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Archives de Tag: Flamant Noir

[BOUQUIN] Samuel Sutra – Un Truand Peut En Cacher Un Autre

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S. Sutra - Un truand peut en cacher un autre

Titre : Un Truand Peut En Cacher Un Autre
Auteur : Samuel Sutra
Éditeur : Flamant Noir
Parution : 2020
Origine : France
240 pages

De quoi ça cause ?

Chez les Duçon on est truands de père en fils et on ne plaisante pas avec la truande, il faut voir les choses en grand et les faire sans commettre d’impairs.

Cette fois Aimé, le fiston, surnommé Tonton, est sûr de son fait, il tient le gros coup et son plan est infaillible… ne lui reste qu’à trouver des complices sûrs pour arriver à ses fins.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Fidèle de la première heure aux éditions Flamant Noir, il est pourtant une série de romans que je n’avais pas encore pris le temps de découvrir : les fameux Tonton de Samuel Sutra.

Et pourtant ça fait un moment qu’ils me tentent ! Comme à l’occasion de son dernier opus, l’auteur nous invite à découvrir la première grosse combine montée par Tonton et ses sbires, je me suis dit que je ne pouvais pas passer à côté de l’occasion d’assouvir enfin ma curiosité.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Flamant Noir – et tout particulièrement Nathalie – ainsi que Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Incontestablement la plus grande force de ce roman réside dans son ton, un cocktail aussi subtil qu’agréable entre Frédéric Dard et Michel Audiard ; le genre de mélodie qui ne peut qu’enchanter les oreilles des amoureux de la langue française. et plus encore quand ceux-ci ne sont pas insensibles à la gouaille et au charme de l’argot parisien.

Mais Samuel Sutra ne se contente pas de jouer avec les mots (même s’il le fait admirablement), il joue aussi avec ses personnages, les confrontant à des situations qui flirtent souvent avec le burlesque et ponctuant leurs échanges de dialogues truculents. C’est que du bonheur pour le lecteur qui se laisse entraîner sans vraiment se poser de questions !

Il faut dire qu’au niveau de ses personnages l’auteur n’y va pas de main morte pour nous offrir une sympathique galerie de portraits que l’on n’est pas près d’oublier. À commencer bien entendu par notre fameux Tonton, qui, selon les exigences du contexte, saura si montrer aussi habile à manier les bons mots que de jouer des poings.

À ce titre sa visite chez Maxim’s (et surtout sa sortie) a été purement et simplement jubilatoire ; à éviter en public si vous ne voulez pas que les autres vous regardent bizarrement… sans parler du petit désagrément que représente le risque de se pisser dessus à force de se marrer.

Je ne vous parlerai pas de la fine équipe qui aidera (même si parfois ça reste à prouver) Tonton à monter son coup. Il faut le lire pour le croire !

N’allez pas croire que l’intrigue à proprement parler est surtout prétexte pour Samuel Sutra à s’amuser et à nous amuser, tout en restant plutôt légère elle est toutefois bien construite et menée d’une main de maître.

Concernant le choix du titre, force est de reconnaître qu’il est parfaitement adapté à la situation du présent roman. Plus d’une fois je me demandé qui pouvait bien être cet « autre » et pourquoi il voulait tant chier dans les bottes de Tonton.

S’agissant de ma première incursion dans l’univers de Tonton, je n’ai pas d’éléments de comparaison, mais ce bouquin m’a clairement donné envie de poursuivre mon exploration. J’irai même plus loin en affirmant qu’il me ferait presque regretter de ne pas m’être laissé tenter plus tôt.

Et parce qu’il le vaut bien j’inaugure même un tag « banana » que je décernerai désormais aux bouquins qui donnent la banane !

MON VERDICT

 

 
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Publié par le 7 juillet 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Didier Fossey – Affaires Internes

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D. Fossey - Affaires internes
Titre : Affaires Internes
Auteur : Didier Fossey
Éditeur : Flamant Noir
Parution : 2020
Origine : France
208 pages

De quoi ça cause ?

Suite au braquage d’une bijouterie à Lyon, le capitaine Amandine Poirier ne tarde pas à trouver des similitudes avec d’autres affaires de vol. Mais l’équipe de braqueurs ne laisse aucun indice et semble plus que jamais insaisissable.

De son côté, Yann Rocher, major au sein de la BAC de Colombes, prépare sa vengeance contre l’homme à l’origine de l’accident qui a coûté la vie à son épouse et grièvement blessé sa fille.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Flamant Noir et que je suis d’une fidélité sans faille à cette maison d’édition.

Parce que c’est Didier Fossey, un auteur que j’apprécie énormément. J’aurais d’ailleurs aimé retrouver Boris Le Guenn et son équipe, mais c’est quand même avec plaisir que je lirai son nouveau roman.

Ma Chronique

Un grand merci aux éditions Flamant Noir – avec une attention particulière à Nathalie – et à la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée. Merci de me permettre de découvrir en avant-première le dernier roman de Didier Fossey (sortie numérique le 18 mai et sortie papier pour le 10 juin).

Évidemment si on me dit Didier Fossey je pense tout de suite à Boris Le Guenn et son groupe, personnages récurrents de ses cinq précédents romans. J’ai certes eu un petit pincement au cœur en découvrant que le présent roman ne permettait pas de retrouver Boris et son équipe (si ce n’est le temps d’un clin d’œil), mais il fallait plus que ça pour saper mon enthousiasme.

L’intrigue du présent roman démarre en août 2015, deux abrutis au volant de voitures trop puissantes pour leurs neurones défaillants et c’est l’accident. Comme (trop) souvent les abrutis en question s’en sortent plutôt bien, mais une femme y perd la vie et une fillette est très grièvement blessée. Les victimes sont l’épouse et la fille du brigadier Yann Rocher.

