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Archives de Tag: Littérature allemande

[BOUQUINS] Sebastian Fitzek – Siège 7A

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S. Fitzek - Siège 7A
Titre : Siège 7A
Auteur : Sebastian Fitzek
Éditeur : L’Archipel
Parution : 2020
Origine : Allemagne (2017)
384 pages

De quoi ça cause ?

Le Dr Mats Krüger embarque à Buenos Aires sur un vol en direction de Berlin afin d’y rejoindre sa fille sur le point d’accoucher.

À peine installé il reçoit un appel anonyme l’informant qu’il doit tout faire pour que l’avion s’écrase, sans quoi sa fille et le bébé mourront.

Son arme : une ancienne patiente psychologiquement fragile, devenue chef de cabine, actuellement en service sur le même vol que lui.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sebastian Fitzek. Même si je suis loin d’avoir lu tous ses romans, je n’ai jamais été déçu par ceux qui ont croisé mon chemin.

Ma Chronique

J’ai découvert Sebastian Fitzek sur le tard puisque c’est en 2012 que j’ai lu Thérapie (publié en 2008 dans sa version française). Le coup de cœur fut immédiat, du coup j’ai récupéré tous les titres disponibles de l’auteur sans jamais avoir trouvé le temps de les lire.

Depuis je continue d’acheter ses romans au fur et à mesure de leur sortie avec la ferme intention de les lire, mais finalement nombreux sont ceux qui se retrouvent oubliés dans les méandres de mon Stock à Lire Numérique.

Siège 7A, le dernier roman de Sebastian Fitzek, fait partie des titres sauvés de l’oubli (même si je ne perds pas espoir de lire les titres qui m’ont filé entre les doigts).

Si l’intrigue du présent roman est globalement bien ficelée et très intéressante à suivre, j’avoue avoir eu du mal à être en totale immersion dans le récit. D’une part je n’ai éprouvé aucune empathie envers les personnages. D’autre part l’intrigue pèche parfois par manque de crédibilité (quand il ne s’agit pas d’invraisemblance flagrante).

Je n’ose imaginer le poids qui pèse sur vos épaules si vous devez choisir entre sauver la vie de votre enfant en sacrifiant celle de plus de 600 inconnus, ou, à l’inverse, sauver ces inconnus en sachant que cela condamnera votre enfant… Dans le genre cruel dilemme, difficile de faire pire ! Il n’en reste pas moins que je ne suis jamais parvenu à être en phase avec le personnage de Mats Krüger.

Carnivore revendiqué et totalement assumé (tout en étant un fervent défenseur de la cause animale), je suis insensible à la cause défendue par Franz Uhlandt ; d’autant que dans ses actes le gars passe plus pour un fou dangereux illuminé qu’autre chose.

Sans entrer davantage dans les détails, je referme le bouquin avec un goût d’inachevé sur toute une partie de l’intrigue ; ou plus exactement la conclusion apportée par Sebastian Fitzek ne m’a pas convaincu.

Au final j’ai pris beaucoup de plaisir à lire un thriller plutôt ficelé malgré ces quelques bémols, mais je n’ai pas été emballé outre mesure. Ce qui ne m’empêchera pas de continuer de surveiller de près les prochains romans de Sebastian Fitzek (en espérant une suite à la série consacrée au voleur de regards).

MON VERDICT

 
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Publié par le 30 avril 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Chris Kraus – La Fabrique Des Salauds

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C. Kraus - La Fabrique des Salauds

Titre : La Fabrique Des Salauds
Auteur : Chris Kraus
Éditeur : Belfond
Parution : 2019
Origine : Allemagne (2017)
880 pages

De quoi ça cause ?

Les frères Solm, Hub (1905)et Koja (1909), naissent en Lettonie alors déchirée par la guerre civile, convoitée à la fois par les Russes et les Allemands. Au cœur de la crise, la famille Solm recueille et adopte Ev, une gamine dont les parents viennent d’être exécutés par les bolcheviques.

Soixante ans plus tard, Koja raconte à son voisin de chambrée à l’hôpital, sa vie, leur vie à tous les trois. Un parcours hors du commun étroitement lié à l’histoire de l’Europe et du Monde dans ses heures les plus sombres…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Je suis tombé dessus par hasard en parcourant le catalogue de Net Galley, le titre m’a inspiré, la quatrième de couverture a fait le reste.

J’ai attendu de me procurer une version commerciale avant de le lire, la version « non corrigée » envoyée par l’éditeur demandait trop de travail de mise en forme pour pouvoir être lue confortablement.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Belfond et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Avant de m’attaquer au fond de l’histoire, et quel fond puisqu’il s’agit de ni plus ni moins de 70 ans d’Histoire au cours desquels l’Europe et le monde ont connu de profonds bouleversements ; je souhaiterai dire quelques mots sur la forme.

Ce bouquin est tout simplement divinement écrit, pour son premier roman traduit en français Chris Kraus signe une oeuvre audacieuse (pas loin de 900 pages) qu’il maîtrise de bout en bout, sa plume est un régal pour les yeux (il parvient même parfois à sublimer l’horreur et le tragique de certaines situations, ou, à contrario à les restituer froidement). De fait je ne peux que m’incliner devant le formidable travail de la traductrice, Rose Labourie, qui su retranscrire toutes ces émotions et toute la magie des mots à l’attention des lecteurs français.

Il m’aura fallu pas loin de trois semaines pour venir à bout de ces 900 pages, délai qui n’est pas à imputer à la qualité du récit mais bel et bien à un emploi du temps professionnel surchargé qui faisait qu’en rentrant du taf je n’avais envie de penser à rien. Or ce roman n’est pas vraiment une lecture vide tête, loin s’en faut ! Les neurones turbinent à fond au fil des pages…

Il est facile de juger rétrospectivement, confortablement vautré dans son canapé ; mais qui peut en toute sincérité affirmer qu’en son âme et conscience, dans les mêmes conditions, il n’aurait pas fait les mêmes choix que Koja, ou Hub Solm ? Pour ma part je préfère me réfléchir aux paroles de Jean-Jacques Goldman plutôt que de dispenser des leçons de morale à deux balles :

Et si j’étais né en 17 à Leidenstadt / Sur les ruines d’un champ de bataille / Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens / Si j’avais été allemand ?

N’allez surtout pas croire que je cherche à excuser, ni même à minimiser les horreurs du régime nazi. Une telle abomination est et restera à jamais inexcusable, mais l’esprit humain est une mécanique complexe qui peut nous pousser à faire passer l’instinct de survie avant le sens moral.

La Fabrique Des Salauds n’est pas un énième roman sur la seconde guerre mondiale, même si le conflit reste le fil rouge de l’intrigue, c’est plutôt les années d’après-guerre qui donne corps au récit et à l’histoire que nous narre Koja Solm. Avec en point de mire la surprenante facilité avec laquelle l’Allemagne d’après-guerre a su recycler nombre de ses anciens dignitaires nazis.

Un narrateur au parcours peu commun puisqu’après son enrôlement au sein de la SS il visitera les geôles des services secrets russes avant d’être « retourné » par le KGB, puis mettra son savoir au service du BND (les services secrets allemands), de la CIA et du Mossad. Parfois même en revêtant une double, voire une triple, casquette avec souvent des intérêts totalement contradictoires (les uns veulent protéger les anciens nazis alors que les autres cherchent à les démasquer et à les traduire en justice).

Koja Solm lui même se retrouvera plus d’une fois le cul entre deux chaises, d’un côté il doit se protéger et cacher (ou minimiser) ses anciennes fonctions dans la SS, de l’autre répondre aux attentes de ses employeurs et enfin se venger de son frère en le faisant tomber sans que celui-ci ne l’entraîne dans sa chute.

Une lecture éprouvante moralement et nerveusement (ce qui explique aussi le temps mis pour achever le roman), au-delà des actes eux-mêmes c’est le ton du narrateur qui est dérangeant. Il relate les faits avec froideur et en cherchant toujours à mettre une certaine distance entre l’acte et sa propre responsabilité. Au lieu d’éprouver des remords, il va plutôt chercher à se faire passer pour une victime. Ce déni permanent et cette lâcheté m’ont dérangé plus d’une fois ; difficile, pour ne pas dire impossible, dans ces conditions d’éprouver un semblant d’empathie pour le personnage de Koja Solm. Et pourtant parfois on aurait presque envie de le croire !

