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Archives de Tag: Littérature française

[BOUQUINS] Antoine Renand – L’Empathie

AU MENU DU JOUR

A. Renand - L'Empathie
Titre : L’Empathie
Auteur : Antoine Renand
Éditeur : Robert Laffont
Parution : France
Origine : 2019
464 pages

De quoi ça cause ?

Anthony et Marion sont enquêteurs au sein du 2ème district de la police judiciaire de Paris, plus communément appelé « Brigade du viol », en charge des affaires de crimes sexuels et viols en série.

Et justement un violeur en série sévit actuellement dans les rues de Paris. Le lézard, comme l’ont surnommé les policiers, pénètre la nuit chez ses victimes avant de les agresser. Des agressions d’une extrême violence que rien ni personne ne semble pouvoir arrêter…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est la Bête Noire et que je n’ai jamais été déçu par les titres de cette collection proposée par Robert Laffont. Même si je reconnais volontiers avoir accumulé beaucoup de retard dans l’exploration de leur catalogue.

Ma Chronique

Un titre sollicité depuis le 11 janvier auprès de l’éditeur via Net Galley ; faute de retour de leur part, j’ai décidé de prendre les devants et de me lancer dans la lecture de ce roman qui me faisait vraiment envie.

Une fois n’est pas coutume, commençons par parler de statistiques (déformation professionnelle ?), avec des chiffres qui font froid dans le dos :

(…) en France, 75 000 viols avaient lieu chaque année, soit 206 par jour ; 1 femme sur 6 serait victime d’un viol au cours de sa vie, ou d’une tentative de viol ; 80 % des victimes étaient bien entendu des femmes.
La moitié de ces victimes l’était de façon répétée avec, dans 8 cas sur 10, un agresseur qu’elles connaissaient bien : un ami, ami de la famille, membre de la famille… Et tous les milieux étaient touchés, prolos comme bourgeois, anonymes comme grands de ce monde….
Enfin et surtout, 90 % des femmes violées ne portaient pas plainte.

Et un constat tout aussi glaçant :

Si tous les agressés ne deviennent pas agresseurs, il est extrêmement rare qu’un tueur ou un violeur en série n’ait pas été lui-même victime de sévices pendant son enfance. Le Mal se copie, se reproduit.

Sans avoir la prétention d’être représentatif de quoi que ce soit, j’avoue avoir lu relativement peu de thrillers ayant pour thème le viol. C’est peut être uniquement dû à un manque d’opportunités (je n’en ai croisé que quelques-uns qui m’aient donné envie de les lire) ou alors parce que je considère le violeur comme un être profondément abject ne méritant ni respect ni clémence. Non que j’éprouve une quelconque empathie pour les assassins, disons que ce que je ressens à l’encontre des violeurs est plus viscéral.

L’accroche en couverture promet qu’après avoir lu le bouquin nous ne dormirons plus jamais la fenêtre ouverte… OK, mais quand ton appart n’est pas climatisé et qu’il fait plus de 30° la nuit, tu fais comment pour éviter de mariner dans ta sueur toute la nuit ? J’ai bien l’intention de continuer à dormir la fenêtre ouverte et à poil qui plus est (voilà vous savez tout sur mes habitudes nocturnes).

Au fil des chapitres vous ne croiserez pas un violeur, mais deux ; et tous les deux ont un sinistre palmarès de plusieurs victimes. Le premier est rapidement arrêté, une ordure de moins en circulation, mais à côté du second, le fameux lézard (ou plutôt alpha comme il se surnomme lui-même), il ferait presque office de petit joueur. Alpha ne s’exprime que dans la violence et l’humiliation, chaque scène de crime repoussant toujours plus loin les limites de l’horreur.

Vous l’aurez compris ce roman nous réserve quelques scènes avec une forte dose de violence et de perversité, mais l’auteur ne donne pas pour autant dans la surenchère gratuite ; cette violence qui se déchaîne est mise au service de l’intrigue.

