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Archives de Tag: Littérature générale

[BOUQUINS] Pierre Lemaitre – Trois Jours Et Une Vie

P. Lemaitre - Trois jours et une vieAprès le magistral (et fort justement goncourisé) Au Revoir Là-Haut, les lecteurs attendaient de pieds fermes Pierre Lemaitre. D’autant qu’avec ce roman l’auteur a prouvé qu’il pouvait faire autre chose que du thriller pur et dur, et le faire foutrement bien qui plus est. C’est donc confiant que j’ai ouvert Trois Jours Et Une Vie, son dernier opus.
Décembre 1999. La commune de Beauval est en émoi suite à la disparition de Rémi Desmedt, un petit garçon de six ans. Pour Antoine, douze ans, ce drame prend une tournure bien plus personnelle, il est en effet le seul à savoir que Rémi n’a pas seulement disparu, et pour cause…
Visuellement déjà le bouquin en jette, la couv’ est superbe avec son paysage forestier. Passons maintenant à la prise en main (façon de parler, ayant lu le bouquin en numérique), c’est léger, trés léger. A peine 240 pages ! Dites Monsieur Lemaitre, nous faire attendre 3 ans pour ça, c’est limite, non ?
Permettez-moi de répondre à la place de l’auteur. Que nenni les amis ! C’est léger mais ça envoie du lourd ! Ces 240 pages sont d’une rare intensité. Bien qu’écrit à la troisième personne, l’auteur nous fait vivre les événements via le personnage d’Antoine. Un adolescent effacé qui, dans un moment d’égarement, va commettre l’irréparable. Un drame qui ne cessera jamais de le hanter, un peur qui ne le quittera jamais. Une fois de plus le formidable talent de conteur de Pierre Lemaitre déploie toute son efficacité, on vit le récit en totale immersion. Les tripes vrillées et les nerfs en pelote… comme Antoine.
L’essentiel de l’intrigue se déroule en 1999, l’occasion pour l’auteur de mettre en avant des personnages d’adolescents, un groupes d’amis plus ou moins proches, tous concernés par la disparition de Rémi. Les adultes, bien que présents et jouant un rôle important, sont comme relégués en arrière plan. Pour que la sauce prenne il fallait donner une véritable profondeur à ces ados, Pierre Lemaitre le fait avec brio.
La seconde partie du récit nous expédie en 2011. On y retrouve nos adolescents devenus adultes, chacun ayant suivi sa propre voie. Des retrouvailles au cours d’une soirée, un écart de conduite lourd de conséquences. Décidément le sort s’acharne sur Antoine (qui ne se pose jamais en victime soit dit en passant).
La troisième et dernière partie, un unique chapitre, nous conduit en 2015. Une conclusion qui vous réserve une ultime surprise de taille.
Alors trop court ce roman ? Force est de constater que non. Tout a été dit et bien dit. Chapeau bas Monsieur Lemaitre, une fois de plus vous réussissez à nous surprendre, une fois de plus nous avons été sous le charme de votre plume.
Les maniaques du classement se demandent peut être à quel genre rattacher ce roman. Je vous souhaite bien du courage ! On est dans la littérature générale avec quelques touches bien noires et l’ensemble se lit comme un thriller.

MON VERDICT
jd4Coup de poing

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Publié par le 17 mars 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Marc Levy – L’Horizon A L’Envers

M. Levy - L'horizon à l'enversFidèle (totalement assumé) de la première heure, il m’était impossible de ne pas me ruer sur le dernier Marc Levy, L’Horizon A L’Envers.
Hope, étudiante en neuroscience rencontre Josh et Luke, deux étudiants dans la même matière, sur le campus. Le courant passe tout de suite entre les trois jeunes gens. Tant et si bien que Josh et Luke finissent par avouer à leur nouvelle amie qu’ils travaillent, en contrepartie du financement de leur études, pour une grosse structure de recherche scientifique privée. D’abord réticente Hope se laisse convaincre de les rejoindre sur un projet particulièrement ambitieux…
A la fermeture de ce bouquin un seul mot m’est venu à la bouche : Enfin ! Pas dans le sens enfin c’est fini, ce fut un calvaire à lire. Mon enfin m’est venu pour deux raisons. D’abord dans le sens enfin Marc Levy nous revient avec un très grand cru (ces derniers titres étaient agréables mais pas transcendants), digne de figurer dans son top 5. Ensuite parce qu’enfin j’ai eu mon premier vrai coup de coeur de l’année 2016.
J’ai pourtant eu un instant de flottement. Totalement emballé par la première partie, j’ai senti que le soufflé menaçait de s’effondrer avec la seconde partie, mais rapidement l’auteur relance sa mécanique implacable et le coup de coeur revient au galop. Rien de vraiment imprévisible dans le dénouement mais c’est bien amené, du coup ça passe comme une lettre à la poste.
L’intrigue s’articule autour de thèmes chers à l’auteur, l’amitié, l’amour, les relations familiales mais elle aborde aussi des sujets plus « sérieux », voire philosophique, du genre jusqu’où peut on aller au nom du progrès scientifique ? Quelles sont les limites morales et / ou humaines à poser au progrès ?
Des thèmes portés et/ou remis en question par le personnage de Hope. C’est en effet la seule qui porte tous les thèmes sur ses épaules, d’abord via son amitié avec Luke puis et Josh, puis son histoire d’amour, passionnée et fusionnelle, avec ce dernier. Ensuite par la relation, toute aussi fusionnelle, mais dans le respect de leur indépendance réciproque, qu’elle entretient avec son père. Enfin elle est celle qui, tour à tour, tempère les ardeurs scientifiques du trio, ou s’engage à fond avec ses complices..
Durant tout le roman j’ai trouvé le personnage de Luke quelque peu ambigü, un ressenti que ne fait que confirmer et renforcer la seconde partie du roman.
Ces deux dernières années le duel littéraire opposant Marc Levy à Guillaume Musso voyait ce dernier remporter la manche haut la main ; qu’en sera-t-il en 2016 ? Réponse fin mars avec La Fille De Brooklyn, le prochain Musso. Un pitch prometteur, un bon accueil critique de ses pairs… Un duel au sommet en prévision! Et ce n’est pas nous, lecteurs, qui nous en plaindrons…

