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Archives de Tag: Littérature italienne

[BOUQUINS] Sandrone Dazieri – Tu Tueras Le Roi

AU MENU DU JOUR

S. Dazieri - Tu tueras le Roi
Titre : Tu Tueras Le Roi
Série : Dante & Colomba – Tome 3
Auteur : Sandrone Dazieri
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2019
Origine : Italie (2018)
640 pages

De quoi ça cause ?

Cela fait quinze mois que Dante Torre a été enlevé. Quinze mois que Colomba Caselli vit coupée du monde dans la région des Marches.

Un soir, en pleine tempête de neige, Colomba découvre Tommy, un adolescent autiste, dans la remise de son jardin ; visiblement très agité et couvert de sang. En le raccompagnant chez lui elle apprend que ses parents ont été assassinés, pour la police Tommy serait le coupable idéal…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est l’ultime opus de la trilogie consacrée à Dante Torre et Colomba Caselli. Le second tome laissait beaucoup de questions en suspens, il me tardait de découvrir les réponses. Et accessoirement la vérité sur Dante Torre.

Ma Chronique

Comme bon nombre d’amateurs de thrillers, je suis fidèle à la collection La Bête Noire, lancée par Robert Laffont en 2015. Et c’est justement le premier opus de cette trilogie, Tu Tueras Le Père, qui inaugurait cette nouvelle collection. Un lancement prometteur avec ce roman coup de cœur et coup de poing !

Quatre ans plus tard, il est temps de baisser le rideau sur les aventures mouvementées de Dante Torre et Colomba Caselli. Concernant La Bête Noire, je suis absolument convaincu qu’elle continuera de nous étonner avec des romans top niveau… et ce pendant encore de longues années !

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je tiens à préciser qu’il est absolument indispensable d’avoir lu les deux précédents opus pour comprendre et apprécier pleinement ce dernier tome. Celui-ci commence quasiment là où s’arrêtait le précédent, même si dans les faits quinze mois se sont écoulés entre l’enlèvement de Dante et le début du présent roman.

Un roman que j’attendais avec impatience, mais dans lequel j’ai eu un peu de mal à rentrer, peut-être était-ce lié à l’absence de Dante ou au sentiment de renoncement (bien compréhensible, je le reconnais volontiers) qui assommait Colomba dans les premiers chapitres ; sans doute un peu des deux. Il manquait une roue au binôme (et quelle roue !) et la seconde était à plat… pas facile d’avancer dans ces conditions.

Je vous rassure tout de suite les choses évoluent rapidement, il ne faudra que quelques chapitres avant que Colomba ne s’implique à fond dans le mystère qui entoure Tommy et le meurtre de ses parents. Une enquête qui s’avérera rapidement captivante et pleine de rebondissements.

Et dès la seconde partie du roman, Dante fait un retour en fanfare ; il lui faudra quand même quelque temps de convalescence avant de retrouver toute sa verve et sa redoutable logique aussi personnelle qu’implacable. Les choses sérieuses peuvent commencer (même si elles n’avaient pas attendu Dante pour se mettre en branle).

Sandrone Dazieri confirme qu’il maîtrise son intrigue sur le bout des doigts, il a un incroyable talent pour brouiller les pistes sans jamais embrouiller le lecteur. On finit, comme Dante et Colomba, par douter de tout et tout le monde. À qui peut-on faire confiance ? De qui doit-on se méfier ? Qui est ce mystérieux Roi qui leur donnera bien du fil à retordre et sème la mort sur son chemin ?

Histoire de finir en beauté, l’auteur nous assène un véritable coup de massue avec un revirement totalement inattendu et pas du tout tiré par les cheveux. Du grand art pour un auteur qui peut d’ores et déjà inscrire son nom en lettre d’or dans le grand livre de la littérature policière (et pas qu’au niveau national ou européen, soyons fou et voyons grand, il le mérite amplement !).