Une intrigue qui pourrait passer pour relativement classique avec une enquête de police qui piétine et un criminel qui se joue aussi bien de ses victimes que des policiers qui le traquent. Mais ce côté classique de l’intrigue n’est qu’un trompe-l’œil ; c’est quand le voile des apparences se dissipe que le roman exprime pleinement sa force et son originalité.

Une force qui repose pour beaucoup sur ses personnages et leurs secrets, des secrets qui nous seront révélés au compte-goutte via quelques flashbacks. Un roman presque intégralement porté par le personnage d’Anthony Rauch, un flic efficace, mais plutôt discret qui cache bien des secrets. Un personnage atypique pour lequel vous ne pourrez que ressentir une sincère empathie.

Mais l’auteur ne néglige pas pour autant ses autres personnages, tous bénéficient d’une attention particulière et sont traités avec beaucoup de soin. Certains vous apparaîtront sympathiques (je pense notamment à Marion, la collègue d’Anthony), d’autres plus mitigés (le personnage le plus complexe étant sans nul doute Louisa, la mère d’Anthony) et enfin il y aura ceux que vous ne pourrez que détester (à ce titre alpha occupe sans partage la plus haute marche du podium).

Pour un premier roman, Antoine Renand réussit un véritable coup de maître avec un thriller qui n’hésite pas à bousculer les règles du genre et qui, tout en assumant un côté résolument noir, brille l’humanité qui s’en dégage. Un thriller psychologique qui flirte avec l’excellence.

La Bête Noire ouvre le bal de l’année 2019 avec un titre parfaitement maîtrisé qui n’a pas à rougir face aux ténors du genre.

MON VERDICT
Coup de poing

– Edit du 12 février 2019 –

Merci aux éditions Robert Laffont et à la plate-forme Net Galley qui viennent de répondre favorablement à ma demande.

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Publié par le 6 février 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jonathan Theroude – Terminus

AU MENU DU JOUR

J. Theroude - Terminus
Titre : Terminus
Auteur : Jonathan Theroude
Éditeur : Éditions Nouvelle Bibliothèque
Parution : 2018
Origine : France
221 pages

De quoi ça cause ?

Vincent Kaplan avait tout pour être heureux… puis il a tout foutu en l’air, bêtement.

Une erreur et ses conséquences qu’il a voulu noyer dans l’alcool, encore et encore… Mais aujourd’hui, après quinze années d’errance, il est déterminé à se reprendre en main…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Au risque de vous paraître bizarre, je dirai que je n’en sais rien… J’ai choisi ce bouquin à l’instinct, sans vraiment savoir de quoi il parlait.

La couv’ m’a tapé dans l’œil (aïe, ça fait mal) avec son gars qui pénètre dans un tunnel dont on ne voit pas l’issue. Faut il y voir une métaphore avec la mort et sa fameuse lumière blanche si l’on en croit les témoignages post EMI (Expériences de Mort Imminente) ?

Ma Chronique

Je remercie les éditions Nouvelle Bibliothèque et Net Galley qui ont donné une suite favorable à ma demande.

Le bouquin reçu étant au format PDF j’ai d’abord été tenté de ne pas le lire. Finalement j’ai remonté mes manches, pris mon courage à deux mains et… créé une version epub maison. Du coup plus rien ne s’opposait à ce que je lise ce bouquin sollicité sur un coup de tête.

Un bouquin classé dans la catégorie thriller, mais je serai plutôt tenté de dire que c’est un roman noir qui décrit le parcours tristement ordinaire d’un homme tout aussi ordinaire. Un gars qui avait tout pour être heureux (vu de l’extérieur en tout cas), qui fout tout en l’air sur une connerie (une erreur certes banale, mais ça n’en reste pas moins une grosse connerie) et pense trouver refuge dans l’alcool ; la spirale infernale de l’alcoolisme fera le reste (sur ce point il n’a pas encore complètement touché le fond, il a encore un job et un appart).

