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Archives de Tag: Littérature américaine

[BOUQUINS] Jack Ketchum & Lucky McKee – Comme Un Chien

AU MENU DU JOUR

J. Ketchum & L. McKee - Comme un chien

Titre : Comme Un Chien
Auteur : Jack Ketchum & Lucky McKee
Editeur : Bragelonne
Parution : 2017
Origine : USA (2016)
264 pages

De quoi ça cause ?

Dans la famille Cross Delia est l’enfant prodige, une star que les sponsors s’arrachent. Et pour les parents la poule aux oeufs d’or, Patricia, sa mère est aussi son manager, elle dirige sa vie d’une main de fer, imposant à sa fille des cadences infernales. Et pourtant Delia ne se plaint jamais, elle trouve son réconfort auprès de Caity, sa chienne, sa meilleure amie.

Et puis un jour c’est l’accident, Delia est gravement brûlée, défigurée. Elle ne doit la vie qu’à l’intervention courageuse de Caity qui n’hésitera à se mettre en danger pour sauver sa jeune maîtresse. La fin d’une carrière prometteuse ? Non ! Pas question que Patricia renonce à ses rêves de grandeur et de fortune ; qu’importent la morale et le bien-être de sa fille…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Jack Ketchum (même s’il n’est pas tout seul sur le coup) et que c’est la certitude d’avoir un roman qui envoie du lourd !
Parce qu’il y a un chien (une chienne en l’occurrence). Et qu’elle me semble pleine de ressources et de bienveillance pour protéger sa jeune maîtresse.

Ma chronique

J’ai attaqué ce roman sans avoir lu la quatrième de couverture (ça m’arrive parfois) et force est de reconnaître que dans les premiers chapitres je me suis bien demandé ce qui avait bien pu passer par la tête de Jack Ketchum pour écrire une histoire aussi « insipide » ; pas inintéressante, mais à des années-lumière de ce qu’il nous a proposé jusqu’à maintenant (des récits sombres et violents).

On fait connaissance avec la famille Cross, Delia l’enfant star privée d’enfance, Robbie son frère jumeau qui vit dans l’ombre de cette soeur si célèbre, Bart, le père, un grand enfant qui semble n’avoir que peu d’attaches avec la réalité et Patricia, la mère, qui impose à sa fille des emplois du temps de folie. Toujours à courir après le prochain contrat et le fric qui va avec… Enfin il y a Caity, une chienne bouvier australien de deux ans qui vit une relation quasi fusionnelle avec Delia.

Les jalons sont posés, du côté lumineux, les enfants et le chien, du côté obscur les parents. Basique, mais efficace. Une belle histoire d’amitié entre la jeune star presque malgré elle et sa chienne… certes, mais ce n’est pas vraiment ce à quoi je m’attends en ouvrant un roman signé (et même cosigné) par Jack Ketchum.

Et puis il y a l’incendie qui manquera de peu de tuer Delia. Un accident qui aurait pu ressouder les liens familiaux, mais c’était sans compter sur l’avidité des parents… On sent rapidement que la situation ne peut qu’aller de mal en pis, la noirceur si chère à l’auteur va pouvoir étendre son voile destructeur sur la famille Cross.

Le fossé se creuse inexorablement entre les côtés lumineux et obscurs. Si vous aimez les romans pleins de noirceur nul doute que vous adorerez détester Patricia Cross. Ceci dit vous comprendrez aisément que je ne peux guère m’étendre sur la question.

Les auteurs profitent de leur récit pour sévèrement égratigner certains travers de la société de communication et de consommation d’aujourd’hui. A commencer par le culte de l’enfant star et ces parents qui agissent plus par ambition personnelle (faire de leur gamin ce qu’il n’ont pas réussi à devenir ? Se faire du fric sur le dos de leur gamin ?), les talk-shows outranciers et les émissions de télé-réalité au ras des pâquerettes, mais aussi le comportement de certains journalistes qui se comportent comme les pires des charognards.

