était un peu too much… mais nécessaire pour la suite – et fin – des événements.

Choisir un personnage analphabète (conséquence d’une alexie, qui se traduit par une impossibilité neurologique à lire les mots et les lettres) était un choix plutôt audacieux, toutefois, même si le sujet est bien exploité, j’ai eu du mal à ressentir une réelle empathie pour Milan ; son comportement manquant de réalisme et d’humanité à mes yeux.

J’ai été nettement plus intrigué par le personnage d’Andra (et par association ceux de Lampert et Gunther) quant à leurs implications et motivations dans le déroulé de l’intrigue. Il faudra attendre les derniers chapitres pour voir le voile se lever sur ce point.

Même si j’ai globalement passé un bon moment en compagnie de ce bouquin, ce n’est pas le plus abouti que j’ai pu lire de Sebastian Fitzek. Suffisant toutefois pour me faire oublier l’impression mitigée que m’avait laissée Siège 7A. Suffisant aussi pour que je réponde présent pour découvrir le prochain titre de l’auteur.

Dans ses remerciements Sebastian Fitzek pousse l’interactivité avec ses lecteurs en proposant un texte codé suivant un principe exposé dans le roman. Je plains le traducteur qui a dû (je l’espère) recoder le texte afin qu’il renvoie aux mots adéquats pour déchiffrer le code. Le truc n’étant pas transposable sur un fichier numérique (le code identifie un mot en référençant le chapitre, la page, la ligne et le rang du mot… ça ne fonctionne qu’avec une version papier du roman, et ledit code devra être adapté d’une édition à l’autre).

MON VERDICT

 
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Publié par le 10 mai 2021 dans Bouquins

 

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