Le chapitre suivant nous propulse en février 2018. À Lyon d’abord où l’on assiste à un braquage exécuté avec brio par une équipe aussi lourdement armée que bien préparée. C’est l’équipe du capitaine Amandine Poirier que hérite de l’affaire. Puis à la BAC de Colombes, où le major Yann Rocher passe ses troupes en revue avant de les envoyer en rondes de nuit.

Vous l’aurez compris c’est le personnage de Yann Rocher qui sert de fil rouge entre les événements de 2015 et ceux de 2018. Celui entre la BAC de Colombes et celle de Lyon est plus ténu, mais sera révélé en temps et en heure.

Par la suite, au fil des chapitres, le roman joue avec le temps, alternant entre l’intrigue de 2018 et des flashbacks.

En fait en 2018 ce sont plusieurs intrigues qui se jouent simultanément. D’une part on suit l’équipe de braqueurs qui multiplie les coups de plus en plus audacieux sans jamais laisser le moindre indice ni commettre d’impair.

De leur côté, si le capitaine Amandine Poirier et son équipe ont bien compris que c’était une seule et même bande qui multipliait les forfaits, force est de reconnaître que leur enquête reste au point mort.

Enfin le major Yann Rocher gère les patrouilles de ses équipes tout en faisant au mieux pour consacrer du temps à sa fille lourdement handicapée suite à l’accident de 2015. Et sans jamais perdre de vue sa soif de vengeance à l’encontre de celui qui a provoqué l’accident.

Les différents voyages dans le passé concernent exclusivement la situation de Yann Rocher. Comment il remonté tant bien que mal la pente après l’accident. Comment il s’occupe de sa gamine et l’évolution de cette dernière. Et comment il franchit parfois la ligne jaune en se disant qu’il le fait pour sa fille.

Si j’ai globalement apprécié le personnage de Yann Rocher et compris sa soif de vengeance, j’avoue que ses écarts à répétition m’ont laissé un arrière-goût amer. N’ayez crainte je ne vis pas chez les Bisounours, je sais que les flics ripoux n’existent pas qu’au cinéma, mais ce n’est pas pour autant que je dois cautionner ce genre de dérive. Heureusement le lien qu’il entretient avec sa fille fait rapidement oublier ses petits travers.

Dommage que les autres personnages ne soient traités que superficiellement, un peu plus de profondeur et de personnalité auraient été appréciables.

Dans le même ordre d’idée, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre l’intrigue plutôt bien ficelée même si je l’ai trouvé parfois un peu simpliste (même si je reconnais volontiers avoir été totalement pris au dépourvu quant à une des clés de l’intrigue). Là encore je n’aurai pas craché sur un peu plus de densité et d’intensité.

Le titre du roman prend tout son sens dans la seconde partie du roman qui verra l’IGPN (la fameuse police des polices) entrer en scène. Mais ne comptez pas sur moi pour vous en dire davantage.

Le roman est court et se lit quasiment d’une traite. Une mise en bouche fort sympathique histoire de patienter avant le retour (attendu et espéré) de Boris Le Guenn.

MON VERDICT

 
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Publié par le 14 mai 2020 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Didier Fossey – Congés Mortels

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D. Fossey - Congés mortels
Titre : Congés Mortels
Série : Boris Le Guenn – Tome 5
Auteur : Didier Fossey
Éditeur : Flamant Noir
Parution : 2019
Origine : France
296 pages

De quoi ça cause ?

Le fils d’un puissant magnat de la presse et sa fiancée du moment sont retrouvés morts , assassinés et décapités, dans les bois de Corbigny (Nièvre). Le père de la victime fait jouer ses relations afin que la BAC de Paris soit associée à l’enquête en renfort à la gendarmerie locale.

C’est Boris Le Guenn et son groupe qui héritent de l’affaire. Les pistes parisiennes vont rapidement s’avérer sans issues, Boris va devoir se rendre sur place afin de mener ses propres investigations.

À Corbigny il rencontre un vieux paysan, Fernand Larue, qui lui parle de plusieurs crimes commis 70 ans plus tôt par Paul Perrin, dit Le Bredin ; le vieux semble convaincu que le tueur est revenu. Envers et contre tous, Boris va creuser cette piste…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Flamant Noir et qu’ils m’ont accordé un accès privilège sur Net Galley (téléchargement des titres non soumis à accord préalable de l’éditeur).

Parce que c’est Didier Fossey et l’occasion de retrouver, pour la cinquième fois, Boris Le Guenn ; même si chronologiquement parlant il s’agit de sa seconde enquête.

Parce que la mention d’enquête oubliée de Boris Le Guenn ne fait qu’attiser davantage ma curiosité.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Flamant Noir (tout particulièrement Nathalie) et Net Galley pour leur confiance. C’est avec grand plaisir que je découvre en avant-première (parution le 12 novembre) ce roman.

S’il s’agit bel et bien de la cinquième enquête de Boris Le Guenn, chronologiquement parlant c’est la seconde puisqu’elle se déroule en 2006 et vient donc s’insérer entre les romans Tr@que Sur Le Web et Ad Unum. Didier Fossey nous explique brièvement la genèse de cette enquête oubliée en préambule au roman.

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé Boris Le Guenn et son équipe « d’origine » (aujourd’hui il ne reste qu’Antoine, le petit dernier est devenu le senior du groupe). Un plaisir doublé toutefois d’un petit pincement au cœur (tout particulièrement pour Guillaume… nostalgie quand tu nous tiens), même si l’équipe actuelle s’annonce des plus prometteuses (j’espère d’ailleurs bien la retrouver très vite sur le terrain).

