[BOUQUINS] Jean-Christophe Grangé – Les Promises

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Titre : Les Promises
Auteur : Jean-Christophe Grangé
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2021
Origine : France
656 pages

De quoi ça cause ?

Berlin 1939. L’Allemagne nazie est aux portes de la guerre, c’est dans ce contexte qu’un mystérieux tueur en série choisit ses victimes parmi les épouses de dignitaires du régime.

Avant que l’affaire ne s’ébruite, la Gestapo charge l’officier SS Franz Beewen de résoudre cette affaire aussi discrètement que rapidement. L’enquête piétinant Beewen va solliciter – à contrecœur – l’aide de Simon Kraus, un psychiatre qui suivait les victimes et de Minna von Hassel, directrice de l’asile d’aliénés dans lequel son père est suivi.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Jean-Christophe Grangé, un auteur (peut-être même le seul) que je suis depuis ses débuts et dont je n’ai raté aucun titre. Non seulement il s’écarte de la série TV Les Rivières Pourpres (les deux précédents romans étant l’adaptation littéraire des deux premières saisons de la série), mais en plus il s’aventure, pour la première fois, dans le thriller sur fond historique.

Ma Chronique

En découvrant le pitch de son dernier roman, Les Promises, j’ai été agréablement surpris de constater que Jean-Christophe Grangé s’écartait de la série TV Les Rivières Pourpres (série dont il est le scénariste). Même si j’ai bien aimé ses deux précédents romans, inspirés respectivement de la première et de la seconde saison de la série TV, je n’ai pu m’empêcher de penser qu’il jouait la carte de la facilité en développant de façon plus littéraire un scénario déjà écrit.

La seconde surprise vient du fait que malgré une carrière littéraire bien garnie (15 romans publiés entre 1994 et 2020), l’auteur est encore capable de surprendre ses lecteurs en s’aventurant sur des sentiers qu’il n’avait jamais explorés par le passé. En effet ce seizième roman s’inscrit clairement comme un thriller historique en se plaçant dans l’Allemagne nazie aux portes de la Seconde Guerre mondiale.

Certains de ses romans antérieurs étaient fortement empreints d’événements historiques survenus antérieurement à l’intrigue, mais ladite intrigue restait contemporaine. Dans Les Promises l’auteur place ses personnages au cœur d’un passé aussi trouble qu’obscur.

Le choix peut surprendre, mais Jean-Christophe Grangé l’explique en l’inscrivant comme une évidence dans son parcours littéraire. En effet l’auteur explique avoir exploré les différentes facettes du mal tout au long de son œuvre, il lui semblait donc impossible de faire l’impasse sur le nazisme qui est quand même le pire du pire dans le genre.

Jusqu’au-boutiste et perfectionniste, on devine que l’auteur a dû se livrer à un énorme travail de documentation afin de restituer le Berlin de 1939 et la vie des berlinois(es) totalement réaliste. Sans être un spécialiste (loin s’en faut) j’ai été en totale immersion dans ce contexte très particulier où le contraste entre les petits protégés du Reich et ses ennemis (avérés ou supposés) est aussi saisissant que glaçant.

Rien de nouveau sous le soleil noir du Reich me direz-vous, en effet l’auteur n’invente rien en prenant la Seconde Guerre mondiale comme cadre de son intrigue, même le point de vue allemand a été lu et relu, mais Jean-Christophe Grangé nous propose de suivre l’affaire d’un point de vue militaire, mais aussi civil.

Le point de vue militaire est assuré par Franz Beewen, un officier SS travaillant à la Gestapo qui attend la guerre avec impatience afin de pouvoir monter au front et se frotter aux Français. Pas franchement le profil type du gendre idéal !

Dépassé par les événements il va devoir, à contrecœur, s’associer avec deux psychiatres (une profession qui n’est pas vraiment en odeur de sainteté sous la bannière du Reich).

Simon Kraus connaissait les victimes qu’il suivait en thérapie ; un type égocentrique et opportuniste, complexé par sa petite taille qui couche avec ses patientes et accessoirement les fait chanter.

La moins pire du trio est Minna von Hassel, elle dirige un asile d’aliénés dans lequel le père de Franz est interné ; son pêché mignon est un net penchant pour les substances illicites. Issue d’une famille de la haute société, elle vomit le régime nazi sans toutefois chercher à le combattre.

