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Archives de Tag: Musashi Miyamoto

[BOUQUINS] S. M. Wilson & C. Kutsuwada – Le Livre Des Cinq Roues

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Wilson & Kutsuwada - Le Livre Des Cinq Roues
Titre : Le Livre Des Cinq Roues
Texte : Sean Michael Wilson
Dessin : Chie Kutsuwada
Éditeur : Budo
Parution : 2014
Origine : Royaume-Uni (2012)
160 pages

De quoi ça cause ?

Le Livre des Cinq Roues est un célèbre ouvrage sur le sens et la finalité́ du combat écrit par l’illustre duelliste du XVIIe siècle et samouraï invaincu, Miyamoto Musashi.

Sans aucun doute le plus grand classique de samouraïs, il révèle dans cette version illustrée, tout le savoir de ce grand guerrier qui a su inspirer depuis de nombreuses années tant les artistes martiaux que ceux qui cherchent à̀ développer un esprit stratégique.

Ma Chronique

Bien que le personnage de Musashi m’ait toujours fasciné (et plus encore depuis que j’ai découvert sa biographie romancée par David Kirk), je reconnais que je n’ai jamais été inspiré par la lecture de son fameux Traité Des Cinq Roues (Gorin-no-sho) dans lequel il expose les principes de son art du combat à deux sabres (niten ichi-ryu).

C’est pourquoi j’ai opté pour cette scénarisation de Sean Michael Wilson illustrée par Chie Kutsuwada, pensant que la chose passerait mieux sous un format allégé.

Sauf que voilà, même avec la meilleure volonté du monde il n’est pas évident de tisser un quelconque scénario autour d’un bouquin qui n’en propose aucun. Le Traité Des Cinq Roues est avant tout un guide pour aider le pratiquant à comprendre et à améliorer son art (art dont la finalité est la victoire, voire la mort de l’adversaire).

N’étant pas pratiquant de la voie du sabre (même si je reconnais volontiers que les katanas sont des armes aussi magnifiques que mortelles) et ne me voyant pas tailler en sashimi le scélérat qui viendrait me chercher des noises alors que je me balade peinard en ville, j’ai eu beaucoup de mal à accrocher. Du coup la lecture de cette BD s’est avérée beaucoup moins fluide qu’attendue et s’est étalée sur plusieurs semaines.

C’est donc sur cinq chapitres (Terre, Eau, Feu, Vent et Esprit) que Musashi va essayer de transmettre sa philosophie, sa pratique et ses stratégies de combat. Je ne sais pas ce que ça donne dans le texte complet, mais ici, si le texte est facilement assimilable, ça reste vachement succinct… ce n’est certainement pas après avoir lu ce roman graphique que vous pourrez aller défier Dark Vador !

Dans le même ordre d’idée, le dessin est plutôt agréable, mais il manque clairement un arc narratif auquel le rattacher.

Je ne jette pas la pierre à ce bouquin, c’est juste que je ne fais clairement pas partie du public qu’il cible. Je ne désespère pas de retrouver Musashi dans le troisième tome de sa biographie par David Kirk (toujours aucune date de publication annoncée, y compris en version originale). A défaut je peux toujours me lancer dans la biographie de référence signée William Scott Wilson (aucun lien de parenté avec le présent Sean Michel Wilson), Musashi – Le Samouraï Solitaire.

En ce moment je n’ai pas vraiment le nez creux s’agissant du choix de mes BD / romans graphiques. Et pourtant je sais que j’ai deux excellents titres à lire (Watchmen et Moi, Ce Que J’Aime C’Est Les Monstres) qui m’attendent dans ma bibliothèque, mais qui exigent un réel investissement personnel (plus de 400 pages chacun et un scénario bien tarabiscoté). J’espère avoir un peu plus de chance avec mon prochain candidat en lice…

MON VERDICT

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Publié par le 15 août 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] David Kirk – L’Honneur Du Samouraï

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D. Kirk - L'Honneur du Samouraï

Titre : L’Honneur Du Samouraï
Série : Musashi Miyamoto – Tome 2
Auteur : David Kirk
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2018
Origine : Angleterre (2015)
528 pages

De quoi ça cause ?

Après la bataille de Sekigahara, et une fois sa vengeance accomplie, Musashi a décidé qu’il ne prêterait plus jamais allégeance un seigneur. Ne se reconnaissant plus dans le code d’honneur des samouraïs, il ne suivra désormais qu’une voie, la sienne.

