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Archives de Tag: Franck Thilliez

[BOUQUINS] Franck Thilliez – Il Était Deux Fois

AU MENU DU JOUR

F. Thilliez - Il était deux fois
Titre : Il Était Deux Fois
Auteur : Franck Thilliez
Éditeur : Fleuve
Parution : 2020
Origine : France
528 pages

De quoi ça cause ?

Avril 2008. Gabriel Moscato, lieutenant de la gendarmerie nationale, se rend à l’hôtel de La Falaise afin de poursuivre ses investigations sur la disparition de sa fille, Julie, survenue quelques semaines plus tôt. Muni des registres de l’établissement, il s’installe dans une chambre afin de les éplucher.

Gabriel Moscato se réveille dans une autre chambre de l’hôtel… en novembre 2020, incapable de se souvenir du moindre détail concernant ces douze dernières années.

Beaucoup de choses ont changé depuis 2008, mais sa fille n’a jamais été retrouvée. Gabriel va tout mettre en œuvre pour remonter le fil de son passé, et reprendre son enquête sur la disparition de Julie…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Franck Thilliez, raison qui se suffirait à elle-même.

Je n’ai toujours pas trouvé le temps de me pencher sur son duo policier récurrent, Sharko et Hennebelle, mais je ne désespère pas de trouver un jour le temps pour m’y mettre. Il n’en reste pas moins que ses romans one-shot ne m’ont jamais déçu, beaucoup ont même été de véritables coups de coeur (et accessoirement aussi des coups de poing).

Ma Chronique

Avant d’entrer dans le vif du sujet je ne peux que vous recommander fortement, si ce n’est déjà fait,  de lire Le Manuscrit Inachevé avant de vous lancer dans Il Était Deux Fois. Trois bonnes raisons à cela :

Le Manuscrit Inachevé est un excellent thriller, il serait dommage de vous en priver.
Le Manuscrit Inachevé joue un rôle clé dans la résolution de la présente intrigue.
– Cerise sur le gâteau : Franck Thilliez nous propose, en bonus, de découvrir la fin « originale » du Manuscrit Inachevé telle que rédigée par Caleb Traskman (dans le roman la fin est écrite par le fils de l’auteur, Jean-Luc Traskman).

Cela fait bien longtemps que Franck Thilliez n’a plus rien à prouver et que son nom brille en lettres d’or dans le monde du thriller francophone, j’irai même encore plus loin en affirmant qu’il n’a pas à rougir face aux grands noms de la scène internationale du genre. Plutôt que se reposer sur ses lauriers, Franck Thilliez n’a de cesse de chercher à se renouveler et à surprendre ses lecteurs, en allant toujours plus loin dans l’exploration et la dissection de la face obscure du genre humain.

Avec ce roman le moins que l’on puisse dire c’est que l’auteur repousse les limites de la perversion criminelle, mais il le fait avec son incroyable talent narratif. Et le résultat est tout simplement renversant ! C’est quasiment à chaque chapitre que l’on se trouve face à un revirement inattendu ou à une nouvelle révélation. On en prend plein la tronche… et personnellement j’adore et j’en redemande !

Tous les amateurs de thrillers vous le diront, l’accroche est primordiale dans ce genre littéraire. Ici Franck Thilliez frappe fort d’entrée de jeu. Harassé par les nuits blanches et ses recherches pour tenter d’élucider le mystère qui plane autour de la disparition de sa fille, un gendarme s’assoupit dans une chambre d’hôtel… pour se réveiller dans une autre chambre de ce même hôtel, douze ans plus tard !

Que les plus cartésiens se rassurent, vous pouvez compter sur la rigueur de l’auteur et un imposant travail documentaire pour que l’invraisemblable trouve une explication rationnelle et scientifique. Il n’en reste pas moins que, en quelques pages, le lecteur se retrouve prisonnier du piège tendu par Franck Thilliez ; une seule issue pour se défaire de la terrible addiction qui se profile : résoudre l’énigme de la disparition de Julie et comprendre le fin mot de l’histoire.

Je n’aborderai l’intrigue du roman qu’en restant dans le flou, tant en dire trop serait presque criminel ; aussi je me bornerai à mentionner que la mort et le meurtre sont des thèmes largement exploités par le monde des arts (littérature, peinture, sculpture, cinéma et même musique). Ça ne vous avance sans doute pas des masses, et c’est très bien ainsi !

