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Archives de Tag: Maxime Chattam

[BOUQUINS] Maxime Chattam – Un(e)secte

AU MENU DU JOUR

M. Chattam - Un(e)secte
Titre : Un(e)secte
Auteur : Maxime Chattam
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2019
Origine : France
480 pages

De quoi ça cause ?

Atticus Gore, enquêteur au LAPD, est appelée sur une scène de crime qui défie l’entendement. Il ne reste de la victime que le squelette dans ses vêtements imbibés de sang et autres sucs organiques.

A New York, Kat Kordell, détective privé, enquête sur la disparition inexpliquée d’une jeune femme.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Maxime Chattam, ce qui en soi constitue une raison suffisante.

Je comptais le commencer plus tôt mais il s’est fait griller la priorité par Didier Fossey et son roman Congés Mortels, puis par Laurent Obertone le temps de produire une version epub de son roman Guérilla – Le Temps Des Barbares (lecture et chronique suivront prochainement).

Ma Chronique

Il y a les auteurs qui préfèrent rester dans leur zone de confort et ceux qui n’hésitent pas en sortir pour s’essayer à un genre différent ; Maxime Chattam fait incontestablement partie de cette seconde catégorie, il l’a encore récemment prouvé avec son précédent roman, Le Signal. Parfois ça passe comme une lettre à la poste (son incursion en fantasy avec le cycle Autre-Monde en est la preuve), parfois ça coince un peu aux entournures (ce fut le cas avec Le Signal auquel il manque la griffe Chattam).

Avec ce nouveau roman l’auteur revient à ses premières amours en offrant un thriller pur et dur, maîtrisé de la première à la dernière page. Avec juste ce qu’il faut de fantastique (même si la base repose sur des recherches scientifiques concrètes on est, heureusement, encore loin d’avoir un tel degré de contrôle sur ces charmantes bestioles) pour donner encore plus d’épaisseur à son intrigue.

Pas besoin de sortir de Saint-Cyr ou Polytechnique pour comprendre que le titre joue sur l’ambiguïté entre les insectes (pour l’enquête d’Atticus Gore) et une secte (pour celle de Kat Kordell) ; le fil rouge reliant les deux enquêtes se mettra peu à peu en place (il se dévoilera progressivement au lecteur bien avant que nos deux enquêteurs ne se croisent).

Puisqu’on cause insectes j’ai crains un moment que Maxime Chattam nous rejoue le coup de l’araignée, une option habilement jouée dans le roman Maléfices, ultime opus de sa Trilogie du Mal. Rassurez-vous il n’en est rien, il est juste 100 fois plus vicieux et plus pervers avec cette intrigue ; rien qu’en lisant le bouquin vous aurez l’impression de sentir des bestioles courir sur vous… Si vous êtes sujet à l’entomophobie (peur des insectes), ce roman devrait vous faire connaître le grand frisson !

Atticus savait tout cela, que les trois quarts des animaux de notre planète étaient en réalité des insectes, une biomasse trois cents fois supérieure à celle de toute l’humanité, à laquelle il fallait encore ajouter tous les arachnides, souvent considérés à tort comme des insectes, et même les vers, les crustacés tels les cloportes et enfin les mille-pattes. Ils formaient la grande famille des « bestioles immondes et grouillantes », comme se la représentait le commun des mortels.

Comme à son habitude Maxime Chattam apporte beaucoup de soins à ses personnages. A commencer par son duo d’enquêteurs qui portent l’intrigue de la première à la dernière page.

Galanterie oblige je commencerai par Kat Kordell, une quadra qui vit avec son temps, s’entretient histoire de repousser les effets néfastes des années qui passent et refuse de s’engager dans une quelconque aventure sentimentale sérieuse. Mais aussi et surtout une détective privée tenace qui ne manque pas de flair quand il s’agit de suivre une piste.

