RSS

Archives de Tag: Littérature danoise

[BOUQUINS] Katrine Engberg – L’Enfant Étoile

AU MENU DU JOUR

K. Engberg - L'enfant étoile
Titre : L’Enfant Étoile
Auteur : Katrine Engberg
Éditeur : Fleuve
Parution : 2021
Origine : Danemark (2016)
416 pages

De quoi ça cause ?

Une jeune étudiante est retrouvée morte dans son appartement de Copenhague, le visage mutilé au couteau. Personne n’a vu ou entendu quoi que ce soit d’inhabituel.

Pour l’inspecteur Jeppe Korner et son assistante, Annette Werner, en charge de l’affaire, l’enquête s’annonce complexe et va les amener à déterrer les sombres secrets des uns et des autres…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que je suis un inconditionnel du polar nordique. Comme le bandeau présente Katrine Engberg comme « auteure phénomène » du genre, ça titille forcément ma curiosité.

Ma Chronique

Je remercie Fleuve Éditions et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Avec L’Enfant Étoile Katrine Engberg signe son premier roman, et le premier d’une série réunissant le duo Korner / Werner.

Commençons par les personnages et le duo formé par les enquêteurs Jeppe Korner et Annette Werner. Deux personnalités radicalement différentes dont la collaboration pourrait faire des étincelles mais qui fonctionne plutôt bien… avec quelques prises de bec çà et là.

Jeppe Korner peine à se remettre d’un divorce difficile qui ‘a plongé dans une profonde dépression. Un individu réservé et un tantinet obsessionnel, voire psychorigide. Au fil des chapitres on apprend à la connaître et à l’apprécier, derrière l’image bourrue qu’il renvoie se cache un être profondément sensible et humain.

Annette Werner serait quant à elle plutôt du genre pile électrique qui fonctionne à l’instinct. Épanouie et heureuse dans sa vie de couple. Une personnalité plus limpide que celle de Jeppe qui ne l’empêche pas d’avoir un caractère bien trempé.

Autre personnage clé de l’intrigue, la propriétaire de l’immeuble et voisine de la victime, Esther De Laurenti. Prof de littérature à la retraite, elle s’est mise en tête d’écrire un roman policier dont elle partage l’avancée au sein d’un groupe de lecture. Une femme d’un certain âge qui vit seule avec ses deux carlins. Qui va se retrouver bien malgré elle entraînée dans cette sordide affaire, le tueur ayant copié jusque dans le moindre détail, le crime qu’elle décrit dans son roman.

Et il y a la victime, la jeune Julie Stender. Bien que morte elle va occuper une place essentielle dans le déroulé de l’intrigue. Il faut bien reconnaître que sous ses airs de jeune fille modèle, se cachent de lourds et sombres secrets.

Les autres personnages liés à l’intrigue ne sont pas laissés en plan, l’auteure leur a forgé à chacun une personnalité propre. De fait certains vous apparaîtront plus ou moins appréciables, alors que vous adorerez en détester d’autres.

À la lecture on sent que Katrine Engberg est très attachée à la ville de Copenhague, à tel point que la capitale danoise devient presque un personnage à part entière du roman et non un simple décor.

Bien que de construction relativement classique, l’intrigue fonctionne bien. Les nombreuses fausses pistes qui viendront égarer les enquêteurs (et accessoirement les lecteurs) assurent une lecture captivante de bout en bout. Une intrigue parfois complexe et retorse mais jamais embrouillée.

Pour un premier roman l’auteure tire bien son épingle du jeu sans chercher à révolutionner le genre. Un peu tôt pour parler de nouvelle reine du polar nordique ou d’auteure phénomène, mais c’est plutôt prometteur pour la suite. Personnellement je suis partant pour retrouver Jeppe et Annette pour de nouvelles enquêtes (ça tombe bien, si j’ai bien tout compris trois autres romans sont d’ores et déjà disponibles en VO… yapuka cas attendre leur traduction).

MON VERDICT

 
5 Commentaires

Publié par le 22 janvier 2021 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , ,

[BOUQUINS] Rydahl & Kazinski – La Mort D’Une Sirène

AU MENU DU JOUR

Rydahl & Kazinski - La Mort d'une Sirène
Titre : La Mort D’Une Sirène
Auteur : Thomas Rydahl & A.J. Kazinski
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2020
Origine : Danemark (2019)
560 pages

De quoi ça cause ?

Septembre 1834. Copenhague.

Anna, une jeune prostituée, est retrouvée morte, atrocement mutilée. La sœur de la victime, Molly, accuse Hans Christian Andersen, un jeune auteur et client régulier de Anna. Ni une ni deux, la police arrête ce coupable tout désigné et l’emprisonne dans l’attente de son exécution.