Un ultime opus qui vient clore avec beauté et brio la trilogie Dante & Colomba. Une sacrée belle découverte et un énorme coup de cœur pour l’ensemble de la trilogie. Cerise sur le gâteau, ce chapitre final m’a laissé littéralement KO debout en fin de lecture.

Il reste des questions sans réponse, mais ce n’est en rien une négligence de l’auteur, il s’agit bel et bien d’un choix délibéré. Choix qui ne nuit nullement à l’intrigue.

MON VERDICT
Coup double

 
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Publié par le 12 juillet 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Mirko Zilahy – Roma

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M. ZIlahy - Roma

Titre : Roma
Auteur : Mirko Zilahy
Éditeur : Presses de la Cité
Parution : 2017
Origine : Italie (2016)
432 pages

De quoi ça cause ?

Quand la victime d’un meurtre particulièrement sordide est retrouvée à proximité de la basilique Saint-Paul, le préfet de Rome fait appel au commissaire Enrico Mancini, une légende vivante de la police criminelle italienne et un profiler hors pair.

Mais depuis la mort de son épouse, emportée par un cancer, Enrico Mancini n’est plus que l’ombre de lui même et n’a plus foi en rien. Qui plus est il compte bien s’investir à temps plein sur une autre enquête, la disparition du Dr Carnevali, l’oncologue qui a suivi son épouse.

Devant l’insistance de ses supérieurs, Mancini va monter une équipe et se lancer sur la piste sanglante de celui qui se surnomme lui-même l’Ombre…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est un titre qui m’a été fortement recommandé il y a déjà quelque temps (le gars l’avait lu en italien, forcément ça lui donne un peu d’avance sur la version française). Restait à attendre une sortie numérique en français (non parlo italiano, scusami).

Ma chronique

Force est de constater que si je regarde la répartition géographique des auteurs composant mon Stock à Lire Numérique (oui je sais, j’ai que ça à foutre), l’Italie est fort peu représentée ; mais la qualité compense la quantité avec notamment Donato Carrisi et Sandrone Dazieri.

Je peux d’ores et déjà affirmer que Mirko Zilahy s’inscrit clairement parmi les grands noms du thriller, ou, si vous trouvez que je m’emballe un peu vite, on va dire a minima parmi les auteurs à suivre de très près.

Avec Roma il signe un premier roman quasiment irréprochable, un thriller brillant et efficace qui vous scotchera de la première à la dernière page.

D’entrée de jeu l’auteur impose une ambiance plutôt sombre en plaçant Rome sous une pluie continue. Les scènes de crime, qu’il s’agisse des lieux choisis par l’Ombre ou de son mode opératoire, contribuent largement à ce sentiment de noirceur et de pesanteur.

Mirko Zilahy apporte un soin tout particulier à son personnage principal, Enrico Mancini. On découvre un flic désabusé, rongé par le chagrin et la culpabilité, qui n’a plus foi ni en son métier ni en l’humanité. Un flic qui voudrait bien tout plaquer, mais avant d’avoir résolu le mystère de la disparition du Dr Carnevali. Autant dire que c’est sans aucune conviction qu’il se lance sur la piste de l’Ombre, mais au fil de l’enquête son instinct de chasseur va reprendre le dessus.

Dommage que les autres personnages de son équipe ne soient pas autant étoffés. À vrai dire ce sont surtout les personnages féminins (Caterina De Marchi, photographe pour la police criminelle et coéquipière de Mancini, et Giulia Foderà, juge d’instruction en charge de l’affaire) qui sont les plus aboutis, on découvre ainsi que sous des dehors imperturbables, chacune doit lutter contre ces propres démons.

Je n’irai pas jusqu’à accuser l’auteur de machisme en laissant sous-entendre que les mecs n’ont aucune faiblesse (Enrico Mancini en est la preuve évidente), mais il est vrai que j’aurai apprécié d’en apprendre un peu plus sur la gent masculine qui entoure Mancini.