Sans forcément éprouver une quelconque empathie pour le personnage de Vincent Kaplan (qui reste un concentré d’égocentrisme pendant la quasi-totalité du roman), je n’ai pas pour autant eu envie de le clouer au pilori. Comme dirait l’autre (le punaisé sur sa croix) : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ! ».

Les chapitres alternent entre le présent (Vincent Kaplan trouve une planche de salut au sein d’une cellule des Alcooliques Anonymes) et les flashbacks qui nous font revivre son ascension et sa dégringolade. Il est alors facile de se dire « bien fait pour sa gueule » (nul besoin de sortir de Normale Sup’ pour deviner la nature de son erreur), pour ma part j’ai préféré m’attacher à ses efforts pour s’en sortir.

Mon terme « parcours ordinaire » ne s’adresse heureusement pas à tout le monde, je cible plutôt ceux et celles (mesdames vous n’êtes pas à l’abri d’une connerie) qui ratent le coche à un instant T et espèrent que l’alcool leur fera oublier leur erreur et ses conséquences. Il n’en reste pas moins que les derniers chapitres vont brutalement extraire Vincent Kaplan de cette « normalité ». Je ne saurai dire exactement pourquoi et comment, mais j’ai senti venir ce choc final (sans doute au nom de la fameuse Loi de l’Emmerdement Maximum qui affirme que tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera mal).

Soit dit en passant j’ai trouvé le personnage de Marie, la fille de Vincent, pas forcément très bien lotie dans son traitement. La nana est tout de même un tantinet parano au niveau de sa relation à autrui, et pas franchement futée (quelle idée de s’endormir lors d’un trajet si tu ne descends pas au terminus). J’dis ça, j’dis rien…

Un coup de tête qui se solde par une agréable surprise, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce bouquin ; la preuve, je l’ai dévoré quasiment d’une traite.

MON VERDICT

 
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Publié par le 25 janvier 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Pascale et Gilles Legardinier – Comme Une Ombre

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P. & G. Legardinier - Comme Une Ombre (2018)
Titre : Comme Une Ombre
Auteurs : Pascale & Gilles Legardinier
Éditeur : J’Ai Lu
Parution : Réédition 2018 / Première édition 2001
Origine : France
285 pages

De quoi ça cause ?

Alexandra Dickinson est la fille d’un riche homme d’affaires. Elle aime parcourir le monde en toute liberté tout en cherchant sa voie. Par prudence son père lui impose la présence d’un garde du corps, une protection qui insupporte la jeune femme tant et si bien qu’elle s’échine à les pousser à bout, l’un après l’autre…

Tom Drake, un soldat d’élite prometteur, mais impulsif, est le nouveau garde du corps affecté à la protection d’Alexandra. Il est bien décidé à accomplir son devoir envers et contre tout, et surtout déterminé à ne pas s’en laisser conter par sa cliente qu’il considère une gamine pourrie gâtée…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Par pure curiosité… rien à ajouter pour ma défense.

Ma chronique

À la base le bouquin est né d’un pari un peu fou de Gilles Legardinier à son éditeur : l’auteur s’est en effet engagé à écrire une romance à la sauce Barbara Cartland ; un défi pas aussi simple qu’il n’y paraît. Heureusement, Gilles pourra compter sur l’aide de sa femme qui apportera la touche féminine nécessaire à la réussite d’une telle entreprise.

Initialement paru en 2001 chez J’Ai Lu, dans la collection Amour et Destin, avec une couverture dégoulinante de mièvrerie (la preuve en image ci-dessous). Gilles et Pascale ont décidé de lui offrir une seconde jeunesse en l’actualisant pour l’occasion.

Comme Une Ombre (2001)

Bref, Gilles vous expliquera (bien mieux que moi) toute la genèse de ce bouquin dans son introduction. Le fait est que je suis clairement hors de ma zone de confort avec ce genre de bouquin ; pire même, c’est un genre que j’exècre au plus haut point.

