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Archives de Tag: Littérature française

[BOUQUINS] Olivier Norek – Surface

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O. Norek - Surface
Titre : Surface
Auteur : Olivier Norek
Éditeur : Michel Lafon
Parution : 2019
Origine : France
424 pages

De quoi ça cause ?

Noémie Chastain est chef de groupe à la brigade des Stups du Bastion. Au cours d’une opération, elle essuie un coup de feu qui lui emporte la moitié du visage. Elle survivra, mais les blessures physiques ne seront peut-être pas les plus difficiles à soigner, les dégâts psychiques sont énormes.

Au terme de sa convalescence, sa hiérarchie décide de la « mettre au vert » en l’envoyant dans un commissariat de campagne paumé au fin fond de l’Aveyron…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Olivier Norek, une raison qui se suffit à elle-même…

Ma Chronique

Olivier Norek a conquis ses lecteurs avec son groupe Costes, trois excellents romans mettant en scène un groupe de flics de SDPJ 9-3 (service dans lequel l’auteur a lui-même officié) et que, et je ne pense pas être le seul dans ce cas, je ne désespère pas de croiser à nouveau. Puis il a surpris tout le monde avec le magistral Entre Deux Mondes, roman social et sociétal d’une noirceur insondable, mais brillant aussi d’une profonde humanité. Avec Surface il change de nouveau son fusil d’épaule tout en restant fidèle au polar.

Surface c’est avant tout l’histoire de Noémie Chastain, ou plus exactement de No comme elle se surnomme depuis la fusillade, histoire de bien souligner qu’une grande partie de son ancien moi a aussi été balayée par ce tir.

L’histoire d’une femme qui doit apprendre à vivre avec ces blessures au corps et à l’âme, à accepter le regard des autres, mais aussi et surtout à s’accepter elle-même. Et il faut bien avouer que Olivier Norek ne va pas lui simplifier la tâche. Dévisagée par le tir, plaquée par son mec, placardiser par sa hiérarchie… la totale !

Un parcours difficile décrit avec beaucoup de justesse par l’auteur. Une fois de plus il donne à son récit une dimension profondément humaine qui va droit au cœur. On a envie de voir Noémie se redresser, tel un phénix renaissant de ses cendres.

Un vibrant (et brillant) hommage à ces hommes et femmes de l’ombre qui réparent les gueules cassées et les âmes brisées de nos soldats et de nos flics blessés en opération. Un hommage bienvenu dans une période où la tendance (nauséabonde) du moment serait plus de cracher à la gueule des flics.

On retrouve cette même humanité bienveillante (mais sans une once de niaiserie) dans la relation que Noémie essaye de mettre en place avec sa nouvelle équipe. Pas évident quand on sait que son but, inavoué, est de faire fermer ce commissariat avant de rentrer à Paris et retrouver son groupe.

Une humanité que l’on retrouve aussi dans le contexte rural du récit, tous les habitants du village se connaissent, les relations avec la police ne sont pas aussi impersonnelles qu’elles peuvent l’être dans une grande ville.

Mais Surface c’est aussi un roman policier. N’allez surtout pas imaginer que Olivier Norek néglige cet aspect de son récit ; il nous propose une intrigue soignée, maîtrisée de bout en bout et riche en surprises jusqu’à une ultime révélation totalement inattendue.

Une intrigue surgie d’un passé que beaucoup auraient préféré laisser dormir dans les profondeurs de l’oubli. Où les secrets du passé auront des répercussions dans le présent.

Une intrigue qui permet à l’auteur de mettre en avant une unité méconnue de la police, la brigade fluviale, basée à Paris, mais ayant une compétence nationale. Brigade d’élite qui a pourtant été pointée du doigt l’an dernier suite au décès d’une de ses plongeuses, Amandine Giraud, au cours d’un entrainement.

Dans le roman c’est surtout l’occasion pour l’auteur de nous offrir une séance de plongée d’une incroyable intensité.

Une fois de plus Olivier Norek signe un polar qui fera date et qui ne ressemble à nul autre. Un polar avec une héroïne hors du commun que l’on a envie de retrouver dans d’autres aventures.

MON VERDICT
Coup double

 
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Publié par le 7 mai 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Xavier Massé – L’Inconnue De L’Equation

AU MENU DU JOUR

X. Massé - l'inconnue de l'équation

Titre : L’Inconnue De L’Équation
Auteur : Xavier Massé
Éditeur : Taurnada
Parution : 2019
Origine : France
260 pages

De quoi ça cause ?