Atticus Gore est quant à lui un détective du LAPD, inconditionnel de métal (je me suis noté d’ailleurs certains groupes que je ne connaissais pas, à écouter quand j ‘aurai envie ou besoin de me décrasser les tympans et me vider la tête). Passionné par les insectes (ça tombe plutôt bien). Homosexuel totalement assumé (pas évident dans son environnement professionnel) mais discret. Comme son homologue new-yorkaise (qu’il ne connaît pas pendant la majeure partie du roman), il prend soin de lui (aussi bien de son corps que de son apparence) et ne cherche pas de relation sérieuse.

Les personnages secondaires ne sont pas en reste (j’ai eu un faible pour Sam Trappier même si généralement je me méfie des complotistes en tout genre). Même le méchant de service échappe aux clichés du genre, certes il ne manque pas de cynisme et a une haute opinion de lui-même, mais il y a plus que ça… vous allez adorer le détester !

Maxime Chattam a un incroyable talent quand il s’agit de nous immerger dans ses intrigues, tout particulièrement dans les lieux où elles se déroulent. Sans jamais avoir foutu les pieds aux Etats-Unis, en refermant ce bouquin j’ai une impression diffuse de connaître New York et Los Angeles (même les quartiers les moins recommandables me semblent familiers… ce qui ne signifie pas pour autant que j’ai envie d’aller y faire une promenade de santé). Il pousse le vice jusqu’à donner vie à une petite bourgade du Kansas qu’il a pourtant créée de toutes pièces.

Franchement cette cuvée 2019 de Chattam a tout d’un grand cru, j’ai beau me creuser le neurone je ne vois aucun reproche à lui adresser même s’il n’a pas non plus provoqué l’extase orgasmique en le lisant. Un thriller efficace qui joue avec nos peurs et joue aussi à nous faire peur (ce qui ne l’empêche pas d’aborder avec beaucoup de pertinence des sujets lourds, notamment quand il est question de l’avenir de la planète et du genre humain).

MON VERDICT
Coup de poing

 
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Publié par le 15 novembre 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Maxime Chattam – Le Signal

AU MENU DU JOUR

M. Chattam - Le Signal

Titre : Le Signal
Auteur : Maxime Chattam
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2018
Origine : France
752 pages

De quoi ça cause ?

Pour fuir le tumulte de la vie new-yorkaise, la famille Spencer, Tom, Olivia, leurs deux adolescents, Chad et Owen, et la petite dernière, Zoey, décident de s’installer dans la paisible bourgade de Mahingan Falls ; se mettre au vert histoire de prendre un nouveau départ.

Paisible ? Rien n’est moins sûr. En effet, peu après leur installation les Spencer notent une succession d’événements troublants. Et si une menace invisible, mais néanmoins bien réelle, planait sur Mahingan Falls…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Maxime Chattam.

Parce que la quatrième de couv’ nous promet LE grand frisson.

Ma chronique

J’apprécie tout particulièrement les auteurs qui osent s’aventurer au-delà de leur zone de confort, nul ne pourrait nier que Maxime Chattam fait partie de ces auteurs/baroudeurs. Plutôt que de se confiner au thriller, genre dans lequel il n’a plus rien à prouver, il n’hésite pas à sortir des sentiers battus pour explorer de nouveaux horizons.

Qui l’eut cru capable de nous offrir une saga de fantasy post-apocalyptique ? Et pourtant il l’a fait avec Autre-Monde, et le résultat a été plus que convaincant. S’essayer au roman noir était certes un pari moins risqué, il n’en reste pas moins qu’il a brillamment tiré son épingle du jeu avec Que ta Volonté Soit Faite. Au risque de désarçonner ses lecteurs, il a été encore plus loin dans le noir avec Le Coma Des Mortels, et effectivement l’accueil fut mitigé même si, pour ma part, j’ai été sous le charme.

