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Archives de Tag: Littérature américaine

[BOUQUINS] Raymond E. Feist – Le Roi Des Cendres

AU MENU DU JOUR

R.E. Feist - Le Roi Des Cendres

Titre : Le Roi Des Cendres
Série : La Légende Des Firemane – Tome 1
Auteur : Raymond E. Feist
Éditeur : Bragelonne
Parution : 2018
Origine : USA
480 pages

De quoi ça cause ?

Les royaumes de Garn étaient au nombre de cinq, jusqu’à ce que quatre d’entre eux, sous l’impulsion du roi Lodavico, souverain de Sandura, ne trahissent le cinquième. Le royaume d’Ithrace est alors pillé et la famille royale assassinée. Les traîtres l’ignorent encore, mais le dernier né du roi, un bébé à la tignasse flamboyante, a échappé au massacre.

Sur l’île de Coaltachin, le bastion de la très secrète et très affluente, Nation Invisible, Hatu et ses amis, Donte et Hava, s’entraînent sans répit en vue d’intégrer les Quelli Nascosti, les invisibles, les redoutables maîtres-espions de la Nation. Hatu, l’orphelin recueilli, éduqué et formé, par la Nation Invisible, qui a reçu comme stricte consigne de son maître de veiller à toujours teindre sa tignasse rousse.

À Oncon, paisible bourg situé sur les Terres du Pacte, le jeune Declan oeuvre à sa dernière tâche avant d’être promu maître forgeron par Edvalt, son tuteur et maître. Pour l’occasion Edvalt lui révèlera une technique connue de peu de forgeron et maîtrisée par une petite poignée d’entre eux ; un secret permettant d’obtenir un acier de grande qualité et de forger des armes uniques.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que ça faisait un moment que je voulais découvrir l’univers fantasy de Raymond E. Feist, sans toutefois avoir le courage de me plonger dans son cycle Krondor (30 tomes… ça donne matière à réfléchir avant de se lancer).

En prime j’ai trouvé la couverture, façon aquarelle, très sympa.

Ma chronique

Ne connaissant le cycle de Krondor que de réputation (et quelle réputation !) c’est d’un oeil neutre que j’aborde ce roman de Raymond E. Feist, premier tome de la trilogie consacrée à La Légende Des Firemane.

Heureusement que je ne suis pas facilement influençable, sinon après avoir lu la critique assassine du roman sur elbakin.net, j’aurai pu être tenté de renoncer à ma lecture. Mais j’étais bien déterminé (et motivé) à me faire ma propre idée de la chose, il faudrait plus que ça pour me faire changer d’avis.

Le Roi Des Cendres remplit parfaitement son rôle de tome d’ouverture sur un nouvel univers, il pose le décor, les personnages et le(s) contexte(s). On découvre un univers complexe riche d’un fort potentiel qui ne demande qu’à déployer ses ailes pour nous embarquer encore plus loin dans l’aventure.

L’intrigue du roman se déroule suivant deux axes distincts. D’une part l’on suit Hatu (orphelin que l’on sait être le dernier né des Firemane) au fil de ses missions pour le compte de la Nation Invisible. D’autre part l’auteur nous invite à suivre les premiers pas de Declan, récemment promu maître-forgeron qui va devoir, par la force des choses, installer sa propre forge.

Deux parcours initiatiques radicalement différents qui sont forcément appelés à se télescoper à un moment ou à un autre. Dans les premiers chapitres, l’on a un peu de mal à lier le sort de ces deux personnages ; on a beau comprendre assez vite que la rencontre sera fortuite (les deux étant appelés à se rendre, tôt ou tard, au même endroit), je ne doute pas que l’auteur nous réserve quelques surprises pour la suite.