Chris Kraus mêle adroitement Histoire et fiction, n’hésitant pas à faire intervenir dans son intrigue des personnages ayant réellement existés. Difficile de deviner où s’arrête la réalité historique et où commence l’imaginaire de l’auteur ; d’autant qu’il nous prévient dans son avant-propos, les événements les plus incroyables (ou les plus improbables) ne sont forcément fictifs.

Un bouquin qui vous prend aux tripes, à savourer lentement pour apprécier pleinement tout son potentiel. Clairement pas une lecture qui vous redonnera foi dans le genre humain !

L’auteur a récemment déclaré qu’il trouvait le titre français de son roman très bien trouvé pour son côté cash avec un brin de provocation ; le titre original Das Kalt Bulte pouvant en effet se traduire par Le Sang Froid, certes adapté mais nettement plus sage que La Fabrique Des Salauds.

MON VERDICT
Coup de poing

 
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Publié par le 1 octobre 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Andreas Pflüger – Irrévocable

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A. Pflüger - Irrévocable

Titre : Irrévocable
Auteur : Andreas Pflüger
Éditeur : Fleuve Editions
Parution : 2018
Origine : Allemagne (2015)
544 pages

De quoi ça cause ?

Jenny Aaron était flic d’élite au sein du Service, la plus secrète des agences secrètes basées en Allemagne, jusqu’à ce qu’une opération à Barcelone tourne mal. Blessée, elle est désormais aveugle, mais ce jour-là, elle a perdu bien plus que la vue.

Cinq ans plus tard, Jenny Aaron est une profileuse reconnue. Le Service fait appel à elle pour interroger un suspect, accusé d’avoir tué la psychologue de la prison où il est détenu, l’homme a déclaré ne vouloir parler qu’à elle. Le suspect, Reinhold Boenisch, est un homme qu’elle a contribué à faire incarcérer seize ans plus tôt pour quatre meurtres ; sans jamais avoir pu prouver qu’il n’avait pas agi seul. Et aujourd’hui encore il semblerait qu’il ne soit pas celui qui tire les ficelles…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Honnêtement je ne sais pas, ça m’a pris comme une envie de pisser.

J’ai été attiré par la couv’, sobre, mais intrigante, suffisamment en tout cas pour titiller ma curiosité. La quatrième de couv’ a fait le reste. Un choix des plus classique donc.

Ma chronique

Le fait de proposer un thriller ayant pour personnage principal une jeune femme aveugle est plutôt audacieux. Même si Jenny Aaron a été une brillante agente de terrain, aussi à l’aise avec une arme à feu que dans un combat à mains nues… mais ça, c’était avant !

Donc aujourd’hui Jenny Aaron est aveugle, mais elle n’a rien perdu de ses entraînements passés, au contraire elle s’est même encore améliorée. Le plus étonnant est sa parfaite maîtrise des techniques de déplacement et de repérage dans l’espace, techniques inspirées de méthodes bien réelles développées dans le cadre de la rééducation pour les non-voyants.

Et si, histoire d’enfoncer le clou, je vous disais que Aaron souffre aussi d’amnésie rétrograde depuis son retour de Barcelone. Elle ne garde des événements qui se déroulés là-bas de de son passé antérieur que des souvenirs diffus (et une énorme culpabilité liée au fait d’avoir abandonné son collègue et amant, lui aussi blessé lors de l’opération, allant ainsi à l’encontre de toutes les règles du Service). Vous l’aurez compris Andreas Pflüger nous propose un personnage central des plus atypique, un subtil mélange de force, de sagesse (elle s’efforce de suivre la voie du bushido), mais aussi avec ses failles et ses faiblesses.

En face d’elle un tueur machiavélique qui semble dénué tout autant de faiblesses que d’empathie. Un homme froid et calculateur qui ne laisse rien au hasard et ne reculera devant rien pour mener à bien ses plans. Une machine à tuer parfaitement rodée. Mais pourquoi cet acharnement à vouloir détruire Aaron ? Et si les réponses se trouvaient justement dans ce passé oublié d’Aaron…

Chic un méchant très méchant me direz-vous ! Et en effet Holm fait partie de ses salauds que vous vous plairez à détester, tout en voulant en apprendre plus sur ses motivations (il dégage malgré sa cruauté un petit quelque chose qui suscite l’intérêt). Alors que vous ne pourrez que haïr purement et simplement son frère, Sascha, un psychopathe pur et dur de la pire espèce.

