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Archives de Tag: Littérature irlandaise

[BOUQUINS] Adrian McKinty – La Chaîne

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A. McKinty - La Chaîne

Titre : La Chaîne
Auteur : Adrian McKinty
Éditeur : Fayard
Parution : 2020
Origine : Irlande (2019)
400 pages

De quoi ça cause ?

Le monde de Rachel s’écroule quand elle apprend que sa fille a été enlevée. Pour la récupérer non seulement elle va devoir payer une rançon, mais aussi à son tour kidnapper un enfant et ainsi perpétuer la Chaîne…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est juste impossible de résister à un pitch pareil.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Fayard et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Je suppose que l’un des pires cauchemars que puisse vivre un parent est le kidnapping de son enfant. Présentement Adrian McKinty repousse les limites du cauchemar en obligeant le parent déjà fortement ébranlé à devenir lui-même un kidnappeur et ainsi à faire vivre la même épreuve à un autre parent. Difficile d’imaginer un scénario plus pervers et plus sadique.

La première partie du roman est une totale réussite. On y suit le parcours de Rachel, contrainte d’enlever un enfant si elle veut sauver sa propre fille. On vit intensément le cauchemar de Rachel et tout ce qui lui passe par la tête au fur et à mesure qu’elle met son plan en application. L’auteur dose avec justesse les phases d’action et celles de réflexion.

Malheureusement l’implacable mécanique, que l’on pensait pourtant bien rodée, se grippe dans la seconde partie du récit. Vouloir anéantir la Chaîne, après ce qu’elle leur a fait subir, est en soi légitime, mais on a parfois l’impression que Adrian McKinty veut en finir au plus vite, quitte à brûler des étapes. Les choses s’enchaînent trop rapidement, avec trop de facilité et de façon trop prévisible. Bref, le capital crédibilité de l’intrigue fond comme neige au soleil.

Il serait sévère et injuste pour le coup de considérer cette seconde partie comme bâclée, elle n’est simplement pas à l a hauteur des promesses que nous faisait miroiter une première partie tout simplement géniale. Du coup il est difficile de masquer sa déception, un peu comme si on te promet du caviar, mais qu’on te sert des œufs de lump premier prix.

Impossible de ne pas s’attacher au personnage de Rachel, divorcée depuis peu, elle reste toutefois en très bon terme avec son ex-mari. Mauvais karma, alors même que sa fille est enlevée, elle apprend que son cancer récidive et va de nouveau devoir subir les affres de la chimiothérapie.

Dans l’ensemble l’auteur apporte beaucoup de soins à ses personnages, mention spéciale aux jumeaux maléfiques qui vous feront froid dans le dos plus d’une fois.

Son intrigue est aussi pour l’auteur l’occasion de pointer du doigt l’importance que les réseaux sociaux a prise dans le quotidien de chacun (et pas uniquement des ados), et comment ils peuvent se retourner contre leurs utilisateurs.

George Orwell se trompait. Dans le futur, ce ne sera pas l’État qui aura l’œil sur chaque individu avec de gros systèmes de surveillance. Les gens se chargeront de ça eux-mêmes. Ils mâcheront le travail à l’État en mettant sans cesse en ligne les lieux où ils se trouvent, leurs centres d’intérêt, leurs goûts culinaires, leurs restaurants préférés, leurs idées politiques et leurs loisirs. Tout ça sur Facebook, Twitter, Instagram et les autres réseaux sociaux. Nous sommes notre propre police politique.

Je referme ce bouquin globalement satisfait par cette découverte, et ce malgré l’impression tenace que l’intrigue aurait pu être encore plus aboutie. Là où ça aurait pu être un excellent thriller, nous n’avons « qu’un » très bon thriller.

Avant de lire La Chaîne je n’avais jamais entendu parler d’Adrian McKinty, le bonhomme n’en est pourtant pas à son coup d’essai et à déjà quelques romans policiers à son actif. Il va falloir que je me penche plus attentivement sur la question…

MON VERDICT
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Publié par le 30 mars 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Alan Glynn – L’Expérience

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A. Glynn - L'Expérience
Titre : L’Expérience
Auteur : Alan Glynn
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : Irlande (2018)
304 pages

De quoi ça cause ?

Dans les années 50 Ned Sweeney teste, à l’insu de son plein gré, une drogue qui démultiplie sa perception et ses capacités intellectuelles. De nouveaux horizons s’ouvrent à lui, mais quel sera le prix à payer pour y goûter ?

De nos jours, Ray Sweeney ne sait quasiment rien de son grand-père, sauf que celui-ci s’est suicidé dans les années 50. Quand il rencontre Clay Proctor, ancien agent de la CIA et ancien conseiller de Richard Nixon, ce dernier lui annonce quasiment de but en blanc que Ned Sweeney ne s’est pas suicidé

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Au risque de me répéter, parce que c’est Sonatine, une maison d’édition qui ne m’a jamais déçu.