Une dispute familiale qui tourne mal, des tirs sont échangés, la maison est incendiée, le couple est mort, leur fils est en soins intensifs, entre la vie et la mort.

Deux témoins des faits, Mireille, la grand-mère de l’enfant (la mère du mari) et l’inspecteur Binger, une enquêtrice présente sur place, blessée lors de la fusillade.

Les inspecteurs Migue et Dida vont interroger les témoins pour tenter de faire la lumière sur ce drame.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que Joël des éditions Taurnada m’a proposé de découvrir ce titre en avant-première (parution le 16 mai).

Ma Chronique

Je remercie Joël et les éditions Taurnada pour leur confiance renouvelée et l’envoi de ce roman en SP..

Comme souvent chez Taurnada je trouve la couverture particulièrement soignée, même si, je dois bien avouer que je ne vois pas trop son rapport avec l’intrigue du roman. Il n’est en effet à aucun moment question de suicide dans ce bouquin.

La quasi-totalité de l’intrigue s’articule autour de l’interrogatoire des deux témoins des faits, chacun ignorant l’existence de l’autre. Interrogatoire qui va nous plonger dans une suite de flashbacks permettant de découvrir la vie de la famille Conut (les victimes) et l’enchaînement des faits ayant mené à cette issue tragique.

À ce niveau l’on notera que les enquêteurs n’auront que des témoignages indirects, essentiellement fondés sur les propos du père (c’est lui qui fera le récit des faits à sa mère puis à l’inspecteur Binger), pour se faire une idée de ce qu’était la vie de la famille Conut.

Xavier Massé concentre son récit sur les témoignages et les faits, les personnages étant simplement acteurs de son intrigue. L’absence de réelle personnalité des intervenants aurait pu être une faiblesse, mais elle n’empêche en rien l’instauration d’une réelle tension psychologique.

Comme les inspecteurs Migue et Dida, vous n’avez pas fini de vous poser des questions, voire même de vous triturer les méninges, à essayer de comprendre comment les Conut en sont arrivés là. Et bien malin celui ou celle qui découvrira le fin mot de l’histoire avant qu’il ne vous soit révélé.

L’intrigue est parfaitement maîtrisée, on se fait littéralement balader par les témoignages. Comme les enquêteurs, on sent bien qu’il y a une couille dans le manou mais à aucun moment on ne parvient à la pointer du doigt avec certitude.

Qui ment ? Pourquoi ? Qui manipule qui ? L’auteur répondra à toutes vos questions en temps et en heure, et je suis convaincu que vous serez bluffé par le machiavélisme de son scénario. En tout cas moi je l’ai été, et pas qu’un peu !

L’Inconnue De L’Équation est le second roman de Xavier Massé, cette lecture (dévorée d’une traite) m’a donné envie de découvrir son aîné, Répercussions ; ça tombe bien puisqu’il est justement dans mon Stock à Lire Numérique.

Dans ses remerciements Xavier Massé cite Lau Lo, une blogueuse pour qui j’ai beaucoup d’estime même si je ne suis pas toujours d’accord avec elle (heureusement, la vie serait triste à mourir si la blogosphère était une plateforme à pensée unique). Cette chronique, publiée avant la parution du roman, est un exemple de ces divergences de vues.

MON VERDICT
Coup de poing

 
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Publié par le 3 mai 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jean-Christophe Grangé – La Dernière Chasse

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J.C. Grangé - La Dernière Chasse
Titre : La Dernière Chasse
Auteur : Jean-Christophe Grangé
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2019
Origine : France
416 pages

De quoi ça cause ?

Quand Jürgen von Geyersberg, héritier d’un empire industriel allemand, est retrouvé mort dans une forêt alsacienne, le commissaire Pierre Niemans et le lieutenant Ivana Bodnanovic sont envoyés en renfort auprès des enquêteurs allemands.

Rapidement les enquêteurs découvrent que la mise à mort de Jürgen est la copie conforme d’une méthode très prisée par les chasseurs. La famille Geyersberg est justement réputée pour ses chasses, Niemans et Bodnanovic vont enquêter au cœur de l’empire Geyersberg, n’en déplaise à leurs homologues allemands…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Jean-Christophe Grangé (JCG pour les habitués), un des rares auteurs reconnus (14 romans parus depuis 1994) dont je peux affirmer, non sans une certaine fierté, avoir lu tous les bouquins. Il y a du bon (du très bon même parfois) et du moins bon, mais jamais de réelle déception.

