[BOUQUINS] Blanche Monah – La Cage Dorée

X-rated

B. Monah - La cage doréeNouvelle escale dans le monde de l’auto-édition, avec en prime un roman érotique. la chose s’appelle La Cage Dorée et est signée Blanche Monah (voir son blog).
Heather Delacroix, jeune femme de bonne famille et des beaux quartiers, entre au Studio Brastow comme stagiaire. Immédiatement Ousmane Villon, dit Phénix, un des photographes du studio, la prend en grippe ; elle représente en effet tout ce qu’il déteste. Mais il ignore que sous ses airs hautains et son apparence froide se cache un terrible secret…
L’avertissement au lecteur promet des « scènes de violence psychologique et physique intenses« , et sur ce point il est vrai que l’on est servi. A tel point que par moment le roman se lit presque comme un thriller psychologique.
Pour un premier roman Blanche Monah fait un choix audacieux avec un sujet qui risque de choquer, voire même dégoûter certains lecteurs. Je ne parle pas du fait d’avoir opté pour un récit érotique, il faut vivre avec son temps, c’est un genre littéraire à part entière ; mais plutôt de la relation entre Heather et son père, qui traite sa fille comme un jouet sexuel dont il use et abuse sans vergogne depuis des années.
Ce qui m’améne tout naturellement à faire un tour d’horizon des personnages, en commençant bien entendu par Heather. Je sais qu’une relation de domination/soumission peut être ravageuse sur le long terme mais j’avoue que par moment sa résignation m’a davantage fait enrager (envie de meurtre ? Presque) qu’autre chose. Du coup j’ai eu un peu de mal à éprouver de l’empathie pour elle.
J’ai par contre beaucoup aimé le personnage de Phénix, sous ses apparences de gros dur il y a un petit coeur qui bat… Du coup il va tout faire pour essayer de sortir sa « princesse » des griffes de ses bourreaux. Un personnage déterminé qui ne se laisse pas abattre à la moindre contrariété (sacré contraste rapport à Heather).
Puis il y a Arnaud, le père d’Heather, et Jérôme, collègue de Arnaud et futur gendre désigné d’Heather. Est-il besoin de s’attarder sur de pareilles ordures ? Pas un pour racheter l’autre, on aimerait tant les voir souffrir et agoniser longtemps, très longtemps…
Vous l’aurez sans doute compris, le titre fait référence à l’existence même d’Heather, vu de l’extérieur ça semble idyllique, mais de l’intérieur c’est une véritable prison pour la jeune femme.
Le style est agréable, la lecture fluide. Au fil des chapitres l’auteure donne la parole à ses personnages qui raconte l’histoire selon leur propre point de vue. Peut être encore quelques erreurs de jeunesse çà et là mais globalement j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman. Mais je confirme l’avertissement de l’auteur : à ne pas mettre entre toutes les mains !

MON VERDICT
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J’ai toujours affirmé que je serai plus tolérant concernant la mise en page et la typographie d’un ouvrage auto-édité que s’il s’agissait d’un bouquin qui sortirait d’une grande maison d’édition (ils n’ont pas la même logistique entre la rédaction et la publication). Mais en l’occurrence le bouquin aurait besoin d’une sérieuse reprise en main, ne serait-ce que pour corriger le « visuel ». Après deux chapitres lus je suis passé en mode Sigil pour harmoniser l’ensemble (et tant que j’y suis alléger et uniformiser le code).
Certes le fichier que j’ai lu est un epub converti à parti du fichier Kindle, mais un rapide coup d’oeil à la page du blog permet de constater que cette manipulation n’explique pas tout. Je citerai en vrac et sans être exhaustif :
– Parfois le début du paragraphe est en retrait, d’autres fois non
– De nombreux tirets simples débutent les dialogues alors que par ailleurs ils sont identifiés par des tirets semi-cadratin)
– Toujours dans les dialogues : pas d’espace entre le tiret et le début du dialogue
– D’un chapitre à l’autre la police change de taille sans respecter la moindre logique

Je n’entends pas critiquer pour le plaisir de critiquer mais avec ces remarques j’espère apporter aux auteurs quelque chose de constructif pour leur permettre de proposer aux lecteurs un travail aussi abouti que faire se peut. Je n’ai aucunement tenu compte de ces petits soucis techniques dans ma notation.

Chers auteurs indépendants, je sais que Amazon est une plate-forme qui facilite grandement la diffusion de votre travail mais le monde de la lecture numérique ne s’arrête pas à la Kindle et son format propriétaire. Si vous en avez la possibilité n’hésitez pas à diffuser vos romans au format epub (via 7switch par exemple), vous toucherez ainsi un public plus large.
Convertir un fichier azw (Kindle) en epub permet d’outrepasser cette contrainte, mais la manipulation n’est pas forcément à la portée de tous les lecteurs (les plus curieux trouveront aisément un tuto sur Internet). Les plus maniaques pourront peaufiner le travail avec Sigil afin de « nettoyer » le code.