J’ai bien aimé le soin apporté aux personnages, au fil des chapitres on les voit évoluer, que ce soit individuellement ou par leurs relations avec les autres. En effet, si Hatu et Declan sont les personnages principaux, les autres ne sont pas pour autant laissés sur le bas-côté. À commencer par leur entourage immédiat, mais aussi ceux appelés à jouer un rôle (pas toujours évident à définir à ce stade de la lecture) dans le déroulé de l’intrigue.

L’intrigue se tisse autour de dimensions politiques et religieuses (voire mystiques par certains aspects), ce qui implique son lot d’alliances, de complots et de trahisons. Certains éléments stratégiques se mettent en place dès ce premier tome, mais l’on en voit d’autres se tisser dans un avenir relativement proche.

Difficile d’imaginer un univers de fantasy sans créatures surnaturelles ni magie, si ces éléments se font plutôt discrets dans ce premier opus, on devine qu’ils sont appelés à jouer un rôle grandissant par la suite (au moins pour la magie).

J’admets volontiers que ce Roi Des Cendres ne révolutionnera pas le genre, il n’en reste pas moins que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir le monde Garn, ses personnages et ses intrigues. Il me tarde de découvrir les prochains tomes…

Je terminerai toutefois par un petit bémol, certains éléments sont répétés, encore et encore, au fil des chapitres (par exemple la colère sourde d’Hatu ou encore le fonctionnement du Conseil de la Nation Invisible…) ; je n’irai pas jusqu’à dire que c’est pénible (à moins de souffrir d’Alzheimer chronique) mais on s’en passerait volontiers.

Comme vous avez pu le constater, je ne partage pas du tout la déception d’elbakin.net, je ne sais pas si c’est parce que je suis moins exigeant que leurs chroniqueurs ou si c’est parce que de leur côté, connaissant Feist sur le bout des doigts, ils espéraient mieux de ce « grand retour » ; le fait est que je les ai trouvé particulièrement sévères sur ce coup, et, pour tout dire un tantinet injustes. Ma foi, les goûts et les couleurs…

MON VERDICT

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Publié par le 27 juin 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Neal Shusterman – Thunderhead

AU MENU DU JOUR

N. Shusterman - Thunderhead

Titre : Thunderhead
Série : La Faucheuse – Tome 2
Auteur : Neal Shusterman
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2018
Origine : USA
576 pages

De quoi ça cause ?

Citra est désormais connue sous son nom de Faucheuse, Dame Anastasia. Mais ses méthodes de glanage, pleines de compassion et d’empathie, ne font pas vraiment l’unanimité dans la communauté. Heureusement, elle peut compter sur le soutien sans faille de son mentor Dame Curie.

Rowan de son côté s’est autoproclamé faucheur et justicier. Il officie vêtu de noir sous le nom de Maître Lucifer. Ses victimes : les Faucheurs corrompus qui détournent les règles de la communauté à leur profit. De fait Rowan est l’homme à abattre pour la communauté des Faucheurs.

Leur amitié survivra-t-elle à ce conflit d’intérêts ? Sera-t-elle une force ou une faiblesse face à une menace grandissante qui pourrait radicalement changer la donne ?

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’avais beaucoup aimé La Faucheuse malgré son étiquette young adult. J’étais curieux de savoir si cette suite confirmerait mon engouement ou serait, au contraire, une douche froide… Curieux, mais confiant.

Ma chronique

Bien que plutôt réticent à découvrir la littérature estampillée young adult, force m’est de reconnaître que j’ai beaucoup aimé La Faucheuse de Neal Shusterman. L’intrigue est suffisamment élaborée pour avoir fait mouche, les personnages sont soignés… bref, impossible pour moi de résister à l’attrait de cette suite.

Commençons par le commencement : qu’est-ce que ce fameux Thunderhead ? Pour faire simple, c’est le nom de l’hyper intelligence artificielle qui supervise ce nouveau monde et veille au grain. Un Big Brother bienveillant qui assure le bien-être de ses ouailles (les humains).

Tous les humains ? Presque… Si le Thunderhead a un droit de regard (limité) sur la communauté des Faucheurs, il ne peut en aucun cas intervenir dans leurs affaires.

