[BOUQUINS] Jack Ketchum – Fils Unique

J. Ketchum - Fils UniqueJ’ai découvert Jack Ketchum avec le roman Une Fille Comme Les Autres qui s’inspirait d’un fait divers particulièrement sordide, une lecture éprouvante, voire dérangeante. Notre homme remet le couvert avec Fils Unique, lui aussi inspiré d’une histoire vraie bien vicelarde.
Lydia pense avoir enfin trouvé le bonheur. Son mari, Arthur, semble le meilleur des hommes. Leur jeune fils est merveilleux. Les années passant, la façade s’effrite, et son mari, sûr de sa toute-puissance, resserre son emprise sur sa famille. Prête à tous les sacrifices et même à se mettre en danger, Lydia fera tout pour tirer son fils de ses griffes. Mais Arthur n’est pas homme à renoncer à ce qui lui appartient…
L’auteur ne nous plonge pas directement au coeur de son intrigue, les premiers chapitres décrivent, en parallèle, les jeunes années de Lydia et Arthur, jusqu’à leur rencontre. Ce n’est qu’après la naissance de leur fils que la situation va commencer à se dégrader de plus en plus rapidement.
Quand il s’agit de nous plonger dans la violence ordinaire la plume de Jack Ketchum est toujours aussi efficace et percutante, ne perdons jamais de vue qu’il s’agit à la base d’une histoire vraie, c’est qui renforce l’horreur de la situation. On s’enfonce crescendo dans le sordide et la violence. L’auteur ne fait pas dans la dentelle ni dans la langue de bois, il expose les faits bruts de décoffrage sans chercher à ménager ses lecteurs mais sans non plus faire dans la démesure.
Ici il n’y a pas lieu de se poser la question de savoir qui est du bon côté de la barrière ou pas, Arthur n’a aucune excuse pouvant justifier ses agissements contre sa femme et contre son fils. Le reste c’est le combat d’une mère pour sauver sa propre peau et celle de son fils. D’abord un combat juridique, mais même si la justice devait les abandonner Lydia ne reculerait devant rien pour protéger son gamin. Difficile de trouver quoi que ce soit de rationnel, et plus encore de juste, dans les décisions de justice rendues tout au long de cette affaire ; la justice aveugle a merdé sur toute la ligne (je ne m’étendrai pas d’avantage sur la question afin de ne pas dévoiler trop d’éléments de l’intrigue, pourtant il y aurait bien à dire et à redire. Au lieu de ça je laisse à l’auteur le dernier mot sur la question : « Toute cette histoire m’a fichu en rogne. Et j’aime écrire sous l’effet de la colère« ).
Le bouquin est court mais intense, même globalement je l’ai trouvé moins éprouvant qu’Une Fille Comme Les Autres ça reste un livre à ne pas mettre entre toutes les mains. Encore une lecture dont on ne sort pas indemne… Par moment j’me demande si je ne suis pas maso.
Pour la petite histoire Jack Ketchum fait partie de ces rares auteurs que Stephen King encense (il le considère comme « le deuxième plus important écrivain américain vivant, derrière Cormac McCarthy » et comme « le type le plus effrayant vivant en Amérique« ), je ne sais pas pour vous mais perso ce genre de référence ça me parle. Le King a même écrit la préface d’Une Fille Comme Les Autres, dans Fils Unique il est cité dans les remerciements.
Merci aux éditions Bragelonne qui permettent aux lecteurs français de découvrir le talent de Jack Ketchum, même s’il nous a fallu patienter prés de 15 ans (Fils Unique est sorti en VO en 1995 et en VF en 2009) ; heureusement que ses récits sont intemporels.
J’ai d’ailleurs relevé quelques cafouillages au niveau de la date de publication. La page de copyright fait état d’une première publication en VO en 1985. Date qui semble d’entrée de jeu improbable puisque l’auteur situe l’action en 1995 et dans la postface dit avoir été inspiré par un documentaire diffusé en 1994 sur HBO, ledit doc relatait des faits datant de 1989. Sur le site de l’auteur la première publication est bien signalée en 1995. Enfin, sur Wikipedia, on trouve Only Child (le titre du bouquin au Royaume Uni) en 1985 et Strangehold (le premier titre US du bouquin) en 1995…