Un roman court, mais intense, quand les auteurs décident de passer à la vitesse supérieure ils ne ménagent ni leurs personnages ni leurs lecteurs (la dernière partie du récit est menée à un rythme hallucinant). Un roman lu en quelques heures, impossible de le lâcher avant d’en connaître le dénouement. Mais au-delà du roman noir, l’on peut aussi retenir une formidable histoire d’amitié entre une enfant et sa chienne, même la petite touche fantastique apportée au récit ne fera pas tomber mon enthousiasme.

MON VERDICT
Coup de poing

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Publié par le 16 octobre 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jack Ketchum – Morte Saison

AU MENU DU JOUR

J. Ketchum - Morte Saison

Titre : Morte Saison
Auteur : Jack Ketchum
Editeur : Bragelonne
Parution : 2008
Origine : USA
280 pages

De quoi ça cause ?

1981. Dead River, Maine. Afin de pouvoir travailler tranquillement sur un livre, Carla loue une maison isolée au coeur de la forêt. Avant de se mettre au travail, elle invite cinq amis de New-York à venir passer quelques jours dans sa nouvelle demeure. Carla ignore encore que la forêt est le terrain de chasse et de jeu d’une bande de dangereux dégénérés…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Jack Ketchum.
Pour patienter jusqu’à la sortie de son prochain roman, Comme Un Chien.

Ma chronique

Après Une Fille Comme Les Autres et Fils Unique, et à quelques semaines de la sortie de son dernier roman, je renoue avec l’univers tourmenté de Jack Ketchum. Comme pour les deux titres précédemment cités l’auteur s’inspire d’un fait divers sordide et non avéré, puisque connu sous le nom de légende de Sawney Bean, légende qui inspira aussi Wes Craven pour la réalisation de son film La Colline A Des Yeux.

Comme l’auteur nous l’explique dans sa postface, l’accouchement fut long et douloureux. Morte Saison est le premier roman de Jack Ketchum ; afin de répondre aux exigences de son éditeur (et accessoirement ménager les futurs lecteurs), l’auteur a dû procéder à de multiples coupes franches et à la réécriture de nombreux passages, pour aboutir à une version édulcorée (pour ne pas dire dénaturée) de son roman. Ce qui n’empêchera pas son éditeur, Ballantine Books, de le présenter comme « l’ultime roman d’horreur » lors de sa publication en 1981.

Déçu par le résultat, Jack Ketchum se lance dans une nouvelle réécriture de son roman afin de lui rendre son âme originelle, les lecteurs devront attendre 1999 pour enfin pouvoir lire Morte Saison dans sa « version non expurgée ».

En France, le roman (version expurgée) a initialement été publié par Fleuve Noir dans sa collection Gore en 1986, sous le titre Saison De Mort. La présente édition (Bragelonne, 2008) permet aux lecteurs français de découvrir cette fameuse « version non expurgée ». Et autant prévenir d’emblée : âmes sensibles s’abstenir ! Une lecture à réserver à un public averti.

Après cette longue introduction, il est temps d’entrer dans le vif du sujet. Attachez vos ceintures, embarquement immédiat pour Dead River…

Après une intro qui nous plonge au coeur de la folie qui hante la forêt de Dead River, Jack Ketchum prend le temps de poser les bases de son intrigue et ses personnages. Les choses sérieuses commencent réellement dans la troisième et dernière partie du bouquin (le troisième jour, à 0h02) ; il en reste alors un peu plus de la moitié à lire.

J’imagine que certains amateurs de littérature horrifique se disent que à peine plus de la moitié du bouquin consacré au genre qu’ils affectionnent ça fait un peu léger, je tiens à vous rassurer : c’est plus que suffisant pour faire vivre aux personnages le pire des cauchemars. Le genre de nuit que tu ne souhaiterais même pas à ton pire ennemi !