Le mieux, pour comprendre l’essence du Thunderhead, est encore de vous plonger dans ce roman (après avoir lu La Faucheuse, cela va de soi). En effet, en guise de transition d’un chapitre à un autre, vous aurez le droit à une intervention du Thunderhead qui vous expliquera mieux que personne ce qu’il est et quel est son rôle.

Outre Citra et Rowan, vous croiserez d’autres personnages déjà rencontrés dans La Faucheuse, certaines de ces retrouvailles ne vous surprendront guère (je pense notamment à Dame Curie, à la Serpe Ultime Xénocrate ou encore à Maître Faraday), d’autres par contre seront nettement plus inattendues (niet, vous n’aurez aucun nom… inutile d’insister !).

Bien entendu cette suite vous réserve aussi de nouvelles rencontres, la plus notable étant certainement le personnage de Greyson Tolliver. Un jeune homme qui entretient une relation « étroite » avec le Thunderhead et va se retrouver embringué, presque malgré lui, dans un complot dont les enjeux le dépassent largement.

Le contexte ayant déjà été largement posé par le tome précédent, Neal Shusterman nous plonge directement au coeur de son intrigue. Une intrigue qui se jouera presque exclusivement autour de la communauté des Faucheurs, quand ils ne seront pas intervenants directs, ils seront au centre de toutes les préoccupations (avec parfois de bonnes intentions… et certaines nettement moins louables).

Il faut dire aussi que la communauté est plus que jamais divisée, entre les tenants du Nouvel Ordre instauré par feu Maître Goddard et ceux de la Vieille Garde… La tension est palpable, au fil des chapitres on sent que ça ne peut que mal finir, mais l’auteur sait s’y prendre pour laisser placer au doute et aux incertitudes. Avant de nous en mettre plein la vue avec un final ahurissant.

Un second opus plus sombre que le précédent tout en restant dans la continuité. L’ajout d’une dimension stratégique (voire politique, dans le bon sens du terme) est pour moi un plus indéniable.

En refermant ce bouquin, vous n’aurez qu’une hâte : lire le troisième et dernier tome de la série ! Il faut dire que le final est plus que prometteur pour la suite. Mais il nous faudra prendre notre mal en patience, aucune date n’est annoncée à ce jour pour une sortie en VO…

Je terminerai cette chronique par un coup de chapeau à Kevin Tong, l’illustrateur à l’origine des couvertures de ces deux romans. Un visuel qui donne envie d’en savoir plus…

MON VERDICT

 
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Publié par le 3 mai 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Stephen & Owen King – Sleeping Beauties

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S. & O. King - Sleeping Beauties

Titre : Sleeping Beauties
Auteur : Stephen King & Owen King
Editeur : Albin Michel
Parution : 2018
Origine : USA (2017)
832 pages

De quoi ça cause ?

Un mal mystérieux semble frapper les femmes du monde entier, les plongeant dans le sommeil et enveloppant leur corps d’un étrange cocon.

Alors que le mal commence à frapper la paisible bourgade de Dooling, le sherif Norcross arrête et incarcère Evie Black. La mystérieuse jeune femme vient de tuer sauvagement deux trafiquants de drogue, mais surtout elle semble épargnée par cette épidémie.

Clint Norcross, le psychiatre de la prison pour femmes de Dooling réalise rapidement que la nouvelle venue n’est pas une prisonnière comme les autres. Mais réussira-t-il à la protéger de la folie des hommes ?

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’te question ! Parce que c’est Stephen King, même écrit à quatre mains avec son fils Owen ça reste un roman du King, le seul, l’unique !

Je ne connais pas les écrits de Owen King (à ma décharge, ils ne sont pas disponibles en français), mais je suis confiant…

Ma chronique

Je n’ai pas pour habitude de pratiquer la langue de bois et ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer, après tout je ne suis inféodé à aucune maison d’édition ni à aucun auteur, comme dirait l’autre « vous n’aurez pas ma liberté de penser« , et j’ajouterai que je ne me priverai pas d’exprimer haut et fort le fond de ma pensée.

