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Archives de Tag: Littérature américaine

[BOUQUINS] David L. Carlson & Landis Blair – L’Accident De Chasse

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L'Accident de Chasse
Titre : L’Accident De Chasse
Scénario : David L. Carlson
Dessin : Landis Blair
Éditeur : Sonatine
Parution : 2020
Origine : Etats-Unis (2017)
472 pages

De quoi ça cause ?

Chicago, 1959. A la mort de sa mère, Charlie Rizzo va vivre chez son père, Matt Rizzo, aveugle à la suite d’un stupide accident de chasse. C’est en tout cas la version de l’histoire que son père lui a toujours racontée.

Quand la police vient frapper à la porte des Rizzo pour arrêter Charlie, son père lui raconte alors toute la vérité sur sa cécité et son passé criminel…

Ma Chronique

L’Accident De Chasse est le premier roman graphique à intégrer le catalogue des éditions Sonatine, sa présence aux côtés des autres titres et auteurs prestigieux de l’éditeur ne doit rien au hasard. Je laisse la parole à Arnaud Hofmarcher, directeur éditorial chez Sonatine, pour expliquer ce choix :

Nous n’avions jamais envisagé de publier chez Sonatine Éditions de roman graphique. Jusqu’au jour où, intrigués par une rumeur grandissante venue d’outre-Atlantique, nous nous sommes procuré L’Accident de chasse. L’enthousiasme de la maison a été tel devant la puissance de ce livre, correspondant, qui plus est, à notre ADN, que nous n’avons pas hésité une seule seconde avant d’en acquérir les droits.

Quelques mots sur l’objet physique pour commencer. D’emblée le visuel donne le ton : noir c’est noir. Couverture rigide, le papier des pages est épais, Sonatine n’a pas lésiné sur les moyens pour nous proposer un ouvrage de qualité. Du coup la chose fait son poids (pas loin de 500 pages), surtout pour moi qui suis habitué à lire sur liseuse ou sur PC.

N’étant pas un expert en dessin je ne m’échinerai pas à décrire le style graphique du roman, les captures d’écran à la fin de cette chronique vous parleront mieux que je ne saurai le faire. Je dirai simplement que le noir et blanc et le trait hachuré sont en totale adéquation avec le récit en plus d’être un véritable régal pour les yeux.

Sur le fond le roman est inspiré de la véritable histoire de Matt Rizzo, telle que Charlie (si, si, le même que dans le livre), son fils, ami de David L. Carlson, la lui a racontée. Tout comme l’histoire de Leopold et Loeb est vraie. Un sujet que l’auteur a approfondi avec son ami avant d’en confier la mise en images à Landis Blair.

L’Accident De Chasse est d’abord l’histoire d’un père et de son fils, une relation sur le tard qui ne les empêchera pas de lier des liens forts. Jusqu’à ce que Charlie apprenne, par la bouche de son père, que tout ce qu’il croyait savoir de lui repose sur des mensonges et des non-dits. Suivra alors un échange père-fils vibrant d’émotions, de force et d’intensité au fur et à mesure que Matt Rizzo se confiera.

Il faut dire que le parcours de Matt Rizzo est pour le moins atypique, une courte « carrière » criminelle qui s’achèvera par une blessure qui lui fera perdre la vue et l’enverra au pénitencier de Stateville (Illinois) pour y purger une condamnation à perpétuité (bin ouais, à l’époque ça ne rigolait pas). Double peine pour Matt Rizzo !

Au fil du récit de Matt on découvre son quotidien en prison, son envie d’en finir avec la vie. Mais surtout sa rencontre avec Nathan Leopold, rencontre qui le mènera pas à pas vers une rédemption inattendue sur fond de littérature (à travers la découverte de L’Enfer de Dante) et de musique (grâce à la Suite pour Violoncelle de Bach).

Un récit bourré d’humanité qui ne devrait laisser personne indifférent, j’ai eu du mal à décrocher avant la fin tellement j’ai été happé par cette histoire. On reproche souvent aux romans graphiques (et BD) de véhiculer moins d’émotions qu’un « vrai » roman, L’Accident De Chasse balaie ce préjugé d’une pichenette.

Un titre qui a toute sa place dans le catalogue de Sonatine, et pourquoi pas une porte ouverte vers d’autres romans graphiques… Je pense notamment à un certain R.J. Ellory qui travaille actuellement avec Richard Guerineau au dessin sur une adaptation de son roman Seul Le Silence.

Une qualité de forme et de fond qui n’a pas laissé indifférent le jury du Festival International de la BD d’Angoulême, édition 2021, puisque L’Accident De Chasse rafle le prix le plus prestigieux du festival, le Fauve d’Or, qui récompense le meilleur album parmi les 45 titres en compétition. Une récompense qui viendra s’ajouter au prix Ouest-France qu’il a remporté lors du festival Quai des Bulles quelques semaines plus tôt.

En bonus sur le site Lisez.com :

La fiche du livre
L’interview des auteurs

MON VERDICT

 
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Publié par le 19 avril 2021 dans Trucs en vrac

 

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(BOUQUINS] Stephen King – Si Ça Saigne

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S. King - Si ça saigne
Titre : Si Ça Saigne
Auteur : Stephen King
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2021
Origine : Etats-Unis (2020)
464 pages

De quoi ça cause ?

Recueil de quatre nouvelles inédites.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Stephen King et qu’il maîtrise à la perfection l’art de la nouvelle.

Ma Chronique

Quatre nouvelles sur plus de 460 pages, inutile de vous préciser que ça fait de longues nouvelles, la plus longue (presque la moitié du bouquin à elle seule) étant celle qui a donné le titre au recueil et qui nous offre l’occasion de retrouver Holly Gibney (on a fait sa connaissance alors qu’elle était l’adjointe de Bill Hodges dans la trilogie Mr Mercedes, avant de la retrouver à la tête de sa propre agence dans L’Outsider).

