RSS

Archives de Tag: Fermer Les Yeux

[BOUQUINS] Antoine Renand – Fermer Les Yeux

AU MENU DU JOUR

A. Renand - Fermer les yeux
Titre : Fermer Les Yeux
Auteur : Antoine Renand
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2020
Origine : France
464 pages

De quoi ça cause ?

Dominique Tassi, retraité de la gendarmerie, est de plus en plus convaincu que quinze ans plus tôt, suite au meurtre sauvage d’une enfant, il a arrêté et fait condamner un innocent. Même si tout semblait accuser Gabin Lepage.

Emma Marciano, une jeune avocate, est plus que jamais déterminée à faire innocenter Gabin Lepage. Dominique Tassi lui sera d’une aide précieuse pour arriver à rétablir la vérité.

Le duo sera rejoint par Nathan Rey, un écrivain à succès, criminologue autodidacte spécialiste des tueurs en série.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est La Bête Noire, une collection de Robert Laffont qui ne m’a jamais déçu (même si je reconnais volontiers ne pas avoir lu tous les titres de la collection).

Parce que le premier roman d’Antoine Renand, L’Empathie, m’avait bluffé à plus d’un titre, il me tardait de découvrir si l’essai serait transformé.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Robert Laffont et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Si Fermer Les Yeux est bien le second roman publié d’Antoine Renand, il a été écrit des années avant L’Empathie sous la forme d’un scénario pour le cinéma. Même si le projet n’a jamais abouti, l’auteur restait convaincu du fort potentiel de son texte ; c’est donc une version réactualisée et enrichie qu’il nous propose de découvrir.

Private joke pour ceux et celles ayant lu (et apprécié ?) L’Empathie, à plusieurs reprises, par la voix d’Emma Marciano, l’auteur mentionne l’avocate Louisa Rauch ; la mère de l’enquêteur principal de son premier roman dans lequel elle prend activement part au déroulé de l’intrigue.

Une fois de plus Antoine Renand joue sur une intrigue en trompe l’œil, son côté classique cache en réalité un scénario bien plus fouillé et complexe qu’il ne le laisse présager.

Au fil des chapitres vous aurez maintes occasions de constater à quel point le titre du roman est bien choisi. Qu’il s’agisse de la justice qui préfère fermer les yeux sur ses erreurs plutôt que d’essayer de les réparer. Ou encore des notables qui ferment les yeux sur les propres déviances, aussi abjectes qu’elles puissent être, et se protègent entre nantis. Et je ne vous parle pas de l’ultime coup de théâtre !

Comme dans L’Empathie la griffe d’Antoine Renand s’impose dans le traitement de ses personnages, des personnalités fortes, mais pas invulnérables, qui traînent leurs blessures passées et leur zone d’ombre. C’est surtout vrai pour Dominique Tassi et Nathan Rey.

De la même façon, l’auteur saura rendre certains de ses personnages méprisables (c’est le cas notamment du capitaine Delalandre qui s’obstine à refuser de voir et d’écouter ce qui s’impose de plus en plus comme une évidence) et bien entendu son tueur en série est une ordure de la pire espèce (presque cliché, tant il cumule les tares).

En découvrant le personnage de Nathan Rey, j’ai immédiatement pensé à Stéphane Bourgoin ; il y a tellement de similitudes entre les deux que ça ne peut être dû au hasard ; qui plus est Stéphane Bourgoin est cité dans les remerciements de l’auteur.

En conclusion, avec ce second roman Antoine Renand transforme haut la main l’essai et confirme qu’il faut désormais compter sur lui dans le paysage de la littérature policière francophone.

VERDICT

Morceaux choisis :

[…] Nous sommes mieux armés, néanmoins la difficulté d’un procès en révision est d’obtenir que les gardiens du temple consentent à nous accorder la victoire…
— Les « gardiens du temple » ? répéta Nathan en fronçant les sourcils.
— Oui. Les magistrats, tout en haut, qui pensent que la justice ne peut pas se tromper ; ou alors que, quand elle se trompe, il vaut mieux ne pas le dire car l’admettre aurait des conséquences bien plus fâcheuses que la révision. On trouve des
gardiens du temple dans à peu près tous les domaines : l’armée, la politique, les arts…

La gendarmerie est une vieille dame, qui n’aime pas reconnaître ses erreurs…

— Tu sais forcément des choses… Il est hors de question que je me résigne à laisser tous ces types dans la nature…
— Parce que tu crois vraiment que ceux qui sont à la tête de ça seront inquiétés ?
[…] Ce genre de sociétés secrètes a toujours existé et existera toujours.
— S’ils restent intouchables, c’est seulement parce que des personnes comme toi sont corruptibles et se taisent. Ce ne sont que des hommes, on les trouvera !

 
5 Commentaires

Publié par le 6 avril 2020 dans Bouquins

 

Étiquettes : , , , , ,