En me lançant dans ce bouquin j’attendais un grand WAOW, je quitte le referme sur un petit HMOUAIS très mitigé. Si je devais résumer mon sentiment en un seul mot ce serait DECEPTION. Pas parce que le bouquin est une sinistre daube (faut pas déconner non plus, on parle de Stephen King), mais parce que j’espérais beaucoup de son pitch… Trop sans doute.

Un chiffre pour commencer : 15 jours. C’est le temps qu’il m’a fallu pour venir à bout du roman, autant dire qu’un tel délai pour achever un Stephen King c’est du jamais vu chez moi. Certes c’est un pavé (plus de 800 pages), mais si j’avais été inspiré par l’intrigue je l’aurai bouclé en quelques jours.

C’est la (longue, très longue) première partie du roman qui justifie ce sentiment mitigé. J’aime les romans dans lesquels l’auteur prend le temps de poser le décor, les personnages et l’intrigue, mais là il y a de réelles longueurs. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai été tenté de laisser tomber ma lecture en cours de route, mais j’ai souvent ressenti le besoin de faire une pause avant de m’y remettre.

Dans leur note de fin, les auteurs disent que le premier jet du roman était beaucoup plus long que sa version finale, j’ose à peine imaginer ce que ça pouvait donner. Pas sûr que j’aurai tenu le coup jusqu’à la fin du roman, déjà là j’estime que cette première partie aurait gagné à subir encore quelques coupes franches (à elle seule elle représente déjà plus de la moitié du bouquin).

Heureusement Stephen et Owen King évitent le naufrage avec une seconde partie menée à un rythme endiablé et à l’issue incertaine jusqu’au final.

Une courte troisième partie vient conclure le roman.

Un retour au fantastique pur et dur que les inconditionnels de Stephen King attendaient de pied ferme, d’autant que l’intrigue pouvait se targuer d’un riche potentiel mettant la gent féminine à l’honneur. Dommage que le plaisir soit partiellement gâché par cette première partie mal dosée et mal gérée.

Pour terminer cette chronique sur une note positive, je tire mon chapeau aux auteurs qui réussissent à proposer une intrigue mettant en scène de nombreux personnages sans jamais embrouiller le lecteur.

Si le bouquin ne m’a pas vraiment emballé, il faudra plus que ça pour remettre en cause mon engouement pour Stephen King, je répondrai bien entendu présent à la sortie de son prochain roman.

MON VERDICT

 
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Publié par le 31 mars 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Bryan Reardon – Jake

AU MENU DU JOUR

B. Reardon - Jake

Titre : Jake
Auteur : Bryan Reardon
Éditeur : Gallimard
Parution : 2018
Origine : USA (2015)
352 pages

De quoi ça cause ?

La vie de Simon Connolly bascule le jour où une fusillade éclate dans le lycée de ses enfants. Sur place il retrouve sa fille, Laney, mais son aîné, Jake, est introuvable.

Le tireur, Doug, a tué treize jeunes avant de se suicider. Un élève asocial qui pour seul ami Jake, lui même d’un naturel plutôt réservé, ce dernier peut-il être mêlé, de près ou de loin, à cette fusillade ?

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

La couv’ et le pitch ont tout de suite titillé ma curiosité. L’enthousiasme quasi unanime de la blogosphère a fait le reste…

Ma chronique

Il est des bouquins qui vous prennent aux tripes par le rythme effréné de leur intrigue, d’autres vous feront tout autant d’effet en misant uniquement sur les personnages. Jake, de Bryan Reardon, s’inscrit incontestablement dans la seconde catégorie ; il m’a rarement été donné de lire un roman dont les personnages dégagent une telle humanité. Impossible de ne pas éprouver une sincère empathie pour la famille Connolly face à l’épreuve qu’ils traversent, en particulier pour Simon.