L’intrigue s’articule autour de deux arcs narratifs. Le premier concernant l’enquête de juillet 2006 et la cohabitation / coopération pas toujours facile entre gendarmerie et police (il faut bien reconnaître que Boris est un breton pur souche : quand il a une idée en tête il ne l’a pas ailleurs ; impossible de lui faire lâcher le morceau).

Le second démarre en juillet 1936 et s’intéresse au parcours criminel de Paul Perrin, un paysan qui n’a pas peut-être pas la lumière à tous les étages, mais est loin d’être con pour autant. Il est vrai que la chance jouera en sa faveur, alors que la gendarmerie resserre progressivement son étau autour de leur suspect, celui-ci reçoit son ordre de mobilisation en septembre 1939.

Didier Fossey mène son intrigue de main de maître, qu’il s’agisse du parcours de Paul Perrin (qui ne s’achève pas avec son départ à la guerre… loin s’en faut) ou de l’enquête particulièrement retorse de Boris Le Guenn. Dans les deux cas, vous pouvez vous attendre à de sacrées surprises ! Quant au dénouement, j’avoue très humblement n’avoir rien vu venir…

Fidèle à son habitude, l’auteur accorde beaucoup de soins à ses personnages, le côté humain reste un élément prépondérant de ses romans.

Si vous ne connaissez pas encore Boris Le Guenn et que vous souhaitez découvrir cette série, je vous serai tenté de vous suggérer de les lire dans l’ordre chronologique (celui-ci après Tr@que Sur Le Web avant d’enchaîner sur les trois suivants). Si, comme moi, vous êtes déjà un inconditionnel de Boris Le Guenn, ce retour en arrière ne vous empêchera pas d’apprécier pleinement le récit.

J’ai découvert Didier Fossey et Boris Le Guenn avec le roman Burn-Out qui fut un véritable coup de foudre (et une monumentale claque dans la gueule), chacun des tomes lus par la suite a su faire vibrer les bonnes cordes chez moi, le coup de cœur a toujours été au rendez-vous. Et ce n’est pas ce roman, dévoré d’une traite, qui dérogera à la règle.

MON VERDICT

 
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Publié par le 7 novembre 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Grégoire Lacroix – Il Suffit D’Une Balle

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G. Lacroix - Il suffit d'une balle

Titre : Il Suffit D’Une Balle
Auteur : Grégoire Lacroix
Éditeur : Flamant Noir
Parution : 2019
Origine : France
144 pages

De quoi ça cause ?

Grégoire, le narrateur, se découvre un Q.I. exceptionnel après un test fait sur internet. Dès lors il va s’octroyer le droit de donner son avis, forcément éclairé, sur tout et n’importe quoi. Avis qu’il partage avec le lecteur, mais aussi avec son voisin, Édouard Flandrin de Padirac…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Flamant Noir, une maison d’édition à laquelle je suis d’une fidélité sans faille.

Pour retrouver l’incroyable talent de jongleur de mots de Grégoire Lacroix. Jeux de mots, calembours, contrepèteries, contresens… il excelle dans tous les domaines dès qu’il s’agit de jouer avec les mots.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Flamant Noir, tout particulièrement Nathalie, et Net Galley qui me permettent de découvrir ce roman en avant première (parution le 29 juillet).

Le hasard des parutions (et de mes envies) a fait que mes dernières lectures ont été des romans courts, heureusement que la qualité ne se compte pas au nombre de pages ! C’est le troisième roman de moins de 200 pages que j’enchaîne, trois univers radicalement différents et trois belles surprises.

De Grégoire Lacroix j’avais déjà lu Jazz Band – Eros Héros Sept, qui m’avait déjà régalé avec ses bons mots tout en me laissant sur ma faim par le manque de profondeur de son intrigue. Ce nouveau roman est surtout prétexte pour l’auteur de faire ce qu’il fait de mieux, jouer avec les mots, les détourner, les associer ou les dissocier au gré de ses envies. Un pur régal à lire pour tout amoureux de la langue française.

L’intrigue tient davantage lieu de fil rouge que de réelle enquête policière (même s’il y a bien un mort, tué par la fameuse balle du titre) ; permettant au narrateur de partager son point de vue sur divers sujets selon l’inspiration du moment. Je vous rassure de suite, si le terme polar philosophique vous rebute, on est bien plus proche de la philosophie de comptoir que de Socrate et consorts.

Grégoire (le narrateur, pas l’auteur) se découvre du jour au lendemain un Q.I. exceptionnel qui le propulse dans le cercle restreint des surdoués. Une révélation qu’il obtient à l’issue d’un test fait sur internet ; et tout le monde sait pertinemment que si c’est sur internet alors ce ne peut qu’être la vérité vraie ! Et l’ami Grégoire ne cultive pas vraiment la modestie quand il s’agit de partager son incommensurable savoir, ainsi il conclut systématiquement ses grandes démonstrations par l’incontournable : Nous les Surdoués… Prétentieux, vous avez dit prétentieux ?

Un court roman qui se déguste d’une traite, ce qui ne nous empêche pas d’en savourer la substantifique moelle. Un roman qui vous booste le moral par sa bonne humeur et vous offre une séance intense de gymnastique zygomatique.

Morceaux choisis

Par paresse mentale, le consensus populaire a divisé le temps en trois tranches faciles à retenir : le passé, le présent et l’avenir. Campé sur son présent l’Homme passe alors sa vie à regretter le passé et à craindre l’avenir.

Dans notre langue, le sire est toujours triste et le drille joyeux alors que le luron, toujours gai, n’est pas forcément homosexuel. Quand même, quelle belle langue que la nôtre !

Indiscutablement, il sait, comme certains politiciens et avec un réel talent faire passer son incompétence pour une approche originale d’un problème auquel il n’a rien compris.