Dans le même registre, la personnalité de l’Ombre n’est détaillée que par l’intermédiaire du profil psychologique que l’équipe dresse au fil de l’enquête. Les quelques chapitres durant lesquels il a directement voix au chapitre sont dépourvus de tout aspect psychologique, voire même humain, il fait ce qu’il à faire, point barre.

Comme chez Donato Carrisi, la ville de Rome fait quasiment office de personnage à part entière sous la plume de Mirko Zilahy.

Si l’intrigue est rondement menée, l’enquête progressant après la découverte de chaque nouvelle scène de crime, je l’ai trouvé un tantinet linéaire. Une succession d’avancées jusqu’au dénouement, mais aucun réel rebondissement, ni fausse piste explorée.

Je le répète, pour un premier roman l’auteur réussi un à imposer sa griffe et son nom, certes il reste des pistes à améliorer pour convaincre les lecteurs les plus exigeants, mais pour ma part je préfère juger avec tolérance plutôt qu’intransigeance.

Un deuxième roman de l’auteur est déjà disponible en italien, je serai fidèle au rendez-vous lors de sa sortie en version française ; mais sans doute plus intransigeant cette fois…

MON VERDICT

 
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Publié par le 23 février 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Donato Carrisi – Tenebra Roma

AU MENU DU JOUR

Titre : Tenebra Roma
Série : Marcus & Sandra – Tome 3
Auteur : Donato Carrisi
Éditeur : Calmann-Lévy
Parution : 2017
Origine : Italie
304 pages

De quoi ça cause ?

Une violente tempête s’abat sur Rome, par sécurité les autorités décident de couper l’alimentation électrique de la ville pour une durée de 24 heures. Black-out total et couvre-feu imposé aux habitants. Les ténèbres offrent un terrain propice à ceux qui veulent laisser libre cours à leurs instincts les plus primaires…

C’est dans ce contexte que Marcus, le pénitencier du Tribunal des Âmes, et Sandra, la photographe de la police scientifique, vont de nouveau faire équipe pour identifier et neutraliser un tueur en série. Sauf que ledit tueur semble toujours avoir une longueur d’avance sur les enquêteurs…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Donato Carrisi et qu’il ne m’a jamais réellement déçu (même s’il y a des titres que j’ai moins aimé que d’autres).

L’occasion de retrouver Marcus et Sandra après un Tribunal Des Âmes moyennement apprécié et un très bon Malefico. Autant dire que je plaçais beaucoup d’espoir dans ce troisième opus…

Ma chronique

En guise d’introduction à cette chronique, je laisse la parole à Donato Carrisi :

« Un proverbe employé dans le monde entier mais dont on ignore l’origine dit que « Rome ne s’est pas faite en un jour ». Toutefois, j’ai découvert qu’il en faut moins que cela pour la détruire. »

Dans ce nouvel opus, l’auteur envisage donc la destruction de Rome, mais comment y parvenir tout en restant crédible ? C’est un de ses amis, le professeur Masimo Parisi, qui lui apportera la réponse :

« C’est simple, tu fais pleuvoir sans cesse pendant deux jours et tu fais couper une centrale électrique : en quelques heures, ce sera le chaos. »

Plongez l’humanité dans les ténèbres et privez-la de toute forme de technologie et vous obtiendrez l’Apocalypse 2.0. Voilà le décor est posé. Histoire de pimenter le tout, ajoutez-y une bande d’illuminés sous influence et un tueur en série aussi implacable qu’insaisissable.

Sans oublier bien entendu un duo d’enquêteurs pour le moins atypique. Lui, c’est Marcus, un pénitencier du Tribunal des Âmes, son job ? Traquer le Mal sous toutes ses formes. Elle, c’est Sandra, une photographe de la police scientifique qui a demandé sa mutation afin de ne plus côtoyer de macchabées et autres scènes de crimes sordides.