L’intrigue n’est pas pour autant laissée pour compte, mais elle reste relativement classique et, osons le dire haut fort, tristement banale (c’est d’autant plus vrai qu’elle colle a l’actualité du moment, trois semaines après la fusillade survenue dans un lycée Parkland qui a fait 17 morts). C’est plutôt dans son traitement que l’intrigue se démarque, ici le sensationnalisme ou le voyeurisme n’ont pas leur place, de nouveau c’est le côté humain qui est mis en avant.

Le récit est à la première personne, c’est Simon qui nous raconte le drame que lui et sa famille subissent. Il faut dire que la situation familiale des Connolly est un peu atypique, le couple a en effet décidé, d’un commun accord, que Simon resterait à la maison pour s’occuper des enfants, tandis que Rachel, son épouse, poursuivrait sa brillante carrière professionnelle.

Nul besoin d’être soi-même père de famille pour partager la détresse de Simon, une détresse faite d’inquiétudes pour son fils disparu, mais aussi de doutes et de colère alors que les médias et une partie du voisinage désignent sans la moindre hésitation Jake comme complice et pointent du doigt la responsabilité des parents.

Si l’on s’identifie aisément au personnage de Simon, c’est parce qu’il n’a rien du héros nourri à la testostérone ; ce serait plutôt monsieur Tout-le-Monde, un type réservé qui s’efforce d’élever au mieux ses enfants et qui, du jour au lendemain, se retrouve confronté au plus inconcevable des cauchemars.

Les chapitres alternent entre le présent et les souvenirs de Simon, des flashbacks relatifs à Jake bien entendu, mais qui impliquent aussi Rachel et Laney. En puisant dans le passé, Simon essaye de comprendre le présent.

La grande force du roman reste la formidable écriture de Bryan Reardon, une écriture criante de vérité par son authenticité, mais aussi une écriture chargée d’une énorme intensité émotionnelle. Si vous avez encore ne serait-ce qu’une once d’empathie, impossible que ce roman vous laisse de marbre ! C’est une lecture qui vous prendra au coeur et aux tripes ; je parierai même que vous ne refermerez pas ce bouquin sans avoir versé une larme.

Il me semble donc parfaitement légitime de saluer le travail de la traductrice, Flavia Robin, qui a su retranscrire ce tourbillon d’émotions avec beaucoup de justesse. Une profession de la chaîne du livre trop souvent oubliée malgré son rôle essentiel.

Bon, et Jake dans tout ça ? Ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler la clé de l’intrigue. Je dirai juste que j’ai rapidement pressenti le fin mot de l’histoire ; mais ça ne m’a nullement empêché de profiter pleinement de ce bouquin.

Nous ne sommes qu’en mars, mais je peux d’ores et déjà affirmer que Jake sera certainement l’une de mes lectures les plus marquantes de cette année 2018.

MON VERDICT
Coup double

 
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Publié par le 7 mars 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Daniel Kraus – Teigneux

AU MENU DU JOUR

D. Kraus - Teigneux

Titre : Teigneux
Auteur : Daniel Kraus
Editeur : Fleuve Edtions
Parution : 2018
Origine : USA (2013)
320 pages

De quoi ça cause ?

Cela fait neuf ans que Jo Beth Burke et ses enfants, Ry (19 ans) et Sarah (10 ans), ne subissent plus la colère et la violence de Marvin Burke, mari et père.

Neuf ans que Marvin Burke croupit en prison, en grande partie grâce à l’extraordinaire courage de Ry qui a survécu à une traque mortelle lancée par son paternel. Mais pour Ry rien n’aurait été possible sans l’aide providentielle de trois jouets qu’il a emportés avec lui dans sa fuite, les Trois Inommables.

La ferme familiale dépérit inexorablement, pour Jo Beth et ses enfants, leur seule chance de s’en sortir est de déménager pour aller s’installer en ville et prendre un nouveau départ.