L’autre grande force du roman réside dans ses personnages, tout particulièrement les deux enquêteurs, Gabriel et Paul, anciens collègues et amis que les événements et le temps a séparés, mais qui vont devoir faire front commun pour se replonger dans la disparition de Julie. Une plongée qui les conduira littéralement aux portes de l’enfer.

Un roman maîtrisé de bout en bout qui ne laisse rien au hasard. En toute honnêteté je ne peux faire autrement que de lui attribuer la note maximale et un coup double (coup de cœur / coup de poing) ; et je le fais avec un immense plaisir.

MON VERDICT
Coup double

 
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Publié par le 26 juin 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Franck Thilliez – Le Manuscrit Inachevé

AU MENU DU JOUR

F. Thilliez - Le Manuscrit inachevé

Titre : Le Manuscrit Inachevé
Auteur : Franck Thilliez
Éditeur : Fleuve
Parution : 2018
Origine : France
528 pages

De quoi ça cause ?

Caleb Traskman, écrivain à succès, est décédé avant d’avoir pu écrire la fin de son dernier roman au titre prédestiné, Le Manuscrit Inachevé. Encouragé par la maison d’édition de Traskman, c’est à son fils que reviendra la lourde tâche d’achever ce roman posthume…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Franck Thilliez, même si je n’ai pas encore eu l’occasion de me pencher sur ses personnages récurrents Sharko et Hennebelle, je suis, depuis quelques années déjà, fidèle à ses one-shot. Et à ce jour je n’ai jamais été déçu par ses romans.

Ma chronique

Si vous êtes cinéphile et particulièrement friand de films d’horreur vous connaissez certainement les films de type found footage (littéralement « enregistrement trouvé« , concrètement un (faux) film dans le (vrai) film), un genre qui a été popularisé par Le Projet Blair Witch et largement repris depuis (je citerai par exemple les films REC, Cloverfield ou encore la série des Paranormal Activity...). Avec ce roman Franck Thilliez nous propose une sorte de found book, le roman de l’auteur étant celui de Caleb Traskman finalisé par son fils…

Et pour couronner le tout, l’héroïne du roman du Caleb Traskman (qui est aussi celui de Franck Thilliez) est elle-même auteure de thriller. Vous aurez donc entre les mains le roman (bien réel) d’un romancier (FT), qui est en fait le roman (fictif) d’un autre romancier (CT) ayant pour héroïne une romancière (Léane / Enaël). Et si je vous disais que le personnage central du dernier roman de notre chère romancière est elle même romancière… Vous me suivez toujours ? Rassurez-vous j’embrouille volontairement les choses, en fait il suffit de lire ce bouquin comme vous lirez n’importe quel autre thriller et la magie devrait opérer.

J’aurai pu vous parler de l’intrigue du roman de Caleb Traskman, mais je ne le ferai point, je préfère rester dans le flou et vous laisser découvrir les multiples facettes de ce Manuscrit Inachevé. Si le roman de Caleb Traskman est effectivement inachevé à l’origine, celui de Franck Thilliez est parfaitement abouti (et quelle fin ! Fallait oser… Un vrai coup de maître !). Sachez simplement que c’est le parfait exemple de livre gigogne, tout s’emboîte avec un naturel presque troublant, il suffit juste de savoir où et comment disposer les différentes pièces du puzzle.

L’auteur (Franck Thilliez, rendons à César…) vous livre une intrigue que je qualifierai sans la moindre hésitation de machiavélique. Vous n’avez pas fini de vous arracher les cheveux à essayer de démêler l’écheveau de son embrouille, et quand vous penserez enfin approcher de LA vérité, un nouveau rebondissement viendra exploser votre belle théorie. Franck Thilliez s’impose ici comme le seul et unique maître du jeu, il vous baladera au fil des chapitres tandis qu’il déplacera ses pions au gré d’une stratégie dont il est le seul à connaître les tenants et les aboutissants. Un jeu du chat et de la souris à sens unique, dans lequel le chat (l’auteur) prend un malin plaisir à faire tourner ses pauvres souris (nous lecteurs) en bourrique.

Une intrigue maîtrisée se doit d’être sublimée par des personnages forts, faute de quoi toute la mécanique pourrait s’enrayer au pire moment et transformer un top en flop ; Franck Thilliez nous comble aussi de ce point de vue, un sans-faute que j’vous dis ! Etant volontairement resté dans le vague concernant l’intrigue, je ferai de même pour les personnages, ce roman doit se déguster l’esprit vierge de toute pensée parasite pour en apprécier pleinement toutes les saveurs.

