RSS

Archives de Tag: Némésis

[BOUQUINS] Xavier Massé – Némésis

AU MENU DU JOUR

X. Massé - Némésis

Titre : Némésis
Auteur : Xavier Massé
Éditeur : Taurnada
Parution : 2020
Origine : France
308 pages

De quoi ça cause ?

Quand le paisible village d’Assieu est secoué par le meurtre atroce d’un nourrisson, Vincent appelle à la rescousse son ami d’enfance, David, lui aussi originaire du village. Les deux fils d’Assieu, devenus flics, vont être confrontés à une enquête qui dépasse tout ce à quoi ils pouvaient s’attendre…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada, une maison d’édition dont le catalogue réserve souvent de belles surprises.

Parce que c’est Xavier Massé et que son précédent roman, L’Inconnue De L’Équation, m’avait séduit à plus d’un titre.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée et l’envoi de ce roman.

Comme souvent avec les titres proposés par Taurnada, vous allez vous engager dans une lecture courte, mais intense ; il ne vous faudra que quelques heures pour dévorer ce roman (pour ma part, avalé d’une traite), mais il vous trottera encore longtemps dans les méninges après l’avoir refermé.

Xavier Massé connaît bien le village d’Assieu (Isère) puisqu’il y a passé son enfance. Dans ses remerciements en fin d’ouvrage, l’auteur s’excuse d’avoir fait d’un endroit aussi paisible le théâtre d’une intrigue aussi sombre.

Il faut dire que d’entrée de jeu l’auteur marque les esprits avec une scène de crime doublement sordide ; d’abord parce que la victime est une petite fille de 4 mois, ensuite parce que le corps a été atrocement mutilé.

Voilà, ça c’est fait ! Désormais vous savez où vous mettez les pieds… Sauf que Xavier Massé ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, comme le chante (qui a dit le bêêêle ?) fort justement ce brave Francis (qui a dit Lalanne ?): Et ça continue encore et encore / C’est que le début d’accord, d’accord…

Avec un point de départ pareil, on aurait pu craindre que Xavier Massé ne s’échoue sur les écueils de la surenchère gratuite, il n’en est rien. Le gars mène sa barque avec brion tout dans son intrigue est parfaitement pensé et trouve la place qui lui correspond le mieux pour guider, au terme d’un jeu de piste morbide, vers un final qui ne laissera aucune question sans réponse.

Face à un assassin qui ne sème aucun indice et semble toujours avoir un coup d’avance sur la police, deux jeunes flics originaires d’Assieu. Vincent Juron n’a jamais quitté son village natal et en connaît donc tous les habitants. De son côté David Massiènas est parti pour Lyon avec sa mère alors qu’il était adolescent. Deux amis d’enfance qui se retrouvent (à la demande de Vincent) à la tête d’une enquête où tout semble défier la raison et le bon sens.

Si la complicité entre les deux amis est indéniable, on sent toutefois qu’il y a des non-dits de la part de Vincent ; ainsi quand David pose certaines questions troublantes sur la situation à Assieu, son ami a une nette tendance à éluder ou à répondre par une banalité du genre : « c’est la même chose dans tous les villages ».

Des non-dits qui vont pousser David à creuser seul certaines pistes… et ainsi l’amener à déterrer les plus sombres secrets d’Assieu. Mais aussi à découvrir une vérité qu’il n’aurait pu soupçonne tant elle est impensable (et assez peu crédible à mon avis, mais on s’en fout, on est dans une fiction).

Je n’en dirai pas davantage, car déflorer une telle intrigue relèverait du crime littéraire (et ne comptez pas sur moi pour évoquer d’autres formes de déflorations criminelles, je suis quelqu’un de respectable). Comment réagir face au dilemme final auquel David va se retrouver confronté ? Pour en savoir plus, lisez ce roman !

Une fois de plus Taurnada propose un titre qui surprend et décoiffe. Il ne passe pas loin du coup double, mais devra se contenter d’un honorable coup de poing ; c’est la communauté qui lui vole son coup de cœur (une fois encore il faut avoir lu le roman pour comprendre ma réserve).