La première nouvelle, Le téléphone de M. Harrigan, nous narre une belle histoire d’amitié intergénérationnelle et ses suites. Si j’ai beaucoup aimé les personnages, l’intrigue ne m’a pas emballé outre mesure. Au risque de faire un jeu de mot pourri je l’ai trouvée un peu trop téléphonée…

On enchaîne ensuite avec La vie de Chuck, comme son nom l’indique on va découvrir la vie de Charles ‘Chuck’ Krantz à travers trois moments phares de son existence. L’originalité est dans le choix d’une narration antéchronologique (on commence par la fin pour revenir progressivement au début). Autre élément d’importance dans ce récit, au cours de l’acte III, nous assistons non seulement aux derniers jours de Chuck, mais aussi à ceux de l’humanité.

Arrive enfin Si ça saigne, suite du roman L’Outsider et qui nous permet donc de retrouver Holly Gibney confrontée à un nouvel outsider. Un plaisir de retrouver Holly Gibney (et quelques autres personnages déjà croisés dans la trilogie Mr Mercedes) mais j’avoue que j’ai trouvé que l’intrigue manquait d’un petit je ne sais quoi pour que la sauce prenne totalement.

Avec Rat, Stephen King aborde un sujet qui lui est cher puisqu’il est question (entre autres) du rapport entre un auteur et son œuvre (et plus particulièrement du processus créatif). Drew Larson, modeste écrivain en mal d’inspiration, a subitement une idée qu’il pourrait transformer en roman. Pour lancer son histoire, il quitte femme et enfants pour s’isoler quelques semaines dans le chalet familial. À défaut d’une grande originalité sur le fond, j’ai bien aimé la forme. Sans la moindre hésitation c’est à cette dernière nouvelle qu’ira ma préférence dans le présent recueil.

Un recueil qui ne m’a que moyennement séduit, je tiens toutefois à préciser que mon avis se base en partie sur ce que je sais pouvoir attendre du King novelliste ; pour moi il n’a clairement pas été des plus inspiré sur ce coup. Il n’en reste pas moins que globalement les nouvelles sont de très bonne qualité, nul doute que si elles n’avaient pas été signées Stephen King mon ressenti aurait été nettement plus enthousiaste… ou pas, je n’aurais sans doute pas été tenté par un recueil de nouvelles écrites par un auteur que je ne connais pas. Et puis il faut bien reconnaître que l’on retrouve la griffe du King dans chacun de ces quatre récits.

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Publié par le 23 février 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Tiffany McDaniel – Betty

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T. McDaniel - Betty
Titre : Betty
Auteur : Tiffany McDaniel
Éditeur : Gallmeister
Parution : 2020
Origine : États-Unis
720 pages

De quoi ça cause ?

La Petite Indienne, c’est Betty Carpenter, sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee.

Après des années d’errance, les Carpenter s’installent dans la petite ville de Breathed, Ohio. Avec ses frères et sœurs, Betty grandit bercée par la magie des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu. Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l’écriture…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

La véritable question serait plutôt : pourquoi avoir autant tardé alors les critiques, toutes plus élogieuses les unes que les autres, se multipliaient sur le Net ? Au risque de nager à contre-courant, je dois avouer que le bouquin ne m’inspirait pas plus que ça… L’idée de me farcir 700 pages d’une saga familiale me donnait la migraine.

Finalement la curiosité aura été plus forte que mes doutes.

Ma Chronique

Malgré les critiques dithyrambiques qui portent ce roman aux nues j’avoue que c’est presque à reculons que je m’y suis attelé, mû davantage par la curiosité que par un réel intérêt. Je craignais qu’une grande fresque familiale qui s’étale sur plus de 700 pages ne s’avère parfois laborieuse à lire ; j’me voyais déjà passer plusieurs semaines à traîner ce bouquin comme un boulet.

Finalement il ne m’aura qu’une petite semaine pour venir à bout du roman de Tiffany McDaniel ; je n’ai jamais suspendu ma lecture par lassitude, c’était soit par obligation vis-à-vis de mon quotidien, soit pour prendre le temps de digérer un passage particulièrement éprouvant du récit.

Pour écrire ce roman l’auteure s’est inspirée de l’histoire de sa propre mère e d’autres femmes de sa famille avant elle. Où s’arrête la réalité et où commence la fiction ? Seule Tiffany McDaniel peut répondre à cette question. Une chose est sûre la vie de la famille Carpenter, que vous découvrirez en lisant Betty, n’est pas un long fleuve tranquille ; elle a été ponctuée de nombreux drames au fil des ans.

Dans la famille Carpenter, je voudrais le père, Landon. Honnêtement je crois que je n’ai jamais croisé un personnage aussi charismatique et empathique dans un roman. Malgré les épreuves qu’il devra traverser, il ne baissera jamais les bras et sera toujours présent pour réconforter les siens et les pousser à aller de l’avant. Souvent à grand renforts de légendes indiennes (fier d’être un Cherokee) et autres histoires nées de son imagination.

Dans la famille Carpenter, je voudrais la mère, Alka. On découvre dans les premières pages du roman une jeune femme battue par son père, sa rencontre avec Landon lui offrira une chance d’échapper à l’emprise paternelle. Une personnalité complexe qui parait souvent froide, voire franchement méchante (pauvre Birdie) ; elle cache en fait de profondes blessures secrètes qui se révéleront au fil des chapitres et des années (ceci dit ça n’excuse pas tout… pas vrai Birdie ?).

Dans la famille Carpenter, je voudrais les enfants. Huit enfants en tout mais deux ne survivront pas assez longtemps pour intégrer l’histoire que nous conte Betty. Dans l’ordre de venue au monde : Leland (1939), Fraya (1944), Flossie (1951), Betty (1954), Turstin (1956) et Lint (1957).