[BRD] The Impossible

The ImpossibleDécidément nous avons décidé de jouer la carte du mélange des genres pour notre programme ciné de cette fin d’année. Après la SF et le western place au drame avec The Impossible de Juan Antonio Bayona.
Décembre 2004. Henry (Ewan McGregor), Maria (Naomi Watts) et leur trois enfants décident de passer Noël en Thaïlande. Le voyage de rêve va se transformer en cauchemar le 26 décembre en fin de matinée, un tsunami gigantesque ravage les côtes thaïlandaises semant la mort et la destruction sur son passage. Le couple est séparé, Maria et Lucas (le fils aîné) d’un côté, Henry et les cadets d’un autre…
Le film s’inspire d’une histoire vraie, celle de Maria Belon, une espagnole, rescapée de la catastrophe, qui a collaboré étroitement au projet. Pour l’anecdote Maria Belon était fan de Naomi Watts, les deux femmes sont restées amies après le film.
A vrai dire cela fait déjà quelques temps que le Blu-ray traînait dans ma collection mais il ne m’inspirait pas plus que ça, finalement nous avons maté le film via Canal+. Soyez assuré que je ne lui consacre pas un post uniquement parce qu’il figure dans ma collection, ma motivation première est que j’ai été bluffé par le film.
Sans surprise Ewan McGregor et Naomi Watts incarnent à la perfection ce couple séparé par les éléments mais bien décidé à ne pas flancher, à survivre coûte que coûte et à se réunir leur famille. La véritable claque au niveau du casting vient de Tom Holland qui incarne Lucas, une prestation qui laisse sans voix. Je vous garanti un tourbillon (sans mauvais jeu de mots) d’émotions.
L’autre claque (et oui on en sort les joues en feu) vient du réalisme, notamment lors de la scène du tsunami, on est loin des films catastrophes qui cherchent à épater la galerie en rajoutant des tonnes de superflu, on se croirait vraiment face à un documentaire. L’équipe du film a exclu rapidement l’option numérique justement pour prioriser le réalisme ; un an de boulot pour une scène de 10 minutes mais franchement le résultat est bluffant.
Vous l’aurez compris j’ai été emballé, une preuve de plus qu’un budget « modeste » (30 millions de dollars) on peut tourner un film parfaitement maîtrisé et rentable (180 millions de dollars au box office mondial).
Pour rappel ce tsunami a fait plus de 232 000 morts, l’Indonésie a été le pays le plus touché (approximativement 167 800 morts), suivie par le Sri Lanka (21 400 morts), l’Inde (18 000 morts) et la Thaïlande (8 200 morts, dont plus de 2 400 étrangers).

[BRD] No Pain, No Gain

No Pain No GainEt hop encore un film qui j’écarte de mon prochain post groupé, il faut dire que ce No Pain, No Gain de Michael Bay, vaut son pesant de cacahuètes (ou de pop-corn comme vous préférez).
À Miami, Daniel Lugo (Mark Wahlberg), coach sportif, ferait n’importe quoi pour vivre le « rêve américain » et profiter, comme sa clientèle fortunée, de ce que la vie offre de meilleur : maisons de luxe, voitures de course et filles de rêve… Pour se donner toutes les chances d’y arriver, il dresse un plan simple et (presque) parfait : enlever un de ses plus riches clients (Tony Shalhoub ) et… lui voler sa vie. Il embarque avec lui deux complices, Paul Doyle (Dwayne Johnson) et Adrian Doorbal (Anthony Mackie), aussi influençables qu’ambitieux.
Aussi difficile à croire que cela puisse paraître après avoir vu le film, Michael Bay s’est inspiré d’un fait divers authentique (survenu en 1995 à Miami) pour nous offrir un show survitaminé mettant en scène un trio aussi bodybuildés-narcissiques que décérébrés. Dans le genre branquignoles il est difficile de faire pire que ces trois gugusses qui vont se laisser entrainer dans une histoire sur laquelle ils finiront par perdre tout contrôle, enchaînant les situations les plus improbables pour notre plus grand plaisir! Mais je crois que le plus épatant dans toute cette affaire reste la réaction de la police (à découvrir).
Impossible de vous dire du mal de ce film, tout est parfaitement maîtrisé, les acteurs sont bluffants (y compris Dwayne Johnson qui, pour une fois, abandonne son air de bovin constipé pour interpréter un « brave » couillon), l’intrigue est rondement menée, sans le moindre temps mort, même la bande son est accrocheuse. On a le droit à un cocktail d’humour (aussi bien dans les situations que dans les dialogues) et d’action mais aussi à plus que ça, c’est fait intelligemment (jusqu’où certains sont prêts à aller pour avoir leur part de « rêve américain » ?). Un pur régal à regarder !
Michael Bay nous avait plutôt habitué à blockbusters aux budgets faramineux (Pearl Harbour, la trilogie Transformers…), le moins qu’on puisse dire c’est qu’il prend un virage à 180° avec ce film. Pour ce film il a dû se « contenter » d’un budget de 26 millions de dollars, lui même ainsi que Mark Wahlberg et Dwayne Johnson ont renoncé à leur salaire pour opter à un pourcentage sur les recettes. Choix gagnant ou pas ? Il faut croire que oui puisque le box office US affiche déjà pas loin 50 millions de dollars (pas assez de recul pour avoir les chiffres à l’international).
Le film est sorti dernièrement en Métropole donc n’espèrez pas le voir en DVD/BRD avant quelques mois, à moins de vous laisser tenter par un doublage québécois ; c’est d’ailleurs cette version (téléchargée) que nous avons visionné, c’est toujours déconcertant d’entendre les noms propres prononcés à l’américaine alors que le reste de la phrase est en français… Il n’est pas exclu que je m’offre le blu-ray à sa sortie, les bonus pourront jouer un rôle décisif dans mon choix.