Heureusement Jenny ne sera pas totalement seule pour affronter ces deux adorables frangins, elle pourra compter sur le soutien sans faille de ses anciens collègues du Service, notamment celui de Pavlik, ami de toujours et tireur d’élite hors pair.

Si vous souhaitez postuler pour intégrer le Service, vous pouvez oublier ; c’est une agence totalement fictive inventée pour les besoins du roman.

Andreas Pflüger ne laissera aucun répit à ses personnages, il nous propose une intrigue dense, rythmée et riche en rebondissements. Bref tout ce que le lecteur attend de trouver en se plongeant dans un thriller ! Une fois happé par le bouquin, vous aurez bien du mal à décrocher.

Si sur le fond le contrat est rempli avec une redoutable efficacité, la forme peut être un peu déconcertante. Il n’est en effet pas rare que l’auteur passe, sans préavis, de l’intrigue présente à un flashback. Ca peut surprendre, mais en fait c’est aussi une bonne façon de nous mettre à la place de Aaron, parfois, même dans le feu de l’action, des bribes de souvenirs lui reviennent sous forme de flashes.

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, aussi bien pour son intrigue rondement menée que pour ses personnages ; comme l’auteur le laisse entendre dans sa postface, « l’histoire d’Aaron n’est pas finie », soyez assurés que je répondrai présent au(x) prochain(s) rendez-vous !

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Publié par le 12 février 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Rita Falk – Choucroute Maudite

R. Falk - Choucroute MauditeAprès la monumentale claque que fut la lecture du roman de Cédric Cham, il me fallait un peu de légèreté histoire de retrouver mon air. Et ça tombe bien parce que justement un autre éditeur me fait de l’oeil depuis quelques temps, il s’agit des éditions Mirobole. Le hasard faisant bien les choses il se trouve que leur catalogue propose quelques titres plutôt légers. Mon choix s’est porté sur Choucroute Maudite de l’auteure allemande Rita Falk.
Franz Eberhofer est policier dans le petit village de Niederkaltenkirchen, perdu au fin fond de la Bavière. Un quotidien peinard qui termine invariablement au troquet su coin le temps d’écluser quelques bières. Alors que l’aîné des frères Neuhofer meurt écrasé par la chute d’un container, Franz se pose des questions sur ce malencontreux accident. Il faut dire qu’en l’espace de quelques semaines la famille Neuhofer joue vraiment de malchance, le père s’électrocute en bricolant et la mère va se pendre en pleine forêt à quatre heures du matin. Et maintenant, il ne reste que le cadet, Hans…
Oubliez les polars hyper rigoureux qui vous mettent les nerfs en pelote, l’auteure vise plutôt vos zygomatiques avec son enquêteur hors norme : Franz Eberhofer. A noter que le roman est le premier d’une série qui compte déjà 8 titres en Allemagne, il y a fort à parier que les suivants seront prochainement traduits et disponibles chez le même éditeur.
Rita Falk opte pour un récit à la première personne en donnant la parole à Franz Eberhofer qui s’adresse au lecteur comme à un voisin de troquet à qui il raconterait son enquête entre deux chopes. Et on se prend rapidement au jeu, même si parfois on se demande qui est ce drôle d’hurluberlu qui ne manquera pas de vous surprendre.
On pourrait penser que la vie à Niederkaltenkirchen (à tes souhaits) est un long fleuve tranquille et c’est généralement le cas, sauf pour Franz qui est convaincu d’être sur importante affaire criminelle. Ce qui ne l’empêche pas de finir ses journées chez Wolfi, le troquet du village, avant de rentrer rejoindre le Papa et la Mémé et se régaler des « petits » plats de cette dernière (la cuisine bavaroise a l’air fort appétissante, mais un tantinet bourrative. Quelques idées recettes figurent en annexe du roman). Et bien entendu, avant d’aller se coucher, il ne peut échapper à une promenade en forêt (toujours le même itinéraire) en compagnie de Louis II, son chien.
J’ai beaucoup aimé la famille Eberhofer : le Papa, veuf inconsolable qui passe ses journées (et ses nuits) à écouter les Beatles à plein volume, et la Mémé, sourde comme un pot, en perpétuelle traque de promotions en tout genre. Et parfois il y a la visite du Leopold, le frère aîné, parti vivre à Munich afin d’ouvrir une librairie.
Si l’intrigue policière est abordée avec un second degré évident, il n’en reste pas moins que globalement elle tient la route. Plus d’une fois, on se demandera si Franz poursuit un vrai criminel ou court après un crime imaginaire…
Une découverte sympathique, quasiment lue d’une traite (256 pages coupées par une nuit de sommeil). C’est avec plaisir que je reviendrai à Niederkaltenkirchen écouter Frank me raconter de sa prochaine enquête.

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Publié par le 11 juillet 2017 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Marc Elsberg – Zero

M. Elsberg - ZeroCe titre va s’inscrire comme défenseur de dernière minute (en remplacement du bouquin de Donato Carrisi qui ne sortira que fin août) dans le cadre de mon challenge Coupe d’Europe des Livres, il m’est en effet tombé entre les mains par le plus grand des hasards, alors que j’avais fini par renoncer à croiser son chemin. So, is Big Brother watching you ? Réponse dans ma chronique de Zero de Marc Elsberg.
Alors qu’elle enquête sur Zero, un groupe d’activiste du Net qui milite pour la protection des données individuelles, Cynthia Bonsant est amenée, après la mort d’un ami de sa fille, à s’intéresser aux activités de la société Freeme, spécialisée justement dans la valorisation et le partage de ces mêmes données. A force de creuser elle va s’attirer les foudres de puissants et dangereux adversaires…
En guise de préambule à son roman, Marc Elsberg rappelle que ce texte est une fiction qui peut se lire comme une dystopie, sachant toutefois que certains outils et certaines procédures, décrits dans le roman existent bel et bien. Pour ma part c’est surtout un bouquin que j’ai lu comme un thriller, une intrigue menée tambour battant, bourrée de suspense et totalement addictive.
Ca fait du bien de lire un roman qui soit à la fois un divertissement (parfois nerveusement éprouvant), une source d’information (on sent que l’auteur s’est richement documenté sur le sujet) et quelque part un appel à la réflexion (pour ne pas dire une mise en garde). Fiction certes, mais pour combien de temps ?
J’ai beaucoup aimé le personnage de Cynthia Bonsant, pas franchement branchée technologie et soudainement confrontée à un monde qu’elle ne connaît pas (heureusement elle pourra compter sur le soutien de sa fille), mais déterminée à découvrir, et révéler, la vérité.
Les nombreux personnages secondaires, aux intérêts divers et variés, ne sont pas laissés pour compte. J’aurai toutefois aimé une présence plus active de Zero, toujours au centre du récit mais finalement assez peu présent. J’ai aimé détester le personnage de Carl Montik, le développeur de Freeme, un mec abject, incapable de la moindre empathie ; pour lui le monde extérieur se résume à des lignes de code qu’il peut manipuler selon son bon vouloir.
Fiction ou prémonition ? On est en droit de se poser la question dans notre société hyper-connectée. Certes les Act Apps de Freeme n’existent pas encore mais quand on voit le succès des applis d’aide au développement personnel ou à la prise de décision (à croire que certains ne sont pas foutus d’aller pisser si leur appli ne leur signale pas que c’est l’heure de la pause pipi), on y arrive lentement mais sûrement.
Et je ne vous parle même pas des accros à FB qui jugent intéressant de renseigner leur profil 796 fois par jour (« je me cure le nez », « je me gratte les couilles », « je mange », « je vais me coucher »… comme si on en avait quelque chose à foutre). La même logique s’applique aussi à Twitter, Instagram, YouTube…
Qui peut dire : « pas moi, pas moi », parmi vous ? Personne, la preuve vous êtes en ce moment même connecté à Internet. Mais ne sombrons pas non plus dans la paranoïa (n’est-ce pas Cynthia ?), inutile de vous vêtir de votre toute nouvelle combi intégrale 100% aluminium ; il y a connecté et cyber-dépendant. Je pense qu’avec un minimum de bon sens et un soupçon d’intelligence on peut limiter au strict minimum notre empreinte numérique.
Je découvre Marc Elsberg avec ce second roman, inutile de préciser qu’il me tarde de lire son premier opus (disponible en français devrai(je préciser) Black Out – Demain Il Sera Trop Tard (tout un programme) ; ça tombe bien il est justement dans mon Stock à Lire Numérique depuis un temps certain.
So, is Big Brother watching you ? Yes, indeed.But…

