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[BOUQUINS] Laurent Obertone – Guérilla – Le Temps Des Barbares

AU MENU DU JOUR

L. Obertone - Le Temps Des Barbares
Titre : Guérilla – Le Temps Des Barbares
Auteur : Laurent Obertone
Éditeur : Ring
Parution : 2019
Origine : France
427 pages

De quoi ça cause ?

Trois jours. C’est le temps qu’il aura fallu pour que la France sombre dans un chaos sans précédent. Plus d’État. Plus de règles. Désormais c’est chacun pour soi.

Alors que la plupart essayent tant bien que mal d’assurer leur survie, d’autres organisent la résistance face à la montée en puissance du Califat. Et pendant ce temps, dans les coulisses de ce qu’il reste du pouvoir, on échafaude des plans en vue de reprendre les choses en mains, mais surtout de sortir de la crise la tête haute.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’avais beaucoup aimé le premier tome (voir ma chronique).

Il me tardait de lire la suite, mais il m’a fallu patienter le temps de produire une version numérique du bouquin (cf aparté).

Ma Chronique

Comme vous le savez peut-être je pratique un boycott actif des éditeurs ne proposant pas d’offre numérique, tant pis si cela me fait passer à côté de titres susceptibles de me plaire (c’est notamment le cas des bouquins des éditions Ring et ceux de sa petite sœur Métropolis). C’est une question de principe, tu me snobes, je te snobe.

Et pourtant voilà que je propose une chronique d’un titre de Ring. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis me direz-vous. Sans doute, mais la vérité est un peu plus complexe que ça ; je vous expose le parcours du bouquin dans l’aparté qui suit ma chronique.

Et puisque je parle d’imbéciles (admirez la transition), je précise à toutes fins utiles que ce roman reste dans l’esprit du précédent et des divers essais de Laurent Obertone, il est donc fortement déconseillé aux bobos gauchos bien-pensants autoproclamés, adeptes du très-bien-vivre-ensemble mais paradoxalement hermétiques à tout propos contraire à leurs idéaux (qui a dit illusions ?).

Ce second tome fait suite directe au précédent et vous invite à suivre l’évolution (?) de la situation du quatrième au vingt-septième jour, vous plongeant au cœur d’un indicible chaos.

Âmes sensibles s’abstenir, Laurent Obertone ne nous épargne rien dans l’horreur et la dépravation du genre humain (exécutions, violences gratuites, viols, nécrophilie, cannibalisme…). La déshumanisation poussée à l’extrême !

On retrouvera avec plus ou moins de plaisir des personnages déjà croisés précédemment (le colonel et la fillette, Vincent Gite, Cédric et Alice, le Dr Cachet et la psy). Mais il faudra aussi compter sur des retrouvailles notoirement déplaisantes avec Aboubakar, Calife autoproclamé de Seine-Saint-Denis et ses hordes de fanatiques décérébrés.

Et bien entendu il faudra aussi compter sur de nouveaux venus, dont Victor Escard, représentant dans l’ombre (pour ne pas dire planqué) de l’autorité et du pouvoir. Un esprit aussi tordu que cynique qui planifie une sortie de crise tout à son honneur, tant pis si pour cela il faut faire durer le chaos et travestir honteusement la vérité.

Comme dans le premier opus les chapitres alternent entre les lieux et les personnages ce qui ne nous empêche pas de rapidement trouver nos marques. Dommage que dans la première partie l’auteur se soit laissé entraîner sur des sentiers de traverses qui n’apportent strictement rien à l’intrigue (je pense notamment aux chapitres consacrés à Raoul.le).

Le contraste entre les partisans du très-bien-vivre-ensemble et les événements en cours est encore plus saisissant que dans le premier tome.

Si le style ne brille pas forcément par sa richesse, au niveau de l’orthographe on a parfois l’impression que l’auteur a voulu placer des mots très recherchés pour donner plus de consistance à ses tournures de phrases… raté ! Ça sonne faux plus qu’autre chose.

Un exemple parmi d’autres : … comme les hyphes de cet inquiétant mycélium parti à l’assaut du monde.
Qui aurait pu donner un truc du genre : … comme les filaments d’un inquiétant lichen parti à l’assaut du monde.