C’est donc Betty qui nous raconte l’histoire de sa famille – et la sienne –, une histoire qui s’étalera de 1961 à 1973, jusqu’à ce qu’elle prenne son envol pour écrire sa propre histoire individuelle.

Betty qui découvrira bien malgré elle que la vie d’une jeune métisse dans le sud profond des États-Unis n’est pas une sinécure. Très vite elle devra faire face au racisme (et la connerie) ordinaire de ses camarades de classe ; mais le pire dans tout ça reste sans doute l’indifférence des enseignants, leur absence de réaction est une forme d’encouragement silencieux à la moquerie, aux insultes et autres humiliations.

Au-delà du racisme, Betty sera aussi confrontée (sans forcément les subir directement) aux perversions (passées ou présentes) des uns et des autres. Ainsi il sera question de viol et d’inceste (merci maman, pour cet inoubliable cadeau d’anniversaire offert pour les neuf ans de Betty).

Comme si cela ne suffisait pas, les Carpenter devront aussi faire face à de nombreux drames familiaux, plus d’une fois la mort viendra endeuiller cette famille.

Mais Betty n’est pas que noirceur, c’est aussi un formidable message d’espoir et une ode à la femme. Aux femmes qui doivent se battre plus que les hommes pour s’imposer dans la société (et c’est encore vrai de nos jours) et faire face à des préjugés éculés.

À ce moment-là, j’ai compris que les pantalons et les jupes, tout comme les sexes, n’étaient pas considérés comme égaux dans notre société. Porter un pantalon, c’était être habillé pour exercer le pouvoir. Porter une jupe, c’était être habillée pour faire la vaisselle.

C’est sans grande conviction que j’ai ouvert ce roman, c’est totalement conquis que je le referme. Incontestablement Betty est une histoire qui marque durablement les esprits. Un tourbillon d’émotions qui entraîne le lecteur du rire aux larmes.

MON VERDICT
Coup double

 
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Publié par le 28 janvier 2021 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Jax Miller – Les Lumières De L’Aube

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J. Miller - Les lumières de l'aube

Titre : Les Lumières De L’Aube
Auteur : Jax Miller
Éditeur : Plon
Parution : 2020
Origine : États-Unis
384 pages

De quoi ça cause ?

29 décembre 1999. Welsh, Oklahoma. Lauria Bible et Ashley Freeman passent la soirée dans le mobile home des Freeman avec les parents d’Ashley.

Au petit matin du 30 décembre, le mobile home est la proie des flammes. Dans les décombres encore fumants, les parents d’Ashley sont retrouvés morts, tués par balle. Aucune trace d’Ashley et Lauria…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que ça faisait déjà quelques temps que j’avais envie de découvrir l’univers littéraire de Jax Miller… Ce n’est qu’après coup que j’ai découvert que le présent roman n’était pas totalement une œuvre de fiction, mais une enquête d’un type assez peu courant chez les auteurs français : le true crime. Une enquête plus ou moins romancée construite autour d’un crime bien réel.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Plon et Net Galley qui ont répondu favorablement à ma sollicitation pour ce titre.

En jetant mon dévolu sur le troisième titre de Jax Miller, j’ignorais que j’allais me frotter à un récit de type true crime concernant un fait divers passé totalement inaperçu en France. Un double meurtre très vaguement (et négligemment) dissimulé par l’incendie du mobile home du couple Freeman, mais aussi et surtout la disparition de deux adolescentes (Ashley Freeman, la fille de Kathy et Danny, les victimes retrouvées dans les décombres, et sa meilleure amie, Lauria Bible). Ainsi démarre ce qui deviendra l’affaire Freeman-Bible…

N’ayant jamais entendu parler de cette affaire, je me suis demandé si je parviendrai malgré tout à m’y intéresser. La réponse s’est imposée dès les premiers chapitres lus, c’est un oui franc et massif. Deux raisons à cela : la complexité de l’affaire et l’impressionnant travail fourni par Jax Miller pour nous livrer cette enquête.

C’est en 2015 que Jax Miller a commencé à s’intéresser à l’affaire Freeman-Bible, une affaire sur laquelle elle va travailler envers et contre tout (et parfois tous) pendant quatre ans. Quatre années à interroger les proches des victimes (elle travaillera beaucoup aux côtés de Lorene Bible, la mère de Lauria), les policiers chargés de l’enquête, les suspects et toute personne ayant pu être mêlée de près ou de loin à cette sombre affaire.

Le résultat est tout simplement bluffant, on est en totale immersion dans une enquête où la réalité dépasse parfois la fiction… rarement pour le meilleur, souvent pour le pire !

Le pire c’est une enquête de police plus que défaillante, avec des preuves égarées, des témoins ignorés, des pistes et indices jamais explorés. De là à penser que l’enquête a été volontairement salopée il n’y a qu’un pas.

Il faut dire qu’entre la famille Freeman et la police ce n’est pas franchement l’amour fou. Danny Freeman était déjà connu pour son tempérament sanguin (pour rester poli). Shane, le fils aîné, était un délinquant notoire… jusqu’à ce qu’il soit abattu par la police dans des circonstances pas clairement établies. Dès lors Danny et Kathy Freeman remuaient ciel et terre pour que l’erreur policière soit reconnue.

À l’occasion de son enquête Jax Miller pointera du doigt de nombreuses autres défaillances de la police (et par extension du système judiciaire) de l’Oklahoma. Certaines affaires de corruption conduiront même leurs auteurs devant la justice et se solderont par de lourdes condamnations.

Mais le pire c’est aussi un territoire où la meth fait des ravages. Les labos plus ou moins clandestins se multiplient, certains patelins sont même des zones de non droit où les trafiquants règnent en maîtres absolus. Un terrain de jeu propice à l’expansion de multiples activités criminelles, de la plus anodine, à la plus grave.

