[BOUQUINS] Isabelle Villain – De L’Or Et Des Larmes

AU MENU DU JOUR


Titre : De L’Or Et Des Larmes
Série : Groupe de Lost – Livre 5
Auteur : Isabelle Villain
Éditeur : Taurnada
Parution : 2022
Origine : France
256 pages

De quoi ça cause ?

Jean-Luc Provost, le très médiatique entraîneur de gymnastique français, meurt dans un accident de voiture. La thèse du suicide, à seulement six mois des prochains jeux Olympiques de 2024, est très vite écartée.
L’affaire, considérée comme sensible et politique, est confiée au groupe de Lost. Pourquoi vouloir assassiner un homme qui s’apprêtait à devenir un héros national ?

Rebecca et son équipe se retrouvent immergées dans un monde où athlètes et familles vivent à la limite de la rupture avec pour unique objectif l’or olympique. Ils sont prêts à tous les sacrifices pour l’obtenir.
Jusqu’au jour où le sacrifice demandé devient insurmontable…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada et que cette maison d’éditions ne m’a jamais déçu… un catalogue riche en pépites !

Parce que c’est Isabelle Villain et que ça me permet de retrouver, pour la troisième fois, le Groupe de Lost au cœur de la tourmente.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée.

J’aime bien ces auteurs qui nous proposent de suivre l’évolution de leurs personnages à travers plusieurs romans, ça tombe bien car c’est exactement ce que fait Isabelle Villain avec « son » Groupe de Lost. C’est mon troisième rendez-vous avec Rebecca de Lost et son équipe (j’ai raté les deux premiers… mais comme ils ont été réédités par Taurnada, ils figurent dans mon Stock à Lire Numérique).

Après l’armée dans Blessures Invisibles, c’est au tour du sport de haut niveau de passer sur le grill. Il faut dire que le contexte, avec l’approche des JO 2024 à Paris, s’y prête plutôt bien. Pour son intrigue l’auteure s’est inspirée de faits réels survenus aux Etats-Unis… affirmer que ça ne pourrait pas se produire en France serait un déni un peu trop facile, plus proche de la politique de l’autruche que d’une quelconque réalité ! Il faut juste que les langues se délient et passent outre l’omerta du milieu. Une réalité qui commence à sortir de l’ombre depuis quelques années et quelques affaires très médiatisées.

Bien que la gymnastique artistique ne soit pas forcément la discipline la plus populaire auprès du grand public, on comprend rapidement que le choix d’Isabelle Villain ne doit rien au hasard. C’est en effet une discipline qui exige un engagement physique et psychique sans faille des athlètes qui vont malmener leur corps pour gagner aussi bien en force qu’en souplesse. Une discipline surtout où l’âge limite est rapidement atteint pour les sportifs. Enfin c’est aussi un sport dans lequel les athlètes français sont, depuis des années, absents des podiums.

Tout commence par un accident de la route dans lequel l’entraîneur de l’équipe olympique trouve la mort. Accident ? En fait non, il va rapidement s’avérer que le véhicule a été saboté. Mais qui avait intérêt à éliminer celui qui pouvait porter « ses » athlètes sur les plus hautes des podiums olympiques ? Un athlète évincé ? Un parent ? Un concurrent ?

C’est à toutes ces questions, et bien d’autres, que vont devoir répondre Rebecca de Lost et son groupe. Et il faut des réponses rapidement ! Sa hiérarchie lui met la pression, l’affaire est sensible et suivie de près, aussi bien par les médias que par les plus hautes autorités.

Malgré la pression Rebecca de Lost compte bien ne négliger aucune piste et ne faire aucune concession dans sa quête de la vérité. Elle est loin de se douter que l’affaire est beaucoup plus complexe qu’elle n’y paraît de prime abord.

Pour le plus grand plaisir des lecteurs, Isabelle Villain nous offre une intrigue riche en rebondissements avant d’entrer dans le cœur du sujet. Un sujet délicat (pour ne pas dire tabou) qui exigera des faits et des témoignages face à une suspecte qui ne laisse rien transparaître de ses émotions.

Je n’irai pas plus loin dans le déroulé de l’intrigue, certaines indications données précédemment vous ont peut-être mis la puce à l’oreille. Mais je peux pourtant vous assurer que vous n’êtes pas au bout de vos surprises.

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé les personnages du Groupe De Lost, leur étroite complicité demeure intacte au fil des enquêtes – même si certains quittent le groupe, remplacés par de nouveaux venus –, on retrouve les problématiques humaines des uns et des autres

Une fois de plus Isabelle Villain met l’humain au cœur de son intrigue, c’est vrai non seulement au niveau du groupe d’enquêteurs, mais aussi au niveau des athlètes sélectionnés pour les Jeux de Paris qui forment un tout parfaitement solidaire et soudé (même si chacun ne perd pas de vue son objectif : un podium olympique, de préférence sur la plus haute marche).