Avec Le Signal, l’auteur s’essaye à la littérature horrifique ; un genre à part entière, n’en déplaise à certains intégristes culturels. Un genre qui fut véritablement initié par Mary Shelley (Frankentstein) et Bram Stoker (Dracula) et qui aujourd’hui fait bien des émules aussi bien chez les lecteurs que chez les auteurs. Dans cette vaste écurie littéraire, pour son roman Maxime Chattam puise vraisemblablement son inspiration chez H.P. Lovecraft et Stephen King ; inutile de vous dire qu’avec de telles références la barre est haute…

N’est pas Lovecraft ou King qui veut. Dès les premières pages du bouquin, on sent que Maxime Chattam n’est pas dans son élément, ça manque de corps, comme si l’auteur cherchait à écrire comme ses modèles plutôt que de s’approprier totalement son intrigue.

Si les différentes scènes horrifiques sont plutôt bien foutues, il manque un liant ou plus exactement un background. Le gore fait incontestablement son effet, mais au niveau de l’ambiance générale du récit la sauce a du mal à prendre. Il manque cette impression de malaise et/ou d’oppression qui est la marque des grands récits d’horreur. Du coup on frémit sur le coup (certaines mises à mort sont franchement vicieuses), mais on ne flippe pas réellement. Pour le grand frisson, c’est raté.

Il n’en reste pas moins que Maxime Chattam est un grand auteur, malgré ces quelques imperfections, il parvient à rendre son récit addictif, difficile de lâcher prise avant de connaître le fin mot de l’histoire. Sur ce point, j’ai un moment craint le pire devant la dimension technologique des événements qui frappent Mahingan Falls, mais au final ça s’intègre plutôt bien à l’ensemble (et ça justifie le titre du roman, soit dit en passant).

Certes pas le meilleur cru de Maxime Chattam mais la dernière partie du récit, franchement haletante, ferait presque oublier ces petits défauts. Si l’auteur souhaite persévérer dans le genre (ce que j’espère), je lui conseillerai (très modestement cela va sans dire) d’oser s’affirmer davantage ; garder à l’esprit les maîtres du genre est une bonne chose, mais il faut qu’il trouve et impose sa propre voie.

À défaut d’avoir ressenti le grand frisson, j’ai passé un agréable moment en compagnie de la famille Spencer, mais aussi des autres personnages (mention spéciale à Connor, un adolescent qui ne manque pas de ressources, mais aussi à Gemma, la baby-sitter et à Ethan Cobb, un lieutenant qui n’hésitera pas à s’opposer à son abruti de chef). N’allez pas croire que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, si les entités qui s’acharnent sur Mahingan Falls sont franchement néfastes, chez les humains aussi il y a des individus hautement nuisibles (je citerai par exemple Derek Cox et Warden, le chef -l’abruti dont il est question plus haut – de la police).

J’ai refermé ce bouquin avec une question qui me turlupinait : qu’est-il donc arrivé à Milo ? Avec le recul je me dis qu’il vaut mieux peut-être ne pas le savoir ; surtout quand on connait le triste sort réservé à son prédécesseur…

Le bouquin est truffé de clins d’œil à la littérature et au cinéma horrifique, à commencer bien entendu par l’oeuvre de Stephen King (certaines références étant très lourdement appuyées) ; si je devais n’en retenir qu’une, ce serait la présence de la ville d’Arkham et plus particulièrement son hôpital psychiatrique (Arkham Asylum en langue de là-bas). Si, à l’origine, la ville d’Arkham (Massachusetts) a été imaginée par H.P. Lovecraft pour être le théâtre de certains de ses écrits, notamment dans le cadre du Mythe de Cthulhu, et abrite bien un hôpital psychiatrique ; l’Arkham Asylum a surtout été popularisé par DC Comics, c’est en effet là que sont détenus les pires criminels de Gotham City que combat Batman (dont l’incontournable Joker).

D’un point de vue strictement visuel, je trouve la couv’ très réussie. Si je ne connaissais pas Maxime Chattam, elle m’aurait très certainement donné envie de me pencher sur ce bouquin. Et j’aurai tout aussi certainement craqué après avoir lu la quatrième de couv’.

Petite digression sportive si vous le permettez…

Ils étaient sonnés.
Comme s’ils avaient pris un uppercut en pleine tempe.

