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Archives de Tag: Littérature américaine

[BOUQUINS] Dean Koontz – Dévotion

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Titre : Dévotion
Auteur : Dean Koontz
Éditeur : L’Archipel
Parution : 2021
Origine : États-Unis (2020)
500 pages

De quoi ça cause ?

Kipp est un golden retriever doué de facultés extraordinaires. Il communique avec ses semblables via un vaste réseau télépathique qu’ils nomment le « Circuit ».

Peu après la mort de sa maîtresse, Kipp capte un signal de détresse sur le « Circuit », un signal envoyé par un enfant humain. Sans la moindre hésitation, le chien se lance à la recherche de l’enfant…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que Dean Koontz a été, dans les années 90, un potentiel challenger à l’indétrônable Stephen King.

N’ayant pas encore eu l’occasion de découvrir sa série Jane Hawk (publiée par les éditions L’Archipel), j’ai décidé de le redécouvrir avec ce roman one shot.

Ma Chronique

Je remercie les éditions L’Archipel et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Comme annoncé dans mon post précédent, cela faisait pas loin d’une trentaine d’années que je n’avais pas lu un roman de Dean Koontz. Il me tardait de redécouvrir l’univers de l’auteur après tant d’années. J’attendais un roman indépendant pour me lancer, les éditions L’Archipel ont exaucé mon vœu.

Avec Dévotion Dean Koontz renoue avec son genre de prédilection, le thriller fantastico-horrifique… mais pas que ! Ce n’est pas la première fois que l’auteur pointe du doigt les dérives de la recherche scientifique (ici c’est le transhumanisme qui est dénoncé), mais il s’adapte aussi à l’époque contemporaine en s’interrogeant sur les aspects les plus sombres des nouvelles technologies (dont le fameux, mais encore très secret Dark Net). C’est aussi une nouvelle occasion pour l’auteur d’afficher son amour pour les chiens (le golden retriever en tête) qui, sous sa plume, confirment leur statut de « meilleur ami de l’homme ».

Dean Koontz divise clairement (trop à mon goût) ses personnages entre les gentils et les méchants ; c’est soit tout blanc, soit tout noir, les nuances de gris, connaît pas ! Dommage, je trouve que ce manichéisme n’est plus de mise aujourd’hui.

On va commencer par un inventaire non exhaustif des GENTILS. Un chien doté de facultés extraordinaires. Un enfant autiste surdoué, mais muré dans le silence depuis toujours. Une mère prête à tout pour protéger son enfant. Un ancien soldat d’élite qui va se retrouver, presque malgré lui, dans une affaire aussi compliquée que dangereuse.

Même exercice chez les MÉCHANTS. Un rescapé d’un « incident technique » sur un site scientifique secret, qui va se retrouver transformé en OGM assoiffé de sang et de haine. De puissants (et riches) hommes d’affaires déterminés à protéger leurs intérêts, quel qu’en soit le prix à payer. Des tueurs à gages impitoyables, pleins de ressources, mais pas forcément très futés. Des flics et un procureur corrompus et complètement dépassés par les événements.

Tout ce petit monde va se retrouver au cœur d’une intrigue plutôt bien ficelée, complexe, mais jamais embrouillée, et captivante de bout en bout. Malgré d’indéniables qualités qui placent le bouquin sur le haut de l’échelle, je l’ai trouvé un peu léger par certains aspects.

Si certaines scènes risquent de faire régurgiter leur goûter aux estomacs les plus fragiles, je n’ai pour ma part jamais eu le grand frisson (ni même le moindre frisson pour être tout à fait franc). Je peux comprendre que ce soit un choix de l’auteur afin de toucher un public plus large et de ne pas centrer son intrigue sur le seul plan horrifique, on va donc dire que c’est un demi-bémol.

Même si l’intrigue est rythmée, elle manque cruellement d’adrénaline. À aucun moment je n’ai tremblé pour Megan et Woody. Dans le même ordre d’idée, j’ai deviné certains éléments du dénouement avant qu’ils ne soient révélés.

Il n’en reste pas moins que j’ai apprécié ces retrouvailles avec un auteur injustement perdu de vue depuis de trop longues années. Certes je les aurai préférées un peu plus nerveuses, mais ça ne m’empêchera pas de répondre présent pour ses prochains romans (il serait temps que je me penche sur le cas Jane Hawk).

MON VERDICT

 
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Publié par le 27 septembre 2021 dans Bouquins

 

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Itinéraire d’un lecteur de Dean Koontz


Avant de vous proposer ma chronique du roman Dévotion de Dean Koontz, je voulais revenir sur mon parcours de lecteur avec cet auteur (sans non plus vous balancer des titres à la pelle).

Je ne vais pas reprendre mon histoire personnelle de lecteur depuis le début (d’une part, parce que je suppose que vous n’en avez rien à cirer, d’autre part, parce que je serai bien incapable d’être exhaustif). À la fin des années 80, j’étais déjà fortement ancré dans le polar, les thrillers et l’espionnage ; ce qui ne m’empêchait pas quelques écarts vers la littérature de l’imaginaire (le fameux SFFF : Science-Fiction, Fantastique et Fantasy).

Cela faisait déjà quelques années que j’étais un fan inconditionnel de Stephen King (découvert avec Cujo), et – en toute impartialité, cela va sans dire – je ne trouvais pas un auteur capable de rivaliser avec le maître.