Son roman Les Rivières Pourpres (1998) a pour moi une saveur particulière, c’est en effet avec ce titre que j’ai découvert l’auteur (j’ai lu sur la lancée son premier roman, Le Vol Des Cigognes). Retrouver, contre toute attente, le personnage de Pierre Niemans est une agréable surprise.

Ma Chronique

Le roman Les Rivières Pourpres a été adapté au cinéma par Mathieu Kassovitz en 2000, avec Jean Reno dans le rôle de Niemans. En 2018, Pierre Niemans revient à l’écran sous les traits d’Olivier Marchal dans une série TV de 8 épisodes ; La Dernière Chasse est la version romancée des deux premiers épisodes de ladite série.

Pierre Niemans est le flic tourmenté par excellence, un enquêteur aussi efficace qu’incontrôlable, il traque impitoyablement les criminels les plus abjects, quitte à faire abstraction des procédures et règlements. Sa douloureuse expérience dans les Alpes (cf Les Rivières Pourpres) ne l’a pas assagi, loin s’en faut. Mais incontestablement cette enquête l’a marqué, physiquement et psychologiquement, de façon indélébile.

Pour contrebalancer un tel tempérament, l’auteur aurait pu lui adjoindre un flic droit dans ses bottes, respectueux des procédures et tutti quanti. Eh bin non ! Si Ivana Bogdanovic est plus modérée dans ses réactions, elle doit aussi composer avec ses propres démons et un passé houleux.

Un duo qui fonctionne parfaitement, chacun respectant et complétant l’autre ; ce qui n’empêchera pas, parfois, leur relation de faire quelques étincelles, voire de devenir franchement explosive.

Une fine équipe qui n’en finira pas de donner des cheveux blancs à Kleinert, le responsable de l’enquête du côté allemand. Un flic rigoureux et procédurier chargé de superviser et chapeauter ces deux électrons libres français.

Les enquêteurs vont devoir fouiller dans les secrets de la dynastie Geyersberg, des aristocrates qui règnent sans partage sur cette région de la Forêt-Noire depuis la nuit des temps. Conscients de leur poids économique pour la région, voire le pays, ils ne semblent craindre rien ni personne ; surtout pas la justice des roturiers.

Au fil de leur enquête, les trois flics vont devoir se transformer en chasseurs s’ils ne veulent pas devenir des proies. D’autant que face à eux, d’autres chasseurs, sombres réminiscences de l’Allemagne nazie, ne connaissent aucune limite.

Une intrigue rondement menée mais sans grande surprise au final (ce qui n’empêche pas quelques revirements inattendus). Sans doute pas le meilleur de JCG mais ça reste un bon cru. Et surtout un Grangé moyen reste un très bon thriller.

MON VERDICT

 
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Publié par le 28 avril 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jacques Expert – Le Jour De Ma Mort

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J. Expert - Le Jour De Ma Mort
Titre : Le Jour De Ma Mort
Auteur : Jacques Expert
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : France
320 pages

De quoi ça cause ?

En ce 28 octobre, Charlotte est convaincue qu’elle va mourir aujourd’hui même, de mort violente qui plus est. C’est en tout cas ce que lui a prédit un voyant lors d’un séjour au Maroc, trois ans plus tôt.

Quand elle apprend qu’un tueur en série s’attaque à des femmes blondes ayant entre 25 et 30 ans et possédant un chat, elle réalise qu’elle correspond exactement au profil des victimes. Charlotte est bien décidée à tout mettre en oeuvre pour déjouer cette funeste prédiction…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine ET parce que c’est Jacques Expert ; un duo gagnant qui ne m’a jamais déçu.

Parce que l’éditeur et Net Galley ont accepté de donner une suite favorable à ma demande.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Déjà visuellement la couv’ m’a tapé dans l’œil, je la trouve à la fois sobre (une éphéméride à la date du 28 octobre) et intrigante (les tâches sur l’éphéméride). Tout à fait le genre de couv’ qui m’aurait poussé à m’intéresser de près à ce bouquin si je ne connaissais pas l’auteur.

