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Archives de Tag: Littérature anglaise

[BOUQUINS] Elizabeth Kay – Sept Mensonges

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E. Kay - Sept Mensonges

Titre : Sept Mensonges
Auteur : Elizabeth Kay
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2020
Origine : Angleterre
400 pages

De quoi ça cause ?

Jane et Marnie sont inséparables depuis l’enfance. Et si Jane avait été honnête depuis le début – si elle n’avait pas menti cette toute première fois –, alors peut-être que les choses auraient pu tourner autrement. Peut-être que le mari de sa meilleure amie serait encore en vie…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est La Bête Noire, en espérant que ce roman me fera oublier la déception que fut la lecture de La Seconde Épouse de Rebecca Fleet.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Robert Laffont et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Pour son premier roman, Elizabeth Kay (à ne pas confondre avec l’auteure homonyme de la trilogie jeunesse The Divide) joue la carte du thriller psychologique et prend pour toile de fond de son intrigue, une histoire d’amitié entre deux femmes, Jane et Marnie.

Le récit est la première personne, Jane raconte l’histoire de sa relation avec Marnie à un(e) confident(e) non identifié(e). Une relation construite autour de sept mensonges proférés par Jane, mensonges qui constituent les sept premiers chapitres du roman (à ce stade je tiens à féliciter les éditions Robert Laffont pour le visuel particulièrement bien travaillé de l’édition papier du roman).

Au fil des chapitres je me suis posé beaucoup de questions sur l’identité de l’interlocuteur (ou interlocutrice) de Jane, puis l’évidence s’est imposé quelques pages avant que l’auteure ne lève le voile à son tour. Je ne m’étendrais pas davantage sur la question afin d’éviter tout risque de spoiler malvenu.

Jane et Marnie se connaissent depuis l’enfance et leur amitié est littéralement fusionnelle. Mais Jane est un tantinet jalouse et possessive, de fait elle ne voit pas vraiment d’un bon œil l’arrivée de Charles dans la vie de Marnie ; et pourtant cela ne l’empêchera pas d’affirmer le contraire à son amie (premier mensonge).

Parce qu’en plus d’être totalement obsédée par son amitié avec Marnie, Jane va se rapidement se révéler être une menteuse pathologique… mais aussi une excellente actrice qui sait donner le change et se convaincre (et convaincre les autres) que SA vérité est LA vérité.

Elizabeth Kay prend son temps pour faire monter en sauce son intrigue, mais elle sait y faire de sorte que jamais le lecteur ne s’impatiente ou ne s’ennuie. Par contre, une fois que la mécanique est enclenchée (avec la mort de Charles), elle maintient la tension à son maximum.

J’ai beaucoup aimé la construction et la narration du roman qui s’articule sur le seul point de vue de Jane sur le déroulé des événements et une nette tendance à minimiser la portée de ses actes. Mais en contrepartie de la personnalité psychotique de son personnage, l’auteure met aussi en avant les aspects positifs de sa personnalité, qu’il s’agisse de l’attention qu’elle porte à sa mère malade, ou de sa relation avec sa sœur, elle aussi fragilisée par la vie.

Sans avoir eu envie de lui trouver des circonstances atténuantes, et moins encore de justifier ses actions, je dois toutefois avouer que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire la confession de Jane, elle se raconte sans fard, avec un détachement parfois glaçant. Ceci dit je n’en voudrais pas comme amie.

Mission accomplie pour La Bête Noire qui me réconcilie (même si je n’ai jamais été vraiment fâché) avec son catalogue après le raté de La Seconde Épouse. Quant à Elizabeth Kay, elle signe un premier roman totalement maîtrisé.

MON VERDICT

 
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Publié par le 25 juillet 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] T.M. Logan – Holiday

AU MENU DU JOUR

T.M. Logan - Holiday
Titre : Holiday

Auteur : T.M. Logan
Éditeur : Hugo
Parution : 2020
Origine : Angleterre (2019)
459 pages

De quoi ça cause ?

Kate et ses trois meilleures amies s’offrent une semaine de vacances dans le sud de la France avec maris et enfants.

Des vacances de rêve qui tournent vite au cauchemar pour Kate. À peine arrivée, elle découvre que son mari la trompe et que sa maîtresse est l’une de ses trois amies…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Paraît que les gens de là-haut (l’hémisphère nord) sont en vacances, du coup je me suis dit qu’il n’y avait pas de raison que je me prive du doux parfum du farniente… Même si je me doute bien (et je l’espère plus encore) que l’ambiance des vacances va rapidement virer au noir dans ce roman.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Hugo et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

On va commencer par les choses qui fâchent avec un gros coup de gueule. Je connaissais les quatrièmes de couv’ trop bavardent qui spoilent (j’ai vraiment du mal à adopter la forme française divulgâcher) tout ou partie de l’intrigue, avec ce roman je découvre le méga spoiler direct sur la couv’.

La coupable ? Cette accroche sous le titre du roman : « Sept jours. Trois couples. Un meurtre. » Le meurtre en question survient dans la toute dernière partie du bouquin, et encore, dans un premier temps tout laisse penser à un dramatique accident. Merci pour l’effet de surprise !

A la décharge (partielle) de l’éditeur, la version originale fait la même connerie en annonçant en couv’ : « Seven days. Three families. One killer. » Mais bon, ce n’est pas parce que ton voisin décide de se jeter sous les roues d’un camion-citerne lancé à pleine vitesse que tu es obligé de reproduire son geste.

Si Holiday est le premier roman de T.M. Logan traduit en français, c’est le troisième (et avant-dernier) roman signé par l’auteur et publié outre-Manche.

Enfilez votre maillot de bain et vos tongs, tartinez-vous de crème solaire et allongez-vous confortablement sur votre transat préféré. Vous voilà paré pour partager les vacances de Kate et ses amies… sauf que lesdites vacances ne seront pas de tout repos, et pas que pour les personnages du roman ; vos nerfs aussi seront mis à rude épreuve.