Puis vinrent les années 90, et avec elles la collection Terreur des éditions Pocket, qui a permis aux lecteurs français de découvrir de nombreux auteurs spécialisés dans le fantastique à plus ou moins forte tendance horrifique. Et parmi eux Dean Koontz (alors mentionné comme Dean R. Koontz).

Les premiers titres que j’ai lus ont fait de l’auteur un challenger potentiel face à Stephen King, du coup au fil des bouquins j’ai alterné entre les 2 K. Force est de reconnaître que sur la durée le King creusait l’écart en enchaînant les titres qui flirtaient avec l’excellence tandis que ceux de Koontz étaient plus irréguliers. Du coup j’ai peu à peu renoncé à lire les romans de Koontz.

C’est en découvrant le roman Dark Web, publié en 2018 par L’Archipel que j’ai décidé de m’intéresser à nouveau au cas Dean Koontz. Je savais via Yvan (blog EmOtionS) qu’il avait été lâché par son éditeur français historique (JC Lattés) depuis 2013, mais c’est en consultant la page Wikipedia de l’auteur que j’ai découvert le nombre impressionnant de romans de l’auteur (et pas uniquement ceux publiés après Soir De Cauchemar, le dernier titre traduit par Lattés) encore inédits dans la langue de Molière.

Depuis j’ai acheté les quatre tomes de la série Jane Hawk, mais sans avoir trouvé le temps de m’y mettre. La sortie du roman indépendant Dévotion sera l’occasion de me replonger dans l’univers d’un auteur que j’ai peut-être injustement laissé sur le carreau.

 
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Publié par le 26 septembre 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Raymond E. Feist – La Reine Des Tempêtes

AU MENU DU JOUR


Titre : La Reine Des Tempêtes
Série : La Légende Des Firemane – Livre 2
Auteur : Raymond E. Feist
Éditeur : Bragelonne
Parution : 2021
Origine : États-Unis (2020)
432 pages

De quoi ça cause ?

Loin des ambitions de conquête du souverain de Sandura, Lodavico, Hatu, Hava et Declan sont désormais établis à Mont-Beran.

Hatu et Hava, espions et assassins pour le compte de la Nation Invisible, ont repris l’auberge du bourg afin de se fondre dans la masse. Declan est quant à lui installé comme maître forgeron et travaille beaucoup pour le baron Dumarch, le souverain du Marquensas.

Las, le répit sera de courte durée. Une armée de mercenaires va s’abattre sur Mont-Beran au moment où la cité est la plus exposée. D’autres villes subiront les assauts de cette armée impitoyable qui sème la mort et la désolation sur son passage. Qui tire les ficelles ? Quels sont ses objectifs ?

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est le second tome de La Légende Des Firemane, le précédent opus, Le Roi Des Cendres, m’avait donné envie de découvrir la suite de ce cycle (une trilogie, il semblerait).

Ma Chronique

Raymond E. Feist ne s’est pas hissé au panthéon des auteurs de fantasy par hasard, il le prouve une fois de plus avec ce second tome de La Légende Des Firemane.

Le tome précédent, Le Roi Des Cendres, avait planté le décor et les personnages, il eut été aisé pour l’auteur de développer son intrigue sur cette base déjà prometteuse ; et c’est exactement ce qu’il fait au cours des premiers chapitres de ce second opus. Puis il rebat complètement les cartes en faisant intervenir un nouvel acteur dans son intrigue. Un acteur de l’ombre qui va radicalement changer la donne et pourrait s’approprier la sinistre réputation d’Attila, le roi des Huns (et des autres) : là il passe, l’herbe ne repousse pas.

L’une des conséquences de l’attaque contre Mont-Beran va être la séparation du trio formé par Hatu, Hava et Declan. Hatu va rencontrer (à l’insu de son plein gré), les Gardiens de la Flamme, qui souhaitent lui apprendre à maîtriser les pouvoirs inhérents à son rang. En se lançant à sa recherche Hava va être aux prises avec des esclavagistes et une armée d’assassins d’élite. Quant à Declan, il va s’engager dans une troupe de mercenaires qui va se retrouver au service du baron Daylon Dumarch afin de défendre le Marquensas.

Si on retrouve avec plaisir bon nombre de personnages déjà croisés dans Le Roi Des Cendres, force est de reconnaître qu’ils sont rapidement dépassés par l’ampleur de l’attaque qu’ils subissent. C’est surtout flagrant pour le baron Daylon Dumarch, fin stratège qui espérait avoir toujours un coup d’avance sur ses adversaires potentiels et qui va se retrouver désemparé face à une menace sortie de nulle part. D’autres personnages se révéleront sous un jour nouveau.

Outre ces nouveaux ennemis, nous ferons la connaissance avec d’autres nouveaux personnages, dont certains joueront un rôle majeur dans le déroulé de l’intrigue ; je pense notamment Bogartis, le chef de la troupe de mercenaires que rejoindra Declan.

Pour finir avec ce rapide survol des personnages, nous assisterons même au retour d’un personnage que l’on ne s’attendait vraiment pas à revoir, sauf qu’il ne sera plus vraiment le même que celui que nous connaissions.

Comme dans l’opus précédent on retrouve un jeu d’alliances qui se lient et se délient au fil des événements, selon les intérêts des uns et des autres. On retrouve aussi cette dimension mystico-religieuse avec un nouvel ordre secret qui fait irruption, un ordre assez proche dans son organisation de la Nation Invisible de Coatalchin.