J’ai eu plus d’une fois l’occasion de constater que Jacques Expert avait un incroyable talent quand il s’agissait de nous plonger dans la psyché de ses personnages ; avec ce nouveau roman, non seulement il confirme sa maîtrise en la matière, mais il pousse même l’analyse psychologique jusqu’à son paroxysme.

La quatrième de couverture parle du nouveau piège de Jacques Expert ; le mot est parfaitement adapté à la situation, du moins en ce qui concerne Charlotte. On découvre une jeune femme apparemment bien dans sa peau et dans sa tête (un peu nunuche peut-être) qui mène une vie pépère sans histoire avec son nouveau mec et son chat. Un cauchemar la tire de son sommeil, puis lui revient en mémoire la prédiction du voyant marocain ; à partir de là elle va se retrouver piégée par ses propres doutes et questionnements. Inquiétude, angoisse, paranoïa, jusqu’aux portes du délire de persécution (tout le monde devient suspect à ses yeux, elle se retrouve seule contre tous) ; elle s’enfonce crescendo dans un enfer qu’elle construit de toutes pièces, occultant ainsi toute possibilité de raisonnement rationnel.

L’auteur nous livre une intrigue à deux voix, puisqu’il est question d’un tueur en série autant le laisser s’exprimer. On découvre un homme froid, implacable, calculateur, mais aussi, il faut bien l’avouer, un tantinet imbu de lui-même. Notre tueur en goguette a décidé que le moment était venu d’éliminer sa quatrième victime (Charlotte ?), mais il devra composer avec de nombreux imprévus (un comble pour quelqu’un qui aime que tout soit réglé comme du papier à musique).

La plupart du temps les personnages sont seuls, confrontés à leurs seules pensées, et c’est bien là que l’on se rend compte que l’auteur sublime son don à décortiquer les méandres de l’esprit humain. Il nous livre un espèce de huis clos psychologique, piégeant son personnage face à lui même, face à ses questions, ses doutes et ses peurs.

Jacques Expert ne fait rien pour vous rendre ses personnages sympathiques, Charlotte aura même parfois le don de vous taper sur les nerfs tellement son comportement apparaît irrationnel et irraisonné. Quant au tueur, il fait simplement ce pour quoi il est fait, donc normal de n’éprouver aucune empathie pour lui…

Au fil des chapitres de nombreuses questions viendront vous tourmenter les neurones, des soupçons aussi… puis des doutes. 320 pages qui vous mettront les nerfs en pelote, le temps d’une journée où rien ne va se passer comme prévu.

J’ai lu ce roman d’une traite, impossible de le lâcher une fois que l’on a mis le doigt dans l’implacable mécanique imaginée par Jacques Expert. Bluffé et piégé j’ai été !

PS : j’ai plus flippé pour Grishka, le chat, que pour Charlotte ; c’est grave docteur ?

MON VERDICT

 
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Publié par le 25 avril 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] David Coulon – Trouble Passager

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Titre : Trouble Passager
Auteur : David Coulon
Éditeur : French Pulp
Parution : 2019
Origine : France
288 pages

De quoi ça cause ?

Il y a cinq ans, Mélissa, la fille de Remi et Lucie Hutchinson disparaissait. L’enquête n’a jamais permis de retrouver la petite fille ; depuis le couple se délite lentement mais sûrement.

Une rencontre fortuite au cours d’une soirée. Un échange littéraire dans un monde virtuel. Un rendez-vous qu’il n’aurait jamais dû accepter… Remi Hutchinson va se retrouver pris au piège d’une mécanique aussi implacable qu’infernale…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’est la critique enthousiaste d’Aude qui m’a donné envie de découvrir ce roman.

Je connais l’auteur de nom, mais n’ai jamais rien lu de lui… c’est un peu mon rendez-vous en terre inconnue.

Ma Chronique

Tout le monde est innocent.
Crois-moi.
Tout le monde.
Pas de coupables.
Pas de gentils et de méchants.
Seulement des victimes et des bourreaux.
Des victimes et des bourreaux. Seulement cela.
Souviens-toi de n’importe quel moment de ta vie. Un moment gai. Un moment triste. Une situation de travail. Une rencontre amoureuse.
Tu as toujours été victime. Ou bourreau.
Rien d’autre. Tu as souffert, ou fait souffrir.
L’un ou l’autre.
Réfléchis bien.
Toi, être humain. Moi, être humain. Nous ne savons rien faire d’autre.
Les actes désintéressés ? Laisse-moi rire. Les chanteurs qui beuglent au profit de telle ou telle association caritative ne le font que parce qu’il y a des victimes. Grâce aux victimes. Tu veux qu’on s’occupe de toi ? Sois une victime. Tu veux obtenir quelque chose de quelqu’un ? Sois son bourreau.