Un roman parsemé de clins d’oeil à Stephen King (essentiellement en référence à son inoubliable et glaçant Misery), mais aussi à Sir Arthur Conan Doyle, les personnages récurrents des aventures de Sherlock Holmes devenant les pièces maîtresses d’une mise en scène aussi implacable que morbide. Mais il sera aussi question de mémoire (l’amnésie et son contraire l’hypermnésie), de logique, d’équations, de parties d’échecs… le tout sur fond d’enlèvement et de meurtre. Du grand art et un Franck Thilliez qui s’impose, pour ceux qui en doutaient encore, comme un incontournable du thriller francophone (et plus si affinités).

Je n’ai pas encore eu l’occasion de me frotter à sa série Sharko & Hennebelle, mais concernant ses romans one-shot je dois avouer que je suis impressionné par leur variété et leur originalité. Pas un qui ne ressemble aux autres, mais avec celui-ci je pense qu’il culmine dans l’expression de son talent.

MON VERDICT
Coup double

 
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Publié par le 29 mai 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Franck Thilliez – Rêver

F. Thilliez - RêverSans surprise j’ai jeté mon dévolu sur le dernier roman de Franck Thilliez, à peine celui de Maxime Chattam refermé (après une petite journée de transition, le temps de faire le vide dans mon esprit). Place donc à mes impressions de lectures après avoir refermé Rêver.
Entre l’accident de voiture qui a coûté la vie à son père et à sa fille, et une enquête d’enlèvements d’enfants qui piétine, la psycho-criminologue Abigaël Durnan est au bord du gouffre. Victimes de cataplexie, les crises se multiplient ; au point qu’elle même en vient à s’embrouiller entre le monde réel et le monde des rêves…
D’entrée de jeu Franck Thilliez nous prévient qu’il va nous proposer un récit déstructuré, chronologiquement parlant ; l’essentiel de l’intrigue va se dérouler entre le 6 décembre 2014 (l’accident) et le 23 juin 2015 (le lavoir en feu), mais les chapitres ne seront pas présentés dans l’ordre chronologique. Une échelle temporelle vous permettra toutefois de vous situer au fil de la lecture. Ah oui j’oubliais, cerise sur le gâteau, il manque volontairement un chapitre (explication à la fin du roman).
Je sais, vues comme ça les choses peuvent paraître un peu embrouillées mais je vous rassure d’entrée de jeu, tout est parfaitement limpide ; il faut juste ne pas perdre de vue cette fameuse échelle temporelle. Libre à vous par la suite, comme le suggère l’auteur, de reprendre le bouquin dans l’ordre chronologique réel, histoire de voir si la pêche aux indices est plus aisée.
Fidèle à ses habitudes Franck Thilliez nous offre une intrigue parfaitement maîtrisée, riche en rebondissements et autres surprises. Plus d’une fois Abigaël sera amenée à se demander où se trouve la vérité : dans la réalité ou dans les rêves, sachant que sa perception de la réalité peut être altérée par ses rêves et par son traitement contre la cataplexie. Pour nous aussi, lecteur, les questions ne manqueront pas, il va falloir être vigilant pour ne laisser échapper aucun indice. Mais je suis convaincu que même le plus perspicace des lecteurs ne découvrira pas le fin mot de l’histoire avant qu’il ne nous soit révélé.
Pour ma part j’ai rapidement soupçonné certaines de ces vérités mais sans réussir à découvrir le pourquoi du comment de la chose, de simples intuitions, sans l’ombre d’une preuve. Et la vérité s’est révélée encore plus machiavélique que tout ce que j’avais pu imaginer. Il y a toutefois une question que je me suis instantanément posée, avant même que l’accident ne se produise, il faudra toutefois attendre le chapitre 37 pour que Abigaël se la pose à son tour (je n’en dirai pas plus à ce stade de l’enquête).
Pour Abigaël (et nous autres, lecteurs) il va falloir pister deux lièvres à la fois. D’une part la piste de Freddy, le kidnappeur qui détient quatre jeunes victimes et a toujours une longueur d’avance sur les enquêteurs. D’autre part celle du père d’Abigaël qui semble lui avoir caché bien des secrets. Deux pistes qui finiront par se croiser… presque par hasard.
Un récit totalement addictif, impossible de lâcher le bouquin une fois que vous aurez mordu à l’hameçon (et en la matière Franck Thilliez est un maître de l’art quant il s’agit de ferrer ses lecteurs). Du fait de la déstructuration chronologique le rythme est saccadé, mais ça participe justement à l’ambiance unique que se bouquin va distiller dans votre esprit. Dans les derniers chapitres attendez vous toutefois à une brusque montée d’adrénaline.
Bon alors quid du chapitre manquant ? Un gadget plus qu’autre chose, à lire uniquement si vous avez l’impression d’être passé à côté de quelque chose. Pour ma part j’avais compris l’essentiel et deviné le reste, si le chapitre avait intégré au récit il n’aurait fait que confirmer ce que bon nombre de lecteurs thriller-addicts supposaient depuis un moment déjà… c’eut été dommage pour les autres. De la même manière je ne me relancerai pas une lecture chronologique du récit, je referme en effet le bouquin sans que la moindre question n’ait été laissée sans réponse.