Le meilleur moyen de parvenir quelque part c’est encore d’y aller…

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Publié par le 19 juillet 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Lise Pradère – En Quête D’Elena

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L. Pradère - En Quête D'Elena
Titre : En Quête D’Elena
Auteur : Lise Pradère
Éditeur : Flamant Noir
Parution : 2019
Origine : France
280 pages

De quoi ça cause ?

Une jeune femme, Elena Vassiliev, est retrouvée morte dans son appartement de la région parisienne. L’enquête est confiée au commandant Gignac du SRPJ Nanterre.

Plus l’enquête avance, plus elle va s’avérer complexe et avoir de multiples ramifications, que ce soit dans le monde des affaires, dans les hautes sphères du pouvoir ou encore dans le milieu du crime organisé.

Intrigué par le profil de la victime, Gignac ne négligera aucune piste afin de faire éclater la vérité au grand jour.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Flamant Noir, un éditeur cher à mon cœur que je suis quasiment depuis la première heure.

Parce que Lise Pradère vient d’intégrer le catalogue de l’éditeur, c’est toujours un plaisir de découvrir un(e) nouvel(le) auteur(e).

Petit plus non négligeable, sans être pour autant décisif, je trouve que la couv’ est très belle.

Grâce à l’accès privilège que m’a accordé Flamant Noir sur Net Galley, je peux découvrir sans attente et en avant-première (parution le 29 avril) ce roman.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Flamant Noir (avec un merci tout particulier à Nathalie) et Net Galley pour leur confiance.

Flamant Noir offre à Lise Pradère et à son roman une seconde jeunesse, En Quête D’Elena a en effet d’abord vu le jour en 2017 en auto-édition grâce à la plateforme IggyBook. Un second souffle qui devrait lui permettre de toucher un public plus large et, c’est tout le bien que je lui souhaite en tout cas, de prendre réellement son envol.

Pour être tout à fait franc, je n’avais pas prévu de lire ce roman dès maintenant, c’est par curiosité que je l’ai ouvert, je comptais lire le premier chapitre juste pour voir ce que ça donnait. Sauf que j’ai été immédiatement happé par l’intrigue et les personnages, plus moyen de le lâcher avant de connaître le fin mot de l’histoire !

Il faut dire que le commandant Antoine Gignac est un personnage à qui l’on s’attache rapidement.

Dans le privé il est divorcé et père d’un ado, il est resté très proche de son ex-femme et entretient une relation fusionnelle avec son fils (avec qui il partage une passion pour le rugby). Originaire du Sud-Ouest il a parfois bien du mal à se faire au tumulte de la vie parisienne.

Professionnellement il est efficace, persévérant et un tantinet électron libre ; dans cette affaire il va développer une relation particulièrement intense avec la victime, pas question pour lui de renoncer à son enquête, quels que puissent être les éventuels enjeux supérieurs de l’affaire.

Heureusement il ne sera pas seul pour mener à bien son enquête, il peut en effet compter sur le soutien sans faille de son équipe et même de sa hiérarchie.

Tous les personnages sont impeccablement travaillés, quel que soit leur niveau d’implication dans le déroulé de l’intrigue.

Une intrigue à dimensions multiples qui entraînera le lecteur de la région parisienne au large de la Norvège en passant par l’Isère ; sans oublier le Turkménistan qui reste en toile de fond.

Une intrigue qui va s’orienter vers plusieurs pistes, du crime passionnel au crime organisé, en passant par l’assassinat politique. Rien n’est laissé au hasard, Lise Pradère garde le cap sans jamais faillir. Bien malin celui qui saura démêler le vrai du faux dans ce sac de nœuds.

Un récit richement documenté, mais toujours accessible, il faut dire que le style de l’auteur s’accorde parfaitement à une lecture d’une grande fluidité (pour ma part je l’ai dévoré le temps d’un weekend).

J’ai lu dans une interview de Lise Pradère qu’elle souhaitait mettre à nouveau en scène le personnage d’Antoine Gignac, j’espère sincèrement que son passage chez Flamant Noir lui permettra de donner suite à son projet. Je ne vous cacherai pas que je n’aurai rien contre le fait de le retrouver sur une (et plus si affinités) nouvelle enquête.

Le hasard de mes lectures a voulu que je croise, coup sur coup, un personnage nommé Karim Amrani (déjà présent dans le roman de Guillaume Musso) ; pas de bol pour ses éventuels homonymes, dans les deux cas l’individu n’a pas vraiment le profil du gendre idéal.

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Publié par le 15 avril 2019 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Sébastien Lepetit – Il Y Aura Du Sang Sur La Neige

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S. Lepetit - Il y aura du sang sur la neige
Titre : Il Y Aura Du Sang Sur La Neige
Auteur : Sébastien Lepetit
Éditeur : Flamant Noir
Parution : 2018
Origine : France
280 pages

De quoi ça cause ?

Michel Pupillin, l’organisateur de la Transjurassienne, fait appel au commissaire Morteau suite à des menaces reçues qui promettent « du sang sur la neige« .

Quand un premier compétiteur, parmi les favoris de la course, est assassiné, Morteau et son adjoint, le lieutenant Monceau, vont enquêter dans un milieu où l’entente est loin d’être cordiale entre les sportifs…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Flamant Noir, une maison d’édition chère à mon cœur.

Parce que Sébastien Lepetit est l’un des rares auteurs de l’éditeur que je n’aie pas encore eu l’occasion de lire.

Bien qu’on me l’ait offert, je l’ai tout de même récupéré via Net Galley.

Ma chronique

Je remercie chaleureusement Flamant Noir (et tout particulièrement Nathalie) et Net Galley qui me donnent l’occasion de découvrir un auteur que je ne connaissais pas encore.