Quelle est la nature de leur relation ? Une solide amitié, un grand respect réciproque, et peut être bien un petit quelque chose d’autre auquel ni l’un ni l’autre, pour diverses raisons, ne veulent trop y réfléchir.

Comme souvent l’intrigue démarre avec deux affaires distinctes, chacun suit sa propre voie, puis le lien entre les enquêtes devient évident et le duo se reforme. Pour notre plus grand plaisir.

Le moins que l’on puisse dire c’est que Donato Carrisi ne ménage pas ses personnages, qu’il s’agisse de les plonger au coeur de l’action ou de les confronter à la trahison, leur nuit romaine, au coeur des ténèbres, tiendra davantage du parcours du combattant que du parcours de santé.

Rome plongée dans les ténèbres nous donne l’occasion de découvrir la ville sous un autre jour (même si l’essentiel du roman se déroule sur une nuit), d’autant que l’auteur n’hésite pas à nous entraîner dans les profondeurs de la « ville éternelle ».

L’auteur fait de la ville de Rome et des ténèbres qui l’enveloppe des entités à part entière.

C’est rythmé, riche en rebondissements (dont une révélation finale à couper le souffle), il n’y a pas à dire Donato Carrisi sait y faire pour rendre son intrigue hautement addictive ; vous aurez bien du mal à lâcher ce roman une fois commencé.

Malgré d’indéniables qualités, il manque un petit je ne sais quoi pour que ce soit un véritable coup de coeur. J’ai passé un très bon moment de lecture mais ça n’a pas été l’extase tant espérée…

MON VERDICT

 
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Publié par le 18 décembre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Sandrone Dazieri – Tu Tueras L’Ange

S. Dazieri - Tu tueras l'AngeAh que voilà un roman que j’attendais avec une réelle impatience ! Tu Tueras L’Ange de Sandrone Dazieri est en effet la suite directe de Tu Tueras Le Père, l’une des mes lectures les plus marquantes de l’année 2015 mais aussi et surtout le titre inaugural de la collection La Bête Noire de Robert Laffont.
Un train parti de Milan arrive en gare de Rome de nuit, aucun mouvement de passagers en provenance de la classe affaire. Et pour cause, ils sont tous morts, empoisonnés par un gaz neurotoxique. L’attentat est rapidement revendiqué par Daesh, mais pour la commissaire Colomba Caselli, intégrée à l’équipe en charge de l’enquête, il reste des zones d’ombres qui contredisent la thèse officielle. Pour confirmer ses doutes, elle fait appel à Dante Torre qui ne tarde pas à repérer des incohérences. Colomba et Dante vont devoir mener leur propre enquête, avec leurs propres moyens, aucun officiel ne souhaitant contredire la thèse de l’attentat…
Avant d’aller plus loin je tiens à préciser qu’il est impératif d’avoir lu Tu Tueras Le Père avant de se lancer dans ce second opus, qui plus est c’est un excellent bouquin, ce serait dommage de s’en priver ! Au niveau des personnages nous sommes donc en terrain connu, c’est un plaisir de retrouver Colomba et Dante (plus phobique que jamais), un duo d’enquêteurs pour le moins atypique.
Des retrouvailles un tant soit peu plombées par des non-dits et des tensions entre nos deux héros, je reconnais volontiers que Colomba fait parfois preuve d’une arrogance à la limite du supportable, mais il faut aussi reconnaître que partager le quotidien de Dante ne doit pas être du tout repos. De nouveau l’auteur donne une forte dimension psychologique à son roman, qu’il s’agisse de l’évolution du relationnel entre nos deux héros, du rapport de Colomba à sa hiérarchie (il faut dire qu’à ce niveau elle doit faire face à du lourd en matière d’immobilisme et d’obstination aveugle), et plus encore quand il s’agit de comprendre leur adversaire.
En face d’eux, Giltiné (du nom de l’ange de la mort lituanien), une jeune femme à la personnalité tourmentée (au vu de son passé, on peut le comprendre) mais aussi implacable que machiavélique dans l’exécution de son plan. J’aurai apprécié une plongée plus approfondie dans la personnalité de Giltiné. Certes on peut comprendre son désir de vengeance, on pourrait même être tenté d’y adhérer, mais il y a un peu trop de dommages collatéraux pour que l’empathie prenne vraiment.
Une intrigue certes un peu plus conventionnelle que celle du Père (qui était presque exclusivement centré sur le personnage de Dante) mais rondement menée et hautement addictive. Sandrone Dazieri intègre des éléments et des faits bien réels à son récit, vous serez sans doute surpris de découvrir que le plus impensable n’est peut être pas 100% issu de l’imaginaire de l’auteur (même si un peu romancé, fiction oblige).
A la fin de notre lecture beaucoup de questions restent encore sans réponse concernant le passé et l’identité de Dante ; le troisième et dernier opus n’en sera que plus attendu. D’autant que celui-ci s’achève sur un cliffhanger final de la mort qui tue… Viiite Monsieur Dazieri, la suite (vite mais pas bâclé, nous serons intraitables sur ce point).