La magie est bien présente, mais reste plutôt discrète, chose qui va certainement changer dans le tome suivant au vu de ce que nous apprenons dans le présent opus.

Un second tome bien plus intense que le premier, au vu des enjeux je me demande bien comment Raymond E. Feist va pouvoir boucler son intrigue avec un dernier tome… À moins qu’il ne décide de jouer les prolongations.

Le bouquin n’est toutefois pas exempt de défauts, outre le fait qu’il ne révolutionne pas les règles du genre (l’auteur est en terrain conquis et reste dans sa zone de confort), mon plus gros reproche serait une relative facilité dans l’issue de certains affrontements (je pense surtout aux combats entre l’équipage du Sillage Noir et les troupes azhantes).

Il n’en reste pas moins qu’il me tarde de découvrir la suite.

Pour la petite histoire, il vous faudra attendre les derniers chapitres du bouquin pour découvrir d’où vient son titre.

MON VERDICT

 
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Publié par le 28 août 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jeff Jackson – Live !

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Titre : Live !
Auteur : Jeff Jackson
Éditeur : Sonatine
Parution : 2021
Origine : États-Unis (2018)
304 pages

De quoi ça cause ?

Les États-Unis doivent faire face à une déferlante d’attaques meurtrières prenant pour cible des formations musicales lors de leurs prestations en public. Aucun fil rouge ne permet de relier les cibles ou les assaillants.

La ville d’Arcadia ne sera pas épargnée par cette vague criminelle, Shaun, un jeune guitariste et chanteur, est abattu alors qu’il se produisait avec son groupe. Pour ses proches, et pour toute la ville d’Arcadia, plus rien ne sera jamais comme avant…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Une fois n’est pas coutume, c’est le visuel qui a, le premier, titillé ma curiosité. Cette couv’ façon d’un album vinyle m’a tapé dans l’oeil.

La quatrième de couv’ a enfoncé le clou en traitant cette vague de crime comme une « épidémie » ; voilà qui s’annonce prometteur.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Au même titre que la lecture, la musique fait partie intégrante de mon quotidien, comme vous le savez peut-être je suis très éclectique en la matière,et toujours avide de découvrir des artistes que je ne connaissais pas (qui ne sont pas nécessairement de nouveaux talents), voire même d’élargir mon horizon musical.

Dans mon univers musical, le rock occupe une place centrale, du coup j’attendais énormément d’un bouquin qui se veut une ode à la musique en général et au rock en particulier… trop peut-être.

Force est toutefois de reconnaître que le roman de Jeff Jackson est des plus originaux, à ce niveau on pourrait même parler d’expérimental (un peu comme les premiers albums des Pink Floyd).

Sur la forme, outre le visuel très réussi de la couv’, le bouquin se divise en deux faces, la première étant deux fois plus longue que la seconde. La Face A, Ma période sombre, s’ouvre sur la rencontre (et le coup de foudre) de Shaun et Xenie. Quand Shaun est abattu, on va suivre le parcours de trois de ses proches, à commencer par Xénie, puis Florian et Eddie, deux amis de Shaun.

La Face B, Kill City, s’ouvre sur diverses scènes de massacre de musiciens, avant de nous raconter une version radicalement différente des événements d’Arcadia. C’est un peu déconcertant, pour ne pas dire franchement troublant.

J’ai trouvé vraiment intéressante tout ce qui tournait autour de la vie d’un groupe de rock amateur qui essaie de percer. La recherche de l’inspiration pour produire LA chanson qui attirera l’attention des bonnes personnes sur le groupe, les répétitions et l’ambiance des concerts (vu du public, ou de la scène).

Par contre j’ai eu beaucoup plus de mal à adhérer aux errances des personnages et de leur être qui transpire dans chacun de leurs mots ou de leurs actes. Non seulement ça n’apporte strictement rien au récit, mais ça en deviendrait presque déprimant à la longue.

Mais le plus gros reproche que je pourrai faire au bouquin et à Jeff Jackson, c’est d’être complètement passé à côté du coeur de son intrigue. Hormis quelques chapitres décrivant des attaques contre les musiciens, il n’y a ni enquête ni développement autour du pourquoi du comment de cette vague de crimes.

C’est donc très mitigé que je referme ce bouquin. Je mentirai en disant que je me suis ennuyé en le lisant, mais je n’ai clairement pas eu l’étincelle que j’espérais.

MON VERDICT

 
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Publié par le 14 août 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Michael Crichton – Dent De Dinosaure

AU MENU DU JOUR


Titre : Dent De Dinosaure
Auteur : Michael Crichton
Éditeur : L’Archipel
Parution : 2021
Origine : États-Unis (2017)
350 pages

De quoi ça cause ?

1876. Pour ne pas perdre la face par suite d’un pari stupide, William Johnson, étudiant à Yale, rejoint un groupe dirigé par le Professeur Marsh. Direction le grand ouest pour une expédition paléontologique qui n’intéresse pas du tout Johnson…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Essentiellement par curiosité, non seulement à l’idée de découvrir un inédit de Michael Crichton mais aussi et surtout parce qu’il s’agit d’un roman écrit en 1974 et qu’il y est déjà question de dinosaures.