Un trio qui n’est pas vraiment à même d’attirer l’empathie du lecteur, l’auteur saura malgré tout y faire pour nous les rendre attachants (à défaut d’être sympathiques). Trois enquêteurs qui n’en sont pas vraiment et qui vont devoir faire abstraction de leurs antagonismes et apprendre à travailler ensemble.

Niveau intrigue, Jean-Christophe Grangé nous livre un sans-faute maîtrisé de la première à la dernière page. Comme dans tout thriller réussi on a le droit aux fausses pistes et à des rebondissements plus ou moins imprévisibles.

Comme à son habitude l’auteur ne ménage pas ses efforts quand il s’agit de faire mourir ses personnages, et vous vous doutez bien qu’ils ne meurent pas paisiblement pendant leur sommeil. Toutefois il n’y a aucune surenchère gore ou trash, les victimes et les sévices qu’elles ont subis sont là pour servir l’intrigue.

Pour une première incursion dans le thriller historique, Grangé nous offre un grand cru et ajoute une corde à son arc (déjà bien – voire très bien – chargé).

Une petite précision pour clore cette chronique. S’il m’a fallu pas loin de trois semaines pour boucler la lecture du bouquin ce n’est pas sa qualité qui est à remettre en cause mais bel et bien mes disponibilités. Entre un emploi du temps professionnel particulièrement chargé et une période de confinement, les facteurs extérieurs se sont accumulés contre mon temps de lecture.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Jean-Christophe Grangé – Le Jour Des Cendres

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J.C. Grangé - Le Jour Des Cendres

Titre : Le Jour Des Cendres
Série : Les Rivières Pourpres – Livre 3
Auteur : Jean-Christophe Grangé
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2020
Origine : France
368 pages

De quoi ça cause ?

Pour enquêter sur la découverte du corps d’un « Émissaire » d’une communauté anabaptiste en Alsace, le commandant Niemans a décidé d’envoyer son adjointe, Ivana Bogdanovic, rejoindre incognito le groupe de vendangeurs saisonniers qui œuvrent pour la communauté.

De son côté Niemans découvre que de nombreux aspects de l’enquête ont été plus ou moins sciemment négligés, voire bâclés. Il n’en faut pas davantage pour le convaincre que les anabaptistes cachent de sombres secrets…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Jean-Christophe Grangé et l’occasion de retrouver le duo d’enquêteurs constitué de Pierre Niemans et Ivana Bogdanovic, déjà vus à l’œuvre dans le précédent opus, La Dernière Chasse.

Ma Chronique

Avec ce roman Jean-Christophe Grangé nous offre incontestablement un thriller qu’il mène à la baguette et j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver les personnages de Niemans et Ivana ; mais – parce qu’il y a un mais – je n’ai pu me défaire de l’idée que l’auteur assure le minimum syndical ou joue avant tout la carte marketing.

Je m’explique. Comme pour son roman précédent, La Dernière Chasse, le présent opus est la novélisation d’une enquête déjà présentée dans le cadre de la série TV Les Rivières Pourpres (les épisodes 3 et 4 pour être précis). Sachant que ladite série compte, dans sa première saison, encore deux enquêtes (chacune faisant l’objet de deux épisodes), je me demande si Jean-Christophe Grangé va se contenter de les novéliser pour ses prochains romans… Sans compter que la série compte d’ores et déjà une seconde saison complète (quatre enquêtes réparties sur huit épisodes) et qu’une troisième saison est sur les rails…

Quand on sait de quoi est capable l’auteur quand il est au meilleur de sa forme, je trouve dommage qu’il se cantonne à un simple exercice de novélisation. Je suis intimement convaincu qu’il peut nous proposer une intrigue explosive 100% originale qui n’aurait pas un parfum de réchauffé (même si je n’ai pas encore eu l’occasion de voir ladite série).

Hormis ce léger bémol (qui tient plus du ressenti que d’une quelconque réalité constatée), l’intrigue du présent roman tient parfaitement la route et vous réservera quelques belles surprises et rebondissements inattendus (la révélation finale est plutôt glaçante en soi… j’espère sincèrement qu’elle est 100% issue de l’imagination de l’auteur).