Après Cross l’éditeur reste dans le polar sportif, mais exit les baskets, cette fois c’est sur des skis que ça se passe ; quelques jours avant que ne soit donné le départ de la Transjurassienne, une course de fond particulièrement éprouvante.

C’est le troisième roman mettant en scène le commissaire Morteau, même si, comme je l’ai indiqué plus haut, c’est pour moi une découverte.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Morteau, sous ses airs de flic bourru se cache un être profondément humain qui aime profiter de la bonne chère (et il faut dire qu’il a un sacré coup de fourchette) et de la dive bouteille (là encore il ne manque pas de répondant).

Face à la force tranquille du vieux flic, on trouve l’impétuosité de son jeune lieutenant qui voudrait toujours que les choses avancent plus vite. Mais à force de foncer tête baissée, on peut rater quelques détails importants.

Si l’auteur mise beaucoup sur ses personnages, il ne néglige pas pour autant l’enquête de police ; mais il est vrai que le commissaire Morteau pourrait avoir pour devise « qui veut aller loin ménage sa monture« . Il enquête à son rythme, entre deux repas pantagruéliques, et prend son temps avant de tirer ses conclusions. Faut pas être pressé, mais la méthode a fait ses preuves…

Même si on est plus proche du rythme de Maigret que de celui d’un Jack Bauer (24 Heures), on ne s’ennuie pas une minute en suivant l’ami Morteau ; bien au contraire, ses digressions font partie intégrante du charme inné de ce bouquin. Il n’en reste pas moins que l’on se prend au jeu, à l’instar de Morteau et Monceau, on alterne entre les suspects au gré des indices et soupçons…

À la lecture du roman, on sent que Sébastien, tout comme son flegmatique commissaire, est un amoureux de sa région. Il en parle si bien que nous ne pouvons que nous aussi être sous le charme de la beauté de ses paysages et de la richesse de sa gastronomie (sans mentir, j’en ai parfois eu l’eau à la bouche).

Ce roman fut une belle découverte, non seulement il m’a donné envie d’aller plus avant en compagnie du commissaire Morteau, mais il s’inscrit parfaitement dans le label qualité cher au Flamant Noir.

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Publié par le 27 décembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Marc S. Masse – Cross

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M. S. Masse - Cross

Titre : Cross
Auteur : Marc S. Masse
Éditeur : Flamant Noir
Parution : 2018
Origine : France
272 pages

De quoi ça cause ?

Eric Milan est un ex-flic qui s’est installé à son compte comme détective privé, outre des affaires pas franchement folichonnes, il peine à boucler les fins de mois. Quand un client lui propose un 300 000 € pour identifier et éliminer l’homme qui est responsable de la mort de son fils, Milan ne rechigne pas longtemps avant d’accepter.

Mais pour se faire, Milan devra participer au Grand Cross, une course extrême réservée aux sportifs accomplis…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Flamant Noir et l’occasion de découvrir Marc S. Masse, un nouveau venu dans leur catalogue.

Parce que Nathalie et Net Galley me permettent de découvrir ce roman en avant-première (parution le 8 octobre).

Ma chronique

Je remercie Flamant Noir, tout particulièrement Nathalie, et Net Galley qui m’offrent l’opportunité de découvrir ce roman en avant-première.

Je suis un grand consommateur de thrillers et romans policiers, mais il me semble que c’est la première fois que j’en lis un qui se déroule au cœur d’une épreuve sportive. Et quelle épreuve !

Le Grand Cross c’est huit étapes de course à pied sur tous types de terrain et qu’importent les conditions météo. Chaque jour les concurrents devront courir sur plus de 50 kms avant une dernière étape de 84 kms !

Le roman se divise en deux parties, la première représentant plus de 85% du bouquin. Et c’est plutôt une bonne chose, car dans cette première partie Marc S. Masse fait preuve d’une remarquable maîtrise.

La grande force de ce Cross réside dans le personnage d’Eric Milan. Milan c’est un peu Monsieur Tout-le-Monde quand on fait sa connaissance, un quadra qui se laisse un peu aller, un gars enlisé dans un boulot qui ne lui plait pas vraiment et avec des fins de mois difficiles. Si Milan accepte la mission qui lui est confiée, ce n’est ni par idéal ni par grandeur d’âme, non, c’est pour le fric et uniquement le fric.

Dans cette première partie on le voit se surpasser au fil des étapes, on en viendrait presque à souffrir avec lui tant l’auteur réussit à nous plonger dans la peau de son personnage. D’autant que la course va rapidement lui réserver d’autres surprises qui n’ont rien à voir avec le sport.

A ce niveau je dois avouer que j’ai rapidement compris qui tirait les ficelles et surtout quelles étaient ses motivations. C’est une phrase de Milan qui m’a mis sur la voie. Malgré l’absence de surprise à ce niveau (la suite m’a en effet donné raison sur toute la ligne) j’ai pris énormément de plaisir à parcourir les kilomètres et surmonter les difficultés avec Eric Milan.

Puis vient la seconde partie avec un retournement de situation aussi incompréhensible qu’invraisemblable. J’en suis venu à douter de la santé mentale de l’auteur sur ce coup puis à la réflexion un début d’explication m’est apparu sans toutefois que je parvienne à le cadrer dans le déroulé de l’intrigue.

Et effectivement tout s’explique (une fois de plus j’avais vu juste), ça peut paraître un peu simpliste pour amener la fin, mais personnellement j’ai trouvé que ça collait plutôt bien.

Cross est le septième roman de Marc S. Masse, mais c’est son premier titre inscrit au catalogue de Flamant Noir. Si le bouquin n’est pas exempt de défauts, je trouve tout de même qu’il tire bien son épingle du jeu ; suffisamment en tout cas pour me donner envie de suivre l’auteur à l’avenir.

