Tête à tête (virtuel) avec Morgan of Glencoe

Ma chronique de Si Loin Du Soleil

Bonjour Morgan,
Bonjour Mylord !

Merci d’avoir accepté ce tête à tête virtuel.
Merci de me l’avoir proposé !

Pour commencer peux tu nous dire qui se cache derrière ce pseudonyme ? Et comment es tu venu à l’écriture ?

Je veux bien, mais je vais avoir du mal… Parce que ce n’est pas un pseudonyme. C’est mon vrai nom. Tronqué.

Bon d’accord j’arrête de taquiner. Je m’appelle donc Morgan (prononcer -ane à la fin, merci !) et j’ai 28 ans. Je viens du pays de Porhoët, en Bretagne, et, heu, je suis un animal nocturne à poils longs.

Pour l’écriture… c’est l’une des nombreuses formes que j’utilise pour raconter des histoires. J’adore raconter des histoires, donc je le fais tout le temps : en chantant, en contant, en écrivant, même en enseignant. Mon premier public – fort généreux – a été mon petit frère, à l’âge précoce mais décidé de deux ans. J’en avais quatre. J’ai commencé comme ça, et j’ai jamais arrêté.

Pourquoi avoir fait le choix de l’auto-édition ?

J’ai pas vraiment choisi l’auto-édition. Et il n’est pas exclu qu’un jour LDG trouve sa place ailleurs que chez les auto-édités. Mais cette histoire méritait d’être racontée, elle devait être racontée, et le monde de l’édition est… lent. Et un peu frileux quand il s’agit d’histoires atypiques comme Si loin du Soleil. Donc, voilà.

Auto-édition ne signifie pas forcément travail en solo, qu’en est-il pour toi ?

Pour moi, on est dans le pas du tout solo, en fait. Bon, soyons clairs. Sans moi, pas de LDG du tout. J’ai créé l’univers, les personnages, le scénario, et écrit le livre. Mais je n’ai pas fait ça dans mon coin. J’ai une équipe de bêta-lecture de choc, chacun(e) avec un rôle précis, dont les critiques et les commentaires apportent toujours beaucoup d’eau à mon moulin. J’ai travaillé avec Elen Brig Koridwen, qui a relu et corrigé le livre et fait dessus tout un travail d’accompagnement éditorial bénévole, et une grosse partie de la communication, ce qui est formidable. Et, last but not least, mon ami Laurent Miny, illustrateur professionnel et accessoirement bêta-lecteur aussi, a réalisé la (magnifique) couverture.

Comment définirais tu ton roman, Si Loin Du Soleil ?

Ça, c’est une question piège  ! J’en sais rien, à dire vrai. C’est Si loin du Soleil. Ça parle de tolérance et d’amitié, de musique et de magie, de rencontres et de désillusions. Ça parle de l’existence, et de la vie, de l’indépendance et de la responsabilité. Ça parle aussi un peu d’amour, et de mort. C’est une histoire pour rire et pour pleurer, et pour passer un moment avec des personnages qui, peut-être, ont quelque chose à vous dire. Et si vous croyez que les choses sont pires dans le monde de la Dernière Geste que dans le nôtre… Vous êtes privilégié.

D’où t’es venue l’idée d’un univers qui mêle uchronie et fantasy ? Et plus généralement où puises tu ton inspiration ?

Dans l’eau de la Source Perdue, celle qui coule à l’envers à l’ombre de 7 noisetiers… ah, non, pardon, ça c’est la Geste Arthurienne. Plus sérieusement, la réponse est : partout. La Dernière Geste est née en regardant ma meilleure amie assise sur une chaise de bar. J’ai tendance à observer. Les gens, les choses, le monde. J’aime rencontrer les êtres vivants, les laisser me parler de leur vie, et dans ces vies, souvent, je trouve quelque chose à laquelle rendre hommage. Beaucoup de personnages de LDG sont inspirée d’une ou plusieurs personnes que je connais, bien, mal, que j’apprécie ou non. Des choses qu’on m’a racontées, des vérités qui font mal (qui a dit “Blackfish” ?) et puis voilà. Ça se transforme, dans ma tête, et ça devient une histoire.

Commencer par une saga est un choix ambitieux, peux tu nous dire combien de tomes comptera La Dernière Geste ?

Tout dépend si j’arrive à faire tout ce que je veux, ou non. Le cycle principal durera 5 tomes, plus un sixième un peu spécial, mais indépendant. Mais j’adore mes personnages, j’ai du mal à laisser ceux qui ne jouent dans le cycle principal qu’un rôle secondaire, ou bref, sans une véritable histoire à eux. C’est pourquoi, en plus du cycle principal, La Dernière Geste comptera au moins un, et j’espère, plusieurs, préquels. Ceux-ci seront publiés sous forme de feuilletons sur Internet, au rythme d’un épisode par mois.

Le premier préquel, consacré à l’adolescence du futur Sir Edward Longway, est déjà en cours de publication, sur le site de la Dernière Geste .

As-tu déjà une trame toute tracée pour la suite, ou au contraire tu improvises au fil de l’écriture ?