Un espoir de renouveau qui s’effondre lorsque Marvin Burke refait surface dans leurs vies, plus que jamais déterminé à se venger d’eux, et tout particulièrement de Ry…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

J’ai flashé sur la couv’ tout simplement. La quatrième de couv’ a fait le reste, le fait que le bouquin fasse partie de la collection Outre Fleuve a aussi joué en sa faveur.

Ma chronique

Il est des bouquins pour lesquels, au moment de rédiger ma chronique, je me pose sérieusement la question de savoir par où commencer et surtout où aller. Non que je me sois fait chier pendant ma lecture, simplement parce que le bouquin que je viens de lire est un tantinet atypique. Teigneux fait partie de ces livres qui vont me donner du fil à retordre.

La quatrième de couv’ fait état d’un « thriller paranormal« , c’est sans doute une façon d’aborder la question, pour ma part j’ai surtout eu le sentiment de lire un thriller psychologique particulièrement intense. Intense parce qu’il nous invite à partager les pensées d’un esprit fragile, au bord de la rupture, voire de l’implosion.

Si l’aspect paranormal est discutable, il ne fait par contre aucun doute que c’est un bouquin fortement déconseillé aux âmes sensibles. Certaines scènes sont bien trash, voire franchement gore, mais l’horreur n’est jamais gratuite et l’auteur ne joue pas la carte de la surenchère ; ici l’horreur est bel et bien ancrée dans la réalité et mise au service de l’intrigue et des personnages.

Daniel Kraus nous propose un thriller qui se construit autour de la relation entre un père (Marvin) et son fils (Ry), pas franchement le genre de relations « normales » entre papounet et fiston, mais plutôt une relation pervertie, nocive et nuisible fondée sur la peur. Une relation qui ne peut déboucher que sur une confrontation explosive, la question n’est pas tant de savoir qui prendra le dessus, mais plutôt d’évaluer les dommages collatéraux.

L’auteur aurait pu, par facilité, se concentrer sur ses deux personnages centraux et laisser aux autres des rôles plus ou moins subalternes, mais il n’en est rien. Si les personnalités de Jo Beth et Sarah sont définies par le biais de Ry et Marvin, il n’en reste pas moins qu’elles auront un rôle déterminant à jouer tout au long de l’intrigue.

Difficile de parler des personnages sans mentionner les fameux Trois Inommables, le sympathique Monsieur Oursington, le sage Jésus-Christ et Teigneux que son seul nom suffit à définir. Sans risquer de me montrer trop disert sur la question, il ne faut pas être un fin psychologue pour deviner que chacun est une projection de l’esprit de Ry, diverses facettes, plus ou moins enfouies, de sa propre personnalité.

Si vous pensez avoir tout vu et tout lu en matière de thriller, je vous invite à vous plonger dans Teigneux ; je n’irai pas jusqu’à dire que Daniel Kraus réinvente les règles du genre, mais il joue avec et les accommode à sa sauce, une sauce certes atypique, mais qui s’avère finalement fort réussie.

Au risque de passer pour un maso, j’ai pris beaucoup de plaisir à parcourir ce presque huis clos glauque et oppressant à souhait. Les auteurs qui osent chambouler les règles ne sont pas légion, il serait bien dommage de bouder son plaisir quand on en croise un. Et incontestablement, Daniel Kraus ose, et il le fait bien.

MON VERDICT
Coup de poing

 
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Publié par le 2 mars 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Shannon Burke – Dernière Saison dans Les Rocheuses

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S. Burke - Dernière saison dans Les Rocheuses

Titre : Dernière Saison Dans Les Rocheuses
Auteur : Shannon Burke
Éditeur : Fleuve Editions
Parution : 2018
Origine : USA (2015)
288 pages

De quoi ça cause ?