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Publié par le 21 septembre 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Samuel Sutra – La Femme A La Mort

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S. Sutra - La Femme A La Mort

Titre : La Femme A La Mort
Auteur : Samuel Sutra
Éditeur : Sirius, réédition Flamant Noir
Parution : 2012, réédité en 2018
Origine : France
198 pages

De quoi ça cause ?

2012. La Rochelle. Par une nuit pluvieuse, un coup de feu retentit dans une chambre d’hôtel. À son arrivée la police trouve le corps d’une jeune femme russe dans une chambre fermée, aucun doute possible, ils sont face à un suicide.
Sauf que la thèse officielle dérange le commissaire Verdier sans toutefois être en mesure de la dénoncer. À quelques mois de sa retraite, il voudrait être sûr de n’avoir rien négligé avant son départ. C’est pour cela qu’il fait appel à Stan, un ex-flic devenu « consultant », mais aussi et surtout un ami de longue date en qui il a toute confiance.

Il faut dire que, sous la pression de l’ambassade de Russie, l’expertise médico-légale a été des plus expéditive et le corps immédiatement rapatrié à Moscou.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que ce sont Flamant Noir et Samuel Sutra, un éditeur et un auteur que j’apprécie grandement.

Le fait qu’il s’agisse d’une réédition ne me dérange pas, au contraire c’est toujours sympa de découvrir les débuts littéraires d’un auteur. En l’occurrence La Femme A La Mort est son second roman, mais sa première incursion dans le polar « sérieux » (il avait déjà signé, un an plus tôt, le premier volet de sa série Tonton, des polars beaucoup plus légers, voire franchement décalés).

Ma chronique

Je remercie les éditions Flamant Noir (et tout particulièrement Nathalie) et Net Galley d’avoir accepté de me faire parvenir ce roman en vue d’une chronique sur ce modeste blog.

Il est parfois délicat de découvrir les premiers romans d’un auteur alors que l’on connaît déjà ses titres les plus récents ; comparer l’ancien et le nouveau serait faire abstraction des bénéfices tirés de l’expérience. À ce titre Samuel Sutra m’a bluffé, si on ne m’avait pas dit que ce roman était une réédition je ne m’en serai pas aperçu ; on retrouve la même aisance et la même fluidité aussi bien dans le style que dans le déroulé de l’intrigue. Une maîtrise qui ne s’est jamais démentie par la suite, et je lui souhaite que cela dure jusqu’à ce qu’il décide de ranger définitivement sa plume (on n’est pas pressé, prends ton temps).

C’est le troisième roman que je lis de cet auteur, non seulement il peut se targuer joli sans faute, mais en plus il se renouvelle à chaque fois. Tout en restant dans le polar, plus ou moins noir, ses thématiques ne sont jamais les mêmes, ses personnages sont loin des archétypes du genre et ses intrigues totalement maîtrisées.

Présentement Samuel Sutra nous place face à un grand classique de la littérature policière : le mystère de la chambre close. Une énigme, dont les origines restent incertaines, mais qui doit beaucoup à G.K. Chesterton et qui a inspiré de nombreux grands noms de la littérature policière (en vrac et de façon non exhaustive je peux citer : Arthur Conan Doyle, Agatha Christie, Ellery Queen, Gaston Leroux, John Dickson Carr…). La concurrence est rude !

Force est de reconnaître que Samuel Sutra a rondement mené son affaire de chambre close. Bien malin le lecteur (ou la lectrice, ne soyons pas sexiste) qui découvrira la clé de l’énigme avant qu’elle ne nous soit révélée. Pour ma part je n’ai rien vu venir, comme Stan j’ai découvert les détails troublants mettant à mal la thèse du suicide au fil de l’enquête. Même si après coup on a a envie de s’écrier « Bon sang, mais c’est bien sûr !« .

J’ai beaucoup aimé le personnage de Stan, un enquêteur qui n’hésite pas à franchir la ligne blanche pour faire valoir la vérité ; il faut dire qu’il peut compter sur l’aide de ses nombreuses relations (dont certaines pas franchement du genre fréquentable) et sur sa pugnacité face à l’adversité.

Un roman court qui va à l’essentiel sans pour autant être superficiel. Difficile de le lâcher une fois que vous l’aurez commencé. Les éléments s’enchaînent et s’imbriquent sans accroc ni fausse note, nous proposant un lever de voile progressif et impeccable.

Même quand Flamant Noir nous dégote des vieilleries oubliées de tous (à prendre sans la moindre méchanceté), il réussit à nous surprendre et nous épater.

Pour compléter ma plongée dans l’univers de Samuel Sutra, il ne me reste plus qu’à découvrir la série des Tonton ; je compte bien m’y mettre un jour… encore faudrait-il que mon Stock à Lire Numérique me laisse le temps de souffler !

MON VERDICT

 
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Publié par le 18 juillet 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Didier Fossey – Artifices

AU MENU DU JOUR

D. Fossey - Artifices

Titre : Artifices
Série : Boris Le Guenn – Tome 4
Auteur : Didier Fossey
Éditeur : Flamant Noir
Parution : 2018
Origine : France
390 pages

De quoi ça cause ?

Boris Le Guenn est appelé sur une scène de crime plutôt atypique, un homme, attaché à un arbre, a été tué à l’explosif. Une technique expéditive qui suggère une forte haine envers la victime, mais aussi une bonne connaissance des engins explosifs.

Quand une seconde victime est découverte, elle aussi exécutée à l’aide d’engins explosifs savamment mis en scène, Boris Le Guenn décide de se faire épauler par une experte en explosifs.

Parallèlement Boris est harcelé par un mystérieux inconnu qui semble au courant de ses moindres faits et gestes…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

D’abord parce que c’est la quatrième enquête de Boris Le Guenn, j’ai beaucoup aimé les précédentes et j’attendais avec impatience ce nouvel opus.