Parce que le pitch m’a rappelé le film Limitless avec Bradley Cooper et Robert De Niro.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

En découvrant la quatrième de couv’ j’ai tout de suite fait le rapprochement avec le film Limitless réalisé par Neil Burger et sorti en 2011 ; rien d’étonnant à cela puisque j’ai rapidement découvert le film était adapté du roman Champs De Ténèbres signé… Alan Glynn (son premier roman, publié en 2001 et traduit en 2004). L’Expérience peut donc s’envisager à la fois un prequel et une suite de celui-ci, même s’il peut parfaitement être lu indépendamment du précédent.

Alan Glynn serait-il adepte de private joke ? En effet dans ce bouquin il s’autorise une allusion discrète au film Limitless : « La plupart prétendaient être la « vraie » version d’une drogue cognitive fictive qui était apparue dans un film récent. »

Dans la même veine, un des personnages que rencontre Ray dans le cadre de son enquête sur le MDT-48 mentionne le cas Eddie Spinola, qui n’est autre que le héros du roman Champs De Ténèbres et donc du film Limitless.

Les chapitres alternent entre les deux arcs narratifs élaborés par l’auteur. Un bond dans le passé pour retrouver Ned Sweeney dans les années 50, alors qu’il expérimente les effets du MDT-48, cobaye malgré lui dans un premier temps, puis de son propre chef par la suite. Et retour de nos jours alors que Ray Sweeney enquête afin de découvrir la vérité sur ce qui est réellement arrivé à son grand-père.

Deux intrigues pour le prix d’une ! Et deux styles narratifs différents, l’enquête de Ray étant rédigée à la première personne (c’est lui qui relate les faits) alors que le parcours de Ned est écrit à la troisième personne.

Deux histoires indépendantes, mais inévitablement liées entre elles. Alan Glynn mène sa barque (ou peut-être devrai-je dire ses barques) avec une redoutable efficacité et un sens du rythme qui ne fera jamais défaut et ce quelle que soit l’intrigue en cours (j’avoue toutefois avoir eu une légère préférence pour les chapitres consacrés à Ned, même si l’enquête de Ray demeure passionnante).

Succombez à la tentation de cette expérience, vous ne le regretterez pas ! Bien malin celui qui peut affirmer en toute bonne foi que si une drogue comme cette fameuse MDT-48 existait, il ne se laisserait pas tenter par l’expérience ? Pour ma part je signe tout de suite pour un abonnement à vie !

Une belle découverte ce roman, dommage que Champs De Ténèbres ne soit pas dispo en numérique, ça m’a donné envie de prolonger l’expérience… Je peux toujours me consoler en revisionnant Limitless.

Pour l’anecdote le programme MK-Ultra de la CIA n’est malheureusement pas une invention d’Alan Glynn, l’Agence a bel et bien cherché à développer diverses techniques de manipulation mentale, notamment par le biais de substances chimiques. Des expérimentations (impliquant l’usage de LSD) ont même été réalisées sur des sujets à leur insu, et/ou dans des conditions plus que déontologiquement et humainement discutables.

MON VERDICT

 
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Publié par le 22 octobre 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] C.J. Cooke – Si Tu T’En Vas

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C.J. Cooke - Si tu t'en vas

Titre : Si Tu T’En Vas
Auteur : C.J. Cooke
Editeur : Milady
Parution : 2018
Origine : Irlande (2017)
430 pages

De quoi ça cause ?

Une jeune femme échoue sur une île déserte au large de la Crète, totalement amnésique. Elle est recueillie par quatre écrivains qui se sont exilés sur l’île le temps d’une retraite littéraire.

Dans la banlieue de Londres, Lochlan Shelley apprend que sa femme, Eloïse, a disparu, laissant derrière elle leurs deux enfants en bas âge. Fuite volontaire ou enlèvement ? Pour quelles raisons ? C’est ce que vont devoir découvrir les proches d’Eloïse et la police…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Je suis tombé sur ce bouquin un peu par hasard, en parcourant le catalogue Net Galley. Le pitch a fait tilt dans mon esprit, je l’ai sollicité et ma demande a été acceptée par l’éditeur Milady (Bragelonne).

Ma chronique

Je remercie Net Galley et les éditions Milady (Bragelonne) d’avoir donné une suite favorable à ma demande relative au roman de C.J. Cooke.

J’associais, à tort (mea culpa), les éditions Milady à la bit-lit et donc je ne prêtais guère attention à leur catalogue. Bon OK, Milady fait autre chose que de la bit-lit, mais de là à imaginer qu’ils puissent proposer des thrillers (psychologiques qui plus est), il y a un pas… je laissais plutôt ça à sa grande sœur, Bragelonne. Et je me trompais encore (mea culpa, bis repetita) ! La preuve en est avec Si Tu T’En Vas, premier thriller de l ‘auteure C.J. Cooke.

L’amnésie est un thème récurrent dans le monde de la littérature policière (et par extension du thriller), mais c’est aussi un thème qui permet des traitements divers et variés. C’est pourquoi je me suis laissé tenter par ce roman dont l’intrigue pouvait paraître relativement classique. Et j’ai eu raison, d’entrée de jeu l’auteure prouve qu’il encore possible de faire du neuf avec du vieux !