Si un auteur présentait un tel cocktail comme toile de fond de son intrigue, le lecteur refuserait d’y croire tant ça semblerait trop énorme pour être vrai. Et pourtant ici tout est vrai… et c’est sans doute ce qui contribue à rendre ce témoignage aussi glaçant. Pas besoin d’artifices ou de surenchère, la (dure) réalité des faits se suffit à elle-même.

Il y a peu (voire pas du tout) de ressources francophones relatives à l’affaire Freeman-Bible sur le net, vous apprendrez tout ce qu’il y a à savoir sur le sujet en lisant le présent bouquin. Si toutefois vous voulez avoir un aperçu de la chose avant de vous lancer je vous invite à consulter la page Wikipedia (en anglais) sur le sujet. Vous pouvez aussi vous reporter à la page Facebook Find Laurie Bible-BBI ou au site internet Findlauriebible.com.

MON VERDICT

 
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Publié par le 27 novembre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Josh Malerman – Inspection

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J. Malerman - Inspection
Titre : Inspection
Auteur : Josh Malerman
Éditeur : Calmann-Lévy
Parution : 2020
Origine : Etats-Unis (2019)
464 pages

De quoi ça cause ?

Une tour se dresse au cœur des forêts du Michigan. Là-bas, vingt-quatre garçons sont formés à donner le meilleur d’eux même sous le strict contrôle de la Parentalité (les enseignants et le personnel de l’institution) et dans le respect (et la crainte) de leur guide et mentor P.É.R.E.

J est l’un de ces jeunes élèves éduqués dans l’ignorance totale de l’existence du sexe opposé. Malgré les risques que cela lui fait courir, J s’interroge et remet en doute ce qu’il tenait jusqu’alors pour acquit.

Il ignore encore que, à quelques kilomètres de là, se dresse une autre tour, réservée aux filles et soumise aux mêmes règles…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’avais été totalement conquis par Bird Box, le premier roman de Josh Malerman.

Changement de registre pour ce nouveau roman, mais je n’en reste pas moins curieux de le découvrir…

Ma Chronique

Je remercie les éditions Calmann-Lévy et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

J’avoue très honnêtement que je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en ouvrant Inspection, suite à la lecture de Bird Box et au vu de la couv’ je penchais vers un récit axé sur le fantastique… Que nenni mon brave ! Fourvoyé je me suis ! L’intrigue proposée est contemporaine et bien ancrée dans la réalité (le concept, aussi abject soit-il, est loin d’être impossible à mettre en œuvre).

Force est pourtant de reconnaître que l’intrigue n’accroche pas tout de suite le lecteur. Cette dépersonnalisation de l’individu (les enfants sont identifiés par une unique lettre de l’alphabet) et le contexte unisexe (voir asexué) nécessitent un temps d’adaptation. Pas facile non plus de ressentir de l’empathie pour l’un ou l’autre des personnages quand tous sont formatés selon un mode de pensée et de vie unique.

Josh Malerman prend le temps de poser son contexte et d’en exposer le fonctionnement au lecteur, une initiative louable qui s’avérera payante sur le long terme mais qui ralentit considérablement l’immersion au cœur de l’intrigue.

Je vous encourage toutefois à persévérer et à ne pas diagonaliser toute cette phase de mise en place de l’intrigue. Les choses vont se décanter au fur et à mesure des questionnements de J (et des remises en question de Warren Bratt, écrivain – écrivaillon serait un terme plus adéquat – au service de la Parentalité). Ça démarre en douceur mais l’on devine qu’une fois lancée plus rien ne pourra arrêter la machine…

C’est encore plus vrai quand on découvre l’existence d’une version 100% féminine de cette même institution. Mais cette fois l’auteur peut entrer dans le vif du sujet sans tergiverser ; le fonctionnement de l’institution et son crédo étant exactement les mêmes que chez les garçons.

Du coup l’intrigue vécue par K et ses sœurs est plus immersive, le rythme et l’intensité du récit s’en ressentent… pour le plus grand bonheur du lecteur. Josh Malerman évite ainsi l’écueil de la redondance entre les parcours de J et de K.

La suite est purement et simplement captivante, totalement addictive. Vous aurez bien du mal à décrocher avant le clap de fin.

Pour ma part la réaction des Garçons Alphabet et des Filles Lettres n’est en rien incohérente ou invraisemblable. C’est la conséquence logique d’une prise de conscience qu’ils ont été manipulés pendant des années, qu’on leur a menti sur toute la ligne. Inévitablement la soupape de sécurité finit par péter…

Finalement Inspection est un roman plutôt bien construit qui demandera au lecteur un peu de persévérance avant d’entrer dans le vif du sujet, mais cet effort sera largement récompensé par la suite.

Si Inspection est le second roman traduit en français de Josh Malerman, c’est en fait le sixième titre publié par l’auteur (source : site officiel). Pour ma part j’attends avec impatience la sortie française du suivant, Malorie, qui est la suite de Bird Box.

MON VERDICT

Itinéraire d’une lecture – presque – impossible

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je vais me permettre une petite digression concernant l’arrivée de ce titre dans mon Stock à Lire Numérique.

J’ai d’abord sollicité le bouquin via Net Galley mais la curiosité a rapidement pris le pas sur la patience et je l’ai donc acheté sur chapitre.com. Je reçois un fichier ACSM (berk… mais faut faire avec ce foutu format propriétaire) que je charge via ADE qui me le convertit en EPUB. Jusque-là tout va bien.

Ayant un autre bouquin en cours de lecture (et quasiment terminé), je referme ADE. Le lendemain je rouvre le truc et là, enfer et damnation, horreur, malheur (Oui, je suis Belzébuth  – horreur – / Je suis un bouc, je suis en rut – horreur, malheur – / Oui, oui, oui, je vis dans l’ordure – horreur –  / Je pue la sueur et la luxure / Je fume, je bois, j’ai tous les vices) ADE me dit que le fichier est corrompu (une histoire de droits non valides).