Ensuite parce que c’est Flamant Noir et que Nathalie, l’éditrice, m’a proposé de découvrir ce roman en avant-première.

Ma chronique

Avant tout je tiens à remercier chaleureusement les éditions Flamant Noir, et tout particulièrement Nathalie, pour leur confiance renouvelée et surtout pour me donner l’occasion de découvrir ce nouvel opus des enquêtes de Boris Le Guenn en avant-première.

Un opus fort attendu compte tenu de la fin du précédent, Burn-Out, il me tardait de savoir qui était l’auteur du coup fil anonyme reçu par Boris. Qui plus est Boris va devoir composer avec une équipe quasiment neuve (seul Antoine est resté au côté de son patron), mais aussi avec une nouvelle hiérarchie (avec notamment un boss arrivé à son poste grâce à ses diplômes et non au mérite). Cerise sur le gâteau, la vie personnelle de Boris est elle aussi en pleine tempête ; Soizic (l’épouse de Boris) veut faire un break pour se donner le temps de réfléchir à leur situation, sans surprise les enfants (et le chien) suivent leur mère…

Peut-être vous demandez-vous si ce roman peut se lire individuellement ou s’il est impératif de prendre la série dans l’ordre ; je vous répondrai qu’il peut se lire en one-shot, mais qu’il serait dommage de passer à côté des précédents. Non seulement il est fait référence à des événements qui se sont produits dans le précédent tome, mais il est surtout fortement rattaché à Ad-Unum, le second roman de la série. Enfin, il serait dommage de passer à côté d’excellents polars, écrits avec la touche inimitable propre aux flics écrivains.

Didier Fossey ne fait dans la simplicité, genre « on prend les mêmes et on recommence« , aucun de ses romans ne ressemble aux autres, tout en restant proche du quotidien de ses personnages, l’auteur aborde des thématiques différentes, pas forcément inhérentes au métier de policier soit dit en passant. C’est aussi ça la touche Fossey, des intrigues fortement ancrées dans le réel avec des acteurs empreints d’humanité (et parfois d’inhumanité).

Dans cet opus il sera notamment question de pédophilie (certainement l’une des pires situations à laquelle puisse être confronté un policier, sans parler des horreurs subies par les victimes), de vengeance, de prise en charge psychiatrique des criminels, mais aussi de la difficulté de concilier vie privée et vie professionnelle quand on est flic de terrain.

D’entrée de jeu, en guise de prologue, l’auteur nous renvoie en 2013 en nous plaçant dans la peau de celui que l’on devine être à l’origine de l’appel anonyme reçu par Boris. Au fil des chapitres nous croiserons son chemin, et partagerons son parcours d’août 2013 à avril 2015 (date de la présente intrigue). Vous comprendrez aisément que je ne m’attarderai pas sur l’individu bien qu’il y aurait beaucoup à dire le concernant, je vous laisse découvrir tout ça par vous même.

On enchaîne ensuite avec le premier chapitre qui nous permet de faire un point rapide sur la situation professionnelle et privée de Boris (piqûre de rappel, au cas où). Le chapitre suivant nous plonge au coeur de l’action, on y croise notre vengeresse qui exécute sa première victime.

L’on devine sans peine ce qui motive cette soif de vengeance, là encore nous aurons le droit à quelques flashbacks qui nous permettront de réaliser à quel point les « victimes » étaient de sinistres pourritures. Difficile d’éprouver la moindre pitié pour ce genre de salopards, sans aller jusqu’à cautionner les actes de la vengeresse, j’ai beaucoup de mal à la blâmer…

Si j’ai retrouvé Boris avec beaucoup de plaisir, j’avoue que certains membres de son ancienne équipe m’ont manqué. Heureusement les nouveaux venus, notamment son adjointe, Nathalie, sont pleins de ressources. Et puis ça donne à l’auteur une bonne raison de poursuivre son chemin avec Boris Le Guenn, au moins jusqu’à ce que le groupe se soude et fonctionne en totale cohésion…

S’agissant d’auteurs que je connais et apprécie, je ne prête guère d’attention à la couverture des bouquins, force m’est pourtant de reconnaître que celle-ci est impeccable. Idéale pour attirer un public plus large à la découverte de l’univers de Boris Le Guenn (et pourquoi pas de l’éditeur Flamant Noir).

Vous l’aurez compris j’ai été sous le charme du début à la fin. Lu le temps d’un weekend (et encore, j’ai quasiment dû me contraindre à aller me coucher samedi soir). Le Flamant inscrit une nouvelle perle à son catalogue déjà bien garni.

Je terminerai cette chronique en citant un passage qui m’a fait sourire, une private joke de l’auteur, clin d’oeil à Sébastien Teissier, ami de Didier Fossey (cf les remerciements) et écrivain lui aussi (je ne désespère d’ailleurs pas de lire la suite de X, même si je sais que le délai n’est pas de son fait) et résident à Singapour :

« C’était un homme seul, pas d’enfants, pas de femme. Quand il est parti en maison de retraite, la maison a été vendue pour payer les frais. C’est un écrivain qui l’a acheté, un gars qui écrit des polars. Monsieur Teissier qu’il s’appelle, mais il ne vient pas souvent. Il habite en chine, à Singapour qu’on m’a dit. »

MON VERDICT
Coup double

 
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Publié par le 22 mai 2018 dans Bouquins

 

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[BOUQUINS] Samuel Sutra – Coupable[s]

AU MENU DU JOUR

S. Sutra - Coupable[s]

Titre : Coupable[s]
Auteur : Samuel Sutra
Éditeur : Flamant Noir
Parution : 2018
Origine : France
272 pages

De quoi ça cause ?

