[BRD] Free Guy

À L’AFFICHE DU JOUR


Titre : Free Guy
Réalisation : Shawn Levy
Production : 20th Century Fox
Distribution : The Walt Disney Company
Origine : États-Unis
Durée : 1h55

Casting

Ryan Reynolds : Guy
Jodie Comer : Millie / Molotov Girl
Joe Keery : Keys
Lil Rel Howery : Buddy
Utkarsh Ambudkar : Mouser
Taika Waititi : Antwan

Le pitch

Un employé de banque, découvrant un jour qu’il n’est en fait qu’un personnage non joueur dans un jeu vidéo en ligne, décide de devenir le héros de sa propre histoire quand il croise la route de Molotov Girl. Ensemble, ils vont tout mettre en œuvre pour sauver le monde de Free City, avant qu’il ne soit trop tard…

Ma chronique

Dès que j’ai entendu parler de ce film ça a fait tilt dans mon neurone défaillant, la bande annonce n’a fait qu’attiser davantage ma curiosité. Il m’aura fallu un peu de temps mais j’ai fini par pouvoir le visionner et franchement je ne le regrette pas, il a été à la hauteur de mes espérances, et même au-delà !

De prime abord on pouvait s’attendre à un pur divertissement, une comédie bourrée d’action et un peu barrée… et ça me convenait parfaitement. Mais il y a un peu plus que ça, une profondeur inattendue qui apporte un réel plus au film (et donc au spectateur).

Ryan Reynolds, qui interprète Guy, est brillant dans le rôle du personnage un peu candide (voire franchement cucul) qui décide du jour au lendemain de prendre sa vie en main et de changer un destin tout tracé (un tant que PNJ il répète inlassablement les mêmes actions jour après jour). Son personnage évolue au fil des événements, sans toutefois totalement perdre son innocence et sa capacité à s’émerveiller de tout ce qui révèle à lui.

Il est secondé par Jodie Comer (la Vilanelle de la série Killing Eve) qui impose sa présence et son charisme sans avoir besoin de surjouer. Un rôle qu’elle doit interpréter dans deux contextes distincts, d’une part dans le monde virtuel de Free City où elle est Molotov Girl ; d’autre part dans la vrai e vie où elle est Millie. Dans les deux cas son objectif est le même, prouver que Antwan (le grand patron des studios Soonami) lui a volé son projet pour créer Free City.

Les personnages secondaires ne sont pas pour autant laissés sur le carreau. À commencer par Keys, ancien « associé » de Millie qui travaille désormais comme développeur pour Antwan mais qui va assez vite s’avérer beaucoup moins effacé qu’il n’y parait. De son côté Antwan s’illustre surtout par un égo surdéveloppé et des crises de colère irraisonnées. Et dans le monde de Free City, Buddy, le collège PNJ de Guy, est partagé entre son amitié pour Guy et la crainte de le suivre hors des clous.

Car c’est bien là l’une des grandes forces de ce film, une même intrigue qui se joue à la fois dans le monde virtuel de Free City (une espèce GTA en version hardcore, la violence sans limite est le maître mot du jeu), et le monde réel. Une intrigue qui fait la part belle à l’action mais aussi aux relations entre les personnages.

Au premier degré on peut voir en Guy un PNJ qui va développer sa propre intelligence artificielle pour se sortir d’une routine codée (ce qui est aussi l’origine du projet crée par Millie et Keys). Si on pousse la réflexion un peu plus loin, le même raisonnement peut s’appliquer à n’importe qui dans le monde réel, doit-on se contenter de suivre son prétendu destin ou doit-on, au contraire, prendre en main sa destinée ? Ce n’est certes pas la réflexion qui va révolutionner le monde de la philosophie contemporaine, mais l’approche n’en demeure pas moins intéressante.

Une double lecture qui assume pleinement son côté divertissement et fait du bien aux zygomatiques sans toutefois plonger les neurones en profonde léthargie.

Visuellement le film est irréprochable, l’image est nickel et les effets spéciaux parfaitement maîtrisés et intégrés à l’intrigue (il faut dire que le côté virtuel repousse les limites). Les amateurs repéreront sans mal de nombreuses références à la pop culture, et notamment au monde des jeux vidéo.

Une opération payante pour la 20th Century Fox et les studios Disney qui, avec une mise de départ relativement modeste (modestie hollywoodienne cela s’entend) de 91 millions de dollars, ils affichent à ce jour un box-office mondial dépassant les 331 millions de dollars.