MON VERDICT
jd4d

 
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Publié par le 14 juin 2016 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Collectif – Du Sang Sur Le Tour

Du Sang Sur Le TourUn court recueil de nouvelles au programme de cette chronique, cinq nouvelles policières ayant pour cadre Le Tour De France, cinq auteurs dont la réputation dans le genre n’est plus à faire (Gilles Legardinier, Jean-Bernard Pouy, Benoît Séverac, Jean-Marc Souvira et Franck Thilliez), la chose s’appelle Du Sang Sur Le Tour et est proposé en numérique par les éditions 12-21.
En quelques pages les auteurs n’auront guère l’occasion de nous faire vibrer au rythme d’une enquête de longue haleine, mais plutôt de nous faire partager une ambiance issue de leur imaginaire.
Gilles Legardinier – Un Sourire A Tomber. L’auteur relève le défi avec une approche originale, au coeur du peloton. Un dénouement un peu prévisible mais ça reste bien ficelé.
Jean-Bernard Pouy – Que Ma Blessure Soit Mortelle. Escale corse avec un spectateur pas comme les autres. Un vrai récit d’ambiance sur fond de maquis et de vendetta.
Benoît Séverac – Le Tour, de père en fils. Bain de sang sur une des épreuves mythiques du Tour : les Pyrénées ! Un plan stupide mené par quatre frères aussi stupides que leur idée, mention spéciale pour l’arme du crime. Un final grandiose.
Jean-Marc Souvira – Les rotules en os de mort. La plus longue des cinq nouvelles. Un récit dans lequel la fiction et la réalité cohabitent étroitement. L’auteur situe son récit en 1924, le Tour était encore une épreuve « propre », mais ça c’était avant.
Franck Thilliez – Un dernier tour. Un jeu de piste macabre pour un flic amnésique et un final magistral. De loin la meilleure surprise de ce recueil.
Une lecture agréable, rapide mais pas indispensable… J’espérais des nouvelles plus percutantes, seul Franck Thilliez a réussi à vraiment me faire vibrer.

 
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Publié par le 23 janvier 2014 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Franck Thilliez – Puzzle