Rien à redire le défi a été remporté haut la main. On retrouve tous les ingrédients qui font mouiller les midinettes adeptes de romance sauce guimauve ; les héros sont des archétypes du genre, bourrés de clichés faciles, l’intrigue est d’une platitude absolue et manque totalement de crédibilité, les dialogues sonnent faux. Encéphalogramme plat, bref, c’est creux et vide, deux qualités qui font le succès des collections Harlequin et consorts…

Il faut quasiment attendre la moitié du bouquin pour que la véritable intrigue démarre enfin, et encore, même dans le feu de l’action la sauce ne prend pas, on voit venir de loin les quelques revirements de situation censés surprendre la greluche en mal de sensations fortes.

Le roman n’est pas bien long, mais je dois avouer que j’ai eu du mal à le terminer, seule la qualité de l’écriture m’a permis d’aller jusqu’au bout du supplice (bon OK le mot est peut-être une peu fort), entre ronchonnements et soupirs de désespoir.

Pari gagné pour Pascale et Gilles Legardinier, quant à moi il est évident que je reste totalement hermétique au genre. J’aurai largement préféré que les auteurs forcent le trait et jouent la carte de la parodie, mais tel n’était pas l’enjeu de leur défi. Dommage…

J’aurai peut-être pu me montrer plus indulgent dans ma chronique si je n’avais pas lu Le Premier Miracle de Gilles Legardinier ; sachant ce qu’il est capable de produire en matière de récit d’aventures, je ne peux que trouver le présent bouquin bien fade en comparaison.

Mon verdict final prendra en compte le pari initial de l’auteur, Gilles et son épouse ne sont pas à blâmer, ils ont fait exactement ce qu’ils s’étaient engagés à faire…

MON VERDICT

 
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Publié par le 15 janvier 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Estelle Tharreau – Mon Ombre Assassine

AU MENU DU JOUR

E. Tharreau - Mon ombre assassine
Titre : Mon Ombre Assassine
Auteur : Estelle Tharreau
Éditeur : Taurnada
Parution : 2019
Origine : France
260 pages

De quoi ça cause ?

Nadège Solignac, une jeune institutrice, a-t-elle tué Fabien Bianchi en état de légitime défense comme elle l’affirme, ou s’agit-il d’un crime mûrement réfléchi et préparé ? C’est la question à laquelle la justice doit répondre.

En attendant son jugement, Nadège nous livre sa vérité, sa confession…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

J’avais repéré ce titre dans le catalogue des éditions Taurnada. L’éditeur, par le biais de Joël, m’ayant proposé de le découvrir en avant-première (parution le 17 janvier), j’ai sauté sur l’occasion.

Ma chronique

Je remercie les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée.

Estelle Tharreau nous place dans la peau d’un serial killer au féminin, pour le lecteur la question de la culpabilité de Nadège Solignac ne se pose pas, en effet la narratrice annonce la couleur dès les premières lignes de son récit.

Dans ce genre de récit, pour que la sauce prenne il faut que la narration soit parfaitement maîtrisée ; l’auteure réussit un véritable coup de maître en la matière. Le récit de Nadège est glaçant de réalisme, la jeune femme est hermétique à toute forme d’empathie, son analyse des événements est d’une incroyable froideur, presque déshumanisée.

La grande force du personnage de Nadège Solignac (et donc du roman) réside dans le contraste entre l’image qu’elle renvoie (une jeune femme appréciée de tous et toujours disposée à rendre service aux autres) et sa véritable nature (non seulement une tueuse en série, mais aussi une redoutable manipulatrice).

Le récit de Nadège est entrecoupé d’extraits de journaux et procès-verbaux d’audition. Si Nadège attend avec un certain détachement le verdict, son avocate va tout mettre en branle pour la faire innocenter alors que l’officier en charge de l’enquête est de plus en plus convaincue qu’elle est coupable.