On devine, à la lecture du roman, que, fidèle à son habitude, l’auteur s’est richement documenté sur les thèmes qu’il aborde. Le principal ici étant les traditions, les pratiques et l’histoire des anabaptistes (une branche « alternative » de la religion chrétienne dont les représentants les plus connus sont les amish).

Dans le même ordre d’idée – et sans grande surprise – le duo Niemans / Ivana fonctionne à merveille. Même si au cours de la présente enquête, ils seront le plus souvent séparés, chacun ayant un rôle précis à tenir dans le déroulé de l’enquête.

Les autres personnages sont traités avec le même soin, chacun bénéficiait d’une personnalité et d’un cadre qui lui est propre. Au niveau de Niemans c’est surtout le capitaine de gendarmerie Stéphane Desnos qui va faire les frais de son caractère plutôt affirmé et de ses méthodes pas toujours conventionnelle. Mais elle (oui, Stéphane Desnos est une femme) saura s’adapter et s’affirmer face à un interlocuteur pas toujours facile à cerner.

Si vous me lisez depuis déjà quelques temps vous aurez certainement que j’ai une certaine aversion pour tout ce qui a trait à la religion. Même sans vraiment connaître leur interprétation de la foi chrétienne, les anabaptistes ne m’inspirent pas davantage confiance que les autres courants religieux. Je serai presque tenté de dire que ce serait même plutôt l’effet inverse : plus le type proclame que sa pratique de la foi est « pure », plus j’aurai tendance à me méfier de lui.

Même s’il est vrai que j’aimerai que pour son prochain roman Jean-Christophe Grangé s’écarte de son duo Niemans / Ivana et de la série TV Les Rivières Pourpres, je sais d’ores et déjà que je répondrai présent quel que soit son choix.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Jean-Christophe Grangé – La Dernière Chasse

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J.C. Grangé - La Dernière Chasse
Titre : La Dernière Chasse
Auteur : Jean-Christophe Grangé
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2019
Origine : France
416 pages

De quoi ça cause ?

Quand Jürgen von Geyersberg, héritier d’un empire industriel allemand, est retrouvé mort dans une forêt alsacienne, le commissaire Pierre Niemans et le lieutenant Ivana Bodnanovic sont envoyés en renfort auprès des enquêteurs allemands.

Rapidement les enquêteurs découvrent que la mise à mort de Jürgen est la copie conforme d’une méthode très prisée par les chasseurs. La famille Geyersberg est justement réputée pour ses chasses, Niemans et Bodnanovic vont enquêter au cœur de l’empire Geyersberg, n’en déplaise à leurs homologues allemands…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Jean-Christophe Grangé (JCG pour les habitués), un des rares auteurs reconnus (14 romans parus depuis 1994) dont je peux affirmer, non sans une certaine fierté, avoir lu tous les bouquins. Il y a du bon (du très bon même parfois) et du moins bon, mais jamais de réelle déception.

Son roman Les Rivières Pourpres (1998) a pour moi une saveur particulière, c’est en effet avec ce titre que j’ai découvert l’auteur (j’ai lu sur la lancée son premier roman, Le Vol Des Cigognes). Retrouver, contre toute attente, le personnage de Pierre Niemans est une agréable surprise.

Ma Chronique

Le roman Les Rivières Pourpres a été adapté au cinéma par Mathieu Kassovitz en 2000, avec Jean Reno dans le rôle de Niemans. En 2018, Pierre Niemans revient à l’écran sous les traits d’Olivier Marchal dans une série TV de 8 épisodes ; La Dernière Chasse est la version romancée des deux premiers épisodes de ladite série.

Pierre Niemans est le flic tourmenté par excellence, un enquêteur aussi efficace qu’incontrôlable, il traque impitoyablement les criminels les plus abjects, quitte à faire abstraction des procédures et règlements. Sa douloureuse expérience dans les Alpes (cf Les Rivières Pourpres) ne l’a pas assagi, loin s’en faut. Mais incontestablement cette enquête l’a marqué, physiquement et psychologiquement, de façon indélébile.