Faisant jouer ses relations Hans Christian Andersen obtient un sursis de trois jours. Trois jours pendant lesquels il sera libre (avec interdiction de quitter la ville). Trois jours pour identifier le(s) vrai(s) coupable(s) et le(s) livrer à la police.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est La Bête Noire et que le pitch avait tout pour titiller ma curiosité. Plutôt audacieux de faire de Hans Christian Andersen, essentiellement connu pour ses contes, le héros d’un thriller historique qui s’annonce glauque à souhait.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Robert Laffont et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Un peu d’Histoire pour commencer. Avant d’écrire des contes pour enfants, H.C. Andersen s’est essayé à la dramaturgie, sans toutefois obtenir la reconnaissance du public et de ses pairs ; au mieux ses pièces étaient descendues en flèche, au pire elles étaient moquées. Ses autres écrits, notamment ses récits de voyage, connaissent un succès relatif. C’est à son retour d’Italie, en 1834, que Andersen va se résoudre (résigner ?) à écrire des contes pour enfants. Contes qui aujourd’hui encore sont racontés aux enfants d’ici et d’ailleurs, tout le monde connaît La Petite Sirène, La Petite Fille Aux Allumettes ou encore Le Vilain Petit Canard (il nous ferait pas une fixette sur tout ce qui est petit le gars ? On ne lui a jamais expliqué que la taille ne compte pas.).

De 1825 à 1875 H.C. Andersen a tenu régulièrement un journal intime, hormis sur une période 18 mois qui démarre à son retour d’Italie. Et c’est précisément parce qu’on ne sait rien de la vie privée d’Andersen au cours de cette période que les auteurs Thomas Rydahl et A.J. Kazinski vont en faire le personnage central de leur roman et l’impliquer dans une affaire glauque à souhait qui démarre par le meurtre sauvage d’une prostituée.

Un roman écrit à quatre mains ? Contrairement aux apparences ce n’est pas le cas, il s’agirait plutôt d’un roman écrit à six mains, A.J. Kazinski étant déjà un nom de plume utilisé par les auteurs Anders R. Klarlund et Jacob Weinreich pour publier leurs romans (un diptyque autour des personnages de Niels Bentzon et Hannah Lund). Pour info, le duo publie aussi sous le nom de plume d’Anna Ekberg.

Bon bin après toutes ces digressions, il serait peut-être temps d’entrer dans le vif du sujet et vous parler de La Mort D’Une Sirène.

Comme le disait fort justement ce brave Willy : « Il y a quelque chose de pourri au Royaume du Danemark » (Hamlet – W. Shakespeare). C’est en tout une triste réalité en 1834, alors que la population doit se battre contre la misère, la faim et la maladie, la noblesse se vautre dans le luxe et multiplie les frasques en tout genre. La colère gronde, mais sous le manteau uniquement, critiquer la famille royale vous mènera tout droit en prison… ou à la mort.

La première chose qui frappe dans ce roman est la qualité des descriptions de la Copenhague du XIXe siècle, c’est vrai pour la ville elle-même mais aussi et surtout pour les conditions de vie. On est en totale immersion dans une ville où règne la crasse et la puanteur, non seulement on visualise parfaitement les scènes décrites mais on a aussi l’impression de les sentir. S’en est saisissant au point d’avoir envie de se laver à chaque fois que l’on referme le bouquin ; il faut dire aussi que les auteurs ne ménagent pas ce brave Andersen, question odeurs ils vont le plonger dans le grand bain !

Vous vous doutez bien que les auteurs n’ont pas transformé le célèbre conteur en un super-enquêteur sans peurs et sans reproches. Le gars serait plutôt du genre à douter de tout (à commencer de lui-même) et un tantinet maladroit (aussi bien en paroles qu’en actions).

Heureusement il pourra compter sur l’aide de Molly, la sœur de la victime, elle aussi prostituée. Du fait du milieu dans lequel elle évolue elle a appris à faire face à toutes les situations (ou presque), c’est pour elle une question de survie.

Les auteurs brossent des portraits réalistes et crédibles de leurs personnages, rien n’est laissé au hasard pour leur donner une réelle personnalité. Et ça fonctionne à la perfection.

L’intrigue est elle aussi totalement maîtrisée, les multiples rebondissements sauront tenir le lecteur en haleine. Rydahl et Kazinski savent incontestablement y faire quand il s’agit de jouer avec les nerfs et l’adrénaline du lecteur. Sa principale force réside toutefois dans son originalité et sa crédibilité.

Les auteurs vont même jusqu’à imaginer que c’est précisément de cet épisode de la vie d’Andersen qu’est né le conte La petite Sirène. Ça peut paraître un peu fou mais si vous le relisez (oubliez la version Disney qui, comme souvent, propose une relecture aseptisée et optimiste du conte original) vous constaterez que finalement ça se tient.