Je contacte chapitre.com pour leur faire part de mon désarroi. Dans les 48 heures ils m’envoient un nouveau lien et je répète l’opération. Fermeture ADE. Ouverture ADE. Fichier corrompu !

Horreur ! Malheur ! Putain de bordel de merde, ça commence à sérieusement me faire chier ! (ça c’est pas dans la chanson du Grand Orchestre du Splendid, c’est juste une « petite » poussée de tension personnelle). Avant que je ne pétasse un plomb et ne jetasse mon ordi par la fenêtre dans un geste aussi rageur qu’insensé, je décide de passer à autre chose (apérooo !).

Le lendemain, ne sachant toujours pas comment gérer le truc (je ne pouvais décemment pas m’adresser de nouveau à chapitre.com), j’ai l’heureuse surprise de découvrir que Calmann-Lévy a répondu favorablement à ma demande de sollicitation via Net Galley ! Je récupère le titre via ADE en croisant les fesses et en serrant les doigts. Fermeture. Ouverture. Eureka ! Il est toujours là et parfaitement lisible (et il y est encore à ce jour).

À ce jour je ne sais toujours pas ce qui a pu merder. Depuis j’ai acheté d’autres bouquins qui ont été convertis sans problème avec la même version d’ADE (une version portable autorisée sans ID).

 
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Publié par le 27 octobre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] JP Delaney – La Femme Parfaite

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JP Delaney - La femme parfaite

Titre : La Femme Parfaite
Auteur : JP Delaney
Éditeur : Fayard
Parution : 2020
Origine : États-Unis
464 pages

De quoi ça cause ?

Lorsque Abbie se réveille dans une chambre hôpital, Tim Scott, un des acteurs majeurs de l’Intelligence Artificielle, lui apprend qu’elle n’est pas la « vraie » Abbie mais un robot créé à l’image de la jeune femme disparue cinq ans plus tôt. Une IA ultra perfectionnée, dotée de capacités d’apprentissage et d’empathie.

À en croire Tim, son époux, ils formaient un couple idéal et elle était une épouse et une mère parfaite. Et pourtant, plus Abbie se renseigne sur sa relation avec Tim et sur « sa » disparition, plus elle s’interroge et doute…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’avais beaucoup aimé les deux précédents romans de JP Delaney, La Fille D’Avant et Mensonge.

Contrairement à son précédent roman, Mensonge, qui divisait clairement les lecteurs, les réactions allant de « j’ai adoré » à « j’ai détesté » ; celui-ci suscite des réactions globalement positives sur Babelio.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Fayard / Mazarine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Tout laisse à penser que JP Delaney est particulièrement friand de nouvelles technologies, après la maison hyper connectée de La Fille D’Avant c’est cette fois une IA empathique qui est au cœur du présent roman. Une IA qui, à ce jour, reste du domaine de la fiction mais pour combien de temps encore ? Quand on voit la vitesse à laquelle évoluent les recherches autour de la question on peut légitimement supposer que la réalité va bientôt rattraper la fiction.

Si l’essentiel du bouquin est consacré à l’intrigue présente, construite autour du « personnage » d’Abbie version IA, quelques chapitres (bénéficiant d’une numérotation distincte) retracent le parcours d’Abbie (version humaine) depuis son arrivée dans les locaux de Scott Robotics (la société fondée par Tim) jusqu’à sa disparition.

Mais c’est surtout dans sa narration que le roman se distingue. Jusqu’à ce que l’auteur ne lève le voile sur le sujet, on ne sait pas avec certitude qui est le narrateur ou la narratrice. L’emploi de la seconde personne du singulier sème en effet le doute. S’agit-il d’Abbie qui, par sa nature non-humaine, porte un regard distant sur elle-même ou il y aurait-il une autre explication à ce choix ?

Si la forme est maîtrisée, le fond l’est tout autant. Les personnages sont particulièrement bien travaillés. On ressent rapidement une réelle empathie pour cette IA qui cherche à comprendre ce qui est arrivé à son homologue humaine ; paradoxalement c’est sans doute le personnage qui dégage le plus d’humanité dans ce roman.

Il faut dire que le personnage de Tim Scott apparaît d’entrée de jeu comme imbuvable, certes c’est un génie dans son domaine (l’Intelligence Artificielle) mais humainement parlant c’est une merde finie ! Un égo démesuré combiné à un manque total d’empathie… Au fil des pages mon aversion pour le bonhomme ne s’est jamais démentie.

Le troisième personnage central de ce roman est Danny, le fils de Tim et Abbie. Souffrant du syndrome de Heller, une forme aussi sévère que rare d’autisme apparaissant entre 2 et 3 ans chez l’enfant et se caractérisant par une brusque détérioration du langage et du comportement. La situation de Danny va rapidement s’imposer comme l’un des éléments phares dans le déroulé de l’intrigue.

Un thème qui tient particulièrement à cœur à JP Delaney, étant lui-même parent d’un enfant autiste. De fait le roman est très bien renseigné sur cette forme méconnue d’autisme et les façons de gérer la situation. Le message passe sans jamais prendre le dessus sur l’intrigue elle-même.

La nature même d’Abbie 2.0 pose inévitablement des questions d’éthique, là encore l’auteur aborde le sujet avec beaucoup de savoir-faire. Ce sont en effet des questions que les développeurs (et même, le cas échéant, le législateur) devront se poser si un jour des formes aussi avancées d’IA devaient voir le jour.

D’autres thèmes sont abordés au fil des pages, mais je vous laisse le plaisir de les découvrir par vous-même…

Avec La Femme Parfaite, JP Delaney signe son roman le plus abouti. Une lecture à la fois addictive, divertissante et intelligente ; le piège se referme dès les premières pages sur le lecteur, pour ne se rouvrir qu’une fois le bouquin terminé !