Pour contrebalancer un tel tempérament, l’auteur aurait pu lui adjoindre un flic droit dans ses bottes, respectueux des procédures et tutti quanti. Eh bin non ! Si Ivana Bogdanovic est plus modérée dans ses réactions, elle doit aussi composer avec ses propres démons et un passé houleux.

Un duo qui fonctionne parfaitement, chacun respectant et complétant l’autre ; ce qui n’empêchera pas, parfois, leur relation de faire quelques étincelles, voire de devenir franchement explosive.

Une fine équipe qui n’en finira pas de donner des cheveux blancs à Kleinert, le responsable de l’enquête du côté allemand. Un flic rigoureux et procédurier chargé de superviser et chapeauter ces deux électrons libres français.

Les enquêteurs vont devoir fouiller dans les secrets de la dynastie Geyersberg, des aristocrates qui règnent sans partage sur cette région de la Forêt-Noire depuis la nuit des temps. Conscients de leur poids économique pour la région, voire le pays, ils ne semblent craindre rien ni personne ; surtout pas la justice des roturiers.

Au fil de leur enquête, les trois flics vont devoir se transformer en chasseurs s’ils ne veulent pas devenir des proies. D’autant que face à eux, d’autres chasseurs, sombres réminiscences de l’Allemagne nazie, ne connaissent aucune limite.

Une intrigue rondement menée mais sans grande surprise au final (ce qui n’empêche pas quelques revirements inattendus). Sans doute pas le meilleur de JCG mais ça reste un bon cru. Et surtout un Grangé moyen reste un très bon thriller.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Jean-Christophe Grangé – La Terre Des Morts

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JC Grangé - Le Terre des Morts

Titre : La Terre Des Morts
Auteur : Jean-Christophe Grangé
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2018
Origine : France
560 pages

De quoi ça cause ?

Quand le commandant Corso hérite de l’enquête sur la mort d’une strip-teaseuse, il est loin d’imaginer à quel point l’affaire est complexe. D’autant qu’un second corps est retrouvé, une autre strip-teaseuse, tuée selon le même mode opératoire aussi sordide que sophistiqué. Et toujours pas l’ombre d’un indice, et encore moins d’un suspect…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Jean-Christophe Grangé, je lui suis fidèle depuis toujours et compte bien le rester. Même si ces romans ne sont pas tous au top, je n’en ai refermé aucun totalement déçu.

Ces derniers temps JCG semble avoir retrouvé la niaque, je suis donc confiant…

Ma chronique

Le chiffre 13 porterait-il bonheur à Jean-Christophe Grangé ? Une chose est certaine, son dernier roman, le treizième, vous l’aurez compris, est une totale réussite. L’auteur nous offre un thriller d’une redoutable efficacité, bourré de revirements de situation totalement inattendus, et hautement addictif.

Si vous êtes un habitué de l’auteur, vous aurez sans doute remarqué qu’il est particulièrement à l’aise avec des personnages complexes et torturés. Stéphane Corso ne fait pas exception à la règle, certes un flic brillant, mais souvent borderline, un chef respecté par son équipe (et quelle équipe !), mais pas franchement sociable, ni empathique, mais aussi un père aimant en plein divorce pour le moins tumultueux qui doit se battre pour pouvoir garder son fils.

En face de lui, son suspect, Philippe Sobieski, assassin et pervers sexuel devenu peintre de renom à sa sortie de prison. Si le gars semble cumuler tous les vices possibles et imaginables, il est aussi redoutablement intelligent. Coupable ou innocent ? Pour Corso ça ne fait aucun doute, coupable !

Si le récit est à la troisième personne, on suit l’affaire à travers le personnage de Corso, son point de vue, ses doutes, ses questionnements. Et du coup nous aussi, lecteurs, nous mettons à douter et à se poser des questions. Doutes et questions qui ne nous lâcheront pas avant le clap de fin. Et quelle fin !

Une intrigue qui va nous entrainer dans les travers les plus sombres de l’âme humaine et de la sexualité la plus crasse. SM, bondage, shibari (l’art de nouer les cordes au Japon), gonzo porn… C’est cru, brut de décoffrage, trash et violent, âmes sensibles s’abstenir !