Ainsi commence Trouble Passager, le ton est donné d’entrée de jeu sans que l’on sache vraiment de quoi il retourne. Dans la mesure du possible j’espère vous donner envie de découvrir ce roman tout en maintenant un relatif flou artistique autour de son intrigue.

Troublant le bouquin l’est par son style, à l’image de son ouverture. Des phrases courtes, faut aller à l’essentiel et faut que ça claque comme un coup de fouet. Beaucoup de répétitions, comme pour ancrer les idées au plus profond de l’esprit du lecteur.

Troublant par les thèmes abordés aussi. Il est en effet beaucoup question de pédophilie. Un thème difficile et glauque à souhait, traité ici sans fausse pudeur, mais sans voyeurisme non plus. Il sera aussi question de vengeance, dans sa forme la plus brute, façon Loi du Talion. Victimes qui deviennent bourreaux, bourreaux qui deviennent victimes…

Ami lecteur, amie lectrice, si d’aventure tu plonges en ces pages attends-toi à te faire malmener par un auteur d’une redoutable perversité. Au fil des pages, tu n’as pas fini de te poser des questions ; coupable ou innocent ? Victime ou bourreaux ? Les deux ? Quand tu penseras avoir la réponse, un nouvel élément fera vaciller tes certitudes… retour à la case départ.

Pervers, mais aussi redoutablement efficace. David Coulon saura vous prendre rapidement aux tripes et ne vous lâchera qu’après les avoir vrillées dans tous les sens, encore et encore. Angoissant, oppressant, mais aussi terriblement addictif. Une fois pris par la mécanique mise en place par l’auteur vous ne pourrez plus lâcher le bouquin. Pour finalement refermer ce roman KO debout, désorienté. Troublé… mais heureusement ce n’est que passager (à en croire le titre).

C’est volontairement que je n’aborde pas la question des acteurs de cette intrigue. À vous de les découvrir, de découvrir leur rôle et leur degré d’implication. À vous de vous triturer les neurones pour démêler la toile que tisse David Coulon.

Il m’a fallu un petit temps d’adaptation pour me faire au style de l’auteur, ensuite j’ai eu l’impression d’être enfermé dans le tambour d’une machine à laver, essorage à plein régime. Une lecture qui remue, au propre comme au figuré. Il me manque un petit je ne sais quoi pour le coup de cœur, mais incontestablement un coup de poing. Un putain d’uppercut qui fait mouche !

Une chronique volontairement courte, non qu’il n’y ait rien à dire (au contraire !), c’est une intrigue tellement intense qu’elle mérite d’être découverte l’esprit vierge de toute information parasite.

Pour un premier rendez-vous avec David Coulon, le moins que l’on puisse dire c’est que la rencontre fut aussi éprouvante que jouissive ; des comme ça j’en redemande !

MON VERDICT
Coup de poing

 
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Publié par le 23 avril 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Joël Macron – Killarney 1976

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J. Macron - Killarney 1976
Titre : Killarney 1976
Auteur : Joël Macron
Éditeur : Éditions Nouvelle Bibliothèque
Parution : 2018
Origine : France
226 pages

De quoi ça cause ?

Alors qu’il fait du tri dans ses affaires, Joël, le narrateur, replonge dans ses souvenirs. Notamment son séjour en Irlande, en 1976, et sa rencontre avec Mano, un scientifique iranien qui deviendra son ami et lui fera de troublantes confidences.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’est une succession de hasards qui m’a emmené à solliciter ce roman auprès de Net Galley, et un soupçon de curiosité vis-à-vis du catalogue de l’éditeur.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Nouvelle Bibliothèque et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Pour être tout à fait honnête, ma relation avec ce roman est partie sur de mauvaises bases. Quelle déception de découvrir que l’éditeur ne le propose qu’au format PDF. Aujourd’hui, proposer à des lecteurs numériques un fichier PDF c’est comme proposer à un amateur de champagne un mousseux éventé ; ça frôle l’insulte ! II faut vivre avec son temps messieurs les éditeurs, le PDF c’était avant

Le bouquin étant relativement court j’ai pris sur moi. Non pas en acceptant de le lire au format PDF (j’suis pas encore maso), mais en lui offrant une conversion maison au format epub. Ça demande un peu de travail, mais le gain en confort de lecture mérite bien de tremper les mains dans le cambouis.