Pour Kate le ton des vacances est donné, à peine installée, en fouinant dans le téléphone de son mari (pas glop ! pas glop du tout même !), elle tombe sur un échange via Messenger avec une autre femme. Double punition pour la vilaine curieuse : son mari la trompe et sa maîtresse est une de ses meilleures amies ! De quoi plomber l’ambiance d’entrée de jeu…

L’essentiel du roman est rédigé à la première personne, vous permettant de vivre l’intrigue par les yeux de Kate. Quelques chapitres, rédigés à la troisième personne, se concentrent sur d’autres personnages, permettant de mettre l’accent sur des éléments qui échappent à Kate.

L’immersion est totale, on partage les questionnements, les doutes et les remises en questions de Kate au fil de l’intrigue. Et le moins que l’on puisse dire c’est que T.M. Logan ne ménage pas son héroïne, toutes ses amies vont se retrouvées tour à tour suspectées d’être la maîtresse de son mari.

L’auteur apporte beaucoup de soin à ses personnages, il construit une véritable histoire autour des couples et des familles. À tel point d’ailleurs que l’intrigue va rapidement se jouer à deux niveaux, avec d’un côté les adultes et de l’autre les enfants. Et avec T.M. Logan, enfance (et surtout adolescence) ne rime pas forcément avec innocence.

Franchement j’ai été bluffé par la maîtrise de l’auteur quant à sa façon de mener son intrigue,  tant et si bien que son ultime twist m’a totalement pris au dépourvu. J’avais imaginé beaucoup de scénarios possibles, mais j’étais bien loin de la vérité. Ce roman est de fait un véritable page-turner que vous aurez bien du mal à lâcher une fois qu’il vous aura pris dans ses mailles…

MON VERDICT

Aparté technique

La version numérique reçue via Net Galley comporte une grosse anomalie dans sa mise en page : le fichier correspondant au chapitre 71 comprend en fait les chapitres 71 et 72, avant d’enchaîner sur le fichier du chapitre 72 qui reprend le texte lu précédemment.

Du coup on a ça :

Puis plus tard :

J’espère que la version commerciale finalisée aura corrigé cette erreur.

 
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Publié par le 16 juillet 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Rebecca Fleet – La Seconde Épouse

AU MENU DU JOUR

R. Fleet - La seconde épouse
Titre : La Seconde Épouse
Auteur : Rebecca Fleet
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2020
Origine : Angleterre
360 pages

De quoi ça cause ?

Quand Alex a rencontré Natalie, celle-ci a changé sa vie. Après la mort tragique de sa première femme, avec qui il a eu une fille, Jade, à présent adolescente, il est déterminé à former de nouveau une famille unie.

Mais son bonheur naissant se brise lorsque sa maison est ravagée par les flammes. Jade soutient qu’elle a vu un homme s’introduire chez eux le soir de l’incendie ; Natalie affirme au contraire qu’il n’y avait personne.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est La Bête Noire.

Parce que j’avais bien aimé le premier roman de l’auteure, L’Échange, en dépit quelques erreurs de jeunesse vite pardonnées.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Robert Laffont et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Une fois n’est pas coutume mais je dois avouer qu’en refermant ce bouquin je ne trouvais aucune accroche pour rédiger ma chronique. Non que le bouquin m’ait déplu, même s’il ne m’a pas franchement emballé (loin s’en faut), force est de reconnaître qu’il se lit plutôt bien et me laisse sur une impression que je qualifierai de mitigée. Sans aller jusqu’à dire que j’ai eu l’impression de perdre mon temps en lisant ce bouquin (ce n’est quand même pas tout à fait vrai), je le referme en ne pouvant m’empêcher de penser que ce fut une lecture dont j’aurai pu me dispenser.

Pour son second roman, après L’Échange, Rebecca Fleet reste dans le thriller psychologique familial. Une intrigue qui, à la base, tourne autour de trois personnages, Alex, un jeune veuf qui élevait seul sa fille, Jade, avant de rencontrer Natalie avec qui il a eu envie de fonder un nouveau foyer. Mais au fil des chapitres un autre personnage va s’imposer, Sadie, la sœur de Natalie, deux frangines aux personnalité aussi opposées que peuvent l’être le Yin et le Yang.

Le bouquin alterne non seulement entre les points de vue des différents personnages phares de l’intrigue mais aussi entre les périodes, passant du présent (2017) au passé (1999). L’idée étant que les événements de 1999 vont nous donner les clés permettant de comprendre ceux de 2017.

Sauf que, me concernant, le suspense aura fait long feu… au lieu d’un grand BOUM attendu et espéré, je n’ai eu qu’un misérable PLOP de pétard mouillé. Ce qui devait constituer un revirement majeur de l’intrigue m’a sauté à la tronche comme une évidence à peine le sujet abordé. J’espérais, sans trop y croire, me tromper… et ben non, j’avais vu juste.

Pour un thriller on peut difficilement imaginer pire dans le genre faux-départ. J’ai toutefois décidé de persévérer, malheureusement plus le déroulé de l’intrigue me donnait raison, plus le récit perdait en saveur.

L’idée des deux sœurs était plutôt bonne même si le trait a été beaucoup trop forcé, on est à la limite de la caricature façon Jekyll et Hyde ; d’un côté la blanche colombe pure et innocente et de l’autre la brebis galeuse qui cumule les tares.

Les autres personnages sont malheureusement à l’image des deux frangines, des clichés de ce qu’ils sont sensés être. Trop souvent j’ai eu l’impression d’avoir entre les mains un scénario prometteur qui aurait été gâché par de mauvais interprètes.

Je mentirai en disant que je me suis emmerdé en lisant ce bouquin, mais il ne révolutionne clairement pas le genre, au contraire il aurait même une fâcheuse tendance à enfoncer les portes ouvertes. Une fois que l’on s’est résigné à cela, la lecture n’est pas désagréable même si elle n’apporte rien.

Je fais volontiers l’impasse sur certaines faiblesses quand je lis le premier roman d’un(e) auteur(e), mais si je retrouve ces mêmes faiblesses – encore plus accentuées – dans le suivant, il ne faut pas compter sur la même indulgence.

Ce n’est clairement pas avec ce roman que Rebecca Fleet retrouvera grâce auprès des lecteurs et lectrices qui n’avaient pas adhéré à L’Échange ; quant aux autres, dont je suis, nul doute qu’il leur laissera un arrière-goût amer en bouche.

MON VERDICT

 
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Publié par le 29 juin 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] R.J. Ellory – Le Jour Où Kennedy N’Est Pas Mort

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R.J. Ellory - Le jour où Kennedy n'est pas mort
Titre : Le Jour Où Kennedy N’Est Pas Mort
Auteur : R.J. Ellory
Éditeur : Sonatine
Parution : 2020
Origine : Angleterre (2019)
432 pages

De quoi ça cause ?

Novembre 1963. Le président JFK est en visite à Dallas (Texas). Une visite qui se déroule sans incident particulier à signaler.

Juillet 1964. Mitch Newman, photographe de presse free-lance, apprend que Jean Boyd, son grand amour de jeunesse, s’est donnée la mort. Même s’il ne l’avait pas revu depuis plus de 14 ans, Mitch ne peut croire à la thèse du suicide.

Jean Boyd était reporter pour le Washington Tribune. Mitch va rapidement découvrir que, peu avant sa mort, l’enquête de Jean se focalisait autour du président JFK. Une enquête qui l’a conduite à Dallas en novembre 1963.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est R.J. Ellory, un auteur qui ne m’a jamais déçu.

Parce que le pitch du bouquin me semble particulièrement audacieux, une bonne raison supplémentaire de me laisser tenter.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Le roman de R.J. Ellory fait partie de ces nombreux titres dont la publication a été repoussée en raison de la crise sanitaire liée au COVID-19. C’est en totale conformité avec la charte de l’éditeur sur la plateforme Net Galley que je vous propose de découvrir ma chronique en avant-première.

Fichtre ! Diantre ! Palsambleu ! Aurai-je basculé dans la quatrième dimension à l’insu de mon plein gré ? V’là t’y pas que je découvre que JFK n’a pas été assassiné à Dallas le 22 novembre 1963. Que nenni, son escapade texane s’est déroulée sans incident majeur à signaler…

Pardon ? Aaah, OK, c’est un roman ! Sacré Stephen King, il m’a foutu une trouille bleue sur ce coup. Mais bon faudrait qu’il se renouvelle, le coup JFK il nous l’a déjà fait, et brillamment fait même, avec l’excellent 22/11/63.

Arrête… tu déconnes là ! C’est le point de départ du dernier bouquin de R.J. Ellory… Bin voyons, et moi j’suis la reine d’Angleterre ! R.J. Ellory est un auteur de polars et de thrillers, pas le genre à se lancer dans une uchronie, me prends pas pour une quiche.

Et bin si, mes ami(e)s ! Enfin pas tout à fait quand même. Si le point de départ du dernier roman de R.J. Ellory repose bel et bien sur une uchronie (tout est dit dans le titre : Le Jour Où Kennedy N’Est Pas Mort), c’est dans un registre 100% thriller que l’auteur place son intrigue.

R.J. Ellory nous propose donc de retrouver JFK et son équipe, dirigée par son frère Bob, en course vers un second mandat… sauf que les choses sont loin d’être gagnées d’avance ! Ah oui j’oubliais, non content d’épargner JFK, l’auteur va surtout s’intéresser au(x) côté(s) obscur(s) du personnage. Il va en effet fouiner sans concession au-delà de l’image d’Épinal du beau et fringant jeune homme charismatique qui sentait bon le sable chaud…

Perso c’est une approche qui ne me choque nullement, je me méfie des individus que l’on dresse sur un piédestal. D’autant que post mortem, de nombreuses enquêtes ont révélé les travers et frasques du faux-cul au sourire Colgate. Et puis franchement, de vous à moi, on a plus de chance dans une vie de croiser une licorne chevauchée par le Père Noël qu’un politicien plus blanc que blanc (compétent, honnête, intègre et tutti quanti). Depuis le temps, ça se saurait si ça existait !

Si JKF n’est pas mort, il n’en va malheureusement pas de même pour Jean Boyd, jeune reporter ambitieuse et tenace. La jeune femme se serait en effet suicidée un triste jour de juillet 1964… c’est en tout cas la version officielle. Sauf que pour Mitch Newman c’est purement et simplement impensable ; le suicide ne colle pas à la personnalité de Jean Boyd. Il le sait, il en est convaincu… même s’il ne l’a pas revu depuis presque 15 ans, suite à son départ pour la Corée qui sonna le glas de leurs fiançailles et de leur idylle.

Un JFK vivant, une Joan Boyd morte et un Mitch Newman en plein questionnement… R.J. Ellory a désormais toutes les cartes en main pour nous mitonner une intrigue aux petits oignons comme il sait si bien le faire.

Et une fois de plus le Top Master Chef Ellory ne nous déçoit pas. Avec lui pas de cauchemar en lecture, c’est que du bonheur ! Son intrigue est rondement menée et saura rapidement captiver le lecteur (malgré les introspections un tantinet répétitives et une tendance poussée à l’auto apitoiement de Mitch).

La plongée dans les coulisses du pouvoir, et notamment celles du clan Kennedy, est totalement crédible et convaincante (sans perdre de vue toutefois que l’on est dans le domaine d’un futur possible et non d’un vécu historique). Pas besoin d’être un expert en politique international pour comprendre les enjeux et la façon dont chacun va déplacer ses pions pour arriver à ses fins.

Bien qu’écrit à la troisième personne, l’essentiel du roman est le reflet de la façon dont Mitch perçoit et analyse les événements. Un détail que peut paraître insignifiant, mais soyez assurés que ce choix narratif est tout sauf anodin.

Petit bémol pour la fin qui me laisse un arrière-goût d’inachevé en bouche, même si on devine aisément les conséquences de l’ultime découverte de Mitch.

Pour finir cette chronique, je vous laisse méditer sur la question que R.J. Ellory pose dans sa postface.

Si Kennedy n’était pas mort en novembre 1963, garderait-on le même souvenir de lui, ou aurait-il rejoint les rangs des disgraciés ?

MON VERDICT

 
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Publié par le 12 mai 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Minette Walters – Les Dernières Heures

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M. Walters - Les Dernières Heures
Titre : Les Dernières Heures
Série : La Mort Noire – Tome 1
Auteur : Minette Walters
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2019
Origine : Angleterre (2017)
528 pages

De quoi ça cause ?

Juin 1348. Comté de Dorseteshire, Angleterre. Un mystérieux mal se répand et sème la mort sur son passage.

Au domaine de Develish, Lady Anne fait tout son possible pour protéger « ses » gens du fléau qui semble frapper tout le pays, qu’ils soient de sang noble ou simples paysans, tous sont traités avec les mêmes égards.

Pour se faire aider, elle nomme Thaddeus Thurkell, un serf à l’esprit vif et affûté comme régisseur. Ensemble, ils décident de mettre le domaine en quarantaine pour le protéger.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que ça faisait déjà quelque temps que ce bouquin me faisait de l’œil, dans l’espoir d’un geste secourable avant qu’il ne sombre dans les méandres de mon Stock à Lire Numérique.

L’actualité aidant et les heureux hasards d’un Book Club dont il ne faut pas parler (toute référence à un certain Fight Club n’aurait rien de fortuite) ont joué en sa faveur.

Ma Chronique

En cette période de crise sanitaire majeure, rien de tel pour se changer les idées que de lire un roman traitant justement d’une épidémie mortelle qui ravage le royaume d’Angleterre. Pas besoin de sortir de la cuisse de Jupiter pour comprendre que cette fameuse Mort Noire n’est autre que la peste noire. Un fléau qui s’étendra d’abord en Asie avant de frapper l’Europe et une partie du continent africain ; laissant dans son sombre sillage entre 75 et 200 millions de morts sur une période de huit années (entre 1346 et 1353).

Des chiffres qui permettent de relativiser notre situation actuelle, sans pour autant en minimiser les conséquences sanitaires et économiques, mais, aussi et surtout, sans négliger les gestes barrières qui font rempart contre la propagation de cette saloperie de COVID-19 (même si cela me semble inéluctable au fil des déconfinements amorcés ou annoncés).

Embarquement immédiat pour la perfide Albion du XVe siècle, la peste fait rage et décime les populations. Pour faire face à l’épidémie, la mise en quarantaine des malades et le confinement des personnes saines peuvent sembler bien dérisoires, mais restent des mesures éprouvées (et ça reste vrai au XXIe siècle).

C’est la première incursion de Minette Walters dans le roman historique, jusqu’alors elle se cantonnait aux polars et thrillers. Je n’ai aucune honte à avouer ne pas connaître cette auteure, si ce n’est de nom… et encore, très vaguement. Force est de constater que pour un coup d’essai, elle tape haut et fort, même si le bouquin n’est pas exempt de défauts.

Commençons par les personnages. On ne peut qu’adhérer au personnage de Lady Anne, une noble éprise de justice et soucieuse de bien-être de ses gens, qu’ils soient nobles ou simples paysans. Tout le contraire de feu son époux, Sir Richard, qui, en plus d’avoir été un ignare incompétent et violent, était aussi un gros porc lubrique.

On retrouve la même opposition flagrante chez la génération suivante. Thaddeus est un serf brillant, cultivé, à l’esprit vif et toujours à œuvrer pour le bien du domaine dont il se retrouve propulsé régisseur malgré son ascendance paysanne. Eleanor, la fille de Sir Richard et Lady Anne, brille par son égoïsme, ses sautes d’humeur de gamine pourrie et un mépris souverain pour tout ce qui l’entoure (à commencer par sa mère).

Les autres personnages sont plus ou moins à l’image de ces quatre-là, des stéréotypes tout en qualités ou tout à défaut… il n’y a pas vraiment de demi-mesure même si certains évolueront au fil de l’intrigue (je pense notamment aux jeunes que Thaddeus entraînera dans son périple).

Dans le même ordre d’idée, j’avoue volontiers avoir pris beaucoup de plaisir à lire ce roman et à vivre avec les confinés de Develish ; il n’en reste pas moins que globalement j’ai trouvé l’intrigue un peu lisse. Je n’ai jamais tremblé pour les personnages, tant on pouvait être certain que rien de terrible ne pouvait leur arriver.

Bref la principale (et peut être même la seule) faiblesse de ce bouquin tient dans son manichéisme poussé à outrance. Et pourtant, quitte à me répéter, je ne me suis jamais ennuyé en enchaînant les chapitres ; au contraire, plus j’avançais dans l’intrigue et plus j’avais d’en connaître le dénouement.

Je répondrai donc présent pour le(s) prochain(s) tome(s) en espérant des personnages plus nuancés et une intrigue un peu plus sombre. Le second tome est d’ores et déjà disponible en langue de Shakespeare, gageons que les éditions Robert Laffont nous proposent rapidement une traduction en langue de Molière.

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Publié par le 7 mai 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Richard Lloyd Parry – Dévorer Les Ténèbres

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R.L. Parry - Dévorer les ténèbres

Titre : Dévorer Les Ténèbres
Auteur : Richard Lloyd Parry
Éditeur : Sonatine
Parution : 2020
Origine : Angleterre (2011)
528 pages

De quoi ça cause ?

Lucie Blackman est une Britannique de 22 ans venue tenter sa chance à Tokyo avec une amie. C’est à Roppongi, le quartier chaud de la capitale nippone, qu’elles trouveront un travail comme « hôtesses de bar ». Lucie est arrivée à Tokyo le 3 mai 2000, le 1er juillet de la même année elle disparaît…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

À vrai dire je n’avais jamais entendu parler de Lucie Blackman avant de découvrir ce bouquin. C’est la disparition de Tiphaine Véron, une touriste française, le 29 juillet 2018 alors qu’elle visitait le Japon, qui m’a orienté vers cette enquête sur une autre disparition au pays du soleil levant.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Lucie Blackman a disparu lé 1er juillet 2000, le procès de son meurtrier présumé s’ouvrira en juillet 2001, mais ce n’est qu’en décembre 2008 que sera rendu le verdict final.

Richard Lloyd Parry est correspondant du Times à Tokyo, très vite il s’intéressera à la disparition de Lucie Blackman et à ses suites ; des années durant il suivra l’affaire de près et restera en contact avec divers intervenants (la famille de Lucie, divers témoins plus ou moins directs, les autorités tokyoïtes…). Ce récit est le résultat de ces longues années d’enquête et d’entretiens divers et variés, un récit qui ne se limite pas un compte rendu juridique détaillé, mais s’attache aussi aux conséquences sur la famille Blackman et sur l’« après ».

Si le travail documentaire de l’auteur est impressionnant et son récit on ne peut plus exhaustif, je dois avouer qu’en refermant ce bouquin je reste sur un sentiment mitigé. Autant il peut être captivant par moment, autant certains passages m’ont semblé d’un ennui mortel.

Tout ce qui concerne le portrait de Lucie Blackman, de sa famille et de ses amis ainsi que sa disparition et ses suites directes permettent de cerner précisément la personnalité de la victime.

De nombreux faits et détails nous permettent d’appréhender la société japonaise et de prendre la mesure des nombreuses différences avec nos sociétés occidentales (notamment en ce qui concerne l’approche de la séduction et de la sexualité).

La partie que j’ai trouvé la plus passionnante est celle relative au procès, notamment parce qu’elle met en évidence les particularités du système judiciaire nippon. Un système qui tendrait à rendre les procès un tantinet soporifiques.

À la différence des tribunaux britanniques ou américains, où la seule exigence est de prouver les faits, les tribunaux japonais attachent une grande importance au mobile. Ce qui doit être prouvé devant la cour, ce sont le raisonnement et l’impulsion qui ont entraîné le crime ; ils constituent le facteur fondamental qui déterminera la peine d’un condamné. Le qui, le comment, le où et le quand ne suffisent pas : un juge japonais exige de savoir le pourquoi.

L’idée qu’un criminel se montre fourbe, obstiné et menteur et qu’avoir affaire à ce genre d’individu était précisément le rôle de la police ne venait quasiment jamais à l’esprit des enquêteurs. Ils n’étaient pas incompétents, ils ne manquaient pas d’imagination, ils n’étaient ni paresseux ni complaisants – ils étaient simplement victimes d’un coup de malchance totalement inattendu : sur un million de criminels au Japon, il y en avait un de malhonnête, et c’est sur celui-ci qu’ils étaient tombés.

C’est au niveau de l’enquête de police que le bât blesse, certes elle a traîné en longueur dans les faits, mais j’ai trouvé que la partie du récit qui y fait mention contenait de nombreuses longueurs. J’avoue sans la moindre honte avoir parcouru de nombreux passages en diagonale.

D’autre part le rythme de lecture est quelque peu cassé par les nombreux appels de note (191 au total) qui obligent le lecteur à de perpétuels va-et-vient entre le texte et les notes en question.

Richard Lloyd Parry pointe du doigt les nombreux faux pas et ratés de la justice japonaise dans le cadre de l’affaire Lucie Blackman. Des couacs qui sont justement la résultante des particularismes nippons face à un suspect qui ne rendre pas dans leur moule.

Si l’auteur souligne que le cas de Lucie Blackman n’est pas un cas isolé, il insiste toutefois sur le fait que Tokyo est l’une des villes les plus sûres pour les touristes ; notamment pour les touristes de sexe féminin.

Globalement la lecture de ce bouquin a été un agréable moment mais les bémols soulignés précédemment ont fait que j’ai souvent laissé le bouquin de côté afin de privilégier un roman en lieu et place. Ce n’est qu’à l’ouverture du procès que je me suis complètement immergé dans cette lecture.

MON VERDICT

 
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Publié par le 25 avril 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Kate Mosse – La Cité De Feu

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K. Mosse - La Cité de Feu

Titre : La Cité De Feu
Auteur : Kate Mosse
Éditeur : Sonatine
Parution : 2020
Origine : Angleterre (2018)
608 pages

De quoi ça cause ?

France, 1562. Les tensions entre catholiques et protestants montent, le royaume se déchire.

À Carcassonne, Marguerite Joubert, une jeune libraire catholique, fait la connaissance de Piet, un protestant dont la vie est en danger. Alors que la violence commence à se déchaîner dans la région, le couple se retrouve bientôt au centre d’un vaste complot, lié à une sainte relique volée et à un testament très convoité.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine. Bien que n’étant pas forcément réceptif aux romans historiques et moins encore quand il est question de guerre de religion, j’ai une totale confiance en cette maison d’édition.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

J’avoue sans la moindre honte qu’avant de découvrir ce roman au catalogue des éditions Sonatine je n’avais jamais entendu parler de Kate Mosse. À ma décharge je ne suis pas particulièrement friand des romans historiques. Après quelques recherches sur Internet (merci Google et Wikipedia) j’ai réalisé que l’auteure était une référence du genre, certains n’hésitant pas à la définir comme étant l’équivalent féminin de Ken Follett (jamais lu non plus, mais je connais de nom).

Si vous me suivez depuis déjà quelques temps vous savez que je suis viscéralement athée et plus encore anticlérical… bref j’exècre tout ce qui a trait aux religions (oui, je les fous toutes dans le même panier).

Gros challenge pour ce roman, il doit réussir à me plonger en immersion dans un roman historique qui se déroule justement en pleine guerre de religion. Le pari n’était pas gagné d’avance.

La Cité De Feu est le premier tome d’une ambitieuse tétralogie qui promet de nous faire voyager à la fois dans l’espace et dans le temps. En compagnie de Kate Mosse et de ses personnages nous traverserons 300 ans d’Histoire, une saga qui débute en France au XVIe siècle pour s’achever en Afrique du Sud au XIXe siècle.