Même si le contexte peut sembler dérangeant, n’allez surtout pas croire que JCG joue la carte de la surenchère dans la violence et le trash, ce n’est là qu’une infime facette de l’intrigue. C’est surtout la confrontation entre Corso et Sobieski qui fait la force de ce roman.

Les chapitres sont cours, l’écriture incisive, tout est fait pour nous plonger au coeur de l’intrigue et surtout nous rendre accro. Et ça fonctionne ! Impossible de lâcher le bouquin une fois qu’il vous aura pris dans ses mailles.

Autre marque de fabrique de JCG : le gros travail de documentation préalable que ‘on devine à la lecture du roman. J’aime bien fouiner de mon côté sur Internet, non pour vérifier les sources de l’auteur, mais pour avoir une idée plus précise de l’objet de ma convoitise. En l’occurrence je ne comprenais pas pourquoi je faisais systématiquement chou blanc, quelle que soit la source sollicitée, lors de mes recherches sur un des éléments clé de l’intrigue… maintenant je sais !

MON VERDICT

[BOUQUINS] Jean-Christophe Grangé – Congo Requiem

JC Grangé - Congo RequiemEnfin le voilà ! Qui ça ? Non, plutôt, quoi ça ? Le dernier Jean-Christophe Grangé, Congo Requiem, la suite de Lontano et des aventures tumultueuses du clan Morvan.
Grégoire et Erwan sont tous les deux au Congo, direction Lontano. Erwan, pour enquêter sur l’Homme-Clou et percer les secrets du patriarche. Grégoire, pour s’assurer du bon fonctionnement de ses gisements et garder un oeil sur son fils trop curieux à son goût. A Paris, Gaëlle découvre des éléments pour le moins troublants relatifs à son psy, Eric Katz. De son côté Loïc signe une trêve avec son ex, Sofia, le temps des funérailles du père de cette dernière, assassiné à la sauce africaine.
Congo Requiem c’est un peu un distributeur de claques. Au fil des chapitres, des révélations et des rebondissements vous allez en prendre plein la gueule. Au fur et à mesure que les secrets de Grégoire Morvan feront surface vous serez amené à réviser votre jugement sur le personnage. Certes ce n’est pas un saint, mais l’on découvrira peu à peu le pourquoi du comment de son comportement. Et là encore attendez vous à de belles et puissantes claques dans la tronche.
Au départ l’intrigue se divise en trois, voire quatre (si l’on distincte les parcours de Grégoire et d’Erwan), pistes distinctes. On se doute bien qu’il y a un lien, l’Homme-Clou, mais difficile d’imaginer comment tout cela va finir par s’imbriquer. Il faut dire que jusqu’à la fin du bouquin l’auteur prend un malin plaisir à embrouiller les pistes, effaçant nos certitudes, soulevant de nouveaux questionnements… et quand un début de réponse apparaît, un nouvel élément vient semer le doute. Même quand les différentes lignes d’enquêtes finissent par s’imbriquer, le doute reste entier ; et ça n’en finit pas de rebondir, encore et encore. Sadique mais tellement jouissif !
Les personnages de Gaëlle et de Loïc, jusque là confinés à des rôles secondaires s’étoffent et occupent même le devant de la scène, menant chacun leur propre enquête. Et Maggie dans tout ça ? Même si elle reste en arrière plan attendez vous quand même à un choc la concernant.
Fidèle à ses habitudes JC Grangé aborde de nombreux thèmes dans son roman, on sent bien qu’il a longuement potassé ses sujets, mais les explications scientifiques ou techniques s’intégrent tout naturellement au récit, sans jamais nuire au rythme. Et niveau rythme vous serez aux commandes d’une Lamborghini lancée à plein régime.
Il y a de nombreux aspects du bouquin que j’aimerai aborder dans cette chronique mais impossible sans prendre le risque de trop en dire… et ce serait vraiment dommage de gâcher l’effet de surprise. Alors plutôt que de risquer le spoiler, je préfère opter pour la chronique frustrante qui n’en dit pas assez.
Ayant crédité Lontano de 4 Jack je ne peux qu’en accorder 5 à Congo Requiem, avec un coup double en option : coup de coeur / coup de poing.