Ça serait plus romantique que je vous dise que je me laisse porter par le flot de l’écriture, mais rien n’est moins vrai. J’écris de façon structurelle  : tout le scénario est dans ma tête, du moins, les grandes lignes de chaque tome, et le détail du tome en cours. Ça me permet de laisser mûrir chaque scène à son rythme dans ma tête et de la coucher sur le papier, directement à sa place, quand elle est prête.

Donc oui, je sais comment ça va continuer, se développer, et finir. Je sais où vont les personnages, par quoi ils vont passer, et à quel point ils vont changer. Ça arrive que je change des choses, mais c’est rare…

Peux tu nous donner quelques indices sur le second chant, Azurs & Aciers ?

Alors d’abord : le train. Une grosse partie d’Azurs & Aciers se passe dans la Rame 5, au milieu des Fourmis. Une autre, au Louvre. Deux autres lieux sont importants, mais ce serait du spoil.

Que puis-je vous dire encore ? Par rapport à Si loin du Soleil, qui est un tome très monolithique, très linéaire, et très statique, Azurs & Aciers est en opposition totale. Ça bouge dans tous les sens, on suit plusieurs intrigues en même temps, et c’est plus un grand huit survolté dont on se demande quand ça va exploser que l’espèce de ligne droite à l’issue fatale qu’est Si loin du Soleil.

C’est aussi un tome très, très émotionnel. On y traite des sujets douloureux, le deuil, le poids du choix, du pouvoir, de l’erreur.

Enfin, parce que je sais qu’ils ont des fans, c’est un tome où les personnages de Trente-Chênes, Levana, Aliénor et surtout Ren vont prendre beaucoup d’importance.

Comment se déroule une journée type quand tu écris ?

Terriblement jamais pareil. Je n’ai pas d’habitudes en ce qui concerne les horaires, les lieux, etc. Là par exemple, je suis dans un train, du coup j’écris. Je peux difficilement répéter mes morceaux de musique ici, alors ! Et j’ai un emploi du temps qui ressemble au Chaos d’Huelgoat, Je suis donc du genre adaptable. À peu de choses près, tant que j’ai mon ordi, je peux écrire.

En dehors de La Dernière Geste as-tu d’autres projets en tête ?

Yep ! Un roman épistolaire de capes & d’épées, sur le rôle d’espions que jouaient beaucoup de musiciens de cour à l’époque de Louis XIII, et une novella beaucoup plus modeste, très “tranche de vie”. Mais j’avoue que c’est un peu remis à “quand j’aurai le temps”.

Sauf erreur de ma part tu es aussi musicien, as-tu déjà songé à créer la « bande originale » de La Dernière Geste ? A défaut que conseillerais comme musique histoire de prolonger le plaisir ?

J’ai pas seulement songé. Elle existe. D’abord, trois chansons citées, Toutouig (la berceuse de la maman de Yuri), Wild Mountain Thyme (will ye go, lassie, go ?) et l’Air de Bach (Je ne veux pas me souvenir de cette scène.) sont tout à fait trouvables n’importe où sur le web ou en CD. Le groupe Clannad qu’écoute Ren au début du livre est aussi tout à fait réel, et super cool. Vous pouvez déjà écouter tout ça.

Quant aux chansons comme l’hymne des Rats, la comptine du chat perché ou encore la chanson que Bran chante à Yuri au vieil abri, et un certain nombre de chansons qu’on entendra dans le tome 2, c’est moi qui les ai composées, mais elles existent vraiment aussi, j’ai des partitions, des enregistrements… le tout de piètre qualité, hélas, mais il n’est pas exclu qu’un jour, un album officiel de la Dernière Geste voie le jour.

Quelles sont tes références (auteurs et romans) en tant que lecteur ?

Nombreuses et bordéliques. J’adore lire, je lis beaucoup, je lis tout le temps, du coup, ce serait dur de tout citer. Ceux et celles qui veulent s’amuser à chercher les très nombreuses références et clins d’oeils sont les bienvenus ! J’adorerai proposer, pour la sortie du tome 2, un concours autour de ça. Ce serait très drôle.

Par contre. Non, le nom de Bran n’est pas une référence à Games of Thrones. Je ne connaissais pas GoT quand j’ai commencé LDG. J’avais un héros irlandais en tête.

Comme à mon habitude, je te laisse le mot de la fin.

Si vous n’avez pas encore lu Si loin du Soleil, j’espère que vous aimerez. Lisez bien jusqu’à la dernière page, sans quoi vous pourriez manquer quelque chose d’important.

Si vous l’avez déjà lu, je donne tout ce que j’ai pour que le tome 2 soit à la hauteur de vos espérances. Je n’ai pas de réseau de diffusion, alors parlez-en, offrez-le si vous pouvez, et pour calmer votre impatience, rendez-vous sur ladernieregeste.com ou sur la page facebook. J’y mets régulièrement des informations bonus, je publie les fanarts qu’on m’envoie, et vous avez le préquel de Sir Edward à lire en attendant la suite des aventures de Yuri & co, donc… foncez  !

Et merci encore pour ce tête à tête !