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jd4d

 
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Publié par le 17 juin 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Annette Wieners – Coeur De Lapin

A. Wieners - Coeur De LapinFermement décidé à ne passer à côté d’aucun titre de la collection La Bête Noire de Robert Laffont, je me suis tout naturellement rué sur ce Coeur De Lapin signé Annette Wieners.
Un matin comme les autres, Gesine réalise qu’elle est en train de préparer les couronnes mortuaires pour les obsèques de Mareike, sa soeur, celle qu’elle considère aujourd’hui encore comme responsable de la mort de son fils, dix ans plus tôt. Ses parents la juge responsable de la mort de Mareike, la police la suspecte ; Gesine va devoir prendre sur elle pour découvrir la vérité sur la mort de sa soeur…
Pour son premier roman l’auteure opte davantage pour le drame psychologique que pour le thriller pur et dur. Le rythme est lent, très lent même, l’intrigue policière sert plus de toile de fond qu’autre chose ; Annette Wieners explore les tréfonds de l’esprit de ses personnages, notamment celui de Gesine.
Gesine est une femme brisée par le décès brutal de son jeune fils dans des circonstances qui n’ont jamais été clairement définies. Etouffée par les secrets de famille, les mensonges et les non dits, elle a radicalement coupé les ponts avec sa vie d’avant. Depuis elle vit repliée sur elle même, elle refuse toute émotion sinon la colère et la rancoeur. Un personnage d’une extrême froideur dont il est difficile de se sentir proche compte tenu de son manque total d’empathie. Il faut attendre les derniers chapitres du roman pour qu’elle fasse preuve d’un semblant d’humanité.
J’avoue quitter ce bouquin avec un sentiment mitigé. D’un côté j’ai vraiment été pris par l’intrigue, pas tant par la résolution de l’enquête en elle même (on devine assez rapidement qui est le coupable) mais sur le pourquoi du comment et ce qu’il s’est passé dix ans plus tôt (l’idée étant surtout de savoir si Gesine est complètement parano ou pas). D’un autre côté j’ai eu du mal à entrer pleinement dans le récit, il a fallu attendre le dernier tiers du roman pour que je sois enfin en immersion.
Avec le recul le ressenti positif l’emporte, j’espère que la suite de la série me confortera et même renforcera ce sentiment. Quoi qu’il en soit je resterai fidèle aux titres de La Bête Noire, j’en ai d’ailleurs un nouveau qui vient de grossir les rangs de mon Stock à Lire Numérique.

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Publié par le 15 février 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Marc Raabe – Incision

M. Raabe - IncisionOn ne peut pas vraiment dire que les écrivains allemands se bousculent dans mon Stock à Lire Numérique, du coup quand je suis tombé sur Incision de Marc Raabe ça a tout de suite titillé ma curiosité. Ajoutez à cela une couv’ très visuelle et un pitch plutôt alléchant, voilà qui me donne suffisamment de bonnes raisons pour me laisser tenter.
La vie de Gabriel bascule quand sa compagne Liz Anders, une journaliste free lance de renom, l’appelle à la rescousse. Sur place Liz est introuvable, par contre la police est là pour un meurtre dont Gabriel devient le principal suspect. Pour lui, et pour Liz, le cauchemar ne fait que commencer…
Pour un premier roman l’auteur manie plutôt habilement les règles du genre. Près un prologue qui nous met l’eau à la bouche sans toutefois en dire trop, on plonge au coeur de l’intrigue, vingt neuf ans plus tard. Marc Raabe nous ferre en quelques pages, impossible ensuite de lâcher le bouquin avant de connaître le pourquoi du comment ; bien malin celui qui démêlera l’écheveau avant que l’auteur ne nous livre les réponses tant attendues.
Certaines situations peuvent parfois manquer de crédibilité mais finalement ces menus défauts se font vite oublier tant le rythme de l’intrigue nous tient en haleine. On se doute bien que la clé de l’énigme se trouve dans les événements mentionnés dans le prologue, mais il faudra faire preuve de patience avant de voir les pièces du puzzle s’assembler.
Les personnages sont bien travaillés, je pense notamment à Gabriel qui, de prime abord, n’a pas toutes les cartes en main pour s’attirer la sympathie du lecteur mais on ne peut qu’adhérer à son combat pour découvrir la vérité et sauver celle qu’il aime. Le contraste entre les deux frères est saisissant, le jour et la nuit !
Un thriller efficace qui mettra vos nerfs à rude épreuve, une intrigue dure où l’action brute cohabite avec des aspects plus psychologiques, une atmosphère parfois glauque mais au final l’ensemble est moins trash que ce qu’aurait pu faire par exemple Maxime Chattam avec les mêmes ingrédients.
Des chapitres relativement courts et un style très direct permettent de se plonger au coeur de l’intrigue et surtout de maintenir, jusqu’au clap de fin, un rythme endiablé. Bref une belle découverte et une bonne surprise.