À Kyoto, les samouraïs de l’école Yoshioka, n’ont pas oublié l’affront de Musashi sur le champ de bataille. Bien décidés à laver l’insulte, ils missionnent l’un des leurs, le Seigneur Akiyama, afin qu’il élimine Musashi.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est la suite du Samouraï et qu’il me tardait de découvrir ce qu’il allait advenir de Musashi à l’issue de la bataille de Sekigahara.

Ma chronique

Dans ce second opus du cycle qu’il consacre à Musashi Miyamoto, David Kirk nous propose de suivre son héros depuis la fin de la bataille de Sekigahara (il a alors 17 ans) jusqu’à son séjour à Kyoto et les multiples duels qui l’opposeront aux samouraïs Yoshioka (21 ans).

Si Musashi a accompli sa vengeance, il n’en est pas pour autant apaisé. Têtu comme une mule, impulsif, voire sanguin, il ne peut s’empêcher de haranguer et de provoquer ceux qui ne partagent pas sa vision des choses (les samouraïs fidèles à la Voie). Une véritable tête à claques, plus d’une fois son comportement de gamin capricieux m’a hérissé le poil (même si je partage son avis sur l’aberration qu’est la Voie du Samouraï et ses traditions d’un autre temps) !

C’est encore Ameku, une aveugle qui partagera un bout de chemin avec lui, qui définit le mieux le caractère du bonhomme et n’hésite pas à le lui dire en face :

« Vous maudissez toujours les autres. Le monde. La Voie. Mais vous-même, non, jamais. Des mots, des mots, et encore des mots. Et qu’est-ce qui se cache sous les mots ? De la colère. Ils ont tort, je veux bien. Mais vous aussi, vous avez tort. Absolument. »

Musashi ayant été dans le camp des vaincus, il aurait dû, selon les préceptes de la Voie, se donner la mort en suivant le rituel du Seppuku. En refusant de se soumettre à ce qu’il estime être une aberration, il devient un paria aux yeux des vainqueurs, un fugitif, un furoncle à éradiquer pour soigner la splendeur des vainqueurs… Eh oui, ça ne rigolait pas à l’époque !

La situation étant ce qu’elle est, en plus du « contrat » que les Yoshioka ont mis sur la tête de Musashi, ce second opus fait la part belle à l’action. C’est violent, sanglant (forcément ,un combat au sabre ça coupe… surtout quand ledit sabre est parfaitement aiguisé), les membres et les têtes volent, les tripes prennent l’air, mais c’est écrit sans chercher à se vautrer dans la violence gratuite ou la surenchère gore. L’auteur nous fait simplement prendre conscience de la réalité implacable d’un duel au sabre.

Le roman ne se contente pas d’enchaîner les scènes de combat, il s’attarde aussi sur la psychologie des personnages, les liens qui les unissent et leur rapport à leur fonction/contexte. Il n’y a pas que Musashi qui semble avoir du mal à trouver sa place et sa raison d’être.

Akiyama, le samouraï envoyé à la poursuite de Musashi par les Yoshiokas, se questionne sur sa position au sein de l’école, lui l’enfant bâtard, accepté, mais jamais véritablement intégré, relégué aux taches secondaires malgré une dévotion sans faille.

Goémon, capitaine de la garde et ambassadeur du Seigneur Togukawa à Kyoto, n’est guère mieux loti. Les habitants, traditionnellement attachés aux Yoshioka, ne voient en lui qu’un émissaire d’Edo et lui même a bien du mal à se sentir chez lui dans cette cité qui le méprise.

Cette opposition Togukawa / Yoshioka donne au si une dimension « politique » à l’intrigue, les magouilles et les complots font partie intégrante du quotidien de Kyoto. Chacun cherchant à manœuvrer ses pions au mieux afin d’affaiblir l’autre.

De nouveau j’ai été en totale immersion au sein du Japon médiéval (et ce n’est pas de tout repos, vous l’aurez compris), une lecture tout simplement captivante, sans aucun temps mort. Je n’étais pas sûr que, passée la curiosité initiale, le parcours de Musashi continuerait de me passionner ; force est de reconnaître que je me suis trompé. Je suis de plus en plus accro !

Il est assez paradoxal de découvrir (pour ma part en tout cas) que celui qui est considéré comme l’un des plus grands maîtres escrimeurs (voire tout simplement le plus grand samouraï) de tous les temps a bâti sa renommée en tant que samouraï sans maître, un ronin, un « titre » loin d’être honorable (presque une insulte) aux yeux des « vrais » samouraïs et de leurs maîtres.