Quant à moi, il me tarde de découvrir le quatrième roman signé JP Delaney dont le pitch est des plus alléchant ! Qui sait, peut-être que pour patienter un peu je me lancerai dans la découverte de thrillers signés sous un autre nom de plume (Jonathan Holt ou Tony Strong). Les titres publiés sous sa véritable identité (Anthony Capella) ne m’inspirent pas outre mesure… en plus de ne pas être disponibles dans la langue de Molière.

MON VERDICT

 
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Publié par le 20 octobre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUIN] Sarah Elaine Smith – Marilou est Partout

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S.E. Smith - Marilou est partout
Titre : Marilou Est Partout
Auteur : Sarah Elaine Smith
Éditeur : Sonatine
Parution : 2020
Origine : Etats-Unis (2019)
470 pages

De quoi ça cause ?

Cindy, 14 ans, est une gamine livrée à elle-même qui vit, en l’absence prolongée de leur mère, avec ses deux frères ainés dans un bled paumé de Pennsylvanie.

Quand Jude, la fille d’une voisine, disparaît, Cindy va peu à peu entrer dans la vie de sa mère, Bernadette, jusqu’à prendre la place de Jude et espérer, enfin, mener une vie meilleure que la sienne…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine, même si je savais que, avec ce roman, je ne devais pas m’attendre à un thriller boosté à l’adrénaline.

Ma Chronique

Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en attaquant ce roman, mais, label Sonatine oblige, je partais plutôt confiant.

Le moins que l’on puisse dire c’est que pour un premier roman Sarah Elaine Smith ose s’aventurer hors des sentiers battus ; Marilou Est Partout s’impose d’emblée comme un bouquin semblable à nul autre. Tout dans ce roman contribue à lui conférer un petit quelque chose d’unique, qu’il s’agisse de l’intrigue, des personnages ou du style de l’auteur…

Je serai tenté de dire que ce roman est un bouquin qui se mérite, l’auteure use en effet d’un style très particulier qui demande une phase d’adaptation pour être dégusté à sa juste valeur. À ce titre je tire mon chapeau à Héloïse Esquié, la traductrice, ça n’a pas toujours dû être simple de trouver les bonnes figures de style pour restituer au mieux les pensées parfois très absconses de Cindy, la jeune héroïne du roman.

Le récit est à la première personne, c’est donc Cindy qui vous raconte son « imposture » et vous invite à suivre le fil (décousu) de ses pensées. Une ado un peu sauvage, livrée à elle-même, qui vit dans une baraque à la limite de l’insalubre avec ses deux frères tandis que la mère s’est carapatée une énième fois.

Autant elle peut être complice avec Virgil, l’ainé, autant sa relation avec Clinton est plus houleuse ; sans jamais y mettre les mots, l’auteure suggère fortement des gestes inappropriés et/ou un comportement déplacé du garçon (ou à tout le moins ressentis comme tels par Cindy). Avec le même art subtil du non-dit, on devine qui Virgil soupçonne quelque chose.

C’est sans doute la raison pour laquelle c’est Virgil qui suggérera à Cindy de se rapprocher de Bernadette afin de veiller sur elle. Il faut dire que Bernadette a parfois (souvent) la mémoire qui flanche, la disparition de sa fille a certainement contribué à la fragiliser et une consommation d’alcool immodérée termine de fertiliser un terrain déjà propice aux « absences ».

Cindy quant à elle poussera le rapprochement à l’extrême et profitera, sans réelle intention de nuire à quiconque, de la fragilité de Bernadette pour se substituer à Jude. Dans la peau de Jude, elle va trouver une place qu’elle ne parvient pas à trouver en étant elle-même… et tant pis si cet épanouissement de façade est biaisé par l’état de Bernadette.

Difficile, pour ne pas dire impossible, de classer ce roman dans un genre en particulier. C’est à la fois un drame familial et un roman noir, avec une dimension psychologique prépondérante. Pas d’action débridée et pourtant, une fois pris par la narration de Cindy, il devient quasiment impossible de lâcher le bouquin… même si parfois la lecture pourra s’avérer éprouvante, voire dérangeante.

En donnant voix Cindy, Sarah Elaine Smith empêche le lecteur de porter un jugement tranché sur le comportement de sa jeune héroïne, sa candeur et son innocence venant contrebalancer l’amoralité de ses actes.

Finalement ce bouquin propose une expérience de lecture assez unique en son genre, ne serait-ce que pour ça, il mérite que l’on s’y attarde… sans perdre de vue toutefois qu’il exigera de vous un certain investissement personnel afin de dompter un style tout aussi unique en son genre.

MON VERDICT

 
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Publié par le 15 septembre 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Stephen Chbosky – L’Ami Imaginaire

AU MENU DU JOUR

S. Chbosky - L'Ami Imaginaire

Titre : L’Ami Imaginaire
Auteur : Stephen Chbosky
Éditeur : Calmann-Lévy
Parution : 2020
Origine : USA (2019)
750 pages

De quoi ça cause ?

Une mère et son fils en cavale trouvent refuge dans la petite communauté de Mill Grove, en Pennsylvanie.

Mais dans ce havre de paix, le petit garçon disparaît.
Quand il émerge de la forêt six jours plus tard, il a l’air indemne.
Lui seul sait que quelque chose a changé.
La voix du bois est dans sa tête et lui dicte une mission.
S’il ne lui obéit pas, sa mère et tous les habitants de Mill Grove risquent son courroux…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce qu’au vu des nombreuses critiques quasiment unanimement dithyrambiques, ça semble être LE livre qu’il faut avoir lu en cette année 2020.

Ma Chronique

Avant de me lancer dans la rédaction de cette chronique je m’étais promis de ne pas faire d’allusion à Stephen King en parlant du roman de Stephen Chbosky. Tout simplement parce que les critiques publiées çà et là font toutes référence au King.