MON VERDICT
jd5Coup double

[BOUQUINS] Jean-Christophe Grangé – Lontano

JC Grangé - LontanoFichtre diantre, en voilà un qui a su se faire attendre ! Depuis Kaïken, sorti en 2012, c’était silence radio sur les ondes de Jean-Christophe Grangé. Autant dire que quand j’ai vu qu’il sortait un nouveau roman je me suis rué dessus. Il m’aura donc fallu le temps d’un weekend (pas à temps plein… j’ai aussi une vie à côté des livres) pour lire Lontano.
Erwan Morvan, commandant d’un groupe de la Crim’ au 36, est envoyè par son père, Grégoire, homme de l’ombre du ministère de l’Intérieur, sur une base aéronavale bretonne afin d’enquêter sur un bizutage qui aurait mal tourné. Erwan va rapidement se rendre compte que les apparences sont trompeuses, l’accident supposé s’avérera être un meurtre. Qui plus est le tueur pourrait bien constituer une menace directe pour le clan Morvan…
Commençons par répondre à la question qui taraude les fans de l’auteur : est-ce que ça valait le coup de poireauter 3 ans pour découvrir Lontano ? Sans hésitation ma réponse est un oui franc et massif, Kaïken m’avait rassuré quant au retour gagnant de Jean-Christophe Grangé, Lontano confirme et va même encore plus avant dans le thriller impeccablement maîtrisé.
Avant de vous parler de l’intrigue il me semble essentiel de vous parler des personnages et plus particulièrement du clan Morvan. L’auteur tisse tout son roman autour de cette famille pleine de secrets et de non dits.
Une famille dominée par le patriarche, Grégoire, flic puis barbouze, il n’a jamais vraiment décroché, agissant toujours dans l’ombre plus ou moins directement pour le compte des gouvernants (et pour le sien aussi au besoin). Un homme dur, au passé trouble et au présent pas très clair. Un mari violent et un père absent, craint par ses enfants. Malgré les coups et les brimades qu’il lui inflige, il pourra compter sur le soutien indéfectible de Maggie, son épouse, femme effacée, complice peut être pas aussi soumise qu’il n’y parait.
Le couple a trois enfants. Erwan, l’aîné, commandant à la BC du 36, marche dans les pas du paternel mais en empruntant moins de chemins de traverse. Eternel protecteur des deux plus jeunes face aux coups de colère du Vieux. Le second, Loïc, est un trader qui a réussi sa vie professionnelle mais complètement foiré sa vie privée à force de se poudrer les narines. Et Gaëlle, la cadette, qui rêve de devenir actrice mais fait plus office d’escort qu’autre chose.
Voilà pour le charmant portrait de famille. L’intrigue va justement ramener le Patriarche 40 ans en arrière. Lors d’une mission en Afrique, au terme d’une longue et éprouvante traque, il a neutralisé l’Homme-aux-Clous, un tueur en série qui s’inspirait des croyances locales pour sacrifier ses victimes. Aujourd’hui c’est au tour d’Erwan de traquer un tueur qui semble s’inspirer du même mode opératoire pour mutiler ses proies.
Comme à l’accoutumée l’auteur nous propose une intrigue richement documentée et particulièrement soignée. 800 pages durant on se fait balader de surprises en rebondissements, bien malin celui ou celle qui devinera le fin mot de l’histoire avant le clap de fin.
Clap de fin ? En fait non pas vraiment, pour la première fois l’auteur nous propose un récit divisé en deux parties. La suite étant annoncée pour le premier trimestre 2016. Je tiens toutefois à vous rassurer, l’intrigue abordée ici connaît sa conclusion ; c’est juste que le clan Morvan n’a pas encore livré tous ses sombres secrets…
Private joke pour terminer cette chronique, je vous livre les premières phrases du premier chapitre en guise de mise en bouche : « Hollande est un connard, une fiotte, une couille molle ! clamait Morvan. Bon dieu, mais quand est-ce qu’un président aura des burnes dans ce pays ? (…) Il a jamais été foutu de faire tourner le PS et on lui donne les clés du pays ? On s’attendait à quoi ? Les Français sont des sales cons, et en un sens, ils ont ce qu’ils méritent ! » Ce n’est pas moi que le dit… mais je n’en pense pas moins !

MON VERDICT
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