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Tête-à-tête virtuel avec Hélène Machelon

Hélène Machelon

Bonjour Hélène,

Merci d’avoir accepté ce tête-à-tête virtuel.

Merci à vous Fred, ce petit tête-à-tête m’amuse beaucoup !

Question rituelle en guise de mise en bouche. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous expliquer comment vous en êtes venu à l’écriture ?

Je suis une femme de 41 ans qui voyage et vit en famille autour du monde. Afrique, Amérique Latine et aujourd’hui Asie. Je reviens à l’écriture après une longue pause de 20 ans. J’ai été cassée plus jeune par des concours d’écriture et convaincue que je n’avais pas de talent, je me suis investie dans d’autres projets. Poussée par mon mari il y a quelques mois, j’ai commencé un matin et tout s’est déroulé.

Je me suis dit : « c’est maintenant ou jamais, j’ai peut-être un truc à raconter ».

 Votre premier roman, Trois petits tours, est distribué par la plateforme Librinova ; l’auto-édition est un choix délibéré ou plutôt une voie de secours en attendant / espérant mieux ?

L’auto-édition est subie. Je garde espoir d’être repérée pour pouvoir continuer l’aventure, j’ai d’autres sujets en tête qui me démangent. J’espère vraiment être guidée par des professionnels de l’édition pour la suite car j’ai le sentiment d’avancer dans des eaux troubles que je ne maîtrise pas. Je cherche des stratégies pour faire vivre le livre sans savoir si je le sers ou non.

 Dans Trois petits tours vous abordez un sujet plutôt délicat puisque tout le récit s’articule autour de la perte d’un enfant. Pourquoi ce choix ?

J’étais bien placée puisqu’au premier plan. Nous avons perdu un enfant mais je ne désirais pas témoigner. J’avais le sentiment que beaucoup d’écrits existaient déjà en la matière et même de très bons. Je pensais également qu’un livre 100% sur la douleur des parents aurait été insupportable à lire à écrire. Ce sont les « autres » qui étaient intéressants, ceux qui gravitent et qui subissent également. On pourrait les appeler les dommages collatéraux. J’ai voulu exprimer la détresse de ces autres qui n’ont rien pu faire mais qui voulaient. L’entourage souffre de cette impuissance, reste en apnée puis il respire lorsque les parents s’autorisent de nouveau à être heureux.

Comment se déroule une journée type lorsque vous écrivez ? Quelle est l’ambiance la plus propice pour laisser libre cours à votre inspiration ?

Pour écrire, j’ai besoin d’une vue, de la lumière, du thé et des biscuits au pavot. Je ne peux pas écrire dans un cagibi sombre puisque je me concentre en fixant les objets ou la fenêtre. Bien évidemment, les enfants doivent être à l’école. Le petit carnet toujours sur moi est mon meilleur ami puisque la vie est mon inspiration. J’écris sur de courtes durées à l’image de mon écriture plutôt vive.

Après ce premier roman, avez-vous d’autres projets littéraires ?

Deux autres projets sont en cours mais c’est un secret.

 Quelles sont vos références (auteurs et romans) en tant que lectrice ?

Je suis touchée par trois auteurs qui jamais ne me déçoivent : Alice Ferney, Laurent Gaudé et Carole Martinez. Un faible pour l’écriture belle et féminine d’Alice Ferney dans « Grâce et Dénuement ».

Comme il m’est d’usage de le faire, je vous laisse le mot de la fin.

Vive la vie !

 
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Publié par le 17 juillet 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Hélène Machelon – Trois Petits Tours

AU MENU DU JOUR

H. Machelon - Trois petits tours
Titre : Trois Petits Tours
Auteur : Hélène Machelon
Éditeur : Librinova
Parution : 2019
Origine : France
140 pages

De quoi ça cause ?

La petite Rose est morte ce matin, vaincue par la maladie contre laquelle elle luttait depuis de longs mois. Sa mère va devoir (ré)apprendre à vivre sans elle, mais entre l’annonce du décès et l’enterrement, il lui faudra parcourir un long et douloureux chemin de croix…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Hélène Machelon m’a contacté via Babelio pour me proposer son roman disponible sur Net Galley. J’ai accepté, tout simplement.

Ma Chronique

Je remercie Hélène Machelon, Librinova et Net Galley qui m’ont permis de croiser la route de ce roman.

Une rencontre qui ne se serait sans doute jamais faite si l’auteure n’avait pas, par l’intermédiaire d’un message sur Babelio, forcé la main au destin en faisant se croiser nos chemins (le roman et moi, cela s’entend).

Il est vrai que sans l’intervention directe d’Hélène (je me permets de vous appeler simplement par votre prénom), je serai tout simplement passé à côté de son roman un regard ; pas par manque d’intérêt, juste parce qu’il aurait été noyé dans la masse des sorties (injustement ou pas) anonymes.

Bien que le roman ne rentre clairement pas dans le cadre de mes lectures habituelles (comme l’a souligné l’auteure dans son message), la quatrième de couv’ aura quand même attisé les braises de ma curiosité (élément déclencheur sans quoi je n’aurai pas donné suite). J’aime à penser que je suis ouvert à tous les genres littéraires ou presque, à condition toutefois que le pitch m’inspire à minima.

Le terme autofiction sur la couverture laisse deviner que Hélène a malheureusement connu l’épreuve de la perte d’un enfant (confirmé par la dédicace), les mots ne pouvaient donc qu’être justes, mais encore fallait-il trouver le bon ton. C’est chose faite avec un juste équilibre entre l’affect et une certaine neutralité, le côté pathos n’est pas surjoué (un écueil qui eut pourtant été tentant), mais le ton n’est pas non plus totalement détaché (ce qui eut été franchement malvenu).

Un récit court, mais intense au niveau émotionnel, il s’en dégage une profonde humanité sublimée par l’impression de vérité qui ne nous abandonne jamais, de la première à la dernière page.

Les chapitres alternent entre les points de vue extérieurs (médecin, infirmières, personnel administratif…) et celui de la mère, terrassée par la douleur, mais qui se force à faire face à ses obligations jusqu’à la mise en bière de son enfant.

Lors de nos échanges via Babelio, Hélène se posait la question de savoir si elle avait écrit un roman réservé à un public féminin. Même si la plupart des personnages que l’on croise sont en effet des femmes, je pense pouvoir affirmer sans prendre trop de risques que son roman saura toucher aussi bien les femmes que les hommes ; impossible de rester de marbre devant un récit débordant de justesse et de dignité.

Je vois aussi en ce roman un bel hommage (amplement mérité) au personnel de l’hôpital Necker (et des autres hôpitaux pour enfants de France et d’ailleurs), leur travail et leur dévotion forcent le respect et l’admiration.

Merci Hélène, d’avoir forcé la main au destin, merci pour ce roman que je qualifierai de lumineux malgré un thème central on ne peut plus sombre. Une rencontre improbable qui aura matché au-delà de mes espérances.

MON VERDICT

 
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Publié par le 16 juillet 2019 dans Bouquins

 

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