En effet Jack Ketchum ne lésine ni sur les moyens ni sur les détails les plus sordides pour régaler les amateurs de sensations fortes. Mais il ne commet pas non plus l’erreur de la surenchère gratuite, où trop de gore tue le gore et où l’effet obtenu est à l’opposé de celui recherché.

L’auteur ne se contente pas de faire couler l’hémoglobine à flots, il pousse le vice en annihilant toute forme d’espoir chez ses « victimes » ; de fait ce bouquin est aussi d’une noirceur absolue.

Paradoxalement, bien que nettement plus trash que Fils Unique ou encore Une Fille Comme Les Autres, j’ai trouvé Morte Saison moins dérangeant. Sans doute parce que, pris dans son ensemble, le roman parait nettement moins réel que les deux autres, mais aussi parce que la violence extrême qu’il déploie est moins « ordinaire » que celle décrite dans ces autres bouquins.

MON VERDICT

Le cadeau bonus n°1

Je ne sais pas si vous avez connu la collection Gore de Fleuve Noir, entre 1985 et 1989 ce sont plus d’une centaine de titres qui ont été publiés. Les amateurs de la littérature horrifique ne pouvaient pas rater ces bouquins en visitant les rayons de leur librairie préférée ; pas tant du fait de la qualité des romans en question, mais surtout par les couv’ aussi kitchissimes que sanguinolentes.

Mon cadeau bonus du jour sera donc la couverture de Saison De Mort, livre n°25 de la collection Gore.

Le cadeau bonus n°2

Il m’a semblé intéressant (mais peut que ça n’intéresse que moi) de vous proposer un petit comparatif entre la version expurgée du roman (Saison De Mort) et sa version non expurgée (Morte Saison).

J’ai volontairement choisi un passage relativement neutre qui, à mon sens, ne méritait pas de subir les foudres de la bien-pensance hypocrite de l’éditeur. Je précise que les deux versions n’ont pas été traduites par la même personne (Annie Frezouls pour Saison De Mort et Benoît Domis pour Morte Saison).

Les passages les plus trash restent éprouvant même dans leur version expurgée, la version non expurgée est plus généreuse en détails sordides. Là où Saison De Mort offre une petite lueur d’espoir final, Morte Saison exprime au contraire toute sa noirceur assumée…

Fin du chapitre 15 h 00 de la seconde partie.

Saison De Mort (1986)

Il soupira. De toute façon, quel qu’ait pu être l’agresseur de cette fille, il devait être loin à présent. Ils ne l’attraperaient jamais.

Morte Saison (2008)

Il soupira. À cette heure-ci, celui ou celle qui avait agressé la jeune femme pouvait déjà s’être réfugié au Canada. Il espéra qu’elle serait bientôt en mesure de parler. Dans le cas contraire, il serait trop tard. Ils ne l’attraperaient jamais.
Il repensa aux crabes. Le crabe : une des formes de vie les plus anciennes. Avec le requin et le cafard. Pendant toutes ces années, il n’avait pas eu à apprendre en quoi le monde avait changé ; rien d’autre ne traversait son esprit que son prochain repas. Une forme de vie simple et brutale. Comment pouvait-on manger ces bestioles ! Bien sûr, les touristes adoraient le crabe frais. Mais les touristes étaient complètement idiots. Pas Peters. Il avait grandi dans cette région.
Un crabe n’était rien d’autre qu’un charognard. Une créature qui se nourrissait des morts ou – dans le cas présent – des mourants. Comme un vautour. Il faillit frémir à la pensée de ces pinces sur la victime. Mais ce n’était pas son genre. Il avait plutôt tendance à hausser les épaules et à dire : « C’est la vie. » Comme toute créature, le crabe avait probablement trouvé sa funeste petite place en ce bas monde.