Ma Chronique

Je remercie les éditions L’Archipel et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Il semblerait que Michael Crichton ait écrit ce roman en 1974 mais ne l’ait jamais fait publier, c’est donc à l’initiative de ses ayant-droits (Sherri Crichton, sa veuve, signe la postface) que le bouquin est enfin mis en lumière. On peut légitimement supposer qu’il y a eu quelques retouches – tout en respectant la lettre et l’esprit du texte original – à apporter çà et là pour que le texte soit publiable (même si le simple nom de Michael Crichton suffisait à attiser la curiosité des lecteurs).

J’avoue très honnêtement qu’en ouvrant ce roman je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre et surtout je me demandais si l’auteur ferait intervenir des éléments fantastiques dans le déroulé de son récit. Au final Michael Crichton nous livre un thriller historique sur fond de conquête de l’Ouest et de guerres indiennes (dont les tribus Sioux menées par Sitting Bull, galvanisées par leur récente et écrasante victoire à Little Bighorn).

Pour construire son intrigue Michael Crichton combine des personnages ayant réellement existés (outre les Professeurs Marsh et Cope, deux paléontologues dont la rivalité légendaire restera dans l’Histoire sous le nom de « guerre des os », on croisera aussi, de près ou de loin, des grands noms de l’Histoire de l’Ouest américain) et des personnages issus de l’imaginaire de l’auteur (à commencer par son héros, William Johnson). Pour que l’ensemble reste cohérent, Michael Crichton s’est autorisé quelques libertés avec les faits (comme il s’en justifie à la fin du roman) ; et cela fonctionne plutôt bien.

Il faut dire que Michael Crichton apporté beaucoup de soins à ses personnages, et ce quel que soit leur niveau d’implication dans le déroulé de l’intrigue. Le lecteur sera bien entendu plus attentif à l’évolution du caractère de William Johnson ; s’il apparaît au début du roman comme un banal gosse de riche pourri-gâté et égocentrique, sa personnalité va évoluer (en bien) au contact des autres et au fil de ses aventures.

On devine un gros travail de documentation de la part de l’auteur qui nous plonge au cœur d’un western hyper réaliste et très visuel. Outre son intrigue qu’il dirige en véritable virtuose, Michael Crichton attache énormément de soin au contexte, multipliant les références historiques, culturelles, politiques ou économiques… sans jamais sombrer dans l’excès didactique ; le récit n’en devient que plus prenant et captivant.

Si l’intrigue semble un peu longue à démarrer c’est uniquement parce qu’il faut planter le décor avant d’entrer dans le vif du sujet. Rapidement les choses vont s’accélérer et maintenir un rythme de croisière soutenu, s’autorisant même par moment quelques montées en puissance.

Au cas où vous vous poseriez la question, les seuls dinosaures que l’on croise dans le roman sont en pièces détachées fossilisées. Pour que Michael Crichton donne vie à « ses » bestioles il faudra attendre Jurassic Park (1990) et sa suite, Le Monde Perdu (1995). Avec ce bouquin vous aurez un juste un western palpitant de bout en bout entre les mains.

A la lecture du roman on oublie totalement qu’il a été écrit presque cinquante ans plus tôt. Certes le fait de situer l’intrigue au XIXe siècle fige l’intrigue dans le passé, le facteur temporel n’a alors que peu d’impact sur le lecteur. Il n’en reste pas moins que je me demande quelle a été la part de réécriture du présent roman par rapport à la version originale écrite par Michael Crichton.

Michael Crichton fait partie de ces auteurs dont j’ai lu quasiment l’intégralité des romans qu’il a publié. Sur les 19 titres signés de son nom (je fais l’impasse sur les pseudonymes), Dent De Dinosaure est le dix-septième roman de l’auteur que j’ai lu.

MON VERDICT

Aparté à l’intention du traducteur

Je suis loin d’être un fin connaisseur de l’Histoire des Etats-Unis mais que je lis dans une note de bas de page que la bataille d’Appomattox (avril 1876) fut celle qui mit fin à la guerre de Sécession, j’ai les yeux qui pleurent et du coup je me demande si le traducteur n’aurait pas abusé de substances illicites… Ladite bataille a bien eu lieu au mois d’avril, mais c’était en 1865 !

 
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Publié par le 25 juin 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Frank Miller – Batman – The Dark Knight Returns

AU MENU DU JOUR


Titre : Batman – The Dark Knight Returns
Scénario et dessin : Frank Miller
Éditeur : DC Comics / Urban Comics
Parution : 1987 (2 volumes, éditions Aedena)
Réédition en un volume chez Urban Comics (2013)
240 pages

De quoi ça cause ?

Après dix ans de retraite volontaire, Bruce Wayne endosse de nouveau le costume de Batman alors qu’un gang fait régner la terreur sur Gotham.

Un retour diversement apprécié par le public et les médias, certains saluent le retour du justicier alors que d’autres demandent qu(‘il soit considéré comme un hors-la-loi.

Ma chronique

Gamin j’ai bouffé du super-héros à toutes les sauces avec les illustrés Marvel (Strange notamment) ; j’ai toujours eu une nette préférence pour les univers et les personnages développés par Marvel plutôt que ceux de son éternel rival, DC Comics. A l’exception toutefois du personnage de Batman pour son côté dark parfaitement assumé.

J’ai découvert l’album The Dark Knight Returns dans les années 90, attiré à la fois par le pitch que par son auteur, Frank Miller. Il faut dire que je venais de lire le premier opus de Sin City et que le comics m’avait laissé sur le cul.

En s’attaquant à Batman sur un angle totalement novateur (c’est un Bruce Wayne quinquagénaire pas franchement au top de sa forme qui reprend du service) et en optant pour un ton résolument noir, Frank Miller apporte une réelle maturité au personnage et à l’univers de l’homme chauve-souris. L’album devrait davantage séduire un public adulte (et jeune adulte) que les jouvenceaux (je n’ai pas dit puceaux) en quête de sensationnel.

On découvre un Batman plutôt vindicatif dans sa façon de rendre justice, il répond à la violence par la violence et frappe pour faire mal malgré son âge. Solitaire depuis la mort de Jason Todd (Robin, assassiné par le Joker), Bruce Wayne peut toutefois compter sur le soutien indéfectible d’Alfred, son fidèle majordome. Et plus tard sur l’apparition quasi providentielle d’une nouvelle Robin (oui, vous avez bien lu, c’est une femme, Carrie Kelley, qui endossera le costume de Robin). Bien sûr le commissaire Gordon, aux portes de la retraite, l’un des seuls à connaître la véritable identité de Batman, sera lui aussi au rendez-vous.

Il faut bien avouer que notre justicier masqué va avoir des journées bien chargées. Dans la première moitié du récit Batman va s’acharner à mettre un terme aux agissements du Gang des Mutants qui menace de mettre Gotham à feu et à sang.

Au fil des pages Batman croisera de vieilles connaissances, qu’il s’agisse de Harvey Dent (Double-Face) ou de son plus célèbre ennemi, Le Joker. Mais il devra aussi compter avec d’autres héros de l’univers DC Comics tels Green Arrow (Oliver Queen) et Superman (Clark Kent). Il faut dire que l’intrigue s’enrichit progressivement de nombreuses autres dimensions (au-delà de la problématique des Mutants).

Pour sa narration, Frank Miller se place au plus près de ses personnages, notamment Batman et le comissaire Gordon, deux héros d’un autre temps qui ont bien du mal à lâcher prise et sont plus que jamais en proie au doute.

L’intrigue est entrecoupée de débats télévisés autour du retour de Batman et de la façon dont il doit être considéré. Une façon pour l’auteur de dénoncer le poids et l’influence des médias dans la société contemporaine.

Un album qui revisite brillamment le mythe et a donné un second souffle au personnage de Batman. Frank Miller poursuivra l’aventure Batman avec deux autres albums qui n’ont pas la même intensité que celui-ci, pour tout dire leur lecture est même parfaitement dispensable.

Incontestablement The Dark Knight Returns est une œuvre majeure du batverse, c’est en tout cas l’avis partagé par de nombreux inconditionnels de l’homme chauve-souris qui citent deux titres indispensables à l’univers de leur héros préféré : The Dark Knight Returns et Killing Joke (avec Alan Moore au scénario et Brian Bolland au dessin).

MON VERDICT

 

 
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Publié par le 4 juin 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] David L. Carlson & Landis Blair – L’Accident De Chasse

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L'Accident de Chasse
Titre : L’Accident De Chasse
Scénario : David L. Carlson
Dessin : Landis Blair
Éditeur : Sonatine
Parution : 2020
Origine : Etats-Unis (2017)
472 pages

De quoi ça cause ?

Chicago, 1959. A la mort de sa mère, Charlie Rizzo va vivre chez son père, Matt Rizzo, aveugle à la suite d’un stupide accident de chasse. C’est en tout cas la version de l’histoire que son père lui a toujours racontée.

Quand la police vient frapper à la porte des Rizzo pour arrêter Charlie, son père lui raconte alors toute la vérité sur sa cécité et son passé criminel…

Ma Chronique

L’Accident De Chasse est le premier roman graphique à intégrer le catalogue des éditions Sonatine, sa présence aux côtés des autres titres et auteurs prestigieux de l’éditeur ne doit rien au hasard. Je laisse la parole à Arnaud Hofmarcher, directeur éditorial chez Sonatine, pour expliquer ce choix :

Nous n’avions jamais envisagé de publier chez Sonatine Éditions de roman graphique. Jusqu’au jour où, intrigués par une rumeur grandissante venue d’outre-Atlantique, nous nous sommes procuré L’Accident de chasse. L’enthousiasme de la maison a été tel devant la puissance de ce livre, correspondant, qui plus est, à notre ADN, que nous n’avons pas hésité une seule seconde avant d’en acquérir les droits.

Quelques mots sur l’objet physique pour commencer. D’emblée le visuel donne le ton : noir c’est noir. Couverture rigide, le papier des pages est épais, Sonatine n’a pas lésiné sur les moyens pour nous proposer un ouvrage de qualité. Du coup la chose fait son poids (pas loin de 500 pages), surtout pour moi qui suis habitué à lire sur liseuse ou sur PC.

N’étant pas un expert en dessin je ne m’échinerai pas à décrire le style graphique du roman, les captures d’écran à la fin de cette chronique vous parleront mieux que je ne saurai le faire. Je dirai simplement que le noir et blanc et le trait hachuré sont en totale adéquation avec le récit en plus d’être un véritable régal pour les yeux.

Sur le fond le roman est inspiré de la véritable histoire de Matt Rizzo, telle que Charlie (si, si, le même que dans le livre), son fils, ami de David L. Carlson, la lui a racontée. Tout comme l’histoire de Leopold et Loeb est vraie. Un sujet que l’auteur a approfondi avec son ami avant d’en confier la mise en images à Landis Blair.

L’Accident De Chasse est d’abord l’histoire d’un père et de son fils, une relation sur le tard qui ne les empêchera pas de lier des liens forts. Jusqu’à ce que Charlie apprenne, par la bouche de son père, que tout ce qu’il croyait savoir de lui repose sur des mensonges et des non-dits. Suivra alors un échange père-fils vibrant d’émotions, de force et d’intensité au fur et à mesure que Matt Rizzo se confiera.

Il faut dire que le parcours de Matt Rizzo est pour le moins atypique, une courte « carrière » criminelle qui s’achèvera par une blessure qui lui fera perdre la vue et l’enverra au pénitencier de Stateville (Illinois) pour y purger une condamnation à perpétuité (bin ouais, à l’époque ça ne rigolait pas). Double peine pour Matt Rizzo !

Au fil du récit de Matt on découvre son quotidien en prison, son envie d’en finir avec la vie. Mais surtout sa rencontre avec Nathan Leopold, rencontre qui le mènera pas à pas vers une rédemption inattendue sur fond de littérature (à travers la découverte de L’Enfer de Dante) et de musique (grâce à la Suite pour Violoncelle de Bach).

Un récit bourré d’humanité qui ne devrait laisser personne indifférent, j’ai eu du mal à décrocher avant la fin tellement j’ai été happé par cette histoire. On reproche souvent aux romans graphiques (et BD) de véhiculer moins d’émotions qu’un « vrai » roman, L’Accident De Chasse balaie ce préjugé d’une pichenette.

Un titre qui a toute sa place dans le catalogue de Sonatine, et pourquoi pas une porte ouverte vers d’autres romans graphiques… Je pense notamment à un certain R.J. Ellory qui travaille actuellement avec Richard Guerineau au dessin sur une adaptation de son roman Seul Le Silence.

Une qualité de forme et de fond qui n’a pas laissé indifférent le jury du Festival International de la BD d’Angoulême, édition 2021, puisque L’Accident De Chasse rafle le prix le plus prestigieux du festival, le Fauve d’Or, qui récompense le meilleur album parmi les 45 titres en compétition. Une récompense qui viendra s’ajouter au prix Ouest-France qu’il a remporté lors du festival Quai des Bulles quelques semaines plus tôt.

En bonus sur le site Lisez.com :

La fiche du livre
L’interview des auteurs

MON VERDICT

 
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Publié par le 19 avril 2021 dans Trucs en vrac

 

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(BOUQUINS] Stephen King – Si Ça Saigne

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S. King - Si ça saigne
Titre : Si Ça Saigne
Auteur : Stephen King
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2021
Origine : Etats-Unis (2020)
464 pages

De quoi ça cause ?

Recueil de quatre nouvelles inédites.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Stephen King et qu’il maîtrise à la perfection l’art de la nouvelle.

Ma Chronique

Quatre nouvelles sur plus de 460 pages, inutile de vous préciser que ça fait de longues nouvelles, la plus longue (presque la moitié du bouquin à elle seule) étant celle qui a donné le titre au recueil et qui nous offre l’occasion de retrouver Holly Gibney (on a fait sa connaissance alors qu’elle était l’adjointe de Bill Hodges dans la trilogie Mr Mercedes, avant de la retrouver à la tête de sa propre agence dans L’Outsider).

La première nouvelle, Le téléphone de M. Harrigan, nous narre une belle histoire d’amitié intergénérationnelle et ses suites. Si j’ai beaucoup aimé les personnages, l’intrigue ne m’a pas emballé outre mesure. Au risque de faire un jeu de mot pourri je l’ai trouvée un peu trop téléphonée…

On enchaîne ensuite avec La vie de Chuck, comme son nom l’indique on va découvrir la vie de Charles ‘Chuck’ Krantz à travers trois moments phares de son existence. L’originalité est dans le choix d’une narration antéchronologique (on commence par la fin pour revenir progressivement au début). Autre élément d’importance dans ce récit, au cours de l’acte III, nous assistons non seulement aux derniers jours de Chuck, mais aussi à ceux de l’humanité.

Arrive enfin Si ça saigne, suite du roman L’Outsider et qui nous permet donc de retrouver Holly Gibney confrontée à un nouvel outsider. Un plaisir de retrouver Holly Gibney (et quelques autres personnages déjà croisés dans la trilogie Mr Mercedes) mais j’avoue que j’ai trouvé que l’intrigue manquait d’un petit je ne sais quoi pour que la sauce prenne totalement.

Avec Rat, Stephen King aborde un sujet qui lui est cher puisqu’il est question (entre autres) du rapport entre un auteur et son œuvre (et plus particulièrement du processus créatif). Drew Larson, modeste écrivain en mal d’inspiration, a subitement une idée qu’il pourrait transformer en roman. Pour lancer son histoire, il quitte femme et enfants pour s’isoler quelques semaines dans le chalet familial. À défaut d’une grande originalité sur le fond, j’ai bien aimé la forme. Sans la moindre hésitation c’est à cette dernière nouvelle qu’ira ma préférence dans le présent recueil.

Un recueil qui ne m’a que moyennement séduit, je tiens toutefois à préciser que mon avis se base en partie sur ce que je sais pouvoir attendre du King novelliste ; pour moi il n’a clairement pas été des plus inspiré sur ce coup. Il n’en reste pas moins que globalement les nouvelles sont de très bonne qualité, nul doute que si elles n’avaient pas été signées Stephen King mon ressenti aurait été nettement plus enthousiaste… ou pas, je n’aurais sans doute pas été tenté par un recueil de nouvelles écrites par un auteur que je ne connais pas. Et puis il faut bien reconnaître que l’on retrouve la griffe du King dans chacun de ces quatre récits.

MON VERDICT

 
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Publié par le 23 février 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Tiffany McDaniel – Betty

AU MENU DU JOUR

T. McDaniel - Betty
Titre : Betty
Auteur : Tiffany McDaniel
Éditeur : Gallmeister
Parution : 2020
Origine : États-Unis
720 pages

De quoi ça cause ?

La Petite Indienne, c’est Betty Carpenter, sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee.

Après des années d’errance, les Carpenter s’installent dans la petite ville de Breathed, Ohio. Avec ses frères et sœurs, Betty grandit bercée par la magie des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu. Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l’écriture…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

La véritable question serait plutôt : pourquoi avoir autant tardé alors les critiques, toutes plus élogieuses les unes que les autres, se multipliaient sur le Net ? Au risque de nager à contre-courant, je dois avouer que le bouquin ne m’inspirait pas plus que ça… L’idée de me farcir 700 pages d’une saga familiale me donnait la migraine.

Finalement la curiosité aura été plus forte que mes doutes.

Ma Chronique

Malgré les critiques dithyrambiques qui portent ce roman aux nues j’avoue que c’est presque à reculons que je m’y suis attelé, mû davantage par la curiosité que par un réel intérêt. Je craignais qu’une grande fresque familiale qui s’étale sur plus de 700 pages ne s’avère parfois laborieuse à lire ; j’me voyais déjà passer plusieurs semaines à traîner ce bouquin comme un boulet.

Finalement il ne m’aura qu’une petite semaine pour venir à bout du roman de Tiffany McDaniel ; je n’ai jamais suspendu ma lecture par lassitude, c’était soit par obligation vis-à-vis de mon quotidien, soit pour prendre le temps de digérer un passage particulièrement éprouvant du récit.

Pour écrire ce roman l’auteure s’est inspirée de l’histoire de sa propre mère e d’autres femmes de sa famille avant elle. Où s’arrête la réalité et où commence la fiction ? Seule Tiffany McDaniel peut répondre à cette question. Une chose est sûre la vie de la famille Carpenter, que vous découvrirez en lisant Betty, n’est pas un long fleuve tranquille ; elle a été ponctuée de nombreux drames au fil des ans.

Dans la famille Carpenter, je voudrais le père, Landon. Honnêtement je crois que je n’ai jamais croisé un personnage aussi charismatique et empathique dans un roman. Malgré les épreuves qu’il devra traverser, il ne baissera jamais les bras et sera toujours présent pour réconforter les siens et les pousser à aller de l’avant. Souvent à grand renforts de légendes indiennes (fier d’être un Cherokee) et autres histoires nées de son imagination.

Dans la famille Carpenter, je voudrais la mère, Alka. On découvre dans les premières pages du roman une jeune femme battue par son père, sa rencontre avec Landon lui offrira une chance d’échapper à l’emprise paternelle. Une personnalité complexe qui parait souvent froide, voire franchement méchante (pauvre Birdie) ; elle cache en fait de profondes blessures secrètes qui se révéleront au fil des chapitres et des années (ceci dit ça n’excuse pas tout… pas vrai Birdie ?).

Dans la famille Carpenter, je voudrais les enfants. Huit enfants en tout mais deux ne survivront pas assez longtemps pour intégrer l’histoire que nous conte Betty. Dans l’ordre de venue au monde : Leland (1939), Fraya (1944), Flossie (1951), Betty (1954), Turstin (1956) et Lint (1957).

C’est donc Betty qui nous raconte l’histoire de sa famille – et la sienne –, une histoire qui s’étalera de 1961 à 1973, jusqu’à ce qu’elle prenne son envol pour écrire sa propre histoire individuelle.

Betty qui découvrira bien malgré elle que la vie d’une jeune métisse dans le sud profond des États-Unis n’est pas une sinécure. Très vite elle devra faire face au racisme (et la connerie) ordinaire de ses camarades de classe ; mais le pire dans tout ça reste sans doute l’indifférence des enseignants, leur absence de réaction est une forme d’encouragement silencieux à la moquerie, aux insultes et autres humiliations.

Au-delà du racisme, Betty sera aussi confrontée (sans forcément les subir directement) aux perversions (passées ou présentes) des uns et des autres. Ainsi il sera question de viol et d’inceste (merci maman, pour cet inoubliable cadeau d’anniversaire offert pour les neuf ans de Betty).

Comme si cela ne suffisait pas, les Carpenter devront aussi faire face à de nombreux drames familiaux, plus d’une fois la mort viendra endeuiller cette famille.

Mais Betty n’est pas que noirceur, c’est aussi un formidable message d’espoir et une ode à la femme. Aux femmes qui doivent se battre plus que les hommes pour s’imposer dans la société (et c’est encore vrai de nos jours) et faire face à des préjugés éculés.

À ce moment-là, j’ai compris que les pantalons et les jupes, tout comme les sexes, n’étaient pas considérés comme égaux dans notre société. Porter un pantalon, c’était être habillé pour exercer le pouvoir. Porter une jupe, c’était être habillée pour faire la vaisselle.

C’est sans grande conviction que j’ai ouvert ce roman, c’est totalement conquis que je le referme. Incontestablement Betty est une histoire qui marque durablement les esprits. Un tourbillon d’émotions qui entraîne le lecteur du rire aux larmes.

MON VERDICT
Coup double

 
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Publié par le 28 janvier 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jax Miller – Les Lumières De L’Aube

AU MENU DU JOUR

J. Miller - Les lumières de l'aube

Titre : Les Lumières De L’Aube
Auteur : Jax Miller
Éditeur : Plon
Parution : 2020
Origine : États-Unis
384 pages

De quoi ça cause ?

29 décembre 1999. Welsh, Oklahoma. Lauria Bible et Ashley Freeman passent la soirée dans le mobile home des Freeman avec les parents d’Ashley.

Au petit matin du 30 décembre, le mobile home est la proie des flammes. Dans les décombres encore fumants, les parents d’Ashley sont retrouvés morts, tués par balle. Aucune trace d’Ashley et Lauria…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que ça faisait déjà quelques temps que j’avais envie de découvrir l’univers littéraire de Jax Miller… Ce n’est qu’après coup que j’ai découvert que le présent roman n’était pas totalement une œuvre de fiction, mais une enquête d’un type assez peu courant chez les auteurs français : le true crime. Une enquête plus ou moins romancée construite autour d’un crime bien réel.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Plon et Net Galley qui ont répondu favorablement à ma sollicitation pour ce titre.

En jetant mon dévolu sur le troisième titre de Jax Miller, j’ignorais que j’allais me frotter à un récit de type true crime concernant un fait divers passé totalement inaperçu en France. Un double meurtre très vaguement (et négligemment) dissimulé par l’incendie du mobile home du couple Freeman, mais aussi et surtout la disparition de deux adolescentes (Ashley Freeman, la fille de Kathy et Danny, les victimes retrouvées dans les décombres, et sa meilleure amie, Lauria Bible). Ainsi démarre ce qui deviendra l’affaire Freeman-Bible…

N’ayant jamais entendu parler de cette affaire, je me suis demandé si je parviendrai malgré tout à m’y intéresser. La réponse s’est imposée dès les premiers chapitres lus, c’est un oui franc et massif. Deux raisons à cela : la complexité de l’affaire et l’impressionnant travail fourni par Jax Miller pour nous livrer cette enquête.

C’est en 2015 que Jax Miller a commencé à s’intéresser à l’affaire Freeman-Bible, une affaire sur laquelle elle va travailler envers et contre tout (et parfois tous) pendant quatre ans. Quatre années à interroger les proches des victimes (elle travaillera beaucoup aux côtés de Lorene Bible, la mère de Lauria), les policiers chargés de l’enquête, les suspects et toute personne ayant pu être mêlée de près ou de loin à cette sombre affaire.

Le résultat est tout simplement bluffant, on est en totale immersion dans une enquête où la réalité dépasse parfois la fiction… rarement pour le meilleur, souvent pour le pire !

Le pire c’est une enquête de police plus que défaillante, avec des preuves égarées, des témoins ignorés, des pistes et indices jamais explorés. De là à penser que l’enquête a été volontairement salopée il n’y a qu’un pas.

Il faut dire qu’entre la famille Freeman et la police ce n’est pas franchement l’amour fou. Danny Freeman était déjà connu pour son tempérament sanguin (pour rester poli). Shane, le fils aîné, était un délinquant notoire… jusqu’à ce qu’il soit abattu par la police dans des circonstances pas clairement établies. Dès lors Danny et Kathy Freeman remuaient ciel et terre pour que l’erreur policière soit reconnue.

À l’occasion de son enquête Jax Miller pointera du doigt de nombreuses autres défaillances de la police (et par extension du système judiciaire) de l’Oklahoma. Certaines affaires de corruption conduiront même leurs auteurs devant la justice et se solderont par de lourdes condamnations.

Mais le pire c’est aussi un territoire où la meth fait des ravages. Les labos plus ou moins clandestins se multiplient, certains patelins sont même des zones de non droit où les trafiquants règnent en maîtres absolus. Un terrain de jeu propice à l’expansion de multiples activités criminelles, de la plus anodine, à la plus grave.

Si un auteur présentait un tel cocktail comme toile de fond de son intrigue, le lecteur refuserait d’y croire tant ça semblerait trop énorme pour être vrai. Et pourtant ici tout est vrai… et c’est sans doute ce qui contribue à rendre ce témoignage aussi glaçant. Pas besoin d’artifices ou de surenchère, la (dure) réalité des faits se suffit à elle-même.

Il y a peu (voire pas du tout) de ressources francophones relatives à l’affaire Freeman-Bible sur le net, vous apprendrez tout ce qu’il y a à savoir sur le sujet en lisant le présent bouquin. Si toutefois vous voulez avoir un aperçu de la chose avant de vous lancer je vous invite à consulter la page Wikipedia (en anglais) sur le sujet. Vous pouvez aussi vous reporter à la page Facebook Find Laurie Bible-BBI ou au site internet Findlauriebible.com.

MON VERDICT

 
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Publié par le 27 novembre 2020 dans Bouquins

 

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