F. Thilliez - PuzzleEt bin voilà mon petit Franckie, tu as fini par atteindre les sommets de mon Stock à Lire Numérique. Après quelques hésitations j’ai fini par décider que je prendrai les trois prétendants à la première place dans l’ordre d’arrivée dans ma bibliothèque virtuelle, honneur donc à Franck Thilliez d’ouvrir le bal avec son nouveau roman, Puzzle.
Ilan et Chloé formaient un jeune couple spécialisé dans les chasses au trésor et autres jeux en réalité alternée (JRA). Alors qu’ils se sont séparés depuis plus d’un an et que Ilan a abandonné cette passion dévorante, Chloé débarque et lui annonce qu’elle pense avoir trouvé l’entrée du plus secret des JRA : Paranoïa. Il se laisse entraîner dans cette ultime chasse au trésor qui ne tarde pas à apparaître bien plus périlleuse qu’un simple jeu, mais il est trop tard pour faire machine arrière…
En chroniquant Vertige, le précédent roman « isolé » de Franck Thilliez, j’ai fait le rapprochement avec le film Saw, si je devais me livrer à la même démarche ici c’est incontestablement le film The Game (David Fincher – 1997) qui me viendrait à l’esprit. Toutefois, comme pour Vertige et Saw, Puzzle et The Game reposent sur une base assez proche mais conservent chacun une identité propre. L’autre point commun entre Vertige et Puzzle est un huis-clos, oppressant à souhait où chacun doute de l’autre (et nous on doute de tout et de tout le monde).
Comme à son habitude l’auteur nous entraîne dans une intrigue aussi dense que complexe, difficile de démêler le vrai du faux ; on serait tenté de suivre le conseil de Lucas Chardon, un des personnages du roman : « Vous n’y comprenez pas grand-chose en l’état actuel des choses. Mais n’ayez crainte, les pièces du puzzle vont se mettre en place progressivement, les unes après les autres.« . Mais même en se laissant porter par le courant, et avec Franck Thilliez la vie n’est pas un long fleuve tranquille mais plutôt un océan déchainé, je peux vous garantir que les méninges vont chauffer à blanc.
Je ne sais pas de quoi il retourne dans les Sharko et Hennebelle mais ses romans isolés ont pour point commun d’aller fouiner au plus profond de la psychologie et du psychisme. De fait on en vient à douter de tous les personnages (8 joueurs), tous sans exceptions semblent baignés dans les mensonges et les non-dits. C’est retors, pour ne pas dire pervers, mais pour nous lecteur ça reste un régal à découvrir.
Que dire justement de nos deux héros principaux ? Commençons par Chloé qui reste longtemps difficile à cerner, plus secrète, ses réelles motivations ne sautent pas aux yeux et forcément cela nous amène à remettre souvent en question le personnage. Ilan n’est guère mieux loti, son passé est tout aussi trouble (lui même s’emmêle les pédales dans son parcours), perturbé par un drame il semble un tantinet parano, à moins que ? Une fois impliqué dans le jeu il se comporte parfois comme le dernier des blaireaux, mais bon d’un autre côté c’est sa négligence (pour être poli) qui fait avancer l’intrigue donc on ne va pas s’en plaindre.
La faim m’a un peu laissé sur ma fin, un indice était trop aisément déchiffrable à mon goût mais j’avoue tout même avoir pas mal remis ma conclusion en question au fil des pages pour finalement en douter totalement jusqu’à la révélation finale. Il n’en reste pas moins que j’ai été happé par ce bouquin, une fois entamé je n’ai plus pu le lâcher !
Franck Thilliez a poussé « le jeu » jusqu’à démarrer chacun des 64 chapitres par le dessin d’une pièce de puzzle, il a par la suite affirmé que l’assemblage du puzzle constituait un indice important, donc à faire de préférence après la lecture du roman. L’assemblage en soi n’est pas un problème, 64 pièces avec un motif « réaliste » c’est un puzzle pour enfants de 5 à 6 ans (source Ravensburger) ; le hic étant plutôt d’obtenir lesdites pièces. Pour les possesseurs du bouquin en version papier ça risque d’être coton : soit vous êtes un barbare fini et vous tailladez le bouquin à coup de scalpel (Sacrilège ! Vade retro !!!) ; soit vous prenez le temps de décalquer chaque pièce, puis de les découper. Pour les possesseurs d’une version numérique, il « suffit » de copier les différentes pièces sur votre disque dur (via Sigil il suffit de quelques clics), via un logiciel de retouche on les détoure (là encore aucun souci, les pièces ont un contour noir sur fond blanc) et après « y a plus qu’à » (dans l’idéal il faudrait même les vectoriser afin de pouvoir les manipuler comme de vraies pièces de puzzle)… Par contre si vous voulez tenter l’expérience je confirme le conseil de l’auteur : faites le après avoir lu roman.

 
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Publié par le 17 octobre 2013 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Tir groupé sur les nouvelles…

D’habitude je ne chronique pas les nouvelles (hors recueil bien entendu) mais comme j’en avais trois sous le coude, et une quatrième que j’avais (in)justement passé sous silence, je me suis dit que ça valait peut être le coup de déroger à la règle en proposant un post groupé. Du coup je vous offre quatre courtes critiques (forcément s’agissant de nouvelles je suis moins prolixe que pour un roman).