MON VERDICT
Coup de poing

 
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Publié par le 12 juin 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Donato Carrisi – La Fille Dans Le Brouillard

D. Carrisi - La fille dans le brouillardUne fois n’est pas coutume j’ai été dans les profondeurs de mon Stock à Lire Numérique afin de dénicher ma lecture du moment, l’heureux élu fut Donato Carrisi et son dernier roman, La Fille Dans Le Brouillard, paru l’année dernière (bon OK dans le genre profondeurs on peut mieux faire… et ce n’est pas la matière qui manque !).
Avechot est un paisible village des Alpes du moins jusqu’à ce qu’une jeune fille disparaisse mystérieusement quelques jours avant Noël. C’est le commandant Vogel qui est chargé de l’affaire, un homme connu pour son amour média. Et justement il a bien des raisons de vouloir redorer son image médiatique et publique ; pas question d’échouer, il lui faut un coupable, et le plus tôt sera le mieux…
Je vois déjà certains lecteurs blasés soupirer : « pfff… encore une histoire de disparition » ; c’est vrai que niveau originalité on peut trouver mieux comme idée de base pour un thriller. Je puis pourtant vous assurer que ce roman mérite que l’on s’y attarde, vous pouvez compter sur le talent de Donato Carrisi pour revisiter un thème en apparence classique.
Si vous connaissez les autres romans de l’auteur vous serez surpris par le changement de registre, s’il reste bel et bien fidèle au thriller, il opte en effet pour une approche beaucoup moins abrupte, et surtout beaucoup plus humaine et sociale.
Humaine par l’approche psychologique de l’intrigue, on la vit au travers le regard et les émotions des personnages que Donato Carrisi met en scène. Outre les points de vue de Vogel et de Martini (le fameux coupable idéal), nous aurons aussi le droit à ceux de Borghi, l’adjoint de Vogel, et du Dr Flores, le psychiatre chargé d’auditionner Vogel. Chacun aborde les événements selon sa situation personnelle et son degré d’implication.
Sociale par le poids des médias dans une enquête de police, qu’il s’agisse des médias traditionnels (presse, radio et télévision) ou d’internet (sites web et réseaux sociaux). La question de leur impact est clairement soulevé par ce roman, sous leur pression les enquêteurs peuvent être tentés de leur jeter en pâture un coupable idéal plutôt que de chercher la vérité sur les faits. Il en va de même pour le public de ces médias, prêt à tout prendre pour argent comptant sans vraiment chercher à se forger une réelle opinion personnelle.
Si vous cherchez un thriller brutal, mené à un train d’enfer et bourré de rebondissements, alors passez votre chemin. Donato Carrisi donne à son roman une toute autre dimension, et c’est foutrement efficace ! Et, cerise sur le gâteau, c’est redoutablement crédible.
Peut être (prés)sentirez vous la fin se profiler comme ce fut mon cas, mais je doute fort que vous ayez tout découvert avant que l’auteur ne vous le révèle. Même si j’avais deviné certains éléments je n’avais pas les tenants et les aboutissants, c’était davantage une présomption qu’une certitude. Cela ne m’a nullement empêché d’apprécier pleinement ce roman.