Force est de constater que le deal est quasiment impossible à tenir ! D’une part parce que l’auteur lui-même revendique haut et fort l’inspiration de Stephen King dans ses remerciements. Mais aussi et surtout parce qu’il est indéniable que ce bouquin aurait pu être écrit par Stephen King himself.

Le Stephen King qui revendique le titre de maître de l’horreur, celui qui vous file des sueurs froides au détour d’un chapitre. Le Stephen King qui n’a pas son pareil pour mettre en scène des enfants (presque) ordinaires confrontés à des situations extraordinaires. Le Stephen King qui sait raconter comme personne l’amitié… Le Stephen King qui fait qu’il est, encore et toujours, LE KING !

Tout ça pour dire que Stephen Chbosky a un putain de talent qui n’a rien à envier à son maître à penser. C’est un conteur hors pair qui saura vous prendre aux tripes, jouer avec vos nerfs et vos émotions. Un conteur qui fait passer le compteur d’adrénaline de 0 à 100% en quelques phrases bien senties. Un conteur qui vous plongera d’emblée dans son histoire et ne vous lâchera plus avant le clap de fin… lessivé, essoré… mais HEU-REUX ! Un roman que vous refermerez en affichant un air béat (qui au passage vous donne aussi l’air con, mais on s’en fout).

Stephen Chbosky ne laisse rien au hasard pour faire mouche. Ses personnages, son intrigue, le rythme du récit, ses ambiances… tout est parfaitement maîtrisé. Jusque dans les effets typographiques qui viennent réellement appuyer son propos plutôt que de se cantonner à de simples fantaisies visuelles.

Si le grand frisson n’a pas vraiment été de la partie (il faut plus que ça pour me faire passer des nuits blanches), l’auteur peut toutefois se vanter de m’avoir mis les nerfs en pelote ; la visite du monde imaginaire n’est pas de tout repos, d’autant que l’affrontement entre le gentil monsieur et la dame qui siffle monte crescendo en intensité.

Si l’intrigue fait de prime abord penser à un thriller, de nombreux éléments fantastiques vont s’inviter au fil des chapitres, jusqu’à devenir l’essence même du récit. Force est de reconnaître que sans cette dimension fantastique, le roman n’aurait pas eu le même impact émotionnel.

Tout est possible dans le monde imaginaire, et Stephen Chbosky ne se prive pas de repousser les limites de la folie mais sans non plus totalement se couper de la réalité (d’une certaine réalité en tout cas). Un exercice qui aurait pu s’avérer casse gueule si mal dosé mais une fois de plus l’auteur garde la main sur son sujet (malgré un final un peu surjoué à mon goût), sa plongée dans la folie la plus absolue en deviendrait même crédible.

Il n’en reste pas moins que je ne regarderai plus jamais les cerfs avec la même bienveillance. Du coup j’ai moins de remords à l’idée de me préparer un bon curry de cerf (non, j’déconne ; je n’ai jamais eu le moindre remord quant à mon côté carnivore assumé) !

Comme souvent l’encensement quasi unanime me laissait sceptique mais je dois bien avouer qu’il est largement mérité, nul doute que L’Ami Imaginaire sera pour moi aussi LE livre de l’année 2020.

MON VERDICT
Coup double

 
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Publié par le 5 août 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Amy K. Green – Reine De Beauté

AU MENU DU JOUR

A. K. Green - Reine de beauté

Titre : Reine De Beauté
Auteur : Amy K. Green
Éditeur : Belfond
Parution : 2020
Origine : États-Unis
416 pages

De quoi ça cause ?

Jenny Kennedy, une adolescente de 13 ans, reine des concours de beauté juniors, est retrouvée morte non loin de chez elle. Elle a été violée et poignardée.

Pour la police il ne fait aucun doute que le coupable est un jeune homme un peu simplet qui était fasciné par ces concours de beauté, et tout particulièrement par Jenny.

Pour Virginia, la demi-sœur de la victime, il est évident que le coupable est ailleurs. Même si elle n’éprouvait qu’une indifférence teintée de mépris pour sa cadette, elle va tout faire pour convaincre la police de creuser au-delà des apparences…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Un roman découvert tandis que je parcourais le catalogue Net Galley. Le pitch m’a inspiré, je l’ai sollicité, ma demande a été approuvée. Et voilà !

Ma Chronique

Je remercie les éditions Belfond et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Pour son premier roman Amy K. Green ne mise pas vraiment sur l’originalité de son intrigue (difficile de faire plus classique qu’une enquête autour d’un meurtre), de même au fil de son récit elle ne s’écartera guère des règles du genre. Il fallait plus que ce léger détail pour me dissuader de lire ce bouquin, après tout, la sagesse populaire affirme que « c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes ».

L’auteure nous fait découvrir son intrigue en suivant deux arcs narratifs via une alternance de chapitres passant de Jenny à Virginia. Ceux dédiés à Jenny sont écrits à la troisième personne et nous permettent de découvrir ses dernières semaines dans le monde des vivants, des semaines particulièrement mouvementées et riches en événements. Les chapitres consacrés à Virginia sont quant à eux rédigés à la première personne et nous invitent à suivre l’enquête liée à la mort de sa sœur.

Dans le coin droit nous avons donc Jenny, une adolescente que ses parents idolâtrent et voient comme une « petite fille modèle » mais ignorent (ou préfèrent ignorer) qu’elle est en pleine phase de remise en question, de doutes et de questionnements. Amy K. Green aurait pu en faire l’archétype de la gamine pourrie gâtée mais elle a (fort heureusement) travaillé la personnalité de l’adolescente plus en profondeur.

Dans le coin gauche, Virginia, le mouton noir de la famille Kennedy. Sans doute que le suicide de sa mère, alors qu’elle n’était qu’une enfant, suffit à expliquer sa volonté de prendre ses distances avec sa famille. Elle vit sa vie en électron libre, ne gardant qu’un contact de pure forme avec sa famille à l’occasion du traditionnel repas dominical. Un mépris que son père lui rend bien, quant à sa belle-mère, Linda, elle l’ignore tout simplement.