L’auteur avoue sans complexe avoir pris certaines libertés avec la réalité historique (tout en respectant les grandes lignes), d’une part pour combler les nombreux blancs laissés par l’histoire connue de Musashi, d’autre part afin de donner plus de vie et plus de rythme à son intrigue. Un choix qui ne me dérange nullement pour ma part tant que la qualité du récit est au rendez-vous, en l’occurrence elle l’est au-delà de toutes mes espérances.

Après plus de cinq ans passés à travailler sur le cas Musashi, David Kirk a décidé de s’accorder une pause et de passer à autre chose avant de reprendre sa saga. Sachant que ce second tome est paru, dans sa version originale, en 2015 et que le troisième n’a pas encore été publié (même si, de l’aveu même de l’auteur, son écriture est déjà bien avancée), espérons que ladite pause touche à sa fin…

Allez savoir pourquoi je m’étais imaginé que la saga consacrée à Musashi Miyamoto serait une trilogie, j’ai découvert, en parcourant les différentes interviews de David Kirk, qu’elle serait, a priori, constituée de cinq tomes. Ma trilogie se transforme en pentalogie… il est plus que temps que l’auteur mette fin à sa pause et remette le pied à l’étrier (en l’occurrence se serait plutôt les doigts au clavier). J’aimerai connaître la fin de l’histoire avant de sucer les pissenlits par la racine !

À la décharge de l’auteur, chacun de ses tomes (au vu des deux premiers en tout cas) bénéficie d’une fin qui ne laissera aucun sentiment de frustration au lecteur ; on suit Musashi au cours d’une période précise de son histoire, puis d’une autre… Autant à la fin du Samouraï l’on pouvait avoir une vague idée ce que nous réserverait la suite (la confrontation avec les Yoshioka), autant, en refermant L’Honneur Du Samouraï, nous n’avons pas l’ombre d’un indice sur la suite du périple de Musashi. Une bonne raison de plus d’avoir hâte de découvrir la suite…

MON VERDICT

 
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Publié par le 16 juillet 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] David Kirk – Le Samouraï

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D. Kirk - Le Samouraï

Titre : Le Samouraï
Série : Musashi Miyamoto- Tome 1
Auteur : David Kirk
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2014
Origine : Angleterre (2013)
416 pages

De quoi ça cause ?

Bennosuke, 13 ans, est élevé par son oncle Dorinbo, un moine officiant au temple bouddhiste de Miyamoto. Le jeune garçon rêve de devenir un célèbre samouraï, à l’image de son père, Munisai, qui a quitté le village 8 ans plus tôt.

Munisai revient s’installer à Miyamoto après avoir offensé le fils d’un seigneur allié. Il espère que les choses se tasseront s’il se fait oublier en assurant la régence administrative du village.

Bennosuke va découvrir une vérité insoupçonnée sur ses parents, mais il faudra plus que ça pour entamer sa volonté de suivre la voie du sabre…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Je suis dans une phase japonisante en ce moment, peut-être un effet secondaire de ma forte consommation de sushis ces derniers jours. Mais attention je n’ai que faire du Japon contemporain, c’est le Japon médiéval et ses samouraïs qui m’attire…

Et tant qu’à faire autant se pencher sur le cas du plus célèbre des samouraïs : Musashi Miyamoto.

J’aurai pu jeter mon dévolu sur l’ouvrage considéré comme étant LA référence sur le sujet, le fameux Musashi de Eiji Yoshikawa, paru en 1935 et décliné en français en deux volumes : La Pierre Et Le Sabre et La Parfaite Lumière. J’ai privilégié une approche de l’extérieur (David Kirk est britannique de naissance , il vit au Japon depuis une dizaine d’années) et une écriture plus moderne.

Ma chronique

Au Japon Musashi Miyamoto est tellement célèbre qu’il est quasiment devenu un personnage de légende, il peut parfois s’avérer difficile dans un tel contexte de distinguer les faits historiques et les éléments de fiction destinés à embellir la vérité. C’est encore plus vrai quand la transmission se fait principalement par voie orale ou picturale.

De fait il n’existe aucune véritable biographie de Musashi Miyamoto. Le roman Musashi de Eiji Yoshikawa a beau être considéré comme l’ouvrage de référence sur la vie du célèbre samouraï, ça demeure un ouvrage de fiction qui prend parfois certaines libertés avec l’Histoire (ne serait-ce que pour pallier certains blancs). En langue anglaise c’est Musashi, Le Samouraï Solitaire de William Scott Wilson qui semble se rapprocher le plus d’une biographie de Musashi Miyamoto.