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

 
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Publié par le 20 février 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Henri Loevenbruck – Nous Rêvions Juste De Liberté

H. Loevenbruck - Nous rêvions juste de libertéA force de lire ou entendre des critiques toutes plus enthousiastes les unes que les autres sur ce bouquin j’ai donc décidé de changer mon programme de lectures pour le propulser en pole position de mon Stock à Lire Numérique. A mon tour de vous livrer mes impressions sur le roman Nous Rêvions Juste De Liberté, dernier titre en date de Henri Loevenbruck.
Quand Hugo, un adolescent difficile, se retrouve scolarisé au collége privé catholique de Providence il ose à peine imaginer le calvaire que ça va être pour lui de se retrouver au milieu de ces gosses de riches pourris gâtés. Et pourtant c’est là qu’il va croiser les chemins de Freddy, Oscar et Alex, des ado comme lui, des mauvais garçons déracinés, commencera alors une longue et indéfectible amitié…
Henri Loevenbruck fait partie de ses auteurs qui forcent l’admiration, le gars parvient à donner corps et vie à ses récits, quel que soit le genre abordé (fantasy, thriller, roman historique…). Je n’ai aucune hésitation à affirmer que ce mec à une plume en or. Et ce n’est pas ce roman qui me fera mentir, au contraire il ne fait que renforcer mon admiration pour ce formidable talent de conteur.
Cette fois l’auteur se met dans la peau de Hugo pour nous conter son parcours, avec ses mots à lui ; rassurez-vous même si c’est plus parlé que littéraire ce n’est pas non plus du charabia à la sauce djeun’s qui veut se la jouer racaille. On a vraiment l’impression d’être en face du narrateur, de l’écouter sans oser l’interrompre. Bravo et merci Monsieur Loevenbruck !
Merci pour ce road trip exceptionnel en compagnie de Hugo et ses potes. Un long périple à moto à travers les USA, avec des rencontres (bonnes et mauvaises) et des choix (bons et mauvais) mais surtout riche en émotions en tout genre.
Merci pour cette ode à l’amitié et à la liberté. Merci aussi pour cette belle réflexion sur la Liberté ; qu’est-ce être libre ? Faire tout et n’importe quoi au mépris de tout et de tous ? Pour moi on est davantage dans le registre de l’anarchie là, le concept est sympa aussi mais il a ses limites. Croquer la vie à pleines dents en essayant de faire le moins de tort possible aux autres ? Ca me semble pas mal comme définition, on a jamais dit que c’était facile d’être libre…
Il est temps pour moi de répondre à la question que tout le monde (personne serait sans doute plus réaliste) se pose : est-ce que j’ai versé une larmiche en lisant ce bouquin ? J’aurai pu répondre non car j’ai tenu bon mais l’épilogue m’a achevé !
Les motos et les bikers te laissent de marbre ? Tu kiffes pas les bandes de jeunes ? Moi non plus, mais ça ne m’a nullement empêché d’adorer ce bouquin. Si je n’avais pas déjà publié mon Top 10 il y a fort parier qu’il en aurait fait partie.
Pour la petite histoire ces fameux 1% existent bel et bien et désignent en effet ces gangs de motards considérés comme des organisations criminelles ; les plus célèbres représentants sont les éternels rivaux Hells Angels et Bandidos. Pas vraiment des enfants de choeur !
Le hasard a voulu que je prévoyais de lire Le Syndrome Copernic du même auteur dans le cadre d’un book club, c’est partie remise ; ce ne sera pas ma prochaine lecture mais la suivante.

Morceaux choisis… Et c’est pas évident de choisir tant il y a de belles réflexions dans ce roman.

Plus le temps passe, plus j’ai l’impression de voir nos libertés s’abîmer, comme un buisson auquel on fait rien que de couper les branches, « pour son bien ». J’ai le sentiment que, chaque jour, une nouvelle loi sort du chapeau d’un magicien drôlement sadique pour réglementer encore un peu plus nos toutes petites vies et mettre des sens interdits partout sur nos chemins.

On peut être libres à plusieurs, j’ai dit. Moi, j’ai connu des solitudes qui ressemblaient vachement à des prisons.

(…) je pensais que la vie serait plus jamais la même, que je laisserais plus jamais passer une seule minute sans déguster la liberté, que plus jamais je laisserais rien ni personne m’emmerder, que plus jamais je ferais partie des 99 % de moutons.

La liberté, il y en a partout. Il faut juste avoir le courage de la prendre.

Dans la vie, je crois qu’il vaut mieux montrer ses vrais défauts que ses fausses qualités. Vaut mieux surprendre que décevoir.

Un jour, comme ça, pour me moquer un peu, j’ai dit à la Fouine qu’il avait quand même vachement changé d’avis sur la cocaïne et tous ses beaux discours, avec le temps, et alors il m’a répondu que c’était drôlement plus intelligent d’en vendre que d’en prendre, ce qui n’était pas loin d’être vrai.

Merci aussi à ces anciens « amis » devenus de bons gros patrons bien tristes, qui m’ont appris la saveur amère de la désillusion et de la trahison.

MON VERDICT
jd5Coup double

 
23 Commentaires

Publié par le 6 août 2015 dans Bouquins

 

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