Pour un amateur de boxe, cette phrase pique les yeux et défie toute logique.
Un uppercut en pleine tempe c’est juste impossible… ou alors c’est un uppercut raté. L’uppercut est un puissant coup de poing porté de bas en haut qui vise principalement le menton de l’adversaire ; un uppercut réussi laissera l’adversaire complètement sonné, voire même KO. S’il touche la tempe, il ne fera guère que l’effleurer en fin de course.
Par contre si on veut déstabiliser (et plus si affinités) son adversaire en le frappant à la tempe, c’est le crochet le coup le plus approprié.

MON VERDICT

 
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Publié par le 16 novembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Maxime Chattam – L’Appel Du Néant

AU MENU DU JOUR

M. Chattam - L'appel du néant

Titre : L’Appel Du Néant
Série : Ludivine Vancker – Tome 3
Auteur : Maxime Chattam
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2017
Origine : France
516 pages

De quoi ça cause ?

Pour Ludivine Vancker, lieutenant à la SR de Paris, les choses pourraient difficilement être pire. Elle reprend connaissance dans une petite cellule souterraine, poignets et chevilles entravées par des liens serflex. Pour elle il ne fait aucun doute qu’elle est à son tour victime d’un tueur que son équipe, appuyée par la DGSI, traque depuis plusieurs semaines…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Maxime Chattam, une valeur sûre du thriller français, mais pas que…

C’est aussi l’occasion de retrouver Ludivine Vancker et l’équipe de la SR Paris ; après un premier tome mitigé (La Conjuration Primitive) et un second nettement plus abouti (La Patience Du Diable), j’étais curieux de découvrir cette troisième enquête.

Ma chronique

Maxime Chattam est un auteur qui n’hésite pas à sortir de sa zone de confort, avec ce roman il confirme une fois de plus cette audace littéraire. Ce qui démarre comme un thriller relativement classique (un mort, une enquête, un autre mort…), débouche au final sur un technothriller (la DGSI dispose de moyens de surveillance électronique autrement plus évolués que ceux de la gendarmerie) visant à déjouer un complot terroriste d’envergure.

Avant d’aller plus avant dans cette chronique, je souhaiterai pousser une gueulante contre ceux et celles qui reprochent à Maxime Chattam d’avoir choisi la facilité en ciblant le terrorisme islamiste. Enlevez vos œillères et débouchez vous les esgourdes, aujourd’hui encore le terrorisme islamiste est une menace bien réelle, sans doute même la plus réelle qui soit (sinon la seule) et pas que pour la France. Donc non, choisir la piste de terrorisme islamiste n’est pas une facilité, c’est simplement accepter la réalité plutôt que de vivre dans le déni.

S’aventurant sur un terrain nouveau, l’auteur, fidèle à ses habitudes s’est documenté à fond sur le sujet. Et ça sent dans son roman, les habitués du genre ne seront sans doute pas rebutés par les nombreux aspects techniques abordés dans le bouquin, mais je peux comprendre que pour les autres ça représente un paquet d’information à intégrer. D’un autre côté ça contribue aussi à placer le lecteur dans la peau de Ludivine, qui est, elle aussi, novice en matière de lutte antiterroriste.

Maxime Chattam ne nous laisse guère le temps de souffler entre deux revirements de situation, un rythme qui va crescendo, surtout dans les derniers chapitres (le palpitant et l’adrénaline sont à leur niveau maximum). Même si au final cet Appel Du Néant est moins glauque et plus manichéen que ce à quoi l’auteur nous avait habitué. Après avoir lu les remerciements (ne surtout pas les lire avant d’avoir fini le bouquin) on comprend mieux le pourquoi du comment de ce choix, et finalement on ne peut qu’y adhérer.

J’ai apprécié de retrouver les équipes de la SR Paris, surtout après trois ans d’absence. On découvre une Ludivine plus apaisée, toujours aussi professionnelle, mais moins renfermée, plus ouverte à la vie et aux autres.

Le personnage de Marc Tallec, l’agent de la DGSI qui va participer à l’enquête de la SR, est un apport intéressant. Non seulement il donne à l’enquête une autre dimension (en faisant bénéficier la SR des moyens de la DGSI), mais aussi de par sa relation avec Ludivine (on voit venir le résultat comme le nez au milieu de la figure).

Et puis il y a le mystérieux « Djinn » (pas comme le célèbre futal, mais plutôt comme la créature du folklore moyen oriental), un surnom qui sied à merveille au personnage. Dès sa première apparition, on devine qu’il va jouer un rôle phare dans l’intrigue, mais de l’autre côté de la barrière.

Comme à chaque fois que l’auteur s’aventure hors de sa zone de confort (le thriller pur et dur), il y a ceux qui le suivent en totale confiance, et ceux qui se sentent trahis. Une fois de plus je fais partie du premier groupe, et une fois de plus je n’ai pas regretté mon choix.

Je reconnais volontiers que le roman n’est pas exempt de défauts, notamment par de nombreux aspects trop prévisibles (à se demander même comment les enquêteurs ont pu se laisser berner), mais je le referme avec une impression plutôt bonne. Ce n’est pas le meilleur de Maxime Chattam, il aurait sans doute pu être plus abouti, mais globalement le contrat est rempli.

Si vous vous demandez d’où vient ce titre, vous aurez l’explication à la fin du roman, avec une analogie plutôt bien trouvée.

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Publié par le 29 novembre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Maxime Chattam – Autre-Monde : Genèse

M. Chattam - Autre-Monde T07Ah bin en voilà un qui aura su se faire désirer ! Trois ans après la sortie de Neverland, l’ultime chapitre de la saga Autre-Monde pointe enfin le bout de son nez, la chose s’appelle Genèse et bien entendu c’est Maxime Chattam qui est aux commandes.
Matt, Ambre et Tobias ont pris la tête d’un petit groupe de Pans, ils doivent gagner l’orient afin de mettre la main sur le troisième et dernier Coeur de la Terre. Une traversée périlleuse en terre inconnue, d’autant que Ggl est à leurs trousses avec Entropia, de même que l’empereur et ses forces armées…
Trois ans c’est long ! Oui je sais, vu comme ça on pourrait penser que j’enfonce une porte ouverte, mais c’est surtout histoire de dire que, du haut de mon neurone défaillant, je n’ai plus qu’un vague souvenir des précédents tomes. Il faut dire que depuis ma chronique de Neverland (publiée le 11 novembre 2013), j’ai lu et chroniqué 249 bouquins… vous m’excuserez si je ne me souviens pas du moindre détail de chacun d’entre eux.
Pour simplifier (n’étant pas un expert en théologie) on va dire que l’histoire biblique commence avec la Genèse et se termine par l’Apocalypse. Avec Autre-Monde, Maxime Chattam nous propose le chemin inverse, on commence par un apocalypse qui ravage une bonne partie de l’humanité et modifie radicalement la face du monde et on termine par la genèse. Reste à savoir si cela est plutôt bon signe, ou pas… Tout dépendra de l’issue de l’affrontement final.
Sur plus de 600 pages l’auteur nous entraîne dans une intrigue menée à un rythme infernal, il ne vous accordera que quelques instants de répit afin de reprendre votre souffle avant de repartir de plus belle. On attendait beaucoup de cet ultime opus, Maxime Chattam nous offre un bouquet final grandiose qui devrait combler même les fans les plus exigeants.
On retrouve avec plaisir des personnages connus (dont une retrouvaille pour le moins inattendue qui surgira au moment propice pour les Pans). Bien entendu on aura aussi le droit à quelques nouveaux venus, mais au final ils sont relativement peu nombreux par rapport aux tomes précédents. Vous aurez tout de même largement le temps de détester au plus haut point Dany Sin Kloss, ou encore de vous poser des questions quant à l’énigmatique Capitaine Selim, mais la rencontre la plus décisive sera certainement celle d’Anonymous.
Par contre au niveau des lieux traversés l’auteur continue de nous surprendre au fil du périple des Pans. Et ça commence très fort avec la traversée d’un monde souterrain dont l’obscurité dissimule maints dangers et autres mauvaises surprises (et peut être quelques surprises moins mauvaises que d’autres… allez savoir). Mais le point d’orgue reste bien entendu l’Est, non seulement c’est là bas que se trouve le dernier Coeur de la Terre mais ce sera aussi le champ de bataille de l’ultime confrontation.
Bien entendu je n’ai nullement l’intention d’évoquer cet affrontement final, sachez juste qu’il tient toutes ses promesses et que les pertes seront considérables.
Maxime Chattam profite de son intrigue pour poursuivre sa réflexion sur les dérives de la société moderne, dans ce tome ce sont les nouvelles technologies qui sont sur la sellette, plus particulièrement la dépendance qu’elles induisent chez certains consommateurs.
Refermer l’ultime opus d’une saga laisse toujours une impression paradoxale. D’une part on est heureux de connaître enfin le fin mot de l’histoire (surtout quand, comme présentement, nous avons le droit à un final en apothéose) ; et d’un autre côté on ne peut s’empêcher d’avoir un petit pincement au coeur à l’idée de quitter des personnages que l’on côtoie depuis un moment (huit années passées avec les Pans depuis le premier tome, ça ne compte pas pour du beurre). Même si l’auteur prévoit de revenir sur le parcours de certains personnages « secondaires » (dans ses remerciements il cite Gaspar et Luganoff) histoire de ne pas rompre trop brutalement avec l’univers d’Autre-Monde.
Avec cette saga Maxime Chattam est largement sorti de sa zone de confort, après un premier tome un peu trop orienté young adult, il a décidé de durcir son intrigue et de noircir l’ambiance générale, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs. Il en rêvait, il l’a fait et les lecteurs l’ont suivi en masse.