Les caractères radicalement opposés des deux sœurs servent exclusivement de toile de fond à la construction de l’intrigue. Celle-ci se tissera surtout autour des secrets et des non-dits. Ceux de la famille Kennedy d’abord, mais aussi ceux des habitants d’un patelin où tout le monde se connaît, où le voile des apparences dissimule parfois de sombres vérités.

L’auteure ne fait rien pour rendre ses personnages sympathiques, elle dépeint deux portraits relativement ordinaires. Une ado qui se rebelle contre son milieu et en vient à se convaincre que la vie serait meilleure ailleurs. Une nana trentenaire un tantinet égoïste qui vit sa vie comme elle l’entend sans se soucier du qu’en dira-t-on. Pas non plus de quoi prendre ses personnages en grippe.

Bien entendu d’autres personnages auront leur mot à dire afin de nous permettre de comprendre le déroulé des événements qui ont conduit à la mort de Jenny. Je n’en dirai pas plus sur la question afin de laisser intact le plaisir de la découverte.

Même si Amy K. Green ne révolutionne pas les règles du genre, elle n’a pas à rougir de ce premier roman. Elle nous propose en effet un thriller maîtrisé de bout en bout qui devrait réserver quelques surprises même aux lecteurs les plus aguerris (pas forcément sur l’identité du coupable, plutôt sur tout ce qui tourne autour du drame et de ses conséquences).

Pour l’anecdote, je me souviens avoir vu (il y a déjà quelques temps) un reportage télé sur ces concours de « mini miss » (interdits en France, soit dit en passant), je m’étais alors demandé si ces pauvres gamines voulaient vraiment être réduites à de vulgaires poupées / objets ou si elles ne subissaient pas plutôt une instrumentalisation à outrance de la part de leurs parents. Dommage que ledit reportage n’ait pas répondu à mon interrogation.

Dans le roman, concernant Jenny, la réponse arrive très rapidement.

MON VERDICT

 
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Publié par le 22 juin 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Wendy Walker – La Nuit D’Avant

AU MENU DU JOUR

W. Walker - La Nuit D'Avant
Titre : La Nuit D’Avant
Auteur : Wendy Walker
Éditeur : Sonatine
Parution : 2020
Origine : États-Unis (2019)
352 pages

De quoi ça cause ?

Après une rupture difficile, Laura décide de tourner la page en se créant un profil sur un site de rencontres. Un premier rendez-vous est pris. L’homme s’appelle Jonathan Fields, il a 40 ans, il vient de divorcer. Pour le rencontrer, Laura part avec le mini van de sa sœur, Rosie, et l’une de ses robes. Elle sera, promet-elle, de retour le soir même. Le lendemain matin, elle n’est toujours pas rentrée. Que s’est-il passé cette nuit-là ?

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine.

Parce que c’est le troisième roman de Wendy Walker que l’éditeur publie ; si les deux précédents ont bien intégré mon Stock à Lire Numérique dès leur parution, je n’en ai en revanche lu aucun. Pas de raison particulière à cela, ils ont simplement été noyés dans la masse des sorties littéraires et de mes envies.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Avec cette Nuit D’Avant Wendy Walker nous offre un thriller psychologique parfaitement maîtrisé, et elle sait y faire quand il s’agit d’explorer les sombres recoins de la psyché humaine et dérouler une intrigue riche en surprises qui mettra vos nerfs à rude épreuve.

Le roman alterne entre les points de vue de Rosie et ses questionnements et doutes qui refont surface tandis qu’elle cherche à comprendre ce qui a pu arriver à sa sœur, et ceux de Laura avec qui nous revivrons cette fameuse « nuit d’avant », une nuit plutôt banale jusqu’à ce que les choses basculent de la plus inattendue des manières. Par ailleurs nous aurons le droit à des extraits des échanges entre Laura et son psychiatre.

Histoire d’accentuer encore davantage la distinction entre les faits vécus par Rosie et ceux décrits par Laura, Wendy Walker opte pour deux approches narratives distinctes. Les chapitres dédiés à Laura sont en effet rédigés à la première personne, alors que ceux consacrés à Rosie sont écrits à la troisième personne.

Les personnages de Laura, Rosie, Joe et Gabe sont liés par une longue histoire d’amitié commune (qui deviendra une histoire d’amour entre Rosie et Joe). Des amis d’enfance qui ont fait les 400 coups ensemble, mais qui partagent aussi le poids d’un drame survenu des années plus tôt alors qu’ils étaient encore adolescents.

Un drame qui s’est soldé par la mort du petit copain de Laura, une mort survenue dans des circonstances plutôt troubles malgré les conclusions de l’enquête qui incriminaient un SDF retrouvé plus tard dans la voiture de la victime. Et c’est ce doute que Rosie ne pourra complètement refluer tandis qu’elle cherchera à découvrir la vérité autour de la disparition de sa sœur. Un doute qui n’épargnera pas non plus Laura dont le subconscient semble avoir oblitéré une partie de ses souvenirs autour des circonstances exactes de ce drame.

Mais l’intrigue va aussi devoir composer avec le poids des secrets de familles et des non-dits. L’auteure ne lésine pas sur les moyens pour encombrer l’esprit de ses personnages et jouer avec les nerfs des lecteurs en louvoyant habilement avec les fausses pistes et les vrais indices.

Si l’intrigue monte progressivement en intensité et vous asurera quelques poussées d’adrénaline, je suis toutefois plus mitigé sur le final que j’ai trouvé un peu précipité. Pas vraiment de quoi me gâcher le plaisir de cette lecture, mais c’est toujours un peu dommage de refermer un bouquin sur un bémol.

MON VERDICT

 
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Publié par le 2 juin 2020 dans Bouquins

 

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