Un roman noir et glauque qui ne dépareille pas dans la collection La Bête Noire, une collection riche en pépites qui n’en finit pas de surprendre (et donc de combler) ses lecteurs.

MON VERDICT
Coup de poing

 
6 Commentaires

Publié par le 18 décembre 2020 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , , , , ,

[BOUQUINS] Jussi Adler-Olsen – Victime 2117

AU MENU DU JOUR

JAO - Victime 2117
Titre : Victime 2117
Série : Département V – Livre 8
Auteur : Jussi Adler-Olsen
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2020
Origine : Danemark (2019)
576 pages

De quoi ça cause ?

Le journal en parle comme de la « victime 2117 » : une réfugiée qui, comme les deux mille cent seize autres qui l’ont précédée cette année, a péri en Méditerranée dans sa tentative désespérée de rejoindre l’Europe.

Mais pour Assad, qui œuvre dans l’ombre du Département V de Copenhague depuis dix ans, cette mort est loin d’être anonyme. Elle le relie à son passé et fait resurgir de douloureux souvenirs.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est la huitième enquête du Département V ; même si j’ai été un peu moins emballé par les deux précédents opus, je reste confiant… et fidèle au poste.

Ma Chronique

Même si les deux derniers tomes de la série Département V m’avaient nettement moins emballé que les précédents, force est de reconnaître que ça reste de très bons thrillers ; pour faire simple on va dire que Jussi Adler-Olsen (JAO) nous avait habitué à mieux et du coup forcément on s’attend au top niveau quand on ouvre un de ses romans.

Avec cette huitième enquête l’auteur redresse le cap tout en optant pour une approche différente de son intrigue. Pas de cold case au menu mais une plongée dans le passé d’Assad ; en effet, pour faire face à une menace actuelle, ce dernier va en effet devoir révéler à ses collègues son parcours qui la mené de l’Irak au Danemark, en passant par la Syrie.

Comme beaucoup de lecteurs j’ai une tendresse particulière pour le personnage d’Assad, sa bonne humeur permanente et ses ratés linguistiques. Un personnage certes attachant mais qui n’en demeure pas moins nimbé d’un certain mystère quant à ses origines et son cursus. JAO lève le voile et répond à toutes questions que l’on pouvait poser. A la fin de ce tome, vous saurez tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Assad.

À personnage peu ordinaire il fallait un parcours peu ordinaire, et c’est exactement ce que JAO nous propose de découvrir ; soyez assuré que la vérité ira même bien au-delà de tout ce que vous aviez pu imaginer ou supposer concernant Assad.

Si Assad est au centre du récit, c’est tout le Département V qui va être mobilisé à l’occasion de la présente intrigue. Carl et Assad vont se lancer dans une course contre la montre (et contre la mort) afin d’empêcher une attaque terroriste d’envergure sur le sol allemand. De leur côté Rose (que l’on retrouve revigorée et pugnace) et Gordon vont être confrontés à un jeune qui leur promet une tuerie de masse dès qu’il aura atteint le score de 2117 sur son jeu vidéo favori.

Cerise sur le gâteau, nous aurons même le droit au grand retour de Marcus Jacobsen, l’ancien chef de la police criminelle de Copenhague. Je n’en dirai pas davantage sur les circonstances de son retour sur le devant de la scène et son rôle dans le déroulé de la présente intrigue.

Pris dans le feu de l’action, Carl n’a pas vraiment le temps de ressasser ses propres questionnements, notamment en ce qui concerne la fusillade qui a coûté la vie à un de ses collègue et ami et condamné Hardy à une vie en fauteuil roulant. Ainsi l’histoire de pistolet à clous est à peine abordée, mais nul doute qu’elle sera appelée, dans un futur proche, à refaire surface.

Si JAO prend le temps de poser le cadre de son intrigue, le rythme va aller crescendo au fur et à mesure que la double échéance fatidique se rapproche. Nul doute que les derniers chapitres mettront vos nerfs et votre palpitant à rude épreuve.

Vous l’aurez compris les questions de la crise migratoire et du terrorisme seront au cœur du présent roman. Mais il sera aussi question de la famille, dans ce qu’elle peut avoir de meilleur à travers le personnage d’Assad, mais aussi dans ce qu’elle peut avoir de pire via le personnage d’Alexander.

En refermant ce roman je suis curieux de découvrir l’après Victime 2117 pour la fine équipe du Département V. En effet, il ne fait aucun doute que cette affaire laissera des traces dans la vie de ceux qui ont été en première ligne. Il faut dire aussi que JAO n’y va pas avec le dos de la cuillère quand il s’agit de malmener ses personnages !

MON VERDICT

 
4 Commentaires

Publié par le 1 septembre 2020 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , ,

[BOUQUINS] Jussi Adler-Olsen – Selfies

J. Adler-Olsen - Selfies« Oh mon Dieu, Oh mon Dieu, je suis en retard ! » pourrais-je sans mentir affirmer en paraphrasant un célèbre lapin blanc (cf Alice Au Pays Des Merveilles), sauf que pour ma part il ne s’agit pas d’un quelconque rendez-vous imaginaire, mais de la lutte inégale qui m’oppose à mon Stock à Lire Numérique. De nombreux auteurs et romans font les frais de ce retard, ce qui explique pourquoi j’ai attendu trois longs mois avant de me lancer dans le septième opus du Département V de Jussi Adler-Olsen, Selfies.
Alors que le Département V est menacé de fermeture pour d’obscures raisons statistiques et budgétaires (raisons que Carl Morck conteste vertement), le comportement de Rose est de plus en plus chaotique et imprévisible. Carl et Assad vont donc devoir enquêter seuls sur un possible lien entre un crime commis douze ans plus tôt et un crime survenu il y a trois semaines et encore en cours d’investigation…
Le tome précédent, Promesse, ne m’avait pas totalement convaincu, j’attendais donc beaucoup de cette septième enquête du Département V. Le résultat fut-il à la hauteur de mes attentes ? La réponse est malheureusement non, sans la moindre hésitation.
Je ne dis pas que le roman est nul, loin s’en faut ; c’est même un bon polar, efficace et parfaitement maîtrisé, mais je ne retrouve pas l’éclat qui faisait des cinq premières enquêtes de véritables coups de coeur.
Il faut bien reconnaître que l’enquête sur laquelle planche le Département V manque cruellement de profondeur par rapport aux précédentes. Sans doute aussi parce que Carl, Assad et Gordon passent beaucoup (trop ?) de temps à enquêter sur le passé de Rose afin de comprendre les raisons de son pétage de plombs.
Ah Rose, cette chère Rose ! On peut dire que plus d’une fois, dans les tomes précédents, j’ai eu envie de lui coller des claques face à ses sautes d’humeur imprévisibles. Il faudra attendre le sixième opus pour avoir un début de réponse permettant d’expliquer le pourquoi du comment de son comportement pour le moins imprévisible, de fait elle était remontée d’un cran dans mon estime. Mais ce n’était que la partie visible de l’iceberg, dans ce tome nous découvrons ce qu’elle a dû subir dans son enfance et sa jeunesse. Et surtout nous plonger au coeur même de l’esprit tourmenté de Rose. Je ne dirai rien de plus mais sachez que j’ai revu mon jugement la concernant, j’en suis même venu à me faire du souci pour elle.
Mais voilà, à force de centrer l’essentiel du roman sur le cas d’un seul personnage les autres en pâtissent forcément un peu (beaucoup ?). A commencer par l’enquête sur l’affaire du pistolet à clous qui est totalement oubliée alors que les choses tendaient à se décanter. J’ai trouvé Carl nettement moins cynique que par le passé, même s’il a encore le don de taper sur les nerfs de sa hiérarchie. Quant à Assad, il a miraculeusement fait des progrès en danois (même si parfois il y a quelques ratés) sans que l’on sache le pourquoi du comment de la chose.
Parallèlement à l’enquête du Département V, une assistante sociale se lance dans une croisade contre les parasites sociaux, déterminée à les éliminer une bonne fois pour toutes. Le lien entre les deux affaires apparaît rapidement aussi visible que le nez au milieu de la figure, mais ça ne suffit pas à donner au roman un second souffle qui lui aurait fait le plus grand bien.
Avant de poursuivre permettez-moi de m’étendre sur cette notion de parasite social. Ne sont pas visés les honnêtes gens qui bénéficient d’aides sociales et se démènent pour essayer d’améliorer leur sort. En l’occurrence il s’agit de nanas superficielles qui usent et abusent des aides sociales pour se pomponner, acheter des fringues et autres conneries du genre… sans faire le moindre effort en vue de réintégrer le système. Dans le cas du présent roman, je dois avouer que plus d’une fois j’ai eu des envies de meurtres concernant les trois greluches visées par Anne-Line Svendsen (l’assistance sociale psychopathe) ; je n’irai pas jusqu’à lui donner raison, mais il s’en faut de peu…
Un septième tome en demi-teinte (comme le précédent) mais cela ne m’empêchera pas d’être fidèle au poste pour les suivants. D’une part parce que ça reste tout de même du polar haut de gamme, et d’autre part parce que l’équipe du Département V fait pleinement partie de ma famille littéraire, du coup je ne compte pas les abandonner avant d’avoir le fin mot de l’histoire.

MON VERDICT

 
13 Commentaires

Publié par le 30 juin 2017 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , , ,

[BOUQUINS] Jussi Adler-Olsen – Promesse

J. Adler-Olsen - PromesseDirection le Danemark pour ma chronique littéraire du jour, un terrain qui ne m’est pas totalement inconnu puisqu’il s’agit de se replonger au coeur du Département V pour leur sixième affaire, baptisée Promesse, avec bien entendu toujours Jussi Adler-Olsen aux commandes.
1997. Une jeune femme est retrouvée morte sur l’île de Bornholm, la police, après enquête, conclut à un accident de la route. Christian Habersaat, le policier municipal qui a découvert le corps, n’y croit pas ; il va se consacrer corps et âme à découvrir la vérité. 2014. Juste avant de se suicider Habersaat prend contact avec le Département V. Carl Morck et son équipe vont reprendre l’affaire à zéro…
C’est bien entendu avec plaisir que j’ai retrouvé Carl, Assad et Rose même si ce nouvel opus ne nous en apprend pas beaucoup plus sur leurs personnalités et leur parcours ; de même nous n’avancerons pas des masses dans l’affaire du pistolet à clous (les habitués comprendront).
Même si l’intrigue est bien menée et nous réserve quelques surprises je la situerai un tantinet en deçà des précédentes. Un indice majeur est livré prématurément, même s’il ne nous permet pas de tout comprendre en un claquement de droit, ça nous gâche un peu les révélations finales.
Même si j’ai commencé par deux bémols n’allez pas croire que je quitte ce roman avec une mauvaise impression. Ca reste un thriller de haut niveau parfaitement maîtrisé, qui plus est la griffe JAO nous garantit une grande fluidité de lecture. C’est juste le rythme qui est un peu plus lent que précédemment (jusqu’aux derniers chapitres le Département V n’est jamais menacé directement au fil de ses investigations).
Cette fois l’auteur confronte le Département V au vaste monde des médecines alternatives et autres disciplines plus ou moins ésotériques… Je n’en dirai pas davantage afin de ne pas risquer de dévoiler des éléments de l’enquête (mais si ceux-ci s’imposent et s’emboîtent assez logiquement et rapidement).
Même si j’ai trouvé cette sixième affaire un peu moins palpitante que les précédentes, je serai au rendez-vous pour le septième opus.

MON VERDICT
jd3d

 
13 Commentaires

Publié par le 24 janvier 2016 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , ,

[BOUQUINS] Jussi Adler-Olsen – L’Effet Papillon

J. Adler-Olsen - L'Effet PapillonLa prochaine étape de mon challenge retrouvailles m’a mené tout droit au Danemark en compagnie de Jussi Adler-Olsen ; l’occasion de retrouver (avec un réel plaisir) toute l’équipe du Département V pour leur cinquième enquête, L’Effet Papillon. Paré au décollage ? Bon bin c’est parti, alors.
Marco, un jeune gitan fuit les membres de son clan bien décidés à le faire taire. Pendant ce temps, au Département V, Carl et son duo de choc enquêtent (disons plutôt que Rose et Assad enquêtenjt pendant que Carl broie du noir), une fois n’est pas coutume, sur une affaire en cours. Jusqu’à ce que Rose ne découvre un avis de recherche qui l’intrigue…
Si je vous ai brièvement parlé de Marco dans ma présentation c’est bien évidemment parce que le fameux avis de recherche trouvé par Rose a un rapport direct avec la fuite du jeune gitan. Vous voulez savoir quel est ce lien ? Lisez ce bouquin alors. Mais avant n’oubliez pas de lire les quatre précédents, ce serait dommage de passer à côté, ils proposent tous des intrigues haut de gamme.
Bon comme j’ai commencé à vous causer de Marco autant continuer avant de revenir vers notre trio d’enquêteurs hors norme. De prime abord (et pour ne faire ni dans le politiquement correct, ni dans la langue de bois) il pourrait passer pour une simple racaille comme il en traîne trop dans nos rues. Mais rapidement on se rend compte qu’il est avant tout victime d’un système dont il aimerait se sortir, exploité par un oncle tyrannique qui mène le clan (et notamment sa meute de petites mains) d’une main de fer. Au fil des pages on s’attache à ce gamin débrouillard et loin d’être con, on suit avec un intérêt croissant son périple (passé et présent).
Quant à Carl Morck on peut aisément comprendre qu’il ne soit pas d’humeur. Son déplacement à Rotterdam, dans le cadre de son enquête personnelle, n’a rien donné. Le chef de la crim’ prend sa retraite et va être remplacé par son second, Lars Bjorn ; second que Carl ne peut pas blairer. Et pour finir Mona vient de le plaquer alors qu’il s’apprêtait à la demander en mariage… Tout va bien dans le meilleur des mondes !
Assad et Rose sont quant à eux égaux à eux mêmes. Le voile de mystère qui entoure Assad ne fait que s’épaissir mais le syrien gagne en efficacité au fil des romans. Reste juste à décrypter ses multiples métaphores et dictons à base de chameaux et de dromadaire… Carl résume parfaitement la situation en une pensée : « Si on rassemblait tous les chameaux et tous les dromadaires qu’Assad avait utilisés pour illustrer son propos depuis qu’il était entré au département V, le Sahara ne suffirait pas à les contenir. »
Rose aussi prend du galon en participant désormais activement aux enquêtes, mais avec la délicatesse d’un éléphant parkinsonien dans un magasin de porcelaine.
Le trio antagoniste fonctionne à merveille pour notre plus grand plaisir. Leurs échanges apportent juste ce qu’il faut d’humour pour détendre l’atmosphère quand l’ambiance se fait trop pesante. L’Effet Papillon reste un thriller, on attend donc une intrigue qui tienne la route au moins aussi bien que les quatre précédentes enquêtes du Département V ; un défi relevé haut la main par un Jussi Adler-Olsen qui ne cesse de nous surprendre et de se renouveler.
Du côté des méchants vous aurez toutes les raisons de haïr Zola, le chef de clan tyrannique mais il n’est qu’un pion qui fait dans son froc dès que le big boss claque des doigts. Ceux à qui profite le crime sont des cols blancs qui usent et abusent de corruption et autres magouilles pour s’en foutre plein les fouilles. L’occasion pour Jussi Adler-Olsen de pointer du doigts les dysfonctionnements de l’administration danoise (de quoi faire de l’ombre aux idées reçues qui affirment que les administrations scandinaves sont des modèles du genre à tout point de vue).
Cinquième opus des Enquêtes du Département V et cinquième coup de coeur. Vivement le prochain, alors !

Il m’est arrivé plus d’une fois, après une soirée bien (trop ?) arrosée de me réveiller avec le bouche pâteuse et une haleine à faire vomir un vautour ; je ne manque pas de métaphores pour signaler la chose mais j’avoue que celle utilisée par Carl m’a bien fait marrer : « Il se réveilla le matin avec l’impression d’avoir un hamster mort-né collé au palais« . Je me la note dans un coin du neurone pour la ressortir à l’occasion.

Pour l’anecdote et en guise de conclusion, Les Enquêtes Du Département V sont adaptées au cinéma depuis 2013, avec Mikkel Norgaard, un jeune réalisateur danois, aux commandes. Les deux premiers romans ont déjà été portés à l’écran, le troisième est en chantier. A ce jour les équipes ont signé pour quatre films (six romans sont parus au Danemark).

Département V

Carl (Nikolaj Lie Kaas) & Assad (Fares Fares)

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

 
17 Commentaires

Publié par le 14 avril 2015 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , , , ,

[BOUQUINS] Mikkel Birkegaard – Dans Le Livre Des Rêves

M. Birkegaard - Dans Le Livre Des RêvesComme annoncé dans un post précédent j’ai changé de registre au niveau de mes lectures, tout en restant fidèle à mon équipe sélectionnée pour le Challenge Coupe du Monde. Un petit détour par le fantastique et le Danemark, voilà qui me semble idéal pour se changer les idées. C’est ainsi que je me suis plongé Dans Le Livre Des Rêves de Mikkel Birkegaard.
Copenhague. 1839. Le jeune Arthur a 10 ans lorsque son père s’absente en pleine nuit pour ne jamais revenir, il sera retrouvé mort noyé quelques jours plus tard. Avant de partir son père lui avait confié un livre. Ce n’est qu’en 1846, à l’âge de 17 ans, que Arthur va s’y intéresser et essayer de remonter la trace de la Bibliothèque, un lieu où seraient conservés tous les livres du monde, même ceux interdits par la censure royale, pour se faire il pourra compter sur l’aide de Mortimer Welles, son généreux et mystérieux bienfaiteur…
Un roman où le livre est au centre de l’intrigue, voilà de quoi mettre en appétit n’importe quel amoureux des livres. Sauf que j’ai abordé ce titre avec un enthousiasme modéré, la curiosité était bel et bien éveillée mais j’ai souvenir d’une impression mitigée sur le précédent roman de l’auteur, La Librairie Des Ombres (un sujet prometteur mettant, une fois encore, le livre en avant mais insuffisamment exploité à mon goût).
Pour commencer je dois avouer que je suis totalement ignorant de l’Histoire du Danemark, je ne saurai donc dire si en 1846 la censure était aussi sévère que décrite dans le roman : un ministère du Livre, une police du livre… franchement ça pue ce genre d’institution. Mais venant d’une monarchie (absolue qui plus est), rien ne m’étonne. D’autant que (Google est mon ami) c’est en 1849 que le Danemark est devenu une monarchie constitutionnelle. Alors il y avait-il vraiment « quelque chose de pourri au royaume du Danemark » (Hamlet – W. Shakespeare) en ces temps lointains ? Si quelqu’un a une réponse je suis preneur (curieux mais pas zélé au point d’éplucher le Net pour trouver une réponse)…
Le récit est écrit à la première personne, c’est Arthur qui nous raconte ses souvenirs. Un peu à la façon du Dr Watson nous narrant les exploits de Sherlock Holmes, si ce n’est qu’ici notre rationaliste praticien (et non détective) est Mortimer Welles. Comme le héros de Sir Arthur Conan Doyle il est anglais, doté d’un sens de l’observation sans faille et d’une logique implacable. Déjà un bon point les personnages sont plutôt bien travaillés et crédibles.
Quid de l’intrigue ? En gros on peut dire que le roman se divise en deux parties, la première, la recherche de la Bibliothèque, est un thriller à énigmes à la façon du Da Vinci Code de Dan Brown, globalement bien ficelée et accrocheuse. La seconde, la découverte de la Bibliothèque et le mystère des disparitions, introduit des éléments fantastiques dans l’intrigue, même certains éléments de l’intrigue sont plus ou moins prévisibles, il n’en demeure pas moins que l’auteur réussit à la rendre suffisamment rythmée et addictive pour que l’on reste accroché au bouquin, et soyez assurés que vous aurez tout de même le droit à quelques surprises de taille.
Si, comme moi, vous avez été déçu par La Librairie Des Ombres, je vous conseille Dans Le Livre Des Rêves pour vous réconcilier avec cet auteur. Si vous avez aimé le premier bouquin vous ne pourrez que succomber aux charmes de ce second roman.
J’aimerai consacrer un paragraphe à cette fameuse Bibliothèque mais cela me semble impossible sans en dire trop. Imaginez le topo, un endroit contenant une quantité de livres inimaginable, consultables à volonté sans que cela n’empiète sur votre temps. Le rêve ! Sauf que ce rêve à un prix…

C’est sur ce titre que va se clore ma participation au Challenge Coupe du Monde, je doute fort d’avoir le temps de lire le prochain d’ici au 13 juillet. Ceci dit soyez assuré de retrouver prochainement mes chroniques des autres titres présents dans mon équipe.

– Edit du 10 juillet 2014 –
Merci à Zofia pour le signalement d’une erreur dans le titre du premier roman de l’auteur. Il s’agit de La Librairie Des Ombres et non de La Bibliothèque Des Ombres.
C’est vous dire comme il m’a marqué 🙂

 
14 Commentaires

Publié par le 9 juillet 2014 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , , ,

[BOUQUINS] Jussi Adler-Olsen – Dossier 64

J. Adler-Olsen - Dossier 64Il est des titres comme ça qui, du moment qu’ils débarquent dans mon Stock à Lire Numérique, se trouvent propulsés en tête des priorités de lectures futures. Ce fut le cas de ce fameux Dossier 64 signé Jussi Adler-Olsen, l’auteur danois nous livre là la quatrième enquête de son désormais fameux Département V.
Sous l’impulsion de Rose, la secrétaire du Département V, Carl Morck et son « équipe » se penchent sur la disparition mystérieuse, en 1987, de Rita Nielsen, tenancière d’un bordel supposée suicidée. Rapidement ils vont découvrir que trois autres disparitions non élucidées sont survenues à quelques jours d’intervalles. Carl, Assad et Rose vont devoir trouver le lien entre ces quatre dossiers s’ils veulent espérer résoudre l’affaire…
Comme dans les précédentes enquêtes du Département V on navigue entre le passé (les déboires de Nete Hermasen, le fameux dossier 64, et sa vengeance contre ceux qu’elle juge responsable) et le présent (non seulement l’enquête du département mais aussi de nouvelles révélations concernant l’affaire qui a coûté la vie à Anker et cloué au lit Hardy). L’auteur nous propose une intrigue dense et pleine de surprises (jusqu’au final en apothéose), une enquête qui mènera le Département V dans des milieux particulièrement nauséabonds.
Cette nouvelle affaire est aussi l’occasion pour l’auteur d’étoffer les personnalités de ses personnages, pour Carl l’évolution se fait essentiellement dans son quotidien tandis que sa relation avec Mona se fait plus « officielle », par contre concernant Assad et Rose on en apprend d’avantage sur eux au cours de cette enquête dans laquelle ils sont particulièrement impliqués.
Au niveau des seconds couteaux, on peut difficilement reprocher à Nete Hermasen son désir de vengeance, ce petit bout de femme est des plus attachantes du coup on aurait tendance à fermer les yeux sur ses actes. Il en va tout autrement de Curt Wad, personnage puant que l’on se plaira à détester tout au long du roman, on en viendrait même à lui souhaiter le pire, mais surtout que ça dure longtemps.
Ce quatrième opus ne dépare pas dans la série, outre son intrigue en béton il est parsemé de touches d’humour, souvent lors des échanges (parfois houleux) entre Carl et ses deux assistants pour le moins atypiques. Résultat des courses, on est, une fois de plus, conquis par Jussi Adler-Olsen, qui confirme, si des doutes persistaient, qu’il compte désormais parmi les grands noms du polar nordique.
Que les inconditionnels du Département V se rassurent l’auteur n’en a pas encore fini avec nos trois lascars, un cinquième roman est déjà paru au Danemark, on peut légitimement espérer voir une traduction française en courant d’année prochaine… Et c’est tant mieux parce qu’il reste encore bien des questions en suspens.

 
6 Commentaires

Publié par le 22 janvier 2014 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , ,

[BOUQUINS] Jussi Adler-Olsen – Délivrance

J. Adler-Olsen - DélivranceDans la famille « je termine les séries en cours mais y’a du boulot », je demande le Département V. Présent mon général ! Vous l’aurez peut être compris (même si c’est loin d’être limpide) j’ai donc inscrit au programme de mes lectures la troisième enquête du fameux Département V, Délivrance de Jussi Adler Olsen, allez zou c’est parti pour une petite escale danoise…
Quand une bouteille à la mer récupérée en Ecosse arrive au Département V, l’inspecteur Carl Morck reste sceptique devant ce message devenu illisible ; mais devant l’insistance d’Assad et de Rose il accepte de se pencher, à temps perdu sur la question, tout en enquêtant sur un incendie de 1995 qui pourrait être lié à d’autres incendies survenus ces dernières semaines. Lentement mais surement le message de détresse prend forme et devient de plus en plus inquiétant. Mais Morck et son équipe ignorent que le prédateur rôde toujours et qu’il déjà repéré ses futures victimes…
Cette troisième enquête du Département V est l’occasion de faire connaissance avec Yrsa, la soeur jumelle (mais de caractère diamétralement opposée à sa frangine) de Rose, celle-ci ayant décidé de se barrer pour une durée indéterminée après une remarque de Carl Morck. Soit dit en passant on devine bien avant Carl le secret de Yrsa. On en apprend aussi un peu plus sur Assad, dont le rôle et la personnalité s’étoffent au fil des romans. Au niveau de l’intrigue c’est la première fois que le Département V se trouve impliqué à la fois dans une affaire en cours (les incendies) et à la poursuite d’un tueur qui sévit encore (même s’ils ne le découvriront que plus tard).
A part ça on retrouve les mêmes ingrédients que dans les deux précédents bouquins, l’intrigue n’est pas forcément menée tambour battant mais le rythme monte crescendo, l’enquête est bien ficelée, les échanges au sein du Département V apportent une touche d’humour et de légèreté, et on a toujours en toile de fond les soupçons de Carl Morck concernant l’affaire qui a coûté la vie à un de ses partenaires et cloué l’autre dans un lit sans espoir de remarcher un jour. Au final l’ensemble tient parfaitement la route, on ne s’ennuie pas une minute tout au long de ce polar nordique, les deux premiers opus m’avaient fait forte impression, celui-ci ne fait que confirmer la tendance.
Le kidnappeur/tueur choisit ses victimes au sein d’un milieu que j’exècre au plus haut point : les sectes qui prônent un intégrisme religieux ; sans approuver ses méthodes (loin s’en faut) je partage son ressenti vis-à-vis de ce type de communauté : « Le fanatisme religieux faisait toujours autant d’adeptes qui, à l’instar de ses parents, se montraient incapables de comprendre ce qu’aimer son prochain signifie vraiment. (…) Qu’ils aillent pourrir en enfer, tous ceux qui se croyaient meilleurs que les autres parce qu’ils étaient portés par leur foi. »
Reste plus qu’à espérer que le quatrième opus, Journal 64, soit prochainement traduit en français (il date quand même de 2010 et a été cette même année le livre le plus vendu au Danemark), vu le succès critique et commercial des trois premières affaires du Département V je ne serai pas surpris qu’il apparaisse dans les rayons de nos librairies préférées dans les prochains mois. Ca prendra le temps que ça prendra mais je compte bien l’attendre de pieds fermes !

 
2 Commentaires

Publié par le 2 juillet 2013 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , , , , ,