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Archives de Tag: Littérature suédoise

[BOUQUINS] David Lagercrantz – La Fille Qui Rendait Coup Pour Coup

AU MENU DU JOUR

D. Lagercrantz - Millénium 5

Titre : Millénium 5 – La Fille Qui Rendait Coup Pour Coup
Auteur : David Lagercrantz
Editeur : Actes Sud
Parution : 2017
Origine : Suéde
448 pages

De quoi ça cause ?

En prison Lisbeth Salander est une détenue modèle qui s’occupe en résolvant des équations de mécanique quantique. Une visite de son ancien tuteur et ami, Holger Palgrem, va relancer sa curiosité à propos de son enfance. Dans le même temps, elle décide de protéger Faria Kazi, une détenue devenue le souffre-douleur d’une chef de gang aussi sadique que perverse…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Millénium tout simplement, et que quoi qu’on en dise, même si David Lagercrantz n’est pas Stieg Larsson, il a brillamment repris le flambeau en s’appropriant des personnages pourtant complexes.

Ma chronique

Je vais commencer cette chronique en poussant une gueulante contre la politique marketing des éditions Actes Sud (maison dont j’apprécie la richesse et la variété de son catalogue) : qu’est-ce que c’est cette couv’ de merde ? Ce n’est plus du racolage à ce point, on frôle l’outrage ! En plus d’être ignominieusement racoleuse, elle n’a strictement rien à voir avec l’intrigue du roman. Carton rouge pour cette bassesse qui schlingue le choix marketing douteux !

Voilà ça c’est fait… Passons aux choses sérieuses et entrons dans le vif du sujet.

De nouveau c’est Lisbeth Salander qui est au centre de l’intrigue, il faut dire que c’est le personnage le plus complexe de la saga et qu’il reste encore bien des zones d’ombres autour de son passé. Ceci dit elle pourra toujours compter sur le soutien et l’aide de Mikael Blomkvist.

D’autres personnages déjà croisés auront un rôle plus ou moins important à jouer dans l’évolution de l’intrigue. Et bien entendu le roman vous réserve son lot de nouveaux venus, des individus plus ou moins sympathiques, voire franchement antipathiques (j’ai pour ma part pris beaucoup de plaisir à détester Rakel Greitz).

David Lagercrantz n’essaye pas de faire du Steig Larsson, son style reste direct et sans fioriture. Un style parfaitement adapté à la lecture d’un thriller, mais qui ôte à Millénium la griffe stylistique imposée par son créateur.

Le même grief pourrait s’appliquer au traitement de l’intrigue, globalement ça reste relativement classique, pas tant dans l’histoire en elle même, mais plutôt dans son déroulé. Faute de brouiller les pistes, on arrive souvent à deviner l’issue de telle ou telle composante de l’intrigue avant Lisbeth et Mikael.

Malgré ces bémols, qui touchent davantage la forme que le fond, j’ai passé un très agréable moment en lisant ce cinquième opus de la saga Millénium. Il va sans dire que je serai fidèle au poste pour la sortie du sixième et dernier (?) tome de la série.

A travers l’histoire de Faria Kazi l’auteur aborde la question de la radicalisation de certains musulmans et notamment de ses conséquences, non seulement sur nos sociétés occidentales, mais aussi et surtout au sein des familles qui subissent cette situation. Plus largement se pose aussi la question de la place de la femme de ces milieux intégristes.

L’enquête de Lisbeth et Mikael, de même que l’histoire de Léo et Dan, soulèvent quant à elles la problématique de l’éthique en matière de recherches scientifiques. Jusqu’où peut-on aller au nom du progrès scientifique ?

Si Stieg Larsson jouait sur ses ambiances, David Lagercrantz mise davantage sur le rythme. Outre une écriture plus directe, il sait aussi imposer une intrigue nerveuse et tendue. Si parfois l’ensemble paraît décélérer, ce n’est que pour mieux redémarrer et aller encore plus loin. A cette fin, il se fait moins didactique que dans le précédent opus, et ce n’est pas moi qui irai m’en plaindre !

MON VERDICT

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Publié par le 25 septembre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Mats Strandberg – Le Ferry

AU MENU DU JOUR

M.. Strandberg - Le Ferry

Titre : Le Ferry
Auteur : Mats Strandberg
Editeur : Bragelonne
Parution : 2017
Origine : Suède (2015)

De quoi ça cause ?

