[BOUQUINS] Jacques-Olivier Bosco – Laisse Le Monde Tomber

AU MENU DU JOUR

JOB - Laisse le monde tomber
Titre : Laisse Le Monde Tomber
Auteur : Jacques-Olivier Bosco
Éditeur : French Pulp
Parution : 2019
Origine : France
372 pages

De quoi ça cause ?

Des corps retrouvés atrocement mutilés dans une cité de banlieue. La cité est au bord de l’explosion. Jef et Hélène, les enquêteurs en charge de cette affaire sont sur les nerfs.

Un gang de braqueurs tueurs de flic insaisissable multiplie les coups d’éclats meurtriers à travers toute l’Europe. Tracy, chef de groupe à l’ORCTIS de Nanterre, s’est jurée de mettre fin au carnage.

Deux affaires qui non a priori aucun lien entre elles mais qui vont pourtant sceller le destin des trois flics…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Jacques-Olivier Bosco, un auteur que j’ai découvert récemment via son diptyque Brutale / Coupable mettant en scène Lise Lartéguy ; un personnage pour qui j’ai eu un véritable coup de foudre littéraire.

Ma Chronique

Je remercie les éditions French Pulp et Net Galley pour leur confiance.

Dommage en revanche que le fichier transmis ait été une version non définitive au format PDF. Ce qui pour moi signifie rédhibitoire, sauf travail de conversion préalable ; et c’est ce à quoi je me suis attelé afin de pouvoir le lire au format epub et obtenir une version finalisée à archiver dans ma bibliothèque numérique.

Avec ce roman Jacques-Olivier Bosco (JOB) nous offre un thriller profondément humain en mettant en avant trois flics qui, loin d’être des machines de guerre déshumanisées façon Robocop, doivent au contraire composer avec leur vécu et leurs blessures. Trois flics à vif qui n’hésitent pas à se mouiller et à mettre les mains dans le cambouis quand la situation l’impose.

Jef est rongé par la culpabilité mais trop respectueux du cadre juridique (et sans doute aussi un tantinet trop lâche) pour mener à bien sa vengeance. Hélène, sa coéquipière est une boule de nerfs toujours prête à en découdre, quitte à se mettre parfois (souvent) en danger. Quant à Tracy, elle rêve de vengeance depuis que son frère a été assassiné sous ses yeux, victime du terrorisme islamiste, dans la nuit du 13 novembre 2015.

Les deux premiers vont être appelés sur une scène de crime particulièrement sauvage, un enfant de la cité a été démembré par un animal. Ça pourrait être un chien dressé pour tuer mais de nombreux détails morphologiques ne collent pas. Quand d’autres victimes apparaissent la cité commence à crier vengeance, d’autant que l’enquête de police piétine.

Tracy et son groupe sont sur la piste d’un gang de braqueurs qui semble prendre un plaisir pervers à tuer un maximum de flics à chaque opération. Le trio à la tête du gang est identifié mais demeure insaisissable.

Un trio pour lequel on se prendra vite d’empathie, JOB sait y faire pour que mêmes leurs défauts contribuent à rendre ses personnages plus attachants… plus humains, tout simplement.

Vous l’aurez compris, si l’auteur attache une grande importance à la psychologie de ses personnages, il n’en délaisse pas moins son intrigue (ses intrigues même, avant que les deux arcs narratifs ne se rejoignent). Une intrigue aussi musclée que rythmée qui mènera la vie dure à nos trois flics et mettra parfois vos nerfs à rude épreuves.

JOB fait mouche dès les premières pages de son roman, il impose d’entrée de jeu une ambiance aussi sombre que tendue, tension qui ne baissera pas d’un cran (au contraire) jusqu’au dénouement. Et quel dénouement !

La narration est très visuelle, à ce titre vous pouvez vous attendre à en prendre plein les mirettes. Gaffe aux giclées de sang, viscères et autres joyeusetés. Même au cœur de l’action la plus débridée, l’intrigue reste profondément ancrée dans la réalité. Une réalité que certains espèrent ne pas voir en optant pour la politique de l’autruche. Pour ma part j’espère, ne serait-ce que par respect pour l’animal, que ces chiens de combat 2.0 sont le fruit de l’imagination de l’auteur…

Une fois de plus JOB nous livre un page-turner impossible à lâcher, une fois de plus on en prend plein la gueule et on en redemande.