Afin de finaliser la conversion, ajustement de la mise en page, corrections diverses et variées, j’ai survolé le roman et j’avoue avoir été pris d’un doute ; cette première approche ne m’a pas franchement donné envie d’aller plus avant dans la découverte. Pas question de me laisser rebuter par un a priori négatif, si je veux chroniquer ne mon âme et conscience ce bouquin, je dois le lire.

Ah que voilà un bouquin qu’il est difficile de classer dans une case plutôt qu’une autre. Net Galley le répertorie en science-fiction, c’est à la fois un peu ça et bien plus que ça. Difficile de faire la part des choses entre le récit autobiographique (l’auteur se prénomme lui aussi Joël) et les éléments de pure fiction ; le mieux étant encore de se laisser porter par le récit.

De par les origines iraniennes de Mano, il est beaucoup question de la situation en Iran dans le roman. Le régime du Shah est sur le déclin, le peuple manifeste de plus en plus vivement son ras-le-bol des fastes (et des frasques) du pouvoir alors qu’il crève la dalle… et pendant ce temps-là, les islamistes se frottent les mains et avancent leurs pions sur l’échiquier politique.

Comme l’auteur le fait dire à Mano, l’avenir du pays ne se profile pas sous les meilleurs auspices :

Je pense que le Shah se retrouvera bientôt isolé. Mais ce qui suivra m’effraie encore plus. Et les vrais malheurs de mon pays sont devant nous.

Mais avant tout ce bouquin est l’histoire d’une amitié presque fusionnelle entre Joël et Mano. Au fil des chapitres on partage les souvenirs du narrateur et de ce petit groupe d’amis qui croquent la vie à pleines dents.

C’est aussi une ode à l’Irlande (ses paysages et ses traditions) et aux Irlandais, un pays que je ne connais pas, mais qui a toujours suscité un certain intérêt auprès de moi (tout comme l’Écosse, deux terres de rugby… et de whisky). Je me serai volontiers invité à leur table chez Paddy, siroter avec eux quelques Guinness en profitant de la chaleur d’un feu de tourbe et en se laissant bercer par la musique traditionnelle.

J’abordais cette lecture à reculons, mais finalement j’ai rapidement été sous le charme, le bouquin est court et de fait se lit quasiment d’une traite.

Cette lecture m’aura permis de finaliser mon fichier epub mais aussi de corriger diverses coquilles qui ne sont pas le fait de la conversion (fautes d’orthographes et de typographie, mise en page parfois incertaine) ; pour être tout à fait franc ça m’aurait foutu les boules d’acheter un livre papier et de constater qu’il comportait encore autant d’erreurs. Force est de dénoncer de sérieuses lacunes au niveau de la relecture et des corrections. Un tel manque de finition va forcément impacter (en mal) mon verdict final.

MON VERDICT

 
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Publié par le 20 avril 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Roy Braverman – Crow

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R. Braverman - Crow
Titre : Crow
Auteur : Roy Braverman
Éditeur : Hugo
Parution : 2019
Origine : France
364 pages

De quoi ça cause ?

Étant bien incapable de proposer l’esquisse d’un pitch, je vais me contenter de faire un copier-coller de la quatrième de couverture :

Des déserts arides du Mojave jusqu’aux Brooks Mountains dans le nord de l’Alaska, du pays des crotales au territoire des ours et des loups, une chasse à l’homme haletante et sans pitié. Traqueur ou traqué, homme ou femme, prédateur ou victime, peu importe : le système ne pardonne jamais. Surtout pas aux innocents !

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est la suite de Hunter, j’avais adoré l’ambiance générale du roman (très noire, un peu barrée, mais totalement assumée) et les personnages.

Ma Chronique

C’est avec grand plaisir que je me replonge dans les profondeurs sauvages de l’Alaska afin de retrouver Hunter et Crow… et quelques autres personnages déjà croisés dans le précédent opus.