Difficile d’éprouver la moindre sympathie pour le personnage de Nadège, ni même de lui trouver des excuses ; et pourtant on a du mal à lâcher le bouquin (pour ma part je l’ai quasiment lu d’une traite), on en arriverait même presque à espérer qu’elle passe à travers les mailles du filet. Alors verdict ? Ne comptez pas sur moi pour vous révéler la fin du roman !

Pour moi ce roman est une totale réussite, une lecture captivante, mais aussi un tantinet flippante.

Morceau choisi : comment Nadège voit un chat ?

Un chat. Oui, un simple chat ! J’entends d’ici vos rires et imagine aisément votre déception. Mais vous n’êtes pas comme moi. Vous ne voyez que le petit animal de compagnie docile qui ronronne devant son bol de croquettes. Mais ne vous méprenez pas sur cette bête que vous pourriez tuer de vos propres mains.
Il n’a aucunement besoin de vous pour vivre. Contrairement à vous, il ne craint pas la solitude. Il est mille fois plus rusé que vous. Vous ne l’entendez pas s’approcher de vous. Il peut vous entailler la chair et vous crever les yeux avant que vous n’ayez compris ses intentions. Il peut vous échapper avant que vous n’ayez esquissé le moindre mouvement. Il peut vous faire beaucoup de mal avant de rendre les armes. Une inoffensive petite boule de poils dont vous ne saurez jamais avec certitude ce qui se cache derrière ses yeux étranges.

J’en arriverai presque à flipper en regardant mon chat…

MON VERDICT
Coup de poing

 
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Publié par le 29 décembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Sébastien Lepetit – Il Y Aura Du Sang Sur La Neige

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S. Lepetit - Il y aura du sang sur la neige
Titre : Il Y Aura Du Sang Sur La Neige
Auteur : Sébastien Lepetit
Éditeur : Flamant Noir
Parution : 2018
Origine : France
280 pages

De quoi ça cause ?

Michel Pupillin, l’organisateur de la Transjurassienne, fait appel au commissaire Morteau suite à des menaces reçues qui promettent « du sang sur la neige« .

Quand un premier compétiteur, parmi les favoris de la course, est assassiné, Morteau et son adjoint, le lieutenant Monceau, vont enquêter dans un milieu où l’entente est loin d’être cordiale entre les sportifs…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Flamant Noir, une maison d’édition chère à mon cœur.

Parce que Sébastien Lepetit est l’un des rares auteurs de l’éditeur que je n’aie pas encore eu l’occasion de lire.

Bien qu’on me l’ait offert, je l’ai tout de même récupéré via Net Galley.

Ma chronique

Je remercie chaleureusement Flamant Noir (et tout particulièrement Nathalie) et Net Galley qui me donnent l’occasion de découvrir un auteur que je ne connaissais pas encore.

Après Cross l’éditeur reste dans le polar sportif, mais exit les baskets, cette fois c’est sur des skis que ça se passe ; quelques jours avant que ne soit donné le départ de la Transjurassienne, une course de fond particulièrement éprouvante.

C’est le troisième roman mettant en scène le commissaire Morteau, même si, comme je l’ai indiqué plus haut, c’est pour moi une découverte.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Morteau, sous ses airs de flic bourru se cache un être profondément humain qui aime profiter de la bonne chère (et il faut dire qu’il a un sacré coup de fourchette) et de la dive bouteille (là encore il ne manque pas de répondant).

Face à la force tranquille du vieux flic, on trouve l’impétuosité de son jeune lieutenant qui voudrait toujours que les choses avancent plus vite. Mais à force de foncer tête baissée, on peut rater quelques détails importants.

