[BRD] Seul Sur Mars

Seul Sur MarsRien de tel qu’une pause cinéphile pour terminer en beauté la journée, notre choix s’est porté sur Seul Sur Mars de Ridley Scott.
Au cours d’une mission sur Mars l’équipage est contraint de quitter en urgence la planète. Au cours de l’évacuation l’astronaute Mark Watney (Mark Damon) est emporté par la tempête. Laissé pour mort par ses coéquipiers, il reprend conscience seul dans le plus hostile des milieux. Il va tout mettre en oeuvre pour organiser au mieux sa survie et entrer en communication avec la NASA…
Si vous me lisez depuis déjà quelque temps vous savez que le roman d’Andy Weir a été un de mes gros coups de coeur littéraire de l’année 2014. Il était donc hors de question que je passe à côté du film, d’autant que Ridley Scott n’est pas franchement un bleu en matière de science fiction (on lui doit les cultissimes Alien et Blade Runner, plus récemment il est revenu à ses premières amours avec Prometheus).
Adaptation réussie ou pas ? D’ores et déjà je peux vous assurer que Ridley Scott n’a pas perdu la main, avec Seul Sur Mars il nous offre un sans faute (et un premier gros coup de coeur cinéma). Pourtant le pari était loin d’être gagné d’avance.
Le film, comme le roman, repose en grande partie sur les épaules d’un personnage unique : Mark Watney. Matt Damon excelle dans ce rôle, il porte le film avec un naturel exceptionnel. On retrouve la persévérance, la débrouillardise, l’optimisme et l’humour de Mark. Ne lésinons pas sur les mots, Matt Damon nous livre là un merveilleux rôle de composition, totalement bluffant.
Bluffant, le visuel l’est aussi. Le réalisateur a su éviter la facilité du tout numérique ainsi qu’une débauche d’effets spéciaux qui auraient pu être nuisible au film. Les extérieurs, tournés en Jordanie, nous plonge en totale immersion sur la planète rouge. Ridley Scott a fait le bon choix en privilégiant l’humain et son intrigue ; on entre à fond dans le film, pour ne plus le quitter avant le clap de fin.
Un film de SF qui se regarde comme un thriller, que demander de plus ? Je ne sais pas si tout est scientifiquement plausible mais le fait est que tout s’intègre parfaitement à l’intrigue et donne au film une rare intensité. A ce titre le film me fait un peu penser à Gravity (il y a pire comme référence).
Parlons peu mais parlons bien… parlons chiffres. Seul Sur Mars c’est un budget de 108 millions de dollars (raisonnable pour Hollywood), au box office mondial le film affiche plus de 608 millions de dollars de recettes ! C’est aussi deux Gloden Globe remportés en 2016 (meilleur acteur et meilleur réalisateur), et sept nominations aux Oscars qui se tiendront à la fin du mois.

♥♥♥♥♥

[BRD] Elysium

ElysiumIl aura fallu quelques jours pour se remettre de notre réveillon de Noël (j’y reviendrai sans doute ultérieurement), période pendant laquelle nous nous sommes contentés de programmes TV basiques ne demandant aucun effort particulier de réflexion (soit environ 97% des programmes TV hors câble). Une fois les idées plus claires nous nous sommes offert une petite pause Blu-ray avec Elysium de Neil Blomkamp.
2154, la Terre est une poubelle ravagée par la surpopulation, la pollution, la maladie et autres joyeusetés. Du coup les citoyens les plus fortunés se sont réfugiés sur la station spatiale Elysium où ils vivent peinards dans l’opulence. Jessica Delacourt (Jodie Foster) veille à leur confort en luttant, parfois avec des moyens extrêmes, contre les tentatives d’intrusion en provenance de la Terre. Max (Matt Damon) est ouvrier sur Terre, quand il est contaminé sur son lieu de travail, il accepte une mission désespérée pour sauver sa vie. Et bien plus que ça…
Neil Blomkamp a bluffé son petit monde il y a quelques années avec District 9, autant dire qu’il était attendu au tournant… On retrouve d’ailleurs quelques éléments communs aux deux films. La présence de Sharlto Copley au casting, dans D9 il tenait le rôle principal,l alors qu’ici il incarne un mercenaire un tantinet déjanté (tout en clichés mais un régal quand même). Les deux films portent aussi, via la science-fiction, un regard socio-politique sur notre société actuelle (avec un net avantage à D9 sur ce point).
Vous en conviendrez volontiers le pitch de cet Elysium n’est pas vraiment d’une originalité renversante, mais cela ne me dérange pas du moment que le sujet est bien traité. On peut reprocher au film un manque de profondeur ainsi que quelques aberrations (la principale étant pour moi le manque de défense spatiale de la station), mais cela est largement compensé par un rythme plus que soutenu, des effets spéciaux parfaitement maîtrisé et un casting plus que convaincant. D’un côté on a un Matt Damon tout en muscles (et rapidement complété par un exosquelette) mais qui n’incarne pas pour autant une brute épaisse, violent quand il faut l’être (en l’occurrence il s’agit de sauver sa peau), mais aussi profondément humain. De l’autre côté on trouve une Jodie Foster aussi glaciale que manipulatrice, totalement dépourvue d’humanité.
Peut être pas un sans faute mais un divertissement parfaitement maîtrisé ; ce qui me convient parfaitement, je ne m’attendais pas à un film engagé mais plutôt à un  film enragé.
Je ne sais pas ce que donnait le film sur grand écran d’un point de vue visuel mais le blu-ray, intégralement mastérisé en 4K (résolution de 4096 sur 2160), est esthétiquement parfait, même sur un équipement « seulement » en Full HD (1920 x 1080).
Nombreux sont ceux qui attendent District 10 (la suite de D9), Neil Blomkamp affirme ne pas avoir renoncé à son projet mais n’est pas encore en mesure de donner une date de sortie (il travaille actuellement sur un autre film). Espérons que cette attente soit un gage de qualité…