Malgré quelques faiblesses, Laurent Obertone nous propose un thriller d’anticipation plutôt bien fichu. J’ai été (un peu) moins convaincu quant à la plausibilité des événements que ceux décrits dans le premier opus, mais au niveau de l’action et du rythme ça envoie du lourd. Si l’auteur devait écrire une suite (ce qui ne s’impose pas même s’il y a encore matière à un roman supplémentaire, mais avec une tout autre approche), je répondrai présent sans la moindre hésitation.

En lisant les divers retours sur ce roman, j’ai découvert que le propos de Laurent Obertone serait assez proche (dans sa thématique plus que dans son approche à proprement parler) d’un roman autoédité de Franck Poupart, Demain Les Barbares – Chroniques Du Grand Effondrement, il va falloir que je me penche sur la question, d’autant plus que ledit bouquin semble plutôt avoir été plutôt bien accueilli (4 étoiles chez Amazon, 3.8/5 chez Babelio)…

MON VERDICT

Aparté technique

À la base on m’a fourni un scan (version PDF) du bouquin, c’est ce document que j’ai converti au format doc (Word) afin de pouvoir le retoucher (suppression des n° de pages et des césures notamment). Et c’est à partir de ce fichier retouché que j’ai créé une version epub brute.

Restait l’étape la plus laborieuse du processus, la finalisation du fichier epub. J’aurais pu partir du scan pour corriger les inévitables coquilles OCR, rectifier les sauts de lignes intempestifs et appliquer les différents styles, mais c’eut été trop fastidieux. C’est pourquoi j’ai opté pour un passage en librairie et me suis offert le bouquin au format papier (mon premier achat papier depuis plus de deux ans). Et c’est à partir du bouquin que j’ai pu finaliser ma version numérique, et donc le lire à l’écran (PC et liseuse).

À vrai dire j’ai fait un peu plus que finaliser le fichier, j’en ai profité pour corriger certaines fautes d’orthographe oubliées par l’éditeur (tout en conservant les termes construits de toutes pièces par Laurent Obertone) et je me suis permis de retoucher (très légèrement) certaines maladresses syntaxiques (poudre à la place de neige, perso ça me pique les yeux, poudreuse eut été plus approprié).

En mon âme et conscience ça ne m’aurait pas dérangé de « travailler » uniquement à partir du scan, c’est d’abord par convenance personnelle que j’ai acheté le roman (et aussi parce que j’avais déjà le premier opus au format papier).

 
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Publié par le 22 novembre 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Laurent Obertone – Guerilla

