[BOUQUINS] Jac Barron – Addictions

J. Barron - AddictionsAh bin voilà un titre qui aura su faire attendre, désirer même. Annoncé depuis 2013 la sortie d’Addictions de Jac Barron a été maintes fois repoussée, on en arrivait presque à se demander si on ne courrait pas après une chimère. Heureusement la persévérance de Jac Barron a fini par payer, le roman a enfin pu voir le jour chez NumerikLivres et nous avons enfin pu satisfaire notre curiosité mise à rude épreuve.
Paris. Les cadavres se multiplient, chaque fois le meurtre semble repousser encore plus loin les limites de l’ignominie. Le préfet de police confie l’enquête aux commissaires Dylan Loiseau et Salim Alaoui, jusqu’alors cantonnés aux cold cases. Un unique point commun semble relier les différentes scènes de crimes : la présence d’un ou plusieurs frelons près des corps…
Sans entrer dans les détails (que je ne connais d’ailleurs pas forcément) je voudrai tout de même signaler que le parcours que Jac Barron a dû affronter pour nous faire partager son travail tient davantage du parcours du combattant que de la promenade de santé. Heureusement sa collaboration avec NumerikLivres semble lui ouvrir un horizon nettement plus dégagé.
Un parcours chaotique qui fait que l’auteur n’a sans doute pas encore acquis toute la notoriété qu’il mérite. Nul doute que Addictions devrait lui ouvrir une voie royale en ce sens. Tendance qui devrait se confirmer avec la prochaine réédition des deux premiers opus de la Trilogie des Pulsions, et la joie de découvrir prochainement sa conclusion (avec Impulsions, l’ultime volet). Pour ma part j’ai été totalement accro dès la lecture de Cicatrices, même si l’aspect fantastique apparu dans Plasma m’a un peu dérouté, pas que je sois fermé au mélange des genres (loin s’en faut) mais plutôt du fait de l’impression de rupture des genres entre le premier et le second opus de la trilogie… Mais revenons à nos moutons et plus exactement à Addictions.
Les lecteurs de ses précédents romans ne seront pas surpris de retrouver la griffe Jac Barron dans la trame narrative et le style. L’auteur qualifie ses romans de thrillers psychiques, un terme parfaitement adapté au contenu. Chaque chapitre nous fait vivre l’intrigue via le regard, le vécu et le ressenti d’un des protagonistes. Au fil des chapitres on alterne entre les points de vue, du coup on vit une intrigue à plusieurs dimensions et surtout en totale immersion dans l’esprit des personnages. On est à la limite du viol psychique tant on se sent proche des personnages.
Niveau style Jac Barron nous offre du brut de décoffrage, pas de fioritures inutiles, c’est le rythme qui prime. Parfois cru mais jamais gratuitement vulgaire. Il faut dire que l’intrigue ne ressemble pas vraiment à un épisode des Bisounours ou de Oui-Oui. Là encore on est dans le brut de décoffrage, cash et trash (âmes sensibles s’abstenir) mais au service d’un scénario qui tient globalement bien la route.
Au niveau de la galerie de portraits vous allez être gâté. Chaque personnage dispose de sa propre personnalité, traitée en profondeur sans une once de manichéisme. Vous n’avez pas fini de vous poser des questions sur tel ou tel personnage, avant de revenir sur vos certitudes, puis de douter à nouveau. Une chose est sûre, Jac Barron ne ménage pas ses personnages et s’ils doivent passer de vie à trépas ils ne le feront pas tranquillement pendant leur sommeil.
Questionnements, certitudes et doutes qui vous accompagneront aussi tout au long de l’intrigue. Et s’il y a bien un point sur laquelle je n’ai aucun doute, c’est que Jac Barron saura vous surprendre plus d’une fois. Là encore il faut vous attendre à du lourd, dans tous les sens du terme, au propre comme au figuré.
Bref Addictions mérite largement son titre, il aura été pour moi hautement addictif. Toutefois le roman rate d’un chouïa le 5/5 et le coup de coeur. J’ai en effet trouvé la partie dans laquelle Dylan et son équipe sont dans la péniche un tantinet too much dans la surenchère. Ce petit bémol n’aura pas suffit à gâcher mon plaisir, j’ai me suis vraiment éclaté avec Addictions, j’aime que l’on joue avec mes nerfs et que l’on mette mon palpitant à rude épreuve.
Avec cette chronique je n’espère pas convaincre les lecteurs qui connaissent et apprécient déjà Jac Barron, ceux là ne pourront qu’être de nouveau sous le charme. J’espère surtout avoir réussi à donner envie à ceux et celles qui ne connaissent pas encore l’auteur de se plonger dans ce bouquin. Si vous aimez les thrillers, foncez ! Vous ne le regretterez pas. Ce mec est complètement ouf mais qu’est-ce que c’est bon !!!
Je me fais peut être des illusions mais la fin laisse envisager une possible rencontre entre les personnages des Pulsions et ceux d’Addictions ; mais ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus !

MON VERDICT
jd4dCoup de poing

[BOUQUINS] Jac Barron – Plasma

J. Barron - PlasmaJe continue à épurer les « séries » que j’ai commencé (et y’a du boulot vous pouvez me croire), retour au thriller avec Plasma, le second opus de La Trilogie Des Pulsions de Jac Barron.
Après une série de cinq crimes aussi atroces qu’inexpliqués dans la même journée à Paris, les inspecteurs Lisa Gaspini et Richard Norias, chargés de l’enquête, se font assister par Marc Dru afin d’obtenir un regard nouveau sur l’affaire. Rapidement Franck Marshall et Serge Miller vont, eux aussi, se retrouver impliqués dans l’enquête. Les trois hommes ne sont pas encore totalement remis de leur expérience commune face au « Prédateur », cette affaire mettra, une fois encore, leurs nerfs à rude épreuve…
Comme dans le premier opus, Les Cicatrices, on retrouve le même style qui ne s’encombre pas de bla-bla superflu pour nous plonger au coeur de l’intrigue. C’est du brut de décoffrage, trash certes mais pas gratuit, on a véritablement en main un thriller aussi percutant que passionnant. Les habitués retrouveront le même genre de découpage, chaque chapitre propose de voir la scène à travers les yeux d’un des personnages, outre nos trois « habitués », Marc Dru (le psy), Frank Marshall (le profiler) et Serge Miller (le flic), on aura aussi le droit aux points de vue de Lisa Gaspini et Richard Norias, sans oublier celui du tueur (Le Vétéran) ; et comme précédemment l’immersion dans la peau et l’esprit des personnages est complète.
Si l’intrigue n’est pas directement liée au précédent opus je vous recommande vivement de les lire dans l’ordre. Ce second tome apporte un regard nouveau (recul oblige) et complémentaire (les deux affaires cohabitent tout au long du roman) sur les faits décrits dans le précédent (entre les deux intrigues il s’est écoulé un peu moins d’un an), les personnages ont été fortement ébranlés par leur expérience commune (et chacun surmonte à sa façon le traumatisme) mais surtout, et ce serait de loin le plus regrettable, vous perdriez tout effet de surprise en lisant Les Cicatrices après celui-ci.
Je pense être quelqu’un de très ouvert en matière de paranormal, parapsychologie et tutti quanti, aussi un soupçon de ces petites choses dans un thriller ne me dérange pas mais là il y en a juste trop. Si j’étais plongé dans un thriller fantastique ça ne me dérangerait pas outre mesure, seulement voilà en ouvrant ce bouquin j’attendais un thriller fortement ancré dans le réel, comme son prédécesseur, ici la surenchère parapsychique nuit à l’ensemble plus qu’autre chose (c’est en tout cas mon opinion personnelle). Hormis ce petit bémol je tiens à préciser que vous aurez entre les mains un thriller aussi riche (et richement documenté) qu’efficace, rythmé et bourré de rebondissements, du haut de gamme ; disons qu’au lieu d’un brillant 10/10 je me contenterai de lui attribuer un 9 plus qu’honorable.
Il est indéniable que même l’intrigue globale est trop énorme pour que l’on y croie un seul instant mais malgré tout l’auteur parvient à nous faire entrer dans son jeu, du coup, bien sachant tout cela hautement improbable, on se laisse balader au fil des pages et plus on avance plus on brule d’impatience de connaître le fin mot de l’histoire.
Il semblerait que les bisbilles entre l’éditeur Transit et l’auteur se soient enfin réglées (l’éditeur a perdu les droits de la trilogie), Jac Barron travaille actuellement sur un tout autre roman, Addictions (à paraitre en novembre 2013) ; on peut donc légitimement espérer voir le troisième opus, Impulsions, courant 2014. Je suis curieux de savoir de quoi il sera question dans cet ultime opus, d’après le peu que j’ai pu lire çà et là il s’inscrirait vraiment dans la continuité des deux précédents tomes. Parmi le trio initial il en est qui ne seront forcément pas de la partie, tandis que certains personnages apparus dans Plasma joueront un rôle important dans ce volet final. L’attente sera d’autant plus longue que dans ses remerciements l’auteur promet de « passer à la vitesse supérieure » pour ce troisième opus…