Avant d’entrer dans le vif du sujet je répondrai à la question que les lecteurs potentiels peuvent se poser en découvrant ce titre : faut-il avoir lu Hunter avant de lire Crow ? Sans hésitation ma réponse est OUI, cet opus étant quasiment la suite directe du précédent. Qui plus est Hunter vous garanti un grand moment de lecture si vous aimez les histoires qui dépotent et envoient du lourd.

Roy Braverman (aka Ian Manook, ou encore Patrick Manoukian pour l’état civil) nous plonge d’entrée de jeu au cœur de son intrigue et au cœur de l’action. Au fil des chapitres on fait connaissance avec de nouveaux personnages, notamment ceux qui gravitent autour de la ville de Fairbanks (dont la sherif Sarah Malkovich et la ranger Sally Longhorn) et on retrouve certains personnages déjà croisés dans Hunter (dont Delesteros et Collins, virés du FBI après le fiasco de Pilgrim’s Rest). J’avoue avoir eu un faible pour le personnage de Mardiros, un chasseur de prime collecteur de dettes arménien qui ne manque ni de ressources, ni d’obstination.

Les chapitres défilent ainsi sans que l’on croise Hunter ou Crow, le premier se manifeste de façon certaine à la fin du chapitre 17 et le second au cours du chapitre 26 (sur un total de 60 chapitres). Rassurez-vous, leur absence n’empêche nullement l’intrigue de se mettre en place et de se développer.

Je ne m’attarderai pas davantage sur les personnages, il faut juste savoir que Fairbanks est un véritable nid à rednecks, de bons vieux péquenots de base amoureux de leurs flingues plus que de leur femme. Roy Braverman force volontairement le trait pour pointer du doigt cette Amérique profonde qui a fait de Donald Trump son président…

Ceux qui ont aimé Hunter retrouveront avec plaisir les mêmes ingrédients, un max d’action, une galerie de personnages qui vaut vraiment le détour, beaucoup de second degré et les inévitables touches d’humour noir. N’allez surtout pas croire que ce second opus n’est pas qu’une resucée du précédent, ça défouraille toujours autant, mais le récit s’articule autour d’axes radicalement différents, donnant par la même plus d’importance et plus de profondeur aux personnages.

Dans ce roman la nature est partie prenante à part entière, que ce soit par les décors, une beauté qui peut cacher bien des pièges mortels, les aléas climatiques (et plus si affinités) ou par sa faune omniprésente.

Un pur moment de divertissement servi par une écriture toujours aussi visuelle, au fil de la lecture on a le sentiment de visualiser le déroulé des événements ; et une fois de plus on en prend plein les mirettes… et on redemande ! Avec Crow, l’auteur confirme son formidable talent de conteur.

Roy Braverman nous avait promis une trilogie, l’ultime opus étant annoncé pour 2020, je suis franchement curieux (et tout aussi impatient) de découvrir quelles surprises il nous réserve…

MON VERDICT
Coup double

Morceaux choisis :

Extraits du chapitre 10

Malkovich prend son téléphone et appelle le légiste.
— Moore ? Malkovich ! Des résultats pour l’autopsie ?
— Vous ne passez pas me voir ?
— Attention Moore, cette insistance pourrait passer pour du harcèlement. Tu as l’intention de me harceler, Moore ?
— Non, non, bien sûr que non, shérif…
— Dommage pour toi, Moore, tu ne sais pas ce que tu perds.
— Shérif, je voulais juste vous montrer mon…
— Ton quoi, Moore ? Tu voulais me montrer ton quoi ? Attention à ce que tu vas dire, mon garçon.
— Mon rapport, bredouille le jeune légiste, juste un rapport !
— Un rapport, Moore, tu me proposes un rapport, maintenant ? Décidément !
— …
— Moore ?

 

— Ce pauvre gamin a peur de se faire bouffer par une cougar, c’est sûr, même si officiellement l’espèce vient d’être déclarée éteinte.
— Tu plaisantes !
— Le mercredi 23 novembre 2016, par un communiqué de l’US Fish and Wildlife Service. Aucune apparition depuis 1930. Out, le cougar !
— Mais comment va-t-on appeler les femmes comme moi alors ? plaisante Malkovich.
— Des vieilles ? propose Amber.

 
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Publié par le 18 avril 2019 dans Bouquins

 

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