MON VERDICT
jd4

 
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Publié par le 29 juin 2015 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Timur Vermes – Il Est De Retour

T. Vermes - Il Est De RetrourEn errant dans les rayonnages de votre librairie préférée il est difficile de rester indifférent à la couv’ et au titre de ce bouquin, Il Est De Retour, signé Timur Vermes. La frange, la moustache dessinée par le titre, aucun doute possible sur l’identité de ce fameux « Il »… Et oui c’est bien lui.
Berlin, été 2011. Adolf Hitler reprend connaissance dans un terrain vague au coeur d’une Allemagne qu’il ne connait plus. Si le pays a changé ce n’est pas le cas du führer, bien déterminé à reprendre les choses en main. Pour se faire il va user et abuser de l’arme d’abrutissement massif ultime qu’est la télévision…
Avant d’aller plus loin je vous invite à méditer cette phrase de Pierre Desproges : « On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui« . Si vous n’adhérez pas, si le second (voire plus) degré est un concept étranger pour vous, non seulement je vous plains mais en plus je vous invite à passer votre tour sur ce coup.
Deuxième mise au point concernant l’auteur, Timur Vermes est certes allemand et certes trop jeune (né en 1967) pour avoir connu la seconde guerre mondiale, mais il est aussi juif, je doute fort que la Shoa lui soit totalement inconnue et plus encore qu’il ait besoin de leçons de morale prétendument bien pensante. Si vous voulez connaitre le pourquoi du comment de son choix il suffit de taper son nom dans Google, les articles le concernant ne manquent pas et sont globalement bien ficelés.
Dernier point à ne pas perdre de vue, historique cette fois. En 1933 Hitler n’a pas pris le pouvoir par la force ou les armes, il a été démocratiquement élu. Son programme était clairement affiché dans Mein Kampf, y compris la solution finale. Ca ne change rien au fait qu’il soit dans le top ten des plus grands salopards de l’Histoire (avec Staline, Mao et Pol-Pot).
Bon si malgré ces mises en garde vous avez pris le bouquins avec une certaine appréhension et y avez vu une ode au nazisme alors dans ce cas vous êtes tout bonnement incurable, désolé de vous l’annoncer sans prendre de gants. Nicht mein Gott ! L’humour ne passera pas par vous…
Je ne dis pas qu’il faut être un âne pour ne pas lire ce bouquin (il y a un tas de raisons qui peuvent vous poussez à l’éviter) ou ne pas l’avoir aimé (chacun ses goûts, je respecte les vôtres) ; simplement ayez de vrais arguments pour motiver votre décision plutôt que des clichés faciles.
Aucun message politique sous-jacent, le propre de la satire est justement de taper là où ça fait mal. Car c’est bel et bien ce que vous lirez en parcourant ce bouquin, une  satire de la société contemporaine et du pouvoir des médias sur les foules. Qu’ils vous encensent ou vous diabolisent, vous aurez à coup sûr un fan club grandissant. Le but du jeu n’est pas seulement de faire rire mais aussi de faire réfléchir et éventuellement d’alerter.
Ma motivation première en prenant ce bouquin tenait d’avantage à une simple curiosité qu’à un réel intérêt ; l’intérêt n’est venu qu’au fil des pages et des sourires. Un intérêt qui s’est parfois émoustillé du fait de quelques longueurs et de digressions germano-germaniques (heureusement un glossaire est proposé à la fin du bouquin afin d’y voir un peu plus clair) qui risquent de décourager le lecteur non germanophile.
L’auteur ne fait pas les choses à moitié en prenant le parti d’écrire son bouquin à la première personne, comme si c’était Hitler qui nous livrait ses pensées et projets. Le but avoué étant de donner plus authenticité à son récit. Pari réussi au point d’en être parfois troublant. Une provocation de plus assumée par l’auteur.
Au final une lecture pas désagréable mais ni transcendant, ni indispensable ; aucun regret toutefois, ma curiosité a été satisfaite. Dommage que l’auteur n’ait pas opté pour une fin plus aboutie, sur le coup on reste sur notre faim ce qui est toujours un peu frustrant au moment de refermer un livre.
Le bouquin peut d’ores et déjà se targuer d’être une belle machine commerciale, plus d’un millions d’exemplaires vendus en Allemagne, traduit en 35 langues et les droits pour une adaptation au cinéma déjà acheté par Constantin Film.