MON VERDICT
jd4

 
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Publié par le 15 février 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Paola Barbato – Le Fil Rouge

P. Barbato - Le fil rougeC’est sur les conseils avisés d’une lectrice ayant des goûts proches des miens que je me suis lancé dans le roman Le Fil Rouge de Paola Babarto. Sensations fortes assurées m’a-t-elle garanti, il n’en fallait pas plus pour me convaincre.
Antonio Lavezzi n’est plus que l’ombre de lui même depuis que sa fille de 13 ans a été violée et tuée, le meurtrier n’a jamais été identifié. Un matin il est appelé sur un des chantiers qu’il supervise, un corps y a été retrouvé. Antonio est convaincu que ce nouveau meurtre est lié à son affaire. Un mystérieux interlocuteur le contacte alors et lui propose un marché avec à la clé sa propre vengeance…
Si devais résumer mon ressenti en un seul mot c’est sans hésitation le terme uppercut qui me vient à l’esprit. Le genre de bouquin qui vous laisse KO debout après avoir refermé la dernière page. Le truc qui vous prend aux tripes et vous les vrille encore et encore, sans vous laisser le moindre répit. Et putain ce que c’est bon ! Bon mais éprouvant…
L’idée de base peut paraître simple : en échange de quelques menus services pas toujours très légaux mais qui ne vous salissent pas les mains (juste l’esprit), un inconnu vous propose d’éliminer le salopard qui a ruiné votre vie en vous enlevant l’être aimé ; vous acceptez ou vous refusez ? Certes la vengeance reste un thème redondant du thriller mais sous la plume de Paola Barbato le récit prend une toute autre dimension.
Déjà l’auteure prend son temps en imposant un rythme qui est tout sauf effréné. Et pourtant aucune longueur, aucun ennui, juste l’impatience qui vous met les nerfs à vif en attendant la prochaine étape. Tout ce temps on le passe dans la tête d’Antonio, on partage son désir de vengeance, ses doutes, ses questionnements mais aussi et surtout sa douleur (c’est elle le fameux fil rouge dont il est question dans le titre). Une histoire noire et glauque mais dans laquelle les dimensions humaine et psychologique occupent l’espace.
Au départ le style peut surprendre, le récit est en effet entrecoupé par les pensées d’Antonio, mais au final il permet une totale immersion dans le personnage et dans l’intrigue. Le pari n’était pas gagné d’avance, au début Antonio s’est reconstruit une vie réglée comme du papier à musique dans le déni du drame qui a bousillé ce qu’il était avant. Mais au fur et à mesure qu’il s’investit dans les missions que lui confie l’Assassin, son caractère et sa personnalité évoluent.
Pour nous lecteurs la grande question n’est pas tant de savoir jusqu’où Antonio est prêt à aller, mais plutôt qui est le meurtrier de sa fille, et quels sont ses mobiles (pour peu qu’il en ait). L’auteure sait faire durer le suspense avant de vous asséner la vérité, une vérité que l’on prend comme une magistrale claque dans la gueule. A peine le temps de digérer la révélation que les uppercuts se succèdent en rafale ! Plus de répit jusqu’à l’épilogue et son ultime botte secrète.
En plein déferlement d’uppercuts j’ai quand même réussi à sourire en lisant le dernier chapitre et notamment les « pensées » de Danko…
Ce bouquin fut une véritable découverte pour moi, presque une révélation, il ne me reste plus qu’à me ruer sur A Mains Nues, le premier roman de Paola Barbato. Mais pas tout de suite, j’ai d’abord besoin de reprendre mes esprits…

MON VERDICT
jd5Coup double

Devinette :
Quel est le point commun entre ces trois photos ?
Ceux et celles qui ont lu le bouquin trouveront sans même lire l’indice.