Jean-Raphaël Deschanel, agent du renseignement, est appelé en renfort par la Crim’ de Paris. La brigade du commandant Blay sèche en effet sur une série de crimes faisant jusqu’alors l’objet d’enquêtes distinctes. Or, le dernier corps retrouvé semble faire un lien entre les différentes victimes et orienter l’enquête vers un assassin originaire d’Haïti.

Jean-Raph’ étant lui aussi d’origine haïtienne, il est apparu que son concours pouvait être un atout pour Blay et son équipe…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Flamant Noir et que Nathalie m’a généreusement proposé de lire le roman en avant-première (parution le 5 mars 2018). Une offre pareille, ça ne se refuse pas !

Ayant pris beaucoup de plaisir à lire Kind Of Black, j’étais curieux de retrouver l’auteur dans le même registre (polar noir).

Ma chronique

Je tiens avant tout à remercier les éditions Flamant Noir et tout particulièrement Nathalie pour sa confiance renouvelée (ça me va droit au coeur, sincèrement). Et bien entendu aussi pour l’occasion qui m’est donnée de découvrir le dernier roman de Samuel Sutra, Coupable[s], en avant-première.

Même si généralement je m’efforce d’éviter tout spoiler en rédigeant mes chroniques (parfois il vaut mieux rester concis plutôt que de prendre le risque trop en dire), c’est un impératif encore plus présent quand je dois parler d’un bouquin lu en avant-première.

Nous voilà donc en présence d’un agent du renseignement natif d’Haïti, mais adopté dès son plus jeune âge par un couple français et ayant quasiment tout le temps vécu en France. Quand une série de crimes semblant avoir pour fil rouge Haïti met la Crim’ dans l’impasse, c’est donc à lui que l’on fait appel pour venir leur prêter main-forte.

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais moi personnellement quand on me dit Haïti, je pense immédiatement au tremblement de terre de 2010 qui a frappé l’île, détruisant quasiment sa capitale, Port-au-Prince, et faisant plus de 300 000 morts et autant de blessés. Je reconnais volontiers que c’est un peu réducteur comme vision d’un pays et d’un peuple, mais ça n’en reste pas moins vrai.

Du séisme il sera justement question dans ce roman, ou plus exactement de l’aide humanitaire internationale, notamment en matière de reconstruction. Je n’en dirai pas plus, mais on comprend rapidement ce que cache le fameux « Kenscoff ». J’aimerai pouvoir affirmer que ce n’est que fiction, mais ça ne m’étonnerait pas que certaines ordures peu scrupuleuses aient eu recours aux mêmes procédés pour s’en mettre plein les fouilles.

Si Haïti fait office de fil rouge entre les différentes scènes de crime, toute l’intrigue se déroule quant à elle sur le sol français, à Paris et alentours pour être exact. Quatre scènes de crimes qui se distinguent par l’extrême violence des mises à mort. Et une enquête qui va lancer la Crim’ sur la piste d’un cinquième homme, reste à découvrir s’il est la prochaine victime ou l’assassin…

L’essentiel du récit (hormis quelques apartés, un pour chaque victime) est rédigé à la première personne, on vit l’intrigue par le biais de Jean-Raph’, un « administratif » qui va, pour la première fois de sa carrière, se frotter à une enquête de terrain. Forcément ça va le changer et il ne sera pas toujours à l’aise avec les méthodes de ses nouveaux coéquipiers.

Samuel Sutra apporte un soin tout particulier à ses personnages, un exercice de style pas toujours évident dans un récit à la première personne, la personnalité des autres n’est alors que le reflet de ce que le narrateur perçoit. Heureusement pour nous Jean-Raph’ est plutôt perspicace quand il s’agit de cerner ses interlocuteurs.

Je ne vous ferai pas l’affront de dresser un rapide portrait de chacun, autant laisser entier le plaisir de la découverte. Disons que j’ai eu un faible pour le commandant Blay, le flic bourru par excellence, revenu de tout, mais toujours aussi professionnel, un chef respecté (vénéré ?) par ses hommes. Ce serait manquer de galanterie que de ne pas mentionner Vanessa Dubreuil, psychocriminologue qui fera office de « profileuse » sur cette enquête ; la touche de charme de l’équipe, mais elle prouvera rapidement qu’elle n’est pas là pour se contenter de jouer les potiches.

Pour ma part j’ai rapidement des soupçons quant à l’identité du tueur, puis la présomption est devenue certitude. Par contre je tiens à préciser qu’à aucun moment ça n’a gâché mon plaisir de lecture, j’ai même pris beaucoup de plaisir à suivre la progression de l’enquête, à voir comment l’auteur amènerait ses enquêteurs à la même conclusion.

Avec Kind Of Black, Samuel Sutra avait déjà démontré que le polar noir ne lui faisait pas peur, qu’il maîtrisait les règles du genre. Avec Coupable[s] c’est désormais une certitude, l’auteur est une brillante plume de la scène littéraire noire francophone.

Je terminerai cette chronique par un aspect qui peut sembler plus futile, mais qui a toutefois un rôle non négligeable dans la « vie » d’un livre : sa couverture. Je l’avais découverte sur la page Facebook de Flamant Noir et ça a tout de suite fait tilt, je la trouve tout simplement magnifique.

C’est le dixième roman des éditions Flamant Noir que je lis et je ne peux que m’incliner devant la qualité de leur catalogue, non seulement je n’ai jamais été déçu, mais j’ai même eu le droit à quelques belles claques dans la gueule. De quoi m’inciter à suivre leurs prochaines publications, mais aussi, à condition de trouver le temps, de me pencher sur les titres que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire (j’en ai déjà trois en stock, c’est un bon début).

MON VERDICT
Coup de poing

 
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Publié par le 8 février 2018 dans Bouquins

 

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