En bonus je vous offre les premières lignes de l’article de Wikipedia consacré à la Némésis de la mythologie grecque (sachant qu’elle ne contient aucun spoiler relatif au présent roman) :

Némésis est une déesse de la mythologie grecque, mais aussi un concept : celle de la juste colère (des dieux) et du châtiment céleste. Son courroux s’abat en particulier sur les humains coupables d’hybris : démesure, mégalomanie. Elle est ainsi parfois assimilée, à la fois, à la vengeance et à l’équilibre.

MON VERDICT
Coup de poing

 
1 commentaire

Publié par le 10 novembre 2020 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , ,

[BOUQUINS] Shaun Hutson – Némésis

S. Hutson - NémésisJ’avais besoin de l’univers déjanté de Wilt pour me préparer à cette nouvelle lecture qui est, parait-il, plutôt éprouvante. La chose en question s’appelle Némésis et est signée Shaun Hutson.
Après que leur fillette ait été sauvagement assassinée, Sue et John Hacket déménagent dans l’espoir de pouvoir repartir à zéro. Quand Sue découvre que le soir du drame son mari s’envoyait en l’air avec sa maîtresse, elle décide d’aller vivre chez sa soeur. De loin Hinkston ressemble à une paisible bourgade provinciale mais elle est en réalité le théâtre de nombreux crimes particulièrement violents et de divers incidents autres troublants…
Je trouve la couv’ flippante à souhait, le pitch semble plutôt alléchant mais c’est surtout ce que j’ai pu lire çà et là sur ce bouquin qui m’a poussé à me faire ma propre opinion. Gore et trash ? Incontestablement, on a le droit à tous les sévices : viols, meurtres aussi violents que sanglants, tortures diverses et variés et même du cannibalisme ; qui dit mieux ? Malsain et dérangeant ? Et bin non justement, à ne pas mettre entre toutes les mains du fait de son contenu mais globalement, et c’est là mon principal reproche, aucune ambiance ne se dégage du bouquin. Ca se lit bien, ça se lit vite mais j’ai l’impression que ça va s’oublier encore plus vite…
L’ensemble manque de profondeur, les personnages sont creux, les dialogues faiblards et l’intrigue sonne faux par son absence de cohésion. Qui plus est la surenchère dans le trash sanguinolent finit par faire sourire plutôt que de nous stresser ; si je devais comparer ce bouquin à un film c’est Evil Dead qui me vient à l’esprit (c’est ultra gore mais tellement peu crédible que ça fait marrer). La scène du viol en fin de bouquin est à elle seul un condensé de grand n’importe quoi ; comment voulez vous frissonner face à un truc aussi absurde ; à se demander si l’auteur n’a pas cherché à s’auto-parodier…
Toutefois ce qui m’a vraiment dérangé dans ce bouquin c’est l’absence de relecture, je ne sais pas si c’est l’auteur ou le traducteur qui s’est emmêlé les pinceaux mais il n’est pas rare que les personnages changent de nom : Hacket devient Hacker, Lawrenson se mue en Lawrence ou encore Spencer se transforme en Simpson (au cours du même chapitre). Ca fait pas très sérieux et c’est plutôt étonnant pour un éditeur comme Milady.
Ma critique peut paraître sévère aussi je tiens à répéter que le bouquin n’est pas désagréable à lire (à condition d’aimer le genre cela va de soi), je regrette juste que tout son potentiel n’ait pas été exploité. Peut être aussi espérais-je vraiment avoir la trouille en lisant ce roman alors que finalement ce n’est rien de plus qu’un page turner horrifique, j’ai trouvé Une Fille Comme Les Autres de Jack Ketchum bien plus dérangeant. Ce ne sont pas les litres d’hémoglobine qui créent l’ambiance mais bel et bien l’intrigue même du bouquin.
Je ne résiste pas à l’envie de vous citer un extrait de la biographie de l’auteur (à la fin du roman) : « Alcoolique repenti, fan d’Iron Maiden, diagnostiqué pour ses tendances psychotiques et auteur favori des bibliothèques des prisons anglaises, Shaun Hutson est un homme charmant.« 

 
11 Commentaires

Publié par le 23 août 2013 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , ,