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Archives de Tag: Littérature anglaise

[BOUQUINS] Alastair Reynolds – Vengeresse

AU MENU DU JOUR

A. Reynolds - Vengeresse

Titre : Vengeresse
Auteur : Alastair Reynolds
Éditeur : Bragelonne
Parution : 2018
Origine : Angleterre (2016)
408 pages

De quoi ça cause ?

Adrana et Arafura Ness, deux soeurs, intègrent, contre l’avis de leur père, l’équipage du Monetta, un voilier solaire commandé par le capitaine Rackamore. Leur tâche : apprendre à parler aux os et permettre ainsi au capitaine de diriger son vaisseau sur les écrins les plus rentables et assurer la sécurité de l’expédition.

Mais les écrins et leurs richesses attisent aussi la convoitise des pirates qui préfèrent attaquer un équipage sur le retour et les dépouiller sans avoir à s’exposer aux dangers des écrins. Pour les bâtiments de la Congrégation, il n’y de pires perspectives que de croiser la route du Voilier-Noir et de son impitoyable capitaine, la redoutable et redoutée Bosa Sennen…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que ça fait un bail que je n’ai pas plongé le nez dans un roman de science-fiction. Il s’avère que j’ai flashé sur la couv’ de celui-ci.

D’autre part le mélange de science-fiction et de flibusterie sur fond d’un space opera avait de quoi titiller ma curiosité.

Ma chronique

Alastair Reynolds est réputé pour appartenir à l’école hard SF (à partir des connaissances scientifiques actuelles on extrapole leur possible évolution future permettant ainsi de définir un éventuel futur plausible), avec Vengeresse il change de registre pour un space opera nettement plus abordable pour le grand public. Un pari gagnant puisque le roman a été récompensé en 2017 du Locus Award du meilleur roman young adult (même si ni l’auteur ni l’éditeur n’ont classé le roman dans cette catégorie).

De fait l’auteur nous plonge dans un futur lointain (très, très lointain), au cœur d’un univers qui a ses propres règles de fonctionnement, sans vraiment s’appesantir sur la question ; le lecteur est mis devant le fait accompli (c’est comme ça, point barre), du coup il faut un petit moment pour vraiment entrer au cœur du récit. Soyez assurés qu’une fois vos repères trouvés (et ça vient assez vite finalement), la magie opère et l’on se laisse guider par l’imagination d’Alastair Reynolds.

Plutôt que de prendre le risque de vous gâcher l’effet de surprise et le plaisir de la découverte (bon OK, aussi un peu parce que je suis en mode grosse feignasse aujourd’hui), je ne m’épancherai pas sur les fondamentaux de cet univers. Disons simplement que la Congrégation est le résultat de treize Occupations successives (ou vagues extra-terrestres, plus ou moins hostiles) et que chacune a laissé des traces technologiques de son passage.

C’est le premier roman que je lis de cet auteur et ne revendiquant aucune affection particulière pour la hard SF je me suis lancé sans le moindre a priori. Le mélange des genres entre SF et flibusterie avait titillé ma curiosité, force est de constater que le charme a opéré chez moi ; cette chasse au trésor version futuriste et interplanétaire m’a emballé (même si j’aurai apprécié que certains éléments de l’intrigue soient un peu plus développés).

Le récit est écrit à la première personne, c’est Arafura ‘Ara’ Ness qui nous fait vivre l’intrigue de son point de vue. Un choix qui contribue à dynamiser le récit même si cela se fait au détriment des personnages qui manquent parfois de profondeur. On assiste certes à l’évolution d’Ara au fil de son aventure, mais les autres sont un peu laissés pour compte. Peut-être un choix délibéré de l’auteur compte tenu du jeune âge de sa narratrice (au début du roman elle n’est pas encore majeure).

J’espérais beaucoup du personnage de Bosa Sennen et sur ce point la sauce a eu du mal à prendre. Certes elle ne manque de cruauté, mais c’est limite surjoué et cliché (la truffe qui parle d’elle à la troisième personne, elle se prend pour Jules César l’autre). Qui plus est on devine rapidement qui elle est (ou a été) avant de devenir Bosa Sennen.

Un roman de SF clairement orienté grand public qui aurait gagné à être un peu plus étoffé. À ce titre je peux comprendre qu’il ait pu surprendre, voire décevoir, les puristes, notamment les fans d’Alastair Reynolds. D’un autre côté c’est peut-être aussi l’occasion d’attirer un public moins élitiste (n’y voyez là aucune consonance péjorative) vers la SF.

D’ores et déjà une suite est annoncée pour début 2019 (en VO), espérons que Bragelonne nous proposera une traduction française rapidement (Vengeresse est paru en 2016, il a fallu attendre 2018 pour le découvrir en VF). Pas de cliffhanger haletant à la fin de ce roman, la première phase de l’histoire est bouclée, la suite devrait donc donner à l’intrigue une tout autre dimension tout en restant dans la continuité de l’intrigue.

Ce premier tome est une sympathique introduction à un univers potentiellement prometteur, au vu des questions restées sans réponse en refermant le bouquin, gageons que la suite ne pourra qu’être plus consistante. Est-ce qu’un second tome suffira à boucler la boucle ou va-t-on s’orienter vers une trilogie (et plus si affinités) ? À l’heure qu’il est je pense que seul Alastair Reynolds est en mesure de répondre à cette question…

MON VERDICT

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Publié par le 15 août 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Rebecca Fleet – L’Echange

AU MENU DU JOUR

R. FLeet - L'Echange

Titre : L’Echange
Auteur : Rebecca Fleet
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2018
Origine : Angleterre
336 pages

De quoi ça cause ?

Caroline et Francis s’offrent une semaine de vacances via un site d’échange de maison. Une semaine pour se retrouver après que le couple ait traversé des moments difficiles.

À peine entrée dans leur maison de vacances, Caroline ressent une impression de malaise qu’elle ne peut s’expliquer ; elle comprend peu à peu que de petits détails semés çà et là dans cette maison la renvoient au souvenir de la période la plus sombre de leur vie de couple, à ce moment d’égarement qu’elle voudrait oublier faute de pouvoir l’effacer de sa vie.

Et pendant ce temps-là, leur hôte prend ses aises chez Caroline et Francis…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est La Bête Noire et que je ne désespère pas de remonter, lentement mais surement, mon retard leur catalogue… Vu le rythme de croissance de mon Stock à Lire Numérique, c’est loin d’être gagné !

Un roman que j’avais sollicité via NetGalley début juin, demande restée lettre morte auprès des éditions Robert Laffont (pas de refus, à ce jour ma demande est toujours en instance). Du coup j’ai décidé de me fier à l’adage « on est jamais mieux servi que par soi-même » pour me faire une opinion sur ce bouquin.

Ma chronique

Pour son premier roman, Rebecca Fleet se frotte au thriller psychologique ; un genre qui a le vent en poupe depuis quelques années et est décliné sous toutes les formes possibles et imaginable. Sans révolutionner le genre, la jeune britannique parvient à tirer son épingle du jeu, non seulement L’Echange s’avérera rapidement très addictif, mais surtout le roman vous réservera un retournement de situation des plus inattendus.

L’intrigue se construit autour d’une succession répétée d’un triplet de chapitres, il y a les Ailleurs vous feront vivre l’intrigue présente (2015) vue par les yeux de Caroline, suivront les Ici qui vous renverront en 2013, le plus souvent via Caroline, mais parfois par l’intermédiaire de Francis et enfin des chapitres sans nom qui vous placeront dans la peau de l’hôte qui prend possession de la résidence de Caroline et Francis.

2013. Francis n’est plus que l’ombre de lui-même, accro aux médocs il ne s’intéresse à rien ni personne. Caroline est à bout à force de prendre sur elle, tant et si bien qu’elle voit en Carl, un collègue du bureau, une échappatoire au naufrage de sa vie privée. De fil en aiguille leur complicité se transforme en amitié combinée à un jeu de séduction qui repousse toujours plus loin les limites.

Ah que voilà un triangle amoureux on ne peut plus classique… trop classique même, me direz-vous ! C’est aussi ce que je me suis dit pendant longtemps, sans pour autant que cela ne vienne contrarier mon envie d’en savoir toujours plus sur le déroulé de l’intrigue, jusqu’à ce qu’une phrase de l’auteure vienne balayer toutes nos certitudes et recadre complètement l’intrigue. Dès lors plus moyen de lâcher le bouquin tant on veut comprendre les enjeux de cette nouvelle mise en perspective !

La force d’un thriller psychologique repose sur la profondeur de ses personnages, une faille à ce niveau et la pièce montée attendue se transforme en une vulgaire pâtisserie industrielle à deux balles… Rebecca Fleet évite avec brio cet écueil. Et pourtant il serait facile de faire de Caroline une blanche colombe et de Francis la vilaine corneille galeuse (me demandez pas si une corneille peut choper la gale, je n’en ai pas la moindre idée). Sans aller jusqu’à victimiser Francis (faut pas pousser non plus), vous aurez parfois envie de coller des claques à Caroline, voire mettre de lui foutre un grand coup de boule histoire de la recadrer (et je ne parle pas des coups de boules que Carl finira par lui mettre… finesse quand tu nous tiens !).

Pour un premier roman, l’auteure frappe fort et bien et une fois de plus La Bête Noire nous permet de découvrir une pépite.

Le seul truc dommage avec ce bouquin c’est qu’on aurait envie de s’épancher sur le sujet (les thématiques ne manquent pas), mais on se contraint à la modération pour éviter d’en dire trop. Et ce n’est pas une excuse pour la légèreté de cette chronique, je ne vous permets pas ! Non, mais.

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Publié par le 3 août 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] David Kirk – L’Honneur Du Samouraï

AU MENU DU JOUR

D. Kirk - L'Honneur du Samouraï

Titre : L’Honneur Du Samouraï
Série : Musashi Miyamoto – Tome 2
Auteur : David Kirk
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2018
Origine : Angleterre (2015)
528 pages

De quoi ça cause ?

Après la bataille de Sekigahara, et une fois sa vengeance accomplie, Musashi a décidé qu’il ne prêterait plus jamais allégeance un seigneur. Ne se reconnaissant plus dans le code d’honneur des samouraïs, il ne suivra désormais qu’une voie, la sienne.

À Kyoto, les samouraïs de l’école Yoshioka, n’ont pas oublié l’affront de Musashi sur le champ de bataille. Bien décidés à laver l’insulte, ils missionnent l’un des leurs, le Seigneur Akiyama, afin qu’il élimine Musashi.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est la suite du Samouraï et qu’il me tardait de découvrir ce qu’il allait advenir de Musashi à l’issue de la bataille de Sekigahara.

Ma chronique

Dans ce second opus du cycle qu’il consacre à Musashi Miyamoto, David Kirk nous propose de suivre son héros depuis la fin de la bataille de Sekigahara (il a alors 17 ans) jusqu’à son séjour à Kyoto et les multiples duels qui l’opposeront aux samouraïs Yoshioka (21 ans).

Si Musashi a accompli sa vengeance, il n’en est pas pour autant apaisé. Têtu comme une mule, impulsif, voire sanguin, il ne peut s’empêcher de haranguer et de provoquer ceux qui ne partagent pas sa vision des choses (les samouraïs fidèles à la Voie). Une véritable tête à claques, plus d’une fois son comportement de gamin capricieux m’a hérissé le poil (même si je partage son avis sur l’aberration qu’est la Voie du Samouraï et ses traditions d’un autre temps) !

C’est encore Ameku, une aveugle qui partagera un bout de chemin avec lui, qui définit le mieux le caractère du bonhomme et n’hésite pas à le lui dire en face :

« Vous maudissez toujours les autres. Le monde. La Voie. Mais vous-même, non, jamais. Des mots, des mots, et encore des mots. Et qu’est-ce qui se cache sous les mots ? De la colère. Ils ont tort, je veux bien. Mais vous aussi, vous avez tort. Absolument. »

Musashi ayant été dans le camp des vaincus, il aurait dû, selon les préceptes de la Voie, se donner la mort en suivant le rituel du Seppuku. En refusant de se soumettre à ce qu’il estime être une aberration, il devient un paria aux yeux des vainqueurs, un fugitif, un furoncle à éradiquer pour soigner la splendeur des vainqueurs… Eh oui, ça ne rigolait pas à l’époque !

La situation étant ce qu’elle est, en plus du « contrat » que les Yoshioka ont mis sur la tête de Musashi, ce second opus fait la part belle à l’action. C’est violent, sanglant (forcément ,un combat au sabre ça coupe… surtout quand ledit sabre est parfaitement aiguisé), les membres et les têtes volent, les tripes prennent l’air, mais c’est écrit sans chercher à se vautrer dans la violence gratuite ou la surenchère gore. L’auteur nous fait simplement prendre conscience de la réalité implacable d’un duel au sabre.

Le roman ne se contente pas d’enchaîner les scènes de combat, il s’attarde aussi sur la psychologie des personnages, les liens qui les unissent et leur rapport à leur fonction/contexte. Il n’y a pas que Musashi qui semble avoir du mal à trouver sa place et sa raison d’être.

Akiyama, le samouraï envoyé à la poursuite de Musashi par les Yoshiokas, se questionne sur sa position au sein de l’école, lui l’enfant bâtard, accepté, mais jamais véritablement intégré, relégué aux taches secondaires malgré une dévotion sans faille.

Goémon, capitaine de la garde et ambassadeur du Seigneur Togukawa à Kyoto, n’est guère mieux loti. Les habitants, traditionnellement attachés aux Yoshioka, ne voient en lui qu’un émissaire d’Edo et lui même a bien du mal à se sentir chez lui dans cette cité qui le méprise.

Cette opposition Togukawa / Yoshioka donne au si une dimension « politique » à l’intrigue, les magouilles et les complots font partie intégrante du quotidien de Kyoto. Chacun cherchant à manœuvrer ses pions au mieux afin d’affaiblir l’autre.

De nouveau j’ai été en totale immersion au sein du Japon médiéval (et ce n’est pas de tout repos, vous l’aurez compris), une lecture tout simplement captivante, sans aucun temps mort. Je n’étais pas sûr que, passée la curiosité initiale, le parcours de Musashi continuerait de me passionner ; force est de reconnaître que je me suis trompé. Je suis de plus en plus accro !

Il est assez paradoxal de découvrir (pour ma part en tout cas) que celui qui est considéré comme l’un des plus grands maîtres escrimeurs (voire tout simplement le plus grand samouraï) de tous les temps a bâti sa renommée en tant que samouraï sans maître, un ronin, un « titre » loin d’être honorable (presque une insulte) aux yeux des « vrais » samouraïs et de leurs maîtres.

L’auteur avoue sans complexe avoir pris certaines libertés avec la réalité historique (tout en respectant les grandes lignes), d’une part pour combler les nombreux blancs laissés par l’histoire connue de Musashi, d’autre part afin de donner plus de vie et plus de rythme à son intrigue. Un choix qui ne me dérange nullement pour ma part tant que la qualité du récit est au rendez-vous, en l’occurrence elle l’est au-delà de toutes mes espérances.

Après plus de cinq ans passés à travailler sur le cas Musashi, David Kirk a décidé de s’accorder une pause et de passer à autre chose avant de reprendre sa saga. Sachant que ce second tome est paru, dans sa version originale, en 2015 et que le troisième n’a pas encore été publié (même si, de l’aveu même de l’auteur, son écriture est déjà bien avancée), espérons que ladite pause touche à sa fin…

Allez savoir pourquoi je m’étais imaginé que la saga consacrée à Musashi Miyamoto serait une trilogie, j’ai découvert, en parcourant les différentes interviews de David Kirk, qu’elle serait, a priori, constituée de cinq tomes. Ma trilogie se transforme en pentalogie… il est plus que temps que l’auteur mette fin à sa pause et remette le pied à l’étrier (en l’occurrence se serait plutôt les doigts au clavier). J’aimerai connaître la fin de l’histoire avant de sucer les pissenlits par la racine !

À la décharge de l’auteur, chacun de ses tomes (au vu des deux premiers en tout cas) bénéficie d’une fin qui ne laissera aucun sentiment de frustration au lecteur ; on suit Musashi au cours d’une période précise de son histoire, puis d’une autre… Autant à la fin du Samouraï l’on pouvait avoir une vague idée ce que nous réserverait la suite (la confrontation avec les Yoshioka), autant, en refermant L’Honneur Du Samouraï, nous n’avons pas l’ombre d’un indice sur la suite du périple de Musashi. Une bonne raison de plus d’avoir hâte de découvrir la suite…

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Publié par le 16 juillet 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Julia Chapman – Rendez-Vous Avec Le Crime

AU MENU DU JOUR

J. Chapman - Rendez-vous avec le crime

Titre : Rendez-Vous Avec Le Crime
Série : Les Détectives Du Yorkshire – Tome 1
Auteur : Julia Chapman
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2018
Origine : Grande-Bretagne (2017)
408 pages

De quoi ça cause ?

Le retour de Samson O’Brien à Bruncliffe, paisible hameau du Yorkshire, ne passe pas inaperçu et est loin de faire l’unanimité auprès des résidents. Il faut dire qu’il est parti quatorze ans plus tôt avec pertes et fracas, pour ne plus jamais donner de nouvelles. Et en plus il s’installe comme détective privé.

Pour Delilah Metcalfe, qui loue à Samson le bureau qu’il occupe, la situation n’est guère plus reluisante. Elle ne pouvait pas s’offrir le luxe de refuser un loyer salutaire compte tenu des difficultés qu’elle traverse, son agence matrimoniale ayant du mal à prendre son envol. Alors tant pis, quitte à passer pour une pestiférée auprès de ses concitoyens, et accessoirement de sa propre famille, elle s’accommodera de ce locataire indésirable.

Samson et Delilah vont devoir unir leurs efforts afin de mettre fin à une série de meurtres qui s’abat sur Bruncliffe. Me point commun entre les différentes victimes, ce sont tous des clients de Delilah…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est La Bête Noire, une collection de Robert Laffont qui s’est spécialisée dans le thriller musclé et noir, et que j’ai pris un sacré retard dans la découverte de leur catalogue.

Ce titre titillait tout particulièrement ma curiosité. Comment un polar d’apparence typiquement so british a bien pu intégrer cette collection dédiée aux ambiances sombres ?

Ma chronique

Je ne ferai pas durer éternellement le suspense, Rendez-Vous Avec Le Crime est bel et bien un polar typiquement anglais. Même si les morts brutales se succèdent, l’ambiance reste plutôt légère (à l’image de sa couv’ très colorée) avec de nombreuses touches d’humour çà et là. Surprenant de trouver un polar aussi soft au catalogue de La Bête Noire, mais un peu de légèreté n’a jamais fait de mal à personne.

Force est de reconnaître que j’ai bien aimé l’ambiance générale du roman, il en ressort une certaine bonne humeur qui ne nuit en rien à l’enquête policière menée par Samson et Delilah. J’ai passé un bon moment à côtoyer les habitants de Bruncliffe, même si certains sont particulièrement antipathiques (j’ai tout de suite pris en grippe le personnage de Rick Procter, l’agent immobilier) ; heureusement la plupart sont fort sympathiques, même si d’apparence un peu rustre. Un petit bled où tout le monde connaît tout le monde et où propager rumeurs et potins semble être un sport national pratiqué assidûment par tous.

J’ai bien aimé les personnages de Samson et Delilah, au cœur de l’enquête ils se complètent plutôt bien. Samson n’étant pas vraiment un expert en relation humaine alors que Delilah parvient sans effort à mettre les gens en confiance. Heureusement Samson peut compter sur ses sens affûtés par des années de service dans la police londonienne, pour tirer profit du moindre indice ou début de piste.

Coup de coeur aussi pour les résidents de Fellside Court, sympathique maison de retraite qui héberge notamment Joseph O’Brien, le père de Samson, et toute une bande de joyeux drilles.

Impossible de ne pas vous parler de Calimero, le chien de Delilah, un braque de Weimar (à ne pas confondre avec le branque de Neymar, spécimen endémique du Brésil ayant de grosses difficultés à rester en position debout suffisamment longtemps pour s’adonner à son passe-temps préféré : courir après les baballes), qui souffre de crise d’angoisse depuis que sa maîtresse s’est séparée de son mec. Au grand dam de Delilah, le chien va voir en Samson la figure masculine (paternelle ?) qui lui fait tant défaut…

Certes l’enquête n’est pas du genre à faire grimper l’adrénaline en flèche, prévisible même par certains aspects que l’on devine avant nos héros, il n’en reste pas moins que c’est une lecture agréable et plaisante qui ne vous demandera pas de trop faire chauffer les méninges.

Un premier tome qui donne le ton de la série à venir en plus de poser le décor et les personnages. J’aurai plaisir à retourner très prochainement à Bruncliffe afin de voir comment évolue tout ce petit monde. Ça tombe bien, le second tome, Rendez-Vous Avec Le Mal, est d’ores et déjà disponible dans la même collection. Un troisième opus existe en anglais, non encore traduit à ce jour.

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Publié par le 5 juillet 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Cara Hunter – Sous Nos Yeux

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C. Hunter - Sous nos yeux

Titre : Sous Nos Yeux
Auteur : Cara Hunter
Éditeur : Bragelonne
Parution : 2018
Origine : Angleterre
331 pages

De quoi ça cause ?

La petite Daisy Mason, 8 ans, disparaît alors que ses parents donnaient une grande fête à la maison.

Rapidement l’inspecteur Adam Fowley et son équipe, en charge de l’enquête, vont mettre à mal la version des parents Sharon et Barry. Et le frère ainé, Leo, quel lourd secret semble peser sur ses frêles épaules ?

Alors que la police pointe du doigt les incohérences de certains témoignages, les réseaux sociaux se déchaînent contre les parents. Et la petite Daisy demeure introuvable… Adam Fowley sait que le temps leur est compté s’ils veulent la retrouver vivante.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que les éditions Bragelonne, par l’intermédiaire du site NetGalley, ont eu la gentillesse de me faire parvenir un service de presse (SP) du roman afin que je le critique sur le site et sur mon blog.

Parce que ça fait un moment que j’accumule les thrillers de Bragelonne sans jamais trouver le temps de les lire. Il va falloir y remédier s’ils sont tous de cette trempe !

Ma chronique

Je remercie les éditions Bragelonne et le site NetGalley de m’avoir donné l’opportunité de découvrir ce roman via un SP. J’espère être à la hauteur de leur confiance tout en préservant mon libre arbitre en rédigeant une chronique totalement impartiale.

En matière de polar / thriller on peut faire plus original qu’une histoire de disparition d’enfant, certes, mais à en l’adage c’est bien « dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe« . Il suffit d’y apporter sa touche personnelle pour donner à un nouveau goût à une saveur d’apparence classique. Et c’est justement ce que fait Cara Hunter à l’occasion de son premier roman.

La première originalité vient de la multiplication des styles narratifs. On passe d’un récit à la première personne quand on suit Adam Foley, à une narration à la troisième personne quand ce sont d’autres personnages qui sont mis en avant. Le tout entrecoupé d’extraits de divers médias (presse, radio, Facebook, Twitter…) et de flashbacks présentés dans un ordre antéchronologique (de plus récent au plus ancien). Sur le papier ça peut sembler un peu bordélique, mais je vous assure qu’à la lecture ça passe comme une lettre à la poste.

Pour rester dans l’originalité, l’auteure présente son récit sans le moindre chapitrage, en un bloc unique. Les différents blocs sont séparés par un couillard (non seulement ce mot existe, mais j’ajouterai qu’il n’a aucune connotation sexuelle déplacée) de trois astérisques (***). Là encore c’est un choix qui n’a en rien perturbé ma lecture, sauf quand je passais du PC à la liseuse et inversement, il me fallait un peu de temps pour retrouver la bonne page.

Rassurez-vous ce roman ne se distingue pas uniquement par son « architecture » atypique, son intrigue devrait vous tenir en alerte et jouer avec vos nerfs. Cara Hunter sait y faire pour brouiller les pistes, de nombreux rebondissements viendront remettre en perspective certaines vérités que vous teniez pour acquises et soulever de nouveaux questionnements. Vous n’avez pas fini de vous arracher les cheveux avant de découvrir le fin mot de l’histoire, mais est-ce vraiment le mot de la fin ? L’épilogue répondra à cette question… Et nul doute que ladite réponse laissera plus d’un lecteur sur le cul (moi le premier).

Une construction atypique, mais loin d’être bancale, une intrigue menée de main de maître, on flirte avec le sans fautes. Encore faut-il que les personnages soient à la hauteur. Et ils le sont !

A commencer par Adam Fowley, l’inspecteur en charge de l’enquête. Une enquête qui a pour lui une saveur toute particulière. En effet, il y a tout juste un an, le couple Fowley perdait leur fils unique. Autant dire qu’il se sent impliqué jusqu’au plus profond de son être et qu’il fera tout pour faire éclater la vérité.

Heureusement Fowley pourra compter sur le soutien sans faille de son équipe, l’auteure semble avoir mis un point d’honneur tout particulier à mettre en avant le côté humain de ses personnages tout autant que leur qualité de flic de terrain.

Et du côté obscur nous trouvons la famille Mason. Il ne faut gratter longtemps sous l’apparente respectabilité pour découvrir des zones d’ombre, et plus on gratte plus la crasse remonte à la surface. Difficile d’éprouver une once de sympathie pour Barry et Sharon Mason. Difficile aussi de cerner le personnage de Leo, le frère aîné. Il semble y avoir tellement de secrets de cette famille que tous feront, à un moment ou à un autre, figure de suspect, voire de coupable idéal. Pour tout vous dire (ou presque), même Daisy, du haut de ses 8 ans, n’est pas forcément une blanche colombe…

Je terminerai par les anonymes qui derrière leur compte Facebook ou Twitter commentent et jugent (souvent sans avancer le moindre argumentaire). Une façon intelligente de pointer du doigt les risques de dérives liés l’utilisation des réseaux sociaux…

Une belle découverte et une sacrée réussite pour un premier roman. C’est avec plaisir que je retrouverai Cara Hunter pour d’autres enquêtes d’Adam Fowley (un second roman est d’ores et déjà disponible en VO, nul doute que Bragelonne devrait nous proposer une traduction dans les mois à venir).

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Publié par le 5 juin 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] C.J. Tudor – L’Homme Craie

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CJ Tudor - L'homme craie

Titre : L’Homme Craie
Auteur : C.J. Tudor
Éditeur : Pygmalion (France) / Flammarion (Québec)
Parution : 2018
Origine : Angleterre
384 pages

De quoi ça cause ?

Anderbury, 1986. Cinq ados, amis inséparables, Eddie, Gros Gav, Hoppo, Mickey et Nicky, vont vivre quelques mois ponctués d’événements dramatiques qui vont les changer à jamais. Le fil rouge de ces drames, des bonshommes grossièrement dessinés à la craie.

Anderbury, 2016. A quelques jours d’intervalles reçoit une lettre anonyme contenant un dessin à la craie d’un pendu et un morceau de craie, ainsi qu’un appel de Mickey qui souhaite le rencontrer alors que ça fait des années qu’ils ne se parlent plus.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Incontestablement le déclencheur a été la couv’, à la fois so(m)bre et intrigante. Le pitch proposé en quatrième de couv’ s’annonçant prometteur, il n’en fallait pas plus pour que je craque.

Pourquoi ne pas l’avoir laissé prendre la poussière dans l’immensité de mon Stock à Lire Numérique (comme bon nombre de ses congénères injustement oubliés) ? C’est internet (blogosphère, Babelio, Facebook…) qui l’a boosté en pole position.

Ma chronique

En signant ce premier roman, un polar noir à souhait, l’auteure, CJ Tudor, semble s’être appuyée sur l’adage populaire qui affirme que « C’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe« . En effet, si le bouquin reste plutôt classique tant par son intrigue que par sa structure, il n’en est pas moins réussi, parfaitement abouti et redoutablement efficace.

Que demande le lecteur ? Un bouquin original raté ou plutôt un classique réussi ? Je ne sais pas pour vous, mais perso j’opte sans hésitation pour le second choix. Bon OK, dans l’idéal je pencherai pour un bouquin original ET réussi, mais à défaut un bouquin « juste » réussi me convient parfaitement (surtout après la déception ressentie à la lecture de Sleeping Beauties). A ce titre L’Homme Craie remplit pleinement sa mission.

Si CJ Tudor ne s’écarte guère des sentiers battus, ça n’empêche pas son intrigue d’être hautement addictive. On est happé dès les premières pages et la découverte d’un corps démembré auquel il manque la tête, ensuite plus moyen de lâcher le bouquin avant de connaître le fin mot de l’histoire. A chaque fois que je refermais le roman, je n’avais qu’une hâte, m’y remettre ! Mais bon faut bien manger et dormir de temps en temps (et accessoirement profiter d’un apéro).

L’histoire est écrite à la première personne, c’est Eddie qui nous fait partager ses souvenirs et son périple à la recherche de la vérité. Les chapitres, courts et percutants, alternent donc entre 1986 et 2016, on sent une réelle volonté de l’auteure d’aller à l’essentiel sans égarer le lecteur en digressions (inutiles ajouterai-je) de forme et de fond.

Le groupe d’ados qui se retrouve, des années plus tard, confronté au passé qui refait brusquement surface n’est sans doute pas sans vous rappeler Ça, le cultissime roman de Stephen King. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est totalement fortuit, l’auteure revendiquant le fait d’être une grande fan de Stephen King. Histoire de boucler la boucle, j’ajouterai que Stephen King a avoué avoir été impressionné par le roman de CJ Tudor.

Si l’auteure soigne son intrigue (qui vous réservera, je n’ai aucun doute là-dessus, quelques surprises de taille), elle ne néglige pas pour autant ses personnages. A commencer par notre fameux quintet adolescent, et plus tard, adulte ; chacun à sa propre personnalité et son parcours qui le rend unique. Les personnages secondaires bénéficient du même soin, selon le bon vouloir de l’auteure vous les trouverez sympathiques ou les prendrez en grippe.

Ce qu’il y a de frustrant dans le fait de rédiger la chronique d’un polar ou d’un thriller réussi c’est de devoir se retenir. On voudrait partager son enthousiasme sur des biens points, mais il faut savoir se refréner au risque d’en dire trop.

Aussi me contenterai-je dire que CJ Tudor répond à l’essentiel des questions soulevées au fil des chapitres, s’il reste quelques zones d’ombres non résolues, je ne pense qu’il s’agisse d’une négligence de l’auteure. Comme dans la vraie vie, on ne peut toujours avoir réponse à tout. Qui plus est en aucun cas ces absences de réponses ne nuisent à la compréhension de l’intrigue.

Un premier roman qui place la barre haut, et aussi un sacré tour de force pour CJ Tudor puisque son roman bénéficie d’une publication internationale quasi immédiate. Comme quoi les vieux dictons populaires ne disent pas toujours des conneries sans queue, ni tête…

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Publié par le 9 avril 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] David Kirk – Le Samouraï

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D. Kirk - Le Samouraï

Titre : Le Samouraï
Série : Musashi Miyamoto- Tome 1
Auteur : David Kirk
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2014
Origine : Angleterre (2013)
416 pages

De quoi ça cause ?

Bennosuke, 13 ans, est élevé par son oncle Dorinbo, un moine officiant au temple bouddhiste de Miyamoto. Le jeune garçon rêve de devenir un célèbre samouraï, à l’image de son père, Munisai, qui a quitté le village 8 ans plus tôt.

Munisai revient s’installer à Miyamoto après avoir offensé le fils d’un seigneur allié. Il espère que les choses se tasseront s’il se fait oublier en assurant la régence administrative du village.

Bennosuke va découvrir une vérité insoupçonnée sur ses parents, mais il faudra plus que ça pour entamer sa volonté de suivre la voie du sabre…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Je suis dans une phase japonisante en ce moment, peut-être un effet secondaire de ma forte consommation de sushis ces derniers jours. Mais attention je n’ai que faire du Japon contemporain, c’est le Japon médiéval et ses samouraïs qui m’attire…

Et tant qu’à faire autant se pencher sur le cas du plus célèbre des samouraïs : Musashi Miyamoto.

J’aurai pu jeter mon dévolu sur l’ouvrage considéré comme étant LA référence sur le sujet, le fameux Musashi de Eiji Yoshikawa, paru en 1935 et décliné en français en deux volumes : La Pierre Et Le Sabre et La Parfaite Lumière. J’ai privilégié une approche de l’extérieur (David Kirk est britannique de naissance , il vit au Japon depuis une dizaine d’années) et une écriture plus moderne.

Ma chronique

Au Japon Musashi Miyamoto est tellement célèbre qu’il est quasiment devenu un personnage de légende, il peut parfois s’avérer difficile dans un tel contexte de distinguer les faits historiques et les éléments de fiction destinés à embellir la vérité. C’est encore plus vrai quand la transmission se fait principalement par voie orale ou picturale.

De fait il n’existe aucune véritable biographie de Musashi Miyamoto. Le roman Musashi de Eiji Yoshikawa a beau être considéré comme l’ouvrage de référence sur la vie du célèbre samouraï, ça demeure un ouvrage de fiction qui prend parfois certaines libertés avec l’Histoire (ne serait-ce que pour pallier certains blancs). En langue anglaise c’est Musashi, Le Samouraï Solitaire de William Scott Wilson qui semble se rapprocher le plus d’une biographie de Musashi Miyamoto.

David Kirk reconnaît que le livre de William Scott Wilson a été sa principale source documentaire, complété par les écrits de Musashi Miyamoto, dont le fameux Traité Des Cinq Roues (aussi appelé Livre Des Cinq Anneaux). Le Samouraï est le premier volet d’une trilogie (?) qu’il consacre à Musashi, le second tome, L’Honneur Du Samouraï est déjà disponible en français et le troisième (et dernier ?) est encore en cours de rédaction.

Dans ce premier opus, l’auteur nous invite à suivre le parcours initiatique de Bennosuke Hirata (qui deviendra plus tard Musashi Miyamoto) entre ses 13 et 16 ans.

C’est à 13 ans que Bennosuke va retrouver son père. Des retrouvailles sur fond d’un terrible secret concernant la mort de sa mère et les conditions du départ précipité de son père, huit ans plus tôt. Pas franchement les conditions idéales pour rétablir une relation père / fils des plus épanouies ! Il n’en reste pas moins que Munisai va aider Bennosuke à se perfectionner dans l’art du maniement du sabre.

Un enseignement qui s’avèrera fort utile puisque c’est aussi à l’âge de 13 ans que Bennosuke va livrer son premier combat en duel et tuer un homme pour la première fois.

A partir de là notre brave Bennosuke n’aura guère d’occasion de se la couler douce. Entre le désir de vengeance du fils d’un seigneur face à l’humiliation que le jeune samouraï lui a infligé, puis sa propre soif de revanche, la vie ne sera plus jamais un long fleuve tranquille…

Dans ce premier tome, les relations entre les personnages occupent une place essentielle. Qu’il s’agisse du lien entre Bennosuke et Munisaï, une relation tumultueuse qui connaîtra bien des évolutions au fil des pages. Mais Bennosuke sera aussi tiraillé entre Munisaï et Dorinbo, ce dernier aimerait le voir suivre une voie plus spirituelle tout en sachant que le gamin rêve de devenir un samouraï.

C’est aussi l’organisation même du Japon médiéval, un système qui repose sur des liens hiérarchiques stricts, qui place le relationnel au centre de tout. Dans le roman un artisan explique ainsi les choses à Bennosuke :

« Tout est question de hiérarchie, pas vrai ? Tout en haut siège l’empereur, qu’on ne voit jamais, et après… Mon lot est de servir le samouraï que vous êtes, et vous, vous servez le seigneur Shinmen. Il a du pouvoir, mais pas tant que ça. Il obéit aux Grands Seigneurs, et au-dessus d’eux il y a encore un petit groupe d’hommes dont la fonction n’a pas de nom précis. On peut les appeler les Très Grands Seigneurs, si l’on veut, et le plus proche de nous est le seigneur Ukita. Et qui est-ce qui le commande, celui-ci ? »

Ce à quoi Bennosuke répondra : « Le régent Hideyoshi Toyotomi. »

Un système qui ne souffre d’aucune exception, quiconque oserait s’attaquer à un individu de rang supérieur se verrait accuser d’un crime majeur puni par la mort du coupable (il est donc théoriquement inconcevable qu’un samouraï s’en prenne à un seigneur).

Le revers de la médaille, dans les strates les plus hautes, étant le risque d’attiser les convoitises et complots en tout genre au moindre signe de faiblesse d’un supérieur.

C’est d’ailleurs ce qui conduira à la bataille de Sekigahara, qui opposera les armées du clan Toyotomi (prétendants légitimes à la succession) à celles du clan Tokugawa, décrite dans la dernière partie du roman.

David Kirk nous plonge en totale immersion dans son intrigue, ne négligeant aucun aspect du récit (personnages, rythme…) qui s’avérera à la fois instructif (j’avoue sans la moindre honte que je n’avais que de très vagues connaissances sur le sujet), entraînant et addictif (difficile de lâcher prise une fois embarqué dans l’histoire).

J’ai pris énormément de plaisir à lire ce bouquin, d’autant plus que le style sans fioriture permet une grande fluidité de lecture, il me tarde donc de me plonger dans le second opus tout en espérant déjà que le troisième ne tardera pas trop à voir le jour (ceci dit je conçois volontiers qu’après cinq ans de travail sur ces deux premiers tomes, David Kirk ressente le besoin de faire un break).

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Publié par le 14 mars 2018 dans Bouquins

 

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