 
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Publié par le 22 août 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Ben H. Winters – Dernier Meurtre Avant La Fin Du Monde

AU MENU DU JOUR

B. H. Winters - Dernier meurtre avant la fin du monde

Titre : Dernier Meurtre Avant La Fin Du Monde
Auteur : Ben H. Winters
Editeur : Super 8
Parution : 2015
Origine : USA
352 pages

De quoi ça cause ?

Cette fois ça y est, la fin du monde est annoncée de façon certaine. Dans six mois, un astéroïde géocroiseur entrera en collision avec la Terre et devrait signer la fin de l’humanité. Mais il en faut plus pour décourager le jeune inspecteur, Hank Palace, de mener son enquête. Même si tout semble plaider pour le suicide, il est convaincu que Peter Zell a été victime d’un meurtre, et il entend bien le prouver…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que ça fait un bail qu’il traîne dans mon Stock à Lire Numérique… Bon OK je reconnais volontiers qu’il n’est pas le seul dans ce cas de figure.
Parce que c’est Super 8 et que cet éditeur ne m’a jamais déçu. OK, OK, j’ai plein d’autres titres de Super 8 à lire… Et encore davantage de titres d’autres éditeurs et/ou auteur avec lesquels je suis certain de passer un très bon moment de lecture.
Parce qu’il est l’heureux élu d’un certain Book Club mal famé que je fréquente et dont on ne doit pas parler. Certes il a été désigné au titre du mois de juillet, et alors ?

Ma chronique

Un polar pour le moins atypique du fait de son contexte pré-apocalyptique… mais pas le genre apocalypse annoncé par un pseudo styliste / parfumeur bidon ou par une présumée prophétie que chacun peut interpréter à sa guise. Non ici c’est l’Apocalypse avec un grand A, le truc scientifiquement possible (même si peu probable) si le genre humain n’a pas foutu en l’air la planète avant à force de conneries.

Dans ce contexte les réactions varient, il y a ceux qui continuent à vivre leur vie en attendant la fin, ceux qui envoient tout balader pour vivre à fond leurs délires plus ou moins légaux et ceux qui préfèrent mettre fin à leurs jours. C’est ainsi que la paisible bourgade de Concord, New Hampshire, a hérité du label peu enviable, mais hautement mérité de « Ville des pendus ».

Sauf que notre héros, Henry « Hank » Palace, jeune inspecteur nouvellement promu afin de pallier la fuite des effectifs, serait plutôt à classer dans la première catégorie, fin du monde ou pas, il a une enquête à mener et compte bien le faire aussi consciencieusement que possible. Et tant pis s’il doit être seul contre tous à remettre en cause la thèse du suicide.

Si Hank Palace n’est ni un super flic infaillible, ni un fin limier, il n’en pas moins obstiné, professionnel et tenace… à tel point que par moment on se demande si notre brave gars est réellement sur une piste criminelle ou s’il se laisse bouffer par son obsession pour cette affaire. N’empêche qu’il ne laisse aucune piste au hasard, tout comme il n’hésite pas à remettre en question ses déductions précédentes quand un nouvel élément apparaît.

Le récit est écrit à la première personne histoire de nous mettre en totale immersion dans le fil (parfois décousu) des pensées de notre cher inspecteur Palace. C’est aussi une façon de nous rendre le personnage plus sympathique, même quand il pédale dans la choucroute !

Si vous cherchez un polar mené tambour battant qui vous foutra les nerfs en pelote, passez votre chemin ! Certes on est bien en présence d’une enquête policière, mais Hank Palace n’est du genre à foncer tête baissée. Il prend au contraire son temps, d’autant qu’il doit convaincre ses collègues, le procureur et la légiste qu’il tient quelque chose de solide.

Plus que l’intrigue à proprement parler, c’est l’ambiance qui donne au roman un certain cachet, une réelle touche d’originalité qui permet au bouquin de s’extraire de la masse des romans policiers plus classiques. Chez moi la sauce a pris rapidement et mon intérêt n’est jamais retombé, je suis même d’ores et déjà assuré de lire les deux romans qui bouclent cette trilogie.

Si chacun des trois tomes se concentre sur une enquête indépendante, la question de les lire dans l’ordre ou pas me paraît totalement superflue tant la réponse est dans le contexte. Chaque tome nous rapproche de l’instant T, la rencontre explosive entre l’astéroïde et notre chère Terre ; forcément plus ce funeste rendez-vous sera imminent, plus le chaos sera de rigueur.

MON VERDICT

 
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Publié par le 16 août 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Justin Cronin – La Cité Des Miroirs

AU MENU DU JOUR

J. Cronin - La Cité des Miroirs
Titre : La Cité Des Miroirs
Auteur : Justin Cronin
Editeur : Robert Laffont
Parution : 2017
Origine : USA (2016)
816 pages

De quoi ça cause ?

Les Douze et leurs multitudes ont été vaincus, l’humanité peut commencer à se reconstruire. Mais le prix à payer a été fort, le sacrifice d’Amy ne fait aucun doute pour les survivants. Mais la menace virule n’est pas complètement éradiquée, dans l’ombre de sa tanière, le Zéro attend son heure. L’heure de se venger du genre humain…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est la suite et fin de la trilogie Le Passage. Trilogie que de nombreux adeptes de la littérature post apocalyptique mettent sur le même piédestal que Le Fléau de Stephen King ! Excusez du peu…
Pour ceux qui, comme moi, ont lu les précédents tomes au moment de leur parution (respectivement en 2011 et 2013), il aura fallu patienter 4 ans avant de découvrir la conclusion de la saga.

Ma chronique

Quatre ans c’est long. C’est aussi beaucoup de bouquins lus et chroniqués, largement de quoi oublier des pans entiers de l’histoire. Justin Cronin a le bon goût de commencer son roman par un prologue qui nous rappelle les grandes lignes de l’intrigue développée dans les deux précédents romans.

Difficile toutefois de reprocher cette longue attente à Justin Cronin quand on sait que, quelques semaines avant son cinquantième anniversaire, il a appris qu’il avait un cancer. Forcément l’écriture est passée en second plan, l’auteur préférant mobiliser ses forces pour lutter contre la maladie… et vaincre ce foutu cancer !

L’histoire commence trois ans après l’anéantissement des Douze, trois années sans attaque de viruls. On retrouve des personnages connus dans des situations nouvelles. Justin Cronin prend son temps pour poser les éléments de son intrigue. C’est calme, très calme… mais jamais ennuyeux. Le calme avant la tempête ?

Tempête plus ou moins annoncée à la fin de la première partie. Mais il faudra patienter, car la seconde partie nous fait faire un bond en arrière, dans le monde d’avant V. Timothy Flanning, plus connu comme étant le Zéro, nous raconte son histoire. On pourrait alors craindre quelques longueurs, mais il n’en est rien, l’apport d’une dimension humaine à l’ennemi de l’humanité est un vrai plus.

Puis la troisième partie nous transporte 20 ans après les événements décrits dans la première partie. Les personnages ont vieilli, mais sont toujours alertes, d’autant que la relève est assurée par leurs enfants devenus adultes. C’est là que les choses sérieuses vont pouvoir commencer…

L’auteur prend son temps pour planter le décor, tout comme le Zéro a pris le sien pour placer ses pièces sur l’échiquier afin d’optimiser ses chances de remporter cette ultime partie. Quand la tempête annoncée se déchaîne, c’est avec une brutalité implacable et mortelle qu’elle s’abat sur la nouvelle république du Texas. A partir de cet instant, Justin Cronin ne vous lâchera plus, et vous aurez bien du mal à lâcher son roman. Attendez vous à de brusques poussées d’adrénaline…

C’est volontairement que je n’en dirai pas davantage sur les personnages et l’intrigue, il serait vraiment dommage de vous priver du plaisir de la découverte.
On espérait du lourd pour clore cette trilogie, un final en apothéose. Et c’est exactement ce que Justin Cronin nous offre, un bouquet final magistral, brillant, efficace, percutant… les superlatifs me manquent pour exprimer mon enthousiasme.

Avec Le Passage et Les Douze on savait d’ores et déjà que cette trilogie pourrait rivaliser avec les plus grands de la littérature post apocalyptique, La Cité Des Miroirs le confirme et la place même sur les plus hautes marches du podium. Outre Le Fléau du King, je citerai aussi la trilogie La Lignée de Guillermo Del Toro et Chuck Hogan, juste pour vous situer le niveau. Un must read pour tous les amateurs du genre… et les autres aussi !

Et dire que tout est parti d’une demande de la fille de l’auteur, il y a dix ans de ça, elle voulait simplement que son père écrive l’histoire « d’une fille qui sauve le monde« . Et bin voilà qui est chose faite, avec pas loin de 3000 pages au compteur la gamine a quelques nuits blanches à prévoir…

MON VERDICT

 
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Publié par le 10 août 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] David Morrell – Premier Sang

AU MENU DU JOUR

Titre : Premier Sang
Auteur : David Morrell
Editeur : Gallmeister
Parution : 2013
Origine : USA (1972)
308 pages

De quoi ça cause ?

Rambo est un jeune vétéran de la guerre du Vietnam, un héros de guerre. Et pourtant quand il s’arrête dans la ville de Madison (Kentucky), le chef de la police, Wilfred Teasle, ne voit que son allure de vagabond et le conduit manu militari à la sortie de la ville. Mais Rambo revient sur ses pas, marre qu’on le traite comme un moins que rien ; si les flics veulent l’emmerder, alors ils devront se préparer à l’affronter…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Rambo ! Le seul, l’unique…
Le film de Ted Kotcheff (sorti 1982) m’avait donné envie de découvrir le roman, il m’aura fallu patienter pas loin de 35 ans avant que l’occasion se présente enfin ; je n’allais certainement pas laisser passer le coche !

Ma chronique

C’est Belfond qui publiera la première traduction française du roman de David Morrell en 1983, trente ans plus tard Gallmeister prend le relais en proposant une traduction totalement révisée et actualisée.

Qui aujourd’hui ne connaît pas John Rambo ? Le cinéma en a fait une icône sous les traits de Sylvester Stallone (entre 1982 et 2008, quatre films mettront en scène les aventures de Rambo). Mais qui connaît véritablement Rambo (le prénom n’est jamais mentionné dans le roman), le personnage imaginé par David Morrell ?

Déjà en voyant le film (et d’autres films sur la guerre du Vietnam) j’avais été choqué par l’accueil réservé aux vétérans. Je ne me prononcerai pas sur la justification ou non du conflit à proprement parler, mais ces gars se sont battus au nom de leur pays, ils ont vécu un véritable enfer et bon nombre sont morts là-bas. La moindre des choses serait d’avoir un minimum de respect et de reconnaissance pour ce qu’ils sont : des soldats certes, mais aussi des hommes dont la plupart n’avaient pas idée du merdier dans lequel ils foutaient les pieds.

Dès les premières pages, j’ai été pris du même sentiment d’injustice, du coup mon empathie est allée directement vers le personnage de Rambo. S’il se montre plus vindicatif et impitoyable que dans le film (conformément à son entraînement, il frappe pour tuer), il est aussi (même si cela peut paraître paradoxal) plus humain, se livrant à de longues introspections, parfois sûr d’être dans son bon droit, mais pas forcément d’avoir fait le bon choix et loin d’être indestructible.

Si dans le film Teasle apparaît comme un plouc relativement basique, le roman lui rend davantage justice. En lui donnant voie au chapitre, en alternance avec Rambo, l’auteur permet au lecteur de mieux appréhender le personnage et ses motivations (pendant toute la première partie de la traque, qui verra de nombreux policiers mourir, il ignore à qu’il a à faire à un héros de guerre que l’armée a formé pour survivre et tuer). Non seulement cela pousse le lecteur à comprendre Teasle, mais ça fait surtout barrage à tout manichéisme (ni lui ni Rambo ne sont exempts de torts).

Rapidement la confrontation entre Rambo et le chef Teasle (lui-même vétéran de la guerre de Corée) va prendre une tournure personnelle, un duel à mort va s’engager entre les deux hommes. Deux hommes qui vont finir par se haïr sans toutefois pouvoir s’empêcher d’éprouver un réel respect l’un pour l’autre.

Je craignais que l’écriture ait pris un coup de vieux, mais, et je suppose que la nouvelle traduction y est pour beaucoup, il n’en est rien. Le récit vibre d’une rare intensité de la première à la dernière page. Pour un premier roman, on peut dire que l’auteur a placé la barre haut, très haut… du coup ça me donne envie de me pencher sur son travail.

Vous l’aurez compris, je vous encourage vivement à découvrir ce Premier Sang, surtout si vous avez vu le film. N’allez surtout pas croire que c’est juste un récit bourrin où on se flingue à tout va ; c’est violent, c’est noir, mais il y a aussi une réelle dimension humaine tout au long du roman.

Le roman est complété par un article écrit par David Morrell en 2000, Rambo et moi, un court essai dans lequel il nous explique comment est né le projet et quelles furent ses répercussions, non seulement pour lui-même, mais aussi pour tout un pan de la société américaine. Bien entendu il évoque aussi les adaptations cinématographiques autour de son personnage.

Pour ma part j’estime que le film de Ted Kotcheff est une réussite, certes moins sombre et plus optimiste que le roman (le but avoué étant bien entendu de cartonner au box-office) mais qui toutefois a préservé une réelle intensité dramatique.

Les suites, de par leur contexte, prennent une dimension plus politique et misent à fond sur l’action. A prendre pour ce qu’elles sont… Pour l’anecdote, David Morrell, a participé à la novélisation des films Rambo 2 et Rambo 3, de son propre aveu afin d’en enrichir le scénario.

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Publié par le 26 juillet 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Winston Groom – Only

W. Groom - OnlyLes livres se suivent et ne se ressemblent pas. Au menu du jour, Only de Winston Groom, un titre qui est arrivé dans mon Stock à Lire Numérique un peu par hasard. Un roman que je ne cherchais pas vu qu’avant de mettre la main dessus j’ignorais jusqu’à son existence, mais qui a su faire vibrer la bonne corde sensible (l’amour des animaux) et me convaincre ainsi de me laisser tenter.
C’est une panne d’essence qui vaudra à George et Alice Martin de se rendre dans cette ferme et de tomber sous le charme d’un chiot bobtail qu’ils finiront par acheter… lui sauvant sans le savoir la vie, la mère et le reste de la portée périra empoisonné par la maladresse du fermier. Only, c’est le nom qu’ils lui donneront, va changer la vie de ce jeune couple de banlieusards…
Si je vous dis Winston Groom, ça ne vous parle pas forcément, par contre si je vous dis Forrest Gump il y a de fortes chances que ça vous éveille quelque chose en vous. Avant d’être un film de Robert Zemeckis avec Tom Hanks dans le rôle-titre, Forrest Gump a été un roman signé Winston Groom. De quoi finir de balayer mes ultimes hésitations face à ce roman.
Le roman est relativement court (192 pages dans sa version papier) et se lit quasiment d’une traite. L’écriture et le style de l’auteur y sont pour beaucoup, il sait choisir les mots justes pour aller droit au coeur (j’en profite pour saluer le bon boulot du traducteur, Pierre Szczeciner, soit dit en passant).
L’auteur vous propose ni plus, ni moins, que d’entrer dans la peau d’un chien, mais pas n’importe quel chien ! Only n’en manque pas (de chien), ni de caractère soit dit entre nous (quand il ne veut pas faire quelque chose, nul ne le fera changer d’avis). D’un autre côté il faut bien s’affirmer pour essayer de comprendre les humains (et accessoirement se faire comprendre par eux).
Grosso modo (et surtout sans vouloir spoiler inutilement) le bouquin se divise en deux parties, dans un premier temps vous suivrez le quotidien d’Only chez les Martin, jusqu’au jour où notre cher cabot décidera d’aller voir ailleurs. Un ailleurs qui ne sera pas toujours de tout repos pour un chien habitué à son confort…
De la littérature feel good à quatre pattes qui fait mouche ; en suivant le périple d’Only vous passerez par toute la gamme des émotions. Et c’est sans doute avec une pointe de regrets que vous refermerez ce roman et quitterez ce chien pas tout à fait comme les autres.

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Publié par le 5 juillet 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Daniel Keyes – Des Fleurs Pour Algernon (audio)

D. Keyes - Des Fleurs Pour AlgernonCa fait déjà quelques temps que l’idée de tenter l’audiobook me titille mais à chaque fois que l’occasion s’est présentée j’ai trouvé un prétexte bidon pour me dérober. Il fallait LE titre qui fasse TILT pour me décider à franchir enfin le cap. Et bin voilà ce titre est enfin arrivé, et c’est de nouveau à un certain Book Club mal famé que je le dois, il s’agit de la nouvelle Des Fleurs Pour Algernon de Daniel Keyes.
Comme ça fait la troisième chronique que je consacre à ce titre (quand on aime, on ne compte pas), je vais donc me dispenser de vous en présenter le pitch.
Pourquoi la nouvelle plutôt que le roman ? Deux raisons à cela. La première, d’ordre strictement commercial, étant que seule cette version existe à la vente ; elle est proposée par Audiolib avec le texte lu par Grégory Gadebois (qui a déjà interprété le rôle de Charlie Gordon au théâtre et au cinéma). Seconde raison, la durée de la lecture, à peine 90 minutes, je peux donc me la faire d’une traite (si la sauce prend… mais là-dessus je suis confiant compte tenu de la qualité du texte).
On se cale confortablement dans le canapé, le casque audio vissé sur la tête et let’s play ! D’entrée je me suis laissé porter par la voix de Grégory Gadebois. La justesse du ton et des intonations fait que l’on vraiment l’impression d’avoir Charlie Gordon en fasse de soi, en train de nous raconter son histoire. Et comme je suis un gars bien élevé, je l’ai écouté sans l’interrompre, jusqu’à ce qu’il nous quitte.
Je craignais que les émotions ne passent moins bien à l’écoute, mais je me trompais, une fois acteur la qualité de la lecture fait que ça nous va droit au coeur. J’ai beau connaître la fin, je n’ai peu m’empêcher d’avoir un pincement au coeur au fur et à mesure que Charlie prend conscience de son déclin.
Pour une première expérience audio, je dois avouer que j’ai été bluffé. Sans toutefois être totalement converti à l’audiobook, rien ne remplace le plaisir de la lecture. Mais j’y reviendrai sans doute pour des textes courts, ou des bouquins que j’ai envie de découvrir sans forcément avoir envie de les lire.
A noter qu’il existe une version audio du roman lue par un bénévole, d’une durée de presque dix heures. J’ai commencé à l’écouter, le lecteur (donneur de voix) s’en sort bien, le ton est juste et évolue en fonction de la situation de Charlie Gordon. Chapeau bas à ces lecteurs bénévoles qui enregistrent des livres audio, non seulement il faut lire de façon intelligible mais aussi trouver le bon ton au bon moment (en l’occurrence dans ce roman c’est essentiel).

 
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Publié par le 4 juillet 2017 dans Bouquins

 

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