4 nouvelles
Pierre Lemaitre – Les Grands Moyens

Lue dans le cadre de mon challenge 100% polar cette nouvelle nous propose de suivre le commandant Verhoeven et son équipe aux prises avec un poseur de bombe inhabituel, en effet l’homme se rend après son premier attentat, mais son arrestation n’est que le début d’une course contre la montre pour le moins explosive…
Chronologiquement cette nouvelle s’insère entre Alex et Sacrifices. Diffusée gratuitement sous forme de feuilleton (un épisode par jour) par Smartnovel j’ai attendu d’avoir l’intégrale avant de regrouper le tout en un seul fichier epub et de me plonger dans sa lecture. Si je devais résumer cette nouvelle en trois mots je dirai simplement : court mais efficace (comme quoi ce n’est pas la longueur qui importe mais la qualité… Bon OK long et bon c’est pas mal aussi). L’auteur parvient, en quelques pages, à nous scotcher et à nous surprendre (même si la fin est quelque peu prévisible).

Franck Thilliez – Le Grand Voyage

Proposée dans la collection Les Petits Polars Du Monde (le journal, Le Monde) cette courte nouvelle de Franck Thilliez démarre fort, Peter Anderson, citoyen américain sans histoire, se suicide après avoir buté sa femme et ses deux enfants ; comment et pourquoi en est-il arrivé là ? Tout a commencé 15 jours plus tôt sur un paquebot…
Franck Thilliez maîtrise à merveille les situations de huis-clos oppressants et cette fois encore, à bord d’un paquebot de croisière, il installe une ambiance aussi lourde que mortelle. On devine rapidement ce qui se passe à bord du navire à l’arrêt mais le lien avec le cas de Peter Anderson est plus complexe vu qu’il n’était pas à bord. Ce n’est qu’à la toute fin du récit que l’on apprend le pourquoi du comment de son acte ; et quelle fin magistrale ! Court mais intense.
Il va falloir que je commande le coffret proposé par Le Monde, regroupant treize nouvelles inédites écrites par de grands noms du polar français, à 29,5 € ce n’est pas donné mais la présentation est sympa et ça devrait promettre quelques heures de lectures captivantes (en plus de découvrir des auteurs que je ne connais pas).

Frédéric Mars – Le Livre Qui Rend Dingue

Des quatres nouvelles présentées ici c’est la seule qui ne soit pas un thriller, Frédéric Mars et les éditions StoryLab (dont le deal est de proposer des bouquins au format numérique qui se lisent en moins d’une heure) nous livrent un petit bijou du genre OLNI (Objet Littéraire Non Identifié). Imaginez que LE meilleur best-seller de tous les temps, unanimement salué par le public et la critique, provoque des effets secondaires plutôt inattendus chez bon nombre de lecteurs…
L’auteur ne se contente pas de nous offrir quelques pages drolatiques (pour ne pas dire totalement décalées), il balance sans vergogne sur le monde de l’édition, les auteurs et les éditeurs en prennent pour leur grade… Et aussi, un peu, les lecteurs. C’est parfois acide mais toujours traité avec humour et de façon intelligente. De fait la lecture est non seulement divertissante mais aussi franchement agréable. Pari réussi pour StoryLab et Frédéric Mars, ça se lit d’une traite en moins d’une heure, et on se régale du début à la fin. En trois mots : court et décapant !

Franck Thilliez & Laurent Scalese – L’Encre Et Le Sang

Encore Franck Thilliez mais cette fois Laurent Scalese s’est joint à lui pour nous proposer cette nouvelle qui mêle fantastique et thriller. William Sagnier, écrivain raté et volé, se rend à Hong Kong dans le but de tuer Cassandra Brandström et Jack Malcombe, respectivement éditrice et auteur à succès qui se sont appropriés son travail ; après avoir lamentablement foiré il erre dans les rues jusqu’à ce qu’il tombe sur une vieille machine à écrire. Il va rapidement se rendre compte que tout ce qu’il tape à la machine devient réalité, l’heure de sa vengeance a sonné…
A défaut d’être totalement originale l’intrigue est rondement menée, jusqu’au bout les deux auteurs nous scotchent à leur récit tant on a envie de savoir où tout ça va nous mener. Au fil de ces quelques pages je peux vous assurer que vous ne manquerez pas d’être surpris, jusqu’à la révélation finale qui est aussi bluffante que géniale. Pour être tout à fait franc j’ai par moment oublié que je lisais une nouvelle signée Thilliez et Scalese, j’avais l’impression d’avoir du Stephen King au sommet de son art entre les mains. Du grand art, donc pour résumer en trois mots : court mais génialissime !

 
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Publié par le 3 juillet 2013 dans Bouquins

 

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