Si l’auteur mise beaucoup sur ses personnages, il ne néglige pas pour autant l’enquête de police ; mais il est vrai que le commissaire Morteau pourrait avoir pour devise « qui veut aller loin ménage sa monture« . Il enquête à son rythme, entre deux repas pantagruéliques, et prend son temps avant de tirer ses conclusions. Faut pas être pressé, mais la méthode a fait ses preuves…

Même si on est plus proche du rythme de Maigret que de celui d’un Jack Bauer (24 Heures), on ne s’ennuie pas une minute en suivant l’ami Morteau ; bien au contraire, ses digressions font partie intégrante du charme inné de ce bouquin. Il n’en reste pas moins que l’on se prend au jeu, à l’instar de Morteau et Monceau, on alterne entre les suspects au gré des indices et soupçons…

À la lecture du roman, on sent que Sébastien, tout comme son flegmatique commissaire, est un amoureux de sa région. Il en parle si bien que nous ne pouvons que nous aussi être sous le charme de la beauté de ses paysages et de la richesse de sa gastronomie (sans mentir, j’en ai parfois eu l’eau à la bouche).

Ce roman fut une belle découverte, non seulement il m’a donné envie d’aller plus avant en compagnie du commissaire Morteau, mais il s’inscrit parfaitement dans le label qualité cher au Flamant Noir.

MON VERDICT

 
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Publié par le 27 décembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Sébastien Raizer – 3 Minutes, 7 Secondes

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S. Raizer - 3 minutes, 7 secondes
Titre : 3 Minutes, 7 Secondes
Auteur : Sébastien Raizer
Éditeur : La Manufacture De Livre
Parution : 2018
Origine : France
107 pages

De quoi ça cause ?

Le vol MU729 décolle de Shanghai à destination d’Osaka. Un vol de routine jusqu’à ce que le commandant de bord apprenne que son appareil a été pris pour cible par un missile balistique nord-coréen.

L’impact est inévitable. Il reste à l’équipage et aux passagers un peu plus de 3 minutes à vivre…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Un titre qui doit beaucoup au hasard. Jamais entendu parler de ce titre jusqu’à ce que lise un avis de Lau Lo qui a attisé ma curiosité.

Ma chronique

L’idée de départ était plutôt prometteuse, restait à savoir comment Sébastien Raizer allait l’exploiter. La solution de « facilité » eut été de tout miser sur le scénario catastrophe, l’auteur a opté pour une approche plus humaine et plus intimiste (voire introspectif).

C’est d’abord le commandant de bord, Nomura, qui apprendra la terrible nouvelle. Suivront son second, Sagawa, et le personnel naviguant (deux stewards et deux hôtesses).

Un passager, Glenn Wang, concepteur de jeux vidéo, apprendra à son tour la nouvelle un peu par hasard. Quant à Yan Van Welde, photographe professionnel, il ne saura jamais si la menace était bien réelle ou s’il s’agissait d’une mauvaise blague.

C’est autour de ces quelques personnages que Sébastien Raizer va construire son récit (difficile de parler d’intrigue dans le cas présent) en nous plongeant dans leurs pensées et leurs réflexions alors qu’ils vivent leurs derniers instants. Malheureusement j’ai trouvé que l’ensemble de ces introspections sonnaient trop artificiels.

Une approche osée que l’auteur maîtrise parfaitement. Par contre cette approche se fait au détriment du rythme, l’écriture est belle, mais l’encéphalogramme reste désespérément plat de la première à la dernière page.

Un bel exercice de style, mais j’aurai aimé un récit plus vivant.

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Publié par le 22 décembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Laurent Loison – Chimères

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L. Loison - Chimères
Titre : Chimères
Auteur : Laurent Loison
Éditeur : Auto-édition
Parution : 2018
Origine : France
426 pages

De quoi ça cause ?

Les forêts d’Île-de-France, seraient-elles devenues le terrain de chasse privilégié d’un ou plusieurs violeurs en série ? La liste des victimes s’allonge, si le mode opératoire reste globalement le même, les viols sont de plus en plus brutaux…

Justine Lasserre est la nouvelle recrue du quotidien Les Nouvelles, assistée de Jérémy Louvier, un collaborateur du journal, elle va enquêter sur cette sordide affaire…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Ça faisait quelque temps que j’avais envie de découvrir l’univers littéraire de Laurent Loison.