[BOUQUINS] Morgan of Glencoe – Si Loin Du Soleil

M. of Glencoe - Si loin du soleilC’est Elen Brig Koridwen qui m’a incité à lire ce roman écrit et auto-édité par un(e) de ses protégé(e)s sous le pseudonyme de Morgan of Glencoe. Premier opus d’une série intitulée La Dernière Geste, Si Loin Du Soleil est un roman qui mêle adroitement les genres.
Le monde moderne est dirigé d’une main de fer par une Triade composée du Royaume de France, l’Empire du Japon et le Sultanat Ottoman. Quand Yuri découvre que son père, ambassadeur du Japon en France, veut faire d’elle la promise du Dauphin ; elle décide de fuir cet avenir tout tracé qui ne lui correspond pas et trouve refuge auprès des Gens des Egouts, une communauté de parias où cohabitent, sur le même pied d’égalité, tous ses membres…
Difficile de proposer un pitch succinct de ce roman tant il est riche, et se densifie encore et encore au fil des chapitres (sans jamais embrouiller le lecteur). On serait de prime abord tenté de le classer comme une uchronie, l’intrigue se déroule dans notre monde mais avec une Histoire bien différente (voire même à la limite de la dystopie tant ce nouveau monde est pourri). Mais voilà dès les premières pages on croise des fées, bientôt rejointes par d’autres créatures magiques… Fantasy ? Fantastique ? Un roman susceptible de rentrer dans bien des tiroirs mais n’obéissant à aucun univers prédéfini.
Chaque composante de la Triade adopte un régime de type monarchie absolue, les nobles ont tous les droits, les classes inférieures celui de se taire et de travailler. Quant aux créatures magiques elles sont purement et simplement considérées comme des abominations, la pire de toute étant incontestablement la fée (voilà qui devrait plaire à Stelphique).
Mais même au sein de la noblesse tout le monde ne naît pas sur le même pied d’égalité, ainsi les femmes se doivent d’être soumises, d’abord au père, puis au mari. Nombre d’activité leur sont ainsi interdites.
C’est cet aspect des choses que l’on découvre via le personnage de Yuri, fille d’ambassadeur, intelligente mais l’esprit encombré des multiples mensonges et autres contre-vérités que lui ont inculqué son éducation. A ce titre plus d’une fois vous aurez envie de la prendre et de lui éclater la tronche à coup de parpaing tellement elle se montrera hautaine (rassurez-vous ça ne durera qu’un temps).
Heureusement face à cette noblesse autoritaire et hautaine et toute leur clique de serviles serviteurs en tout genre, il y a ceux qui n’obéissent pas au système. La première rencontre de Yuri avec ces esprits libres se fera à bord de l’Orient Express, lors du voyage qui la conduira à Paris ; le Rail est en effet une société totalement indépendante de la Triade, et son personnel (Les Fourmis) n’obéissent qu’à leur capitaine. Et il s’avérera très vite que la capitaine de la rame n°5 n’est pas du genre à se laisser emmerder.
Mais le top du top reste les Gens de l’Egout, la communauté qui prendra Yuri sous sa protection après sa fuite. Elle découvrira alors que les humains et les créatures magiques peuvent cohabiter en parfaite harmonie. Et ce n’est que le début de ses surprises et désillusions, elle aura heureusement le réflexe de se débarrasser de ses préjugés même si ça ne fera pas en un claquement de doigts (à sa décharge elle énormément de trucs à découvrir en un temps réduit). L’auteur nous délivre ainsi une ode à la tolérance, au respect et à l’égalité, sans mièvrerie et sans pragmatisme, c’est juste parfaitement intégré à son intrigue.
Au fil des chapitres on croisera de nombreux personnages hauts en couleurs et tous plus attachants les uns que les autres. A commencer bien entendu par Bran, une Selkie (la pire espèce de fées d’après les enseignements du Yuri) qui s’est portée volontaire pour être son guide, entre l’humaine et la fée se nouera une improbable mais solide relation d’amitié. Mais il y a aussi Pyro, un jeune Feu Follet débordant d’énergie et vouant une admiration sans faille à Bran. Sir Edward Longway, le fondateur de la communauté, et bien d’autres que je vous laisse découvrir…
Bref l’auteur déploie une imagination incroyable pour nous plonger en immersion au sein de son univers, et ça fonctionne à merveille, j’ai tout de suite accroché, pour ne plus lâcher le bouquin avant de le refermer (520 pages lues en deux jours… et encore parce qu’il fallait bosser, sinon je me le serai fait en lecture continue). Il faut dire aussi que Morgan of Glencoe ne nous laisse pas vraiment le temps de souffler, nous imposant un rythme survitaminé (surtout dans les derniers chapitres).
Une intrigue totalement maîtrisée, des personnages mitonnés aux petits oignons, une écriture d’une grande fluidité. Ce premier opus est une totale réussite, j’ai hâte de découvrir la suite (tome annoncé pour le printemps 2017).
Un coup de coeur amplement mérité pour un roman qui tient toutes ses promesses et va même au-delà. Merci à Elen pour cette suggestion plus qu’appréciée, et merci à Morgan pour ce moment d’évasion haut de gamme.

MON VERDICT
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