Danko

Indice :
— Pourquoi il s’appelle Danko ?
— Parce qu’il avait un maître stupide. Qui lui a donné le nom stupide d’un personnage stupide.

Réponse :
Danko est le nom du personnage interprété par Arnold Schwarzenegger dans le film Double Détente.
Danko est le nom du dogue argentin appartenant à l’un des protaganistes du roman.
Danko est le nom d’un cheval d’un autre protagoniste du roman.

 
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Publié par le 29 avril 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Sandrone Dazieri – Tu Tueras Le Père

S. Dazieri - Tu Tueras Le PèreUne lecture inspirée par la blogosphère, à force de lire des éloges sur Tu Tueras Le Père de Sandrone Dazieri, il fallait bien que je me forge ma propre opinion.
Une femme décapitée, un petit garçon porté disparu ; pour la police il ne fait aucun doute que le coupable est le père, d’autant que des preuves l’accablent. Le commissaire Rovere demande toutefois à son bras droit, Colomba Caselli, de mener sa propre enquête parallèle bien qu’elle soit encore, officiellement, en disponibilité. Pour la seconder, Rovere l’oriente vers Dante Torre, un enquêteur privé qui fut séquestré pendant des années durant son enfance. Rapidement Dante est convaincu que l’enfant est victime du Père, l’homme qui l’a privé de son enfance. Reste à convaincre Colomba et à trouver des preuves…
Adepte de thrillers depuis de nombreuses années j’ai tendance à me la jouer blasé en matière de tueurs en série. Je ne prétendrais certes pas avoir tout lu sur le sujet, ce serait horriblement prétentieux et complètement faux ; disons plutôt que la plupart des intrigues obéissent plus au moins aux mêmes règles fondatrices et suivent un même fil rouge. La plupart oui, mais pas toutes ! Certains romans créent la surprise en revisitant totalement le genre, Tu Tueras Le Père est de ceux là ! Il fait table rase de toutes les ficelles connues pour imposer sa propre structure et son propre rythme.
Déjà l’auteur nous propose un duo d’enquêteurs pour le moins atypique. Dans le coin droit, Colomba Caselli. Commissaire à la brigade mobile (l’équivalent italien de la brigade criminelle en France), en disponibilité suite à ce qu’elle appelle le « Grand Désastre », un drame personnel qui ne l’a pas laissée indemne. Une enquêtrice brillante en proie au doute quant à son avenir professionnel… et personnel.
Dans le coin gauche, Dante Torre. Il a passé onze ans séquestré par Le Père. Aujourd’hui totalement inadapté socialement parlant et bourré de phobies. Doté d’une logique implacable, doublée d’un redoutable sens de l’observation et d’un incroyable don de déduction. Il reste persuadé que Le Père est encore en vie contrairement aux conclusions de l’enquête de police.
Au centre, face aux enquêteurs livrés à eux mêmes, Le Père. Au fil de l’intrigue on se demande s’il s’agit d’un individu unique, d’une organisation criminelle ou tout simplement le fruit de l’imagination de Dante. Par bien des aspects il me fait penser au personnage de Keyser Söze dans le film Usual Suspects.
L’intrigue est d’une efficacité sans faille, elle se densifie et se complexifie au fil des chapitres sans jamais être embrouillée. Les pistes, fausses et bonnes, se multiplient et jouent avec les nerfs du lecteur. Sandrone Dazieri, non content de jouer avec nos nerfs, nous vrille en plus les tripes.
Un roman coup de coeur, c’est certain. Coup de poing, incontestablement. Une véritable révélation littéraire de cette année 2015.

MON VERDICT
jd5Coup double

 
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Publié par le 31 octobre 2015 dans Bouquins

 

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