Cette exclusivité numérique était l’occasion rêvée, d’autant que 14 blogueuses y ont apporté leur grain de sel ; dont certaines que je « connais » via Facebbok ou la blogosphère.

Ma chronique

Commençons par les choses qui fâchent, en l’occurrence LA chose. Depuis que je lis en numérique j’ai croisé des bouquins plus ou moins aboutis (techniquement parlant) mais force est de constater qu’au fil du temps la qualité de l’offre numérique tend à s’améliorer. Chimères de Laurent Loison est malheureusement l’exception qui vient confirmer la règle ; sans mentir, je peux affirmer que c’est le bouquin le moins bien finalisé qu’il m’ait été donné de lire, on frôle le foutage de gueule (cf mon Coup de gueule en fin de chronique).

Grosse déception sur ce point, c’est d’autant plus regrettable que c’est le seul véritable reproche que j’ai à faire à ce bouquin. Impossible toutefois de faire comme s’il n’existait pas, on est carrément dans le vice de construction ; n’ayons pas peur des mots et usons du jargon juridique : « le bien (livre) est impropre à sa destination finale (lecture) ».

Pour son roman Laurent Loison s’est entouré de 14 blogueuses (choisies par tirage au sort parmi un panel de volontaires), si j’ai bien tout compris chacune devait proposer le portrait d’une victime (vous l’aurez compris, il y aura 14 victimes) qu’il livrera ensuite aux griffes de son (ses) violeur(s).

Peut-être vous demandez vous si avec 14 scènes de viols ça ne devient pas un peu redondant au bout d’un moment, eh bien non. L’auteur évite de nous rabâcher 14 fois la même chose, il fait un rapide tour d’horizon des points communs à chaque crime avant de mettre l’accent sur les différences d’une scène à l’autre. Différences qui consistent à aller crescendo dans la violence et l’humiliation… et je confirme, il faut parfois avoir le cœur bien accroché !

Proposer une enquête menée par deux journalistes nous change des flics et autres détectives. Enquête qui consiste essentiellement à croiser les témoignages et en tirer des conclusions de plus en plus glaçantes. À ce titre l’intrigue est rondement menée par l’auteur, en véritable chef d’orchestre il dirige ses personnages et balade (et occasionnellement égare) le lecteur. On se pose les mêmes questions que nos enquêteurs en herbe, on échafaude des théories avec eux et on essaye même de les doubler en découvrant la vérité avant eux. On doute, on émet une hypothèse que l’on remet en question et de nouveau on doute… impossible de ne pas se prendre au jeu.

Les personnages de Justine et Jérémy sont attachants, à la jeune femme sure d’elle et fonceuse (un peu trop parfois) s’oppose un jeune homme tout en réserve. Deux personnages qui vont s’avérer complémentaires. Mais il ne faut jamais se fier aux apparences…

Les autres personnages ne sont pas pour autant laissés pour compte. Qu’il s’agisse de l’équipe des Nouvelles (j’ai adoré le boss grippe-sou comme pas deux) ou des « vrais » enquêteurs qui viendront renforcer l’équipe devant l’ampleur de la tâche.

La construction du bouquin est intéressante. L’essentiel des chapitres se consacre au suivi chronologique de l’intrigue principale, mais d’autres intitulés Dialogue, Interlude ou encore LX viennent s’intercaler dans le déroulé de l’histoire. On comprend clairement le rôle de certains, pour d’autres ça ne saute pas aux yeux de prime abord, mais les choses se mettront en place progressivement et tout finira par s’imbriquer impeccablement. Bien malin quand toutes les pièces du puzzle celui ou celle qui pourra dire en toute honnêteté, j’en étais sûr(e) !

Au cas où certains détails vous auraient échappés lors de cet ultime retournement de situation, l’auteur nous donne quelques explications complémentaires dans son épilogue.