Le Baltic Charisma est un ferry qui assure régulièrement la liaison entre la Suède et la Finlande, une traversée de 24 heures, dont une nuit au cours de laquelle de nombreux passagers se permettent quasiment tous les excès. Mais cette nuit-là, la croisière va se transformer en cauchemar pour les mille deux cent passagers du ferry…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

La couv’ : ce couloir ensanglanté m’est instantanément apparu prometteur.

L’accroche : « La vague de terreur qui a balayé la Suède »
Je sais que parfois (souvent) c’est un piège à con ce truc, mais il n’empêche que ça fait encore son effet (ça doit être truc subliminal).

La quatrième de couv’ : une fois n’est pas coutume, elle est d’une remarquable sobriété.
Le mystère reste entier quant à la menace qui plane sur le ferry et ses passagers.

Ma chronique

Au vu de la couv’ sanguinolente et de la sobriété (bienvenue) de la quatrième, il me tardait de découvrir ce qui allait transformer une croisière plutôt routinière en un véritable bain de sang. Toutes les options restaient envisageables : tueur en série, terroristes, virus, bestiole(s) pas sympa(s) et affamée(s) ou tout autre genre de monstruosité. Pour ma part j’ai compris ce à quoi l’on aurait à faire dès la première rencontre avec ces « deux passagers comme il n’en est encore jamais monté à bord sont présents« .

Chroniquer ce bouquin a quelque chose de frustrant, il ne faut surtout pas se montrer trop loquace, au risque de lever le voile sur ce mystère. Et du coup ça va m’obliger à faire court…

Le roman se décline sous la forme de chapitres POV (Poinf of View). Chaque chapitre nous fait vivre l’intrigue du point de vue d’un personnage. Une forme narrative popularisée par la saga Le Trône De Fer de George R.R. Martin.

Les personnages sont nombreux, il faut le temps de se familiariser avec chacun histoire de les recadrer aisément. Mats Strandberg prend justement le soin de faire monter la pression lentement, de fait le lecteur n’est jamais embrouillé à se demander qui est qui ou qui fait quoi.

Je ne vais pas m’appesantir sur chacun, disons simplement qu’il y en a des sympathiques, des moins sympathiques et des franchement méprisables. Mais le plus souvent nul n’est tout blanc ou tout noir, un peu comme dans la vraie vie en fait.
J’ai un un faible pour Albin et Lo (même si au départ elle est un peu tête à claques, une ado quoi !), deux enfants confrontés à un monde d’adultes qui se délitait déjà avant même que les choses ne virent au cauchemar.

Comme indiqué plus haut, l’auteur opte pour un rythme de diesel. Il prend le temps de poser son cadre et ses personnages avant de répandre çà et là quelques gouttes d’hémoglobine. Loin d’être ennuyeuse, cette relative lenteur tendrait plutôt à faire monter l’angoisse, on attend avec une certaine appréhension le moment où la machine va s’emballer et où tout va aller de mal en pis. Parce qu’inévitablement, la situation ne peut que dégénérer et empirer.
Et effectivement quand la situation devient ingérable l’auteur change radicalement de rythme. Le bouquin devient hautement addictif, plus moyen de le lâcher avant de connaître le fin mot de l’histoire.

Un roman à réserver aux lecteurs qui ont le coeur bien accroché, l’hémoglobine coule à flots et l’auteur ne lésine pas sur certaines descriptions ; tout ce qu’il faut pour faire un bon récit horrifique à huis clos, les amateurs du genre apprécieront… les autres passeront leur chemin… ou vomiront leur quatre-heures et leur minuit aussi (merci à Renaud, à qui j’emprunte sans vergogne cette expression).

Un petit bémol pour finir, sur la forme davantage que sur le fond. J’ai parfois rencontré quelques lourdeurs dans le style et une typographie un peu anarchique. Je ne sais pas si la faute en incombe à l’auteur ou à la traductrice. Rien de franchement rédhibitoire, mais suffisant pour faire tiquer le maniaque que je suis.