 
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Publié par le 13 juin 2014 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Sebastian Fitzek – Le Chasseur De Regards

S. Fitzek - Le Chasseur De RegardsEt hop encore un titre qui vient bouleverser mon programme de lecture, il faut bien avouer que j’étais resté sur une grande question sans réponse concernant la suite éventuelle du Voleur De Regards. Du coup quand j’ai vu Le Chasseur De Regards de Sebastian Fitzek j’ai d’abord cru à une erreur sur le titre, mais que nenni c’est bien la fameuse suite…
[ALERTE SPOILERS… Ne pas lire ce qui suit si vous comptez lire Le Voleur De Regards] Alexander Zorbach est contraint de jouer au sinistre contre la montre imposé par Le Voleur de Regards s’il veut sauver la vie de son fils. De son côté Alina Gregoriev est contacté par le commissaire Stoya afin de l’aider à prouver que le Docteur Suker est un dangereux psychopathe… [FIN D’ALERTE SPOILERS]
Encore une chronique qui va s’accoucher dans la douleur, je dois en dire le moins possible tout en restituant au mieux mon ressenti. Le coup de WAOW ! c’est déjà fait, va falloir faire preuve d’inventivité…
Le moins que l’on puisse dire c’est que l’auteur commence très fort, dès les premiers chapitres on se prend un monumental direct dans la gueule. Surpriiise ! Et la suite ne faiblit pas d’un iota jusqu’au chapitre 17 qui nous balance un bel uppercut juste sous le menton. KOOO ! Et dire qu’on est à moins d’un tiers du bouquin, pas sûr que les nerfs et le palpitant tiennent le coup à ce rythme là. A partir de là il vaut mieux passer en mode punchingball, on encaisse les rebondissements multiples d’une intrigue qui file à tombeau ouvert sans nous laisser le moindre répit pour reprendre nos  esprits entre deux rebondissements.
Vous l’aurez compris au niveau de(s) l’intrigue(s) c’est un sans faute, machiavélique à souhait. Côté personnage on retrouve Alexander et Alina mais aussi Stoya et Scholle (toujours aussi con), les deux flics de service. Toujours l’omniprésence du Voleur de Regards sauf que cette fois il est physiquement présent. Et un autre pervers tout aussi sadique. Quel lien entre les deux affaires ? Vous le saurez en lisant ce bouquin (mais il faudra être patient avant de découvrir le fin mot de l’histoire).
Le mot de la fin : noir c’est noir… mais putain que c’est bon !
En préambule au récit Sebastian Fitzek indique que ce roman peut se lire indépendamment du Voleur De Regards mais que ce serait dommage ; je ne peux que vous recommander de les prendre dans l’ordre histoire d’avoir toutes les cartes en main. Dans ce même Avertissement l’auteur indique que Le Chasseur De Regards est le second opus d’une saga qui comptera plusieurs tomes mais que lui même ne sait pas combien de volumes composeront ladite saga. Pour ma part s’ils sont tous de cet acabit j’en redemande encore et encore !
Dans ma chronique consacrée au Voleur De Regards j’indiquais que l’auteur n’avait rien écrit depuis 2010, j’ai simplement été victime d’une page Wikipedia pas à jour. Il tient le rythme d’un roman par an, le dernier datant de 2013 ; les trois titres non encore disponibles en français ne semblent pas faire partie de cette saga (d’après les quatrième de couv’ en allemand donc à prendre avec des pincettes vu que je ne parle un traitre mot de cette langue).

 
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Publié par le 24 avril 2014 dans Bouquins

 

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