Le roman s’ouvre de fait sur un prologue qui nous transporte dans un trou perdu au fin fond de l’Afrique du Sud en 1862. Une femme arrive devant une tombe, elle ne le sait pas encore mais elle n’est pas seule dans ce désert. Est-ce le début de la fin ? La fin d’une histoire commencée trois siècles plus tôt en France.

Et nous voilà propulsé 300 ans plus tôt, là où tout a commencé. An de grâce 1562, Carcassonne. Quelques semaines avant le massacre de Vassy qui marquera le début de la première guerre de religion opposant catholiques et protestants.

Contre toute attente il n’aura fallu que quelques pages à Kate Mosse pour m’embarquer corps et âme. J’ai d’abord été totalement convaincu par la qualité de la reconstitution historique, même si je suis loin d’être un expert en la matière ; c’est totalement crédible, cela me suffit amplement.

J’ai aussi apprécié le traitement des personnages, l’auteure donne à chacun une véritable profondeur et une personnalité qui lui est propre. Elle sait aussi y faire pour orienter notre empathie vers certains personnages, en rendre d’autres en tout point méprisables et entretenir le doute sur d’autres encore.

Nul besoin d’avoir fait Normale Sup pour deviner, dès leur première rencontre, que Minou et Piet finiront dans les bras l’un de l’autre. De même que certaines grandes lignes de l’intrigue sautent aux yeux comme une verrue poilue sur le nez. Mais il n’en reste pas moins que l’on a envie de se laisser porter par le récit, d’en découvrir les tenants et les aboutissants et surtout de savoir comment Kate Mosse va nous y amener… et à quel prix pour ses personnages. Tant et si bien que le roman se lit véritablement comme un thriller.

À travers ses personnages féminins, l’auteur souligne la place de la femme dans la société de l’époque. Si Minou bénéficie d’une grande liberté de mouvement et d’expression, il n’en va pas de même pour sa tante, Mme Boussay, épouse effacée d’un notable à Toulouse. Mais comme le dit fort justement l’adage, il faut parfois se méfier de l’eau qui dort.

En refermant ce bouquin, non seulement il me tarde de découvrir la suite (le second tome est d’ores et déjà disponible en VO), mais en plus ça m’a donné envie de plonger plus avant dans l’univers de l’auteure, notamment via sa Trilogie du Languedoc qui semble être un must du genre.

Au fil du temps, les protestants ne furent malheureusement pas les premières (ni les dernières) victimes du puissant clergé catholique, avec ou sans le bras armé de l’Inquisition. Au XIIIe siècle les cathares ont été littéralement exterminés par les catholiques, au XIVe siècle ce sont les Templiers qui seront traqués et éliminés. Et encore, je ne vous parle pas des juifs qui seront à maintes reprises victimes de l’intégrisme catholique. Et dire que ça prêche la tolérance !

Je ne résiste pas à une ultime pique à destination des culs bénits en citant un personnage du roman qui, alors que sa future victime en appelle à sa conscience, lui répond froidement :

Je n’aurai rien sur la conscience. Je confesserai mes péchés et mon âme sera de nouveau comme neuve, tandis que toi, catin de huguenote, tu paraîtras devant Dieu sans t’être confessée, grevée de tous tes péchés.

On pourrait m’objecter qu’il faut replacer la chose dans son contexte historique, sauf que j’ai entendu grosso modo ce même genre d’argument foireux  venant d’une racaille quelconque qui venait d’être interpellée après son forfait. Comme si le simple fait de sucer son hostie à la messe du dimanche matin effaçait toutes ses conneries de la semaine.

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Publié par le 29 janvier 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Elly Griffiths – Le Journal De Claire Cassidy

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E. Griffiths - Le journal de Claire Cassidy

Titre : Le Journal De Claire Cassidy
Auteur : Elly Griffiths
Éditeur : Hugo
Parution : 2020
Origine : Angleterre (2018)
444 pages

De quoi ça cause ?

Ella Elphick, prof d’anglais au collège de Talgarth High, est retrouvée morte à son domicile. Elle a été poignardée à plusieurs reprises, son assassin a laissé un message sibyllin près du corps : « L’Enfer est vide ».

Les collègues et les élèves de la victime sont sous le choc. C’est notamment le cas de Claire Cassidy qui enseigne elle aussi l’anglais et était proche d’Ella.

L’enquête est confiée aux lieutenants Harbinder Kaur et Neil Winston. Pas d’indice exploitable sur la scène de crime, des témoins qui semblent volontairement omettre certains détails… l’affaire va rapidement s’avérer plus complexe qu’elle ne le laissait présager.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que les éditions Hugo sont désormais partenaires de la plateforme Net Galley. Un éditeur qui m’a souvent réservé de belles surprises. C’est donc tout naturellement que je me suis laissé tenter par ce roman présenté comme « le thriller de l’année ».

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Hugo et Net Galley pour leur confiance qui me permet de découvrir ce roman en avant-première (sortie le 2 janvier).

Par contre quelle déception de recevoir le bouquin au format PDF ! Messieurs les éditeurs, il faut vivre avec son temps, le PDF c’était AVANT ! Vos arguments sécuritaires ne tiennent pas la route, c’est indigne de votre métier de ne pas privilégier le confort et le plaisir du lecteur.

Double peine avec ce roman, le fichier est en mode paysage, chaque page PDF présentant deux pages papier côte à côte. Une fois la structure du fichier epub construite, c’est en faisant un copier-coller page par page qui j’ai alimenté les chapitres.

Un bémol que je continuerai à signaler chaque fois que je recevrai un titre au format PDF, plus encore quand cela n’est pas indiqué sur la fiche du bouquin. Un bémol que je ne sanctionne pas (pas encore en tout cas) dans mon verdict final, même si j’avoue volontiers que parfois ça me démange de défalquer à ma note un point de malus.

Si de prime abord l’intrigue ne brille pas forcément par son originalité, le roman d’Elly Griffiths réussit toutefois à tirer son épingle du jeu et a de nombreux atouts pour séduire les lecteurs adeptes du genre.

Les chapitres, tous rédigés à la première personne, alternent entre les points de vue de Claire Cassidy, Georgia Newton, sa fille, et Harbinder Kaur, la lieutenant en charge de l’enquête. Un exercice de style intéressant qui permet de partager le vécu et le ressenti des différents personnages porteurs de l’intrigue.

Les personnages secondaires ne sont pas laissés pour compte, tous sont traités avec la même attention, quel que soit leur rôle dans le déroulé des événements.

L’auteure nous propose un récit à double entrée. En plus de l’intrigue principale, autour du meurtre d’Ella (et plus si affinités), Claire essaye de percer les secrets de R.M. Holland, un auteur de l’époque victorienne dont la nouvelle, L’Inconnu, semble étroitement liée aux événements qui agitent Talgarth High (qui fut aussi la résidence de l’auteur).

De fait, au fil de la lecture le texte de L’Inconnu vous sera peu à peu dévoilé, avant d’être repris en intégralité à la fin du roman avec sa chute.

Inutile de vous ruer sur Google pour chercher des infos sur ce R.M. Holland, c’est un auteur créé de toutes pièces par Elly Griffiths pour les besoins de son intrigue. On se prend vite au jeu, à tel point que l’on en viendrait presque à regretter de ne pas avoir toutes les réponses sur ce point.

Au final ce roman est maîtrisé de bout en bout, il vous propose une intrigue riche en rebondissements et autres revirements de situation. Vous n’en finirez pas de vous poser des questions et de remettre en cause vos certitudes avant d’être totalement pris au dépourvu par le revirement final (voire même par la double révélation finale).

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Publié par le 28 décembre 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] David Mitchell – Slade House

AU MENU DU JOUR

D. Mitchell - Slade House
Titre : Slade House
Auteur : David Mitchell
Éditeur : Éditions de l’Olivier
Parution : 2019
Origine : Angleterre (2016)
272 pages

De quoi ça cause ?

Slade House n’est accessible que pendant quelques jours, une fois tous les neuf ans. Le temps pour ses habitants, les jumeaux Norah et Jonah Grayer, d’y attirer leur future victime afin de se repaître de son âme.

Ainsi, entre 1979 et 2015, cinq individus (et quelques dommages collatéraux) tenteront résoudre l’énigme des disparus de Slade House…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

De David Mitchell je connaissais essentiellement La Cartographie Des Nuages et plus d’une fois j’ai été tenté de le lire ne serait-ce que pour avoir des éléments de comparaison avec son adaptation cinématographique Cloud Atlas réalisée par les Wachowski (initialement des frères, puis frère et sœur et aujourd’hui sœurs) et Tom Tykwer. Finalement, ayant trouvé que le film était une totale réussite je n’ai jamais franchi le pas de peur d’être déçu.

J’ai, au fil des temps, laissé passer quelques titres de l’auteur en me promettant de m’y mettre un jour ; c’est désormais chose faite avec son dernier roman en date.

Ma Chronique

Avec Slade House David Mitchell s’attaque à un grand classique du genre fantastique / horrifique en remettant sur le devant de la scène la maison hantée. Faire du neuf avec du vieux peut s’avérer payant à condition d’éviter l’impression de déjà-vu ; un écueil que l’auteur contourne sans mal en revisitant le thème avec une approche plutôt originale.

Le roman s’échelonne entre 1979 et 2015 et recense donc les cinq dernières apparitions de Slade House, chacune correspondant à une partie du récit. Outre la fameuse maison et le domaine qui l’entoure, la continuité de l’intrigue est assurée par les jumeaux maléfiques qui endosseront, selon leurs besoins, diverses personnalités leur permettant d’arriver à leurs fins (fin qui consiste justement à apaiser leur faim).

Cinq parties rédigées à la première personne, donnant la parole à chacune des victimes pour les quatre premières, et à Norah Grayer pour la dernière. Des approches différentes selon le narrateur et selon l’époque qui permettent à l’auteur de jouer avec divers arcs narratifs.

J’avoue que de prime abord je n’ai pas été emballé, c’est plutôt bien écrit et la lecture reste relativement fluide à défaut de susciter un réel intérêt. Heureusement que plus on avance dans le temps, plus les histoires deviennent intéressantes et plus on a envie de connaître le dénouement. La fin de la première partie sauve in extremis notre intérêt et notre curiosité de la léthargie qui les menaçait ; dès la seconde partie, ça ne fera qu’aller crescendo.

Le choix des victimes ne doit rien au hasard, les jumeaux Grayer ne se rabattent pas sur le premier quidam qui aurait la déveine de croiser leur chemin. Il leur faut des âmes suffisamment riches et denses pour les sustenter jusqu’à la prochaine apparition de Slade House.

Adeptes de l’horreur, si vous cherchez le grand frisson vous pouvez passer votre chemin. N’espérez avoir le sang qui se glace et le poil qui se hérisse au cours de votre lecture. Les Grayer ne se nourrissent que de l’âme de leurs victimes (point de festins de chair et de sang au menu), même si ce n’est pas forcément une partie de plaisir pour leurs proies, la description qu’en fait l’auteur serait presque poétique.

Au final j’ai apprécié cette découverte, ça m’a même donné envie de lire les autres romans de l’auteur, notamment L’Âme Des Horloges et Les Mille Automnes De Jacob Zoet qui semblent avoir un lien (même s’il est ténu) avec le présent roman.

Le hasard a voulu qu’au cours de mes pérégrinations sur le Net, je sois tombé simultanément sur deux versions du roman. La version française publiée par les Éditions de l’Olivier (c’est sur elle que j’ai jeté mon dévolu) et la version québécoise diffusée par les Éditions Alto sous le titre Cette Maison (cf la couverture ci-dessous).

D. Mitchell - Cette Maison

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Publié par le 6 août 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Emily Koch – Il Était Une Fois Mon Meurtre

AU MENU DU JOUR

E. Koch - Il était une fois mon meurtre

Titre : Il Était Une Fois Mon Meurtre
Auteur : Emily Koch
Éditeur : Calmann-Lévy
Parution : 2019
Origine : Angleterre (2018)
416 pages

De quoi ça cause ?

Alex Jackson est dans un profond coma suite à un accident d’escalade. C’est du moins le verdict sans appel énoncé par les médecins, mais si le corps d’Alex ne lui obéit plus, son esprit fonctionne à plein régime.

Prisonnier d’un corps inerte, Alex va réaliser, au fil des visites de ses proches et à partir des bribes de ses souvenirs, que sa chute pourrait bien ne pas avoir été accidentelle…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que le pari un peu fou de proposer un thriller ayant pour héros victime d’un locked-in syndrom avait de quoi titiller ma curiosité.

Parce que malheureusement la question de la fin de vie est plus que jamais d’actualité avec l’affaire Vincent Lambert, entre les parents qui souhaitent la poursuite de son hospitalisation et son épouse qui voudrait lui accorder le droit de mourir dans la dignité.

Ma Chronique

Je ne voudrais pas paraître fanfaronner en disant que la mort ne me fait pas peur, mais elle est de toute façon inéluctable, alors autant se faire une raison et ne plus y penser. Cette acceptation ne signifie pas pour autant que je sois pressé de passer de vie à trépas, j’aime la vie et j’entends bien continuer à la croquer à pleine de dents… et parfois même brûler la chandelle par les deux bouts. Par contre j’avoue sans fard que la dépendance et la souffrance me terrifient ; à ce titre le locked-in syndrom serait de loin mon pire cauchemar.

Et c’est justement ce qui arrive au héros du roman d’Emily Koch, Alex Jackson, bien que parfaitement conscient, il se retrouve prisonnier d’un corps qui ne lui obéit plus. Le moins que l’on puisse dire c’est que le choix du thème est plutôt audacieux pour un premier roman. Plus audacieux encore le choix de placer au centre d’un thriller un héros cloué dans son lit d’hôpital, incapable du moindre mouvement. Et pour couronner le tout, l’auteure nous propose un récit à la première personne, nous plaçant dans la peau et surtout l’esprit d’Alex.

Non seulement Emily Koch ose, mais en plus elle s’en tire d’une façon tout simplement magistrale, le résultat est tout simplement bluffant. Un tel degré de maîtrise a de quoi nous laisser sur le cul, et c’est quasiment KO debout (mais un sourire béat aux lèvres) que l’on referme ce bouquin.

L’auteure nous offre un huis clos époustouflant, d’autant que vous en aurez deux pour le prix d’un. D’une part quasiment tout le récit se déroule dans la chambre d’hôpital d’Alex, d’autre part Alex est enfermé dans son propre corps (d’où le nom français de syndrome d’enfermement parfois utilisé en lieu en place de l’anglicisme locked-in syndrom).

Alex dont seul l’esprit semble encore fonctionner normalement, qui ressent de fait non seulement les émotions, mais aussi les douleurs physiques liées à son état. Qui voudrait forcer son corps à répondre alors que celui-ci s’obstine dans son inertie. C’est depuis son lit d’hôpital qu’il essayera de comprendre ce qui lui est arrivé, aussi bien à partir des visites qu’il reçoit, qu’à partir des bribes de souvenirs qui se remettent peu à peu en place. Au fil des pages, on devient Alex, on lutte avec lui, on souffre avec lui, on doute avec lui.

Contre toute attente cette enquête semblable à nulle autre est captivante de bout en bout. Les différentes pièces du puzzle s’imbriquent à la perfection au fur et à mesure qu’Alex approche de la vérité sur les circonstances de sa chute.

Une des autres grandes forces de ce roman est de réussir à donner corps aux autres personnages uniquement par la perception qu’Alex a d’eux. Ça pourrait sembler un peu léger, mais là encore l’auteure tire parfaitement son épingle du jeu, tous prennent véritablement part au déroulé de l’intrigue.

Plus le dénouement approchait plus se posait la question de la fin, il eut vraiment été dommage que le charme soit rompu par un mauvais choix final ; un écueil adroitement contourné qui nous offre une fin en totale cohésion avec l’ensemble du récit (vous comprendrez aisément que je ne m’attarde pas sur la question).

Un thriller psychologique d’une rare intensité, mais aussi profondément humain. Encore une fois je tire mon chapeau à Emily Koch et lui décerne avec plaisir un doublé coup de cœur / coup de poing amplement mérité.

À la décharge des médecins, d’un point de vue strictement médical il n’est pas évident de différencier un locked-in syndrom comme celui d’Alex (le corps n’a aucune réaction, mais l’esprit fonctionne) d’un état de coma végétatif (dans lequel l’esprit est supposé être aussi inerte que le corps). Les ondes cérébrales échappent encore aux IRM, à moins de répondre à des schémas que le corps médical est en mesure d’interpréter.

Sur la question des soins en fin de vie (il en sera forcément question dans le roman) ma position est dans la logique de ce que j’ai écrit en ouverture de cette chronique ; si je ne veux ni souffrance ni dépendance, je ne peux donc qu’être farouchement opposé à toute forme d’acharnement thérapeutique.

La loi française étant encore frileuse sur la question, seules les directives anticipées permettent au patient de faire connaître ses choix (ça peut paraître macabre d’y penser alors que l’on est encore en pleine santé, mais c’est justement avant qu’il ne soit trop tard qu’il faut accomplir les démarches). Mon choix est fait, ma décision est irrévocable et c’est mon dernier mot Jean-Pierre.

Pour être totalement honnête, si j’en avais la possibilité et les moyens j’irais même beaucoup plus loin dans le baisser de rideau, un ultime voyage vers des contrées pratiquant l’euthanasie ou le suicide assisté avant d’aller boire un verre avec la Faucheuse.

MON VERDICT
Coup double

 

 
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Publié par le 19 juin 2019 dans Bouquins

 

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