MON VERDICT

 
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Publié par le 19 juillet 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jonas Jonasson – L’Assassin Qui Rêvait D’Une Place Au Paradis

J. Jonasson - L'assassin qui rêvait d'une place au paradisUne lecture façon Feel Good pour changer un peu de mes mondes de brutes sanguinaires. Une escapade en compagnie de Jonas Jonasson, un habitué de genre, et son dernier opus L’Assassin Qui Rêvait D’Une Place Au Paradis.
Dédè le Meurtrier, un assassin qui vient de purger 30 ans de prison, s’associe avec Per Persson, un standardiste fauché et plein de rancoeur, et Johanna Kjellander, une pasteure athée et défroquée, dans un entreprise de punitions corporelles. Tout se passe pour le mieux jusqu’à ce que le Dédé découvre la Bible et les vertus de la non violence…
Après un vieux râleur fugueur et une analphabète pour qui les chiffres n’ont aucun secret, Jonas Jonasson nous offre un assassin repenti pas vraiment futé et très porté sur le sang du Christ. Si vous avez lu les deux précédents roman de l’auteur vous savez d’ores et déjà que vous embarquez pour un voyage en absurdie où tout est possible… même (surtout serait un terme plus approprié) le plus improbable et le plus invraisemblable.
Le trio composé de Dédé, Per et Johanna fonctionne plutôt bien. D’une part du fait de l’incommensurable bêtise de l’assassin (mais ne le lui répétez pas, il pourrait mal le prendre), mais aussi et surtout grâce à l’absence totale de morale et de scrupules du réceptionniste et de la pasteure ! Ils ne connaissent aucune limite quand il s’agit de trouver des idées tordues pour se faire un max de fric en un minimum de temps et avec le moins d’efforts possibles… quitte à abuser de la niaiserie de leur complice.
Une lecture agréable mais sans plus d’enthousiasme que ça, je n’ai pas retrouvé le même plaisir que j’avais eu en lisant les deux précédents romans. Les sourires sont bien au rendez-vous mais ils sont discrets, ne vous attendez pas à rire aux larmes vous seriez déçus. Le récit est burlesque mais moins déjanté que les précédents, à force de vouloir en faire trop dans la redondance ça finit par lasser.
Un roman de 480 pages qui gagnerait à n’en faire que 400, par moments on a l’impression que l’auteur tire sur ses ficelles jusqu’à l’extrême limite du point de rupture. Point de rupture pour ma part mais quelques soupirs désabusés. Peut être que j’attendais trop de ce bouquin…

MON VERDICT
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Publié par le 8 mars 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Fredrik Backman – Ma Grand-Mère Vous Passe Le Bonjour

F. Backman - Ma grand-mère vous passe le bonjourUn peu de légèreté pour reposer les neurones et apaiser les tensions. C’est exactement ce qu’il me faut en ce moment et je compte bien sur Fredrik Backman pour se faire, avec son dernier roman, Ma Grand-Mère Vous Passe Le Bonjour.
Elsa, 7 ans, presque 8, est une enfant solitaire qui partage une grande complicité avec sa grand-mère, prête à toutes les excentricités pour rendre sa petite fille heureuse. Juste avant que la vieille dame ne décède, vaincue par le cancer, elle propose à Elsa de participer à une chasse au trésor de son cru. A la recherche des indices éparpillés ça et là par sa grand-mère, Elsa va faire son deuil et en apprendre plus sur mamie… et ses voisins.
Avec ce second roman, Fredrik Backman ne fait que me conforter dans l’opinion que j’avais de lui : il est à la littérature suédoise ce que Gilles Legardinier est à la littérature française, un champion toute catégorie de la littérature feel good. Ses romans nous mettent du baume au coeur et jouent avec toute la gamme des émotions ; on passe du rire aux larmes. Heureusement on rit plus souvent qu’on ne verse une larmiche émue !
Bien qu’écrit à la troisième personne l’auteur nous fait vivre le récit à travers les mots et les émotions d’Elsa, je tiens à saluer le travail de Laurence Mennerich, la traductrice, l’effet est bluffant, une totale réussite !
Nul doute que cette petite Elsa restera longtemps dans votre tête, même après avoir refermé (à regrets) le bouquin. Une gamine de 7 ans, presque 8, d’une intelligence et d’une maturité remarquables pour son âge, solitaire car les enfants de son âge ne la comprennent pas (au contraire ils la prennent comme souffre douleur). Elle n’en finira pas de vous surprendre.
Puis il y a la fameuse mamie, comme on aurait aimé la connaître plus longtemps. Pour sa petite fille elle a inventé tout un univers de contes de fées… Une univers pourtant pas si fictionnel que cela comme le découvrira Elsa au cours de sa chasse au trésor ! Encore une brillante idée de l’auteur mais je n’en dirai pas plus afin de ne pas gâcher la surprise.
Les autres personnages sont les habitants de l’immeuble. Ulrica la maman d’Elsa, enceinte d’un futur petit frère ou d’une future petite soeur, la Moitié. George le beau-père que tout le monde apprécie sauf Elsa, sans être méchante avec lui elle joue la carte de l’indifférence. Chacun des voisins mériterait que j’en dise quelques mots mais là encore je préfère laisser intact le plaisir de la découverte pour les futurs lecteurs.
Un bouquin qu’il fait bon lire, qui vous redonne même foi en l’humanité. Un récit qui aborde des thèmes sérieux avec légèreté mais intelligence, sans une once de mièvrerie. Vivement que le roman suivant de l’auteur soit traduit en français ! D’autant que, au vu du titre, il n’est pas impossible que l’on retrouve un personnage déjà croisé dans ces pages.

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

Une citation qui s’applique particulièrement bien à la sombre actualité du moment : « C’est comme ça qu’on tient tête aux salauds qui nous disent ce qu’on a le foutu droit de faire ou pas. En foutant ce qu’on veut. »
Vous nous avez fait tanguer mais nous ne sombrerons pas. Vous mordrez la poussière avant nous ! Vous disparaîtrez avant nous !

 
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Publié par le 20 novembre 2015 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] David Lagercrantz – Millénium 4 – Ce Qui Ne Me Tue Pas

D. LMagercrantz - Millénium 4Et hop encore un invité surprise au menu de mon Challenge retrouvailles, ou plutôt devrai-je dire deux invités puisqu’il s’agit de renouer avec Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander, sous la plume de David Lagercranz, qui signe ce Millénium 4 : Ce Qui Ne Me Tue Pas.
Plus le temps passe et plus Mikael Blomkvist se remet en question et notamment sa participation à la revue Millénium. D’autant qu’un grand groupe media a investi dans le journal et compte lui appliquer une politique qui dénaturerait l’esprit même de Millénium…
Avant de démarrer cette chronique il me semble capital de préciser que cette intrigue n’est pas celle du manuscrit du tome 4 prévu par Stieg Larsson, ledit manuscrit est la propriété de sa veuve et le contenu est connu d’elle seule. David Lagercranz reprend donc les personnages créés par Stieg Larsson et les confronte à une intrigue imaginée par lui… Un pari foutrement osé !
Je ne m’étalerai pas sur la stupide question polémique « Faut-il lire ou ne pas lire Millénium 4 ?« , chacun fait en son âme et conscience mais ne pas le lire uniquement pour répondre à une consigne de boycott n’est, à mon avis, pas une preuve d’intelligence supérieure (ça c’est la version politiquement correcte, je vous laisse deviner le fond de ma pensée).
Visuellement la couv’ reste bien dans l’esprit de la trilogie de Stieg Larsson, le titre par contre est nettement plus quelconque que les précédents ; mais bon ce sont là des points de détail. Il est maintenant temps d’entrer dans le vif du sujet.
La première surprise vient du style de David Lagercrantz, au plutôt devrai-je dire de l’absence de style, il s’intéresse au fond de son intrigue plus qu’à la forme. Du coup son écrit a quelque chose d’impersonnel alors que chez Stieg Larsson on sentait une écriture qui venait du coeur et des tripes (ce qui n’empêchait pas certaines lourdeurs stylistiques). On s’y fait mais la transition est surprenante !
Un récit moins engagé aussi, il faut dire que parfois la pensée hautement socialisante de Stieg Larsson avait parfois tendance à la stigmatisation abusive. David Lagercrantz concentre son récit sur ses personnages, son intrigue et les thèmes abordés, sans chercher à faire le procès des supposés travers la société suédoise (il y en a certainement qui sont bien réels).
Là encore dans le traitement des différents thèmes abordés (intelligence artificielle, autisme, respect de la vie privée sur internet, espionnage industriel…) on sent que l’auteur a fait un gros travail de recherche, par contre il aurait pu se montrer plus concis dans la restitution et l’intégration des éléments techniques dans son intrigue. En clair le déballage technique est parfois assommant (trop de didactique tue l’intérêt) !
Au niveau des bonnes surprises on trouve le duo constitué par Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander, l’auteur est resté plus ou moins fidèle à l’esprit que leur avait insufflé Stieg Larsson. A ce titre on s’inscrit, fort heureusement, clairement dans la continuité avec cependant quelques évolutions (sans doute peuvent elles se justifier par les années qui ont passées). Nul doute que ça a dû demander à David Lagercrantz un sacré boulot pour s’approprier les personnages sans les dénaturer.
On trouve aussi d’autres personnages déjà croisés dans la trilogie de Stieg Larsson, je citerai notamment Erika Berger, la rédactrice en chef de Millénium et amante de coeur de Mikael, Jan Bublanski et sa collègue Sonja Modig, mais aussi Zalachenko, absent mais pourtant omniprésent.
Bien entendu vous croiserez aussi bon nombre de nouveaux personnages dont le plus marquant restera certainement August, un petit garçon autiste savant qui développera une relation particulière avec Lisbeth. Sans oublier le méchant de service, le mystérieux (?) Thanos dont je ne dirai rien afin de laisser la surprise (relative) faire son effet.
L’intrigue est intéressante et bien menée mais n’apporte rien de franchement nouveau au genre, à croire que l’auteur a voulu jouer la sécurité en restant dans les jalons posés par son prédécesseur. Classique certes, mais ça n’empêche pas quelques belles trouvailles çà et là. Dommage quand on sait que l’une des grandes forces de la trilogie de Stieg Larsson est son côté novateur.
L’intrigue est abordée sous plusieurs points de vue (pas uniquement Mikael et Lisbeth) ce qui en soi est plutôt une bonne chose. Par contre le rythme imposé peut surprendre, ici tout se joue en quelques jours (dans les précédents opus les enquêtes s’étalaient sur plusieurs mois). Le point positif évident est que la lecture n’en est que plus prenante. En contrepartie, si on ne maîtrise pas parfaitement les règles de l’art (et c’est le cas de David Lagercrantz qui signe là son premier roman), certains raccourcis ne sont guère crédibles et certains aspects de l’intrigue sont rapidement prévisibles (surtout quand on a lu la trilogie de Stieg Larsson).
Pour ma part j’ai trouvé que l’ensemble tenait bien la route malgré les bémols exprimés plus haut, si le bouquin n’avait pas été estampillé Millénium je lui aurai sans hésitation un point plus. Aussi agréable soit il à lire on ne retrouve pas la griffe (ou peut être devrai-je dire l’âme) de la trilogie de Stieg Larsson.
Un nouveau départ pour Millénium ? La fin laisse peu de place au doute quant à l’éventualité d’une (?) suite : « Rien n’était fini. Lisbeth avait juste blessé le gibier. Ce n’était pas suffisant, loin de là« . De même qu’il ne fait aucun doute que ce quatrième tome bénéficiera largement des attentes et de la curiosité du public (sans parler du tapage médiatique autour de sa sortie) mais les éventuelles suites n’auront pas cette même opportunité marketing. Pas sûr que le public suive si l’auteur (en espérant que les suites ne passent pas de mains en mains) n’insuffle pas une étincelle de vie à son écriture.
Je terminerai en invitant les sceptiques (allez Nath, un p’tit pas vers ce tome 4…) à se forger leur propre opinion en lisant le bouquin. C’est bien plus constructif que de se borner à lire les avis des uns et des autres, positifs ou négatifs, critiques professionnels ou simples lecteurs. Comme dirait l’autre (Dirty Harry en l’occurrence) : « les avis c’est comme les trous du cul, tout le monde en a un« . Tant qu’à me fier à un trou de balle j’aime autant que ce soit le mien.

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Publié par le 3 septembre 2015 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Catharina Ingelman-Sundberg – Le Gang Des Dentiers Fait Sauter La Banque

Le Gang des Dentiers fait sauter la BanqueJe poursuis mon Challenge retrouvailles avec un nouvel invité surprise, c’est en effet avec plaisir que je retrouve les cinq braqueurs en déambulateur du Gang des Dentiers dans leur seconde aventure, Le Gang Des Dentiers Fait Sauter La Banque, avec bien entendu toujours Catharina Ingelman-Sundberg aux commandes.
Martha et ses acolytes s’offrent un séjour à Vegas, pas question de faire du tourisme pourtant, le Gang des Dentiers entend bien profiter de leur escapade américaine pour braquer un casino ! Mais de retour en Suède rien ne se passe comme prévu, les déboires s’accumulent. Cerise sur le gâteau nos Robin des Bois du troisième âge emménagent à côté d’un gang de bikers. Heureusement le Gang des Dentiers ne manque ni de ressources, ni de motivation…
Si vous avez aimé Comment Braquer Une Banque Sans Perdre Son Dentier alors vous ne pourrez qu’apprécier ce second volet des aventures de héros pas comme les autres ; dans le cas contraire passez votre chemin car cette suite est encore plus loufoque (le Gang des Dentiers réussit des coups totalement improbables avec une facilité déconcertante).
On retrouve avec plaisir nos cinq petits vieux dynamiques, dans la mesure du raisonnable compte tenu de leur âge avancé mais surtout toujours aussi complices et soudés ; mais aussi d’autres personnages déjà croisés dans le précédent roman (Blomberg, un flic pas très futé, ou encore Anders et Emma les enfants de Stina complices des frasques de leurs aînés presque malgré eux).
Il faudra aussi compter avec de nouveaux venus tout aussi haut en couleurs, dont Lillemor, une voyante qui va semer la zizanie et mettre en péril l’unité de nos héros, ou encore Jorgen et Tompa, des bikers tout en muscles au QI de moule avariée.
Des personnages mis au service d’une intrigue totalement déjantée, riche en rebondissements (mais en stress) et en situations qui vont du cocasse à l’absurde.
L’auteure profite de son intrigue et de diverses situations pour dénoncer les dysfonctionnements d’une société de plus en plus égoïste qui privilégie les riches et les puissants sans se soucier des plus démunis. Facile ? Peut être, mais ça ne coûte rien de le rappeler.
Sans être transcendant voilà un bouquin qui détend les zygomatiques avec des héros forts sympathiques, si jamais le Gang des Dentiers devait reprendre du service alors je serai fidèle au poste.

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jd3d

 
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Publié par le 21 juillet 2015 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Fredrik Backman – Vieux, Râleur Et Suicidaire – La Vie Selon Ove

F. Backman - Vieux, Râleur et SuicidaireIl est des titres qui s’imposent comme une évidence, allez savoir pourquoi ; en ouvrant mon catalogue France Loisirs je tombe sur Vieux, Râleur Et Suicidaire – La Vie Selon Ove écrit par Fredrik Backman, comment voulez-vous que je puisse résister ? Tout m’interpelle danse ce bouquin, le titre, la couv’, le pitch…
Depuis la mort de sa femme et sa mise à la retraite, Ove ne trouve plus vraiment de sens à la vie. Quoi de plus normal dans ces cas-là que de vouloir se suicider ? Les plans morbides d’Ove seront toutefois contrariés par l’arrivée surprise dans sa vie d’un chat et de nouveaux voisins…
Vieux ? Je ne suis plus franchement de première main du haut de mes 46 piges. Râleur ? Ca me semble un état normal pour un vieil ours grincheux et asocial tel que moi. Suicidaire ? Heu non pas encore… à moins de considérer le Jack Daniel’s comme l’arme d’un crime pas encore commis (je ne saurai vous dire l’état d’avancement de la chose). Ajoutez à cela un auteur nordique qui s’écarte du polar (oui je sais que c ‘est un énooorme cliché). Je ne pouvais que craquer !
On pourrait ajouter au titre maniaque et routinier mais ça ferait peut être un peu long. J’ai tout de suite adoré le personnage d’Ove ainsi que son entourage dont il se passerait bien parfois (souvent). A l’instar d’un Gilles Legardinier, Fredrik Backman nous offre un bouquin qui met du baume au coeur et vous laisse avec un sourire béat une fois la dernière page tournée (à regret).
L’auteur ne nous invite pas seulement à découvrir le quotidien de Ove, au fil des pages c’est sa vie que l’on partage. Une vie vide de sens dès le moment où il perd son père et jusqu’à ce qu’il rencontre Sonja (qui deviendra sa femme), une vie encore plus vide lorsque celle-ci s’éteint trop tôt et jusqu’à sa rencontre avec le chat et ses voisins.
« Il était un homme en noir et blanc. Elle était les couleurs. Toutes les couleurs. »
« Si quelqu’un lui avait posé la question, il aurait répondu qu’il ne vivait pas avant elle. et après non plus. »
Indéniablement un livre plein de bonne humeur, mais aussi plein d’émotions. Je n’ai aucune honte à avouer qu’il m’a même tiré une larmiche de temps en temps. Mais il m’a surtout fait sourire et même rire.
Fredrik Backman nous vient de Suède et signe là son premier roman qui a fait un carton dans son pays d’origine, je lui souhaite le même succès, amplement mérité, dans la francophonie. Il a deux autres titres à son actif, non encore traduits à ce jour, s’ils sont du même acabit que celui-ci il me tarde de les découvrir !

 
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Publié par le 15 août 2014 dans Bouquins

 

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