MON VERDICT
jd5

 
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Publié par le 28 novembre 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Maxime Chattam – Le Coma Des Mortels

EUROBUTDifficile de faire un choix quand, à quelques jours d’intervalle, débarquent dans mon Stock à Lire Numérique le dernier roman de Franck Thilliez, Rêver, talonné par celui de Maxime Chattam, Le Coma Des Mortels. Comme bien souvent mon choix aura été instinctif, compulsif, impulsif… et guidé par ma curiosité. Place donc à ma chronique du Coma Des Mortels.
4ème de couv’ : Qui est Pierre ? Et d’ailleurs, se nomme-t-il vraiment Pierre ? Un rêveur ? Un affabulateur ? Un assassin ? Une chose est certaine, on meurt beaucoup autour de lui. Et rarement de mort naturelle.
Pourquoi pas de présentation personnalisée ? Juste parce que je trouve cette quatrième de couv’ géniale, elle suscite l’intérêt du lecteur sans rien dévoiler du contenu du roman.
Vous êtes incollable sur Maxime Chattam, sa vie, son oeuvre. Oubliez tout ! Avec Que Ta Volonté Soit Faite l’auteur avait déjà délaissé le thriller pur et dur pour une incursion dans le roman noir ; ça avait surpris certains de ses inconditionnels et totalement convaincus d’autres. Je me classe sans hésitation dans la deuxième catégorie. Avec Le Coma Des Mortels l’auteur va encore plus loin dans le roman noir et surtout y ajoute une bonne dose d’humour (noir forcément) et de cynisme.
Le récit est à la première personne, c’est Pierre qui vous raconte son histoire. En commençant par la fin mais pas en allant complètement à rebours, disons que la chronologie est un peu décousue. Comme le chapitrage qui est inversé (on commence par le chapitre 39 pour terminer par le premier chapitre). A la lecture on constate rapidement que le chaos apparent est parfaitement organisé, à aucun moment le lecteur n’est largué, tout s’imbrique à la perfection.
Comme narrateur, et comme individu, Pierre est un personnage hors norme. Son regard sur la société, l’amour, l’humanité et la vie en général est au mieux désabusé ou ironique, au pire franchement cynique. L’occasion d’ailleurs pour l’auteur d’aborder des thèmes multiples et variés de façon pour le moins décalée. Un florilège de bons mots, parfois je me demandais si le fantôme de Raymond Devos ne dictait son texte à Maxime Chattam.
Décalé. C’est d’ailleurs le mot qui définirait le mieux ce roman tant il sort des sentiers battus. Je peux comprendre que ça puisse passer ou casser, pour moi c’est passé haut la main. J’ai adoré, tout simplement ! J’espère que nous serons nombreux à faire remonter sa note sur Babelio (2,94 sur 17 notes), il faut dire que les premières critiques étaient impitoyables.
J’ai aimé la lecture à plusieurs niveaux du récit de Pierre. On peut soit se contenter du premier degré, considérer qu’il relate les faits bruts de décoffrage. Soit creusez plus avant, et Pierre lui même donne une piste allant en ce sens. Une piste parmi d’autres serai-je tenté de dire. D’un autre côté on ne pourra pas reprocher à Pierre / Maxime de ne pas nous avoir prévenu.
Dès le préambule il annonce la couleur : « La vérité est bien là, elle glissera sous vos yeux par moments, mais je ne vous la servirai pas sur un plateau. Je ne peux pas. »
Plus tard quand il parle à la police : « Vous devez d’abord entendre toute l’histoire, pour comprendre. »
Et enfin, ultime pied de nez : « Peut-on réellement faire confiance à ce qui sort de l’ordinateur d’un romancier ? »
Et de fait même après avoir refermé le bouquin je ne serai pas surpris qu’il vou prenne l’envie de revenir en arrière vérifier/confirmer certains doutes. Rares sont les bouquins qui font encore mouliner les neurones à plein régime après leur lecture, Le Coma Des Mortels est de ceux-là. On s’interroge, on dépèce, on triture, on tourne et retourne le récit pour essayer de découvrir tous les non-dits.
Vous constaterez que je n’ai pas abordé l’intrigue du roman dans cette chronique, c’est là un choix délibéré de ma part afin de laisser intacte la surprise et la découverte de ce bouquin hors norme.
Un pari courageux de la part de Maxime Chattam de se remettre ainsi en question et de nous proposer des romans qui sortent des sentiers battus. Ceux qui comme moi ont pris un pied d’enfer en lisant ce bouquin seront ravis d’apprendre qu’une suite est en projet (annonce faite par l’auteur sur l’excellent fan-site Les Chattamistes)… mais il faudra se montrer patient, d’autres chantiers sont déjà engagés (dont la suite et fin de la saga Autre-Monde).
Merci Monsieur Chattam pour ce moment de lecture égal à nul autre, les mots me manquent pour définir exactement mon ressenti : génial, jouissif, excellent, un orgasme littéraire ! Bref j’ai adoré, et j’en redemande !

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

 
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Publié par le 9 juin 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Maxime Chattam – Que Ta Volonté Soit Faite