Nul besoin d’être féru de gymnastique, ni même de sport en général (en pratique ou sur petit écran), pour se laisser porter par l’intrigue de l’auteure. Ce bouquin est un thriller bien construit et hautement addictif qui vous scotchera à votre canapé jusqu’à sa conclusion.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Isabelle Villain – Blessures Invisibles

AU MENU DU JOUR

I. Villain - Blessures invisibles

Titre : Blessures Invisibles
Série : Groupe de Lost – Tome 4
Auteur : Isabelle Villain
Éditeur : Taurnada
Parution : 2020
Origine : France
253 pages

De quoi ça cause ?

Le major Maraval est retrouvé mort à son domicile, une balle dans la tête, son arme à la main.

La thèse du suicide est pourtant très vite abandonnée par le groupe du commandant Rebecca de Lost, et les pistes militaires et familiales se multiplient.

Dans le même temps, le « tueur au marteau », demeuré silencieux depuis l’enterrement du capitaine Atlan, décide de reprendre du service.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est l’occasion de retrouver le groupe de Lost, un groupe découvert fin 2018 avec le précédent roman (troisième du nom dans la série), Mauvais Genre.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée. J’aurai pu (et peut être même dû) lire et chroniquer ce roman en avant-première, mais comme souvent en période de congés, j’ai pris beaucoup de retard dans mes lectures entre fin décembre et mi-janvier.

Le hasard a voulu que ce roman traite lui aussi du syndrome de stress post traumatique (SSPT) mais Isabelle Villain aborde la question sous un autre angle ; une approche beaucoup plus humaine qui ne peut que susciter l’empathie pour les victimes.

Un syndrome qui fait encore trop souvent l’objet d’un déni évident de la part de certains militaires, comme l’auteure le fait dire à un de ses personnages, un ancien militaire interrogé dans le cadre de la mort du major Maraval :

Je vais vous dire un truc. Le SSPT, ça n’existe pas. C’est une connerie inventée par des faibles en retour de mission. Des gars qui ne sont tout simplement pas faits pour la vie militaire. Des gars qui feraient mieux d’aller bosser dans un bureau, 35 heures par semaine.

Ou comme le soulignera la femme de la victime quelques chapitres plus tard :

Le problème avec le SSPT, c’est que la plupart des gens ne le reconnaissent pas. Le burn-out n’est plus tabou dans la vie civile, alors pourquoi est-ce si compliqué chez les militaires ?

Une enquête qui poussera donc le groupe de Lost à se frotter à l’armée, sauront-ils faire en sorte que les langues se délient au cœur de la « Grande Muette ». Histoire de me coucher moins con ce soir, j’ai appris grâce à ce roman d’où venait ce surnom de grande muette ; comme je suis sympa je partage avec vous cette courte pause culturelle :

En 1848, le gouvernement a accordé le droit de vote à tous les hommes. À tous, sauf aux militaires. Pour qu’ils ne se barrent pas aux quatre coins du pays au moment des élections, qu’il disait… Et surtout pour ne pas prendre parti dans les luttes politiques. La France avait décidé qu’on devait fermer notre gueule. Le gouvernement a même permis aux femmes de voter un an avant nous. C’est tout dire… Alors on a conservé cette tradition du silence. Un soldat doit fermer sa gueule. Un point, c’est tout !

Mais l’enquête autour de la mort d’Alexandre Maraval ne se limitera pas à l’armée, les enquêteurs vont aussi devoir interroger ses proches et son entourage familial. Un programme plutôt chargé au menu. Sans compter sur le retour (annoncé à la fin du précédent opus) du « Tueur au marteau », plus déterminé que jamais à se frotter à Rebecca de Lost.

Une double enquête qui donnera maintes opportunités à Isabelle Villain de brouiller les pistes et même d’orienter ses enquêteurs (et ses lecteurs) vers de fausses pistes. L’auteure maîtrise son intrigue de bout en bout, telle une chef d’orchestre virtuose, elle bat la mesure et impose le rythme sans la moindre fausse note.

Incontestablement l’autre point fort du roman réside dans ses personnages. L’auteure apporte énormément de soin à dresser leurs personnalités et à faire évoluer leurs relations. Je pense notamment à la relation entre Rebecca et Tom, forcément rendue compliquée par la conclusion du précédent opus. Mais aussi à la relation quasi fusionnelle qui existe au sein de groupe de Lost, plus soudé que jamais, tant par le défi des enquêtes à résoudre, que par le décès brutal d’Antoine Atlan.

J’ai dévoré le bouquin en deux bouchées ; j’aurai pu n’en faire qu’une, mais il fallait bien que je justifie mon salaire en allant bosser. J’ai vibré intensément avec le groupe de Lost, en totale immersion au sein de l’équipe.

Les deux premiers tomes ayant fait l’objet d’une réédition par Taurnada, je me les suis offert sans la moindre hésitation. Reste à trouver le temps de leur trouver une petite place au sein du programme de mes futures lectures.

MON VERDICT