1826, Saint Louis (Missouri). A 22 ans William Wyeth rêve d’aventures, de grands espaces et pourquoi pas, de faire fortune. Il décide alors de s’engager dans une compagnie de trappeurs et intégré une brigade pour une saison de chasse. Il va rapidement réaliser à quel point la vie de trappeur n’est pas de tout repos et surtout pas exempte de dangers…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que Shannon Burke m’avait littéralement bluffé avec son précédent roman, 911. J’étais curieux de le voir à l’oeuvre dans un registre radicalement différent.

Parce qu’un western de temps en temps ça fait du bien par où ça passe.

Pour la couv’ que j’ai trouvé très belle (à la base il s’agit d’une toile de John Mix Stanley, à découvrir ici).

Ma chronique

Avec 911, son précédent roman, Shannon Burke nous offrait un livre noir à souhait et surtout très contemporain, changement radical de registre avec Dernière Saison Dans Les Rocheuses, un western qui se déroule aux prémices de la Conquête de l’Ouest. Exit les urgentistes et leurs ambulances, welcome aux trappeurs et leurs chevaux.

Le récit est à la première personne, c’est le journal de William Wyeth que nous parcourons. Il partage avec le lecteur sa première saison de trappe au sein d’une brigade expérimentée.

On y découvre les conditions de vie des trappeurs, décrites avec beaucoup de réalisme (on devine le gros travail de documentation auquel l’auteur a dû se livrer). L’Ouest américain est encore un territoire sauvage, occupé au sud par les Mexicains, et au nord par les Britanniques (les frontières avec le Canada sont encore bien floues et sujettes à débat). Dépaysement assuré !

Les british, ah bin parlons-en justement ! Les trappeurs américains et britanniques se livrent à une concurrence féroce et pas toujours cordiale, même si généralement ils évitent les bains de sang lors de leurs confrontations. Faudrait pas causer un incident diplomatique fort malvenu alors que l’épineuse question des frontières doit se poser prochainement…

Et bien entendu il y a les Indiens (bin ouais sinon ça ne serait pas un western), certaines tribus sont amicales, d’autres nettement plus hostiles. Pour s’assurer une saison de trappe pas trop mouvementée, il vaut mieux négocier un pacte de non-agression avec ceux dont on traverse les territoires.

Heureusement le jeune William ne sera pas seul pour affronter et gérer tout ça, il intégrera une brigade au sein de laquelle amitié et solidarité ne sont pas de vains mots.

Les personnages sont soignés, j’ai eu un faible pour Ferris, aussi doué avec un fusil qu’avec un crayon. Et même pour Layton qui peut pourtant devenir exaspérant comme pas possible sans aucune raison valable.

Si Shannon Burke a souhaité dresser un portrait aussi fidèle que possible de la vie de trappeur à cette époque, il reconnaît (et assume) avoir pris quelques libertés avec l’Histoire. Plaçant par exemple des personnages ayant réellement existé là où n’ont pas lieu d’être.

La multiplication des compagnies de trappeurs, de toutes origines, pose aussi la question du respect de la nature. La chasse à outrance a déjà commencé à vider de tout gibier des régions entières.

Une lecture sympathique, mais pas vraiment trépidante; surtout dans la seconde partie du récit, qui sépare deux saisons de trappe, même si je ne me suis jamais ennuyé. La troisième et dernière partie (la plus longue) est heureusement nettement plus rythmée et riche en rebondissements.

MON VERDICT

 
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Publié par le 19 février 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Andy Weir – Artemis

AU MENU DU JOUR

A. Weir - Artemis

Titre : Artemis
Auteur : Andy Weir
Editeur : Bragelonne
Parution : 2018
Origine : USA (2017)
332 pages

De quoi ça cause ?