M. Chattam - Que ta volonté soit faiteLentement mais sûrement je vais tenter de retrouver mon rythme de lecture après une longue pause due d’abord aux fêtes de fin d’année, puis à l’actualité. Le fait de ne pas lire ne m’a nullement empêché de suivre les sorties littéraires et de gonfler mon Stock à Lire Numérique, il m’a semblé évident de retrouver mon rythme de croisière avec Que Ta Volonté Soit Faite de Maxime Chattam.
Depuis qu’il est enfant Jon Petersen doit vivre avec des pulsions malsaines, quand il va laisser libre cours à son instinct bestial pour la première fois ça va être pour lui le début d’une plongée dans le vice et la violence. Une plongée qui ne laissera personne indemne dans son entourage…
J’ai lu suffisamment de romans de Maxime Chattam pour savoir qu’une escapade littéraire en sa compagnie ne serait pas un voyage au pays des Bisounours. Pour son nouveau roman l’auteur délaisse le thriller pur et dur pour s’essayer au roman noir. Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’essai est transformé !
Déjà le style narratif choisi est plutôt original, pas tout à fait un récit à la troisième personne puisque l’auteur se place dans la peau du narrateur qui nous raconterait l’histoire de sa ville et plus particulièrement des événements qui gravitent autour de Jon Petersen ; avec parfois des interventions directes du narrateur en question. Un récit qui s’étend des années 60 aux années 80 sans qu’il ne soit jamais fait état d’une date précise. Un récit qui prend racine dans un patelin du Midwest américain.
L’auteur a coutume de décortiquer le Mal sous toutes ses formes, dans ce roman il ne déroge pas à son habitude, seule l’approche change et c’est toujours aussi foutrement efficace. Moins trash que certains autres titres de l’auteur (et moins épais) ce récit baigne du début à la fin dans une ambiance glauque à souhait avec un personnage central détestable à tout point de vue, aucune empathie possible envers un tel fumier.
Si Jon Petersen reste le centre de gravité du récit, les autres intervenants ne sont pas pour autant laissés pour compte, ils bénéficient d’une réelle profondeur. Je pense notamment à Riley, le fils de Jon et au sherif Jarvis Jefferson qui jouent un rôle essentiel dans l’intrigue. Et bien entendu il y a le narrateur, dont vous devriez deviner l’identité à la toute fin du roman.
La transition est idéale pour aborder la fin, ou plutôt devrai-je dire les fins (vous comprendrez pourquoi après avoir lu le bouquin), Maxime Chattam réussit une fois de plus à nous surprendre avec un final éblouissant… A tel point que c’en devient presque frustrant de ne pouvoir s’épancher sur la question. C’est avec l’ultime révélation de l’intrigue que le titre du roman prend toute sa signification…
Pour sa première incursion dans le roman noir l’auteur rend hommage, en les citant à plusieurs reprises, à quelques grands noms du genre. Au vu de l’excellence du résultat j’espère sincèrement que Maxime Chattam ne se contentera pas de cet essai superbement transformé.

 
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Publié par le 22 janvier 2015 dans Bouquins

 

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Collectif au profit des Restos du Coeur – 13 A Table

13 à table13 A Table c’est un collectif de treize auteurs parmi les grands noms de la littérature française contemporaine et treize nouvelles autour d’un thème commun : le repas. Et en prime une bonne action, pour chaque livre acheté ce sont trois repas distribués par les Restos du Coeur ; quoique en Nouvelle-Calédonie je me demande comment ça se passe à ce niveau, je suppose que ça se joue au niveau de l’éditeur (pas de Restos du Coeur en NC).
Commençons par le début avec les treize auteurs qui ont accepté de jouer le jeu : Françoise Bourdin, Maxime Chattam, Agnés Ledig, Gilles Legardinier, Pierre Lemaitre, Marc Levy, Guillaume Musso, Jean-Marie Périer, Tatiana De Rosnay, Eric-Emmanuel Schmitt, Franck Thilliez et Bernard Werber. Sept auteurs que je suis assidûment, un dont j’ai à peine effleuré l’univers et les autres que je ne connais que de nom (ou pas du tout).
Treize à table ça porte malheur me direz-vous. Rassurez-vous point de repas au menu de Marc Levy et de Guillaume Musso (ce qui n’empêche pas leurs nouvelles de mériter le détour). Chez Franck Thilliez, qui nous offre une nouvelle pour le moins surprenante, le repas reste en arrière plan. Les superstitieux n’ont pas besoin de quitter la table !
Ceci dit aucune fausse note dans cette sélection, on se régale du début à la fin du recueil avec des approches diverses et variées. Du dîner familial traditionnel (avec son lot de tensions) au thriller sombre (voire glauque) ; du roman noir à l’humour, en passant par la confidence et la tendresse. Le fin du fin revient à Bernard Werber qui nous fait vivre une intrigue vue du plat principal…
Je n’entrerai pas dans le détail des treize nouvelles mais soyez assuré qu’au-delà de la bonne action vous passerez un excellent moment en compagnie de ce recueil. Toutes ne vous procureront pas la même dose d’émotion et/ou de satisfaction, mais aucune ne devrait vous laisser indifférent.

 
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Publié par le 18 janvier 2015 dans Bouquins

 

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