David Kirk reconnaît que le livre de William Scott Wilson a été sa principale source documentaire, complété par les écrits de Musashi Miyamoto, dont le fameux Traité Des Cinq Roues (aussi appelé Livre Des Cinq Anneaux). Le Samouraï est le premier volet d’une trilogie (?) qu’il consacre à Musashi, le second tome, L’Honneur Du Samouraï est déjà disponible en français et le troisième (et dernier ?) est encore en cours de rédaction.

Dans ce premier opus, l’auteur nous invite à suivre le parcours initiatique de Bennosuke Hirata (qui deviendra plus tard Musashi Miyamoto) entre ses 13 et 16 ans.

C’est à 13 ans que Bennosuke va retrouver son père. Des retrouvailles sur fond d’un terrible secret concernant la mort de sa mère et les conditions du départ précipité de son père, huit ans plus tôt. Pas franchement les conditions idéales pour rétablir une relation père / fils des plus épanouies ! Il n’en reste pas moins que Munisai va aider Bennosuke à se perfectionner dans l’art du maniement du sabre.

Un enseignement qui s’avèrera fort utile puisque c’est aussi à l’âge de 13 ans que Bennosuke va livrer son premier combat en duel et tuer un homme pour la première fois.

A partir de là notre brave Bennosuke n’aura guère d’occasion de se la couler douce. Entre le désir de vengeance du fils d’un seigneur face à l’humiliation que le jeune samouraï lui a infligé, puis sa propre soif de revanche, la vie ne sera plus jamais un long fleuve tranquille…

Dans ce premier tome, les relations entre les personnages occupent une place essentielle. Qu’il s’agisse du lien entre Bennosuke et Munisaï, une relation tumultueuse qui connaîtra bien des évolutions au fil des pages. Mais Bennosuke sera aussi tiraillé entre Munisaï et Dorinbo, ce dernier aimerait le voir suivre une voie plus spirituelle tout en sachant que le gamin rêve de devenir un samouraï.

C’est aussi l’organisation même du Japon médiéval, un système qui repose sur des liens hiérarchiques stricts, qui place le relationnel au centre de tout. Dans le roman un artisan explique ainsi les choses à Bennosuke :

« Tout est question de hiérarchie, pas vrai ? Tout en haut siège l’empereur, qu’on ne voit jamais, et après… Mon lot est de servir le samouraï que vous êtes, et vous, vous servez le seigneur Shinmen. Il a du pouvoir, mais pas tant que ça. Il obéit aux Grands Seigneurs, et au-dessus d’eux il y a encore un petit groupe d’hommes dont la fonction n’a pas de nom précis. On peut les appeler les Très Grands Seigneurs, si l’on veut, et le plus proche de nous est le seigneur Ukita. Et qui est-ce qui le commande, celui-ci ? »

Ce à quoi Bennosuke répondra : « Le régent Hideyoshi Toyotomi. »

Un système qui ne souffre d’aucune exception, quiconque oserait s’attaquer à un individu de rang supérieur se verrait accuser d’un crime majeur puni par la mort du coupable (il est donc théoriquement inconcevable qu’un samouraï s’en prenne à un seigneur).

Le revers de la médaille, dans les strates les plus hautes, étant le risque d’attiser les convoitises et complots en tout genre au moindre signe de faiblesse d’un supérieur.

C’est d’ailleurs ce qui conduira à la bataille de Sekigahara, qui opposera les armées du clan Toyotomi (prétendants légitimes à la succession) à celles du clan Tokugawa, décrite dans la dernière partie du roman.

David Kirk nous plonge en totale immersion dans son intrigue, ne négligeant aucun aspect du récit (personnages, rythme…) qui s’avérera à la fois instructif (j’avoue sans la moindre honte que je n’avais que de très vagues connaissances sur le sujet), entraînant et addictif (difficile de lâcher prise une fois embarqué dans l’histoire).

J’ai pris énormément de plaisir à lire ce bouquin, d’autant plus que le style sans fioriture permet une grande fluidité de lecture, il me tarde donc de me plonger dans le second opus tout en espérant déjà que le troisième ne tardera pas trop à voir le jour (ceci dit je conçois volontiers qu’après cinq ans de travail sur ces deux premiers tomes, David Kirk ressente le besoin de faire un break).

MON VERDICT

 
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Publié par le 14 mars 2018 dans Bouquins

 

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