♥♥♥♥½

[TV NEWS] Killing Eve

AU PROGRAMME DU JOUR

Killing Eve


Titre : Killing Eve
Saisons : 1 à 3
Création : Phoebe Waller-Bridge
Production : Sid Gentle Films
Diffusion pays d’origine : BBC
Diffusion France : Canal+ puis TF1
Origine : Angleterre
Format : 8 épisodes de 42 minutes par saison

Casting

Sandra Oh : Eve Polastri
Jodie Comer : Villanelle
Fiona Shaw : Carolyn Martens
Kim Bodnia : Kostantin Vasiliev

Le pitch

Eve Polastri, agent du MI-5, intègre une équipe chargée d’enquêter sur la terrible et talentueuse Villanelle, une tueuse psychopathe. Mais les deux femmes vont commencer à être obsédées l’une par l’autre. Commence alors un sombre jeu du chat et la souris.

Ma chronique

Autant au niveau livresque je me tiens à jour dans mes chroniques, autant au niveau des films et séries je suis à la ramasse… Plutôt que de ramer à contre-courant j’ai décidé de passer plusieurs futures potentielles chroniques à la poubelle. Mais il y a toutefois des incontournables que je ne peux passer sous silence.

Killing Eve n’est pas une énième série policière, c’est bel et bien une série policière mais elle se démarque par son originalité et surtout par la force de ses personnages.

Je connais Sandra Oh de nom pour sa participation à la série médicale Grey’s Anatomy (de nom uniquement, je n’ai jamais regardé cette série) ; ici elle incarne un agent du MI-5 qui va se retrouver confrontée à une enquête qui l’obsédera jour et nuit… au risque de mettre en danger sa vie de couple ; faut dire aussi que le mari (incarné par Owen McDonnell) est plutôt du genre « spécial ». Au départ elle apparaît comme un personnage plutôt réservé, voire effacé, qui va s’affirmer au fil des épisodes… et devra même dépasser ses limites face à une adversaire implacable.

L’adversaire en question c’est Vilanelle, une tueuse à gage qui œuvre pour le compte d’une mystérieuse organisation. Une tueuse qui planifie et met en scène chacun de ses crimes en un subtil mélange de sang-froid et d’esthétisme. Incontestablement Jodie Comer (qui interprète Vilanelle) est LA révélation de cette série. Elle donne vie à son personnage en faisant d’elle une personnalité complexe qui ne ressemble à nulle autre. Tout est parfaitement maîtrisé dans son interprétation d’une tueuse incapable de la moindre empathie (à part pour Eve Polastri justement), totalement décalée face au monde qui l’entoure et aussi inventive qu’impitoyable quand il s’agit d’ôter la vie à ses victimes.

La grande force de cette série repose sur la relation entre ses deux personnages que tout oppose qui, au fur à mesure que se déroulera un jeu du chat et de la souris semé de cadavres, évoluera entre « amour » et haine… jusqu’à virer, pour l’une comme pour l’autre, à l’obsession (voire la fascination).

Avec deux personnages aussi charismatiques qui imposent leur présence à l’écran, il eut été facile (voire tentant) de laisser les personnages secondaires en arrière-plan sans vraiment chercher à développer leur personnalité. Que nenni braves gens ! Aucun rôle n’est laissé en plan, chacun bénéficie d’un traitement aux petits oignons, à commencer par Carolyn Martens, la supérieure d’Eve et Kostantin Vasiliev, le « superviseur » de Vilanelle. Mais pas que…

Pour que la sauce prenne il faut aussi que l’intrigue tienne la route. Rien à redire sur ce point non plus, on enchaîne les épisodes en en réclamant toujours plus. Le cocktail suspense (fortement teinté à l’hémoglobine), humour (souvent noir) et psychologie est parfaitement dosé et maîtrisé. Tout est fait (et bien fait) pour que le spectateur reste scotché à son écran.

À l’origine Killing Eve est une série littéraire signé Luke Jennings, le premier opus a été décliné sous forme de roman-feuilleton en quatre épisodes avant d’être publié en un tome unique. Depuis deux autres volumes ont vu le jour. La série est une (très) libre adaptation des romans.

Une quatrième saison, qui pourrait bien (au vu du final de la troisième saison) être l’occasion d’un total revirement de situation, est actuellement en chantier. Il me tarde de la découvrir.  Bien que totalement fan de cette série (vous l’aurez sans doute compris) j’espère vraiment que la BBC saura exploiter au mieux la franchise et surtout s’arrêter à temps (ce serait vraiment regrettable qu’une ultime saison foireuse vienne gâcher une série qui est, à ce jour, une totale réussite).

♥♥♥♥♥