L’ultime chapitre nous réserve quelques surprises en forme de clins d’œil et caméos, avec notamment une brève apparition de Lise Lartéguy. De là à penser que certains personnages pourraient être de retour dans un second opus, il n’y a qu’un pas. Si ça ne tenait qu’à moi je le franchirais volontiers (il y a matière à une suite), mais c’est bien entendu JOB qui aura le dernier mot sur ce point.

MON VERDICT
Coup de poing

[BOUQUINS] Jacques-Olivier Bosco – Coupable

AU MENU DU JOUR

JOB - Coupable

Titre : Coupable
Série : Lise Lartéguy – Tome 2
Auteur : Jacques-Olivier Bosco
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2018
Origine : France
400 pages

De quoi ça cause ?

Quand Pierre Boifeuras, le chef de la PJ, mais aussi le parrain et protecteur de Lise Lartéguy, est sauvagement assassiné, la jeune femme Este dévastée. D’autant que certains indices lui laissent penser qu’elle pourrait être impliquée dans ce crime ; sauf qu’elle n’a que de très vagues souvenirs de la nuit précédente. Une nuit au cours de laquelle elle a laissé libre cours à la Bête qui sommeille en elle…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’avais beaucoup aimé Brutale, la première enquête de Lise Lartéguy. Il me tardait de retrouver cette fliquette borderline et d’en apprendre davantage sur elle.

Parce que c’est La Bête Noire et que je commence à avoir un sacré retard dans l’exploration de leur catalogue.

Ma chronique

J’ai découvert le personnage de Lise Lartéguy l’année dernière avec le précédent roman de Jacques-Olivier Bosco (aka JOB), Brutale ; une entrée sur la scène littéraire policière plutôt fracassante, mais j’ai été séduit par cette nana hors norme. J’avoue que j’ai un faible pour les flics borderline, et Lise Lartéguy ne se contente pas de flirter avec la ligne jaune, elle la piétine allègrement !

Afin de laisser libre cours à ses bouffées de violence en épargnant, autant que possible, les innocents, Lise Lartèguy s’efforce d’appliquer La Méthode que lui a inculquée son père ; sur le principe c’est on ne peut plus simple :

« Le bien, on n’y touche pas. Le mal, on peut. Le mal, on le combat.
Les gens comme nous sont des gens bien. Tu souffres, tu as besoin de faire le mal, de transmettre ta souffrance.
Le mal doit combattre le mal. »

Sauf que cette chère Lise aimerait bien faire taire la Bête qui est en elle, plus facile à dire qu’à faire, surtout quand son passé refait surface.

Le bouquin alterne justement entre l’intrigue actuelle et les flashbacks qui permettent de découvrir aussi bien le passé de Lise que celui de son père et de son parrain. On comprend mieux (sans pour autant tout pardonner) les excès de Lise, et du coup le personnage gagne en profondeur (profondeur qui faisait parfois défaut dans Brutale) et notre empathie pour elle ne peut que se renforcer au fil des pages.

JOB apporte beaucoup de soins à ses personnages… même s’il n’hésite pas à les malmener. Outre une (encore plus) forte sympathie pour Lise, j’avoue aussi avoir eu un faible pour le personnage de Linda malgré ses travers.
L’intrigue policière est elle aussi soignée et rondement menée ; à ce titre j’ai été scié en découvrant la vérité sur la mort de Boisfeuras. Encore un petit bémol (je n’irai pas jusqu’à employer le mot défaut) de Brutale corrigé dans ce second opus, à croire que les enquêtes de Lise Lartéguy sont comme le bon vin et se bonifient avec le temps.

Il faut dire qu’en plus de son enquête, Lise va devoir faire face à l’acharnement du substitut du procureur Martignon qui semble très près de découvrir son terrible secret et ainsi briser sa carrière. Celui-ci trouvera d’ailleurs un allié inattendu en la personne d’Eric Boisfeuras, le fils de Pierre.

Enfin la plume incisive et percutante de l’auteur, associée à des chapitres courts, assure une lecture d’une grande fluidité. Difficile de lâcher ce bouquin une fois qu’il vous aura pris dans ses mailles.

Faut-il avoir lu Brutale avant de se lancer dans Coupable ? Je serai tenté de répondre oui même si cela n’est pas franchement impératif, ne serait-ce que pour suivre l’évolution de Lise Lartéguy et garder intacte l’intrigue du précédent roman.

En refermant le roman, j’ai eu un petit pincement au cœur à l’idée de ne peut-être plus croiser la route de Lise Lartéguy ; j’espère me tromper sur ce point, seul JOB serait en mesure d’apporter une réponse claire à ce questionnement.

MON VERDICT
Coup double