On comprend tout de suite (et pour les plus durs du neurone, dès les premiers chapitres) que la mystérieuse naufragée n’est autre que Eloïse Shelley, toute la question est de comprendre le pourquoi du comment elle passe de mère au foyer dans une banlieue cossue de Londres, à naufragée amnésique sur une île crétoise…

Pour nous y aider, les chapitres jouent l’alternance des points de vue. Avec d’un côté Eloïse dans sa version naufragée amnésique, qui lutte pour retrouver son identité et ses souvenirs, entourée par un quatuor d’écrivains qui, tour à tour, soufflent le chaud et le froid autour de leur invitée. Et de l’autre Lochlan, son mari, qui doit non seulement gérer ses enfants qui réclament leur mère, mais aussi essayer de comprendre ce qui s’est passé.

L’aspect psychologique, essentiel dans le traitement d’une telle intrigue est parfaitement maîtrisé par l’auteure, que ce soit dans le combat d’Eloïse contre son amnésie ou dans l’esprit de Lochlan qui semble découvrir progressivement des réalités ignorées concernant sa femme. Deux parcours qui mettront les nerfs du couple (et des lecteurs par la même occasion) à rude épreuve.

Ici l’amnésie n’est qu’un symptôme d’un trouble beaucoup plus sévère, mais je ne peux guère m’étendre sur la question au risque d’en dire trop. Disons que certains chapitres nous plongent dans l’enfance difficile (le mot est volontairement faible afin de rester aussi vague que possible) d’Eloïse et nous aident à comprendre certaines vérités (et par la même occasion, certaines ficelles du roman).

Les personnages sont eux aussi abordés avec beaucoup de soin et d’attention. C.J. Cooke ne se contente pas de brosser un portrait détaillé d’Eloïse et Lochlan, elle accorde le même traitement aux personnages secondaires (le quatuor d’écrivains, Gerda et Magnus, ses grands-parents, et même les enfants Max et Cressida, tous bénéficient d’une personnalité affirmée et raccord avec l’image que l’on se fait d’eux).

L’intrigue se dévoile progressivement, on en devine (plus par présomption que certitude) certains aspects, mais elle nous réserve bien des surprises et des montées d’adrénaline. Une fois que vous aurez mordu à l’appât, vous aurez bien du mal à lâcher ce bouquin…

Un bouquin qui aborde des thèmes graves et amène le lecteur à se poser des questions, voire à remettre en question certaines idées reçues. Addictif et intelligemment construit, pour un premier essai on peut dire qu’il est brillamment transformé.

Non seulement Milady fait dans le thriller, mais en plus ils font dans la qualité… désormais je serai plus vigilant quant à leurs sorties.

MON VERDICT

 
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Publié par le 11 juillet 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] John Connolly – Prière D’Achever

J. Connolly - Prière D'AcheverA croire que je vais finir par prendre goût au format court… En l’occurrence c’est pour moi une bonne occasion de découvrir un écrivain sur lequel je lorgnais depuis déjà quelques temps : John Connolly. Une brève mise en bouche avec sa nouvelle Prière D’Achever.
La vie de M. Berger bascule lorsqu’il voit une jeune femme se jeter sous un train, mais quand la police débarque elle ne trouve rien permettant de confirmer les faits avancés par M. Berger. Plus tard il réalise que la scène dont il a été le témoin semble tout droit sortie du roman Anna Karenine. Quelques temps plus tard la même scène se reproduit, mais cette fois M. Berger intervient aéfin d’interrompre le « suicide ». Dès lors il va chercher à trouver les clés de ce mystère…
Je connais John Connolly de nom pour sa série de polars Charlie Parker, je me suis souvent dit qu’il faudrait que je m’y intéresse de plus près à l’occasion. A l’occasion… Sauf que mon Stock à Lire Numérique a une tendance exponentielle à la croissance.Du coup je repousse et je finis par oublier (j’ai aussi la série Jack Reacher de Lee Child dans la même situation).
Avec cette nouvelle l’auteur s’écarte de son genre de prédilection pour nous offrir un conte fort sympathique qui rend un bel hommage aux livres et à leurs personnages qui nous ont tant fait rêver. A noter que ce titre s’est vu couronné cette année du Edgar Allan Poe Award (Edgar pour les intimes) de la meilleure nouvelle. Ne serait-ce que pour l’inventivité dont l’auteur fait preuve, la récompense est largement méritée.
Le texte est court mais remarquablement bien écrit et plein de trouvailles, j’ai pris un réel plaisir à parcourir avec M. Berger les couloirs de cette bibliothèque hors du commun. Impossible pour le lecteur passionné de ne pas laisser son imagination divaguer sur les possibilités offertes par un tel établissement.
Cerise sur le gâteau, après la nouvelle nous avons le droit à un entretien avec John Connolly, l’auteur apporte quelques éclairages personnels sur son récit.
Pour en finir avec cette courte chronique je dirai simplement que le choix du titre en VF est particulièrement pourri, au mieux ça ne veut rien dire, au pire ça risque d’induire le futur lecteur en erreur…

 
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Publié par le 1 décembre 2014 dans Bouquins

 

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