L. Obertone - GuerillaAu menu du jour un bouquin dont la médiasphère bien pensante préfère éviter de parler… même en dire du mal serait lui faire trop d’honneur à en croire ces laquais du politiquement correct. C’est donc avec un plaisir redoublé que je me suis lancé dans la lecture de Guerilla, le roman de Laurent Obertone.
Une intervention de police de routine dans une cité de la Courneuve dégénère. Tandis que leur adjudant est roué de coups et que sa collègue est à son tour mencaée, le troisième policier sort son arme et tire, tuant les six agresseurs. La police est pointée du doigt, les médias dénoncent le fascisme policier, les cités s’embrasent, certains en profitent pour jeter de l’huile sur le feu, d’autres pour passer à l’offensive. Inexorablement la France bascule dans le chaos…
Jusqu’alors Laurent Obertone s’était plutôt illustré en tant qu’essayiste rejetant la langue de bois et n’hésitant pas à appuyer là où ça fait mal, quitte à caresser à rebrousse-poil le politiquement correct. Je ne me permettrai de juger ni l’homme, ni son travail, à chacun de se forger sa propre opinion (de préférence après avoir lu les bouquins de l’auteur plutôt qu’en suivant le mouvement). Pour ma part j’aurai tendance à dire que Guerilla, s’inscrit dans la suite logique de ses essais sur la France, qualifiée successivement d’Orange Mécanique et de Big Brother : une vision empirique de l’avenir.
Un bon essayiste ne fait pas forcément un bon écrivain. Sans doute bien conscient de cette réalité, Laurent Obertone opte pour un style minimaliste, ce qui n’empêche pas certaines maladresses et lourdeurs. Il n’en reste pas moins que globalement le bouquin se lit plutôt bien. Les chapitres sont courts et dynamiques, le rythme est assuré.
Alors crédible ou pas ? Pour ma part j’ai envie de croire que non, je ne peux envisager un tel niveau de renoncement et de culpabilisation chez le peuple français (voir aparté n°2). Outre ce point (qui n’est point de détail), l’enchaînement des événements, tel que le décrit Laurent Obertone, impliquerait un sacré concours de circonstances (et une bonne dose de pas de bol). Je considère donc Guerilla comme une fiction d’anticipation plus que comme une éventuelle mise en garde contre un réel danger potentiel.
Quoiqu’il en soit ce n’est pas forcément un roman à mettre entre toutes les mains. De nombreuses scènes de violence sont décrites sans concession, avec un réalisme cru qui risque de choquer plus d’un lecteur. Je ne reprocherai pas ce parti pris à l’auteur, au contraire rien de tel qu’un bon électrochoc pour nous ouvrir les yeux et nous faire réfléchir.
Les personnages sont nombreux, ils viennent d’horizons divers et variés et se retrouveront impliqués plus ou moins intensément dans le déroulement des événements. dans un premier temps on serait tenté de crier au cliché, voire au manichéisme, mais au fil des chapitres les nuances se précisent chez certains… tandis que d’autres, d’un côté comme de l’autre, restent des irrécupérables.
Laurent Obertone vous invite à suivre les trois journées qui verront la France trembler, vaciller puis s’effondrer. Une fois le chaos bel et bien installé, baisser de rideau ! Comme un pied de nez histoire de dire aux français, vous l’avez bien cherché, maintenant démerdez-vous. Ou, pour reprendre les mots de l’auteur : « La morale de cette histoire, c’est qu’une telle histoire n’a pas de morale. Les moralistes ont tué les réalistes, le réel tuera la morale. Et voilà. Il n’y a d’issue pour personne« .
Roman engagé ou non ? Très honnêtement il faudrait avoir des putains d’oeillères pour refuser de croire que certaines cités sont devenues de véritables zones de non droit, que ces mêmes cités sont un couvoir pour les apprentis djihadistes et autres radicalisations. Est-ce utile de rappeler que la menace du terrorisme islamiste est toujours bien réelle ? Enfin l’absence de sortie de crise clôt ce débat stérile, Laurent Obertone ne suggère aucune solution miracle et n’érige rien ni personne contre la montée du chaos ; difficile dans ce contexte de parler de prosélytisme…

MON VERDICT
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Aparté n°1.
Je me suis promis de bannir de mes achats les éditeurs qui n’offrent pas d’alternative numérique, quitte à passer à côté de très bon titres. Ring fait malheureusement partie de ces éditeurs refusant de vivre avec leur temps. Et pourtant me voilà vous proposant une chronique d’un roman issu du catalogue de Ring. C’est à y perdre son latin ou son lapin, non ?
Et bin non. Et ce pour deux raisons : primo, je n’ai interdit à personne de m’offrir des bouquins en provenance de ces éditeurs ; secundo, si de généreux artisans de l’ebook prennent les choses en mains afin de pallier les lacunes de ces éditeurs, j’aurai bien tort de bouder mon plaisir (pour info je me fous éperdument de l’aspect illégal de la démarche donc inutile de prendre la zone de comm pour le mur des lamentations).
En l’occurrence Guerilla répond aux deux critères, le Père Noël l’a déposé au pied du sapin et j’ai par la suite récupéré une version numérique alternative.

Aparté n° 2.
J’espère franchement ne jamais connaître cette France du très-bien-vivre-ensemble décrite par Laurent Obertone. Un état, un pouvoir et un peuple n’ayant plus la moindre fierté nationale, tout juste des rampants ayant adopté la pensée unique afin de faire le moins de vague possible. Un peuple ayant fait de la lâcheté et de l’hypocrisie un art de vivre.
Je ne veux pas d’une société où la tolérance passe par le renoncement et la culpabilisation, je n’ai pas honte de ce que je suis, je l’assume et le revendique. Ca ne m’empêche pas d’ouvrir mes bras aux autres, mais s’ils viennent chez moi c’est à eux de s’adapter à mon monde et non l’inverse !
J’ai heureusement encore suffisamment foi en la France et aux Français pour croire que ça ne peut pas arriver ; pour penser que face à une telle dérive, la mobilisation serait massive, dans un grand élan national(iste), pour crier haut et fort : NON ! Notre identité nationale est essentielle et ne constitue en rien un obstacle à la tolérance et au vivre-ensemble.

 
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Publié par le 2 février 2017 dans Bouquins

 

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