La narration apporte aussi sa touche d’originalité, qui est donc la narratrice ? Et d’ailleurs est-on bien sûr qu’il s’agisse d’une narratrice ? Une narratrice (?) qui n’hésite pas à interpeller directement le lecteur qui, de fait, n’aura de cesse de se demander qui se cache derrière le masque. Laurent Loison sème çà et là quelques indices, avec pour seul résultat de nous faire douter encore davantage ; même quand il vend la mèche (et ça m’étonnerait que ce soit involontaire) on continue de douter… tout simplement parce que ça ne colle pas avec ce que l’on sait (ou à tout le moins avec ce que l’on croit savoir).

Un thriller d’une redoutable efficacité qui a, en plus, le mérite de tirer son épingle du jeu par son originalité. Au risque de me répéter, quel dommage que l’aspect technique bâclé gâche une partie du plaisir.

Coup de gueule : irrespect ou foutage de gueule ?

Sympathique initiative de l’auteur de nous proposer une exclusivité numérique à petit prix (moins de 4 €), mais l’on aurait apprécié encore davantage si le texte avait été relu avant diffusion. Il reste en effet une palanquée de fautes en tout genre (orthographe, conjugaison, ponctuation, typographie…) dont certaines sautent aux yeux… et d’autres piquent franchement les yeux (ex. ils attinrent le bureau au lieu de ils atteignirent le bureau).

C’est d’autant plus dommage qu’un simple passage au correcteur de Word aurait permis de corriger les fautes les plus flagrantes (sérieux, ils attinrent…, c’est juste impossible de faire l’impasse là-dessus). Ça aurait pris dix petites minutes et tout le monde aurait été gagnant (l’auteur ne perdait pas en crédibilité, le lecteur évitait les irritations oculaires).

Le code du fichier aurait lui aussi mérité une revisite (même si je conçois volontiers qu’un auteur puisse ne pas avoir de connaissances en la matière) ; avant d’attaquer le roman, j’ai passé quasiment une journée à nettoyer et homogénéiser le code. La feuille de style initiale faisait plus de 800 lignes, après nettoyage elle en compte moins de 200 ; ça vous donne une idée de nombre de styles inutiles et/ou redondants.

Dans son épilogue, l’auteur nous invite à suivre un lien vers un article fort intéressant, sauf que ledit lien ne fonctionne pas. Heureusement j’ai pu retrouver l’article en question et corriger le problème.

De même, je n’ai pas très bien compris pourquoi le fichier intégrait deux éléments graphiques inutiles (et sans aucun intérêt)… mais à vrai dire je n’en étais plus à ça près !

Je veux bien être tolérant quand il s’agit d’un jeune auteur qui cherche à se faire connaître en autoéditant son premier roman (c’est en forgeant qu’on devient forgeron), mais de la part d’un auteur confirmé la pilule est nettement plus dure à avaler. J’hésite entre un manque total de respect des lecteurs ou un simple foutage de gueule ; qu’on ne vienne pas me parler d’un oubli ou autre excuse à deux balles…

Il m’a donc semblé parfaitement légitime (voire impératif) de sanctionner ces désagréments au moment de noter le bouquin ; c’est pourquoi j’ai retiré un point à mon verdict final (initialement j’envisageais de diviser la note par deux, ce que j’aurai fait sans la moindre hésitation si je n’avais pas été en mesure de retoucher le fichier) et je m’interdis de lui attribuer un top Coup de poing qu’il aurait pourtant mérité.

Ça n’empêchera certainement pas Laurent Loison de dormir sur ses deux oreilles, mais je serais malhonnête si je n’attirais pas l’attention des futurs acheteurs / lecteurs sur ces défauts loin d’être mineurs. J’ose toutefois espérer que ces remarques permettront à l’auteur de rectifier rapidement le tir afin de proposer à ses lecteurs un ebook digne de ce nom…

MON VERDICT

 
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Publié par le 20 décembre 2018 dans Bouquins

 

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