Jazz est coursière sur la cité lunaire d’Artemis, histoire d’arrondir les fins de mois elle joue volontiers les contrabandiers afin de procurer à ses clients des marchandises pas toujours très légales

Quand l’un de ses riches clients lui propose une opération de sabotage, Jazz hésite, mais, face à la forte prime promise, elle finit par accepter. Mais les choses ne vont du tout se passer comme prévu, Jazz va devoir se battre pour sa propre survie, mais aussi pour celle d’Artemis…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’ai adoré Seul Sur Mars du même auteur, il me tardait donc de découvrir son second roman.

Ma chronique

Je n’ai pas de réel programme de lecture en tête, disons que je sais grosso modo quels sont les 3 ou 4 prochains titres que je lirai sans pour autant pouvoir dire dans quel ordre je les accrocherai à mon tableau de chasse. Jusqu’à ce que débarque dans mon Stock à Lire Numérique un « incontournable », le bouquin pour lequel je bouleverserai ce programme déjà bien instable. Artemis fait partie de ces troubles-fêtes, Andy Weir m’avait bluffé avec son premier roman, Seul Sur Mars, il me fallait savoir, sans plus attendre, si l’essai serait transformé ou non.

Andy Weir reste dans la science-fiction, mais se rapproche de nous en situant son action sur la lune, une lune habitée par quelques humains regroupés dans la cité d’Artemis. Cette fois son personnage principal aura donc de la compagnie (pas forcément toujours bienveillante, mais ceci est une autre histoire).

L’auteur nous propose un récit à la première personne, c’est Jazz qui nous raconte son périple avec un subtil mélange de cynisme et de bonne humeur. Je ne sais pas si pour un auteur de sexe masculin il est difficile de se mettre dans la peau d’une femme, mais le fait est que Andy Weir y arrive à merveille. Mais bon, force est de reconnaître que Jazz n’a pas vraiment le profil type de la ménagère pantouflarde. Elle serait plutôt du genre débrouillarde et un brin roublarde.

Avant de nous plonger au coeur de l’intrigue, l’auteur nous invite à suivre Jazz dans son quotidien. Une entrée à la matière plutôt bienvenue pour se familiariser avec Artemis (et par la même une partie de ses habitants) et comprendre les motivations futures de la jeune femme.

On retrouve rapidement la griffe de l’auteur, avec une bonne base documentaire scientifique qu’il réussit à vulgariser et à intégrer à l’intrigue sans jamais que cela devienne indigeste. Je ne sais pas si tout est scientifiquement exact ou plausible, le fait est que ça colle parfaitement au récit, ce qui me suffit amplement (après tout la fiction autorise quelques libertés avec la rigueur scientifique).

Artemis est donc une cité lunaire, du coup on peut clairement situer l’intrigue dans un futur indéterminé mais oubliez les cités futuristes à la Star Wars et consorts. Si les technologies utilisées sont bel et bien futuristes , les conditions de vie des habitants restent assez proches de celle des terriens, en plus contraignantes compte tenu des limites imposées par l’environnement lunaire.

Andy Weir nous propose un récit de science-fiction aussi rythmé qu’un thriller, des intérêts (pas toujours très sains) économiques et politiques (forcément pourris) viendront en effet corser les choses, sans parler d’un puissant syndicat du crime qui n’appréciera pas vraiment que l’on vienne fouiner dans ses affaires.

Heureusement Jazz ne manque pas d’ingéniosité, comme dirait l’autre (grosso modo), « sur Artemis on n’a pas de pétrole mais on a des idées« , le pétrole étant à remplacer par des GPD, la devise en cours sur Artemis. Mais surtout elle ne sera pas totalement seule contre tous, quelques précieux alliés viendront lui prêter main forte.

Pour répondre à mon interrogation première, OUI, l’essai est transformé et brillamment transformé. Andy Weir s’impose comme un acteur majeur de la scène littéraire SF, non seulement il propose des intrigues parfaitement maîtrisées mais il parvient à rendre accessible à tous une des branches les plus élitistes de la SF, la hard science.

MON VERDICT

 
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Publié par le 31 janvier 2018 dans Bouquins

 

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